Hello les cocos :D Bon je veux pas râler, mais je voudrais vous inciter à commenter un peu plus ( juste un petit mot est suffisant ), parce que c'est ma première traduction et voilà quoi, je me demande ce que vous en pensez ^^ Donc pensez-y, merci !

Disclaimer : Je crois qu'à ce stade vous connaissez la chanson. Rien n'est à moi, tout est à The Goliath Beetle, voilà voilà.


AND SO IT GOES

CHAPITRE VI


La retenue était d'un ennui mortel. Il n'y avait presque personne avec eux, probablement parce que même pour les pires tâches du lycée, se faire coller le premier jour était un exploit. Lovino faisait de son mieux pour ignorer le parasite aux yeux verts : il posa la tête sur son bureau et fit semblant de dormir.

Bien essayé.

« Lovi... hé, Lovi... tu dors ? » L'italien ne bougea pas. « Lovi... je m'ennuie. Parle-moi. »

Antonio était déjà assez bruyant, avec tous ces chuchotements, et Lovino n'allait certainement pas lui donner du grain à moudre.

« Hé ! Cette mèche bouclée est adorable. » Lovino se tendit. « Héhé, on dirait qu'elle lutte contre la gravité ! »

Antonio tendit la main pour la toucher et Lovino réagit si vivement qu'il se fit lui-même peur en se jetant hors d'atteinte de l'insidieuse main et il en perdit l'équilibre. Sa chaise l'entraîna avec tout son barda et il s'écrasa sur le sol, si bien que le professeur, jusque là endormi, sursauta. Lovino entendit Antonio haleter, et lui-même poussa un grognement.

« Monsieur Vargas » demanda le professeur. « Qu'est ce qu'il se passe ? »

En un instant, Antonio quitta son siège, se pencha vers Lovino et glissa un bras autour de ses épaules.

« Est-ce que ça va Lovi ? Attends, je vais t'aider »

« Dégage, bâtard, ça va ! C'est ta faute de toutes façons ! Lâche moi ! »

« Lo siento, je suis vraiment désolé »

« Ne touche jamais cette mèche. Jamais ! »

« Monsieur Vargas » répéta le professeur en s'avançant vers eux. « Surveillez votre langage, s'il vous plaît ! »

L'heure suivante se déroula dans un silence relatif, Antonio étant trop occupé à adresser des regards d'excuse à l'italien et celui ci à les ignorer pour discuter. Après la colle, Antonio ralluma son téléphone : il avait reçu trois messages.

Franny m'a dit que tu été collé lol. Je sors avec mattie donc vous parté sans moi, ok ? »

Après Gilbert, celui de Francis :

Désolé mon ami, je ne peux pas t'attendre ! Maman m'a demandé de rentrer juste après les cours. Ça va aller ?

Antonio ne répondit à aucun des deux. Il n'avait plus que quelques minutes avant de devoir rentrer. Il chercha du regard son nouvel ami : Lovino, aussi vulgaire soit-il était plutôt... amusant. Fascinant, même. Peut-être parce que l'italien passait son temps à repousser les gens et qu'il voulait savoir pourquoi. En tout cas, Lovino se tira au moment même où ils furent autorisés à sortir, fusillant Antonio du regard au passage. Celui-ci soupira et se décida à rentrer chez lui. Avant l'été, Roderich et lui avaient leurs petites habitudes : ils s'éternisaient un peu au lycée, dans la salle de musique, puis rentraient tous les deux chez eux, main dans la main. Lorsqu'ils arrivaient chez Antonio, Roderich l'embrassait devant sa porte, lui offrait un timide sourire puis ils se séparaient.

Son cœur se serra à ce souvenir. Il essayait de ne pas y penser mais plus il essayait de fuir ses sentiments, plus ils se faisaient violents. Roderich lui manquait. Et il se détestait pour ça, parce ce sale con l'avait trompé et quitté mais merde... s'il avait pu, et sans aucun hésitation, Antonio aurait serré l'autrichien dans ses bras et serait resté contre lui pour toujours.

L'espagnol eut un moment de flottement lorsque son fantasme rencontra la réalité. L'autrichien était là, dans le parking. Et flûte, je le savais que j'aurais du passer par devant, comme Lovi. Comme d'habitude, Roderich était resté plus tard pour s'entraîner sur le piano du lycée, ce n'était pas sensé être une surprise !

Antonio sentit son visage s'enflammer et ils restèrent là, tous les deux, plantés l'un face à l'autre. Roderich tenta de détourner le regard mais Antonio l'arrêta, la main tendue vers le visage de l'autrichien.

Je suis un idiot. Toni, va-t-en. Toni, ne lui parle pas. C'est un connard. Le pire des connards.

« Roddy... Roderich... »

« Quoi ? » grommela l'autrichien, sans faire un geste pour déloger la main d'Antonio. Celui ci tourna la tête de Roderich pour que leur regard puisse se croiser. Puis Antonio laissa retomber sa main à ses côtés, plus capable de toucher son ancien petit ami quand il le regardait comme ça.

« Je... Je ne... »

Il soupira. Lorsque Roderich parla, sa voix était froide et claire comme du verre.

« Si tu cherches des excuses, alors je vais devoir te décevoir. Je ne suis pas désolé pour ce que j'ai fait, Antonio. Nous n'avons rien en commun. Pire, nous nous tirions vers le bas. »

Thum, thum, thum, son cœur battait tellement fort qu'Antonio avait peur de le vomir.

« Mais » il plaida « On était bien ensemble ! Pourquoi est-ce que tu as tout gâché ? Tu n'en avais rien à faire de ce que je pouvais ressentir ? »

« Bien ? » répéta Roderich. « Toi, peut-être. Et moi, pendant un moment. Mais... bon, ne le prend pas mal mais tu es quelqu'un de très... demandeur. » Il croisa les bras et dévisagea froidement Antonio. « Tu aimes trop, tu m'étouffais. »

Quoi ?

« Tu... te fous de moi ? » cracha Antonio. « Je t'ai tout donné ! J'aurais fait n'importe quoi pour te rendre heureux et tu... »

« Je n'ai pas le temps ou l'envie de me disputer avec toi. » répliqua l'autrichien. « Contrairement à toi, j'ai des choses à faire. Laisse moi tranquille. »

« Non, attend ! » cria Antonio alors que Roderich se détournait de lui. « Tu mens. Tu étais heureux, avoue-le ! »

Il avait juste besoin que le pianiste le dise, il avait besoin de savoir que cette relation n'avait pas été une grande bulle de rien, que ça avait compté, même un peu. Ça avait été quelque chose. Antonio... Antonio refusait que ça ait été moins que ça.

« Tu penses vraiment que j'étais heureux ? ». La glace dans la voix de Roderich fondait pour laisser percer des intonations moqueuses. « Je suppose que tu ne me connais pas autant que tu le penses »

L'instant d'après, il était parti.


Lovino errait dans les couloirs vide du lycée. Ce stupide Antonio avait essayé de toucher sa mèche. Ce stupide Antonio passait son temps à lui créer des problème. Quel était son problème, à ce bâtard ? Est-ce qu'il était trop crétin pour ne pas voir que Lovino ne voulait pas d'amis ? Pourquoi s'acharnait-il à lui faire la conversation ? Personne n'aimait lui parler. Ils étaient trop occupés à se pâmer devant son attardé de jumeau. Et d'ailleurs, en parlant de lui, si Lovino ne trouvait pas une grande assiette de pâtes en rentrant, Féli pouvait commencer à courir pour sa vie. Il crevait de faim, bordel !

Alors qu'il allait sortir de l'établissement, l'une de ses bretelle s'accrocha à une poignée de porte et une secousse plus tard – Lovino n'était même pas sûr de l'enchaînement logique qui avait mené au désastre – son sac déversait son contenu sur le sol.

« Mais putain de merde ! » cria-t-il.

Il se baissa pour tout ramasser, ce qui lui pris bien trop longtemps à son goût ( il avait notamment dû chercher de longues minutes après sa gomme ). Enfin, il put sortir. Il grommela un peu dans sa barbe, passa le portail de l'école. Là, tout de suite, il avait besoin d'une dose de Fettuccine bien chaudes et – Lovino s'arrêta.

Le bâtard espagnol était là, appuyé contre un mur, le front pressé contre la brique, les yeux fermés. Son sac était à ses pieds, oublié. Qu'est ce que c'était que ce bordel ? On aurait dit que le bastardo avait un coup de déprime, quelque chose du genre. Il s'approcha.

« Oh, bâtard ! Tu m'entends ? C'est quoi ton putain de problème ? »

Antonio ne bougea pas. Pas quand Lovino l'appela, et pas la minute suivante non plus. Finalement, il sembla s'éveiller d'une transe : il cligna des yeux, confus en voyant le mur de briques derrière lui et avec une lenteur remarquable se tourna vers l'italien.

« H... Hola, Lovi » balbutia-t-il.

Lovino oublia tout envie de râler sur l'emploi de ce ridicule surnom quand il vit que l'espagnol pleurait. Il en eut le souffle coupé. Des larmes silencieuses glissaient sur son visage souriant : c'était effrayant. Terrifiant, même. Les larmes n'allaient pas à Antonio. Lovino ne pouvait pas le supporter, mais l'espagnol était réputé pour sa bonne humeur à toute épreuve. Ce... c'était dingue.

« Je ne suis pas sur de vouloir la réponse » avoua Lovino. « Mais qu'est-ce qu'il t'est arrivé ? Il y a cinq minutes ça avait l'air d'aller... »

Antonio essuya ses larmes avec une main tremblante.

« Oh... oh, c'est rien. Un truc stupide. Ne t'en fais pas. »

Lovino haussa un sourcil.

« Tu veux que j'appelle quelqu'un ? »

Pourquoi était-il gentil ? Ce n'était même pas son putain de problème ! »

« Haha », rit Antonio, même si ça n'avait rien de joyeux. C'était plus une réponse, un son définitif. Il secoua la tête et ajouta : « C'est rien, je t'assure. Oublie ça. Tu n'as pas à appeler qui que ce soit non plus. »

Il ramassa son sac et marmonna :

« Je vais y aller. Merci de t'inquiéter, c'était sympa de te voir aujourd'hui. »

Ses gestes et son pas étaient bancals mais il réussit à dépasser Lovino et à se diriger dans la direction que l'italien ne prenait pas. Lovino le regarda partir avec un drôle de sentiment dans le creux de son estomac. Les gens qui souriaient en pleurant, qui essayaient de garder la tête haute quand ils avaient si évidemment besoin d'aide... il y avait quelque chose d'insupportable chez eux. L'italien rentra chez lui lentement, son cerveau rejouant encore et encore la dernière conversation qu'il avait eu avec l'espagnol. Quand Féliciano lui ouvrit la porte, il reçut un câlin étouffant et un joyeux piaillement :

« Ve, Fratello, où est-ce que tu étais ? »

« Lâche-moi, Féli. » siffla Lovino en repoussant son petit frère. « J'étais collé. A cause de ce bâtard d'espagnol. »

« Oooh, Toni ? »

Lovino acquiesça mais n'ajouta rien. Il se détacha de son frère et rentra dans la maison en marmonnant qu'il voulait des pâtes ( pour être honnête, voir Antonio dans un sale état lui avait coupé l'appétit ) et il tomba sur le bâtard-aux-patates, assis dans la salle à manger.

« Qu'est-ce qu'il fait là, lui ? » aboya Lovino.

Ludwig leva les yeux vers lui et soupira. Féliciano rosit.

« On étudie » expliqua le bâtard-aux-patates, en essayant de ne pas trop élever la voix.

« Ve, Fratello, je ne pensais pas que ça t'embêterait ! »

« Je m'en fiche » grogna Lovino. « Tant que vous me foutez la paix. »

Sur ce il monta les escaliers, alla dans sa chambre et claqua la porte derrière lui.


A/N : Je suis cruelle mais je trouve qu'un Antonio déprimé est fascinant. J'ai l'impression de faire de l'exploration, même si ce n'était pas vraiment prévu au départ ! Merci d'avoir lu !