- Amis de toujours et étrangers venus de loin, commença le seigneur Elrond. Nous sommes réunis ici pour répondre à la menace du Mordor. La Terre du Milieu est à l'aube de la destruction, nul ne peut y échapper. Vous combattrez, ou perdrez. Nous sommes tous uni par ce même destin.

Strider dévisagea tous ceux qui participaient au conseil. Principalement de vieilles connaissances. Frodo et Bilbo Baggins. Gandalf le Gris, évidemment. Legolas Greenleaf, fils de Thranduil, prince elfique blond aux yeux bleus de la Forêt Noire, Gimli, fils de Gloïn, un jeune nain roux, ainsi que son père. Et Boromir du Gondor.
Elrond se tourna vers les Hobbits.

- Montrez-leur l'Anneau, Frodo, dit-il.

Le Semi-Homme se leva lentement, et déposa l'Anneau sur le piédestal au centre du cercle. L'effort qu'il faisait pour s'en séparer était visible.

- Alors, c'est vrai, dit soudain Boromir.

Il prit une grande inspiration.

- Dans un rêve que nous fîmes, mon frère et moi, tout n'était qu'Ombre. Mais à l'Ouest, une pâle lueur persistait. Et une voix criait : Votre Fin est proche. Le Fléau d'Isildur a été retrouvé.

Il s'approcha lentement de l'Anneau.

- Le Fléau d'Isildur, murmura-t-il, tendant la main vers l'Unique.

"Boromir!" tonna Elrond.

Strider se raidit.
Gandalf se leva, et lança une phrase en langage noir. La lumière s'assombrit soudain. Le gondorien recula, et tous les autres se crispèrent sur leurs sièges.

- Jamais de tels mots n'ont été prononcés dans cette langue, ici, à Imladris! cracha Elrond.

- Je n'implore pas votre pardon, seigneur Elrond, car le Parler Noir du Mordor peut déjà être entendu dans toutes les régions de l'Est! L'Anneau est maléfique!, dit calmement l'Istar.

- Cet Anneau est un don, déclara Boromir, se relevant. Un Don fait aux ennemis du Mordor. Pourquoi ne pas s'en servir? Depuis longtemps déjà, mon père, l'Intendant du Gondor, tient à distance les forces du Mordor. C'est grâce au sang de notre peuple, si vos terres sont encore en sécurité! Donnez au Gondor l'Arme de notre Ennemi, et laissez-nous l'utiliser contre lui!

Strider reconnut la marque de Denethor dans ces mots. Arrogance, fierté et cupidité. Elle se leva face à lui.

- On ne peut contrôler l'Unique. Personne ne le peut. L'Anneau Unique n'appartient qu'à Sauron! Il n'a pas d'autre Maître!

Boromir la toisa avec dédain et elle regretta tout de suite cette intervention. Elle lisait dans ses yeux aussi clairement que s'il avait parlé à haute voix.

- Que fait une bonne femme à ce conseil?

Strider se félicita de ne pas porter de robe. L'effet aurait été désastreux.

- Et comment une...ranger du Nord peut-elle juger de ces choses? poursuit-il sur un ton narquois.

- Ce n'est pas une simple ranger. C'est Araniel fille d'Arathorn! Et vous lui devez serment d'allégeance!

L'intervention a surpris tous le monde. Legolas a encore mis les pieds dans le plat.
Crétin d'Elfe Sylvestre.
En une phrase, Strider est redevenue Araniel.

-Araniel... marmonna Boromir. L'héritière d'Isildur?

- Et l'Héritière du Trône de Gondor! Continua Legolas.

- Havo dad Legolas, dit Araniel, mal à l'aise, fusillant l'elfe du regard.

Elle se mordit les lèvres. En un instant, le regard de Boromir était passé du dédain poli au mépris ouvert. Elle savait ce qu'il voyait.
Une femme frêle vêtue d'habits masculins gris et sobres, aux épaules trop larges et aux hanches étroites, aux jambes interminables, aux cheveux noirs négligement tressés, au teint anormalement hâlé, et aux yeux bleu gris éteints. Elle n'avait rien d'une héritière d'Isildur, encore moins d'une reine potentielle, et elle le savait. Mais Araniel ne voulait pas se laisser humilier et perdre la face devant cet homme. À présent il ne la considérait plus comme une simple femme qui n'était pas à sa juste place, mais comme une rivale, et cela se voyait dans son attitude. Alors elle se tint droite, leva le menton et le regarda dans les yeux. Jusqu'à ce qu'il détourne le regard.

- Le Gondor n'a pas de reine. Il n'en a pas besoin.

Il se rassit en la défiant des yeux.

- Araniel a raison, dit Gandalf. Nous ne pouvons l'utiliser.

- Vous n'avez autre choix que de le détruire, renchérit Elrond.

- Qu'attendons-nous pour le faire? clama soudain Gimli. Le nain aux cheveux roux foncés se leva brusquement, et brandit sa hache, avant de l'abattre sur l'Anneau de toute ses forces. Mais l'arme explosa sous le choc, projetant le nain au sol.
Le malaise de Frodon n'échappe pas à Araniel.

- L'Anneau ne peut être détruit, Gimli, fils de Gloïn, par aucuns des moyens que nous ayons être notre possession, dit calmement Elrond. Il a été conçu dans les flammes de Mount Doom, et il n'y a que là-bas qu'il puisse être détruit. Il faut donc l'y emmener. L'un de vous, doit le faire, conclut-il.

Silence de mort.

- On ne rentre pas en Mordor aussi facilement, soupira Boromir. Car il y a là quelque chose de pire que les Orcs. Un mal qui ne dort jamais. Le grand Grand Oeil ne s'endort jamais. C'est une terre dévastée et l'air que l'on y respire n'est que vapeurs empoisonnées. Même dix milles hommes n'en viendraient pas à bout. C'est pure folie.

- N'avez-vous pas entendu ce que le seigneur Elrond a dit? cracha Legolas. L'Anneau doit être détruit.

Ces deux là ne se supportaient pas et c'était visible.

- Et je suppose que vous croyez que c'est à vous de le faire? Demanda sournoisement Gimli.

- Si nous échouons, que ce passera-t-il? explosa Boromir. Que se passera-t-il lorsque Sauron aura récupéré l'Anneau!?

- Je préfère mourir que de le voir entre les mains d'un elfe!, tonna Gimli, menaçant, brandissant ce qui restait de sa hache.

Et soudain, sous les yeux médusé d'Araniel, consternée, la situation dégénèra. Tout le monde se leva, même Gandalf et Elrond, pour s'invectiver. On en vint presque aux mains.
Soudain, une petite voix s'éleva dans le vacarme.

- Je vais le faire!

Mais personne ne l'entendit.

- JE VAIS LE FAIRE! Répéta Frodo plus fort.

Tous se turent subitement et se tournèrent vers lui.

- Je vais porter l'Anneau en Mordor, dit le Hobbit. Bien que je n'en connaisse pas le moyen, ajoute-t-il après un silence.

- Je vais vous aidez à porter ce fardeau, Frodo Baggins, soupira Gandalf. Aussi longtemps que vous aurez à le porter.

Alors Araniel se leva.

- Si par ma vie ou par ma mort, je peux vous protéger, je le ferais, dit-elle, avant de ce mettre à genoux devant le Hobbit. Mon épée est vôtre.

- Et mon arc est vôtre! dit Legolas, s'avançant à son tour.

- Et ma hache! Dit Gimli le nain.

Boromir soupira.

- Vous avez le destin du monde entre vos mains, petit homme. Et si telle est la volonté de ce Conseil, le Gondor se joindra à vous.

Une sorte de tornade jaillit soudain des buissons.

- Hé! Cria Sam Gamgee. Monsieur Frodo n'ira nul part sans moi!

- Non, en effet, dit Elrond en riant. Il n'est guère possible de vous séparer, et cela, même s'il est convoqué à un Conseil secret et vous non!

Deux autres voix s'élevèrent alors.

-NOUS VENONS AUSSI! s'exclame Merry Brandybuck, arrivant en courant, Pippin Took sur les talons.

- Il faudrait nous renvoyer chez nous attachés dans un sac pour nous en empêcher!

- Quoi qu'il en soit, vous avez besoin de gens intelligents, pour cette mission... Quête... Chose? ajouta Pippin sur un ton pompeux, en bombant son maigre torse.

Araniel entendit distinctement Boromir ricaner.

- Bon alors ça te met hors course, Pippin, marmonna Merry de façon à ce que tout le monde entende.

- Neuf compagnons..., dit Elrond. Qu'il en soit ainsi! Vous formerez la Communauté de l'Anneau!

- Chouette! s'exclame Pippin. Où est-ce qu'on va?

- Par Eru, songea Araniel, un Elfe qui n'a pas plus de jugeote qu'un Orc attardé, un Nain belliqueux, quatre Hobbits dont un cuisinier et un imbécile heureux, une femme, un vieillard et un patriote misogyne. Ça ne va pas être triste, cette quête...

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