Comme d'habitude, à chaque 1er septembre, nous nous retrouvâmes tous sur le quai de la gare 9 ¾. L'ambiance était quelque peu tendue après les événements de l'été. En effet, Voldemort n'avait pas été discret. Ni avec les sorciers, ni avec les moldus.

Un vague de meurtres avait été perpétrée durant les deux mois d'été. Tous les jours, dans la Gazette du Sorcier, on pouvait lire la mort d'un sorcier ou d'un moldu. Ils avait même créé une rubrique spéciale… un peu morbide, mais toujours d'actualité : « La Mort du Jour ». De plus, chaque meurtre avait lieu, pour une obscure raison, au coucher du soleil. Le titre convenait donc très bien à la rubrique.

Les regards sur le quai 9 ¾ de la gare King's Cross de Londres étaient donc plutôt inquiets. Tout le monde regardait partout. Moi aussi. J'observais tous les élèves qui se dépêchaient de rentrer dans le train pour obtenir un compartiment libre, ou tout simplement pour être à l'abri. J'observais les yeux de ceux qui passaient devant moi. Ils avaient tous des couleurs différentes, des formes différentes, et on pouvait y lire tant de choses. Soudain je croisais un regard que je connaissais bien. Un regard vert émeraude, étincelant de malice, mais brillant de tristesse. Ses yeux firent bondir mon cœur, j'avais l'impression que je ne respirais plus. D'ailleurs c'est ce que je faisais.

« Reprend ton souffle, mon cœur, tu deviens toute rouge, me dit l'homme à qui appartenait ses magnifiques yeux.

- Heu… oui, désolée, mais je me suis noyée dans une mer d'émeraude…

- Ce n'est pas grave, répondit Harry avec un sourire amusé, mais la mer n'est pas très proche de Poudlard. D'ailleurs au lieu de me regarder avec ce regard de merlan frit, on ferait mieux de monter dans le train, pour trouver un compartiment de libre !

- Ah oui… l'école… le train… Mais ne compte pas sur moi pour monter avec toi ! Je n'aime pas qu'on critique mes magnifiques yeux, dis-je avec un brin de malice, faisant semblant d'être fâchée. »

Je partis donc en courant vers le train, mais je n'avais pas pensé à tous mes bagages et je tombai par terre en voulant monter trop vite dans le train. J'entendis le rire d'Harry. Mais aussi une voix relativement désagréable qui arrivait au loin, critiquant tous ceux qu'elle croisait. Cette voix-là appartenait à un jeune blond, élève et préfet de Serpentard : Draco Malefoy. Ne voulant pas subir ses sarcasmes, je me relevais et partie en courant dans le compartiment le plus proche et, oh miracle ! Il était vide. Soulagée, je m'assis. Puis mes amis me rejoignirent.

« Salut ! C'est super que tu aies pu trouver un compartiment de libre !

- Eh bien en fait je voulais échapper à Malefoy, répondis-je.

- Je l'ai croisé, répondis Harry en s'asseyant à côté de moi. Heureusement pour toi qu'il ne t'a pas vu, sinon tu aurais eu droit au même refrain que d'habitude, comme moi. »

Harry imita l'air hautain et dédaigneux de Malefoy et dit

« Alors Potter, pas trop occupé à signer des autographes ? Tu sais que tu vas souffrir cette année ? »

Tout le monde éclata de rire, l'ambiance était joyeuse jusqu'à ce que Ron dise une chose qui fut interprétée très différemment par chacun de nous :

« Et oui, surtout que c'est notre dernière rentrée, la dernière fois de notre vie que nous irons à Poudlard. »

Un silence se fit dans le wagon. Hermione toussa, Neville cracha le jus de citrouille qu'il buvait, et Harry fronça les sourcils, il avait soudain l'air très inquiet. En effet, la 7ème année allait sûrement être synonyme de bataille finale contre celui qui avait tué tant de gens qu'il aimait : Voldemort.

Pour essayer de dissiper cette atmosphère tendue, je décidais de parler à Hermione de sa fierté :

« Alors Hermione… tu as été nommée Préfète en Chef ?

- Oui, répondit l'intéressée avec un large sourire. D'ailleurs, il vaudrait mieux que j'aille à la réunion. Toi aussi Ron, ajouta-t-elle avec un regard désapprobateur à son petit ami qui était en train de se gaver de chocogrenouilles.

Il la regarda d'un air coupable avant de se lever et de la suivre.

« A tout à l'heure tout le monde ! »

Harry resta pensif tout le long du voyage, et les quelques tentatives que je faisais pour le dérider ne le sortaient même pas de ses pensées. Même les intrusions de certains personnages très particulier comme Luna Lovegood ou bien sûr Draco Malefoy ne le dérangèrent pas. Ce qui mit Malefoy en colère. Il avait beau lui dire des méchancetés et d'autres sarcasmes, rien n'atteignait son ennemi de toujours.

Au bout d'un trajet long et silencieux, nous arrivâmes à destination. En descendant du train, nous entendîmes la voix familière qui appelait les 1ère année. Harry esquissa le premier sourire depuis des heures.

« Hagrid ! Quel plaisir de te voir ! Je ne t'ai pas vu de l'été ! Où étais-tu ?

- Mon cher Harry, tu sais bien que je ne peux pas répondre à ta question ! Mais passe me voir, histoire de prendre un thé et de se raconter nos « vacances d'été », dit le géant avec un clin d'œil à Harry, puis à moi.

- Vous faites vraiment un joli couple tout les deux !

- Merci Hagrid, répondit Harry avant de me prendre par la main et de se diriger vers les calèches.

Mais arrivés devant les calèches, son sourire disparut de nouveau à la vue des Sombrals. Il lui rappelait trop de choses.

Une fois installés, nous parlâmes de la répartition, moment que nous attendions tous avec impatience à chaque début d'année.

Nous nous dépêchâmes d'aller nous asseoir à la table de Gryffondor. Cela me faisait plaisir de les revoir tous. La discussion était plutôt joyeuse ! Même si certaines personnes, comme par exemple Hermione paniquaient à l'idée de passer leurs A.S.P.I.Cs à la fin de l'année. Harry, lui, parlait de Quidditch avec Seamus et Ron. Le débat était plutôt intense. Je me tournai donc vers la table des professeurs pour essayer d'apercevoir le nouveau professeur de Défense Contre les Forces du Mal.

Mon observation fut infructueuse, et j'allai commencer à m'ennuyer lorsque la porte s'ouvrit pour faire place aux 1ère année.

Le professeur McGonagall plaça le choixpeau sur le tabouret. Une fente s'ouvrit vers le rebord et il commença à chanter.