On approche de la fin, je dirai encore 3 ou 4 suites, il serait peut être temps lol

un pas en avant et deux en arrière lol


Il avait espéré qu'elle soit là pour leurs retours, comme toujours, prête à accueillir toute personne traversant la porte des étoiles. Sauf qu'elle n'était pas là, au grand étonnement de John qui ne cessa de scruter la salle de contrôle, espérant d'un instant à l'autre que Elizabeth descende les escaliers pour les rejoindre en salle d'embarcation.

- « Il y a un problème John? » demanda Teyla qui était par contre présente, connaissant l'heure où ils étaient supposés rentrer.

- « Où est Elizabeth? »

- « Elle est à l'infirmerie avec Jo... »

Teyla n'eut pas le temps d'achever sa phrase que déjà, John se ruait dans les dédales de la cité, délaissant ses sacs en plein milieu de la salle, le coeur serré car il s'imaginait déjà le pire concernant son fils.

- « ... pour un rappel de vaccins »

La jeune femme croisa le regard de Rodney qui se contenta de hausser des épaules. Il était assez surprenant de voir de l'inquiétude sur le visage de John mais en même temps c'était plutôt bon signe.

- « Et merde! » jura Rodney

- « Quoi? »

- « Il laisse tous ses sacs en plan, c'est donc moi qui vais devoir les débarrasser. Il y a pas écrit bagagiste sur mon front! »

OoO

Assise sur un lit de l'infirmerie avec Johnatan sur ses genoux, Elizabeth cajolait son fils afin de le rassurer avant que Jennifer ne lui fasse son injection.

- « Ça va très bien se passer » rassura Keller en s'asseyant sur un tabouret en face d'eux. « Ce petit garçon est très courageux »

Comme pour confirmer ses dires, Johnatan hocha de la tête et adressa un large sourire à la doctoresse.

- « Je sais que Jo ne dit rien mais c'est plus fort que moi » confessa Elizabeth.

- « C'est tout à fait normal, Elizabeth »

- « Bon aller, qu'on en finisse »

Jennifer esquissa un sourire en voyant la jeune femme fermer les yeux comme si c'était elle qu'on piquait et non son fils.

- « Vous pouvez ouvrir les yeux, Elizabeth » déclara Jennifer une fois l'injection pratiquée. « Pour avoir été si sage, je vais vous donner une sucette à la fraise »

- « C'est ça moquez vous, on en reparlera quand vous aurez des enfants »

- « Oh mais je me moque pas » se défendit Jennifer.

Des bruits de pas se firent entendre dans l'infirmerie, le bruit d'une personne courant plus que marchant. John apparut devant eux, haletant, le regard balayant tour à tour Elizabeth et Johnatan. Son visage se décrispa, lorsqu'après un temps infiniment long, il constata que son fils se portait bien en apparence.

- « John? »

- « On.. on ... on m'a dit que tu étais à l'infirmerie avec Jo... » fit John en essayant de reprendre son souffle. « Tout va bien? »

- « Tout va bien. J'ai juste fait un rappel de vaccin à Jo » répondit Jennifer avant de s'éclipser, comprenant qu'ils avaient besoin de se retrouver seul. »

Remarquant la présence de son père, Johnatan commença à s'agiter sur les genoux de sa mère, ce que John vit, il s'empressa donc de le prendre dans ses bras. Sa petite tête brune lui avait tant manqué.

Elizabeth les observait tandis que sa bouche s'étirait dans un sourire qui n'atteignit pas les yeux de John .

- « C'est dingue comme cet enfant s'est si vite attaché à toi » conclut Elizabeth.

Il aurait pu répondre comme quoi c'était normal vu qu'il était son père, mais il jugeait ce genre de réplique totalement absurde. On ne se prétend pas père uniquement car un lien biologique existe.

- « Je lui ai manqué »

- « Oh que oui... mais tu es de retour » lui répondit-elle bien que son intonation de voix suggère une question.

John s'en aperçut mais ne le souleva pas, reportant son attention sur le petit, il lui demanda comme si ce dernier pouvait lui répondre:

- « Tu as été sage, toi? »

Un large sourire s'afficha alors sur le visage de Johnatan, un sourire qui parut étrangement familier aux yeux de John car abordant le même.

- « Ça veut dire non, alors » pouffa John

- « Tu as tout compris, John »

Elizabeth fit une pause, puis ne tenant plus, elle lui demanda:

- « Comment s'est passé ton séjour? » s'enquit la jeune femme piquée par la curiosité.

Une curiosité égoïste. Elle s'attendait d'un moment à l'autre à ce que le calme relatif dont John affichait en ce moment même s'envole. Elle s'attendait à subir ses foudres pour lui avoir omis une information qui, de toute évidence, avait dû le coucher plus bas que terre.

- « Très instructif, mais ne le prends pas mal... mais j'ai pas envie d'en parler maintenant »

Maintenant? Donc peut être plus tard.

- « Comme tu veux » concéda t-elle, essayant difficilement de contrôler sa frustration.

- « Il y a des choses dont on doit parler Elizabeth, mais plus tard, là j'ai juste envie d'être un peu seul avec Jo. »

Oui, c'est exactement ce dont il avait besoin pour le moment : de passer du temps avec Johnatan, car même s'il avait encore beaucoup de questions sans réponses, il savait en son for intérieur, que jamais il ne délaissera son fils. Voilà au moins la seule chose dont il était certain et qui pourrait, il espérait, l'aider à résoudre ses autres problèmes.

- « John? »

Le ton inquiet le sortit de ses pensées. Il leva la tête vers des yeux soucieux, et humecta ses lèvres asséchées.

- « Tu veux bien? »

- « Oh.. oui bien sûr. C'est l'heure de sa sieste donc si tu veux le coucher.. »

- « Merci »

Stupéfaite était le correct adjectif et il lui fallut un moment pour réaliser que sa bouche, qui était restée ouverte dans un demi bâillement, l'était encore alors que John et son fils avaient disparus de la pièce. Elizabeth la ferma rapidement avec un claquement perceptible de la mâchoire, alors qu'elle tentait de se ressaisir pour réaliser le changement assez significatif qui s'était opéré chez John...

OoO

On dit que le temps est père de vérité. A condition de trouver le courage de la dévoiler à qui de droit. Par manque de temps, d'opportunité, ne sachant pas quels mot employés; John avait trouvé tous ces prétextes rien que pour retarder cette conversation qu'il avait promis à Elizabeth voilà presque deux semaines lors de son retour à la base. Il savait retarder l'inévitable, qu'attendre rendrait encore plus difficile la jetée à l'eau, mais c'était plus fort que lui, il n'y arrivait pas. Un peu comme si une petite voix se frayait un chemin dans sa tête pour lui dire de se taire, que ce n'était pas une bonne idée au regard de ce qu'elle avait fait, elle. John savait que cette voix n'était que l'échos de sa fierté qui, persistante plus qu'il ne le faudrait, lui empêcher de se repentir. Car demander le pardon reviendrait dans un certain sens à comparer leurs erreurs et donc à minimiser celle de Elizabeth par rapport avec la sienne. Ce qui était faux et en même temps tellement vrai.

Ignorant totalement les tracas de son père, Johnatan jouait non loin de lui sur un petit tapis de sol, emmitouflé comme pour aller au pôle nord. Ayant peur qu'il attrape froid bien que les températures soient assez douces, John avait préféré le vêtir d'un bonnet, de deux pulls et d'un manteau; résultat, le petit garçon peinait à bouger les bras.

- « Finalement, je t'ai peut être trop couvert, Jo » constata John en esquissant un sourire.

Estimant que c'était peut être exagéré, il lui enleva le bonnet, les fins cheveux réagissant à l'électricité statique, ils se levèrent tous au sommet de la tête.

- « Désolé mon fils, on ne peut rien contre les gênes » s'excusa t-il d'un air contrit en tentant de lui aplatir ses cheveux.

N'aimant certainement qu'on lui touche les cheveux, alors même que cette personne soit son père, Johnatan passa une main sur sa tête dans le sens contraire. John ne put que rire fasse à la rebellion de son fils qui n'était définitivement pas tombé loin. Lui aussi avait une sainte horreur qu'on lui touche sa tignasse.

Les portes menant au balcon s'ouvrirent, Elizabeth s'avança vers eux, un sourire étirant ses lèvres.

- « Vous êtes donc là? »

- « Oui, je me suis dit que ça lui ferait pas mal de prendre un peu l'air. »

- « C'est une bonne idée sauf que... »

- « C'est bientôt l'heure de ma mission, oui je sais. »

Elizabeth les rejoignit sur le tapis de sol, sans un mot puis elle sortit de sa poche un paquet de gâteau.

- « Je ne suis pas venue pour ça, John. Tu es assez grand sans qu'il n'y ait besoin que je te le rappel. » fit-elle en verrouillant son regard sur John avant de le reporter sur son fils qui avait remarqué ce que sa mère avait dans les mains. « Si je te cherchais c'est par ce que je me suis dit qu'il avait certainement un petit creux. »

John fronça des sourcils de contrariété, il aurait dû y penser surtout au vu de la manière dont son fils attaquait voracement les biscuits secs. Le silence s'installa alors que John rangeait précautionneusement ses émotions dans une boîte. Il s'était promis de ne pas faire ça, de ne plus faire ça. Ne pas accabler Elizabeth à torts ou à travers surtout s'il s'agissait de se défouler.

- « Ce n'est pas grave John, tu apprends à être père. »

- « Tu as quelque chose à me dire? »

- « Pourquoi tu penses ça? »

- « Tes yeux parlent pour toi »

Prise en faute, Elizabeth laissa échapper une longue inspiration puis baissa la tête. Il avait raison.

Il y a des choses dont on doit parler Elizabeth, mais plus tard....

Il voulait une conversation, mais deux semaines venaient de s'écouler depuis son retour et toujours rien. Attendant des confessions qui ne venaient pas, Elizabeth avait rongé son frein, se raisonnant en se disant qu'il lui fallait du temps, mais sa curiosité devait avoir atteint son niveau maximum pour que John puisse la ressentir, ou bien, car à présent il pensait l'avoir trop fait attendre.

- « Tu veux me parler de ton séjour sur terre? »

Elizabeth ne voulait pas lui extirper des réponses que John n'était pas prêt à fournir, pourtant, elle désirait plus que tout pouvoir enfin expliquer ce changement chez lui. Expliquer comment on peut passer de la haine au repentir. Car c'est bien ce dernier sentiment que John lui inspirait depuis son retour. Un changement radical dont elle n'expliquait pas et qui la rendait perplexe, qui l'inquiétait même.

- « Que t'as dit Rodney? »

- « Euh... juste que tu as vu ton frère avant de passer quelques jours chez la soeur de Rodney. »

- « C'est tout? »

- « Oui, c'est tout »

- « Tu le savais pour mon père? » lui demanda t-il sans aucune provocation dans la voix.

Elizabeth le fixa du regard, suffisamment longtemps pour qu'il sache que oui. Un réconfort creux ne servirait à rien, et il n'y avait rien qu'elle puisse dire que John écouterait car rien ne saurait effacer la peine qu'il éprouvait. Elle le savait et lui aussi.

- « Rodney aussi le savait. »

- « John... » tenta de se justifier.

- « N'essaye pas de m'expliquer, je comprends. »

- « Il aurait mieux fallu que tu ne le sache jamais. »

- « Au contraire, j'ai appris des choses sur mon père qui m'ont prouvé qu'une fois encore j'avais tout faux. »

- « Comment ça? »

John ne répondit pas tout de suite, baissa à nouveau les yeux sur son fils, inspirant profondément pour écouler un peu de la tension. Il était exténué, son énergie s'épuisait comme un robinet ouvert, mais Elizabeth méritait une réponse.

- « Mon père n'était pas celui que je croyais, finalement on se ressemblait plus... on fait du mal aux gens qu'on aime avec nos paroles... alors qu'on ne le pense pas. »

John verrouilla son regard sur le sien, mais lorsque la peine scintilla dans les yeux de Elizabeth, il sut qu'il ne serait pas capable de le soutenir s'il continuait à la regarder, alors il se tourna à nouveau, baissant le regard vers son fils.

- « ...il est trop tard à présent pour revenir en arrière, mon père est mort.. »

- « Il t'aimait, John. Je ne le connaissais pas très bien mais crois moi, il t'aimait. »

- « C'est ça le plus dur. »

Sans qu'elle ne s'en rende compte, le plus naturellement du monde, Elizabeth posa sa main sur celle de John pour l'inciter à parler. A cet instant précis, son plus grand desiderata était de pouvoir atténuer la souffrance qui se lisait bien trop sur son visage.

- « C'est plus fort que moi, c'est aux personnes que j'aime le plus que je dis les choses les plus affames. »

John aurait espéré qu'elle comprenne son insinuation, ça aurait été tellement plus facile, mais à croire que non, rien ne l'était. Il lui faudrait reparler de cette nuit qui avait tout changé dans leurs vies.

- « Et avec ton frère? Comment ça s'est passé? »

- « Il sait tout. Je lui ai tout dis. »

- « Tout? »

- « Tout: ma mort simulée, pourquoi je l'ai fais, ma paternité que j'ignorais. Je lui ai tout dis et non ne t'inquiètes pas Dave ne te déteste pas si c'est ça que tu te demande! » aboya t-il

Chasser le naturel et il revient au galop. Il s'était pourtant juré de ne plus partir au quart de tour, surtout si Johnatan était présent. Son fils n'avait pas besoin de ça.

- « Ce n'est pas ce que je voulais dire... » se confondit John en excuse.

- « Je sais. »

John cligna des yeux, ne s'attendant pas à ce que Elizabeth se montre si complaisante. La femme qu'il avait connu ne se serait jamais laisser parler de cette manière, par personne. Pour éviter les conflits, elle était prête à se taire, au détriment de sa propre personnalité. Un changement opposé avec le sien, puisque le concernant, un rien suffisait à attiser sa colère.

- « Non vraiment, je n'avais pas à te parler comme ça. »

- « John, ça va! » affirma t-elle. « Dis moi plutôt comment tu as géré ça? Rodney était avec toi »

Bonne question. Lui même ignorait comment il avait géré cette nouvelle, et même s'il le pourrait un jour.

- « Rodney était avec moi, oui.... mais parfois il est plus facile de trouver du réconfort avec une inconnue qu'avec un ami. »

- « Une inconnue? »

- « Une fille que j'ai rencontré au bar. »

- « Et qui a fini dans ton lit » demanda Elizabeth sur un ton neutre, non accusateur.

- « Oui »

John allait de surprise en surprise, alors qu'il s'attendait à de la jalousie – mal placée – la réaction de Elizabeth fut toute autre. En fait, ce qui choqua le plus John fut son absence de réaction, un peu comme elle s'en fichait ou que ça ne la concernait pas.

- « John, ce que tu fais tes nuits te regarde, mais maintenant tu as un fils » dit-elle doucement en caressant Johnatan sur la tête. « Veux tu lui donner l'image d'un homme à femme? Qu'il prenne exemple sur toi? »

- « Insinuerais-tu que je puisse être un mauvais exemple pour lui?! » s'énerva John plus qu'il ne l'aurait voulu.

Elizabeth le fixa du regard, se demandant quoi dire pour qu'il mesure et comprenne ses inquiétudes de mère.

- « Tu sais très bien que ce n'est pas ça que je voulais dire. »

- « Alors quoi? Quelle mauvaise image je pourrai lui donner? »

- « John...en tant que père, tu te dois une certaine conduite »

- « Arrête! Tu t'enfonces là! » pesta John en se levant d'un bon. « Je te laisse Jo, je dois me préparer pour la mission. »

Alors qu'il passait sa main devant le cristal de contrôle, Elizabeth l'appela d'une voix douce.

- « Fais attention, s'il te plaît » le recommanda t-elle, ayant une affreuse sensation de déjà vu.

- « Promis. »

Une fois la porte refermée, John se permit une seconde pour se reprendre, il se pinça le nez juste entre les deux yeux et laissa échapper un petit soupir. Un soupir de frustration. Pourquoi lui avoir balancé son aventure au nez, alors qu'en fait, il devait lui parler d'un autre sujet? Tu m'as brisé le coeur, je brise le tien.... c'est du moins ce qu'il aurait souhaité inconsciemment, mais apparemment, Elizabeth se fichait pas mal de ce qu'il faisait de ses nuits. Une conclusion qui lui faisait atrocement mal car à présent il savait que la jeune femme ne l'aimait plus. Elle n'avait agit que comme une mère, point barre. Et alors? Qu'elle l'aime encore ou non ne devrait pas l'atteindre autant, sauf que John ne savait pas ce qu'il aurait éprouvé si finalement, Elizabeth s'était éconduite comme une femme jalouse... comme une femme trahie par l'homme qu'elle aime.