Et voilà la rencontre père fils.. mais john est-il au moins le père? Lol réponse maintenant
Et sans plus attendre, elle tourna les talons et quitta la salle d'embarcation, sous l'air médusé de John, qui ne savait pas qui était Jo et pourquoi elle partait le retrouver.
- « Mais enfin qui est ce Jo? » redemanda John un peu plus fort.
Lorne ne savait pas quoi répondre, tiraillé entre ses deux amis, comme il le serait entre deux parents qui se déchirent, il fallait prendre un parti parti prix. Au vu du comportement de John sur la planète, il se doutait fortement que les retrouvailles ne se feraient nullement par un baiser, sauf que la gifle et le départ de Elizabeth n'étaient pas non plus dans ses prédictions.
- « Lorne? »
Cette impatience et cette volonté de découvrir l'identité de Jo renforça Evan dans sa conviction de l'aider. Sans prononcer le moindre mot, il lui fit signe de le suivre, se doutant que son fils serait certainement avec Ronon ou Teyla.
Fulminant intérieurement que le militaire ne veuille rien lui dire, John le suivit au pas sans prêter la moindre attention à l'architecture lantienne qu'il n'avait pas revu depuis deux ans. Tout ce bousculait dans sa tête: passé, présent; ses pensées n'étaient plus qu'un magistral chaos, un gouffre d'informations désordonnées. Revoir la personne qui l'avait tué, d'une certaine manière, avait ravivé la douleur qui le ne quittait plus depuis deux ans.
Mais bon sang où l'amenait-il?
- « Lorne » appela John au détour d'un couloir.
- « On est presque arrivé »
John fronça des sourcils juste avant de reconnaître cette partie de la cité. Si ses souvenirs ne le trompaient pas, les quartiers de Teyla s'y trouvaient au bout du couloir. Mais pourquoi le conduisait-il là-bas?
- « Vous devez y aller seul » informa Lorne en s'arrêtant quelques mètres avant la porte des quartiers de l'athosienne.
- « Mais enfin... »
- « Vous saurez qui est Jo »
Mais voulait-il réellement le savoir ? Son instinct de préservation lui disait de ne pas y aller, qu'il ne servait à rien de rencontrer celui qui l'avait remplacé au risque de souffrir encore plus. Pourtant la curiosité lui soufflait le contraire, histoire de pouvoir se comparer à lui. John opta pour la première option et frappa à la porte. Ce fut Teyla qui ouvrit.
- « Oh.. j'y crois pas .. c'est vraiment toi, John » minauda Teyla en se jetant à son cou.
Qu'il était bon de le revoir, de le sentir vivant. Teyla serrait si fort John, si fort à l'étouffer pour s'assurer que ce n'était pas un rêve, que Elizabeth ne s'était pas trompée. Son corps tout entier vibrait par l'émotion qui la submergeait. On venait de lui rendre son ami.
- « Chut du calme... oui c'est moi » murmura John contre l'oreille de la jeune guerrière en lui caressant tendrement les cheveux.
L'ancien John se serait montré distant avec la jeune femme, mais la revoir lui avait ainsi rappeler ô combien elle lui avait manqué. Et sans qu'il ne s'en rende compte, une larme coula le long de sa joue. Une larme de tristesse pour avoir été forcé à l'abandonner, de l'avoir bercé dans le mensonge de sa mort. Teyla n'avait pas mérité de subir cette épreuve, pas elle; mais d'autre personnes l'avaient contraint et forcé.
- « John... » souffla t-elle en se séparant de lui. « Oui, c'est bien toi » dit-elle, en posant sa main sur sa barbe.
Un sourire crispé se dessina sur son visage en pensant à Elizabeth. La jeune femme s'était réfugiée en pleurs dans ses quartiers voilà quelques minutes, depuis elle serrait son fils dans ses bras, les seuls mots qu'elle avait pu lui soutirer étant : John est vivant, il est ici.
- « Elle est là » dit-elle en fixant la porte de ses quartiers, sachant que John devait chercher Elizabeth.
Et sans un mot, John ouvrit la porte et entra. Assise sur le lit, Elizabeth lui tournait le dos et semblait tenir quelque chose dans ses bras. Au bout d'un instant, il la vit se redresser et se retourner lentement, lui offrant, dans le lueur orangées de quelques bougies disséminées dans la pièce, un visage grave, ravagé. En baissant son regard sur elle, il vit alors ... un enfant. Oui, elle tenait un enfant dans ses bras. Prit dans l'absence, John fixait cet enfant sans savoir quoi penser. Lentement, la jeune femme se leva, tenant toujours Jo – étrangement calme - dans ses bras. Il se pinça l'arête du nez, pour chasser les picotements qu'il sentait monter dans ses yeux.
- « J'ai quelqu'un à te présenter » fit Elizabeth en s'avançant vers lui.
Quel âge avait cet enfant? Un peu plus d'un an environ. Il serra les lèvres avant de prendre une profonde inspiration.
- « C'est ton fils? » demanda t-il sur un ton dédaigneux, alors même qu'il connaissait la réponse.
- « Oui. »
Sentant la moutarde lui monter au nez, John ferma les yeux un fragment de seconde pour se contenir.
- « C'est mon fils et... »
- « Et le sien! » la coupa t-il.
Surprise et choquée, Elizabeth recula d'un pas. Comment pouvait-il penser une chose pareille? Il suffisait de voir Johnatan pour se rendre compte que père et fils se ressemblaient énormément. Ainsi l'amertume l'avait consumé au point d'en perdre tout sa raison, de n'être conduit que par sa colère et sa rancune...
Sentant la tension dans la pièce, Johnatan poussa un cri et gesticula dans les bras de sa mère qui renforça son étreinte et l'embrassa sur le haut du crâne pour le calmer.
- « Ne vois tu pas que c'est ton portrait craché?! »
Devant son silence prolongé, elle ajouta :
- « Il s'appelle Johnatan Sheppard. Ton fils »
John ouvrit et referma sa bouche, tentant d'assimiler les paroles de Elizabeth. Mon fils... Mon fils.. Ces mots ne cessaient de retentir dans sa tête dans un vacarme assourdissant. Son fils. Le rythme de son coeur s'accéléra, encore, toujours plus, ses oreilles lui bourdonnaient, sa tête lui tournait; John finit par s'asseoir sur le bord du lit pour ne pas flancher.
- « Et maintenant, j'aimerai bien comprendre. »
John leva son menton, mais non pas pour voir Elizabeth mais pour examiner cet enfant qui le regardait curieusement. Il ne pouvait pas le renier, John se voyait en lui. L'annonce de sa paternité aurait dû le remplir de joie et de fierté, lui, qui avait toujours rêvé d'avoir des enfants. En réalité, il se savait pas vraiment quels qualificatifs mettre sur cet avalanche de sensations qui influaient en lui.
- « John » appela t-elle alors que des larmes dévalaient sur ses joues.
- « Faut que je sorte de là »
OoO
Teyla fixait depuis un long moment cette porte, comme si le fait de la regarder pourrait lui permettre de savoir ce qu'il se passait de l'autre côté. Comment John réagirait en apprenant qu'il avait un fils?
- « Tu as l'air inquiet Evan. Tu penses qu'il va mal le prendre. »
- « Je sais pas trop. »
- « Comment ça? »
John avait changé, le peu de temps passé avec lui sur cette planète l'avait amené à la conclusion que l'homme que tous avaient connu n'appartenait plus qu'au passé. Qui sait quelle sera sa réaction ?
- « N'as tu rien remarqué le concernant? »
Mise à part la barbe, rien n'avait attiré l'attention de la jeune femme en si peu de temps, trop emprise par l'émotion de le revoir, la seule importance avait été de le serrer contre elle.
John sortit brusquement de ses quartiers, le regard hagard, il semblait totalement chamboulé. Teyla se lança à sa poursuite.
- « John! »
En courant, Teyla eut tôt fait de le rattraper et de le pousser contre un mur.
- « Bon sang... j'ai un fils... » chuchota t-il en se passant une main dans les cheveux.
- « John. »
- « J'ai un enfant avec elle » fit-il, inconscient, de réfléchir à haute voix.
Il avait un enfant avec Elizabeth et n'en avait jamais rien su, et cela aurait continué ainsi s'il n'était pas revenu.
- « John » appela t-elle.
Le ton tranchant le ramena à la réalité. Lorsque le changement dans le comportement de John arriva, ce fut comme si quelqu'un avait actionné un interrupteur. Il passa d'une contemplation sereine à une colère à peine contenue en un battement de paupière.
Teyla examina son ami, c'est alors que la question de Lorne prit tout son sens. N'as tu rien remarqué le concernant? Maintenant, elle comprenait son sous entendu. John n'était plus le même, ses yeux trahissaient une profonde colère mêlée à de la tristesse. Il avait souffert, énormément souffert... Délicatement, elle posa une main sur son épaule, au travers du tissu de son vêtement, elle pouvait aisément sentir ses muscles tendus.
- « C'est leurs fautes si je n'étais pas là »
Son ton à présent neutre de toute émotions donna des frissons à la jeune femme qui ne comprenait pas le sens de cette accusation.
- « Eux? Leurs fautes? »
De vieux souvenirs revinrent en mémoire, et notamment ceux de ce jour où il avait frappé Ronon sans la moindre raison apparente. Le runner n'avait pas riposté, au contraire, il se serait laissé faire si elle et Rodney n'étaient pas intervenus. Est-ce que tout était lié? En deux ans, jamais Ronon n'avait jamais voulu lui expliquer les raisons de son geste. Qu'avait commis Ronon pour que John le haïsse à ce point. Et eux? Qui d'autres cela impliquait-il? Elizabeth ? La réflexion de Teyla l'amena vers une supposition tellement improbable qu'elle eut tôt fais de la chasser. Pourtant, elle ne lui paressait pas si fantaisiste que cela. Et si Elizabeth et Ronon avaient entretenu une relation avant que John ne disparaisse en mission. Cette explication – légèrement surprenante – aurait au moins le mérite de justifier un bon nombre de choses, à commencer pourquoi ces deux là entretenaient une relation amicale si étroite, alors que auparavant ils étaient presque comme deux étrangers. Et aussi pourquoi Ronon s'était montré si présent durant la grossesse de la jeune femme, répondant aux moindres de ses attentes comme s'il était le père de cet enfant.
- « John. Qu'est ce qu'il s'est passé? »
Elle contraint sa voix à rester calme, détendue. Sans prétention, et pas accusatrice.
- « Il m'a tout pris » répondit-il simplement.
Il frissonna et força son visage à rester sans expression, mais il s'approcha du mur pour s'y appuyer fermement. Oui, il lui avait tout pris. Sa femme, son enfant, sa vie. Il n'avait pas été là pour savourer sa paternité, pour connaître son fils.
Lorne entra dans le champ de vision de John, s'éclaircissant la gorge pour signaler sa présence au militaire. John cligna des paupières.
- « Evan? »
- « Je dois vous amener à l'infirmerie pour une visite de contrôle. »
Une excuse afin d'inciter Teyla à retourner auprès de Elizabeth.
- « Je vous suis. »
OoO
Son coeur brisé : une cicatrice jamais refermée complètement, cette impression d'inachevé et de définitif à la fois que seul le temps apaisera un jour. C'est ce qu'on dit : le temps adoucit la peine et la rend plus supportable. Ce n'est que des on dit malheureusement.
Elizabeth se balançait d'avant en arrière pour bercer son fils qu'elle serrait toujours très fermement contre sa poitrine. Johnatan avait ressenti la tension dans la pièce ce qui l'avait rendu nerveux et maintenant il pleurnichait, ne comprenant pas ce qu'il venait de se passer. D'ailleurs, elle non plus ne comprenait pas grand chose. Avait-elle rêvait? Etait-ce une manifestation de son subconscient? John était vivant. Vivant. L'immoralité et la trahison de son acte vinrent la frapper de nouveau de plein fouet, encore plus violent, plus douloureux. Comment allaient-ils affronter ce retour? Au moins quand elle le présumait mort, gérer la bassesse de son comportement était plus simple, il lui suffisait pour cela de le pleurer, de se punir en se privant de vivre, sachant pertinemment que rien ne pourrait le faire revenir. A présent, comment gérer son retour? Rien ne sera plus pareil. Restera t-il au moins en sachant qu'il a un enfant? Tant de questions se bousculaient dans sa tête, un chaos de pensées confuses et obscures lui martelaient l'esprit.
Des larmes scintillèrent au bord de ses cils, elle se passa la main sur les yeux tandis que la porte s'ouvrit sur Teyla.
- « Je n'ai pas rêvé »
La voix se perdit au fil de ces quelques mots : elle venait de troubler un long silence pour y retourner.
Teyla vibrait de tout son coeur à la situation de Elizabeth alors même qu'elle ne connaissait rien de ce par quoi elle était passée. On a beau vouloir se mettre à la place des autres, de compatir à leur douleur en mesurant ce qu'ils ressentent. Tant que l'on ne passe pas nous même par les même chemins tortueux, on ne peut se mettre à leurs places. On ne peut que les soutenir et leurs faire comprendre qu'on sera toujours là en cas de besoin.
- « Non, tu n'as pas rêvé » fit la jeune guerrière en s'avançant prudemment d'elle.
- « John. »
- « Oui, John est là. » rassura Teyla en s'agenouilla pour lui prendre une main dans la sienne. « Comment le prends-tu? »
Sa question sibylline lui fit relever la tête et elle lui offrit un visage de petite fille perdue, inattendu.
- « Tu retrouves un père pour ton fils »
Elizabeth baissa ses yeux sur Johnatan. Ce dernier lui offrit un grand sourire lorsqu'il vit sa mère poser ses yeux encore embués de larmes sur lui. Si jeune et pourtant si précoce, il savait quand sa mère avait besoin de réconfort. Et là, ce sourire lui regonfla le coeur alors que dans le même temps il lui rappelait douloureusement une autre personne.
- « Zoif »
Alors que la jeune maman s'apprêtait à se lever, Teyla, par un signe de la main, lui indiqua de ne pas bouger. Elle farfouilla dans le sac de Johnatan et en sortit un biberon d'eau.
- « Vas chercher ton biberon mon ange »
Elizabeth posa son fils par terre qui gambada jusqu'à l'athosienne.
- « Merki » fit Johnatan en prenant le biberon qu'on lui tendait.
- « De rien mon coeur » répondit Teyla en lui caressant sa tête sans jamais cesser de regarder au coin la jeune femme.
Impuissante, Teyla ne savait comment aider Elizabeth qui avait l'air perdu, ne sachant plus pourquoi elle était là, ou totalement dans un autre monde.
- « Allonge toi et dors un peu » intima t-elle en prenant Johnatan dans ses bras.
- « Non, je »
- « Allonge toi »
Elizabeth n'avait plus la force ni l'énergie de protester, tout ce qu'elle voulait étant d'oublier, de perdre toute notion pour se plonger dans un océan de félicité, de béatitude : un état qu'elle ne connaissait plus depuis deux ans. Elle s'allongea sur le lit, serrant fermement un coussin contre elle et ferma les yeux alors qu'une larme coulait le long de sa joue. Morphée vint rapidement la chercher, lui offrant ainsi un répit temporaire dans sa rédemption.
