On approche de la fin, je pense encore à 2 suites tout dépend comment je coupe, j'ai beaucoup aimé écrire ce passage d'ailleurs j'ai bien failli changé la fin de l'histoire lol


Elizabeth se félicitait d'avoir pensé et réagi en tant que mère et non comme une femme apprenant une trahison d'un homme qui ne lui appartenait plus. N'étant plus rien l'un pour l'autre, ils ne se devaient plus la fidélité qu'elle même n'avait pas su respecter du temps où ils étaient ensembles. C'est cette idée qui lui faudrait accepter mais qui pour le moment refusait de se frayer un chemin dans sa petite tête. Oui, elle se sentait trahie, blessée par John... et si elle poursuivait sa réflexion, elle irait même jusqu'à affirmer que la douleur qui lui bloquait le thorax depuis était similaire à celle qu'elle avait ressenti en apprenant son décès. La douleur d'avoir perdu sa moitié... C'était ridicule, Elizabeth le savait, mais cette douleur était bien là, elle ne pouvait ni la nier ni la cacher. Ronon l'avait remarqué lors de son retour de mission et lui avait d'ailleurs demandé ce qui n'allait pas, mais pour la première fois depuis deux ans, Elizabeth n'avait pas pu se montrer honnête avec lui. Car elle même ne pouvait pas expliquer ce qu'elle ressentait. Aurait-elle été autant blessée si cette inconnue avait une femme qu'elle connaissait, comme Teyla par exemple, sa meilleure amie?

- « Rod! » s'exclama Johnatan du haut de sa chaise haute, levant les bras en l'air pour que le canadien le prenne dans ses bras.

- « Oui et bien essuies toi d'abords les mains, Jo » grimaça le scientifique en posant son plateau sur la table. « Elizabeth? »

L'expression de Elizabeth était un masque : un sourire forcé, sauf que les yeux ne mentent pas, et ils ne purent dupés Rodney qui connaissait trop bien son amie pour savoir quand le moral n'allait pas fort.

- « Qu'est ce qu'il a encore fait? »

- « De qui tu parles? »

- « Oh pas avec moi! Une seule personne de notre entourage peut te mettre dans un tel état. »

Une seule personne, un seul homme était capable d'éveiller en elle tantôt de l'amour, de l'exaspération, de la colère, du désir; le tout en si peu de temps et voire même de manière concomitante.

- « Alors dis moi, qu'est ce que Sheppard t'as fait ou t'as dit? »

- « Rodney » souffla t-elle

- « Vous vous êtes encore engueulé? »

- « Non... enfin oui ça a fini comme ça.. »

- « Il n'a donc rien compris ou quoi? » pesta Rodney.

N'était-il pas sensé avoir une conversation d'adulte, une conversation qui consistait à reparler de cette fameuse soirée précédent l'erreur de Elizabeth? Mais bon, Sheppard étant Sheppard, il ne serait nullement étonnant qu'il ait encore parlé sans réfléchir. Décidément, le dicton : tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler, n'est pas connu de lui!

- « Compris quoi? Tu parles de quoi au juste, Rodney. »

- « Euh... rien. Tu le connais... il s'emporte souvent »

- « C'est le moins qu'on puisse dire.»

- « Vous avez parlé de son séjour sur terre? »

Sa première réaction fut de rembarrer gentiment Rodney en lui disant qu'elle n'avait pas envie d'en discuter avec lui, mais elle n'en fit rien.

- « Comment était cette fille? » demanda Elizabeth poussée par une curieuse malsaine.

La bouche de Rodney s'ouvrit de stupéfaction. Alors là, il ne s'y attendait pas à celle là!

- « Tu parles de.... »

- « Oui, de cette fille rencontrée au bar et qui a fini dans son lit. Comment était-elle? »

- « Tout ton opposé. Blonde au par-choc rembourré pas très naturel et je pense, avec pas grand chose dans la tête. »

- « L'intelligence importe peu dans ce cas là. »

- « Euh... oui c'est vrai. » acquiesça Rodney en grimaçant. « Mais pourquoi veux tu le savoir? »

- « Juste comme ça. »

Rodney fronça des sourcils, refusant de croire une excuse qui n'était en réalité pas une.

- « Juste comme ça? »

Sa tentative de sarcasme, si elle était intentionnelle, échoua. Misérablement.

Elizabeth ne se donna pas la peine de répondre, elle ne savait pas par où commencer. Pas avec une autre excuse. Cela n'avait pas d'importance, ça en avait plus.

- « Je me fiche bien avec qui John passe ses nuits, mais je ne veux pas que mon fils voit les femmes défiler dans la chambre de son père. Que va t-il penser? Que c'est normal et qu'il doit lui aussi être un tombeur pour mériter le respect et l'admiration des autres?! »

- « Euh... désolé de briser tes illusions mais ça marche comme ça chez les hommes...sauf que je n'ai pas beaucoup briller sur ce point. »

Outrée, Elizabeth s'apprêtait à répliquer, mais Rodney leva son index avant de poursuivre.

- « Mais c'est ce que j'ai moi même dit à John le lendemain. »

- « T'écouteras t-il pour autant? Je pense que non. »

- « C'est quoi le fond du problème Elizabeth? Qu'il donne un mauvais exemple à votre fils... ou bien que cette femme n'ait pas été toi? »

Le véritable problème se reflétait dans ses yeux et devait probablement être devenu trop évident sur son visage pour que Rodney devienne si clairvoyant. En tout cas plus clairvoyant qu'elle car Elizabeth venait juste de réaliser ô combien elle aurait voulu être à sa place. Pourquoi? Car deux ans à ne prétendre n'être qu'une mère commençait à lui peser et que la femme endormie en elle ne demandait qu'à se réveiller? N'étant qu'une femme, elle avait certes des besoins mais, question qui découle de la première, pourrait-elle les satisfaire avec le premier venu ou seulement avec John? La réponse était évidente et ne faisait que confirmer les indices précédents qui allaient malheureusement tous dans le même sens : elle l'aimait encore. Ce n'était pas seulement de l'affection, du respect et encore moins de la pitié. Ce qui venait de se réveiller au plus profond de son être et qu'elle croyait mort, était l'encense même de la vie : l'amour. Un sentiment magique, si exaltant et pourtant si dangereux.

Elle répondit oui, trop lasse pour mentir et de se mentir à elle même. Trop lasse de faire semblant.

Surpris de cette semi confession qu'il ne pensait pas obtenir, Rodney resta interdit, regrettant finalement que le principal concerné ne soit pas le premier au courant. Sauf que si Elizabeth continuait à faire comme elle avait toujours fait, ces deux là n'étaient pas prêts de revenir ensemble. Néanmoins, Rodney se promit ne pas interférer dans leur histoire en répétant à John ce qu'il savait à présent sûr au risque que ce dernier s'éloigne pour de bon. Finalement, il comprenait mieux l'état de nerfs de John durant la mission. Il n'avait pas desserré les mâchoires une seule seconde. L'indifférence apparente de Elizabeth sur la révélation de son aventure l'avait agacé, énervé car au final, il aurait voulu l'atteindre en plein coeur. Une sorte de rendu monnaie, mais manque de pot, ça n'avait pas été le cas. Quel crétin! A quoi devait-on s'attendre de lui maintenant?

OoO

La salle était dans une quasi pénombre alors qu'en cette heure tardive, le gymnase était théoriquement inoccupé. L'unique occupant des lieux frappait le sac de sable, à mains nues, méthodiquement, régulièrement, rapidement. Une rage plus que de la colère se dégageait de l'homme devant elle. Le tee-shirt noir trempé de sueur collait le dos large et musclé. Malgré son état de fatigue apparente, la violence des coups ne décroissait pas. Elle se faufila dans la salle de sports attendant que sa présence soit détectée.

- « Tu veux quelque chose Teyla? »

Il avait presque craché les mots, sans cesser de frapper le sac. John se déplaça légèrement pour avoir la jeune femme dans son champ de vision. Elle se tenait debout, à quelques mètres de lui. Le corps bien droit, les traits figés en un masque de compassion qui agaça pour une fois John. Il ne voulait voir personne et encore moins parler de la raisons de sa colère qui était devenue trop évidente aux yeux de ses amis. Sans un mot, John se déplaça jusqu'au banc, s'empara d'une paire de bâtons qu'il tendit à Teyla en signe de défit.

- « Comme au bon vieux temps » fit-il.

La provocation était dans sa voix. Teyla inclina de la tête puis accepta les bâtons qu'il lui tendait toujours. En dépit de la fatigue de la mission, la jeune femme accepta de relever le défit, déjà car John avait de toute évidence besoin d'évacuer toute cette énergie négative, mais aussi car elle se demandait quel combattant il était devenu.

Sans un mot, ils se mirent en position, les bâtons levés. Ils ne prirent aucun temps d'adaptation ni d'observation, le combat commença immédiatement dur, violent, sans merci. La jeune femme compensait en vivacité ce qu'il avait de force pure. Les coups pleuvaient sans que l'un ni l'autre ne prononce le moindre mot, de toute façon ce n'était pas nécessaire. Ce n'était pas la première fois qu'ils s'affrontaient, mais Teyla avait remarqué les efforts significatifs de John en deux ans. Plus agile, plus rapide, plus fort, il était devenu son égal dans ce combat dont l'issue était à présent incertaine. Chacun bénéficiait ainsi des talents de l'autre pour gagner sauf qu'aujourd'hui, John avait une arme en plus, la rage, un moteur suffisant pour remporter le combat.

Seuls des sons brefs, étouffés, parfois plus aigus s'échappaient de leurs bouches serrées quand un coup atteignait son but. Teyla ne ménageait pas ses attaques qui avaient bien du mal à atteindre John qui les parait comme un expert; et lorsque de manière inespérée, un un bâton le frappait, la souffrance dans sa chair lui procurait un soulagement intense mais éphémère. La souffrance physique l'aidait à oublier celle de l'âme.

Quand coup plia Teyla en deux, John sonna la fin du combat en lâchant ses bâtons au sol. Sans plus attendre, il passa ses bras autour d'elle et l'attira auprès de lui tandis qu'elle essayait de reprendre son souffle contre son torse. Il posa son front sur l'épaule frêle de la jeune femme, respirant lentement et profondément, cherchant à maîtriser la rage qui bouillait toujours en lui. Leur souffles s'apaisèrent, leur respiration, de chaotique, redevinrent lentes et régulières. Doucement John fit remonter ses mains le long de son dos et l'étreignit davantage. Puis dans un geste à la fois doux et violent, il saisit sa tête à deux mains, emprisonnant ses tempes. Par je-ne-sais quelle pulsion, dans un élan totalement spontané et complètement fou, il s'empara de ses lèvres. Sans même vérifier dans son regard que Teyla lui donnait sa permission. La question ne se posait pas. C'était au dessus ou au deçà même de la moral, du bon sens. Juste une pulsion imprévisible. Irrésistible. Un instinct qui lui criait de le faire comme celui de boire quand on meurt de soif. Comme le cri que pousse un nouveau né à la naissance.

Surprise, Teyla accueillit ces lèvres sur les siennes, accepta cette langue forcer le barrage de sa bouche pour venir s'unir avec la sienne. Trop surprise ou trop choquée, elle ne réalisait pas ce qu'il était en train de se passer jusqu'à ce qu'elle sente deux mains se faufiler sous son haut de cuir, c'est alors qu'elle le repoussa sans douceur.

- « John? »

Ses yeux noirs, pupille et iris se confondant, non pas de colère mais d'incompréhension lui demandaient des explications sur le champ.

- « John? »

John aurait voulu parler s'il n'avait pas été si choqué. Non, ça nécessitait un terme plus fort que celui-là, frappée d'effroi s'en rapprochait plus. Teyla savait qu'elle devrait être celle qui ferait le premier mais tout ce qu'elle pouvait faire se résumait à un regard d'incompréhension.

- « Je... je suis désolé Teyla » finit-il enfin par articuler, les yeux fixant le sol.

Ses jambes répondant de nouveau présent, Teyla s'avança vers John et lui prit le poignet pour qu'elle l'accompagne jusqu'au banc.

- « Parle moi John. »

John essayait de façonner son esprit sur la voix de Teyla, étonné qu'elle ne l'ait pas giflé mais qu'au contraire, elle se montre si prévenante. Il avait tenté de soulever une idée sur quelque chose qu'elle croirait mais par expérience, il savait que l'histoire 'j'en avais envie' n'avait aucun avenir. Teyla en demanderait plus; beaucoup plus.

Un seul regard à la mâchoire hermétiquement fermée de John lui indiquait que ses attentes seraient probablement accueillies par une réponse minimale, sinon hostile de sa part, mais elle savait aussi que comme son ami n'était pas de nature à s'ouvrir facilement aux autres, il fallait quelque fois le forcer.

- « John? »

Le ton tranchant de l'athosienne le ramena à la réalité, elle lui avait posé une question, et il devinait qu'elle voulait vraiment une réponse.

- « Je ne suis pas en pleine mutation si ça que tu te demandes.... » fit-il, pensant que sa tentative d'humour lui faciliterait la tâche. « ... bien sûr que tu le sais. »

Teyla ne dit rien, hochant de la tête, jugeant cette tentative d'humour assez maladroite.

- « Je ne te mens pas en te disant que moi même je ne sais pas expliquer pourquoi... pourquoi je t'ai embrasser... »

- « Mais tu avais besoin de canaliser ta colère? »

La colère était justement l'émotion qu'il n'avait jamais su gérer, alors que paradoxalement, c'était avec elle qu'il se sentait le mieux, un peu comme si elle avait toujours fait partie intégrante de lui. Sa plus fidèle amie, son alliée, mais comme l'alcool pour un alcoolique, elle n'amènerait que son auto-destruction. Sa mort à petit feu. Inéluctablement et fatalement.

- « Je pensais que tu avais su gérer ça depuis ton retour. Qu'est ce qui a changé? Ou plutôt, à cause de qui? »

- « Teyla...qu'est ce que le contraire de l'amour? » demanda t-il abruptement.

- « Euh... je dirai l'indifférence. »

- « D'accord. » dit-il d'une voix calme.

Teyla devait certainement penser qu'il parlait de lui, mais il ne fit rien pour corriger le tir. Il se leva du banc, signant alors la fin de leur brève conversation. Il rencontra son regard. Un semi sourire étira ses lèvres. Un sourire de résignation. L'aveu lui coûta, John n'était pas habitué à autoriser ses émotions à faire surface comme ça. Il lui accordait seulement un regard furtif et délibéré sur un côté de sa personnalité qu'il montrait rarement auparavant et encore moins aujourd'hui.