Bonjour à tous!! Je sais, cela faisait très très longtemps que je n'avais pas posté de nouveaux chapitres. Mais maintenant que j'ai un peu de temps devant moi, je reviens avec ce chapitre. Je peux vous assurer que vous aurez 2 ou 3 autres chapitres avant les vacances de Noël. J'espère même pouvoir terminer ma fiction avant la rentrée. Voilà, je m'excuse donc de ce retard plus qu'important et je vous souhaite une bonne lecture.


Après cette intrusion et l'atroce bataille qui avait suivie, entraînant la perte de Parvati, Neville sombra, au départ, dans une profonde indifférence. Il semblait ne plus rien voir de ce qui l'entourait. Ses amis faisaient énormément d'efforts, pour le consoler ou le distraire, mais rien ne l'atteignait. Les pitreries de mon frère, les bons conseils d'Hermione, une partie d'échec, ils mettaient toute leur énergie pour le faire sortir de sa dépression. Mais rien n'y faisait.

Une cérémonie d'adieu avait été organisée à Poudlard, l'enterrement avait déjà eu lieu dans le village de Parvati. Toute l'école s'était réunie dans le parc, sous un ciel gris et mélancolique, comme l'esprit de tous ceux qui avaient connu Parvati. Nous étions au premier rang. Neville semblait amorphe, comme perdu au loin dans ses pensées, dans ses souvenirs. Ses yeux étaient vides de toute expression, mais si on regardait un peu plus, on apercevait un profond désespoir, comme si la vie l'avait quitté lui aussi.

Le professeur Dumbledore monta sur l'estrade et nous regarda tous par-dessus ses lunettes en demi lune. Son regard se fixa sur Neville. Ce dernier sembla soudain prendre conscience du silence qui régnait en ce lieu et leva les yeux pour regarder notre directeur. Une brise souffla, glaciale. L'élève et le professeur semblaient s'entretenir, et pourtant aucun son ne venait troubler la mort qui semblait nous entourer. Puis le professeur Dumbledore commença son discours.

« Au cours de cette guerre, nous avons tous dû souffrir. Nous avons perdu nos proches : notre famille, nos amis, les gens en qui nous faisions confiance. Nous avons perdu tant de gens que nous aimions. Mais aujourd'hui, nous sommes réunis pour déplorer une perte d'autant plus tragique qu'elle n'aurait pas dû être. Mademoiselle Parvati Patil, membre de la maison de Gryffondor, est décédée il y a deux semaines, suite à une attaque de Mangemorts dans l'enceinte de l'école. Nous pensions que Poudlard était l'endroit le plus sûr d'Angleterre. Mais nous avions tort et aujourd'hui, nous payons le prix de notre naïveté. Cependant, il ne faut pas nous laisser abattre. Cette tristesse qui ronge vos cœurs aujourd'hui ne doit pas être la cause de l'absence de volonté. La guerre est toujours là, et la perte de Mademoiselle Patil doit nous le rappeler. La fin approche, il est temps de rassembler vos forces. Afin que plus jamais vous n'ayez à subir la perte d'un être cher. Vous avez démontré que vous êtes capables d'affronter le pire. Aujourd'hui, je vous demande d'affronter plus que ça. De surmonter votre peine et de montrer à quel point nous pouvons être fiers de vous. »

Il s'arrêta et dévisagea l'assemblée. Tous les yeux étaient fixés sur le professeur, et tout le monde réfléchissait à ce qu'il venait de dire. Je tournai mon regard vers Harry. Il semblait réfléchir intensément. Il se mordillait la lèvre comme si quelque chose le tracassait. J'avais ma petite idée de ce qui le préoccupait. Neville lui, avait les joues rouges, et dans son regard, je pouvais voir briller un feu, sauvage et déroutant.

La cérémonie se termina. Tous les élèves rentraient peu à peu au château. Neville et nous tous sommes restés dans le parc, les uns à côté des autres, sans dire un mot. Lorsque nous sommes rentrés au château, tout était si calme. Nous sommes remontés à la tour de Gryffondor, perdus dans nos pensées. Neville est directement monté dans son dortoir, sans dire un mot, comme un automate qui sait ce qu'il a à faire. Seamus et Dean ont murmuré un « Bonne nuit… » avant de monter à leur tour.

Harry me regardait intensément. Il me prit la main et m'entraîna hors de la salle commune, en direction de la salle sur demande. Mais cette fois, aucun lit ne nous attendait. Nous étions dans une salle au mur blanc, couleur du deuil. Des fauteuils faisaient face au feu, qui crépitait avec douceur dans son âtre. Harry prit place dans un fauteuil et je m'assis face à lui, attendant qu'il se décide à parler. Cependant, les mots semblaient chercher leur place car il ne parvenait pas à exprimer quelque chose de cohérent. Alors je lui pris la main, et il me regarda avec douceur, mais ses yeux étaient pleins d'une tristesse infinie.

« Je me sens coupable Gin… J'aurais dû savoir que personne n'était prêt à attaquer… Parvati est morte et c'est ma faute.

- Mais Harry…, commençai-je.

- Il n'y a pas de mais Gin… Nous ne sommes pas prêts, je ne veux plus déplorer aucune mort, surtout que c'est ma faute. Je pense qu'il est temps de reformer l'AD… Mais cette fois il faut que ça soit reconnu. Il faut que le professeur Dumbledore me donne son accord pour essayer de rassembler le plus de monde possible. Et pourquoi pas voir avec Tonks si elle peut aussi transformer ses cours, ou rajouter des heures supplémentaires et…

- Harry, calme toi. C'est une bonne idée de reformer l'AD. Demain tu iras parler avec Dumbledore, et vous discuterez des détails avec lui. Mais arrête de penser que c'est ta faute. Parvati était une excellente combattante. Seulement nous avons tous des moments où il est difficile de résister. Elle a reçu le sort mortel Harry. Elle ne pouvait pas s'en sortir.

- Mais moi j'ai survécu…, murmura-t-il les yeux pleins de larmes. »

Il lutta quelques secondes avant d'éclater en sanglot. Sa faiblesse, c'était ça. Il pensait tellement qu'il pouvait sauver tout le monde. Mais en temps de guerre, c'est impossible. Je me penchai vers lui afin de le prendre dans mes bras pour le consoler. Je le berçais tendrement, lui disant qu'il ne pouvait pas éviter toutes ces pertes, mais qu'il avait la force de vaincre, que sans lui je ne pourrai plus exister. Petit à petit, il sombra dans un profond sommeil. Je le regardai dormir une partie de la nuit, en pensant à ce poids qui pesait sur ses épaules. Même quand il dormait, on pouvait voir ses traits se contracter. Il était si sensible. Je me blotti contre lui pour essayer de lui transmettre un peu de force. Et je m'endormis là, tout contre lui.

Le lendemain, les conversations avaient fait leur retour dans la Grande Salle. Pendant le petit déjeuner, tout le monde essayait de faire comme si tout allait bien. Le discours de Dumbledore avait fait naître en eux la flamme qui leur manquait pour se battre. Les conversations tournaient toutes autour des cours de défense. Il était temps de réagir. Tout le monde en était conscient. Harry lui, ne parlait pas. Il regardait le directeur. Il se tourna vers moi et me dit qu'il irait lui parler de l'AD le soir-même.

Ce que je vais vous raconter maintenant, je n'en ai pas le souvenir, je n'étais pas là. Mais j'ai pu l'observer dans la pensine d'Harry.

Ce jour-là, ils avaient cours de Défense contre les forces du mal. Tonks avait décidé de pratiquer des sortilèges de défenses plus difficiles, plus complexes, mais plus efficaces en cas d'attaques. En effet, elle aussi avait réalisé l'importance de la défense depuis l'attaque des Mangemorts. Les équipes se formèrent. De façon un peu surprenante, Neville demande à Hermione d'être sa partenaire pour ce cours-ci. De bon cœur, celle-ci accepta. Après ce qu'il avait vécu, Hermione ne pouvait qu'accepter.

Dans chaque binôme, un devait attaquer, et l'autre se défendre. Neville demanda à Hermione s'il pouvait attaquer. Son regard était froid, implacable. Et cette lueur de haine, qui était apparue à la cérémonie d'adieux, tremblait avec force. Hermione accepta encore, pour le pauvre Neville. Mais lorsque le signal fut donné par Tonks, Neville commença à attaquer. Ses attaques étaient puissantes car conduites par la haine qui l'habitait. Hermione, surprise, se fit avoir par le premier sort, un expelliarmus qui envoya sa baguette à l'autre bout de la classe. Elle se retrouva alors démunie. Mais Neville, aveuglé par sa rage, continua à envoyer des sorts, tout aussi violents les uns que les autres. Malheureusement, personne ne le réalisa au départ, car Neville n'apparaissait pas comme un concurrent violent. Hermione souffrait sous l'enchaînement des sorts.

Soudain, Ron, qui voulait demander un conseil à Hermione pour un sort, se retourna et aperçu Hermione à terre. Il se tourna et vit Neville qui s'apprêtait à lancer un autre sort. Alors il perdit le contrôle. Ron se jeta sur son ami et commença à le ruer de coups. Seamus et Dean intervinrent pour les séparer alors que Harry se précipitait sur Hermione pour voir dans quel état elle était. Lavande partit en courant vers l'infirmerie. La classe était un véritable chaos de cris, de pleurs. Ron et Neville furent séparés. Tonks vint les voir pour demander ce qu'il s'était passé.

« Ce salaud a désarmé Hermione et a continué à lui envoyer sort sur sort, hurla mon frère.

- Est-ce vrai Neville ? demanda le professeur.

- Ils avaient pas le droit de la tuer, hurla Neville. Ils avaient pas le droit ! Comment ils ont pu faire ça ? Elle aurait dû être en vie ! »

Puis, il s'effondra, des sanglots secouant son corps comme si c'était un vulgaire tas de chiffons. Il ne cessait de murmurer qu'elle aurait dû être en vie. La classe retrouva son calme. Un silence effrayant, seulement perturbé par les sanglots de leur ami. Harry s'approcha de lui et se baissa pour être à son niveau.

« Neville, je sais que tu as mal, mais tu ne peux pas agir comme ça avec Hermione, ni avec personne d'autre. C'est dur à admettre, mais elle ne reviendra pas ! On ne peut pas faire revivre les morts tu entends ? »

Neville hocha la tête, mais ses larmes se firent plus intenses encore.

Harry se releva et regarda la classe, encore sous le choc. Son regard se posa sur leur professeur. Ils se regardèrent un instant.

« Je vais rouvrir l'AD. On ne peut pas laisser les Mangemorts ôter des vies comme bon leur semble. Il faut réagir. »

Il se tourna et quitta la classe, en direction du bureau du directeur, laissant derrière lui tous ces camarades, hésitants quant à la conduite à tenir, et un Neville toujours recroquevillé sur le mur.


Le prochain chapitre s'intitulera "Tragédie", il sera immédiatement suivi du chapitre intitulé "Rage". Après ces deux chapitres, nous entrerons dans la phase finale de la première partie de la trilogie que j'ai prévu.