Me revoilà avec un nouveau chapitre. Je suis désolée d'avoir mis autant de temps à l'écrire, je tiens à m'excuser mais voilà, il y a des moments où il faut faire un choix et j'étais bien partie pour réviser un concours ainsi que ma licence. Maintenant que j'ai terminé, je peux reprendre l'écriture de cette fiction à un rythme beaucoup plus convenable. Bonne lecture et merci à tous pour vos reviews.


Le reste du mois de février se passa plutôt bien, malgré l'absence d'activité des mangemorts qui devenait suspecte. Ce calme apparent était bien faussé, car au début du mois de mars, quelque chose de terrible se produisit.

L'ambiance dans la tour de Gryffondor était toujours joyeuse, les derniers temps avaient été très calmes et cela détendait les esprits. En cette fin de semaine, alors que le ciel se faisait plus clément, annonçant doucement l'arrivée du printemps, la saison de Quidditch devait prendre fin. Harry et Ron s'entraînaient beaucoup. Hermione et moi révisions, profitant des lueurs du soleil qui commençait à se réchauffer.

Pour résumer, tout allait pour le mieux. La veille du match, nous nous réunîmes dans la salle commune, avec Seamus, Dean, Neville et Parvati. Les débats allaient bon train. Bien sûr, le match de Quidditch était dans tous les esprits : la victoire était nécessaire pour remporter la coupe, jusqu'alors précieusement conservée dans le bureau de notre directrice. Nous parlâmes jusqu'à ce que Harry, soucieux d'apporter une victoire supplémentaire à son équipe, oblige tous les garçons à aller se coucher, pour pouvoir être en forme.

Hermione, Parvati et moi restâmes pour discuter dans la salle commune. Les derniers temps avaient apparemment fait fleurir des projets. Au cours de la discussion, nous apprîmes même que Neville avait proposé à Parvati de se fiancer une fois sortis de Poudlard. Ils comptaient emménager dans un petit appartement de Londres, et poursuivre ainsi les carrières qu'ils envisageaient. Parvati voulait ouvrir une boutique avec Lavande, et Neville lui, sans surprise, se destinait à une carrière de chercheur en botanique. Hermione parla de ses projets avec Ron. Moi je me taisais. Bien sûr, avec Harry, nous n'avions pas de projets. L'avenir était beaucoup trop incertain. Malgré ma déception, j'arrivais à ne pas trop m'attacher à tout ça. A ce moment-là, mon seul projet était de vivre heureuse, de voir Harry survivre. Le voir revenir avec un sourire en me disant que tout est terminé. Malheureusement, mon projet s'est effondré, comme une statue de verre qui aurait été brisée en mille morceaux par un bras de fer. Cependant, voir mes amies heureuses étaient déjà un plus. Si elles l'étaient, je pensais pouvoir l'être aussi un jour. Mais je voyais leurs regards, comme pleins de sollicitude, se tourner vers moi, conscientes que je n'avais pas de projets. Alors petit à petit, la conversation cessa. Et nous montâmes nous coucher.

Le lendemain, les membres de l'équipe étaient tous stressés. Il faut aussi avouer que les Gryffondor ne leur rendaient pas la tâche facile. Dès que les élèves arrivaient, ils allaient les saluer en leur rappelant l'enjeu de ce match, à quel point tous les Gryffondor comptaient sur leur équipe. Alors tous se regardaient, les yeux pleins de l'angoisse qui les habitait. Ils mangèrent très peu, se contentant de changer les aliments de place dans leur assiette. Hermione, Parvati et moi plaisantions pour essayer de détendre l'ambiance. Seulement, ils ne nous entendaient même pas. Ils ne réagirent pas non plus lorsque nous nous levâmes pour partir. Ils regardaient leurs assiettes, perdus loin dans leurs pensées. Nous sourions devant cette image, eux d'habitude si fiers et toujours en train de faire valoir leurs capacités au quidditch, d'un coup ils ne disaient plus rien. Quelques temps après notre départ, ils finirent par réaliser qu'il était temps pour eux de rejoindre le stade…

Les gradins étaient pleins à craquer. On aurait dit que toute l'école s'était déplacée pour voir ce match. De loin, on aurait pu croire que c'était un stade à l'effigie de Gryffondor, tant le rouge et l'or se mêlaient sur une bonne partie du stade, se confondant presque avec le soleil à son zénith. Nous nous installâmes au milieu des Gryffondors, pour observer le match et encourager notre équipe comme il le fallait. Perdue dans la masse, je scrutai le terrain, espérant apercevoir un éclat de chevelure noire. Alors que les supporters commençaient à hurler leur impatience, les portes des vestiaires s'ouvrirent pour laisser passer les joueurs des deux équipes. Les Serpentards semblaient sûr d'eux, mais pourtant, je pouvais voir que leurs balais tremblaient légèrement. Les deux capitaines se firent face, se serrant la main hargneusement, pendant que les autres joueurs se jetaient des regards mauvais, sûrement en se murmurant des insultes quelconques pour déstabiliser l'adversaire. Bientôt, tous les balais fendirent l'air, chacun gagnant son poste, et le match débuta. J'observai mon Harry perché là haut sur son Eclair de Feu. Il avait l'air moins angoissé, ce qui était bon signe. Le match se passait plutôt bien. Certes, les deux équipes semblaient déchaînées, n'ayant aucune pitié. Gryffondor menait le jeu. Soudain, je vis Harry se précipiter vers un point. Il devait avoir repéré le vif d'or. Effectivement, quelques secondes plus tard, il remonta en chandelle, le point levé en signe de triomphe, avec un grand sourire. Il semblait chercher quelque chose des yeux. Lorsqu'il me vit, il me fit un clin d'œil. Plusieurs supporters se ruèrent sur le terrain, soulevant l'équipe de Gryffondor, comme une marée humaine emportant au loin les héros du jour.

Hermione, Parvati et moi nous levâmes joyeusement pour nous rendre à la salle commune. La foule était joyeuse, les Serpentards avaient perdus. Même les Serdaigles et les Poufsouffles passaient en félicitant les Gryffondors.

Nous étions toutes très heureuses de savoir que Gryffondor avait gagné. Au loin, nous entendions des cris. Parvati nous regarda avec un sourire éclatant.

« Il semblerait que les supporters de Gryffondor soient vraiment déchaînés ! Je pense que ce soir ne sera pas de tout repos une fois de retour dans la tour.

- Absolument d'accord, répondit Hermione. »

Les cris devenaient de plus en plus fort. Nous, pauvres insouciantes que nous étions, pensions que ces cris étaient les cris de joie des Gryffondor… Mais lorsque nous entendîmes un cri déchirant, qui nous glaça le sang, nous comprîmes qu'autre chose était en train de se passer. Quelque chose de terrible. Aujourd'hui, quand je repense à ce qu'il s'est passé, je ne peux m'empêcher de pleurer… Ce jour-là fut le théâtre d'une tragédie, le jour où j'ai perdu une amie.

Alors que nos regards s'assombrissaient à cause de ces cris, nous vîmes Neville arriver en courant. Il s'arrêta à notre niveau, les yeux remplis de la peur qui le hantait. Il ne pu balbutier que quelques mots.

« Mangemorts… entrée… Poudlard… renfort… »

Il nous regarda d'un air suppliant. Il semblait partagé entre l'envie de nous hurler de nous réfugier dans la tour de Gryffondor afin de nous protéger. Mais ils avaient besoin de renfort. D'un regard, nous lui fîmes comprendre que nous allions les rejoindre dans le combat. Nous commençâmes à courir en direction de l'entrée du château. Au fur et à mesure que nous approchions du terrain de combat, nous vîmes des éclairs fuser dans tous les sens, le lieu était auréolé d'une poussière, donnant à la scène un aspect de chaos. Oui, c'était le chaos là-bas, une odeur de mort régnait sur les lieux alors que nous approchions. Je levai les yeux au ciel, et je vis qu'un symbole présageait cette attaque. Mais pourquoi ne l'avions-nous pas vu ? La tête de mort, avec le serpent qui en sortait, aurait dû nous apparaître, mais nous étions tellement préoccupés par le match. Je fus prise d'un fort sentiment de culpabilité. Comment avions-nous pu nous laisser aller ? Comment avions-nous pu croire que rien ne nous arriverait au château ? J'aurais dû savoir que l'attaque que j'avais subie à Pré-au-Lard n'était pas un simple incident.

La marque des mangemorts illuminait le ciel d'une couleur macabre, comme si plus rien de bon ne pouvait advenir. La poussière cachait le ciel, le teintant d'un gris sombre, comme si jamais elle ne disparaîtrait pour laisser après ce combat un souvenir des pertes et de la tragédie.

Parvati, Hermione et moi sortîmes nos baguettes et nous jetâmes dans la bataille. J'aperçu Ron en train de se battre avec un mangemort, non loin de là. Je ne voyais pas Harry. Mais je ne pu le chercher plus longtemps car bientôt je vis un rayon rouge arriver en plein dans ma direction. J'eus tout juste le temps de me baisser. La rage m'envahi alors que je voyais tous ces criminels, ces fous qui suivaient un être immonde, cet être répugnant que l'homme de ma vie devait combattre. Un mangemort s'approcha de moi et j'entrai alors dans un duel violent, plein de rage.

Légèrement plus loin, j'aperçu Hermione au prise avec Beatrix Lestrange, Neville combattait deux mangemorts, et Parvati jetait des sorts à tous ceux qui passaient à proximité. Il y avait de nombreux élèves, je vis Luna, Seamus, Dean, et beaucoup d'autres, des membres de l'AD, la majorité des 7ème et des 6ème années. Quelques autres élèves qui avaient eu le courage de venir se battre, parfois pour venger un membre de leur famille, un ami, ou juste pour l'honneur, la gloire qu'il y avait à se battre.

Les professeurs étaient tous là aussi, ainsi que plusieurs aurors. Dans le chaos qui régnait, je pensais que c'était là, c'était le moment. Mais je n'apercevais pas le plus terrible de tous ces aliénés : Lord Voldemort. Cette bataille n'était qu'une menace. Elle m'apparaissait comme un entraînement. Ce n'était qu'une répétition pour la bataille finale.

Puis, petit à petit, les mangemorts commencèrent à reculer. Lorsqu'Albus Dumbledore arriva, beaucoup transplanèrent avec un petit rire. Ils étaient satisfaits d'avoir pu rentrer dans Poudlard. Ils venaient ainsi de démontrer que les protections n'étaient pas insurmontables. Ils venaient aussi de livrer un précieux indice quant au lieu de la bataille finale. Elle semblait s'approcher à grands pas.

Lorsque tous eurent transplané, je me retournai pour constater l'étendue des dégâts. De nombreux corps gisaient à terre. Certains étaient juste blessés, mais d'autres étaient morts, froids comme la pierre sur le sol du parc de Poudlard. Je vis Harry courir vers moi, me serrer très fort contre lui. Ses muscles étaient tendus, je le sentais. Sa respiration était très accélérée.

« J'ai eu si peur pour toi ma Ginny, murmura-t-il. J'ai eu si peur de te perdre. Je ne savais pas où tu étais. »

Je me serrai davantage contre lui, profitant de la chaleur de son corps. J'avais eu si peur de le perdre aussi.

Soudain, un cri fendit l'air, autant qu'il déchira nos cœurs. Un « NON » si fort et si puissant qu'il laissa un grand silence après. Harry et moi nous détachâmes l'un de l'autre. Nous nous regardions, sachant parfaitement à qui appartenait cette voix. Sachant très bien qui venait de mourir. Tous les deux, nous savions parfaitement qu'un deuil se préparait. L'un d'entre nous venait de succomber à l'attaque de l'ennemi. Un amour venait de mourir à cause des mangemorts.

Le cri s'affaiblit. Nous nous retournâmes et nous aperçûmes son visage ruisselant de larmes. Les larmes que sa douleur provoquait. La silhouette s'effondra à terre, pour prendre dans ces bras le corps sans vie de son amour.

Il pleurait ainsi sur le corps de son amante. Harry s'approcha, lui posa une main sur l'épaule comme pour le soulager, pendant que je m'approchais, les yeux larmoyants, afin de dégager le corps de son étreinte.

Harry le regarda et l'obligea, doucement mais fermement, à se relever. Il le pris par les épaules et l'obligea à le regarder dans les yeux.

« C'est fini… Elle est morte Neville. »

Et Neville s'effondra de désespoir, alors que les aurors rabattaient une couverture sur le visage de celle qu'il avait tant aimé. Parvati n'était plus.