Après plusieurs jours de recherches, je trouvai enfin ce que je voulais : qui étais Silvius Rogue, le frère de Severus Rogue, ancien professeur de potions et apparemment un Mangemort.

Silvius n'était en fait que le demi-frère de Severus. En effet, la mère de ce dernier était morte peu de temps après sa naissance. Son père s'était alors marié avec sa sœur et ils avaient eu un fils : Silvius. Il avait 3 ans de moins que Séverus et paraissait très doué en magie. Lorsqu'il atteint ses 11 ans, il rentra à Poudlard, mais il ne fut pas envoyé à Serpentard comme tout le monde le pensait. Il entra à Poufsouffle. Le frère de Severus était quelqu'un de calme, de posé, très sérieux. Cependant, alors que son frère se faisait marqué par Lord Voldemort, lui décida de ne pas s'engager et de lutter. Mais il voulait lutter seul.

Ce que je vais raconter, je l'ai vu un soir, alors que je fouillais partout (pour ne pas dormir, puisque c'était la nuit où je ne devais absolument pas dormir) je me suis introduite dans son bureau. Il y avait un objet d'argent gravé de runes. J'ai tout de suite reconnu ce genre de bassine : c'était une Pensine. Harry m'en avait beaucoup parlé. Je m'approchais donc et je pu observer ce qui s'était passé ce soir-là. Le soir où Silvius a annoncé sa décision à son frère. Le soir où les deux sont repartis avec une blessure profonde, causée par ce que l'on appelle : la haine.

L'horloge au fond de la pièce indiquait 2h. Sûrement dans la nuit, puisqu'à travers les fenêtres, on pouvait observer une obscurité tranchante, agrémentée de quelques tâches d'or. Deux hommes étaient dans cette pièce : l'un que je reconnu comme Severus Rogue était assis derrière un bureau, et un autre, sûrement Silvius Rogue était appuyé négligemment contre la cheminée. Son visage paraissait calme et sûr de lui, il semblait que tout cela n'avait pas grand intérêt pour lui, mais pourtant, il paraissait évident que ce n'était qu'une illusion. Ces doigts tapotaient le rebord de la cheminée à une cadence soutenue, pendant que ses jambes donnaient l'impression de ne pas savoir comment se mettre pour paraître détendu.

Severus lui avait le visage fermé, ses yeux brillaient de la haine qu'il ressentait pour celui qui se tenait en face de lui. Il ne l'avait jamais aimé, il n'avait pas le même sang.

Les deux hommes se regardèrent pendant un long moment. Puis, au bout de ce qui sembla être une éternité, Severus prononça d'une voix forte et claire, teintée de colère :

« Alors Silvius… que voulais-tu me dire ?

- Mon cher Severus, tu n'as jamais eu beaucoup de patience n'est-ce pas ?Au fond, tu as toujours été faible, et c'est pour ça que tu t'es engagé auprès de ce malade qui massacre des gens.

- Tu crois vraiment que c'est de la faiblesse ? demanda Severus avec un mauvais rictus. Pauvre fou ! C'est le pouvoir ! Lord Voldemort m'a appris une chose : il n'y a ni bien ni mal, juste le pouvoir !

- Le pouvoir ! Mais tu n'as que ce mot à la bouche ! Tu crois vraiment que détruire une famille, détruire le bonheur des gens, c'est le pouvoir ? Mais Severus, tu te prends pour qui pour décider qui doit vivre et qui doit mourir ?

- Ceux qui n'ont pas le sang pur ne méritent pas les études, la mort est le meilleur moyen de le faire comprendre…

- Ceux qui n'ont pas le sang pur… je vois… peut-être ne sais-tu pas que tu n'as pas le sang pur, ta mère était certes une sorcière, comme la mienne, mais notre père n'en était pas un ! Je dis « notre père » mais j'ai terriblement honte de me rappeler que nous avons le même père ! Tu m'écoeures !

- Toi aussi… mais tu n'es pas venu pour me faire part de ta haine ? Que veux-tu me dire ?

- Je vais partir. Je vais partir pour battre cette ordure qui te manipule, cette ordure que tu considères comme un maître… Tu parles de pouvoir toi qui n'est qu'un esclave !

- Tu vas faire quoi ? Tu n'es pas capable d'aller bien loin.

- Ah bon ? Tu penses que je n'irai pas loin ? A cause de cette face de serpent peut-être ?

- Non, à cause de moi tout simplement…

- Le jour où tu réussiras à me rattraper… toi qui est si lent. On se reverra Severus, on se reverra dans quelques années, au moment où tu t'y attendras le moins… j'ai le même don que toi, ce qui te posera des problèmes. »

Silvius se dirigea vers la porte, il posa la main sur la poignée, l'air vraiment énervé. Il marqua un temps d'arrêt, il semblait réfléchir. Au bout d'un moment de silence, il se retourna, regarda Severus dans les yeux avant de lui dire :

« Severus, tu as encore la possibilité de passer du bon côté, va voir Dumbledore, c'est la seule personne qui acceptera un jour de te pardonner. »

Sans attendre de réponse, Silvius ouvrit la porte et sortit.

Severus semblait songeur, comme s'il réfléchissait à la dernière phrase de son frère. Une idée semblait germer dans son esprit.

Là, je sentis cette secousse maintenant familière, celle-là même qu'on ressent lorsqu'on sort de la pensine.

Ainsi, Silvius Rogue était parti sans même plus d'explications… Quel était ce don dont ils parlaient ? Je ne comprenais plus rien. J'étais perdue.

Je quittai le bureau de Rogue la tête pleine de pensée. Soudain, une envie de vomir me submergea. Je couru vers les toilettes les plus proches et après avoir régurgité tout ce que je pouvais, je me dis que trop de questions entraînaient une émotion violente. C'était sûrement ça qui m'avait rendu malade. Après tout, je me surmenais, ce qui faisait que j'étais beaucoup trop fatiguée. Je me levai péniblement pour rejoindre la salle commune. Une fois là bas, je m'assis sur un fauteuil. Je n'avais pas de lumière car seules quelques braises éclairaient la pièce. Et là, je m'endormis. Je m'endormis car la fatigue avait pris le dessus, car l'obscurité m'entourait.

Je ne pense pas avoir dormi longtemps, j'entendais dans mon sommeil de petits coups, comme frappé sur une vitre. Lorsque j'ouvris les yeux, le soleil n'était toujours pas levé mais un hibou était effectivement en train de frapper à la fenêtre. Je me levai précipitamment pour voir qui pouvait bien m'écrire à cette heure-là.

Je détachai donc le petit bout de parchemin et je pu lire une phrase : « Il est des choses qu'il ne vaut mieux pas savoir, et d'autres dont il faut prendre conscience. » Il me sembla reconnaître l'écrire fine et penchée d'Albus Dumbledore.

J'avoue que si aujourd'hui ça me parait très clair, à l'époque, ces quelques mots n'avaient pas tellement de sens pour moi. Enfin ils n'en n'eurent pas pendant quelques temps… quelques semaines en fait, avant que je ne me décide à ouvrir les yeux. Cette phrase me fit réfléchir intensément. J'en conclus qu'il fallait que je mène une enquête plus poussée sur les frères Rogue et que cela me m'aiderait à comprendre toutes ces choses qui me paraissaient si floues…

Cette fois cependant, je n'étais pas totalement dans l'erreur. Par contre, j'étais effectivement aveugle sur certaines choses. Mais le plus important pour moi était de comprendre. Et là, j'aurais besoin de mon frère… Je ne pouvais parler de rien à Harry, mais mon frère devait m'aider. Il fallait que je sache ce qui s'était passé l'année dernière dans les cachots. Le soir même où Harry essaya de rompre. Ce soir-là même où Severus Rogue disparu.