Alexiel974: euh oui.. john risque de mal le prendre lol, je ne suis pas non plus fan du liz ronon c'est même la 1ère fois que j'en fais un


Elizabeth ne vit pas John de la journée. Elle soupçonnait qu'il ait intentionnellement cherché à l'éviter. A chacune de leur dispute, le schéma était plus ou moins le même. Pendant une journée, ils s'évitaient jusqu'à ce que l'un des deux ne viennent enterrer la hache de guerre. Sauf que cette dispute n'était pas comparable aux précédentes. Plus violente. Plus blessante.

Les mots de John avaient été comme un coup de poignard planté dans le coeur... Mais cela n'excusait pas son acte. Elle n'avait pas à se consoler dans les bras du premier venu.

Comment vais-je lui annoncer?

Cette question la poursuivit toute la journée à mesure que le stress monta en elle. Elle avait tenté d'oublier en travaillant, pensant ainsi qu'en se concentrant elle aurait les idées plus lucides. Peine perdue. Elle n'arriva rien.

Le soir tomba rapidement, Elizabeth était toujours dans son bureau à ruminer le désastre de sa vie sans avoir avaler le moindre aliment de la journée. Elle décida de prendre un peu l'air; cloîtrée dans son bureau elle avait la sensation d'étouffer .

Lorsqu'elle arriva sur un balcon de la cité, Elizabeth respira à plein poumons l'air frais ne tardant pas à l'enivrer. Sa tête lui tourna. Elle s'appuya contre la rembarre pour garder son équilibre. Son regard se perdu dans l'océan noire où se reflétait la lune comme une lumière apaisante et réconfortante. Pendant un court laps de temps, elle se perdit dans la contemplation du néant, écoutant cette douce mélodie qu'était le bruit des vagues frappant contre les parois de la cité.

La porte donnant sur le balcon s'ouvrit. Elle ne se retourna pas. C'était John, elle avait toujours su quand c'était lui.

- « Bonsoir »

Sa voix était impassible. Elle ne laissait rien transparaître de son état d'esprit.

- « Bonsoir » lui répondit-elle sans se retourner.

Le rythme de son coeur s'emballa. Ses mains se mirent à trembler. Le moment tant redouté arrivait.

- « Ecoute...je... » bégaya t-il.

Il cherchait ses mots; comme toujours lorsqu'il lorsqu'il s'agissait de parler de leur couple. Les excuses, il ne connaissait pas, seulement les longs discours à rallonge, mais avec le temps, Elizabeth avait appris à transcrire le message. Les « je t'aime », étaient également inconnus de son vocabulaire, ou prononcés de manière sporadique. Et là encore, John cherchait ses mots pour lui indiquer qu'il regrettait leur dispute de la veille.

- « Je.. j'avoue que je n'aurais pas dû te désobéir, encore une fois j'ai agis de manière irréfléchie et inconsciente. Je regrette que nous nous soyons disputés. »

Elizabeth ne s'était toujours pas retournée.

- « Elizabeth, j'aime pas quand on est fâchés. »

- « Moi non plus. »

John arborait cette moue qui la faisait fondre à chaque fois, cette moue enfantine, ce qui contrastait fortement avec cette ride qui lui barrait le front. Il fit un pas en sa direction, semblant hésiter de peur de ne se faire refouler. Mais en voyant que Elizabeth ne bougeait pas d'un pouce, il s'avança encore.

Elle n'osait pas le regarder en face de peur qu'il ne voit s'y refléter sa trahison, qu'il comprenne avoir été trompé avant même qu'elle ne le lui dise. Elle ne voulait pas le regarder en face pour ne pas voir ces yeux remplis d'amour, un amour qu'elle ne méritait pas, plus.

Par un geste tendre, il lui fit relevé le menton et remit une mèche rebelle derrière les oreilles.

- « On oublie tout? » chuchota t-il en lui caressant délicatement la joue.

Une larme coula sur sa joue, une larme qui fut rapidement essuyée par John qui lui minauda:

- « Ne pleure pas Elizabeth... si tu savais combien je t'aime » lui clama t-il avant de presser ses lèvres contre les siennes.

Instinctivement, elle répondit à ce baiser, savourant ce baiser comme si c'était le dernier, et a contrario, en espérant qu'il lui en donnerait d'autre.

- « John... »

Elle s'apprêtait à faire la chose la plus difficile de sa vie, mais elle le devait.

- « J'ai quelque chose à te dire »

John recula d'un pas, le ton de sa voix et ce genre de phrase n'étaient pas bon signe.

- « Hier soir... » commença t-elle à parler avant de faire une pause.

Elle expira profondément et posa une main sur son coeur oppressé.

- « Quoi, hier soir? » demanda t-il inquiet.

- « J'étais mal... tu m'avais terriblement blessée et... j'ai.. »

- « Tu as quoi? » fit-il d'une voix autoritaire montant ainsi son impatience.

- « Je t'ai trompé »

Sa voix n'avait été qu'un murmure à peine audible, mais dans le silence de la nuit, elle retentit dans les oreilles de John comme un coup un coup de tonnerre.

- « Pardon? »

Elle ne dit rien, sachant qu'il avait parfaitement entendu et compri. Sa bouche s'ouvrit mais aucun mot n'en sortit pendant un long moment.

- « Tu .. tu as couché avec un autre? »

Une question de John, mais il s'agissait plus d'une reformulation afin d'assimiler ses paroles.

- « John » appela t-elle, des larmes de regrets au bords des yeux.

Il se passa les mains devant les yeux, tentant certainement de se réveiller. Car oui il rêvait, c'était la seule explication logique. Bientôt, il se réveillerait avec Elizabeth à côté d'elle.

- « Je n'ai pas voulu ça, je te le jure.. »

- « Quoi, tu n'as pas voulu ça! » hurla t-il, à présent totalement conscient de ce qu'elle venait de lui dire. « Tu ... tu m'as fait cocu mais tu ne l'as pas voulu! »

A l'intérieur de lui, il bouillait. Ses hurlements n'étaient rien en comparé à toute la colère qui influait dans son corps et qui menaçait de sortir.

- « Qui? C'était avec qui? »

- « Quelle importance.. »

- « Pour moi ça en a! Alors qui!»

Elizabeth se mura dans le silence. Elle avait de plus en plus de difficultés à contenir ses larmes.

- « Et dire que c'est toi qui avait peur que je te trompe » fit-il sans hausser la voix.

Il n'y avait plus que du mépris dans sa voix, du mépris et... Du dégoût. Elle le dégoûtait à présent. C'était légitime.

- « Tu vas me répondre! Qui? »

- « Pardonne moi... »

- « Te pardonner! Tu penses sérieusement que je pourrais te pardonner après que tu te sois envoyé en l'air avec un autre! »

Elle n'avait plus la force de contenir ses larmes.

- « Je pari que ce c'était pas le seul, hein? »

- « Non, non John, cela n'est arrivé que hier soir..et ça ne se reproduira pas. » se défendit-elle le mieux qu'elle put.

Sauf que John ne semblait plus vouloir l'écouter. Il serrait et desserrer les poings.

- « J'en ai assez entendu »

Il fit volte face mais Elizabeth le retint par le bras en l'assenant d'un « je t'aime » comme dernier espoir, mais John la repoussa violemment et leva son poing qui resta figé dans les airs. Il l'aurait frappé s'il ne s'était pas retenu au dernier moment . Et dire qu'il n'avait jamais levé la main sur une femme, ce soir, il avait été à deux doigts de le faire. Elizabeth avait réussi à anéantir l'homme bien qui était en lui, l'homme qui avait toujours mis un point d'honneur à respecter la femme.

Elizabeth avait vu le poing de John se lever et se diriger en sa direction, mais la peur avait paralysé tout son corps de sorte qu'elle n'aurait pu éviter le coup si John ne s'était pas retenu.

- « Si tu m'aimais vraiment tu... »

Il ne termina pas sa phrase, se contentant de lui darder un dernier regard haineux, puis il partit. Elizabeth fixa un long moment la porte du balcon, pleurant toutes les larmes de son corps d'avoir perdu l'homme qu'elle aimait. Elle l'avait anéanti, détruit. Tout était fini.

Aujourd'hui...

Ce furent leurs dernières paroles échangées, leurs derniers regards. Le lendemain, il partait en mission mais ne revint jamais. John était mort en ayant été trahie par elle. Il était mort sans savoir qu'il serait bientôt père.

Ses images revenaient la hanter souvent, mais encore en plus particulièrement aujourd'hui en cet triste anniversaire.

« Effacer le temps, on le peut toujours, c'est juste une affaire de regret de désaveu et d'oubli; mais on n'évite pas l'avenir ». C'est ce qu'elle vivait chaque jour en posant son regard sur son fils privé de père à cause d'elle.

- « Elizabeth, ça fait 10 minutes que Rodney est venu te chercher pour la réunion et... »

Ronon ne termina pas sa phrase en apercevant la jeune femme, les deux mains posées sur son bureau, le regard perdu sur le sol.

- « Elizabeth » souffla t-il, désemparé de la voir dans cet état.

D'un pas prudent, il s'approcha d'elle et encercla ses épaules d'un bras pour qu'elle vienne se coller à lui. Ce geste n'était en rien déplacé pour eux, ayant passé outre cette nuit d'adultère, il s'agissait plutôt d'une marque d'amitié. D'un geste doux, il dégagea une mèche de cheveux qui lui cachait les yeux.

- « Tu veux qu'on remette la réunion à plus tard? »

- « Non, laisse moi juste une seconde et ça ira » répliqua t-elle en se frottant les joues énergiquement.

Elizabeth ne semblait pas être avec lui, enfin pas dans le présent.

- « Cesse de repenser à tout ça, si quelqu'un ici doit se reprocher quelque chose c'est moi. J'aurai dû attendre... »

- « Ne dis pas n'importe quoi, Ronon. »

Pourtant c'était la vérité. Trop rongé par la culpabilité, il avait laissé cette dernière influer son jugement en contournant la logique de prudence qu'impose les missions. Voilà tout ce qui avait compté, que sa conscience soit libérée de tout mensonge, et ce, au détriment de John.

Deux ans auparavant...

John n'avait pas desserré les mâchoires depuis leur départ de mission. Pas un mot. Aux aguets, il marchait droit devant lui en tenant fermement son P9O. Même Rodney avait eu le bon sens de ne rien dire, ayant compris que ses plaintes non justifiées lui causeraient des problèmes. Ses yeux cernées et gonflés, résultat d'une nuit blanche, amenaient des questions de la part de ses coéquipiers qui se demandaient ce qu'il pouvait le tracasser. D'un moral solide comme le fer, il en fallait beaucoup pour atteindre le militaire dans sa joie de vivre et son optimiste.

Le seul à ne pas se poser la question était Ronon. Il avait mal pour John, si mal de le voir malheureux. Dans ses souvenirs, il lui semblait même ne l'avoir jamais vu ainsi.

- « On fait une pause de quinze minutes » ordonna t-il au grand soulagement de Rodney qui se hâta de s'asseoir par terre contre un arbre.

Teyla fronça des sourcils, surprise que John prenne une telle initiative après avoir marché si peu de temps. Pourtant, elle ne dit rien et s'installa non loin de Rodney.

Ronon observa John, il semblait épuisé, conséquences de son manque de sommeil et la douleur de trahison qui le martelait. Il était à bout; à bout de nerf et à bout de souffle. Sans un mot, il marcha jusqu'au bord de la rivière.

Il devait lui dire. Lui confesser être celui avec qui Elizabeth avait passé la nuit. Au risque de se faire haire, peu importe, il lui devait la vérité. Passer pour un hypocrite en feignant ne rien savoir n'était pas un de ses principes.

John avait enlevé son gilet. Il était en train de se passer de l'eau sur le visage.

- « Colonel? »

Le militaire, toujours accroupi, tourna la tête en sa direction.

- « Tout va bien? »

Quelle question idiote! Evidement qu'il n'allait pas bien. Mais pourquoi avait-il posé cette question? Quelle entrée en matière! Je te demande comment tu vas alors que j'ai couché avec ta compagne cette nuit!!

John acquiesça par un signe de tête. Il se releva et se secoua les mains.

- « Je l'ai croisé hier soir après votre dispute » annonça d'une traite Ronon.

Le regard de John s'assombrit soudainement. Avait-il bien entendu et surtout bien compris les paroles du runner?

- « Comment ça? »

Par le son regard, John comprit qu'il n'avait pas fait d'erreur. La colère se substitua au chagrin. En cet instant il ne pensait plus à Elizabeth, mais à lui, à cet homme qui l'avait touché. A cet homme qui avait fait l'amour avec Elizabeth. Lui, qu'il considérait comme un ami, avait commis l'acte de trahison entre amis par excellence. Un faux frère, voilà ce qu'il était.

- « Tu ..c'est vous »

Les mots étaient restés coincés dans sa gorge. Jamais il n'aurait pensé à lui.

Et soudain, John rit, une explosion d'air à peine perceptible. Comment devait-il interpréter cette réaction? Puis il l'observa alors que ses épaules se relâchaient légèrement à son sourire, alors qu'il se concentrait sur lui, le regard lourd, s'accrochant à lui.

- « John, je ne savais pas pour vous deux. »

La réponse de John ne se fit pas attendre, il assena à Ronon une magistrale droite qui tomba au sol. Ayant assisté de loin à la scène, Rodney et Teyla arrivèrent aussitôt.

- « Mais ça va pas bien? » s'infligea Rodney en levant les mains au ciel.

Teyla ne disait mais se planta devant John qui paressait être sur le point de recommencer.

- « Mais enfin pourquoi l'avoir frappé? » demanda Rodney avant de reculer d'un pas lorsque John le regarda de ses yeux noirs de colère.

Ronon se releva et essuya d'un revers de main le fin filet de sang coulant à la commissure de sa bouche.

Pourquoi ne dit-il rien, et surtout, pourquoi n'a t-il même pas cherché à rendre le double à John? - pensa Rodney quelque peu désappointé.

- « Tu n'es qu'un faux frère » fit John d'une voix si impassible d'émotion, que tous en eurent des frissons.

- « John.. mais enfin que se passe t-il? » demanda Teyla en posant une main sur son bras.

Sans crier garde, des balles se mirent à siffler autour d'eux. Par instinct, Rodney se baissa en criant un juron. Quant à Ronon, il s'empara de son arme et tira à l'aveugle, ne voyant pas leurs assaillants. Teyla se planqua derrière un arbre et en fit de même. Elle jeta un rapide coup d'oeil nerveux à John, le sachant démuni de son arme juste avant l'embuscade. Caché lui aussi derrière un arbre, le militaire tirait en direction de leurs agresseurs.

Alors que tous se déplaçaient pour tenter de se rapprocher de la source des tirs, un cri se fit entendre dans le bruit des balles, puis le bruit d'un corps tombant dans l'eau. Ronon tourna la tête, et vit avec horreur le corps inerte de John partir à la dérive dans la rivière.


à suivre...