Cérémonie : Me marier à tout prix

Jeunes fiancés ou proches : Edward & Bella

Serment du mariage (Disclaimer) : La Saga Twilight et les personnages utilisés dans cet OS sont la propriété de Stephenie Meyer. La trame et le contexte de cet écrit sont à moi.

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PDV Edward

« Si seulement tu étais marié, ou juste fiancé... » Soupira ma mère en sortant de la cuisine.

« Pourquoi tu dis ça ? »

« Ton père s'inquiète pour Emmett, il ne veut pas prendre sa retraite maintenant car ton frère est si... instable. Il a trente-trois ans et nous n'avons jamais rencontré une de ses nombreuses amies... à part cette blonde en terminale. Bref, tu ne saurais pas ce qu'il se passe pour Emmett ? »

J'avais enfin trouvé la solution pour ravir à mon frère aîné la succession à la tête de la clinique paternelle. Enfin une piste pour le discréditer aux yeux de mes parents !

« Non mais moi... »

« Oui ? »

Ma mère ouvrit grand les yeux et les mains. Elle ne me mettait pas la pression, je n'avais que vingt-sept ans après tout, et elle savait comme j'étais investi dans mon travail, elle se souciait aussi de moi sûrement.

Moins que d'Emmett, pensai-je en serrant les poings mais sans me départir de mon sourire.

« J'ai rencontré une jeune femme, il y a quelques mois et je voulais te demander de me donner la bague de Nana. » Lui annonçai-je.

« Mais cette bague est pour la future femme de ton frère. » Balbutia-t-elle, partagée entre son bonheur pour moi et le poids des traditions de la famille de mon père.

« Il ne se mariera peut-être jamais. » Arguai-je.

« Qui est-elle ? »

Je n'avais personne, pas l'ombre d'une conquête, je ne sautais plus les infirmières depuis longtemps.

« Je te la présenterai bientôt. Elle est très timide, elle est aussi merveilleuse, douce, généreuse, jamais je n'aurais cru pouvoir autant aimer. »

« C'est donc pour ça que tu étais si absent ces derniers temps ? »

J'acquiesçai.

Non si j'étais absent c'était parce que je tentais par tous les moyens de prouver que mon frère détournait l'argent de la clinique. Il vivait une vie de pacha alors que je peinais à mettre de l'argent de côté, je devais rembourser mon prêt étudiant et payer mon loyer. Une chance pour moi que je passais tout mon temps quasiment à travailler. Bien sûr je ne m'étais pas destiné à devenir médecin pour l'argent, d'ailleurs la clinique de mon père recevait pour la moitié des déshérités, nous ne faisions quasiment aucun profit.

« Oh Edward, je suis si heureuse ! »

« Maman, tu me donnes la bague ? »

« Parle-en à ton père mon chéri. S'il refuse, ne lui en veux pas, tu connais la tradition. Je peux te donner la bague de ma mère. »

Mon père allait refuser, c'était couru d'avance. Tant pis.

« Tu as raison, je vais prendre celle de Grand-Mère, Emmett mérite qu'on lui laisse une chance. » Me forçai-je.

« Tu es si bon, mon chéri. Invite ton amie pour le jour de Noël, s'il te plait. »

« Bien sûr maman, j'ai hâte que tu la rencontres, je suis certain qu'elle va te plaire. »

Je sortis de l'appartement de mes parents, situés au dernier étage de la clinique et rentrai chez moi, à quelques rues de là.

Mon père me téléphona le soir-même, sans doute pour exiger de rencontrer ma future fiancée, je ne lui répondis pas. Je savais d'avance qu'il me critiquerait. Depuis que j'avais entamé mon internat à la clinique, j'avais proposé des dizaines d'idées pour améliorer le service et trouver de nouveaux investisseurs, mon père m'avait dit de ne pas me préoccuper de ça et si j'insistais, il ne manquait jamais de pointer que j'étais libre d'aller travailler ailleurs si je n'étais pas d'accord avec lui.

Il me restait à me trouver une future épouse et vite ! Si Emmett se casait, il dirigerait la clinique et je refusais de lui obéir, il avait fait de mon enfance un enfer. Il avait été le pire des grand-frère pour moi mais le plus adorable avec ma jumelle, Alice.

Les jours suivants, je passais en revue chaque femme que je connaissais, puis je me mis à considérer si dans mes anciennes conquêtes, l'une pouvait devenir ma femme. Je désespérais, Noël arrivait à grand pas et je devais absolument trouver. La perspective de me marier ne m'avait jamais attiré, si elle était sexy et bonne cuisinière, je supposais que ça marcherait. J'avais si peu de temps libre de toute façon, je n'aurais pas le temps avant longtemps de m'occuper d'une famille.

Une semaine plus tard, Emmett me supplia de le remplacer lors de la tournée des volontaires du samu social. J'enrageai de le voir ensuite filer au bras d'une belle rousse mais sa défection jouerait pour moi quand mon père penserait à prendre sa retraite. La nuit fut longue et active, les rues de Seattle regorgeaient de malheureux et ce mois de décembre n'arrangeait rien. À l'aube, j'acceptai la proposition du chef d'équipe de déjeuner avec tous les volontaires. Nous étions encore dans les quartiers sud de la ville, les plus modestes et ce petit restaurant ouvert vingt-quatre heures sur vingt-quatre m'apparut comme un oasis. Chaleureux, une carte bien fournie et des odeurs délicieuses.

Tout en écoutant la conversation de mes compagnons, je commandai un petit-déjeuner royal. Je devais commencer à travailler dans deux heures, même si j'avais l'habitude des journées à rallonge, je ne pouvais me permettre d'être fatigué et affamé. Et ce fut... mon dieu je n'avais jamais rien mangé d'aussi délicieux. Ma mère en ferait une syncope si elle savait qu'il y avait dans ce monde de meilleurs pancakes que les siens, de meilleurs œufs brouillés et un bacon plus croustillant que ceux qu'elle cuisinait.

« C'est bon, hein Cullen ?! » M'apostropha Garrett, un collègue médecin.

« Une tuerie. » Répondis-je avec enthousiasme et la bouche pleine.

« C'est une fée de la cuisine, si je n'étais pas marié, je l'épouserais et pas que pour sa cuisine. »

« Qui ? » M'étonnai-je.

Je le connaissais depuis que nous étions étudiants et sa femme, Kate, et lui étaient du genre démonstratifs, ils étaient fous l'un de l'autre. S'il craquait pour une autre, elle devait être exceptionnelle.

« Bella ! » Appela-t-il.

Une jeune femme sortit de la cuisine, elle était chaudement habillée et portait un tablier gris clair tacheté. Ses cheveux bruns étaient coincés dans une grosse barrette, ses yeux chocolat trahissaient une grande fatigue, accentuée par des cernes mauves, sa peau pâle aurait pu être signe d'une maladie si elle n'avait pas un sourire permanent sur ses lèvres roses et pleines.

« Tu as un nouvel admirateur. » Lui dit mon collègue.

Garrett me donna une tape dans le dos et me fit signe d'être courtois avec la meilleure cuisinière du monde.

« Edward Cullen, dis-je en me levant et en lui tendant la main. Je n'ai jamais aussi bien mangé. Même les myrtilles étaient succulentes et pourtant pour ça vous n'y êtes pour rien. »

Bella serra ma main rapidement et rigola de ma tirade de compliments.

« Merci. »

« Je ne suis pas le premier, n'est-ce pas ? »

« Non. » Admit-elle en rosissant.

Voilà, j'avais rencontré ma future femme et ce qui ne gâchait rien, elle correspondait sûrement à ce que j'avais raconté à ma mère. Bella semblait généreuse, douce mais aussi drôle et simple. Elle était différente de mes conquêtes et c'était une bonne chose, cela pourrait marcher avec elle.

« Elle est célibataire ? » Demandai-je plus tard à Garrett.

« Je crois mais il y a un homme qui lui tourne autour depuis longtemps. »

Le lendemain à la fin de mon service je retournai au restaurant et Bella était derrière le comptoir. Elle me reconnut aussitôt.

« Bonsoir. »

« Bonsoir Bella. »

Elle me tendit la carte et prit ma commande. J'eus l'impression qu'elle ne voulait pas s'éloigner de moi.

« Vous accepteriez de dîner avec moi ? » Lui dis-je en désignant la chaise à côté de moi.

« Je travaille. » Me répondit-elle, avant de se mordre la lèvre inférieure.

Elle en avait envie, j'avais capté son attention et j'en étais vraiment fier.

« Bella, la table six réclame encore du gratin. » L'interpella un homme aux cheveux longs et noirs.

Il me dévisagea ensuite, quand Bella retourna en cuisine, il passa derrière moi et posa brutalement une grosse main sur mon épaule.

« Tout va bien pour vous monsieur ? »

Sa voix ne cachait pas l'hypocrisie de la question, il avait un message à me transmettre.

« Très bien, c'est délicieux. » Répliquai-je en fixant la cuisine où je voyais s'activer rapidement.

« Oui, ma copine est une fée en cuisine. »

Bella arriva alors et déposa sur le comptoir, face à l'homme une assiette fumante. Une fois seuls, elle se pencha vers moi tout en surveillant par-dessus mon épaule.

« Il ne vous a pas fait mal ? »

« Un peu. » Admis-je en massant mon épaule.

« Je suis désolée. »

« Il est du genre jaloux donc. »

« Nous ne sommes pas ensemble. » Répliqua-t-elle, furieuse.

« Mais vous l'avez été. » Supposai-je.

Bella hocha la tête en fronçant les sourcils et en baissant son regard, ennuyée par ce souvenir j'espérais.

« Alors vous accepteriez-vous de diner avec moi, un soir où vous ne travaillez pas ? »

« Après-demain. » Me dit-elle tout bas.

Elle griffonna son numéro de téléphone avant de repartir en cuisine.

J'avais toujours eu du succès auprès des femmes, Bella me plaisait et c'était réciproque. Il y avait autre chose qui n'avait rien avec mon empressement à me trouver une épouse mais je ne voulais pas m'embrouiller l'esprit pour le moment.

_oOo_

« Où voudrais-tu dîner ? »

Je l'avais rejointe à deux pâtés de maison du restaurant, juste après des visites à domicile. Elle avait déjà le bout du nez rose et toute emmitouflée dans son manteau, j'avais failli ne pas la reconnaître.

Elle monta en voiture sans hésiter et se précipita vers le chauffage de la console.

« Japonais ça te plairait ? » Me dit-elle en évitant mon regard.

« Euh... »

« Tu n'aimes pas? »

« Un peu. »

Je lui souris pour la mettre à l'aise.

« Sois honnête Edward. »

« Je déteste ! » M'exclamai-je en riant.

Elle avait raison je devais être le plus honnête possible si je voulais la séduire et en cet instant, alors qu'elle rit à son tour, je me réjouis d'avoir brisé la glace avec elle.

« Pourquoi ? » Hoqueta Bella, se calmant peu à peu.

« Ça n'est pas franchement de la cuisine... je n'aime pas tout ce qui vient d'Asie, je ne pourrais pas l'expliquer... que ce soit les sushis, les litchis, le sudoku, le saké, les origamis, les nems, même les pandas ! »

« Tu ne peux pas ne pas aimer les pandas ! » Se révolta Bella.

Etre moi-même avec elle était naturel, simple, facile et libérateur. Je pouvais me confier sans avoir peur d'être jugé, sans craindre qu'elle me le reproche un jour... quoique.

La bague de ma grand-mère pesait lourd dans ma poche, plus la soirée avançait, plus je me sentais impatient d'être marié avec Bella. Un jour je lui dirais la vérité mais pas tout de suite, je ne devais pas gâcher ce qui ne faisait que commencer. J'avais besoin d'elle.

_oOo_

« Bella ! »

Elle se raidit et me supplia de ne rien dire. Je venais tout juste de me garer devant chez elle, notre troisième rendez-vous avait été très réussi et je me sentais assez en veine pour tenter de lui voler un baiser avant de partir.

« Jake... que veux-tu ? » Dit-elle à la montagne de muscles que j'avais vu au restaurant.

« Salopard ! »

Tout arriva très vite, il se jeta sur moi et me frappa deux fois au visage. Bella cria puis disparut de mon champ de vision. L'homme s'acharna pour me frapper au visage mais j'avais repris mes esprits et me protégeai tout en lui donnant des coups de pieds dans l'abdomen.

« Lâche-le ! » Hurla soudain Bella et s'agrippa à Jake.

« C'est ma copine ! Je t'avais prévenu raclure ! » Me cracha-t-il.

« Jake ! » Insista Bella, elle avait attrapa la longue queue de cheval et menaçait de la couper avec ma paire de ciseaux.

« Bells, tu n'as pas à sortir avec d'autres hommes ! On est quasiment fiancés. »

« C'est ce que toi tu veux, ce que nos pères veulent mais vous ne vous êtes jamais dit « Tiens, et si on demandait à Bella son avis ? » J'en ai marre de vivre sous vos ordres à tous ! »

« Et qu'est-ce que tu comptes faire ? » Ricana-t-il en la poussant à terre, se libérant aussi les cheveux.

Je ne pouvais pas rester sans rien dire, ce type était dangereux et Bella ne méritait pas de supporter cette vie plus longtemps. Je rejoignis la jeune fille et l'aidai à se remettre sur pieds.

« Bella et moi on est ensemble, assurai-je. Alors laisse-la partir. »

« Dans tes rêves ! » Grogna Jake.

Je tâtai la poche de ma veste et en sortit l'écrin. Dans la rue, le visage en sang, je tendis à Bella la bague de ma Grand-Mère.

« Ça n'est pas du tout ce que j'avais prévu, ça n'est pas romantique mais... Bella veux-tu m'épouser ? »

Elle me regarda, ahurie puis vint m'aider à me relever.

« Oui ! »

Jake s'approcha de nous et elle brandit à nouveau les ciseaux.

« Tu vois que je peux faire ce que je veux. » Lui lança-elle avec dédain.

Un homme, la petite cinquantaine, sortit en trombe de l'immeuble et se posta entre Bella et Jake.

« C'est quoi ce raffut ?! »

« Papa, Jake a agressé mon petit-ami. »

« Ton... »

Le père de Bella me toisa puis soupira.

« Jake, tu ne peux pas la forcer. » Lança-t-il, déçu.

Bella se blottit contre moi, comme pour accentuer notre rapprochement aux yeux de son père et de son ex.

« Charlie ! Il l'a demandée en mariage ! » Répliqua Jake.

« C'est vrai ? »

Charlie me fusilla du regard, c'est alors que je vis qu'il était officier de police, en uniforme et pistolet à la ceinture.

« Oui monsieur, je n'avais pas l'intention de le faire ainsi mais Jake prétendait que Bella et lui étaient fiancés alors j'ai eu peur de rater ma chance. Je vous demande la main de votre fille. »

Bella hocha la tête à l'attention de son père, elle s'accrochait à moi comme à une bouée de sauvetage. Je l'attirais pour embrasser son front, hors de question que notre premier baiser ait lieu face à son père et à ce fou de Jake. Elle me sourit et je lui pris la main droite pour y glisser la bague de fiançailles.

Je restais tard chez Bella, son père me harcela de questions, il finit par déclarer que je méritais une chance mais qu'il m'aurait à l'œil. Il alla se coucher, en exigeant toutefois que je ne pose pas un orteil dans la chambre de sa fille.

« Edward, je suis tellement désolée. » S'empressa de me dire en posant délicatement ses doigts sur mon visage abimé.

« Ça n'est rien. » Mentis-je, j'avais la sensation que mon visage allait exploser.

« Je vais aller chercher ta mallette. »

Elle revint une minute plus tard et ouvrit la mallette pour en extraire tout ce dont elle aurait besoin pour me soigner. Elle m'avait vite confiée être tellement maladroite qu'elle avait accumulé des dizaines de blessures et connaissait tout le personnel des urgences de l'hôpital.

« Tu m'as épaté avec les ciseaux. » Lui dis-je pour détourner mon attention de l'alcool qu'elle posait pourtant délicatement sur mes blessures.

« Je cherchais un scalpel. » Répondit-elle sérieusement.

« Je n'en transporte jamais pour mes visites, mais je vais le faire maintenant, au cas où. » Plaisantai-je.

« Edward, je suis vraiment désolée. Et tu t'es bien défendu mais si je ne faisais rien, ses copains auraient pu débarquer. »

« Et donc tu as menacé ses cheveux. »

Je savais qu'il fallait que nous parlions d'autre chose, de ma demande et de sa réponse, j'étais nerveux. Elle avait été prise au piège avec un garçon que son père aimait beaucoup, elle voulait à la fois vivre selon sa volonté et respecter son père. Ma demande tenait toujours, je ne voulais pas reculer.

Une fois mon visage nettoyé, elle posa un gros pansement sur mon arcade sourcilière et alla chercher une poche de glace pour ma mâchoire, déjà bleuie.

« Tu vas arriver à conduire ? » S'enquit-elle.

« Oui. »

Elle s'éloigna de moi et commença à ôter la bague de fiançailles... Mais pourquoi ?

« Tiens, reprends-là. » Me dit-elle en me la tendant.

« Pourquoi ? »

« Tu m'as sauvée, c'était très généreux mais tu n'avais pas à mentir. » M'expliqua-t-elle en tentant de cacher sa déception.

« Bella, j'étais sincère, je veux t'épouser. »

« Mais pourquoi ? On se connaît à peine. »

« J'ai eu le coup de foudre pour toi ce matin-là dans ton restaurant. Ça n'est pas quelque chose d'anodin... il y a tant de choses que j'aurais voulu dire et faire pour que ça se passe mieux, mais ce qui compte, c'est que tu me dises oui. »

Elle cligna des yeux plusieurs fois, mes lèvres me faisaient souffrir mais cela ne m'empêcha d'aller cueillir un baiser sur celles parfaites de ma fiancée.

« Epouse-moi Bella. » Lui demandai-je pour la deuxième fois.

Elle répondit enfin à mes baisers puis enroula ses bras autour de mon cou. Je sentis des larmes sur ses joues et je les essuyai avec mes doigts. Jamais je n'avais ressenti une telle félicité avec une femme. C'était comme si mon cœur reconnaissait le sien et à cet instant, je sus que tout se passerait bien.

« Oui. » Souffla-t-elle en brisant notre contact.

J'embrassai son annulaire droit et la bague qui était un peu grande.

« Bella, nous pourrions prendre notre temps mais je n'en ai pas envie. Je vais être honnête, j'ai un peu peur pour toi si tu restes ici. »

« Ça ira. » Promit-elle, je n'en étais pas pour autant rassuré.

« J'insiste, je veux t'épouser dès que possible, nous pourrons vivre chez moi ou chercher un autre appartement, c'est toi qui décides. »

« Ça n'a pas d'importance tant que je suis avec toi. »

Je ne pus que l'embrasser de nouveau, galvanisé par ma victoire, par sa reddition, par la certitude que ma vie allait prendre un tout nouveau sens.

« Alors viens dès ce soir. » La suppliai-je.

Elle se raidit dans mes bras, se leva finalement et commença à marmonner. Tout allait trop vite pour elle, j'en avais bien conscience et j'étais le pire des salauds. Mais je la voulais et vite. Je réalisais que j'allais bientôt lui faire l'amour, c'était à prévoir, nous étions fiancés, même si elle désirait attendre après notre mariage... Mon dieu faites qu'elle se donne avant le mariage.

« Ok. » Décida-t-elle enfin.

J'aurais voulu la prendre dans mes bras, lui promettre que tout irait bien, Bella fila réveiller son père qui rouspéta à l'annonce de la nouvelle. Elle se disputa avec lui quelques minutes puis claqua la porte et revint me voir au salon.

« Tu es sûr que c'est ce que tu veux Edward ? »

Elle avait peur et je me sentis si minable de l'avoir ainsi piégée, je n'étais pas mieux que Jake ou son père. Au moins je pourrais me rattraper en lui offrant une vie meilleure.

« Oui Bella, partons d'ici. »

« Viens m'aider à faire mes valises. »

_oOo_

Il était deux heures du matin quand nous arrivâmes chez moi. Elle visita rapidement, déposa ses sacs dans le salon et, timide, vint m'enlacer.

« Je n'arrive pas encore à y croire. »

« Mais c'est vrai. » Dis-je autant pour me convaincre aussi.

« Oui... mais si je crie demain matin, ne m'en veux pas. »

Elle était si drôle et attendrissante. Je la soulevai et la fis tourner, rien que pour l'entendre encore rire.

« Tu dois travailler demain ? » S'inquiéta-t-elle ensuite alors en voyant l'heure.

« Pas avant quinze heures. Allons-nous coucher Bella. »

Elle me suivit et malgré ma fatigue, j'aurais été prêt à lui faire l'amour mais c'était trop tôt. Bella enfila un de mes t-shirts et s'allongea dans mon lit en baillant. Je la rejoignis, la pris dans mes bras et l'embrassai tendrement avant de m'endormir.

_oOo_

Je fus réveillé par des effluves de café et de pancakes, je n'avais pas rêvé la soirée de la veille. La merveilleuse Bella avait emménagé chez moi et allait m'épouser, j'étais heureux tout simplement.

Et tu vas dégager ton frère de la clinique... pensai-je en me frottant le visage.

« Le secret est dans le tour de main. » Entendis-je Bella dire.

Je courus hors du lit, quelque chose clochait et quand j'arrivai dans la cuisine, j'eus la confirmation que ma parenthèse de bonheur venait de se refermer.

« Edward ! » M'accueillit ma mère, les poings sur les hanches.

« Bonjour maman. »

« Comment as-tu pu cacher ce trésor si longtemps ! »

« Euh... »

Je me précipitai sur ma fiancée pour l'enlacer et surtout lui glisser à l'oreille :

« Ça va ? »

« Oui. » Me répondit-elle tout bas en me serrant plus fort contre elle.

« Bella préparait ton petit-déjeuner quand je suis arrivée. Félicitations tous les deux. »

« Oh. »

« Oui, Bella m'a raconté pour ta demande hier soir. Pauvre chéri, tu es tout amoché. »

« J'aurais voulu vous l'annoncer à tous la semaine prochaine. » Plaidai-je, agacé de ne pas avoir pu voir la réaction de mon père.

« Bella a accepté de passer les fêtes de Noël avec nous, son père travaillera de toute façon. Je dois y aller. Ta sœur passera ce midi. »

Ma mère fila avant que je puisse refuser, ma sœur Alice était le même modèle de tornade en plus extravagant.

« Ta mère est très gentille. » Me dit Bella avant de m'embrasser sur la bouche.

Je la serrai contre moi, j'avais soudain besoin d'elle. Bella répondit à mes baisers mais trop vite s'écarta.

« Les pancakes vont refroidir. »

« Ok. » Grommelai-je.

A la première bouchée, j'oubliais le début de cette journée et entrainai Bella dans une conversation à bâtons rompus sur notre mariage. Après une douche rapide pour moi, Bella l'ayant prise en se levant, je l'aidai à s'installer. J'étais à la fois triste de la voir avec si peu de vêtements et impatient de la gâter.

« Ta sœur va arriver. » Me rappela Bella tandis qu'elle nous préparait le déjeuner.

« D'avance, je m'excuse. »

« Pourquoi ? »

« Elle est pire que ma mère. Je peux déjà prédire que tu vas passer l'après-midi avec elle dans les magasins, qu'elle te tirera les vers du nez pour savoir tout de toi et que même si tu es la plus belle femme au monde, elle va te forcer à l'accompagner dans un institut de beauté. »

« Oh... »

Bella parut inquiète pour une minute seulement, elle haussa les épaules ensuite et me sourit.

« Ça ne me déplairait pas je crois. »

« Elle est insupportable, sois forte. »

« Ok. »

« Dis-moi... tu ne m'as pas dit ce que tu comptais faire pour ton travail. »

« J'ai téléphoné ce matin, j'ai démissionné. Ça ne... ça ne te dérange pas au moins. »

« Je suis soulagé, au contraire. Je n'aimerais pas te savoir avec cette brute toute la journée. Mais ça ne va pas te manquer ? »

« Quoi ? Cuisiner à longueur de journée, de six heures du matin à onze heures du soir, six jours par semaine n'était pas du tout mon rêve. »

J'étais étonné par son ton sec, elle le comprit et me tendit la main. Je la rejoignis sur le canapé et elle se blottit contre moi.

« Tu n'imagines pas comme j'ai espéré qu'un jour je pourrais partir. »

« Tu ne me dis pas tout. » Devinai-je.

« Il n'y a rien à dire, j'ai travaillé depuis mes quatorze ans dans ce restaurant, pour aider mes parents. Ma mère est morte d'un cancer et je me suis retrouvée seule à la maison avec les factures à payer et un père en pleine dépression. Maintenant je veux vivre pour moi. »

J'étais vraiment le pire des égoïstes. Elle croyait avoir trouvé le prince charmant et ainsi échappé à une vie difficile, je lui avais menti pour me servir d'elle. Je n'allais peut-être jamais lui dire la vérité parce que j'étais le pire salopard mais je l'aimais déjà et je ne voulais pas la perdre.

_oOo_

A mon retour ce soir-là, je crus m'être trompé d'appartement. Tout avait été nettoyé, astiqué, rangé, je n'étais pas bordélique mais je n'avais jamais le temps de m'occuper du ménage, tout juste de la lessive et la vaisselle.

« Bella ? »

« Dans la salle de bains ! »

Je la trouvai dans la baignoire en train de la récurer mais le plus drôle fut de voir Alice frotter les toilettes en fronçant le nez.

« Salut Alice ! » Lançai-je moqueur.

Elle, toujours si apprêtée, portait un de mes shorts et un débardeur rose tout tâché.

« Je te hais ! » M'attaqua-t-elle en brandissant la brosse à toilettes.

« Ma Bella... tu n'aurais pas dû te donner tant de mal. » Dis-je à ma fiancée, soucieux de prouver à ma sœur que j'étais réellement amoureux.

« Ça n'est rien, et puis ta sœur m'a aidée. »

« Et la question est : pourquoi ? »

« Ta future femme est une tricheuse, voilà pourquoi ! » Répliqua Alice avant s'affaler sur le siège des toilettes rutilant.

Bella m'expliqua avoir demandé de l'aide à ma sœur pour ranger l'appartement et me faire la surprise. Alice s'était certainement attendue à faire un peu de vaisselle, pas à récurer mes toilettes ou nettoyer les vitres, ou encore nettoyer derrière mon frigo.

« Au moins Bella m'a autorisée à réorganiser ton armoire, enfin la vôtre maintenant. Elle est géniale, Edward. »

Alice me tendit les bras mais je compris ses intentions, elle tenait toujours la brosse des toilettes. Je l'esquivai pour me cacher derrière Bella qui riait avec moi de ces enfantillages. Ma sœur nous laissa peu après et fit promettre à Bella de la rejoindre le lendemain pour faire les magasins.

Bella me régala au diner, elle me raconta la journée avec ma sœur et me confirma qu'Alice s'était mise en tête d'organiser notre mariage.

« C'est à toi de décider, Bella, lui dis-je en l'aidant à débarrasser. Alice n'a pas à nous dicter sa loi. »

« C'est pourtant ce qu'elle a toujours fait, j'ai l'impression. »

« Oui... admis-je, quand j'étais célibataire mais tu es là maintenant. »

« Je voulais te demander aussi, qu'as-tu dit de moi à ta famille ? »

« Pas grand-chose, désolé... »

« Je vois... ça ne me dérange pas, je peux comprendre que tu aies menti sur certains détails de notre relation. »

« C'est juste que mes parents m'auraient conseillé d'attendre encore et je ne peux pas attendre. Je te veux toute à moi. »

« Ok, donc nous sortons ensemble depuis quelques mois... » Résuma-t-elle en essuyant machinalement le petit robot ménager.

« Oui. »

« Ça me va, même si j'aurais aimé me vanter de t'avoir séduit en un regard. »

Je la libérai du torchon et du robot pour poser mes mains sur ses joues.

« C'est le cas, tu peux le dire ! C'est ma demande qui a été précipitée. »

Je l'embrassai passionnément, je ne voulais plus qu'une chose, goûter sa peau et me perdre en elle. Mes mains glissèrent le long de son corps, découvrirent ses courbes et finalement empoignèrent ses fesses. Je l'assis sur le plan de travail sans quitter ses lèvres, et me plaquai entre ses jambes. J'étais déjà dur, je voulais qu'elle sache que je n'allais pas rester un gentleman encore très longtemps.

Bella répondit à mes caresses et mes baisers en gémissant tout bas. Elle passa ses doigts dans mes cheveux, me donnant des frissons, elle caressa mes épaules et mon dos, et quand elle enroula ses jambes autour de mes hanches, je ne pus me retenir plus longtemps.

« J'ai envie de toi Bella, tu n'as pas idée... »

« Dans la chambre. » Balbutia-t-elle entre deux baisers.

Sa peau avait un goût du paradis pensais-je tandis que je la portais jusqu'à notre chambre, dans notre lit. Je voulais la garder à jamais dans mes bras et dans mes draps, ce qui la fit rire quand je lui susurrais.

« On peut attendre... » Lui dis-je en lui ôtant ses vêtements.

« Non, moi aussi j'ai très envie de toi... mon cher fiancé. »

Il ne m'en fallait pas plus, j'arrachai avec impatience ses sous-vêtements et plongeai sur ses seins. Son corps tout entier était aussi brulant que le mien, ses gémissements répondaient aux miens, j'étais autant incapable qu'elle de m'arrêter. Ça devait être un signe, une preuve que j'avais rencontré mon âme-sœur, quelles que furent les circonstances.

Ma bouche s'arracha de la sienne pour la gouter au plus intime de son corps. Je n'avais jamais rien gouté d'aussi délicieux, j'étais définitivement accro à son sexe. Bella me guida et avec ma langue, je lui procurai un orgasme bruyant et prometteur. Elle avait crié mon nom et tandis qu'elle se remettait de son plaisir, je pris un préservatif dans ma table de chevet et l'enfilai. Quand ma fiancée retrouva ses esprits, j'étais déjà prêt à la pénétrer. Elle me fit un geste de la tête et j'eus enfin le droit de la posséder.

Comment était-ce possible ? Un instant en elle et j'en oubliais tout ce que j'avais connu avant elle.

« Marions-nous dans un mois, je ne pourrais pas attendre plus longtemps. » Lui déclarai-je en poussant toujours plus fort en elle.

« Oui... Oh... »

Nous fîmes l'amour plusieurs fois cette nuit-là, nous découvrant l'un l'autre sans gêne et sans retenue.

_oOo_

Mon père avait été charmant avec Bella, Emmett avait enchainé les blagues, dans l'ensemble tout se passait bien pour ma fiancée et moi. La vie nous avait réunis sous des prétextes discutables mais le résultat seul comptait et j'étais amoureux pour la première fois.

Le samedi suivant, Alice réquisitionna Bella pour les préparatifs du mariage. Ma jumelle nous en voulait beaucoup de précipiter les choses et pestait pour un oui pour un non depuis notre annonce à la famille. Bella acceptait chaque caprice de ma sœur, chaque extravagance, chaque décision sans broncher. J'avais cru qu'elle ne se laisserait pas faire, je me fichais de devoir prendre un autre emprunt pour payer mon mariage mais j'avais la sensation que ma fiancée n'était pas si enthousiaste que ça.

Ce soir-là, après lui avoir fait l'amour, je décidai de confier mes doutes.

« Pourquoi acceptes-tu tout ? »

« Tout quoi ? »

« Ce qu'Alice te propose, enfin t'impose. »

« Tu n'es pas très impliqué non plus. » Argua-t-elle sans méchanceté.

« C'est vrai... tant que je suis marié à toi, les détails ne sont pas importants. Et je dois aussi t'avouer qu'à l'âge de neuf ans j'ai promis à Alice de la laisser organiser mon mariage, j'ai déjà oublié contre quoi... »

Bella se blottit contre moi et rit doucement. Nos baisers faillirent interrompre cette conversation, je devais garder la tête aussi claire que possible.

« Je veux que tu sois heureux, elle m'a parlé de cette promesse mais elle m'a dit aussi qu'elle te connaissait depuis plus longtemps et sait ce qu'il te ferait plaisir. »

« Mais... »

« Elle a raison Edward. Je ne veux pas que tu le regrettes un jour. »

« Je ne le regrettais pas. » Lui jurai-je.

Elle me refusa son regard et cela m'inquiéta.

« Bella, je t'aime, je ne vais pas le regretter, je t'assure. »

« C'est la première fois que tu me le dis. »

« Quoi donc ? »

« Je t'aime. »

« Je... oh... Je t'aime Bella, évidemment que je t'aime. »

Elle me regarda enfin, je crus voir dans ses grands yeux chocolat de l'inquiétude et le doute. A la place je ne voulais y voir que joie et désir, mais lui faire l'amour ne suffirait pas.

« Tu as raison, je n'ai rien dit pour le mariage et j'en suis désolé. Je t'assure que tant que tu me rejoins à l'autel et que tu dises 'oui' au bon moment, je serais le plus heureux des hommes. »

« Et moi la plus chanceuse... tu es merveilleux. Je t'aime tellement déjà ! »

« Il est temps que tu vives pour toi mon amour, ne pense qu'à ce qu'il te ferait plaisir. »

« Mais c'est trop tard ! S'angoissa-t-elle en se relevant. Alice a déjà fini de tout réserver, le Temple, le restaurant, les invitations vont arriver et... »

« Calme-toi. »

« On ne peut vraiment pas faire machine arrière. »

Bella était maintenant sortie du lit, nue et je ne m'en plaignis finalement pas. Elle était sublime, un ange, une déesse.

« Le mariage mis à part, est-ce que ça va te plaire ? » Lui demandai-je.

« Elle y va un peu fort, j'aurais aimé une cérémonie plus intime et plus simple. Mais elle m'a promis que j'allais aimer. »

« Que rêverais-tu de faire en dehors de ça ? » Lui demandai-je.

« Je... je n'en sais rien. »

« Réponds comme ça te vient. »

« Ok... je voudrais... passer une journée dans un jacuzzi et toute une nuit dans la forêt, aller à l'opéra pour écouter la « 5ème Symphonie de Mozart », faire du snowboard, sauter du ponton de pêche de mon père, il me l'a toujours interdit ! Me balader à Paris Boulevard Saint-Germain, tu savais qu'en France, les rues ne sont pas toutes parallèles et perpendiculaires ? »

« Oui. » Répondis-je, fasciné et amusé.

Elle arpentait notre chambre tout en citant avec entrain ses fantaisies.

« Je voudrais passer du temps en Toscane, avec toi. » Finit-elle.

« Je veux que tu profites Bella, que tu rattrapes tout ce temps où tu n'as pensé qu'aux autres. »

« Oui, j'aimerais ça. Mais je vais devenir ta femme, je dois m'occuper de toi aussi, j'en ai envie. »

« Je ne te mérite pas. »

Non vraiment pas...

Non vraiment pas mais sa bouche autour de mon sexe me fit complètement oublier mes remords à lui mentir.

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Le lendemain, comme très souvent, j'allai déjeuner chez mes parents mais ce jour-là, je n'étais pas seul et ne le serais plus. Alice et Jasper étaient déjà là, Bella rougit quand mon beau-frère s'inclina face à elle et lui baisa la main, en accentuant son accent texan.

Durant tout le déjeuner, ma mère et Alice ne parlèrent que du mariage, nous entraînant tous dans la discussion. Emmett semblait triste et en le regardant, seul et défait, je souris. Le temps où il était le meilleur était terminé, j'étais un bien meilleur médecin que lui, j'avais trouvé la femme parfaite et j'étais heureux.

Bella me serra la main sous la table et ses yeux m'interrogèrent. Je haussai les épaules et lui embrassai la joue. Carlisle parla un peu de sa retraite et annonça qu'il avait fixé une date.

« Après le mariage d'Edward, bien sûr. » Ajouta-t-il et je n'aurais pas pu être plus euphorique.

Bella resta silencieuse sauf si une question lui était posée, il était normal qu'elle soit réservée, ma famille savait être envahissante et bruyante. Je racontai à tous, la première fois que j'avais vue Bella et fis rougir ma fiancée. Ma mère lui fit promettre de passer du temps à cuisiner ensemble et de s'échanger leurs recettes. Mon frère soupira et partit sur le balcon, j'étais prêt à lui donner le coup de grâce. Je le suivis, bien décidé à me vanter de ma nouvelle vie et de mes projets.

« Tu en as de la chance, frérot. » Me dit-il en me tapant sur l'épaule, comme il l'avait toujours fait et comme j'avais toujours détesté.

« Elle est parfaite. »

« Ne la laisse pas filer. Si je peux te donner un conseil, range ta fierté au vestiaire, j'ai perdu la seule fille que j'ai aimé parce que j'étais trop fier. »

De qui parlait-il ? Depuis des années, je l'avais toujours vu profiter d'aventures sans lendemain.

« Tu te souviens de Rosalie ? »

« Oui. » Murmurai-je, plus du tout détendu.

« J'aurais dû l'écouter, insister, me battre pour elle. Je sais qu'elle ne m'a pas trompé, je sais que j'ai agi comme un con mais c'était un piège. Je ne sais pas qui a monté ce coup ignoble ni pourquoi. »

« Comment tu en es sûr ? »

« Il y a quelques années, j'ai soigné le mec qui était avec elle ce soir-là. Il m'a dit qu'un gamin l'avait payé deux cent dollars pour mettre Rosie dans son lit et prendre des photos. Il n'a pas réussi, elle m'aimait trop pour me tromper. Il a été chez elle une nuit, lui a mis un tissu avec de l'éther sous le nez et s'est mis en scène avec elle. J'aurais pu le tuer s'il n'était déjà pas si amoché. »

« Il l'a... » Commençai-je, trop angoissé pour continuer.

Je n'avais aucune idée de ce qu'il s'était réellement passé.

« Violée ? Non. Mon dieu, il aurait pu mais il a fait ça pour l'argent, pas pour finir en prison. Il a touché l'argent en échange des photos et a disparu. Et quand j'ai reçu les photos, j'étais tellement blessé, écœuré, que je n'ai pas écouté Rosalie. Elle a porté plainte, le tissu d'éther était toujours dans sa chambre mais la police n'a rien trouvé. Et moi je l'ai traité comme une... une moins que rien. Je l'ai chassée de ma vie et pour oublier je suis parti à l'autre bout du pays pour mes études. La vérité c'est que je l'aime encore. Tu n'imagines pas le nombre de fois où je me dis, « t'es un gros con Emmett, tu ne la mérites pas de toute façon ». Si je n'avais pas été aussi fier, arrogant, un vrai connard en fait, je l'aurais écouté, j'aurais regardé autrement ces photos et vu tout de suite que dessus, elle dormait. J'ai passé tant de nuits à la regarder dormir, si j'avais été moins con, j'aurais compris qu'elle me disait la vérité. »

« Je ne savais pas que tu l'aimais. »

« J'étais jeune c'est vrai mais quand on rencontre la bonne, on le sait, tu ne penses pas ? Regarde-toi ! Tu connais cette Bella depuis quelques mois et tu vas l'épouser dans deux semaines ! C'est rapide mais logique. Pourquoi attendre ? »

« Tu pourrais rencontrer quelqu'un aussi. »

« Non... J'espère toujours la revoir, au fond de moi je sais que je ne peux pas en aimer une autre. »

Ma mère nous héla pour nous annoncer que les cafés étaient prêts. Emmett se releva en soupirant puis colla sur ses lèvres son sourire habituel et je compris que tout ce temps, il avait joué la comédie. En passant la porte de la baie vitrée, je vis Bella sortir de la salle de bains, une expression soucieuse sur le visage.

« Tout va bien ma chérie ? »

« Oui, ne t'inquiète pas. » Me dit-elle avant de m'embrasser sur la joue et de m'entrainer dans le salon.

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Les fêtes passèrent et malgré mon bonheur, je ne pouvais pas oublier les confessions de mon frère. Mon enquête sur lui avait enfin abouti, Emmett posait pour des revues coquines en plus de son travail à la clinique... Alors pour apaiser ma conscience, je lui mis sous le nez la preuve de ses ambitions de mannequin.

« Wow ! C'est Bella qui te l'a fait voir ? Ouch... les pages sont collantes, désolé frérot. » Se gaussa-t-il.

« Non ça n'est pas Bella. Mais qu'est-ce que c'est que ça ? Tu es médecin ! »

« Et alors ? J'ai dû payer mes études comme toi mais je n'ai pas vécu chez papa maman pendant ce temps ! »

« Mais pourquoi tu continues ? »

« C'est marrant et ça paie bien. Tu veux que je te mette sur le coup ? »

« Non. »

Je le plantai là, encore plus désespéré de le découvrir peu à peu sous un nouveau jour. Mon frère n'était pas si horrible que ça, qu'avais-je donc fait ?

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Deux jours avant notre mariage, je rentrai chez nous et trouvai Bella sur notre lit, les cheveux défaits et des larmes sur ses joues.

« Qu'y a-t-il mon amour ? »

« Edward, je sais. »

« Tu sais... tu sais quoi exactement ? »

Je m'approchai d'elle doucement, ça n'était pas bon signe.

« Pourquoi tu m'as demandé de t'épouser. » Lâcha-t-elle finalement.

« Qu'est-ce que tu racontes ? »

« J'ai toujours eu des doutes... tout était trop beau pour être vrai je suppose. »

« Bella, je ne comprends pas. » Mentis-je.

« J'ai eu ta mère au téléphone, elle m'a raconté le jour où elle t'a remis la bague de fiançailles pour que tu me l'offres... sauf que ce jour-là, on ne se connaissait pas encore. »

Je m'assis sur le rebord de la fenêtre, je ne savais pas comment me sortir de cette situation. Elle n'aurait pas dû savoir, bêtement, je n'avais pas paré à tous ces détails qui me trahissaient désormais.

« Pourquoi tu hais tant ton frère ? » M'attaqua-t-elle.

Je l'avais déçue mais au moins elle me donnait une chance de m'expliquer.

« Il ne mérite pas d'être le directeur de la clinique. »

« Je ne te parle pas seulement de ça, de maintenant. J'ai entendu ce que t'a dit Emmett ce dimanche chez tes parents. C'est toi qui as cherché à faire rompre Emmett et Rosalie, n'est-ce pas ? »

« Oui... j'étais un gamin Bella. Je te jure que je ne voulais pas les blesser. »

« Alors pourquoi ? » Insista-t-elle sans pour autant me crier dessus.

« Je ne sais plus, c'est vrai... Emmett n'a pas été un grand-frère idéal, il m'en a fait baver. Alors quand il est arrivé chez nous avec sa petite amie et que mes parents les ont reçus comme des rois, j'ai trouvé ça injuste... Je suis désolé, je ne voulais pas que tu l'apprennes. »

« Tu n'as pas été très subtil, je n'ai eu qu'à être attentive pour comprendre. »

« Mais... »

« Tu veux réellement m'épouser ? »

« Oui, je te jure que c'est vrai. Je suis dé... »

Elle posa un doigt sur ma bouche et me sourit tendrement.

« Je sais aussi que tu m'aimes. »

« De tout mon cœur. » Lui jurai-je en embrassant sa main.

« Et je sais que tu vas réparer tes erreurs. »

« De... »

« J'ai appelé Rosalie, elle va arriver demain. Tu dois leur dire la vérité. »

« Ok... » Soupirai-je.

« Je suis fière de devenir ta femme Edward. Je suis si heureuse. »

« Tu m'aimes aussi, n'est-ce pas ? » M'enquis-je en la prenant dans mes bras.

« Bien sûr, depuis que tu m'as dit que détestais les pandas! »

Je ris au souvenir de cette soirée qui avait changé tant de choses pour moi.

Rosalie sonna chez nous le lendemain matin, encore plus belle que dans mon souvenir et je me sentis réellement comme le pire des connards.

« Tu dois lui dire ce que tu as fait. » Me dit ma fiancée.

PDV Bella

Le grand jour était arrivé et ça n'était pas moi en robe blanche mais Rosalie. Suite aux révélations d'Edward, elle et Emmett s'étaient réconciliés et fiancés le jour-même. J'avais demandé à Edward de céder notre mariage et il avait accepté à une exception près.

« C'est aussi mieux, lui dis-je en ajustant son nœud de papillon. Alice a planifié celui-ci, elle va nous laisser tranquille pour le nôtre. »

« Ne crois pas ça, ma sœur est une vraie teigne. » Soupira-t-il en fusillant du regard sa jumelle de loin.

« Il est temps qu'elle comprenne que je fais ce que je veux. »

Il me sourit, impressionné et amoureux.

« Ma Bella... j'ai hâte de t'épouser... Le mois de juin me paraît trop loin. »

« Il nous reste le voyage de noces. » Lui dis-je pour le réconforter.

Emmett était attendu le lundi suivant à la clinique, Edward avait refusé de renoncer à notre voyage en Italie. Il restait encore des choses à régler, Edward allait notamment devoir parler à ses parents de toutes ces années où il s'était senti mal-aimé, toujours en dernier à leurs yeux. Il était cependant plus serein car même si il ne devenait pas le directeur de la clinique, il était déjà très heureux grâce à moi.

Merci de m'avoir lue et merci de participer au vote final.