Cérémonie: Mariage de sang
Jeunes Fiancés ou Proches: Sulpicia et Aro
Serment du mariage: La Saga Twilight et les personnages utilisés dans cet OS sont la propriété de Stephenie Meyer. La trame et le contexte de cet écrit sont à moi.
Note de l'auteur :
Je me suis basée sur les personnages des livres et ai eu les informations supplémentaires sur le site twilightsagawikia, qui est génial d'ailleurs je vous le conseille.
Et donc, Aro a la vingtaine, Marcus dix-neuf ans et Caius la quarantaine passée, tout l'inverse des films, je préfère prévenir pour ne pas vous troubler.
De plus, les noms ne correspondent pas du tout aux faits historiques car aucun grec ne pouvait s'appeler Caius ou Marcus.
Ne parlant pas le grec ancien, malgré le contexte de cet OS, mes personnages dialogueront comme de nos jours.
Bonne lecture.
Grèce, – 1300 avant ère commune
PDV Aro
Elle était magnifique, auréolée de la lumière douce du soleil matinal, ses courbes alléchantes, sa longue chevelure brune, sa peau pâle étaient sublimées par les rayons chatoyants. Toute à ses ablutions, elle n'avait aucune conscience de ma présence. J'étais perché à près de six mètres de haut dans un pin, à l'écart des boulevards où circulaient chariots tractés par des chevaux, à plus de cent mètres de chez elle et le spectacle que m'offrait cette humaine était fascinant. Pour terminer et dans une volonté sans doute enfantine, elle marcha jusqu'au bout du petit ponton et s'y assit avant de plonger entièrement nue dans l'eau du bain. Un enfant vint la chercher et l'appela Sulpicia... Sulpicia, ma toute première obsession.
Humain, j'avais usé des femmes non pour le plaisir de taquiner le beau sexe mais pour me servir de leur bonne naissance, de leur fortune et de leur influence. Dans le labyrinthe des intrigues et des complots pour le pouvoir sur la petite cité, j'avais agi à couvert, et fut rapidement si près du but. Je n'en voulais pas à mon créateur, certes je l'avais tué, mais il m'avait fait un incroyable cadeau, le pouvoir et la puissance que j'avais tant convoités humain. Vampire, je n'avais plus prêté d'attention aux femmes, j'étais persuadé que je me suffisais à moi-même, d'autant que j'avais vite rencontré Marcus. Enivré par ma toute nouvelle puissance et obnubilé par mon pouvoir, j'avais passé tant de temps à explorer mes capacités et à me nourrir au-delà de la faim, de sang.
Désormais que la soif ne guidait plus mes actions, j'avais ourdi un ambitieux projet, celui de dominer le monde des créatures puissantes, des vampires et toutes ces incohérences de la nature. J'avais compris seul que notre existence devait rester secrète, sans cela, je ne pourrais pas vivre mon éternité dans l'opulence et la décadence.
Ma jeune sœur, Didyme, n'avait que cinq ans lorsque j'avais été transformé en vampire. Entre temps j'avais rencontré plusieurs vampires doués comme moi, dotés d'un pouvoir les rendant encore plus puissants. Sans doute ma sœur avait elle aussi un don, cela devait être une bizarrerie génétique. Alors j'avais décidé d'en faire un vampire, j'étais retourné à Eutrésis où j'avais grandi et vécu jusqu'à mes vingt cinq cycles solaires*. Et dans une ruelle perpendiculaire à celle de la maison paternelle, j'avais croisé la silhouette de cette jeune fille, Sulpicia. Je ne me souvenais de pas grand chose en rapport avec mon passé, la famille de Sulpicia ne me rappelait rien mais semblait importante.
Caius s'impatienta, je l'entendis alors qui grognait dans la forêt à l'extérieur d'Eutrésis. Il était aussi la raison pour laquelle je m'attardais sur cette femme. Caius avait transformé sa femme un mois après être devenu vampire et leur relation n'avait été que renforcé par leur nouvelle nature. En conséquence, le duo ne faisait rien l'un sans l'autre or j'avais besoin de Caius et je ne voulais en aucun cas inclure une femme, vampire ou humaine, dans notre quête pour la conquête de ce monde obscur.
En détaillant la peau pâle de Sulpicia, ses gestes gracieux et la richesse de ses effets, j'eus l'idée de la faire mienne, pour l'éternité, et ainsi obliger Athenodora à rester à sa place. Restait Marcus, plus jeune que moi, engendré avant ses vingt ans. Lui non plus ne cherchait pas de compagne et grâce à son don, il m'avait alerté sur l'amour indéfectible que portait Caius à Athenodora. Je l'avais questionné alors, désirait-il lui aussi se lier ? Il m'avait répondu attendre que le destin s'en charge. Grand bien lui fasse avais-je pensé.
Pour ma part, je refusais d'être aveuglé par une femme, guidé par mes pulsions et mes émotions. Si je prenais une compagne, je la voulais belle et obéissante, distinguée et dédiée à mon bien-être. Et cette Sulpicia ferait très bien l'affaire.
La nuit me serait plus propice pour tenter une approche, aussi je rejoignis Caius, tout du moins, je lui fis savoir que j'étais de retour, lui et sa compagne étant tout à leur devoir conjugal.
« Marcus doit aimer les hommes, ne t'inquiète donc pas pour lui. » Me dit mon allié quand je lui narrais ma rencontre avec Sulpicia et mes préoccupations quant à mon compagnon de fortune.
« Mais cela te parait-il acceptable que je me lie à mon tour et que je transforme cette humaine dans ce but ? » Lui demandai-je, hypocritement car s'il ne voulait pas, j'allais trouver un moyen de le forcer.
Pour couper court à cette discussion, Caius me tendit la main et j'eus accès à ses pensées et à sa réponse, cela ne lui posait pas de problème.
« Tout de même, je devrais consulter Marcus. » Insistai-je.
« Soit, mais fais-le maintenant, je déteste toujours autant Eutrésis. »
Caius avait été dans sa jeunesse humaine blessé lors d'une guerre fratricide entre Thèbes, sa cité d'origine et Eutrésis, il avait grandi avec la haine de mon ancienne cité, il y avait de cela plus de cent cycles solaires. D'ailleurs, il avait été méfiant quand nous l'avions rencontré Marcus et moi, à cause de nos origines.
« Je serai de retour à la nuit tombée. » Promis-je.
Marcus restait à notre forteresse, une maison grande et retirée dans les montagnes à l'est d'Eutrésis. Il n'aimait pas beaucoup voyager, encore trop souvent soumis à sa soif.
« Je suppose que Caius a de nouveau sous entendu que je préférais les hommes. » Râla Marcus.
Je me contentai de lui sourire affectueusement, je savais que Marcus avait eu affaire à ces pratiques, comme nous tous, mais n'y avait trouvé également aucun attrait. Pourtant notre amitié avait été mal jugée par Caius quand nous l'avions rencontré, plusieurs cycles solaires plus tôt.
« Tu es certain de ressentir ce lien si fort avec cette humaine ? » Me demanda-t-il.
« Non, mais cela doit être dû au fait qu'elle n'est pas encore immortelle. »
« Sans doute. »
Lorsque la lune fut haute, je m'introduisis dans la maisonnée de Sulpicia. Tout était silencieux, je la pistais aisément, son odeur était délicieuse et j'eus soudain la crainte de ne pouvoir m'arrêter à temps pour la transformer. J'avais déjà tenté de transformer un guerrier qui m'avait paru bien valeureux, je m'en étais nourri jusqu'à la dernière goutte.
Mais Sulpicia était sans aucun doute la clé de mon succès. Car que serait un roi sans sa reine ?
PDV Sulpicia
Cette nuit-là, j'avais eu beaucoup de mal à m'endormir, comme si les dieux me prévenaient d'un danger. J'avais récité quelques prières puis m'étais couchée avec mon amulette fétiche. Ma mère m'avait souvent parlé de démons et de créatures sanguinaires, elle était morte en couche trois ans pus tôt, l'enfant aussi. Mon père avait déclaré alors que les ombres de la terre les avaient dévorés et j'en étais devenue encore plus peureuse.
Je le sentis près de moi, mais terrorisée, je ne pus bouger. Je priai tout bas.
« Déesse Origami, déesse Litchi et déesse Jacuzzi, protégez-moi. Que Sudoku l'esprit malin emporte ce démon loin de moi. Que le panda me donne la force et le courage de ne pas succomber au mal.*»
Mes incantations me parurent vaines. Le démon savait parfaitement que je ne dormais point, avec délicatesse mais fermeté, il me força à me redresser.
« Tu es Sulpicia, n'est-ce pas ? »
Il parlait ma langue, il connaissait mon nom et était venu pour moi. Il n'avait rien d'effrayant en apparence, sous la lumière de la lune, sa peau était blanche, ses yeux étaient deux billes aussi noires que ses longs cheveux. Il se saisit alors de ma main et je frémis au contact de sa peau glacée.
« Encore vierge... parfaite. Tu es jeune mais pas naïve. »
« Qui es-tu ? »
« Le sauveur de tes rêves. » Assura-t-il, en me souriant davantage.
Je fus alors convaincue de la véracité de ses paroles. Il m'attirait autant qu'il me faisait peur.
« Qu'en sais-tu ? » Osai-je tout de même.
« Je peux lire en toi, rien qu'en te touchant. Tu rêves de ne plus avoir peur, de ne plus avoir faim, de plus être sans défense. »
Comment pouvait-il si bien me connaître ?
« Mais tu es bien trop superstitieuse. » Objecta-t-il en regardant autour de nous.
Ma chambre était petite et blanche, et comme dans toute la maison, le sol était constellé de dessins à la craie, les murs avaient été peints ça et là de motifs, par ma mère.
« Tu n'as pas mangé ce soir, tu es dévouée à ta famille pourtant vous étiez riches. »
« Des marchands mais à la mort de ma mère... »
« Je sais déjà tout cela. »
Il passa très vite un bras sous mes aisselles et un autre sous mes genoux, un instant plus tard, nous étions sur le toit de la maison. Il enchaina les sauts pour nous mener discrètement hors de la ville. Était-il un démon ou un dieu ? J'aimais à penser qu'il était divin mais son sourire était carnassier et ses yeux comme hantés par une folie.
« Je vais te mener chez moi et te faire mienne, du moins si j'y parviens. » Me glissa-t-il à l'oreille tout en courant vers les montagnes.
A ces mots, je me mis à hurler si fort que j'en eus moi-même mal aux oreilles. Il me gifla et ma tête se mit à tourner.
« Tais-toi, je t'offre un destin hors du commun ! »
« Pitié ! »
« Un jour, tu me remercieras. »
Nous arrivâmes vite jusqu'à une cabane dans les montagnes. Un homme jeune et au regard aussi noir se tenait dans un coin. Il rit doucement et tendit sa main vers le criminel qui m'avait enlevée.
« Oui j'ai lu cela en elle aussi. Elle oubliera sa famille de toute façon. » Dit le démon.
Mon pauvre père, mes deux petits frères... qu'allaient-ils devenir sans moi ?
« Fais vite Aro, je sais que les premières heures de la transformation, la personne crie très fort. Il ne faudrait pas nous faire repérer. »
Le dénommé Aro planta ses dents dans mon cou, ce qui aurait pu être sensuel se révéla terriblement douloureux. Un feu se propagea dans mon corps à la vitesse du vent. Je fermai mes yeux et tâchais d'endurer cette souffrance avec courage. Dans mon agonie, je m'accrochais à mes souvenirs d'enfance, à mes jeux dans les herbes hautes, à mes nuits avec ma mère, à la naissance de mes petits frères, à la chaleur du matin en été, à la fraicheur de la nuit au printemps, aux fruits gorgés de jus que j'aimais tant manger à même les arbres...
Je mourus.
Pour renaitre, plus tard, beaucoup plus tard.
Les deux hommes me sourirent quand je me relevai puis ils me présentèrent deux femmes et sans réfléchir, dans un grognement bestial, je leur brisai le cou et aspirai leur sang. Le liquide chaud fut un véritable délice, je n'avais rien gouté d'aussi bon, d'ailleurs je ne me souvenais de précisément rien.
Je remarquai à peine la lumière changer, je voyais aussi bien de jour que de nuit. Les semaines qui suivirent, Aro et Marcus ne m'avaient pas vraiment parlé, ils me surveillaient et j'étais bien trop heureuse de me repaitre de sang.
Selon Marcus, ma soif se calma au bout de dix cycles lunaires* et ce fut alors qu'ils me racontèrent ce qu'était désormais nos vies. Ensuite Marcus nous laissa et Aro insista pour me prendre la main.
« Te voilà enfin sensée Sulpicia. Ne te vexe pas, ajouta-t-il alors que j'allais me rebiffer. Nous avons tous connu cette phase, elle est tout à fait normale. »
« Je me souviens de toi, juste avant que je ne devienne un vampire... »
« Oui, je t'ai aperçue ce matin-là, tu étais au bain, nue, si belle. Je t'ai changée pour te faire mienne. Comprends-tu ? »
Je hochai la tête, je n'aurais pas du mais il était mon créateur, sans lui certes je serais encore humaine, sans lui en tant que vampire, j'étais seule et perdue, j'avais peur.
« Ne sois pas apeurée Sulpicia. Je vais te confier mes ambitions et ce que j'attends de toi. Mais avant toute chose, sache que je ne te quitterai jamais. Tu comprends ? Jamais tu ne seras seule, jamais tu ne seras en danger. »
Je parvins à lui sourire, désormais je savais ce que cachaient ses yeux, je savais ce que son large sourire signifiait mais à cet instant, Aro était différent et je le crus.
« Je t'avoue que j'aurais aimé découvrir un don en toi mais je ne te déconsidère pas pour autant. Je veux faire de toi ma compagne, acceptes-tu ? »
« Oui. » Soufflai-je.
Il me prit dans ses bras, comme mon père l'avait si souvent fait pour me calmer après des cauchemars et continua ensuite en me promettant une éternité de sang et de pouvoir.
Je rencontrai Caius et Athenodora quelques jours plus tard, quand je fus capable de maitriser sans prendre en chasse le premier humain croisé. Je ne pus que m'étonner de les voir si proches, si intimes. Depuis ma transformation, je n'avais rien envisagé avec Aro, ou Marcus d'ailleurs, et eux non plus. J'avais supposé que les vampires ne s'adonnaient pas à la pratique d'accouplement.
Alors un jour après la chasse, je me confiai à mon compagnon mais non par la parole. Je lui touchai la joue avec appréhension et il me sourit aimablement en lisant en moi.
« Bien sûr que les vampires peuvent s'accoupler mais ils ne peuvent concevoir. »
Je lui demandais silencieusement pourquoi tous les deux nous n'étions pas devenus intimes et son regard rouge vif se mit à luire.
« J'avais peur de te brusquer ma tendre. Tu sais à quel point je suis attaché à toi. »
« Aro, je ne connais rien de tout cela, n'est-ce pas ? »
« En effet, tu étais vierge et pure de tout désir quand je t'ai créée. »
Je m'approchai de lui et osai une autre question mentale.
« J'ai souvenir d'avoir exploré des femmes humaines, c'est si flou cependant. Mais depuis que je suis un vampire, il n'y a encore eu aucune amante. » Se confia-t-il.
Je fus soulagée par son aveu, les humaines certes ne comptaient pas, mais les vampires oui. Nous étions tous si beaux, Aro avait croisé de nombreux êtres de notre race, je le croyais quand il me disait n'avoir tenté aucun rapprochement avec l'une d'entre nous.
Ma main était toujours posée sur sa joue, il la prit dans la sienne et l'embrassa légèrement.
« Il n'y a que toi ma chère, je ne voulais pas te faire peur mais sache que mon désir pour toi est grand et sincère. »
Je laissai échapper un autre soupir, j'étais rassurée et Aro avait le don de me faire sentir importante à ses yeux.
« Ici ? » Me demanda-t-il surpris, en regardant autour de nous la nature silencieuse à cause de notre présence.
« Où tu voudras, Aro. »
Il me sourit de contentement, j'avais vite réalisé qu'il aimait que j'abonde dans son sens, que je lui sois dévouée et entièrement ralliée. J'avais déjà fait de lui le centre de mon monde, je ne pouvais rien lui refuser et ne le voulais pas.
« Eh bien... ma chère, c'est une riche idée. Couche-toi donc sur ces fleurs, elles te rendront plus belle et désirable. »
Je ne portai depuis ma transformation qu'une tunique de peau de bête finement travaillée, cette même tunique dans laquelle il m'avait enlevée. Je la fis glisser à terre puis m'allongeai sur le tapis de fleurs bleues.
Aro ôta son pagne, jamais encore je ne l'avais vu sans, mais j'avais souvent tué des couples nus aux premiers temps, des hommes brutalisant sans doute des innocentes, que je n'avais pas non plus épargné d'ailleurs.
Il s'agenouilla entre mes cuisses puis posa sa main sur mon ventre et remonta vers mes seins. Avec une lenteur calculée, il les palpa, les pressa, les agaça, déclenchant en mon ventre comme un envolée de papillons.
« Tu es si belle Sulpicia. »
Je fermai les yeux sous l'effet de ses attouchements sensuels, mon compagnon avait-il gardé un souvenir plus précis de ces accouplements humains, ou bien avait-il observé d'autres le faire ? En tout cas, il parvint à chasser mes appréhensions et à enflammer mon corps au passage de ses lèvres et de ses mains.
« Si désirable. »
Tuer était exaltant, boire du sang était le paroxysme du plaisir, mais ce que je ressentais à cet instant n'appartenait qu'à moi, pas à mes instincts de vampire. J'étais simplement une femme qui allait s'accoupler avec plaisir à un homme.
Aro était au-dessus de moi, me dominant avec majesté. Ses lèvres se posèrent sur les miennes, jamais encore je n'avais été témoin de ce toucher à part chez les animaux, des femelles qui nourrissaient leurs petits. Sa langue força mes lèvres à s'ouvrir et vint après caresser la mienne.
« Laisse-toi guider par tes émotions. » Me susurra-t-il en glissant deux doigts entre mes cuisses, contre mon sexe.
« Oui... » Gémis-je.
« Je te désire ma tendre, touche-moi. »
Il guida ma main sur son sexe bandé. Adolescente, j'avais été fascinée par les accouplements des chiens, ma mère m'avait rabrouée et avait fini par m'expliquer les choses du sexe.
« Je vais entrer en toi. » Me prévint-il en dégageant quelques mèches de mon front.
Il joignit le geste à la parole et envahit mon sexe du sien, lentement. Je me sentis comme écartelée et commençai à paniquer. Pourquoi souffrais-je donc ? Je n'étais plus censée avoir mal.
« C'est normal, c'est la première fois. Rassure-toi. » Me chuchota mon compagnon.
Il avait raison, j'éprouvais ensuite du plaisir à chacun de ses coups de reins, à ses caresses, à ses baisers. Je me sentis comme en union sacrée avec lui mais à cette pensée hélas, Aro se stoppa.
« Union ? » Murmura-t-il.
« Oui... cela se fait dans plusieurs contrées. » Articulai-je en m'accrochant à ses épaules pour me soulever un peu et aller à sa rencontre dans mes chairs.
« Tu souhaites cela ma tendre ? »
« Je voudrais être à toi, devant les dieux aussi. Accepterais-tu ? »
Jamais je ne lui avais demandé quoi que ce soit, il était mon maître, mon créateur et il était si bon avec moi.
« Bien entendu ma tendre Sulpicia. »
Il s'activa de nouveau en moi, me prit plus rapidement et plus profondément jusqu'à ce que cette étrange sensation dans mon ventre n'explose et que son liquide de vie ne me remplisse.
« Dis-m'en plus sur cette pratique. » Me commanda-t-il plus tard en se rhabillant.
Je lui avais décrit par la pensée ce dont j'avais été témoin, ce que l'on m'avait raconté aussi, mais Aro ne fit rien pour me clamer officiellement et j'appris que Caius et Athenodora n'étaient pas unis non plus.
Au fil du temps, je remarquai aussi que l'autre couple de notre clan était plus enclin à des escapades seuls pour s'accoupler, Aro ne me désirait pas vraiment et j'en pris mon parti. Peut-être étions-nous les vampires normaux.
Vint un jour où je fus jugée mature et Aro alla chercher sa jeune sœur Didyme. Je réalisai la sauvagerie dont j'avais moi-même fait preuve au début de cette existence quand la nouveau-né se déchaîna pour trouver du sang encore et toujours plus de sang. Alors avec compassion et amitié, j'aidai du mieux que je le pus Didyme qui se révéla bien vite une source de joie dans notre clan.
Je fus néanmoins dépitée en constatant rapidement qu'une attraction entre Didyme et Marcus naissait, grandissait, enflait jusqu'à les consumer. Aro donna sa bénédiction au couple mais je savais qu'il n'en était pas ravi.
Je compris aussi qu'Athenodora n'aimait pas pleinement Caius, lui aussi l'avait soumise. Je supposais qu'il était en fait pervers et contraignait sa compagne à s'accoupler plus fréquemment qu'elle ne l'aurait voulu. Athenodora aussi se rendit compte de la différence entre Didyme et nous, pour autant aucune de nous deux n'osa en parler à voix haute.
Aro le sut, j'étais la seule désormais à accepter d'être touchée par lui, les chefs avaient négocié cette condition en échange de leur loyauté à leur clan et Aro leur faisait surement confiance.
« Ma tendre, il n'y a pas de règles, voilà tout. N'as-tu donc point observé le don de ma sœur ? » Me déclara-t-il un jour que nous étions seuls.
« Non. »
« Didyme rend les gens heureux et a ensorcelé son propre cœur et celui de Marcus. Ne prend plus ombrage de leur amour et considérons nous chanceux d'être ensemble. »
Et j'avais encore accepté, obéi et je m'étais tu, refusant de remettre en question les assertions d'Aro.
Longtemps, nos vies se résumèrent à chasser et à voyager. Caius nous avait parfois parlé d'un clan si différent de nous, ils étaient les plus anciens vampires connus de Caius, les plus prétentieux aussi selon lui, qui l'était pourtant beaucoup lui-même.
Aro avait apparemment posé toutes les questions possibles sur ce clan à Caius. Mon compagnon ne me dit rien à ce sujet mais y pensait très souvent. Les Daces, ce clan auprès duquel Caius et Athenodora avaient vécu quelques temps, n'étaient pas des nomades, ils avaient une demeure et régnaient sur un peuple.
Au bout de quelques cycles du soleil, Athenodora et moi demandâmes à nous fixer au bord de la mer. Didyme aurait été heureuse quoiqu'il en fût.
« Vous n'y pensez pas ! Vous savez pertinemment que notre peau va scintiller. » S'agaça Aro.
« Mais d'autres clans ne se cachent pas. » Argua Athenodora.
« Ils sont stupides, croyez-moi. Méfions-nous toujours des humains. »
« Et qui t'a donc fait, chef de ce clan ? » S'entêta mon amie.
« Caius et Marcus partagent cette fonction avec moi. Donnez donc votre avis. »
Caius hésita longuement puis soupira.
« Nous pourrions ne sortir que la nuit. »
Marcus s'étonna, il prit à témoin Aro et pointa Caius.
« N'est-il pas celui qui nous a mis en garde ? Il est un vampire depuis beaucoup plus de temps, il connait les risques. »
« Nous ferons attention. » S'empressa de dire Athenodora qui, bien que vindicative, savait reconnaître sa défaite.
Aro et Marcus avaient décidé de continuer notre errance sans pour autant quitter les abords de la grande Mer* et il en fut ainsi pendant encore de nombreux cycles solaires. Nous étions les témoins de l'histoire, cela me donnait confiance en notre avenir, en les promesses d'Aro et en notre puissance. Les hommes construisaient des cités, ils s'organisaient, inventaient, se battaient aussi. Nous restions dans l'ombre, évoluant avec eux.
Un jour, un vampire solitaire s'attarda dans la cité où nous chassions et ne tarda pas à nous provoquer selon Aro, Caius et Marcus, qui s'en allèrent le capturer, nous laissant toutes les trois seules. Malheureusement, le vampire était malin et quand nos chefs furent loin, il se montra à nous.
« Je suis venu vous prévenir de ne pas vous approcher du Nil. Les clans là-bas ne partagent pas. »
Et il fila. A leur retour, Aro, Marcus et Caius se mirent en colère contre nous, certes nous aurions pu entraver le vampire, pensai-je.
« Non idiote ! Me tança Aro. Il aurait fallu le faire parler, le torturer si nécessaire ! »
« Mais c'est un vampire comme nous ! » S'insurgea Athenodora.
« Quelle importance, n'as-tu pas compris notre but ? Nous deviendrons un jour le clan le plus puissant du monde. Mais avant cela, nous devons explorer le monde, découvrir d'autres talents. Mais certainement pas nous laisser dicter notre conduite. Nous allons nous installer ici, décida-t-il, appuyé sur le champ par ses deux complices. Il est temps de vérifier si les Daces ont raison de ne jamais se déplacer. »
Notre clan repartit vers le nord et s'installa dans un temple de la vallée de l'Euphrate. Aro nous ordonna de ne sortir qu'à la nuit tombée tandis que cachés sous d'épais tissus, Caius, Marcus et lui avaient parcouru la cité. Notre présence fascina les humains et irrita leurs prêtres. Notre peau scintillait faiblement quand le soleil disparaissait derrière les collines, notre nature, non révélée, attira les gens.
A la pleine lune qui suivit, Aro m'offrit des tuniques locales, légères et bariolées.
« Merci... mais en quel honneur ? »
« Notre union ma chère. Ne crois pas que j'ai oublié. Nous allons fêter notre union lors d'un grand banquet. »
J'avais rigolé, mon compagnon avait parfois des idées fantasques.
« Un banquet d'humains, précisa-t-il avant de se lécher les lèvres subrepticement. Et nous le ferons devant la ville entière. »
« Mais... et cette règle que tu nous imposes ? »
« Je veux essayer le mode de vie de ces Daces*, je te l'ai dit. Nous allons vivre au milieu des humains et les soumettre à notre pouvoir. »
Surement, il délirait. Il s'était toujours éloigné des humains, nous forçant à nous nourrir la nuit, nous obligeant à toujours aller plus loin sur les routes.
« Ne veux-tu donc plus te lier à moi devant les dieux ? »
« Ça ne sont pas les nôtres. » Pointai-je.
« Aucun dieu n'existe, ne le sais-tu donc pas ? Ici ou ailleurs, aucune importance. Organise tout à ton gré et fais-moi prévenir quand tu seras prête. »
« Bien Aro. »
Il sortit de notre chambre et regagna la cour. J'entendis à la ronde le peuple de cette petite cité s'enthousiasmer à la nouvelle, les voyageurs allaient leur offrir une nuit de débauche alimentaire et sans aucun doute selon eux, de débauche sexuelle.
Je m'habillai d'une tunique aussi rouge que le sang et ceignis mon front d'une pierre bleue attachée à une fine lanière de cuir. Pieds nus et avec l'allure d'une reine, je me rendis au vestibule où mes amies m'attendaient, ayant déjà elles aussi eu vent des projets de mon compagnon.
Au coucher du soleil, tout était prêt, de grandes tables avec de la nourriture, quelques musiciens, de grands tapis à terre et des coussins allaient servir de tables à manger et de chaises. Les prêtres avaient refusé notre invitation mais le peuple était venu en masse.
Marcus et Caius se postèrent entre les deux colonnes de la salle des offrandes, Aro les rejoignit mais se tint face à eux. Puis il murmura mon prénom et je me hâtai de le rejoindre, me fichant de montrer aux humains ma vitesse.
« Aro et Sulpicia, vous vous êtes choisis en tant que compagnons, en ce jour, nous vous lions tous deux à jamais. Rien ne sera plus sacré que votre union, déclara Marcus. Devant les hommes et devant les dieux, à l'image d'Ea et de Damkina*, vous êtes les deux parties du même être. »
La foule applaudit et cria, leurs ventres et leurs yeux déjà braqués sur les tables lourdement chargées des mets les plus appréciés. Puis Aro attaqua, il se saisit de deux hommes et les vida de leur sang. Une clameur s'éleva, sûrement la compagne de l'un d'eux, mon époux la tua d'un geste puis la jeta à mes pieds. Mon contrôle avait atteint sa limite, il y avait trop de proies et l'odeur du sang nous avaient tous enhardis. Je bus à la base du cou de cette femme et ronronnai quand mon époux me félicita. Les minutes suivantes, nous perpétrâmes le plus sanglant des massacres et le peuple affolé, créa un chaos total, ils se tuèrent entre eux dans leur vaine tentative de fuite. Le temple était fermé, ils étaient pris au piège. Quand nous fumes rassasiés, il restait encore près de deux cents humains, pétrifiés et hagards. Le sol était rougi du sang de leur famille, amis, connaissances, personne n'avait été épargné, nous avions pris au plus proche, hommes, femmes, enfants, nous nous étions servis. Un véritable banquet.
« Mes chers amis, déclara Aro à la foule de survivants. Vous avez devant vous vos nouveaux dieux. Nous réclamerons votre sang et vous laisserons le fruit de votre labeur. Vous nous appartenez, votre vie dépend du hasard de notre volonté et non plus de ces dieux de pacotille. »
Caius brisa une à une les statues de pierre et Marcus gratta les murs peints représentant leurs divinités.
Mon époux s'approcha de moi et se pencha pour cueillir un baiser sur mes lèvres.
« Nous voilà unis ma tendre et te voilà déesse pour ces humains. Es-tu comblée ? »
« Oui ! » M'exclamai-je malgré moi.
Il rit et me serra plus fort, il ne m'en voulait alors pas d'être exubérante. Ses lèvres encore maculées de sang s'empara des miennes, plus longuement, plus passionnément, plus impérativement. Chaque couple se retira ensuite en trainant deux ou trois humains. Aro me prit avec ardeur plus tard, sur le sol rouge de notre chambre, au milieu des cadavres exsangues de nos sujets.
* Cycle solaire : une année
* Cycle lunaire : un mois
« Déesse Origami, déesse Litchi et déesse Jacuzzi, protégez-moi. Que Sudoku le malin emporte ce démon loin de moi. Que le panda me donne la force et le courage de ne pas succomber au mal.*» : pour les besoins du défi, j'ai inventé des divinités
* Daces : les Roumains
* Grande Mer : Mer Méditerranée
* Ea et Damkina : couple de dieux mésopotamiens
Je ne vous ai pas trop effrayée ? N'oubliez pas de laisser une review et de voter en temps voulu.
Je compte en faire une fic, alors après la publication des résultats du concours, vous saurez où lire la suite.
