Hello everybody! C'est le dernier chapitre avant l'épilogue^^
Merci à mes revieweuses, followeuses et favoriteuses (ma prof de français ferait une attaque si elle lisait ça *O*)
Merci aussi à Julindy qui est un soutien moral constant.
Comme cette histoire touche à sa fin, je vais pouvoir me concentrer sur Hey Brother, ma fic sur Sherlock, allez la lire si ça vous tente.
Sortez-moi de là.
Araniel s'ennuyait à mourir, et elle commençait à avoir des crampes.
Depuis deux heures déjà, elle se tenait debout sans bouger sur une estrade, les bras en l'air, pendant qu'une armée de servantes s'affairait autour d'elle pour lui prendre ses mesures, fixer un ruban, modifier un détail qui n'allait pas...
Autant de choses qui auraient pu être faites, elle en était persuadée, avec un mannequin à ses mensurations. Mais dans deux heures, elle se mariait, et les dernières retouches se devaient d'êtres faites une fois la robe dûment enfilée.
- Vous êtes absolument ravissante, Votre Altesse, s'extasia la vieille Ioreth en retirant une épingle d'un ourlet.
Araniel entendit à peine. Ioreth caquetait sans interruption depuis deux heures déjà, et c'était une gageure que de s'en abstraire, mais elle y parvenait assez bien.
Si j'avais gagné une pièce d'or à chaque fois que la vieille s'est extasiée sur moi, j'aurais déjà amassé un trésor digne de celui d'Erebor.
- Et cette robe est absolument magnifique! D'où la tenez-vous?
D'une princesse Rohirrim à qui elle n'allait pas.
Sur ce point, Araniel avait été intransigeante. À l'origine, elle aurait souhaité porter l'armure, le seul costume d'apparat dans lequel elle se sentait à l'aise, mais Boromir avait été on ne peut plus clair.
- Je vais être absolument ridicule, avait-elle marmonné.
- Si tu y vas en armure, avait-il menacé, c'est moi qui porterait la robe. Avec un voile, des chaussures à talon et des fleurs dans les cheveux. Et je te garantis que cette fois, tout le monde va rire.
Elle avait rit. Et elle avait cédé.
Mais à défaut d'armure, et au prix d'une bataille sans merci avec les couturières, elle avait imposé la robe de soie bleue d'Eowyn, la seule qu'elle eut jamais possédé et qui l'eut jamais mise à son avantage. Ioreth avait tout de même imposé quelques modifications. Ainsi, l'Arbre Blanc du Gondor s'étalait désormais sur le corsage, brodé de perles et d'argent, se ramifiant délicatement sur la poitrine, les racines au niveau du nombril. La jeune Rohirrim, consultée à ce sujet, avait approuvé chaudement.
Néanmoins, et c'était beaucoup moins agréable, on lui avait aussi imposé de porter un corset.
Sa nouvelle bête noire. En plus des Orcs, des Wargs, des Elfes et des Gobelins.
- C'est à la mode, avait dit Ioreth, bien que Votre Altesse n'en ait pas vraiment besoin, votre taille est si fine...
Une pièce d'or de plus.
- Saleté, marmonna-t-elle en tentant de le desserrer sans succès.
Ce truc aurait sa peau.
Araniel aurait bien aimé avoir en main l'inventeur de cet engin de torture. Par ailleurs, elle aurait mis sa main à couper que c'était une idée d'Elfe.
Elle fit un pas de côté avec difficulté.
Mais comment font les femmes qui portent ça tous les jours?
- Tout vas bien, Votre Altesse?
Non.
Non, tout n'allait pas bien. Mais son corset lui coupait le souffle et l'empêchait de parler.
La servante dut prendre sa grimace pour un sourire d'approbation.
Et Araniel de souffrir en silence en se promettant intérieurement de rendre une petite visite au couturier qui avait conçu cette s-censuré-e de carcan.
Néanmoins, au bout d'un certain temps, Ioreth parut comprendre la situation et elle dessera les lacets d'un ou deux crans. L'air s'insuffla de nouveau dans ses poumons écrasés et la vieille remonta en flèche dans son estime.
Araniel se regarda dans le miroir. Bien évidemment, il était exclu de courir ou de se battre dans cette tenue, mais elle arrivait à marcher sans se prendre les pieds dans l'ourlet. Le décolleté, qui avait été modifié lui aussi, était devenu bien trop plongeant à son goût, et Araniel regretta plus que jamais de ne pas avoir plus de poitrine. Elle le remonta de quelques centimètres. C'était mieux. Mais Ioreth lui tapa sur la main et rabaissa le tissu. Elle la fusilla du regard mais ne pipa mot. La vieille chèvre était d'une obstination de Troll, parfois.
Mis à part cela, ce que lui renvoyait la glace lui plaisait. Ses cheveux, qui lui descendaient désormais au niveau des omoplates, avaient été ramenés sur son épaule en une épaisse tresse unique, et parsemés de fleurs blanches. Une couronne de roses d'argent massif lui ceignait le front, retenant le voile de gaze qui traînait derrière elle sur plusieurs mètres.
Ce n'est pas si mal finalement.
- Dame Finduilas s'est mariée avec cette tiare, avait babillé Ioreth. Qu'elle était belle, ce jour-là, avec sa robe de pourpre et d'or...
Oui. Belle et triste.
Autour du cou, Araniel portait les fragments de l'Evenstar, qu'un habile joailler avait remontés pour leur donner la forme d'une des fleurs de l'Arbre Blanc. Elle pressa convulsivement ses doigts dessus. Le bijou faisait partie d'elle-même à présent.
Un rappel de ce qui avait été perdu et gagné.
Araniel descendit précautionneusement de son estrade, relevant délicatement ses jupes. Une douleur fulgurante au ventre, venue de nulle part, la fit se plier en deux, le souffle court, disparaissant aussi vite qu'elle était apparue.
Morgoth. Qu'est-ce que c'était que ça?
- Tout va bien, Votre Altesse? s'enquit Ioreth, une expression inquiète sur son museau ridée.
T'occupes.
- Oui, murmura-t-elle, crispée.
Une seconde crampe lui déchira le ventre, laissant une impression persistante de nausée.
La troisième décharge lui arracha un gémissement. Un goût acre de bile remonta dans sa gorge.
- Voulez-vous boire?
L'eau fraîche lui fit un bien fou. Mais la douleur resta, sourde, comme latente.
Ioreth la regardait d'un air étrange.
- Quoi? fit-elle avec irritation.
- Veuillez pardonner mon audace, Votre Altesse, dit la vieille femme, mais quand avez-vous saigné pour la dernière fois?
La question la surprit.
Quand avait-elle...
- À Dunharrow. Avant la bataille des Champs du Pelennor, se rappela-t-elle.
Si longtemps?
- Et pas depuis?
- Non, je ne...
Elle se plaqua vivement la main sur la bouche. Son cycle aurait dû arriver depuis déjà plus d'un mois.
Oh, Erù.
C'était impossible. À moins que...
Elle sortait de son cycle, cette nuit-là. La première. Et elle n'avait pas pris la moindre précaution. Lui non plus, d'ailleurs.
Araniel posa sa main sur son ventre qui lui paraissait pourtant aussi plat qu'il était possible de l'être.
L'information mit un certain temps à atteindre son cerveau. Elle s'efforça de respirer calmement. Ferma les yeux. Les rouvrit.
Je porte un enfant, et Boromir est le père.
Ça ressemblait à une mauvaise blague.
Elle portait un enfant après une relation de quelques mois, peut-être même après une seule nuit, alors qu'elle avait passé cinquante ans de sa vie avec un autre, sans jamais ne serait-ce qu'espérer...
Une sueur froide courut lentement le long de son dos. Elle était peut-être déjà enceinte lors de la bataille des Portes Noires.
Je porte un enfant que j'ai mis en danger sur un champ de bataille.
Elle se sentait vraiment mal, à présent.
Son esprit était rempli d'images d'une lame noirâtre plongeant dans son ventre, fouillant, déchiquetant...
Elle entoura instinctivement son corps de ses bras.
- Je crois que je vais m'assoir, marmonna-t-elle.
Inspirer. Expirer. Calme. Je suis calme.
- C'est effrayant, n'est-ce pas?
Elle releva la tête. Ioreth la regardait avec sollicitude.
- La première fois, c'est toujours comme ça. J'en ai eu six, vous savez.
La vieille femme lui tapota la main.
- Dame Finduilas était terrorisée. Je l'ai aidé à mettre le seigneur Boromir au monde, babilla-t-elle. C'était vraiment un adorable bébé. Je me souviens quand...
Araniel n'écoutait déjà plus. Elle imaginait un enfant. D'abord sans visage, puis qui se précisait lentement. Boucles brunes. Yeux verts. Un garçon, peut-être?
Oh, un garçon serait merveilleux.
Et une fille qui ressemblerait à Gilraen ou Finduilas.
Araniel secoua la tête. À quoi pensait-elle donc? Déjà à imaginer la tête du bébé alors qu'il allait encore falloir le porter pendant des mois?
Elle allait prendre du poids, vomir le matin, se sentir faible, ne plus pouvoir se déplacer.
Oh, elle allait détester ça. Ça allait être les plus longs mois de sa vie.
Et Boromir? Comment allait-il réagir?
Araniel frissonna et caressa machinalement son ventre plat, sentant la chaleur de sa main à travers la soie coûteuse de sa robe.
Elle parlerait à Boromir.
Plus tard.
- Votre Majesté?
Oh, ce stupide titre! N'y avait-il rien de plus agaçant?
Araniel savait qu'elle était supposée être heureuse. Ou à l'inverse, paniquée.
Elle ne ressentait rien. Ou plutôt, elle ne savait pas ce qu'elle ressentait.
Et ça l'agaçait.
Elle s'était tellement habituée à l'idée qu'elle n'aurait jamais d'enfant, qu'elle était trop vieille pour ça, que ça lui semblait à présent irréaliste.
- Il est temps, Votre Altesse.
Ioreth s'impatientait.
Ah oui. C'était vrai. Elle se mariait.
Elle se leva, fit quelques pas. Au moins elle arrivait à marcher sans se prendre les pieds dedans.
- Votre...père vous attend dans l'antichambre.
Mon père est mort.
Avant de se rappeler qu'elle avait demandé à Elrond de le remplacer. Cela allait de soi, n'est-ce pas?
C'est donc au bras d'Elrond Peredhel qu'elle remonta toute la salle du trône de Minas Tirith, bénissant silencieusement le voile qui empêchait l'assemblée de la voir rougir au fur et à mesure. Du moins jusqu'à ce que Boromir relève lentement la gaze blanche.
Allons. Ce n'est pas comme si tu étais une pucelle effarouchée, n'est-ce pas?
Non. Elle n'était pas une pucelle effarouchée. Elle était femme, elle était reine, elle portait en elle l'héritier d'Elendil, elle avait trop combattu, trop vu, trop vécu.
Boromir était resplendissant dans son armure frappée aux armes du Gondor.
Techniquement et légalement, devenir l'époux de la reine ne faisait pas de lui le roi, même si l'inverse n'était pas vrai. Araniel avait bien évidemment abordé le sujet mais s'était heurté à un refus catégorique, à son grand étonnement.
- Le Gondor n'a pas de roi, Araniel, s'était-il contenté de répondre en riant. Il n'en a pas besoin.
La fonction d'Intendant et de Consort Royal lui suffisait amplement et elle ne s'était pas trop posé de questions. Elle avait appris à lui faire confiance. Et de toute façon, Boromir pouvait faire preuve d'une opiniâtreté digne de celle d'un Nain dans certains domaines.
Néanmoins, dans cette armure, il ressemblait vraiment à ce qu'elle s'était toujours figuré de ce qu'un roi devait être.
Elle lui en voulait un peu de ne pas avoir accepté. Il aurait été merveilleux dans le rôle.
La voix de Gandalf la ramena à la réalité.
- Ici se tiennent, devant nous, afin que nous soyons témoins de leurs voeux, Boromir, fils de Denethor, de la maison de Hurïn, et Araniel, fille d'Arathorn, de la Maison d'Elendil, venus libres et sans attaches afin de lier leurs deux vies en une seule.
Deux vies. Une seule. Les deux faces de la même pièce, peut-être.
Le rituel nuptial gondorien était court, sobre, vraiment très simple. Néanmoins, pas autant que celui des Elfes où le simple fait de passer une nuit ensemble équivalait à une union définitive, le mariage n'existant pas en temps que tel.
- Que quiconque soit opposé à ce mariage s'avance.
Araniel se mordit les lèvres et étudia la foule.
Personne ne pouvait s'opposer, si?
Au delà du faut qu'elle aime Boromir, il était le choix d'alliance le plus stratégique. Issu d'une maison dont l'ancienneté valait bien celle de la maison d'Elendil. Il n'y avait rien. Rien à opposer. Malgré tout la peur irraisonnée subsistait. Que quelqu'un ruine en une seule intervention le fragile bonheur qu'elle venait tout juste d'acquérir.
À son grand soulagement, personne ne bougea.
- Boromir, fils de Denethor, acceptez-vous de prendre pour épouse Araniel, fille d'Arathorn, jusqu'à ce que les Mers Séparatrices ne s'étendent entre vous?
Les Mers Séparatrices? Encore Beren et Luthien.
- Oui.
Il avait répondu d'une voix forte et claire et elle doutait d'en faire autant. Mais pour lui, elle ferait de son mieux.
- Araniel, fille d'Arathorn, acceptez-vous de prendre pour époux Boromir, fils de Denethor, jusqu'à ce que les Mers Séparatrices ne s'étendent entre vous?
Il y avait comme une prière dans les pupilles vertes du Gondorien, comme une anxiété, une inquiétude soudaine.
- Oui, murmura-t-elle.
Elle aurait voulu le hurler, mais sa gorge était bien trop serrée.
Peut-être était-ce la lumière, mais elle aurait juré qu'il y avait des larmes dans les yeux de Boromir à cet instant.
Absurde. Il ne pleure jamais.
Gandalf prit leurs mains, les joignit. Boromir entremêla lentement ses doigts aux siens. Sa large paume était chaude et douce malgré les cals dus au maniement de l'épée.
- Je déclare qu'Araniel, fille d'Arathorn, de la Maison d'Elendil, et Boromir, fils de Denethor, de la Maison de Hurïn, sont désormais un seul être, une seule âme, un seul coeur.
- Enfin, murmura Boromir, sourire au lèvres.
Enfin.
- Vous pouvez embrasser la mariée.
Et le gondorien de s'exécuter avec enthousiasme au milieu d'un concert d'applaudissements et de sifflements.
- Je crois que je suis l'homme le plus heureux d'Arda à l'heure actuelle, murmura-t-il contre ses lèvres.
Araniel se délectait à l'avance de la surprise qu'elle allait lui faire.
Plus tard. En privé.
Elle ne lui lâcha pas la main de toute la journée, peut-être pour se donner du courage. Après tout, ce n'était pas quelque chose qui s'annonçait à la légère.
Et elle ne savait pas, absolument pas, comment il allait réagir, ni comment lui dire sans que ça paraisse trop abrupt. S'il fallait enjoliver, tourner autour du pot, amener les choses en douceurs.
Elle avait peur, et cela lui semblait tellement stupide.
Néanmoins, malgré l'arrière goût d'angoisse qui lui serrait la gorge, elle savoura le banquet avec délectation. La nourriture était vraiment excellente, et elle savait que bientôt les nausées prendraient le dessus et qu'il y avait de fortes chances que son estomac soit incapable de garder la nourriture, dût-elle être issue des cuisines du meilleur cuisinier de la Terre du Milieu. Elle picora dans tous les plats, tournant toutes les configurations grammaticales possibles dans son esprit.
Finalement, elle opta pour le plus simple, pendant le feu d'artifice de cloture magnifiquement orchestré par Gandalf.
Ils étaient seuls.
La fête continuait, ils en percevaient encore les derniers échos, mais cela importait peu.
Ils s'étaient éclipsés sans se faire remarquer. Leur absence serait sûrement notée et il n'y aurait personne pour se douter de ce qu'ils étaient allés faire mais cela aussi, cela importait peu.
Araniel regardait par la fenêtre. Au loin, la lumière rougeâtre de la Tour Sombre avait disparue, et on voyait à nouveau les étoiles. Et les fusées de Gandalf illuminaient le ciel, à l'image de ces aurores boréales dont elle avait entendu parler sans en avoir jamais vu une seule.
Araniel inspira à fond. Derrière elle, Boromir avait enroulé ses bras autour de ses épaules et posé son menton sur le haut de sa tête. Elle se sentait bien. Elle aimait ces moments de calme et d'intimité.
- Boromir?
- Mmmmh? ronronna-t-il.
- Je suis enceinte.
Elle le sentit se crisper, resserrer son étreinte sur ses épaules.
- Tu...tu es sûre?
- Ioreth l'est, en tout cas, soupira-t-elle.
Boromir descendit lentement sa main sur son ventre, le caressant doucement, tendrement.
- J'ai peur, murmura-t-elle.
Il leva un sourcil.
- Pourquoi?
- Je ne saurais pas être mère, gémit-elle d'une voix désespérée.
Le constat lui était venu pendant la journée.
Elle voulait cet enfant. Mais elle n'avait jamais vraiment eu de mère, alors...
Plutôt mourir que d'infliger à un enfant ce que Mère m'a fait à moi.
Ça et le fait que de nombreuses femmes mourraient en couches. Et qu'elle trouverait cela légèrement vexant après tout ce qu'elle avait traversé.
- Et moi alors? Tu crois que je saurais être père avec celui que j'ai eu? s'exclama-t-il soudain d'un ton sarcastique.
Boromir la tourna face à lui, appuyant son front contre le sien.
- Je ne suis pas mon père et tu n'es pas ta mère, Araniel. Je crois qu'on est jamais vraiment prêts pour ce genre de choses mais qu'il faut continuer à avancer coûte que coûte.
Elle sentait des larmes commencer à brouiller sa vision, qu'il essuya délicatement tout en l'entraînant dans un baiser profond.
Boromir glissa ses doigts dans les lacets de la robe et commença à les défaire lentement. Araniel le savait plus du genre à sortir une dague pour les couper d'un coup, mais après tout c'était leur nuit de noces.
- Je trouve que tu devrais te mettre en robe plus souvent, observa-t-il entre deux baisers fiévreux au coin de sa bouche.
- Je pourrais faire ça, murmura-t-elle. Rien que pour que tu me l'enlèves ensuite.
- Vilaine fille, ricana-t-il alors que la robe glissait de ses épaules pour s'épanouir en corolle sur le sol.
Araniel frissonna alors que l'air frais glissait sur sa peau nue.
Boromir recula légèrement pour faire disparaître tunique, chemise et cotte de maille.
Valars.
Il s'empara lentement de sa bouche, prenant tout son temps, l'explorant comme si c'était la première fois. Elle ouvrit les lèvres pour lui laisser le passage. Sa langue prit possession de la sienne, l'entraînant dans une valse langoureuse. Sa main glissa sur sa fesse, la faisant frissonner, avant de soulever sa cuisse pour qu'elle repose sur sa hanche. Et lui faciliter un meilleur accès entre ses jambes, là où elle avait désespérément besoin de lui. Il glissa ses doigts entre les boucles soyeuses. Son pouce frotta contre son point sensible et elle rejeta la tête en arrière, bouche ouverte sur un cri muet. Bientôt elle se tordait entre ses bras, pantelante, gémissant de plus en plus fort. Sa main libre enveloppa son sein, qui tenait parfaitement dans sa paume et le pressa doucement avant de faire rouler le mamelon entre ses doigts.
Il a vraiment l'intention de me tuer.
- Boromir...gémit-elle.
Il la mordit brusquement dans le cou. Il n'avait pas l'intention d'être tendre avec elle, elle le savait.
- Ouvres toi pour moi, murmura-t-il, descendant ses lèvres plus bas.
Sa langue glissa sur son sein, caressant doucement le mamelon douloureux tandis que sa main reproduisait le même mouvement sur son autre sein.
- Boromir...
Elle avait oublié qu'il existait d'autres mots.
Son dos pressa contre le mur de pierre froide qui se réchauffait lentement au contact de sa peau brûlante. Boromir continuait de descendre, traçant un long chemin de baisers sur son ventre, taquinant son nombril du bout de la langue.
- Il faudrait que tu arrêtes de te mettre à genoux devant moi, ronronna-t-elle.
- Mais tu aimes ça.
Indéniablement.
Il faisait de vilaines, très vilaines choses avec sa langue et elle adorait ça.
- Boromir...le lit...maintenant, réussit-elle à articuler, essayant de rassembler ses pensées en un tout à peu près cohérent.
Ce qui n'était pas une mince affaire dans sa situation actuelle.
Il la souleva dans ses bras avant de s'effondrer avec elle sur le matelas, et ensuite le monde disparut dans les ténèbres et elle fut incapable de seulement penser.
Elle ne pouvait plus que ressentir.
Bien plus tard, alors qu'elle reposait sa tête sur son torse, leurs doigts entremêlés, sa respiration se calmant peu à peu, Araniel se demanda ce qui se serait passé si Boromir était mort sur Amon Hen.
Elle ne savait pas d'où ça lui venait. Juste que rien que l'idée lui donnait envie de pleurer.
Parce qu'elle serait restée seule, elle le savait.
Elle suivit pensivement du doigt la cicatrice irrégulière de la flèche sur ses abdominaux puissants.
- Ça fait toujours mal?
- Parfois, avoua-t-il.
Boromir se redressa sur un coude.
- Je sais à quoi tu penses, fit-il calmement. Mais ce n'est pas arrivé, Araniel.
Elle hocha la tête. Ce n'était pas arrivé, et pourtant...
- Tout le monde meurt un jour.
Elle le força à se rallonger sur les oreillers.
- Ne gâches pas tout, Boromir. J'ai l'intention de rester avec toi et de te maintenir en vie jusqu'à ce que tu sois devenu gâteux, et que tes dents tombent d'elles-mêmes, marmonna-t-elle.
- Et après?
Elle se mordit la lèvres. Elle ne voulait pas d'un après, même si elle savait qu'il y en aurait forcément un. Qu'elle le veuille ou non.
Boromir lui embrassa le ventre, sa barbe la chatouillant légèrement.
- Il aura besoin de toi, et tu ne pourras pas me suivre là où j'irais.
Que ce soit dans vingt, cinquante ou cent ans, Boromir mourrait, et elle serait seule. Mais il y aurait l'enfant, leur enfant, qui aurait besoin de sa mère.
Leur enfant qui serait roi.
Finalement, elle était heureuse qu'Elladan ne soit pas resté. Parce que toute longue que sa vie puisse être, elle avait forcément une fin, contrairement à celle de l'Elfe.
Et les Mers Séparatices pouvaient être traversées.
- J'attendrais, dit-elle, que tu me reviennes.
à la prochaine^^
