Merci à tous ceux qui m'ont envoyé des reviews : Hina95, anais, gigi, kekoala et link. Cela m'a fait très plaisir et du coup, je vous poste ce petit chapitre aujourd'hui, petit car cours, mais je n'avais rien de plus à ajouter. Voilà, on peut considérer ça comme un cadeau de St Valentin. N'oubliez pas de m'envoyer des reviews, ça motive pour écrire! Bonne lecture à tous!


Les jours passaient, tous semblables aux autres. Depuis l'arrestation des cinq mangemorts, il semblait y avoir une accalmie, les journaux ne traitaient que de faits moindres, et la vie à Poudlard continuait, comme si de rien n'était. Une journée avait été prévue pour la St Valentin à Pré-au-Lard.

Le matin de la St Valentin, je ne me sentais pas d'aller à Pré-au-Lard, beaucoup trop de souvenirs hantaient encore ce lieu. J'étais donc assise dans un fauteuil de la salle commune. Je discutai avec Hermione et Parvati, qui allaient au village avec leurs amoureux. Les garçons bien sûr n'étaient pas encore descendus. Ils étaient sûrement en pleine panique, essayant de trouver des vêtements plus ou moins convenables.

L'agitation dans la salle commune battait son plein, tout le monde était à la recherche de son valentin, ou de sa valentine. Moi, j'étais perdue dans mes pensées. Je ne voulais vraiment pas aller avec eux là-bas. Ron et Neville finirent par descendre et après avoir dit bonjour, ils proposèrent à Hermione et Parvati d'y aller. J'allai leur demander où était Harry quand je sentis quelque chose se poser sur mes yeux, et une voix douce et posée me murmurer dans l'oreille : « Bonne St Valentin Miss Weasley… »

Un sourire se dessina sur mon visage alors que je reconnaissais la voix d'Harry. Il enleva ses mains de mes yeux et je penchai ma tête en arrière pour recevoir mon baiser du matin. Alors que les autres s'en allaient, il vint s'asseoir à côté de moi, et me pris dans ses bras pour un câlin matinal.

La salle commune se vidait petit à petit. Tout le monde partait pour profiter de cette journée. Harry et moi restions assis, regardant les autres partir. Nous ne parlions pas, on était juste ensemble, on profitait. Lorsque tout le monde fut parti, Harry se leva, et me tendit une main. Je le regardai, surprise. Il me fit un sourire et me dit « Tu me fais confiance ? » J'hésitai un peu, avant de prendre sa main et de me lever à mon tour. Il me guida dans les couloirs, jusqu'à ce que nous sortions du château. Nous nous dirigeâmes vers le lac, toujours sans parler.

Nous nous arrêtâmes sous un arbre. Il s'assit et m'encouragea à en faire autant. La vue était splendide, nous avions une large vue du lac et du parc, au loin nous apercevions la forêt interdite, et la cabane d'Hagrid. Harry s'appuya contre l'arbre, et moi je m'appuyai contre lui. Aucune parole ne fut échangée. Juste être là, ensemble, c'était suffisant.

Au bout d'un moment, je me décidais à parler, mais c'était un murmure gêné, dû à ce silence.

« C'est si silencieux… on croirait presque que nous ne sommes pas dans un monde réel… on dirait un rêve… »

Même si je ne le voyais pas, je pouvais dire que Harry souriait. Il bougea un peu, puis je vis qu'il avait pris sa baguette… Il fit un geste du poignet, le même que celui qu'Hermione avait fait lors de la soirée dans la salle commune de Gryffondor, et une musique, assez rapide en sorti. Harry ne disait rien, et moi je me contentais d'écouter.

Words like violence

Break the silence

Come crashing in

Into my little world

Painful to me

Pierce right through me

Can't you understand

Oh my little girl

All I ever wanted

All I ever needed

Is here in my arms

Words are very unnecessary

They can only do harm

Un sourire se dessina sur mon visage. Je me blotti un peu plus contre Harry. Profitant de cet instant, écoutant la chanson et observant le paysage.

Vers midi, Harry, d'un coup de baguette, fit apparaître un panier repas, et une nappe. Je ris tellement ce romantisme n'était pas dans nos habitudes. Il me regarda un peu gêné. Puis nous mangeâmes en nous rappelant certains souvenirs.

Au début, nous étions un drôle de couple. On passait notre temps entre dispute et réconciliation. Même notre premier baiser était une dispute. Puis le temps a fait que nos sentiments sont devenus plus forts, nous avons fini par trouver une harmonie. Certaines soirées revenaient comme ça dans nos souvenirs. Comme par exemple celle où nous avions été enfermé dans un placard à balai par Fred et George chez moi. Nous avions commencé à nous disputer, puis comme à chaque fois, nous avions fini par nous embrasser passionnément. Les jumeaux, inquiets de ne plus entendre de bruit, avaient ouvert la porte, à un moment plutôt embarrassant. Quelques vêtements étaient déjà par terre, les mains d'Harry parcouraient mon corps, et j'étais plaquée contre le mur. Les jumeaux sont devenus rouges de colère. Harry et moi, rouges de honte.

Ce soir-là, Harry a été obligé de partir de la maison en courant. Les jumeaux à ses trousses, suivis par Ron et Bill qui avaient été mis au courant, pendant que Charlie s'occupait de moi. Au bout de 30 minutes de cris et de bruits précipités dans la maison, ma mère avait finit par sortir de sa chambre, et descendis voir ce qu'il se passait. Charlie lui fit un rapide résumé de la situation. Ma mère bien sûr se mit en colère, elle sortit dans le jardin et appela les garçons qui couraient toujours après Harry. Une fois tout le monde réunis dans le salon, elle commença par crier sur mes frères, pour leur comportement immature et dangereux (« Vous auriez pu mettre Harry en danger ! Et si des mangemorts avaient été dans les environs ? ») puis après, ce fut mon tour. Bien sûr, elle n'allait pas crier après Harry.

Derrière elle, je pouvais voir Harry qui ouvrait la bouche de temps en temps, comme pour dire quelque chose. Parfois il devait y arriver, mais aucun son ne me parvenait, à cause du volume sonore de la voix de ma mère. Au final, ma mère a finit par se calmer, elle est remontée se coucher. Mais bon, ce qu'elle n'a jamais su, et ce que personne n'a jamais su, c'est qu'Harry a quand même finit la nuit avec moi… dans ma chambre. On en avait rit cette nuit-là, et on en riait encore alors que nous l'évoquions sous cet arbre, pour notre 2ème St Valentin.

Après nous être rassasier, je m'allongeai sur l'herbe, profitant des timides lueurs du soleil. Harry s'allongea à côté de moi et commença lui aussi à observer le ciel. Pas pour longtemps cependant. Il finit par m'observer moi, puis finalement il se mit à m'embrasser, puis me grimpa dessus. Nos baisers se faisaient plus osés, et finalement, avant de ne pouvoir se contrôler, il me tendit une nouvelle fois la main, l'air déterminé et pressé. Je me mis à rire, puis je pris sa main, et nous courûmes dans les couloirs, jusqu'à la salle sur demande. Une fois arrivés dans le couloir, Harry ferma les yeux et passa rapidement devant le mur, trois fois. Il rouvrit les yeux pour y voir une porte. Il l'ouvrit et me fit signe de rentrer.

La pièce était éclairée par une lumière tamisée. Un petit buffet était contre le mur, sur la droite. Sur ce buffet se trouvaient deux bouteilles de bieraubeurre, avec deux coupes. Au fond de la pièce, il y avait un immense lit, avec des draps de satin blanc, qui brillaient sous la faible lueur des lampes à pétrole. Harry ne me laissa pas le temps d'en voir plus, car il m'entraîna sur le lit et nous recommençâmes ce que nous avions commencé en bas.

Environ deux heures plus tard, nous étions tous les deux épuisés, mais heureux. Nous restâmes un long moment l'un contre l'autre. Les mots n'étaient vraiment pas nécessaires. Puis je finis par lui demander ce que lui voulais le professeur Dumbledore, la fois où il m'avait demandé de l'appeler.

- En fait, me dit Harry, il voulait me parler d'une légende. J'ai pas trop compris pourquoi.

- Quelle légende, demandais-je.

- Celle du bracelet d'éternité… tu la connais pas ?

- Non, jamais entendu parler…

Harry se redressa et s'assit, il me fit signe de m'asseoir contre lui. Il passa ses bras autour de ma taille et commença à me raconter la légende.

- En fait, au Moyen-Âge, il y avait un couple qui s'aimait énormément. Mais la femme était très très malade. Elle s'affaiblissait de jour en jour. Son mari, qui ne pouvait pas supporter l'idée de la perdre, s'affairait jour et nuit à la construction d'un bracelet magique (ils étaient sorciers tous les deux). Il fit donc un bracelet d'argent, surmontée de trois rubis, symbolisant leur amour. Il ensorcela son bracelet du mieux qu'il put. L'état de sa femme s'empirait de jour en jour, jusqu'au jour où elle mourut. Il lui promit qu'il la sauverait et qu'il pourrait rester ensemble pour l'éternité. Il continua à travailler sur le bracelet jusqu'au jour où il fut fin prêt. Ce bracelet avait le pouvoir de l'emmener dans le passé, pour sauver sa femme. Malheureusement, il avait fait appel à des sorts très obscurs pour pouvoir retourner dans le passé, il y avait donc plusieurs conditions : pour partir dans le passé, il devait aimer sa femme à en perdre son âme, il devait être prêt à mourir, si cela échouait. Alors l'homme a mis le bracelet, et a fait plusieurs manipulations, avant de se retrouver dans son passé. Sa femme était de nouveau vivante, et lui avait pris possession de son corps à l'époque. Il essaya tous les sortilèges qu'il connaissait, aucun ne fonctionnait. Alors il s'étendit auprès d'elle, et il mourut à ses côtés.

L'histoire était simple mais bouleversante. Je ne savais pas quoi dire. Harry remarqua mon trouble et me serra encore plus fort.

- Il paraît, me dit-il, qu'un autre homme s'en est servi quelques siècles plus tard, et qu'il aurait réussi. Il aurait jeté le bracelet dans une rivière d'or. C'est une belle histoire, tu ne trouves pas ?

- C'est beau certes, murmurai-je, mais c'est triste. Et puis ce n'est pas vrai si ?

- C'est une légende, donc je ne pense pas que cela existe. On en aurait entendu parler.

Nous ne dîmes plus rien pendant quelques temps, jusqu'à ce que nous nous sentions plus à l'aise. Petit à petit, nous avons recommencé à parler, de choses et d'autres, de choses qui n'avaient aucune importance. Finalement, nous nous rhabillâmes et nous nous dirigeâmes vers la salle commune, en riant comme des enfants. Nous avions passé une excellente journée, aucune journée à Pré-au-Lard n'aurait pu être mieux. On s'aimait tout simplement, sans essayer de se montrer autrement. Malheureusement, cette journée fut la dernière où nous fûmes vraiment heureux tous les deux. A peine deux semaines plus tard, nous commençâmes à descendre un long chemin étroit et obscur, parsemé de morts, de sang, et de tragédie. Le Harry que je connaissais a changé ensuite. Il était beaucoup plus sombre, il avait besoin de sa solitude. Mais je savais qu'il m'aimait, car le cœur battait toujours. Ce cœur qui est aujourd'hui immobile sur le corps froid de son porteur. Tout est terminé. Et pourtant il vit toujours en moi, comme les autres victimes de cette guerre atroce. Aujourd'hui j'aimerai tant pouvoir le dire encore et encore : Harry, je t'aime.