- Edoras, et la Maison d'Or de Meduseld, annonça Gandalf, l'air satisfait.
Ils se trouvaient sur une colline en contrebas et la ville les surplombait de toute sa majesté.
Araniel observa les maisons au toit de chaume.

Ça n'a pas tellement changé en cinquante ans...

- Ici règne Theoden, Roi du Rohan, dont l'esprit est brouillé. L'emprise de Saruman sur le roi Theoden est maintenant très forte.

Tu m'étonnes.

Gandalf talonna son cheval, suivit par Legolas. Gimli, qui se trouvait derrière lui, faillit tomber de selle quand l'animal bondit en avant.
Araniel vit quelque chose s'envoler du fort, emporté par le vent. Elle lança son cheval au galop pour voir ce que c'était.
Un drapeau du Rohan. Le cheval blanc sur fond vert. À terre comme un vulgaire torchon. Araniel sentit une sourde colère enfler en elle et hésita avant de franchir les portes de la palissade.

Qu'est-ce que ça doit être à l'intérieur...

Elle sentit le regard grave des habitants silencieux peser sur elle pendant qu'ils les regardaient traverser la ville en silence.
Il règnait une atmosphère funèbre qui la rendaient mal à l'aise. Elle se souvenait d'une ambiance autrement plus joyeuse.
Araniel leva les yeux vers l'endroit d'où elle avait vu s'élever le drapeau. Elle crut discerner une mince silhouette et des cheveux d'or flotter au vent.
- C'est plus gai dans un cimetière, commenta nonchalamment Gimli, la distrayant momentanément.
Lorsqu'elle releva la tête, la silhouette avait disparu.

Ils mirent pied à terre devant Edoras. Pendant qu'Araniel attachait Arod à une barrière, trois gardes sortirent sous le porche. Gandalf s'avança vers eux.
Araniel se crispa. Ils ne semblaient pas hostiles, mais pas franchement amicaux non plus.
- Je ne puis vous autoriser à voir Theoden Roi ainsi armé, Gandalf Maisongrise, par ordre de Grima Wormtongue, annonça l'un d'entre eux, un grand Homme roux et barbu, probablement le plus gradé des trois.

Grima Wormtongue? Ce type doit être vraiment exécrable pour mériter un surnom pareil.

Gandalf hocha la tête et tendit son épé au garde. Gimli renacla un moment avant de remettre sa hache et Legolas suivit avec son arc et ses dagues. Lorsqu'il arriva à Araniel, le garde leva un sourcil.

Je vois. Encore un esprit obtus.

Si les Rohirrims, apprenaient à leur femmes à manier l'épée par sûreté, il était inconcevable qu'elles partent à l'aventure en portant des vêtements masculins. Araniel lui tendit son épée et sa dague en lui souriant d'un air narquois. Il tiqua, mais ne fit pas de commentaires.
- Votre bâton, dit un garde, barrant le passage à Gandalf.
Araniel se crispa, attendant la réaction du vieil Istar. Séparer un magicien de son bâton était une mauvaise idée. Excessivement mauvaise. Et cet Homme aurait dû le savoir.
Gandalf jeta un coup d'oeil rapide à la branche de bois blanc sculptée.
-Oh, non. Vous ne voudriez pas priver un vieillard de son appui?
L'Homme grimaça, mais acquiesça à l'attention des gardes qui ouvrirent les portes.

Il sait parfaitement ce qu'il fait en laissant son bâton à Gandalf. Ce type espère qu'il va faire quelque chose, mais quoi?

Gandalf jeta un regard appuyé à Legolas qui lui prit le bras, le soutenant comme un vieillard fatigué.
Araniel dut se retenir de pouffer.

Le vieux joue parfaitement la comédie.

Le grand hall de Meduseld grouillait de monde. Qui les regardait passer d'un air méfiant, voire franchement menaçant.
Theoden se trouvait assis sur son trône au fond de la salle.

Oh, par Erù. C'est impossible. Il est plus jeune que moi.

Le...vieillard (mais pouvait-on encore qualifier de vieillard cette chose sans âge qui aurait mérité un qualificatif encore plus fort?) n'avait même plus figure humaine. La cataracte voilait ses yeux, lui donnant un regard trouble de poisson mort, il tremblait et ce qui lui restait de cheveux sur la tête ressemblait à du foin grisâtre. Araniel n'avait jamais vu de telles marques de l'âge chez un être humain. Ce n'était absolument pas normal.

Saruman.

Le regard d'Araniel glissa vers l'Homme assis à la droite du roi. Un Homme étrange, aux longs cheveux noirs et gras encadrant au visage de crapeau d'une pâleur malsaine, et aux petits yeux fourbes. Araniel réprima un mouvement de dégoût. Cet homme était de loin encore plus répugnant que Theoden, si c'était possible. De plus, elle lisait une telle duplicité dans son regard qu'elle sentit une sorte de rage meurtrière lui monter au cerveau. Elle était sûre de savoir de qui il s'agissait.

Grima Wormtongue.

- Monseigneur, murmura-t-il à l'oreille de Theoden, Gandalf le Gris s'avance.
Araniel sentit un frisson lui parcourir l'échine. Même la voix lui répugnait. Il y avait quelque chose d'obscène chez ce Grima.
Les portes d'Edoras claquèrent derrière eux avec un bruit sourd, leur coupant la retraite.
- C'est un messager de malheur, continua Grima.

C'est lui qui commande ici. Theoden n'a plus aucun pouvoir.

- L'hospitalité de votre maison a quelque peu diminué ces temps-ci, Theoden Roi, déclara Gandalf en s'avançant.
- Il n'est pas le bienvenu, siffla Wormtongue.

Par pitié, que quelqu'un le fasse taire.

- Pourquoi devrais-je vous souhaiter la bienvenue, Gandalf Corbeau de Tempête? articula soudain Theoden avec difficulté.
- Une question pertinente, Monseigneur, glissa Wormtongue en se levant. Sombre est l'heure à laquelle ce sorcier choisit de réapparaitre. Je le nomme mauvaises nouvelles, cracha-t-il à la face de Gandalf, et mauvaises nouvelles font mauvais hôte.

Un signe de Gandalf et je l'étripe à main nue.

- Silence, serpent! siffla l'Istar en l'écartant de son bâton. Garde ta langue fourchue derrière tes dents. Je n'ai pas passé à travers le feu et la mort pour entendre des mots vains de la bouche d'un ver stupide!

Bien envoyé, Gandalf.

- Son bâton, geignit le ver en question. Je vous avais dit de lui prendre son bâton.

Tu sais où tu vas te le prendre, son bâton?

Grima fit volte face. Des soldats sortirent soudain de derrière les colonnes et leur bondirent dessus. Araniel envoya un direct dans la machoîre du premier qui s'approcha un peu trop près. Du coin de l'oeil, elle vit le soldat qui les avait accueillis en empêcher un autre d'intervenir.

Je te revaudrais ça, mon vieux.

Gandalf s'avança vers le roi, assommant un soldat au passage d'un coup de bâton bien placé et envoyant Grima rouler au sol.

Juste retour de bâton. Dans tous les sens du terme.

- Theoden fils de Thengel, tonna-t-il. Trop longtemps vous vous êtes tenu dans les ténèbres!
Gimli posa son pied sur le torse de Grima et pesa de tout son poids pour l'empêcher de se relever.
- Je resterai tranquille si j'étais vous, grinça le Nain.
- Écoutez-moi, ordonna Gandalf en tendant la main vers le Roi.
Theoden grimaça et se ramassa dans on siège.
Gandalf ferma les yeux.
- Je vous libère de de sort.

Et c'est tout?

Il ne se passa rien pendant un moment. Pas de changement notable. Et puis Theoden éclata de rire. Un rire froid. Cruel.
- Vous n'avez aucun pouvoir ici, Gandalf le Gris.
La voix avait changé. Ce n'était plus celle du vieillard. C'était une voix empreinte d'une malveillance sans nom.
Soudain, Gandalf rejeta son manteau gris en arrière, révèlant ses vêtements blancs. Theoden (ou Saruman, peut-être même le deux), se mit à hurler.
- Je vais vous extirper, Saruman, comme on draine le poison d'une plaie, dit froidement Gandalf.
Le roi se rejeta en arrière dans son trône. Gandalf se rapprocha et lui envoya presque son bâton dans la figure.

Il y eut un bruit de pas précipités et Araniel vit passer devant elle une jeune fille blonde courant vers Theoden dans un grand froissement de robe. Instinctivement, elle l'intercepta par le bras et la tira en arrière. La jeune femme se débattit en la défiant du regard, et Araniel reconnu la silhouette qu'elle avait entraperçu plus tôt.
- Attendez, dit-elle.
- Si je sors, Theoden meurt, cracha Saruman avec la voix du roi.
- Vous n'avez pas réussit à me tuer, vous ne le tuerez pas non plus, rétorqua Gandalf.
- Le Rohan est à moi, cria Saruman.
- Partez, dit calmement l'Istar, implacable.
Theoden se mit à hurler et tenta de sauter sur Gandalf, qui lui administra un revers magistral de son bâton. Le roi glissa sur son trône, penchant dangereusement vers l'avant.
La jeune femme blonde se dégagea de la poigne d'Araniel et le rattrapa avant qu'il ne s'écrase par terre.
La ranger retint un soupir de soulagement. Le visage du roi commença à changer. Les rides disparurent, les cheveux passèrent du gris au blond doré et le regard redevint clair. Il était de nouveau jeune. Enfin, jeune...plutôt dans la cinquantaine.

Et pourtant, de nous deux, je suis la plus âgée.

La jeune fille sourit, les larmes aux yeux.
Theoden lui caressa la joue, l'air un peu perdu.
- Je connais ton visage. Eowyn...

Eowyn, donc. Joli prénom. Sa fille, peut-être?

- Gandalf?
L'interessé opina.
- Respirez à nouveau l'air frais, mon ami.
Le roi se leva, soutenu par Eowyn.
- Sombres ont été mes rêves ces derniers temps.
Il regarda pensivement ses mains.
- Vos doigts se rappeleraient mieux de leur ancienne force s'ils se refermaient sur la poignée de votre épée, glissa Gandalf.
Le garde qui les avait accueilli à Edoras présenta une lame dans un fourreau de cuir au roi. Il s'en saisit et la dégaina lentement. C'était une arme magnifique à double tranchant, dont la garde d'or représentait deux chevaux cabrés.
Du coin de l'oeil, Araniel vit Grima ramper discrètement sur le sol. Gimli le retint par le manteau. Le regard de Theoden s'assombrit et fit un aller et retour équivoque entre l'épée et l'Homme à terre.

Le serpent va prendre cher, on dirait.

Grima fut jeté dehors à coup de pieds et descendit l'escalier d'Edoras en roulant, suivi par un roi très remonté.
- Je n'ai fait que vous servir, Monseigneur, gémit-il.

Quel culot.

- Vos soins m'auraient bientôt réduits à marcher à quatre pattes comme un animal, tonna Theoden.
- Laissez-moi rester à vos côtés, supplia le serpent.
Araniel sentit un immense dégoût l'envahir en même temps qu'une pitié inattendue.
Theoden leva son épée au dessus de sa tête et Araniel fut presque tentée de le laisser faire. Mais elle se précipita en avant et retint son bras.
- Non, Monseigneur. Laissez-le partir. Trop de sang a déjà été versé par sa faute.

Il n'en vaut pas la peine.

Le roi la regarda d'un air courroucé, puis se radoucit et acquiesça.
Araniel tendit une main à Grima pour l'aider à se relever, mais il cracha dans sa paume, se releva et s'enfuit aussi vite qu'il put, bousculant au passage les Rohirrims massés en bas de l'escalier.
- Écartez vous de mon chemin, vociféra-t-il.
Araniel contempla le crachat dans sa main avant de l'essuyer par terre.

Je ne suis plus à ça près.

- Hail Théoden Roi! cria-t-elle.
La foule s'agenouilla immédiatement devant son souverain.

Comme quoi, moi aussi je peux le faire.

Tout en s'agenouillant elle aussi, Araniel vit Grima s'enfuir à cheval sous les quolibets des Rohirrims présents. Il n'était pas difficile de comprebdre où il se rendait.

Retourne chez ton maître, serpent. On ne va pas te courir après de toute façon.

Theoden observa l'assistance, semblant chercher quelque chose.
- Où est Theodred? Où est mon fils?

C'est celui qui nous a donné les chevaux, non?

Eowyn descendit les marches quatre à quatre.
- Monseigneur...
Elle pleurait.

Helloooooo! j'avance super vite dans cette fic, si ça se trouve j'aurais fini avant les vacances d'été^^
en plus j'ai fini azyungâl donc je peux me concentrer à fond dessus
Pour celles qui se demandent quand Boromir va revenir, pas avant 3 ou 4 chapitre (ça dépendra de comment je découpe l'histoire)
merci à mes lectrices(eurs?), revieweuses(eurs?), followeuses(eurs?) et à lolitanaturella et selena janni lilianne qui ont mis ma fic en fav
biz et à la prochaine