Affaire n° : Ce requin d'avocat

Futurs divorcés ou autres intervenants : Jasper et Alice

Cas de divorce (disclamer) : La Saga Twilight et les personnages utilisés dans cet OS sont la propriété de Stephenie Meyer. La trame et le contexte de cet écrit sont à moi.

Pour participer au concours ou lire tout simplement les OS, rendez-vous sur le Pen Name du concours : WeddingOrDivorceContest

*O*o*O*

Jasper Hale était un requin. Oui c'est ça, un requin. Ou peut-être bien un vampire. Irrésistiblement attirant, du genre à attirer sa proie, qui n'a pas d'autre choix que de succomber et de se jeter dans ses bras aveuglement. Et il finit par lui drainer toute sa vie, jusqu'à lui aspirer la dernière petite goutte.

Mais il était diablement sexy le requin-vampire. Cullen, concentre-toi. Tu DOIS rester professionnelle et aider Mlle Swan à avoir le maximum d'avantages ! Se gronda Alice.

Ledit vampire-requin regarda l'horloge qui semblait fonctionner au ralenti. Ils étaient en retard, les futurs divorcés. Et il avait terminé tous les sudokus qu'il avait à portée de main, donc il s'ennuyait. Il détestait s'ennuyer.

- Nos clients vont mettre du temps à arriver…

- Vous me proposez de commencer sans eux ? demanda Alice, pas très sûre de ce qu'il avait voulu dire. Il croisa les bras derrière sa nuque et s'appuya sur le dossier de sa chaise.

- Bof. Les heures supp' non rémunérées, très peu pour moi.

Il se redressa et se pencha en avant, regardant droit dans les yeux sa collègue et rivale.

- Mais je suis certain que tout un tas de choses très intéressantes peuvent y laisser place.

- Oh. Et quel genre de choses ?

- Toutes sortes de choses.

Elle n'était pas dupe, ce ton ne laissait pas place au doute. Elle se mordit la joue ; il ne l'aidait vraiment pas à garder son calme là ! Très bien, il voulait jouer, elle n'allait pas le laisser gagner ! Elle détestait la défaite, ce qui faisait d'elle une excellente avocate d'ailleurs.

- Il fait chaud, vous ne trouvez pas ? Vous permettez que j'enlève ma veste ?

- Je vous en prie. Vous pouvez enlever votre chemisier aussi si vous le souhaitez, ajouta-t-il avec un sourire en coin.

Elle se mordit la lèvre. Si elle avait cédé à ses pulsions, leurs clients auraient eu la mauvaise surprise de voir leurs avocats respectifs en train de faire des choses pas très nettes. Jasper lui fit un clin d'œil et se leva pour saluer le futur ex-mari d'Isabella Swan qui venait d'arriver. Son épouse était derrière lui, effacée et les yeux rivés sur le sol. Aujourd'hui était la dernière séance avant la signature définitive de leur séparation officielle, et elle semblait toujours mal à l'aise, presque coupable. Pourtant, vu la situation elle n'avait rien à se reprocher, rien du tout ! A part épouser cet abruti d'enfoiré, éventuellement. Alice était déterminée à conclure cette affaire avantageant Bella Swan, comme elle préférait qu'on l'appelle, et elle seule.

Alice eut du mal à se concentrer uniquement sur sa cliente. A chaque fois qu'elle levait les yeux vers Maître Hale, celui-ci leva aussitôt les siens, comme s'il avait senti que le regard de sa collègue s'était posé sur lui. Mais elle fit son travail correctement, ce n'était pas de sa faute si le dossier n'était pas tout à fait complet. C'était de la faute du client du requin-vampire, et donc de celui-ci aussi, forcément ! Parce que Môôsieur James Gigandet (ndla : Attention, ici inspiration de malade pour lui trouver un nom de famille !) devait partir pour déjeuner avec… sa secrétaire. Mais quel abruti fini ! Et son avocat qui l'avait laissé partir...

A force de s'occuper des affaires de divorce, Alice avait fini par virer du côté des féministes. Il faut dire qu'il y avait beaucoup de crétins parmi les futurs célibataires masculins, trop machos et imbus d'eux-mêmes. Baaah, c'était bien pour ça qu'elle ne voulait pas se marier.

Une fois les deux autres partis, Alice posa le dossier qu'elle avait entre les mains sur la table et s'adressa à Jasper après avoir pris une grande inspiration. Pourquoi fallait-il qu'il soit beau ? Si elle se sentait aussi bizarre à chaque fois qu'elle était devant lui, elle serait beaucoup moins efficace ! Mais elle n'y était pour rien, il se trouvait que cet homme était son fantasme d'étudiante. Ils étaient de la même promotion, dans la même université. Alors plus timide et effacée, elle ne se destinait pas à être avocate au départ, elle passait plutôt inaperçue et elle était certaine que Jasper ne se souvenait pas d'elle. En même temps ils n'avaient pas beaucoup parlé, pour ne pas dire pas du tout. Elle ne le connaissait même pas vraiment mais il s'incrustait dans chacun de ses rêves. Elle ne s'attendait pas du tout à travailler avec lui un jour. Enfin contre lui ! Elle se ressaisit et réussit enfin à faire sortir un son de sa bouche.

- La signature a lieu dans quelques jours, nous devons absolument fignoler les détails du dossier avant. Or nous ne reverrons nos clients que juste avant la signature.

- Des heures supp' ? Je gagne suffisamment pour pouvoir m'en passer vous savez.

- Je sais à quel point vous êtes un excellent avocat. Enfin de renommée, parce que j'ai peine à y croire quand je vois comment vous traitez vos clients.

- Traiteriez-vous mieux Monsieur Gigandet (ndla : Désolée, ça sonne pas très bien ._.) mieux que je ne le fais ?

- Je…

- Bien sûr que non, c'est un homme abject qui maltraite son épouse. Je ne vois pas pourquoi je ferais des efforts pour lui. Oui, il me paye. Mais aussi ahurissant que cela puisse vous paraître, j'ai une certaine éthique. On ne m'achète pas aussi facilement. Vous ne me verrez jamais me démener pour quelqu'un comme lui.

Alice eut un petit sourire.

- Vous montez dans mon estime, Maître Hale. Je vous prenais pour un requin comme les autres, prêt à bouffer quiconque se mettrait en travers de son chemin, dans son propre intérêt.

Il haussa les épaules.

- Quand je me suis dirigé vers le droit, c'était parce que je voulais aider les gens et la Justice. Mais finalement c'est l'appât du gain qui dirige tout dans ce milieu. Je ne m'y plie pas. Ce n'est pas le cas de tout le monde, mais moi ça me réussit. Regardez où j'en suis aujourd'hui.

Effectivement, il était réputé pour être très compétent, ne pas avoir perdu une seule de ses affaires, et être l'avocat le mieux payé de toute la ville.

-Vous ne souhaitez donc pas nuire à Madame Swan, n'est-ce pas ?

- Pas le moins du monde.

Elle souffla, soulagée. Heureusement pour Bella Swan, Jasper Hale n'était pas contre elle. Sinon Alice aurait eu bien du mal à la défendre. Après tout, il ne devait pas sa réputation à de simples rumeurs, et elle, perdait tous ses moyens devant lui

- Nous devons tout de même terminer les dossiers.

Elle ouvrit son agenda et le feuilleta.

- Mince… Je suis prise ces jours-ci…

Oh oui, oh zut, quel dommage !

- Hm… Ce n'est peut-être pas très professionnel mais… En fait ça ne l'est pas du tout… Que diriez-vous de venir dîner chez moi un soir pour terminer tout ça ?

Il eut un sourire narquois.

- Vous savez, vous auriez pu me dire directement que je vous plais, sans avoir à passer par un stratagème douteux.

Elle rougit.

- Mais non enfin, ce n'est pas ça !

Si peu…

- Je ne vous plais pas alors ? Vous, vous me plaisez beaucoup, Alice.

Elle rougit de plus belle.

- Euh je euh… Vendredi ?

Il rit franchement.

- Vous devriez voir votre tête ! A vendredi soir alors.

Il lui fit un clin d'œil et sortit du bureau. Alice souffla. Elle avait frôlé la syncope.

Le vendredi arriva très vite. Alice avait quitté le bureau à 16h30 pour avoir le temps de préparer un repas à peu près potable. Sans prendre la peine de se changer, elle enfila un tablier et se mit au travail. Fière d'elle, elle se frotta les mains sur le tablier qu'elle portait et admira les plats qui jonchaient le plan de travail. Parfait. Elle pouvait maintenant s'occuper d'elle. Elle cherchait son portable pour regarder combien de temps il lui restait quand quelqu'un sonna à la porte.

Ne dites pas que…

Elle ouvrit la porte d'entrée avec appréhension.

- Aaah vous êtes déjà là !

- Hm, je n'ai que très peu d'avance.

- Oh non, oh non ! Je ne suis absolument pas présentable ! Je ne me suis même pas changée!

- Peu importe, je suis là pour le travail, n'est-ce pas ?

- Euh, oui, bien sûr…

Sa voix avait pourtant comme un sous-entendu.

- Mais tout de même… La table est plus jolie que moi !

- Vous faites un adorable petit panda.

- Panda ?

Il la fit pivoter vers le miroir de l'entrée. En effet, son crayon pour les yeux avait coulé et lui faisait deux trainées noires sous les cils inférieurs, qui la faisaient ressembler à… à un panda effectivement.

- Asseyez-vous sur le canapé, j'en ai pour une seconde.

Elle enfila rapidement la tenue qu'elle avait prévu - heureusement qu'elle était prévoyante et très à cheval sur les fringues - accrocha ses cheveux en une courte queue de cheval et se remaquilla.

- Vous voulez regarder le dossier tout de suite ou manger d'abord ?

Jasper se tourna vers elle, jaugea sa tenue et lui sourit de toutes ses dents, d'un blanc étincelant. Avait-il un défaut ? Alice put le regarder plus en détail. Il avait troqué son costume pour une tenue plus décontractée : s'il avait encore une fois une veste et une chemise, celle-ci était entrouverte et il portait un jean noir qui lui allait… à merveille. Ses cheveux étaient plus désordonnés que d'habitude et il avait l'air plus détendu. Plus jeune aussi. Plus… accessible.

- Si votre cuisine est aussi bonne que ce qu'elle sent, je préfère me mettre à table immédiatement !

Parfait. Comme ça s'ils se 'disputaient' sur un point du dossier, le repas ne serait pas gâché. Après tout, depuis qu'ils travaillaient ensemble, ils n'arrêtaient pas de se chamailler. A vrai dire, Alice aimait bien ça. Ils se cherchaient, et elle se disait qu'au moins, il s'intéressait à elle.

Ils ne parlèrent pas beaucoup pendant qu'ils mangeaient. Alice était pleine de fierté : c'était absolument délicieux, la conjugaison des aliments était absolument parfaite et offrait une symphonie de saveurs des plus excellentes. Jasper le lui fit d'ailleurs remarquer, y joignant un petit « vous êtes bonne à marier » qui fit rougir Alice jusqu'à la racine des cheveux. Mais très peu en comparaison du moment où il la fixa droit dans les yeux avec un très ambigu « et si nous passions au dessert maintenant ? ». Un moment elle regretta presque d'avoir préparé un vrai dessert mais elle n'aurait jamais osé lui dire qu'il les attendait dans la chambre. En plus elle avait préparé un merveilleux dessert à base de glace au litchi !

Ils s'installèrent côte à côte sur le sofa, le dossier ouvert sur la table basse. Alice s'empara d'un stylo et commença à jouer avec. C'est alors que Jasper lui posa une question qui la désarçonna.

- Vous comptez réellement parler boulot ?

- Eh bien… pourquoi vous aurais-je invité sinon ?

- Je ne sais pas, pour me faire découvrir votre collection d'origamis peut-être ?

- Si c'est ce que vous voulez.

- Voyons Alice ! Vous comme moi savons très bien que vous ne m'avez pas invité dans l'optique de passer la soirée à débattre de comment rédiger ce foutu papier.

- C'est vous qui le dites !

- Vraiment ? Très bien.

Il s'empara à son tour d'un stylo et commença à parler d'assignation de divorce, de proposition de règlement des intérêts patrimoniaux et pécuniaires.

- Bon d'accord, d'accord, j'avais une arrière-pensée !

Il eut un nouveau sourire en coin. Diable qu'il était attirant quand il souriait comme ça ! Alice sautillait de joie un peu partout intérieurement. Alors comme ça elle n'était pas la seule intéressée ? Elle s'en doutait peut-être un peu, au fond, parce que parfois les propos de Jasper pouvaient le laisser penser. Mais elle se disait que c'était sûrement elle qui interprétait mal ce qu'il disait. Après tout, elle s'était imaginé tant de scénarios farfelus à l'époque de l'université...

- Je préfère ça.

Il s'approcha un peu d'elle et posa sa main sur la sienne.

- Alors… Que faisons-nous maintenant ?

Sa voix était un peu rauque, et ses yeux brillants. Alice se mordit la lèvre.

- Eh bien nous pourrions… Ah ? Excusez-moi, il faut que je décroche !

Elle se leva et alla dans sa chambre pour poursuivre son appel. Elle revint quelques minutes plus tard, l'air dépité.

- C'était le juge. La séance est reportée à demain après-midi !

- Pardon ? Mais… Ils ne peuvent pas faire ça ! C'est trop tôt !

- Eh bien visiblement… Si.

- Oh. J'imagine que…

- Oui, pour le coup il faut se pencher un peu plus sérieusement sur le dossier.

Jasper soupira et reprit son stylo. Alice revint s'asseoir à côté de lui. Plus près que ne le feraient deux collègues.

- Dites-moi si nous sommes bien d'accord. Il s'agit d'un divorce par faute. Madame Swan souhaite une rupture définitive de son mariage avec Monsieur James Gigandet. Pour causes de violences portées à sa personne et à leurs animaux…

- C'est exact.

-Les deux souhaitant garder la maison et le mari étant en tort, c'est Madame Swan qui obtient le droit de la garder.

- Hum hum.

- Et les animaux ayant subi une maltraitance, elle les garde également.

- Oui. Hum, comparons les listes de la répartition des biens une dernière fois…

Finir le rapport leur prit une bonne partie de la nuit. Ils en avaient fait, des rapports de ce genre, mais ils ne pensaient pas que cela durerait aussi longtemps. Pourtant ils étaient tous les deux restés parfaitement professionnels, et ils excellaient dans le domaine. Mais il fallait dire que la procédure de divorce de ces deux-là était assez atypique. Il était deux heures du matin quand le dernier exemplaire fut imprimé et agrafé.

- Bon eh bien… Il est temps pour moi de rentrer. Merci pour le repas, c'était délicieux. Ces heures en plus n'étaient pas si horribles que ça, mais loin d'être parfaites… Pas comme je l'espérais.

Il lui jeta un regard entendu. Elle était d'accord avec lui. Elle ne voulait pas qu'il parte. Il fallait qu'elle trouve quelque chose, une excuse ! Vite ! Mais son cerveau était déjà trop embrumé par la fatigue.

- Vous… Vous voulez dormir ci ?

Jasper la regarda, intrigué. Pour être directe, elle était directe. Il hésita. Il était épuisé. Il voulait rester, évidemment, mais pas pour dormir. Mais là il ne tiendrait sans doute pas. D'un autre côté, s'il dormait sur place, ça lui évitait un long trajet jusque chez lui.

- Avec plaisir.

- Vous ne voyez pas d'inconvénient à dormir avec moi ? Je ne suis pas sûre d'avoir la force nécessaire à porter les draps jusqu'au canapé, rit-elle.

- Oh… Eh bien si votre lit est aussi confortable que votre cuisine est bonne, et que vous êtes adorable en cet instant précis, j'accepte immédiatement.

Elle rosit, il sourit en coin.

Elle fila dans la salle de bain, enfiler son pyjama et se démaquiller. Elle proposa à Jasper de lui prêter une nuisette et il lui jeta un regard noir.

Jasper se faufila sous les draps en sous-vêtements et Alice se glissa à côté de lui. Heureusement que les draps étaient propres et qu'elle n'avait pas, comme à sa grande habitude, bavé dessus !

Comme tous les soirs, Alice se tourna, se retourna, se reretourna dans son lit. Elle n'arrivait pas à s'endormir sans se tortiller sous les draps afin de trouver la meilleure position possible. Bien souvent elle finissait perpendiculaire à sa position initiale, mais là c'était impossible, avec Jasper à côté.

-Eeh, mais c'est pas bientôt fini ? Et puis arrêtez de coller vos pieds gelés sur mes mollets !

Elle retira précipitamment ses pieds mais se rapprocha de Jasper. Il frissonna en sentant le souffle chaud d'Alice envelopper son omoplate. Comment voulait-elle qu'il dorme si elle n'arrêtait pas de remuer, si peu habillée, et en faisant des choses si… excitantes ! D'autant plus qu'elle se mit à passer sa main dans son dos, avec une lenteur et une douceur délicieuses. Il se consumait de l'intérieur.

Alice elle, bien loin d'arrêter cette douce torture, se colla à lui et l'enlaça. A bout, il se tourna et la fixa droit dans les yeux avec une expression qu'elle ne parvenait pas à décrypter.

C'est tout naturellement que leurs lèvres se joignirent avec douceur et impatience.

C'était comme si ses forces étaient revenues d'un coup à Alice. Il en était de même pour Jasper. Il lui caressa la joue, souriant. Elle était belle. Tellement belle. Il fit courir ses mains partout sur son corps, s'attardant sur sa poitrine, ses hanches et ses cuisses. Elle frémit. Impatience, frustration, fatigue aussi peut-être… Cette accumulation fit qu'aucun des deux n'eut envie de faire tarder les choses, et bien vite Alice déroula avec application un préservatif autour du pénis de Jasper qui avait quitté son boxer en un temps record.

Il explosa de rire devant la mine si concentrée et appliquée de son amante. Elle lui fit une moue boudeuse et lui tira la langue. Elle lui dit qu'elle aimait bien faire les choses. Ils échangèrent encore un baiser langoureux et le requin s'allongea sur la lutine. Son gland vint caresser le sexe d'Alice et celle-ci gémit. De bien-être et d'impatience. C'était fou ce qu'elle désirait cet homme. Elle le connaissait peu pourtant, et le sexe sans sentiment c'était loin d'être son genre. Mais là, il y avait cette attraction, cette évidence…

Il glissa sans mal en elle, elle était plus que prête à le recevoir. Quelques poussées et il s'enfonçait jusqu'à la garde. Elle s'agrippait à son dos, nichant sa tête dans son cou, respirant son odeur le plus possible. Elle était bien, pleine, vivante en cet instant. Vivante, c'était cela : elle ne s'était jamais sentie aussi vivante de sa vie.

Tout ce qui l'agaçait habituellement lui paraissait normal et agréable : la chaleur ambiante, la moiteur de leur corps, le claquement de leurs peaux, quoi qu'il était rare qu'elle eut l'occasion d'entendre ce bruit, la respiration difficile, les halètements…

Puis, sans prévenir, le plaisir grimpa… grimpa… grimpa en elle, et elle sentit qu'elle commençait à perdre pied.

Déjà ?!

Elle serra plus fort le corps de Jasper contre elle et il émit un petit grognement. Pour toute réponse, il caressa tendrement sa hanche et la pressa contre lui. Les gémissements d'Alice se firent plus forts et réguliers. Elle ne comprenait pas ce qu'il lui arrivait, elle allait devenir folle. Avec le peu de lucidité qu'il lui restait, elle renversa Jasper et s'assit sur lui, ralentissant un poil la cadence. Avec tous les efforts qu'elle avait faits pour en arriver là, elle n'allait pas tout gâcher en jouissant trop rapidement ! L'occasion ne se représenterait peut-être plus.

Elle fit des mouvements de bassin plus lents, plus langoureux. Jasper s'assit, de façon à la serrer plus contre lui. Ils rirent à l'unisson : aucun des deux ne voulait laisser l'autre mener la danse.

Finalement ce fut Jasper qui abdiqua, laissant sa belle faire. Il sentait que sa limite, à l'instar de celle de la jeune femme, arrivait. Il y avait quelque chose de différent, de plus fort qu'avec ses précédentes conquêtes.

Maîtriser la situation procurait encore plus de plaisir à Alice. Sa position lui permettait de faire frotter son clitoris sur la verge de Jasper comme elle le voulait, de manière à ce que ses sensations soient les meilleures, les plus fortes possibles. Elle se mordit la lèvre, elle n'allait vraiment plus tenir longtemps. Ses forces, comme son esprit, la quittaient peu à peu. Elle tira sur les épaules de Jasper pour lui redonner le contrôle de la situation, pour qu'il se rallonge sur elle. Elle sourit intérieurement en se disant que le beau blond la remplissait parfaitement, que cette communion entre eux était… parfaite. Cette dernière pensée lui fit définitivement perdre pied et un orgasme saisissant s'empara d'elle. Elle cria le nom de Jasper en enfonçant ses ongles dans son dos, en haletant comme une noyée qui sortait la tête hors de l'eau quelques secondes seulement. Tout son corps se cambra et se mit à trembler sous la vague, l'explosion même, de plaisir intense. Jasper ne tarda pas à la rejoindre dans la jouissance, serrant très fort le corps ballant d'Alice. Il se laissa tomber sur elle, à nouveau vidé de ses forces, mais en prenant garde à ne pas trop l'écraser.

Ils restèrent un long moment l'un contre l'autre, sans rien dire, sans être gênés par leur transpiration, propre ou celle de l'autre. Alice qui avait sainte horreur de la moindre goutte de sueur en venait presque à l'apprécier. Presque ! C'était la dernière marque de leurs ébats, un arrière-goût du bonheur intense dans lequel elle avait été plongée.

Ils s'endormirent finalement bien vite, rattrapés par leur fatigue.

.

Le lendemain matin, bien qu'elle fût tentée, Alice ne prit pas le temps de regarder son amant dormir ou de prolonger leurs câlins. Elle rejeta la couette et s'assit sur le bord du lit, prête à se relever, mais un bras la retint par la taille et la fit retomber sur le matelas. La tête de Jasper apparut au-dessus d'elle, il affichait un air suspicieux.

- Dites-moi Mademoiselle Alice, vous n'espériez pas vous sauver discrètement pour arriver en premier voir le juge Black ?

- Mais… Bien sûr que non !

- Vraiment ?

- Ben… C'est vrai que j'y ai pensé. Mais ce n'est pas pour ça que j'ai couché avec toi, je te le jure ! C'était pas dans le but de te fatiguer pour avoir l'avantage sur toi.

Il haussa un sourcil.

- De toute façon je ne savais pas que la séance serait avancée à aujourd'hui quand je t'ai invité à manger.

- C'est exact. Mais dois-je te rappeler que la date de rencontre avec le juge était de toute manière fixée à aujourd'hui ?

- Oh c'est vrai. Mais tout le monde n'est pas aussi calculateur que toi ! J'allais préparer le petit déjeuner.

-Bon, très bien, je te crois.

Il chercha à tâtons son portable et regarda l'heure. Il se relaissa tomber sur l'oreiller. De toute façon il était encore tôt. Alice passa tendrement sa main sur son épaule.

- Beuh, tu colles ! Humph. Tu préfères te doucher pendant que je prépare le petit déjeuner, ou rester encore au lit pendant que je me lave, puis y aller après ?

- Dodo.

Alice sourit et se leva à nouveau.

Elle revint une vingtaine de minutes plus tard. Jasper était allongé sur le côté, lui tournant le dos et son corps se soulevant et s'abaissant au rythme de sa respiration.

- Jasper ?

- Pas de réponse.

Elle posa sa main sur son omoplate et le secoua un peu.

- Eh, la marmotte !

Pour toute réponse, elle eut droit à un grognement.

- On doit aller voir le juge dans 3h ! Je ne vais pas essayer de te devancer à tout prix, mais je ne t'attendrai pas si tu es en retard !

Jasper soupira et se leva. Il devait repasser chez lui pour se changer, et Alice et lui décidèrent de se retrouver sur le boulevard où se situait le bureau du juge Black.

Quand il arriva, Alice était déjà là, mais elle patientait sagement à l'extérieur du bâtiment. Elle sourit en le voyant arriver mais reprit rapidement une attitude professionnelle.

Une secrétaire aux cheveux blonds décolorés les fit entrer. Ça avait de la gueule ! Alice enviait les locaux. Mais très rapidement elle trouva plein de détails qui n'allaient pas, mais alors pas DU TOUT, foi d'Alice Cullen ! Par exemple, ce fauteuil n'allait absolument pas avec cette table, vis-à-vis des courbes et de la couleur. Et ce tableau ne collait pas avec l'atmosphère du lieu. Si elle avait eu la chance de travailler dans un aussi bel endroit, elle l'aurait décoré avec beaucoup plus de goût !

Ils patientèrent un peu, sans échanger un mot, avant de pouvoir entrer dans le bureau. Le juge se leva, serra la main aux deux avocats et les fit s'asseoir côte à côte. Ils commencèrent à parler du dossier, mais une guerre commençait entre les deux amants de la nuit passée. Cette entrevue était TRES importante pour leurs carrières respectives. A l'issue de ce rendez-vous, peut-être l'un d'eux aurait plu au juge qui, très influent dans le milieu de la Justice, serait un véritable tremplin. Il fallait absolument que le juge la choisisse elle et pas Jasper ! Mais il fallait absolument que le juge le choisisse lui et pas Alice… Cette dernière était embêtée. Jasper était très réputé, et quelle bonne réputation il avait ! Il fallait qu'elle soit meilleure que lui. Y arriverait-elle ? Elle en arriva à la conclusion que c'était trop risqué, et essaya… autre chose.

Elle se pencha en avant pour dévoiler un peu plus son si joli décolleté. Jasper soupira. Du peu qu'il connaissait Alice, il savait qu'elle n'était pas ce genre de fille. Mais il grogna ; c'est qu'elle risquait d'arriver à ses fins la demoiselle, elle ne laissait pas les hommes indifférents. Elle devait vraiment beaucoup vouloir ce contrat pour s'abaisser à ça. Dommage pour elle, lui aussi. Il fallait qu'il trouve autre chose.

Il n'eut pas besoin de chercher bien longtemps. Le juge n'adressa pas un regard à Alice. En réalité, il fixait Jasper. Alice fut d'abord vexée et bouda. Non mais sans blague ! Elle était jeune, jolie, sexy et avait des formes plus qu'avantageuses, et ce rustre ne lui prêtait pas la moindre attention ! Puis elle saisit peu à peu la situation. Le juge lançait des regards en coin avec un petit sourire à Jasper, parfois un peu lubriques, ou pleins de sous-entendus. Alice explosa de rire intérieurement, le juge flashait sur son collègue. D'accord, elle ne pouvait compter que sur son talent et ses connaissances alors que le blond était avantagé (doublement avantagé puisqu'il était certainement meilleur qu'elle), mais cela promettait d'être amusant. Très amusant. Jasper le comprit aussi et devint tout blanc. Mais il se reprit rapidement. S'il était vrai qu'il en faisait à sa tête, traitant plus ou moins bien le cas des clients en fonction de ce qu'il pensait d'eux, il n'était pas totalement clean. Il s'abaissait souvent à des stratagèmes tordus et à manipuler les gens grâce à son immense charisme. Il avait un don pour percevoir les humeurs des gens et agir en fonction, afin de s'attirer leurs bonnes grâces. Ce n'était pas en restant parfaitement dans le droit chemin en utilisant les chemins les plus purs et éthiques qu'il en serait arrivé là. Il avait l'avantage, il le savait. Il avait besoin de ce contrat, il ne le laisserait pas filer.

Il se pencha en avant, fixant son regard métallique dans les yeux bruns du juge.

- Je suis bien d'accord avec vous, Juge Black.

Les yeux de ce dernier descendirent vers la main de Jasper, qui libérait un peu sa chemise. Le blond se mordilla la joue en continuant de fixer le juge, d'un regard plutôt langoureux. Soudain, il devint tout rouge, se redressa et se prit la tête entre les mains en murmurant « je n'peux pas, je n'peux pas c'est trop ! »

Alice fut prise d'un fou rire incontrôlable et dut partir aux toilettes se mouiller le visage pour se calmer. Jamais elle n'avait rien vu d'aussi drôle.

Soudain Jasper apparut derrière elle, alors qu'elle était encore en proie à son rire.

Il la plaqua contre le mur, le regard sévère, mais elle avait toujours les larmes aux yeux et les abdos douloureux.

- Si jamais tu en parles à qui que ce soit, je te colle un procès que tu ne gagneras pas, et crois-moi, tu te souviendras de mes représailles toute ta vie, menaça-t-il sévèrement.

- Ha haha haha « Je suis bien d'accord avec vous, Juge Black. » Hahaha, l'imita-t-elle entre deux rires, en prenant une voix grave et suave. Au secours je n'en peux plus !

- Si tu continues je t'égorge avec un scalpel !

- Je serai bien curieuse de savoir où tu vas le trouver, ton scalpel !

Il soupira et la regarda mi-sévèrement, mi-amusé.

-Eh, JURE-moi de ne le répéter à personne, c'est compris ?

-Oui, je te le promets. Hahaha !

-Bon, eh, ça suffit toi ! dit-il en plaisantant. On devrait y retourner. Quoique… je n'ai pas très envie d'y remettre les pieds. Plus jamais ! Beeeurk.

Finalement Jasper laissa tomber, il ne voulait pas obtenir une promotion de cette manière. Rien qu'à imaginer le juge Black et lui… Aaargh ! Il fit une proposition qui dérouta Alice.

- J'ai quelque chose à te proposer. On ne se connait pas encore très bien mais j'ai eu l'occasion de te voir travailler, et ce que j'ai vu m'a beaucoup plu. Mes collègues du cabinet sont soit des bons à rien, soit des escrocs, soit des emmerdeurs imbus d'eux-mêmes…

- Tu te classes dans quelle catégorie ? Railla-t-elle.

- Tais-toi ! Avant que je ne regrette. Bien que tu sois complètement folle !

- Je préfère « charmante excentrique ».

- Mais tu vas me laisser finir, oui ? Bon, venons-en aux faits. Je veux que tu travailles avec moi. Ouvrons notre propre cabinet.

- ...

- Eh bien ?

- Tu es sérieux ?

- Toujours.

- Je… Certainement un des plus grands avocats du pays me propose de bosser avec lui ?

- Dans le même bureau.

- Sans personne autour ?

- Ca dépend… De toute façon, une porte ça peut se fermer à clef.

- Ouais c'est juste pour avoir un plan cul à disposition à n'importe quelle heure de la journée.

- Avoue que tu en meurs d'envie aussi.

- Un point pour toi. Bien sûr que j'accepte de travailler avec toi. D'autant plus que tu es moins insupportable, hautain et snob que je le pensais.

- Merci, c'est adorable…

.

Une semaine plus tard, à peine, ils « emménageaient » dans un superbe bureau de cinq pièces situé au douzième étage d'un building, avec de grandes baies vitrées qui donnaient sur un décor absolument splendide. Alice sautillait de joie partout depuis des heures. Elle avait envoyé Jasper prendre rendez-vous avec les déménageurs, parce que bon, elle n'allait pas monter les meubles elle-même, pendant qu'elle nettoyait tout de fond en comble. Jasper arriva, des sacs à la main.

- STOP ! Ne fais pas un pas de plus avec tes chaussures sales !

- Alice… Il va bien falloir que des gens entrent ici un jour… On ne va pas demander à nos clients de retirer leurs chaussures à chaque fois !

- Ce n'est pas la question !

- Charmante excentrique… Et puis, si je ne peux pas rentrer, comment puis-je t'offrir… ce cadeau ?

Il sortit un paquet joliment décoré d'un des sacs qu'il portait.

- Mais qu'est-ce que tu attends pour entrer ?! Jasper sourit et posa le paquet sur la table de l'entrée, un des rares meubles déjà présents.

- Que dirais-tu d'inaugurer dignement ces magnifiques locaux avant ?

- Tu es certain que les clients seront ravis que nous fassions des choses pour adultes là où on va les accueillir ?

- Il suffit de ne pas le leur dire.

Leurs vêtements volèrent dans la pièce et Alice fut assise sur la table, unique objet de la salle d'entrée. Elle jeta un rapide coup d'œil à l'immense baie vitrée de la salle du fond, qu'elle pouvait apercevoir par la porte ouverte. Elle était au Paradis, dans les bras de son ange blond.

*O*o*O*

Merci d'avoir lu jusqu'ici :D C'était le tout premier lemon que j'écrivais :o Mais bon j'en ai lu tellement que j'ai à peine galéré ! Ahem.

J'ai pas séparé Edward et Bella, parce que sinon je me serais faite tuer, décapitée et tout. Voilà, voilà. Ça ne m'aurait pas dérangé...

Bisous et merci encore :)