Heeey ! J'espère que vous allez bien ! Cette fois-ci, l'attente n'a pas été trop longue !
Merci de votre intérêt pour mon histoire, c'est super chouette !
Alors il me semble avoir répondu à tout le monde, mais pour tous ceux qui se poseraient encore la question ou à qui je n'ai pu répondre (je pense aux guests qui sont bien gentils de me laisser des reviews mais à qui je ne peux répondre, ou tout simplement aux visiteurs qui me lisent !) : Henry a toujours été là, si vous êtes attentifs, j'ai laissé pas mal d'indices sur son existence, j'ai simplement évité de dire son nom pour garder un effet de surprise, je pense que c'est à peu près réussi ! Donc non, il ne sort pas de nulle part, c'est pas une idée que j'aie eue sur le moment !
Et toutes les explications sont dans ce chapitre... Donc bonne lecture !
- C'est ma Maman que tu viens voir ?
Le petit garçon la regardait, tout sourire, pas farouche du tout. Emma n'arrivait pas à articuler quoi que ce soit, le monde venait de s'effondrer sous ses pieds.
- Parce que tu peux entrer si tu veux la voir, là elle est dans son bureau. Je peux aller la chercher.
Devant le silence d'Emma, qui le regardait avec des yeux ronds, complétement perdue, il enchaîna.
- Je vais la chercher...
Et il laissa Emma plantée là, devant porte grande ouverte, tandis qu'il courait dans les escaliers en criant « Maman ! Y'a quelqu'un pour toi ».
Pourquoi ne lui avait-elle jamais dit ? Pourquoi ne l'a-t-elle jamais deviné ? Regina serait devant elle d'une minute à l'autre, mais c'était trop tard maintenant. Elle n'avait plus envie de lui dire quoi que ce soit. La seule chose dont elle avait envie s'était de s'allonger sur le sol et de mourir en silence. Elle retenait ses larmes, puis, elle entendit les talons si caractéristiques. Alors elle fit la chose qui lui sembla la plus simple sur le moment, s'enfuir. Elle se retourna, et courut jusqu'au portail, ramassa son vélo le plus vite possible et pédala à perdre haleine.
...
De l'autre côté du portail, Regina ne vit qu'une silhouette floue passer le portail, mais ne distingua rien de concret.
- Henry, qui était-ce ? dit-elle en refermant la porte et en se tournant vers son fils.
- Je sais pas, mais elle était jolie.
- Je t'ai déjà dit de ne pas ouvrir si je n'étais pas en bas avec toi... ça pourrait-être n'importe qui, un voleur, ou pire encore, dit-elle avec une nuance de reproche dans la voix.
- Mais j'étais à côté, répondit-il tout plein d'innocence.
- Evites la prochaine fois, d'accord ?
- Oui Maman...
- Lave-toi les mains, on va diner.
- T'as fait des lasagnes, hein dis ? Parce que Marianne elle fait que des congelées et bah elles sont pas très très bonnes...
- Tu ne lui as pas dit qu'elles étaient mauvaises j'espère ?
- Non non... fit-il en secouant la tête. Mais les tiennes elles sont mieux.
- Merci mon chéri.. Elle lui embrassa le sommet du crâne et retourna voir la cuisson des lasagnes.
Sans la présence de Robin, Marianne lui avait ramené Henry, et elles avaient pu discuter un peu, pour la première fois. Et l'échange ne fut pas si terrible que ce que ce l'était imaginé Regina.
Et Marianne lui avait finalement dit.
...
- Je suis désolée pour tout ça vous savez, lui avait dit Marianne, tandis qu'Henry était parti ranger ses affaires.
Regina s'était montrée très froide avec elle, comme le peu de fois où elle l'avait aperçue.
- Et pour quoi exactement ?
- Pour Robin... Pour... Henry... Pour avoir tout gâché entre vous. Je m'excuse, profondément. Je n'ai jamais voulu ça.
- Très bien, avait dit Regina, sans savoir quoi dire d'autre.
- Je voulais juste vous dire que j'ai quitté Robin. Pour de bon.
- Très bien. Et vous comptez encore une fois quitter la ville en laissant Henry ou vous souhaitez rester cette fois ? rétorqua Regina toujours glaciale.
- Je reste. Je me suis beaucoup trop attachée à Henry. C'est un chouette gosse. Vraiment. Regina la regarda soudain, avec un peu plus de chaleur dans le regard. Vous l'avez très bien élevé. Beaucoup plus que ce dont j'aurai été capable. Je suis contente qu'ils vous aient trouvés, Robin comme Henry.
- Merci, dit faiblement Regina, en lui offrant un léger sourire.
- Je sais que j'ai commis des erreurs, et celle d'avoir abandonné Henry est irréparable, mais sachez que jamais je n'intenterai quoi que ce soit pour vous le reprendre. C'est difficile à admettre pour moi, mais c'est votre fils. Peu importe ce que la biologie pourrait dire.
Et à cet instant précis, toute la rancœur qu'elle avait eu pour Marianne disparut, toutes ses peurs s'envolèrent, et la seule chose dont elle avait besoin, c'était de chaleur humaine. Alors elle fit le geste le plus simple du monde, elle prit celle qu'elle considérait comme son ennemie dans ses bras.
- Merci... répéta-t-elle.
- Vous avez été là pour lui, continua Marianne une fois qu'elles se furent délacées, depuis qu'il est né, ou presque. Je suis revenue, et je suis contente de le connaître, et de passer du temps avec lui, je suis contente qu'il comprenne à un âge si jeune ce que je suis pour lui. Mais le plus important dans sa vie c'est vous. Vous et Robin. Et il a besoin de ses deux parents bien plus qu'il n'a besoin de moi. La seule erreur réparable que j'ai commise, c'était de me remettre avec Robin et de croire que ça allait marcher. J'avais tort.
- C'est le moins qu'on puisse dire, murmura la brune pour elle-même.
- Robin n'est pas si affreux, vous savez. Que feriez-vous à sa place, si quelqu'un que vous aimiez, depuis longtemps disparu, revenait dans votre vie, et bouleversait tout ? Et soudain elle repensa à quelqu'un, quelqu'un à qui elle n'avait pas repensé depuis des années : Daniel, son premier véritable amour. Elle repensait à combien elle l'avait aimé, à combien elle avait pleuré lorsqu'il était mort.
- Ou si, tout à coup, quelqu'un sorti de nulle part venait à votre rencontre et changeait littéralement votre façon de voir les choses ?
Le visage de Daniel disparut dans sa tête, tandis qu'un visage plus fin, plus gracieux fit son apparition. Des longs cheveux blonds, et ces yeux, émeraude, profonds... Emma.
Regina sourit à Marianne.
- Je crois comprendre, oui, dit faiblement la brune.
Et c'était sincère.
Le discours de Marianne l'avait touché profondément, elle était enfin rassurée quant à son avenir. Elle avait autorisé Marianne à rendre visite à Henry dès qu'elle le souhaiterait, Robin l'avait emmené souvent chez elle quand il y allait, et il passait également plusieurs nuits chez elle dans la semaine. Après tout, elle était quand même sa mère biologique, et Henry avait le droit d'apprendre à la connaître, elle ne pouvait lui refuser cela.
...
Il était plus de minuit et Regina commençait à s'inquiéter. Emma n'avait pas répondu à ses messages. Pour la première fois en plus de trois mois, Emma n'avait répondu. Regina se demandait pourquoi. Elle s'attendait pourtant à de longs messages qui lui réchaufferaient le cœur, surtout après ce qu'elle lui avait offert. Elle avait pensé que ça plairait à Emma, mais peut-être avait-elle eu tort.
Emma, de son côté, avait lu les messages de Regina.
RMills : J'espère que tes petits cadeaux te plaisent... «3
Puis une heure après :
RMills : Ou peut-être pas...
Puis Emma avait éteint son ordinateur. En une seule minute, sa journée avait basculée du bonheur à l'horreur. Elles avaient parlé chacune de leur famille respective, mais Regina n'avait jamais mentionné son fils. Pas une seule fois. Comment avait-elle pu être aussi idiote et croire qu'elle avait ses chances avec Regina. Elle avait construit une famille avec Robin, elle n'allait pas tout plaquer du jour au lendemain pour une pauvre fille dans son genre. Pourtant elle ne pouvait s'empêcher de frissonner en repensant à la langue de Regina effleurant son cou, à cette danse, au fabuleux week-end qu'elles venaient de passer. Rien ne semblait plus avoir de sens. Elle resta un long moment par terre, allongée sur le tapis de sa chambre, rattrapant au gré de leur fuite les larmes qui coulaient sur ses joues rougies.
...
Le lendemain, Emma fit de son mieux pour éviter Regina, elle ne mangea pas à la cantine. Au moment d'aller en cours de théâtre, elle ne suivit pas Ruby.
- Qu'est-ce que t'as depuis ce matin ? lui demanda-t-elle.
- Rien, répondit-elle en baissant les yeux sur ses chaussures.
- Emma, t'es gentille, mais on me l'a fait pas à moi. Pourquoi tu ne viens pas en théâtre, je te signale que c'est à cause de toi si j'y vais. Et t'es l'un des rôles principaux je te rappelle !
- J'ai pas envie, c'est tout.
- C'est à cause de Mme Mills ? demanda vivement Ruby.
Emma tourna la tête vers elle et ne répondit pas.
- Alors c'est ça hein ? continua son amie. Je le savais, de toutes façons. Je t'en ai pas parlé parce que je pensais que tu voulais garder ça pour toi, mais je t'assure que si jamais elle t'a fait du mal...
- De quoi est-ce que tu me parles bon sang ? s'exclama Emma, prise d'une colère soudaine.
- Emma... qu'est-ce qui se passe entre Mme Mills et toi ?
- Je commence à en avoir marre qu'on me pose cette question ! répliqua-t-elle sèchement.
- Emma j'essaie juste de t'aider là...
- J'ai pas besoin d'aide. J'ai pas envie d'aller en théâtre, c'est tout, alors laisse tomber.
- Et je lui dis quoi à Mme Mills ? Que t'es partie en vacances le temps de son cours ?
- Tu ne lui dis rien du tout. Elle a pas besoin de savoir quoi que ce soit d'autre sur ma vie.
Ruby regarda Emma en fronçant les sourcils, l'air pas vraiment satisfait.
- Ok d'accord, et ben débrouilles-toi.
- Très bien !
- Parfait !
Et Emma quitta le hall du lycée sans plus de ménagement.
...
Lorsque Regina vit entrer Ruby dans sa salle, sans Emma, elle eut l'impression d'avoir avalé un morceau de plomb. Où était-elle passée ? Elle lança un regard interrogateur à son élève, mais celle-ci semblait définitivement en colère, à en juger par sa manière de lever les sourcils lorsqu'elle la regarda.
Durant tout le cours, elle était ailleurs. Ils en étaient encore à l'écriture de la pièce, et commençaient à improviser quelques scènes, pour trouver de l'inspiration. Mais elle ne cessait de penser à Emma. Lorsque la cloche sonna, elle retint Ruby.
- Tu sais pourquoi Emma n'est pas venue ? Il me semble l'avoir aperçue ce matin...
- J'en sais rien, j'suis pas sa putain de mère, répliqua l'élève en reprenant son chemin.
- Ruby, tu me reparles encore une fois sur ce ton et je t'assure que tu auras une heure de colle !
- Ecoutez, dit Ruby en la défiant du regard et en baissant la voix, elle a pas voulu venir d'accord ? Pourquoi, je sais pas. Mais elle a l'air d'être en colère contre vous. Alors je sais pas ce que vous lui avez fait, ni même ce qu'il y a entre vous, mais Emma ne veut visiblement pas que je m'en mêle. Alors réglez ça avec elle. J'suis pas conseillère conjugale.
- Ruby !
- Quoi ? Osez me dire que vous avez une relation tout à fait normale avec elle !
- On est... amies.
- Ouais, si vous le dites...
Ruby sorti de la salle et referma la porte derrière elle, laissant Regina seule, avec ses angoisses et ses questions.
Qu'est-ce que j'ai encore fait ?
Soudain, la petite voix fluette d'Henry lui revint en tête « Elle était jolie. » Se pourrait-il que ce soit Emma qui soit venue lui rendre visite à l'improviste ?
Il fallait absolument qu'elle ait une discussion avec elle.
Regina laissa une journée s'écouler avant de discuter. Elle voulait laisser le temps à Emma de revenir vers elle, elle espérait recevoir un message, mais rien n'y fit. Silence Radio du côté Swan. Et cela l'attristait. Elle ne comprenait pas. Avait-elle vu Henry ? Était-ce à cause de cela ?
...
A 21h le mercredi soir, il faisait nuit noire, et le vent était glacial. Emma n'avait pas reparlé à Regina. Elle ne pouvait penser à elle s'en avoir l'estomac retourné, elle avait tournait la tête à chaque fois qu'elle l'avait croisé dans les couloirs. Cela ne faisait que deux jours et elle s'ennuyait déjà. Elle s'en voulait un peu, elle aurait pu choisir de lui renvoyer un message, de faire abstraction du petit garçon qu'elle avait vu, mais c'était trop. Elle s'était même disputée avec Ruby, même si elle ne lui en avait pas trop tenu rigueur durant la matinée de cours qu'elles avaient eu ensemble. Elle était en train de regarder un film d'horreur dans sa chambre, lorsqu'elle entendit un drôle de grattement à sa fenêtre. Elle coupa le son de la télé. Des coups se firent entendre de nouveau à sa fenêtre, un peu plus bruyamment cette fois-ci. Son pouls s'accéléra. Elle jeta un coup d'œil prudent à sa fenêtre. Une silhouette se trouvait en bas, une silhouette penchée en avant pour attraper le gravier sur le sol.
Emma ouvrit alors sa fenêtre, et la silhouette se releva, et la regarda. Regina.
Sans même réfléchir, elle ferma la fenêtre violemment et se baissa pour être hors de vue. De nouveaux coups frappèrent le carreau. Si elle continue comme ça, elle va péter le carreau. Elle se releva alors, et fit signe à Regina qu'elle allait descendre, ce qu'elle fit à pas de loups pour ne pas qu'on lui pose de question. Elle sorti dehors et rejoignit Regina.
Elles se regardèrent sans rien dire, jusqu'à ce que la brune prenne la parole.
- Emma, je...
- Qu'est-ce que vous faites là ? dit Emma sur la défensive.
Regina arqua un sourcil.
- Le vouvoiement, vraiment ?
Emma la regarda sans dire un mot, mais en claquant des dents. Le froid la pénétrait par tous les pores de sa peau, et elle frissonnait.
- On pourrait au moins discuter ? Ma voiture est garée juste à côté... Emma continuait de la regarder sans rien dire. S'il te plait ?
Elle la jaugea du regard encore une minute, puis finit par répondre en hochant la tête.
Emma entra dans la voiture, encore tiède, et Regina monta le volume du chauffage.
- Tu peux me dire pourquoi tu ne réponds pas à mes messages depuis lundi ?
- Je pensais que tu serais occupée, répondit froidement Emma, les yeux droits devant elle.
- Et pourquoi est-ce que tu...
- Tu as un fils ! s'exclama-t-elle soudain. Un fils, Regina ! Et tu ne me l'a jamais dit ! Pas une fois tu l'as évoqué !
- Alors c'est pour ça...c'est vraiment à cause d'Henry ?
- Pourquoi tu ne m'en a jamais parlé ?
- Tu ne m'as jamais posé la question...
- T'es impossible ! s'énerva Emma. Comment j'aurai-pu le deviner ? Bordel, tu as un fils Regina...
- Emma, écoutes-moi très attentivement. Je ne t'en ai pas parlé parce que toute l'histoire derrière Henry est très longue à expliquer...
- Ah ouais ? Vraiment ? Tu sais, même un « Salut, je te présente mon fils », ça m'aurait suffi !
- Emma, laisse-moi t'expliquer. Henry n'est pas réellement mon fils.
- Attends... Quoi ? demanda la blonde sans comprendre, en se tournant vers Regina. Pourtant il était chez toi. Et il t'a appelé Maman...
- C'est le fils de Marianne. Pas le mien. Pas... biologiquement.
- Et tu crois que ça change quelque chose pour moi ? Tu crois que ça m'importe tant que ça, les liens du sang ? Je pensais que tu me connaissais mieux que ça...
Emma se recala contre le siège. Sa déception grandissait, comme un trou noir dans son ventre, qui aspirait tout sur son passage.
- Peux-tu arrêter de me couper toutes les trois seconde et me laisser t'expliquer ?
Emma roula des yeux en soufflant, mais ne dit rien.
- Bon... Elle tenta de capter un regard d'Emma mais celle-ci était trop en colère pour la regarder. Quand Marianne a quitté Robin, elle venait tout juste d'apprendre qu'elle était enceinte. De Robin, évidemment. Entre temps, je me suis mise en couple avec lui. Puis Marianne a accouché. Robin est allé la voir pendant qu'elle était à la maternité. Et une fois sa convalescence terminée, elle a laissé son fils chez Robin et elle est partie. Elle ne lui avait même pas donné de prénom. Alors j'ai dit à Robin d'emménager avec moi. Et on a décidé de l'appeler Henry. Ce prénom me plaisait, car mon père s'appelait ainsi, et je l'aimais profondément. Et à l'instant où j'ai vu Henry pour la première fois, ce petit être, si mignon, si faible, si impuissant face à ce qui lui arrivait, je me suis jurée qu'il ne manquerait de rien, ni d'un foyer, ni d'amour. Surtout pas d'amour. Et puis, l'été dernier, Marianne est revenue. Elle a demandé à voir Henry. Au départ j'ai refusé, et puis, Robin a insisté. On a tout expliqué à Henry. C'est un petit garçon très intelligent, il a très vite compris.
Et le silence revint dans la voiture. Emma retenait ses larmes. L'histoire était touchante, mais ce n'était pas cela. Pour la première fois, depuis qu'elle discutait avec Regina, depuis ce regard à la cantine, elle réalisa à quel point ce qu'elle faisait avec elle était mal. A quel point ce qu'elle ressentait était mal.
- Tu as une famille, dit-elle d'une voix faible et légèrement tremblante. Tu as vraiment une famille, avec Robin.
- Et en quoi ça change quelque chose ? demanda doucement Regina.
- Mais ça change tout... Ça change tout, parce qu'on passe du temps ensemble, alors que nous savons l'une comme l'autre qu'on ne devrait pas. Parce que t'as passé la nuit chez moi, parce que j'ai passé la nuit chez toi, parce que tu m'as pris dans tes bras, parce que tu me dis toutes ces choses, parce que tu me fais toutes ces choses. Parce que je t'ai embrassé...
La gorge d'Emma se serra.
- Alors on en revient toujours à cela... A ce baiser...
- Mais évidemment ! Tu crois vraiment que...
Puis, sans qu'elle ne puisse rien faire, les mains de Regina lui agrippèrent le visage et ses lèvres vinrent s'écraser sur les siennes l'espace d'une seconde, puis aussi rapidement que l'action était survenue, elles se séparèrent.
Emma regardait Regina avec des yeux ronds. Mais pourquoi est-ce qu'elle a fait ça ?
- Ce n'est rien tu vois, dit finalement Regina en lâchant son visage. Je ne vais pas en mourir, de ce baiser, la Terre ne s'est pas arrêtée de tourner, rien ne nous ai tombé dessus !
- Tu comprends vraiment rien... lança Emma, tandis qu'une larme perla sur sa joue.
- Alors explique-moi ! Pourquoi te sens-tu si mal à cause de cela ?
Emma hésita.
Mais après tout, elle n'avait rien à perdre, alors, elle se lança.
- Je me sens mal parce que je suis toujours en train de me demander ce qu'on fait... Si c'est bien, si c'est mal... Et maintenant je me sens encore plus mal parce que je viens d'apprendre que tu as une famille ! Et moi je suis là, comme une grande idiote, et j'ai l'impression de détruire ça ! Plus j'entre dans ta vie et plus j'ai l'impression que M. Hood en sort ! Et vis-à-vis de ton fils, c'est mal ! Tu veux savoir pourquoi je me sens mal ? Ce n'était pas qu'un simple baiser pour moi, c'était plus que ça, tellement plus que ça... Mais toi, toi tu vois tout comme un jeu ! Un jeu pour faire fuir un mec, une répétition pour la pièce... Mais c'était pas une répétition, c'est la vraie vie ! J'ai ressenti des choses, je... je ressens encore des choses...
La voix d'Emma s'éteignit, et un flot de larmes roulait sur ses joues. Elle enclencha la portière et se prépara à sortir, mais la main de Regina la retint par le poignet, et cette dernière elle sentit quelque chose de froid et métallique sous ses doigts.
- Emma, attends. La dénommée se retourna vivement vers elle. Je m'excuse pour le baiser que je viens te donner. C'était complétement inapproprié. Et idiot. Parce que ça a eu l'effet inverse de ce que je voulais te faire comprendre.
Elle releva la manche d'Emma, et fut ravie de voir qu'elle ne s'était pas trompée, c'était bien le bracelet qu'elle lui avait offert. Malgré toute la rancœur qu'elle avait en elle, Emma l'avait porté. La blonde avait l'air intrigué. Regina caressa alors son avant-bras du bout du doigt, et atteint la petite chaîne en argent. Puis elle porta l'intérieur du poignet d'Emma à ses lèvres, et l'embrassa. Ses lèvres s'étirèrent en un sourire lorsqu'elle reconnut son parfum si fruité. Elle en avait vaporisé dessus. Elle huma le parfum quelques instant, et reconnut qu'il sentait différemment sur la peau d'Emma. C'était léger, mais remarquable. Il sentait encore meilleur. Elle détacha ses lèvres du poignet d'Emma, puis reprit :
- Je ressens des choses aussi Emma. Elle mêla ses doigts aux siens, et s'y cramponna avec force, comme si soudain, elle avait besoin de soutien. Tu n'es pas seule. Et elle porta la main d'Emma jusqu'à l'emplacement de son cœur, qui battait très fort en cet instant. Tu vois ?
Les yeux émeraude vinrent chercher ceux chocolat de Regina. Emma ne pleurait plus, mais ses joues étaient encore humides. Elle percevait sous ses doigts chaque battement du cœur de Regina, c'était une drôle de sensation, mais tellement plaisante...
- Je n'ai jamais été aussi proche de quelqu'un que... chuchota la blonde.
Regina lui sourit faiblement, puis passa un doigt sur ses lèvres.
- Shhht. Ferme les yeux. Emma obéit. Fais abstraction de tout, et concentre-toi juste sur moi, sur mon cœur que tu sens contre ta main.
Regina retenait la main d'Emma contre sa poitrine, comme prisonnière de cette mélodie palpitante.
Elles restèrent de longues minutes ainsi, dans le silence, seulement coupé des respirations de chacune. Regina pouvait regarder Emma tout à loisir. Sa peau habituellement blanche était parsemées de taches rouges, d'avoir trop pleuré. Ses joues brillaient à la lueur des réverbères. Sa main qu'elle sentait contre sa peau était douce, mais fraiche. Puis Regina rompit le silence.
- Emma ? La blonde rouvrit les yeux et la regarda. Tu es magnifique. Et si je te le dis... c'est parce que... je ne sais pas si on te l'a déjà dit un jour de cette façon...
Emma ne savait pas quoi dire. Alors elle répondit la seule chose de vraie qui lui venait à l'esprit.
- Toi aussi, t'es magnifique. Mais je pense que tu le sais pas vrai ?
Regina lui sourit et Emma le lui rendit. Puis la brune rendit à sa main sa liberté, mais elle se rapprocha d'elle, et, dans l'inconfort de la voiture, elle parvint à la prendre dans ses bras. Elle lui caressa lentement le dos et Emma fit de même. La blonde aurait voulu rester comme ça pour l'éternité.
- Regina ? murmura-t-elle dans son oreille.
- Oui ?
- Qu'est-ce qu'on est au juste ?
- A vu de nez, je dirais... de parfaites cinglées.
Emma se retira doucement des bras de Regina et planta ses yeux dans les siens le plus sérieusement du monde.
- Je plaisante pas...
- Moi non plus. Ecoutes, le jour où je trouverai les mots pour qualifier notre relation, je te jure que tu seras la première au courant, d'accord ?
Et Regina lui embrassa le front délicatement.
- Je vais devoir y aller maintenant... Je vais pas pouvoir rester dans ta voiture éternellement...
- Je peux éventuellement te séquestrer dans mon coffre si tu le souhaites !
Emma laissa échapper un rire.
- On va éviter...
Regina porta les mains à son cou, et déroula son écharpe, qu'elle tendit à Emma.
- Il fait froid dehors, lui dit-elle.
- J'ai même pas 10 mètres à faire...
- Peu importe, tu me la rendras plus tard, je ne veux pas que tu attrapes froid par ma faute.
Et elle lui enroula légèrement de force son écharpe autour du cou.
Emma la respira, elle sentait divinement bon.
- Je suis contente qu'on ait parlé, continua Regina. Bonne soirée Emma.
- Bonne soirée Regina.
Emma s'approcha d'elle et lui fit un baiser sur la joue. Elle ouvrit la portière et sortit de la voiture. Avant qu'elle ne claque la portière, Regina la retint.
- Emma ? Elle se retourna vers elle une dernière fois. Regina la scruta un instant. Je ferai de mon mieux pour être celle que tu voudras que je sois.
Emma fronça les sourcils, et ne sachant que lui répondre, lui sourit une dernière fois, puis partit dans direction opposée pour rentrer chez elle.
Et voilà, on arrive à la fin du chapitre ! N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé, j'espère y laisser moins de tristesse que la semaine dernière ^^
Comme d'habitude, l'auteur du titre de la chanson précédente (aka Undisclosed Desires) était MUSE ! Bravo donc à Kotani, Scapin, Griffon10, raspberry63, Scleems et Angevies d'avoir trouvé ! Faudra que je planche sur un genre de récompense pour ceux qui trouvent.. Je vous retiens au courant ;)
A très vite pour la suite ! ( en fin de semaine si tout va bien).
Gros becs !
ADR
