Salut^^
c'est assez court aujourd'hui because le bac (je dois vous dire ça à chaque fois...) et je reviens la semaine prochaine pour the epic battle!

Araniel entrouvrit les paupières et s'étira comme un chat. Elle se sentait bien. Une sensation de plénitude agréable.
Les évènements de la nuit lui revinrent en mémoire d'un coup.

Par les Valars.

Une aube grisâtre se levait sur Minas Tirith, et un souffle d'air frais agitait doucement les rideaux, la faisant frissonner malgré elle.
Boromir dormait encore, un bras possessif passé autour de sa taille. Elle se cala confortablement contre son torse et chassa une mèche blonde qui avait glissé en travers de sa figure.

Il est beau quand il dort.

Il resserra inconsciemment son étreinte dans son sommeil. Araniel se redressa sur un coude, curieuse de pouvoir l'observer tout à loisir. Il avait un tatouage à l'encre noire sur l'omoplate. Intriguée, elle suivit les arabesques du doigt.

L'Arbre Blanc du Gondor.

Le Gondor, toujours le Gondor. Boromir avait véritablement le royaume gravé jusque dans sa chair.
- 'Raniel, marmonna-t-il soudain dans son sommeil. Quelle heure est-il?
Elle embrassa sa tempe.
- Bien trop tôt. Rendors-toi, murmura-t-elle.
Il entrouvrit un oeil encore embrumé.
- C'est déjà le matin?
Araniel s'allongea sur le côté pour lui faire face.
- Déjà.
Boromir lui caressa doucement la joue du pouce.
- J'aurais aimé qu'il ne vienne jamais, soupira-t-il. Que nous puissions rester là.
- Et qu'aurions nous fait?
Une étincelle malicieuse apparut dans les yeux du gondorien.
- J'ai bien quelques idées, souffla-t-il.

Araniel se retrouva soudain bloquée sous lui, les poignets maintenus au dessus de sa tête.
- Je saisis l'idée, murmura-t-elle.
D'une brusque torsion de hanches, elle inversa les positions et se retrouva à cheval sur celles de Boromir. Il glissa une main dans le creux de son dos, l'obligeant à s'allonger lentement sur son torse. Leurs lèvres s'effleurèrent, et Araniel ferma les yeux, prête à se laisser emporter une fois de plus. La main chaude de Boromir remonta doucement le long de sa colonne vertébrale jusqu'à sa nuque, caressant lentement la peau sensible pour aller s'emmêler dans ses cheveux.
Oublié Sauron, oublié l'Anneau, oublié le Gondor, oubliée la guerre. Ici, ils n'étaient pas l'Intendant du Gondor et l'héritière d'Isildur. Ils étaient juste Boromir et Araniel et rien d'autres n'était plus important.
Un bruit soudain les fit sursauter.

Oh non. Pas maintenant.

Quelqu'un frappait à la porte. Boromir plaqua sa main sur la bouche d'Araniel, interrompant son gémissement de plaisir, et se redressa en position assise.
- Boromir?
Le gondorien se détendit.
- C'est Faramir, chuchota-t-il, sourcils froncés. Qui lui a permis de quitter les Maisons de Guérison?

Il a choisi son moment, celui-là.

- Boromir? Je peux entrer?
Le gondorien interrogea Araniel du regard.
- Qu'est-ce qu'il va dire s'il me voit avec toi dans cette tenue? chuchota-t-elle en remontant le drap sur son corps.
Boromir haussa les épaules.
- Il m'a vu dans des situations pires que celles-là, crois-moi.
Elle lui lança un regard dubitatif, et il soupira.
- J'ai du me charger de la...discussion triviale avec lui parce que sinon notre père n'en aurait jamais prit la peine, dit-il. Je pense qu'il est rodé.

La...discussion?

Il entremêla ses doigts à ceux d'Araniel.
- Du reste, je ne crois pas te l'avoir déjà présenté.
Araniel se rallongea, libérant la taille de son amant, et s'enterra sous les draps jusqu'au menton.
- Boromir? Tout va bien?
La voix de Faramir se faisait inquiète.
- Je vais bien, mon frère. Et je t'ai déjà dit d'arrêter de frapper avant d'entrer.
La porte s'ouvrit et se referma. Araniel fut curieuse de savoir si Faramir était tel qu'elle se l'imaginait.

Finduilas.

Ce fut le premier mot qui lui vint à l'esprit. Ce garçon était le portrait craché de sa mère. Plus petit et plus mince que Boromir, ses yeux étaient du même gris-vert, et ses cheveux plus roux que ceux de son frère.

Valars. Ils ont vraiment le même nez.

Elle avait bien déduit, il était bien plus frêle que son frère ainé. Quoique, à côté de Boromir beaucoup de monde paraissait frêle.
Elle savait qu'il avait été gravement blessé et effectivement, un bandage épais transparaissait sous sa chemise et il se mouvait avec une certaine précaution.
- J'espère que je ne te déran...
Le jeune Homme venait apparemment de s'apercevoir que son frère n'était pas seul. Et en tenue d'Adam. De même que sa partenaire.

Il est mignon à rougir comme ça.

Il se retourna précipitamment et se dirigea vers la porte.
- Je...je repasserais plus tard, marmonna-t-il.
Boromir rit franchement.
- Voyons, petit frère. Je ne pensais pas que Faramir, Capitaine du Gondor, rougissait comme une fillette à la moindre occasion...
Il passa son bras autour des épaules d'Araniel et l'attira contre lui, posant un baiser sur sa tempe.
Faramir se racla la gorge.
- Je...euh...j'étais venu de la part de Gandalf. Il y a Conseil de Guerre ce matin.
Boromir se rallongea, l'air renfrogné.
- Pour la grasse matinée, je pense que c'est raté, commenta-t-il.
- Je dois aussi prévenir la Dame Araniel. Tu ne saurais pas où elle est? Elle n'est pas dans la chambre qu'on lui a assignée.
- Tu m'étonnes.

Faramir leva un sourcil. Son regard fit un aller et retour entre son frère et la femme dans son lit.
- Ma Dame, je...
- Je suis heureuse de rencontrer enfin le jeune frère de Boromir. Vous êtes le portrait de votre mère, dit-elle, mettant fin à un silence assez pesant.
Le jeune Homme se détendit.
- Tout le plaisir est pour moi.
Elle le surprit à lever discrètement le pouce en direction de son frère en souriant bêtement et réprima un fou rire.

Qu'est-ce que je n'aurais pas donné pour avoir un petit frère...

- Dis à Gandalf que nous arrivons, Faramir. Et ensuite tu files au lit. Tu tiens à peine debout, ordonna Boromir.
Il exagérait sans doute un peu. Mais le jeune gondorien avait le teint d'une pâleur alarmante.
Faramir ricana.
- Tu devrais me remercier de t'avoir poussé à aller lui parler.
- De quoi parles-tu, morveux? La Dame est venue d'elle-même, s'offusqua Boromir en lui balançant un oreiller à la tête, le manquant d'un bon mètre.
Faramir recula prestement en riant et gagna la porte.
- Je vous laisse. Ne déçois pas trop la dame, Boromir, lança-t-il.
Un deuxième coussin le rata alors qu'il s'enfuyait prestement.

- Il est adorable, dit Araniel.
Boromir sourit et l'embrassa dans le cou.
- Boromir...
- Oui.
- J'ai peur.
Il la serra contre lui.

Ne me lâches pas. Ne me lâches plus jamais.

- Moi aussi.

La peur. Notre ennemi compte sur la peur. Ça a toujours été son arme de prédilection.

Araniel se glissa hors des bras de son amant, regrettant immédiatement la chaleur qu'il dégageait et se mit en quête de ses vêtements. Elle réussit à remettre la main sur son pantalon et l'enfila, mais il en allait autrement pour sa chemise déchirée en deux.
- Je n'avais que cette chemise, Boromir, dit-elle d'un ton légèrement accusateur.
Elle ne lui en voulait pas. Mais là, elle avait vraiment besoin d'une chemise.
- Tu peux y aller comme ça, suggéra-t-il, les yeux pleins d'espoir.
- Boromir! s'indigna-t-elle.
Il soupira.
- Dommage.
Araniel leva les yeux au ciel.

Une demie-heure plus tard, elle marchait aux côtés de Boromir dans un des interminables couloirs de Minas Tirith, en tentant vainement de retrousser les manches trop longues de sa tunique. Heureusement, sa veste de cuir serrée empêchait le vêtement de flotter autour d'elle.
Elle prit soudain la main de Boromir et la serra convulsivement.
- Boromir, au cas où on ne s'en sortirait pas...
- Ne dit pas ça. Rien n'est encore joué, murmura-t-il. Il y a toujours de l'espoir.
- C'est du suicide. Rien d'autre. Ce que je voulais dire, souffla-t-elle en le regardant dans les yeux, c'est que je suis heureuse d'avoir partagé ce moment avec toi.

Je crois que je n'ai jamais été aussi sincère que maintenant.

Lorsqu'ils atteignirent la salle du trône déjà occupée par leurs alliés, rassemblés autour d'une immense carte du Mordor, il y eut un grand silence. Un silence pesant. Quelqu'un se racla la gorge.
Legolas ressemblait à une tomate trop mûre, Gandalf avait un air vaguement désaprobateur, et Eomer envoya une grande claque dans le dos de Boromir.

Bon. Apparemment, les murs n'étaient PAS insonorisés.

- Quoi? demanda sèchement Araniel.
- Nous discutions de la stratégie à adopter, soupira Gandalf.

La stratégie à adopter?

Araniel sortit sa dague et la planta violemment dans la carte, la laissant vibrer contre le bois.
- Pas de stratégie, cracha-t-elle. On attaque les Portes Noires, un point c'est tout. Il faut juste tenir assez longtemps pour Frodo.

Nous n'avons pas le temps de tergiverser des heures autour d'une table.

- Nous partons dans deux heures, ordonna-t-elle. Rassemblez tous les Hommes que vous pourrez et équipez-les d'ici-là.
- Araniel, dit Gandalf, deux heures ne seront pas suffisantes pour...
- La bataille doit être menée avant la nuit, sinon nous perdons notre avantage. Il faut frapper vite, et fort. Si nous ne gagnons pas, cria-t-elle soudain, au moins aurons nous prouvé à l'Ennemi qu'il y a encore en Terre du Milieu des Hommes près à combattre jusqu'à la mort pour leur liberté et leur peuple!
Une colère sourde montait en elle, une fureur froide, glacée.

Lorsque j'ai quitté Rivendell, je n'avais plus rien à perdre.

Elle regarda Boromir, adossé à un pilier, un peu en retrait. Il hocha la tête.

Maintenant si.

Elle les défia tous des yeux, mâchoires serrées, se tenant la plus droite possible. Enfin Gandalf sourit.
- Qu'il en soit ainsi, s'exclama-t-il. Il ne sera pas dit que nous aurons reculé devant Sauron alors que le destin de cette Terre est en jeu!

La salle se vida peu à peu, jusqu'à ce qu'Araniel se retrouve seule avec Boromir.
- Boromir, si nous sommes vaincus...
- Ne dis pas ça. Ne dis jamais ça, siffla-t-il.
- Si jamais nous sommes vaincus, reprit-elle, jures-moi que tu fuiras si tu vois que ça tourne mal.
- Non.
Son ton était catégorique et quelque part elle le comprenait.
- Jures moi que tu fuiras pour sauver ta vie. Que tu retourneras au Gondor et que la Cité Blanche tiendra.
Sa voix se brisa.
- Il faudra que quelqu'un raconte.
Le gondorien prit son visage entre ses mains et posa son front contre le sien. Elle ferma les yeux.
- Les histoires parleront de nous comme ceux qui auront vaincu le Seigneur des Ténèbres. Elle célèbreront la destruction de l'Unique et le retour de la Reine. Et tu seras là pour les raconter, chuchota-t-il.

Si seulement, Boromir. Si seulement.

Deux heures plus tard, Araniel enfourchait Brego, que les Rohirrims avaient récupéré à sa sortie de la route de Dimholt avec le fourreau d'Andùril, et rejoignait l'armée qui quittait la ville, serpentant à travers les champs du Pelennor.
Elle portait une armure flambant neuve que Boromir avait dégottée elle ne savait où, portant le symbole de l'arbre blanc sur la poitrine. La cotte de maille était légère, et il lui sembla presque qu'elle ne servirait à rien. Elle aurait préféré une armure de plates complète. Mais elle avait juste une cotte et des plaques de métal sur les épaules, les bras et les jambes.
Andùril pesait lourd à son côté. Trop lourd.
Un instant elle eut envie de lancer Brego au galop, de fuir loin, très loin d'ici, de la guerre, de tout...jusqu'à la mer peut-être.
Mais elle savait qu'elle ne le ferait pas.

Les gens à leurs fenêtres et dans les rues regardaient l'armée passer, et Araniel sentaient leurs regards peser sur son dos. Une rumeur se propageait lentement, qui enflait, croissait, sans qu'elle ne comprenne ce qu'elle disait, mais elle savait d'instinct qu'elle en était l'objet.
- Ils savent. Gandalf la rejoignit, monté sur Shadowfax, Pippin en croupe derrière lui.
- Ils savent que la Reine est revenue.
- Ça risque d'être un règne assez court, marmonna-t-elle.
- Vous leur apportez de l'espoir, Araniel. C'est tout ce dont ils ont besoin. Ne gâchez pas cela.

Estel. Espoir. Cela sonne creux finalement.

- On ne gagne pas une guerre avec de l'espoir, Gandalf. On la gagne avec des actes.
Le vieil Istar sourit.
- Et quelle chose, sinon l'espoir, donne le courage d'accomplir ces actes?
Araniel rit.
- Je n'aurais donc jamais le dernier mot avec vous, Mithrandir.
Elle leva les yeux vers les Maisons de Guérison. Il lui sembla voir deux silhouettes enlacées à une fenêtre, dont une avait une flamboyante chevelure blonde, mais elle était trop loin pour en être sûre.

Araniel mit un moment à réaliser qu'elle se trouvait désormais seule en tête de la colonne. Tous la suivaient. Ils la suivaient au devant d'une mort certaine mais ça ne les rebutaient pas.
Au contraire.
Il la suivaient, elle.
Non pas Strider, la ranger du Nord, mais Araniel, Reine du Gondor et héritière d'Isildur.

Tout nous menait à ce jour, en fin de compte. Là où tout s'achève...

Presser le bouton review ne déclenchera pas de catastrophe planétaire. Juste un tsunami au Sri Lanka.