Merci Alexie pour ta review et non tes spéculations sur la suite des événements ne m'ennuie pas lol.
John s'avança d'un pas en sa direction, il ne desserra les mâchoires que pour demander.
- « Et pourquoi je devrais revenir? »
Pourquoi? Lorne aurait pu lui lister un million de bonnes raisons de revenir, la première était certainement la plus logique selon lui. Car tout le monde le croit mort! Il serait peut être temps de rétablir la vérité. Au delà de cette raison, Evan pensa à Johnatan. Ce petit garçon méritait de connaître son père, et ce dernier devait apprendre son existence. Même si John avait changé, il devait resté au fond de lui une trace de l'homme qu'il fut. John ne renierait pas son fils.
- « On a besoin de vous. »
- « Comment ça? »
- « Je ne peux rien vous dire Colonel. »
- « Il y a un problème avec la cité? »
Evan réprima un sourire. Finalement, l'ancien John n'avait pas totalement disparu. Son patriotisme encore et toujours.
- « Oui, on peut dire ça. »
John ferma les yeux et s'assit sur le sol, dos contre la charrette. Tiraillé entre son désir de repartir et celui de dire définitivement adieu à son ancienne vie en restant ici, il ne savait pas quoi faire. De toute évidence Evan ne lui dirait rien. Il lui faudrait donc voir de lui même ce qu'il se passait sur atlantis. Mais en aurait-il au moins la force? La force de rendosser l'identité de John Sheppard. La force de les voir, eux. En dépit du temps passé, il avait toujours si mal, si atrocement mal et les revoir ne ferait qu'empirer cette douleur qui le lancer encore. Pourtant, pas un jour ne passait sans qu'il ne se demande ce qu'ils étaient devenus. Etaient-ils ensemble? En se posant cette question tous les jours, il avait conscience de se faire du mal, de se confiner dans un sentiment malsain qu'est l'amertume. Mais le sentiment de trahison est plus fort que tout. Il vous ronge de l'intérieur. Il nourrit votre chagrin de sorte que vous avez la sensation de mourir à petit feu. Et cela, John en avait plus que conscience, chaque jour n'étant qu'un jour de sursis en plus pour lui. Le seul moyen pour briser ce cercle vicieux serait d'affronter ses vieux démons et dire adieu dans les règles de l'art à son ancienne vie; à défaut de quoi - Tarys avait raison - il n'aurait pas d'avenir.
- « Vous nous suivez colonel? »
- « Je ne suis pas, plus, colonel »
Comment pouvait-il le persuader de venir? Lorne était désemparé. Son retour serait un regain d'énergie pour la cité qui n'avait pas su se relever après la mort de John. Un remplaçant lui fut trouvé certe, c'était lui, mais il n'avait jamais su géré cette promotion et encore moins les responsabilités qu'incombent un tel poste. Ses hommes le respectaient, oui, mais l'ombre de John planait encore. Sans parler des amis qu'il avait laissé. Rodney avait mûri d'une certaine façon, moins centré sur lui même, il avait su apprendre à se dévoiler pour commencer une relation avec Kate; se disant que finalement il fallait profiter de la vie au risque que, comme John, elle ne lui file entre les doigts. Teyla quant à elle, avait épaulé Elizabeth pour oublier sa propre peine...
- « Vous vous mettez le doigt dans l'oeil, si vous pensez une seule seconde, que je vais leur annoncer que vous êtes vivant. Vous voulez resté mort alors qu'il en soit ainsi! »
Lorne prenait un risque en le défiant de la sorte, mais il fallait le faire réagir d'une manière ou d'une autre.
- « Vivez en ayant sur la conscience le chagrin de vos amis qui sont persuadés que vous êtes en train de manger les pissenlits par la racine! »
Lorne fit un signe à ses hommes qui étaient restés jusqu'à là silencieux, respectant ce qui semblait être un règlement de compte. Les trois hommes n'avaient pas connu le colonel Sheppard, seulement par réputation, mais ils comprenaient aisément l'énergie que mettait leur supérieur pour lui faire entendre raison.
- « Allez les gars, on a plus rien à faire ici » fit Lorne en faisant un signe à ses hommes.
- « Attendez! »
Satisfait, Evan se retourna et attendit que John parle.
- « Je reviens le temps de vous aider, même si j'ignore complètement de quoi il est question. Sachez cependant que c'est temporaire. Ma vie est ici à présent. »
- « Comme vous le voulez. »
Lorne savait par avance que lorsque John - peu importe ce qui avait pu se passer il y a deux ans - saurait pour son fils, jamais plus il ne repartirait.
- « Le temps de l'annoncer à Tarys » consentit John en se mettant debout.
OoO
Confortablement assis sur les genoux de Teyla, Johnatan était littéralement aux anges. Que demander de plus si ce n'est un peu d'attention et de câlins! Depuis quelques minutes le petit garçon s'était pris de fascination pour les cheveux de l'athosienne, enroulant une de ses mèches autour de son petit doigt, il tirait doucement dessus.
- « Jo, arrête ça fait mal! » fit Elizabeth en lui attrapant la main pour qu'il desserre son étreinte.
- « Ce n'est rien, il ne me fait pas mal »
- « Peut être, mais il doit apprendre qu'il ne faut pas tirer sur les cheveux. En ce moment il n'arrête pas de me le faire. » lui répondit-elle en se rasseyant en face de l'athosienne.
N'ayant plus de quoi s'occuper les mains, le petit garçon attrapa son gobelet en plastique, non pas pour boire, mais pour faire du tam tam sur la table. Elizabeth haussa les yeux au ciel avant de lui prendre l'objet tortueux pour ses oreilles.
- « Tu m'as l'air un peu sur les nerfs, je me trompe? » demanda Teyla inquiète de voir son amie perdre patience aussi facilement avec son fils.
D'ordinaire, Elizabeth était d'une patience angélique avec Johnatan. Faut dire que le petit garçon avait un sacré caractère en plus d'une énergie incroyable. Pourtant, la jeune maman savait comment canaliser son fils et le calmer. Sauf qu'en l'occurrence, elle perdait rapidement sa patience.
- « Plus il grandit, plus il me donne du fil à tordre. »
- « Tu t'en occupe très bien Elizabeth. »
- « Pour le moment mais... »
- « Mais quoi? »
Elizabeth faisait ce qu'elle pouvait pour son fils, tout ce dont elle était capable. Cependant, la peur de mal l'élever ne la quittait pas depuis quelque temps. Cette peur de commettre des impairs de sorte que son fils grandisse sans les grands principes qui feraient de lui un homme bien. Seule, la jeune femme redoutait de ne pas savoir l'élever...
- « Tu le penses sérieusement? » s'étonna Teyla.
- « Oui. D'ailleurs, je me suis posée plusieurs fois la question si je ne devais pas retourner sur terre. »
Trouver un emploi moins prenant afin d'avoir un maximum de temps pour se consacrer à Johnatan. D'autant plus que la cité n'avait rien de très sécurisant pour un enfant, d'un certain côté, il était même irresponsable de rester ici.
- « Jo est certes un enfant un peu... agité, mais on est là pour t'aider Elizabeth. »
- « Mais ce n'est pas votre rôle. C'est moi le parent, c'est à moi seule de m'en occuper. Je ne dois pas me décharger de mes responsabilités. »
- « Ce n'est pas ce que tu fais. Tu es une mère responsable et tu t'occupes très bien de Jo. Vu les circonstances, crois moi, certaines femmes n'auraient pas eu ton courage de l'élever seule. »
Elle faisait ce qu'elle pouvait... mais parfois Elizabeth pensait sérieusement ne pas être à la hauteur.
« Docteur Weir, il y a une activation de la porte non programmée »
- « Je dois y aller » souffla Elizabeth en se levant d'un bon de sa chaise.
Alors qu'elle s'apprêtait à prendre son fils dans ses bras pour l'amener, Teyla lui proposa de le garder.
- « Tu vois, je dois me décharger de mon fils une fois encore »
- « Je serai dans mes quartiers avec Jo » l'informa t-elle sans relever les paroles accusatoires de la jeune femme.
Un baiser sur la joue de son fils, et Elizabeth quitta à longues enjambées le mess pour se rendre en salle d'embarcation. Le temps qu'elle s'y rende, l'équipe de Lorne avait déjà passé la porte après que ce dernier ait donné son code d'identification. Ce fut d'ailleurs Evan que Elizabeth aperçut en premier dans la salle. Soulagée a prima bor que son équipe revienne saine et sauve, elle tiqua ensuite sur la raison de leur retour précipité.
- « Lorne, déjà rentré mais... » commença t-elle à lui demander juste avant de se rendre compte qu'un cinquième homme accompagnait son équipe. « Qui est cet homme qui vous accompagne.. »
Elizabeth s'avança d'un pas, ne parvenant pas à distinguer de loin les traits de cet homme, mais elle se figea en croyant... en croyant reconnaître John. Cette pensée s'imposa d'elle même lorsqu'elle vit ses yeux émeraudes, puis ses lèvres, son menton... Les facettes de son visages étaient marquées comme au fer rouge dans sa mémoire pour les avoir tant de fois examiner. Pour s'assurer qu'elle ne rêvait pas, elle ferma les yeux et les rouvrit dans la seconde. Non, il était toujours là. Debout et parfaitement en vie. Seuls ses vêtements et sa barbe différaient de l'image qu'elle gardait de lui. Elle déglutit avec difficulté avant de prendre la parole.
- « John... »
Ce dernier ne bougeait toujours pas. Ne disait toujours rien. Il se contentait de la regarder à son tour avec une étincelle qui glaça le sang de la jeune femme pour l'avoir reconnue. La même étincelle de colère que celle qu'elle avait vu il y a deux ans. Alors elle sut qu'elle ne rêvait pas, que John était bel et bien en vie.
- « Tu es en vie?! »
Une affirmation plus qu'une question qui aurait très facilement pu passer pour un reproche. Or, il s'agissait plus d'une formulation pour comprendre l'impossible, comprendre l'irréelle de la situation.
Comprendre, comment on peut revenir du royaume des morts...
Un endroit proscrit des vivants. Un endroit sans retour possible.
- « Oui, je suis vivant. »
Lorne intima à ses hommes de partir par un signe de la main, ces deux là avaient besoin d'intimité, mais le militaire en chef préféra néanmoins rester dans les parages en cas de dérapages.
- « Je.. je.. j'ai du mal... »
Les mots se perdaient au fond de sa gorge. Elle ne savait pas comment réagir, ni quoi dire. John, l'homme qu'elle pleurait depuis deux ans se tenait en chair et en os devant elle. Un mirage? Une hallucination?
Son estomac se retourna en voyant John faire quelques pas en sa direction.
- « Si je suis là, c'est parce que Lorne m'a parlé d'un problème avec la cité? »
Sans qu'elle ne le prémédite, sa main se leva et vint s'abattre violemment sur la joue de John. Un moyen de s'assurer de son statut de vivant. Une réponse à sa question totalement absurde. Il s'agissait certainement un peu de ces deux hypothèses.
- « Je... je vais voir Jo » fit-elle, le regard embué de larmes.
Et sans plus attendre, elle tourna les talons et quitta la salle d'embarcation, sous l'air médusé de John, qui ne savait pas qui était Jo et pourquoi elle partait le retrouver.
- « Mais enfin qui est ce Jo? » redemanda John un peu plus fort.
À suivre...
