Liaison Dangereuse



Il est habituel de dire que deux personnes qui s'aiment sont liées. Pour Van et Hitomi cette expression va prendre un sens qui les mettra vite en danger. Et lorsqu'un Roi pas très bien intentionné s'en mêle, les choses deviennent réellement très dangereuses…

La première partie de ce chapitre contient une scène pouvant choquer, pour ceux qui le souhaiteraient je peux faire une version plus « tout public » même si cela risque de dénaturer le personnage de Dixeh, demandez le moi si vous le désirez.


Chapitre 4 : Viol, jalousie et réconciliation

Dixeh était hors de lui. Qui lui avait donné pour assistants des abrutis pareils ? Cela faisait des mois qu'ils tentaient d'atteindre la Fille de la Lune des Illusions par l'intermédiaire de Roi de Fanélia sans y parvenir ! Et maintenant, pire que tout, ledit souverain avait eu vent de son plan !

Dans l'état où étaient les choses se mettre Van Fanel à dos était très dangereux. Il était puissant, très puissant même, trop puissant. Dixeh avait pertinement conscience de ne pas encore être en mesure de tenir ses positions en cas de conflit ouvert. Non, il fallait que Fanélia et l'Alliance continuent à ignorer son but profond. C'était impératif ! S'ils entendaient parler de l'Ange du Changement…

Le tyran déglutit difficilement en s'imaginant les conséquences. Dont la première serait sans doute sa mort. Pas question ! Il fallait qu'il gagne. Il travaillait sur ce plan depuis tellement d'années. Pas question que tout s'écroule si près du but !

Mais si le Roi fanélien apprenait qu'il était celui qui tentait de s'en prendre à la Fille de la Lune des Illusions… Dixeh grimaça. La colère de souverain serait sans doute impressionnante. Voire mortelle. Non, cela ne devait pas arriver. Il fallait que les espions de l'Alliance soient mis hors d'état de nuire. Le plus vite serait le mieux !

Cela dit, même dans la perspective de l'anéantissement pur et simple de tous ces espions, demeurait un problème de taille : Van Fanel était déjà au courant de ses projets.

« Feroch ! »

Le cri de Dixeh fit trembler la pièce et quelques instants plus tard, le sorcier Zaïbacher arrivait essoufflé.

« Monseigneur ? »
« Nous allons changer d'approche. Le Roi de Fanélia s'attend à ce qu'on tente de s'en prendre à sa personne, il sera sur ses gardes, nous devons donc être plus malins que lui. Que proposez-vous dans ce sens ? »

Les yeux de Feroch s'agrandirent alors qu'il se mettait à suer. Comment Dixeh voulait-il qu'il créer un plan là, sur le moment, sans avoir le temps d'y réfléchir ? Le scientifique savait bien que si il ne trouvait pas rapidement une idée à soumettre au tyran il risquait sa tête. Que faire ? Il ne savait pas. Il n'avait pas la moindre idée.

Respirant profondément, il tenta de se calmer pour pouvoir raisonner correctement. Le but de Dixeh était de tuer la Fille de la Lune des Illusions qu'il pensait être l'Ange du Changement annoncé par la prophétie de la Grande Prophétesse. Le problème était que la dite jeune fille se trouvait sur la lointaine et inaccessible Lune des Illusions. Elle était donc intouchable. Le seul moyen de l'atteindre était cette Liaison qu'elle partageait avec le Roi de Fanélia. Mais celui-ci, étant au courant du désir de Dixeh de tuer la Fille de la Lune des Illusions par son intermédiaire, serait sans nul doute très prudent. Et également inaccessible.

« Pourquoi ne pas envoyer des tueurs ? Ils pourraient poignarder le Roi de Fanélia dans le dos sans qu'il n'ait le temps de réagir. »

Feroch doutait que cela puisse réussir. Mais mieux valait ne pas s'attirer les foudres de Dixeh en disant qu'il n'avait pas d'idée.

« Mmm… Peut-être. » fit le tyran, rêveur.
« Maître ! » s'écria soudain une voix.

L'interpellé reporta son attention sur la personne qui venait de pénétrer dans la salle, traînant avec lui une jeune femme au visage ensanglanté et aux vêtements déchirés.

« Ah ! » s'exclama-t-il gaiement. « Mon cher Arkú, que m'amenez-vous de beau ? »
« Une espionne, ô mon maître. »

Pour appuyer ses paroles, le dénommé Arkú poussa la jeune personne en avant. Blessée, elle tituba et s'écroula sur le sol aux pieds de Feroch. Elle releva difficilement la tête, et le sorcier put voir à travers ses cheveux sombres, deux superbes yeux améthyste emplis de colère et de haine.

« Eh bien, » siffla Dixeh. « Le Roi de Fanélia à décidément bon goût. Car c'est pour lui que tu travailles n'est-ce pas beauté ? »

Mais elle resta résolument silencieuse. Feroch la regarda avec incompréhension. Ne comprenait-elle pas ce qui allait lui arriver ? Comment pouvait-elle rester là, passive, à le fusiller de son si beau regard ?

« Feroch, je crois que vous ne connaissez pas Arkú, » observa Dixeh sans quitter la belle espionne des yeux. « Il s'agit d'un de mes officiers personnels. »

Autrement dit, une de ses grosses brutes que le tyran envoyait pour faire peur, tuer et encore piller. Décidé à ne pas se mettre une telle personnalité à dos, le sorcier le salua poliment.

« Maintenant, laissez moi ! » fit Dixeh avec un sourire qui fit froid dans le dos de Feroch. « Je vais interroger notre amie… »

Au regard que son maître lançait à la jeune femme, le scientifique comprit que l'interrogatoire qu'elle allait subir n'avait rien de conventionnel et qu'aucune information n'allait lui être demandée.

Remerciant le Dieu-Dragon de l'avoir fait homme, il s'apprêtait à sortir lorsque Dixeh l'interpella.

« Feroch ! Restez dans le couloir, je veux que vous puissiez me faire part d'un nouveau plan dès que j'aurais terminé ! »
« Bien monseigneur, » approuva l'interpellé avant de sortir.

L'attente dura des heures. Et le sorcier eut toutes les peines du monde à se concentrer. Les cris et les pleurs de l'espionne lui donnaient la nausée. Mais c'était sans doute les gémissements de Dixeh qui lui faisait le plus peur. Le tyran semblait prendre beaucoup de plaisir… Il adorait ça. Feroch le savait. Combien de fois déjà avait-il vu des femmes – principalement des servantes sortir en pleur et dans le plus simple appareil des appartements de son maître ? Il ne le comptait plus. Pour Dixeh, les femmes étaient des objets. Lorsqu'il les voulait, il les prenait. Et si cela pouvait être de force, c'était encore mieux. Alors quoi de mieux qu'une espionne fanélienne ?

Lorsque les cris se turent enfin Feroch ferma les yeux, remerciant les Dieux d'avoir choisit le bon camp en souriant. Il avait enfin eu une idée ! Dès qu'il entendit son nom, il entra.

Le corps de l'espionne était étendu au beau milieu de la salle. Elle était complètement nue. Du sang coulait entre ses jambes, ses si beaux yeux étaient révulsés et sa gorge avait été tranchée peu de temps auparavant...

A quelque pas, deux servantes, tremblantes, aidaient le maître des lieux à se rhabiller alors qu'un autre serviteur arrivait avec un unique verre et un bouteille que Feroch savait être de Shujerkö, un alcool très fort que Dixeh adorait boire après avoir fait ce genre de chose.

Tout en se saisissant de son verre, le tyran ordonna d'un geste à ses serviteurs de débarrasser le sol de la salle du corps sans vie de l'espionne avant d'aller se rasseoir sur son trône un sourire satisfait sur les lèvres. Il semblait de très bonne humeur ce dont Feroch se réjouit sans une pensée pour la pauvre jeune femme qui avait payé le prix fort pour que ce sourire apparaissent sur les lèvres d'un homme qu'elle haïssait et combattait.

« Alors Feroch ? »
« Et bien, maître, je crois que finalement les espions de Van Fanel peuvent nous être utiles… »

Dixeh eut un sourire lubrique.

« Si ils sont tous comme elle, je suis d'accord avec vous pour une fois. »
« En fait, mon idée est de faire croire au Roi de Fanélia que nous avons trouvé un moyen de nous rendre sur la Lune des Illusions. Ainsi, il fera venir la Fille de la Lune des Illusions sur Gaïa pour pouvoir la protéger. Et nous pourrons agir. »
« Mmm… Oui, c'est une idée brillante, se servir des propres agents de Fanel contre lui. C'est très bon ! Mais qu'est-ce qui nous dit que ce petit Roi ne préfèrera pas se rendre sur la Lune des Illusions pour y protéger la fille plutôt que de la faire venir sur Gaïa ? »
« Il suffit de faire en sorte que le Roi ne puisse pas quitter Gaïa. C'est facile, si la pression entre la dynastie Waxth et l'Alliance augmente les choses risquent devenir très chaudes et Van Fanel sera indispensable sur Gaïa. »
« Formidable… Oui formidable plan. Mes félicitations Feroch, peut-être n'êtes-vous pas si inutile que ça finalement… »

oo0O0oo

Van sentit soudain Hitomi s'évanouir. De nouveau, un vague d'inquiétude déferla sur lui. Il se sentait tellement impuissant. Il détestait ça. Pendant la guerre, il la protégeait à la force de son épée. Et maintenant… maintenant il était un danger pour elle.

« J'en ai assez ! Vous entendez ? Assez ! »

Mais son cri n'amena rien de plus qu'un écho. Il soupira. Il sentait le désespoir monter en lui. Mais il le refoula. Il devait en priorité savoir comment allait Hitomi. Et une seule personne pouvait lui permettre de la savoir. Arthëa.

Il fallut un certain temps au jeune homme pour réussir à contacter la prieure. Il n'arrivait pas à se concentrer. Il avait trop de choses en tête. Trop de préoccupations.

« Altesse ? »

Il fut soulagé lorsque la voix de la religieuse retentit dans sa tête.

« Arthëa ! Comment va Hitomi ? »
« Altesse ! Elle va bien, elle s'est juste écroulée en tentant de se lever mais vous devez rompre le lien mental ! Vous utilisez trop d'énergie, elle risque gros ! »

Van se gifla mentalement. Comment avait-il pu ne pas y penser ? Il se remit à tourner en rond. Il s'en voulait. Il avait mal et de nouveau il se sentait idiot et inutile. Et pire que tout, il ne pouvait même pas aller se défouler sous peine de blesser Hitomi.

oo0O0oo

De nouveau Hitomi et Arthëa progressaient dans les couloirs oniriques. Lorsqu'elles arrivèrent, la tempête du rêve de Van était à son plus fort. Tant et si bien que les deux jeunes femmes eurent tout le mal du monde à progresser. Le vent hurlait, le tonnerre grondait, la pluie tombait… La douleur de Van s'illustrait par ces éléments déchaînés.

Et le jeune homme était lui-même assit, la tête sur les genoux, sous un grand arbre qui rappela à Hitomi celui d'Atlantis. Ses cheveux trempés tombaient sur ses yeux. Il sembla à la terrienne réellement abattu.

Arthëa s'éclipsa silencieusement. Hitomi n'y prêta pas d'attention et s'avança avec difficulté – le vent rendait la progression difficile – jusqu'à Van.

« Van ? »

Surpris, le jeune Roi releva la tête pour se trouver face à la terrienne.

« Hitomi ? Comment vas-tu ? Je suis désolé ! »
« Désolé ? Pourquoi ? »
« Parce que je suis un idiot inutile. »
« Tu es un idiot, et c'est parce que tu penses que tu es inutile ! » fit Hitomi avec un sourire tendre.

Van croisa le regard amusé de son amie et il sourit à son tour.

« Et toi, comment vas-tu ? »
« Ce n'est rien, je… »

Délicatement, le monarque posa deux doigts sur les lèvres de la jeune fille.

« Je ne te crois pas. Mais nous faisons de notre mieux pour trouver une solution à ce lien. Ne t'en fait pas, nous allons nous en sortir. »

C'était un mensonge éhonté. Mais s'il gardait la maîtrise de ses sentiments Hitomi ne le saurait jamais.

« Je veux venir sur Gaïa ! »
« Je le voudrais également. Tout comme je voudrais pouvoir venir sur la Lune des Illusions. Mais Hitomi c'est trop dangereux pour toi ! »
« Je sais mieux que personne ce qui est dangereux pour moi ! Cessez tous de me dire ce que je dois faire ! Je vais bien ! »
« Ne dit pas de sottise. Arthëa m'a dit pas plus tard qu'il y a quelques heures que tu t'étais écroulée rien qu'en essayant de te lever… »
« Arthëa ! Oui, la grande Arthëa ! » le coupa Hitomi, énervée. « Si tu lui fait tellement confiance à cette Arthëa, tu n'as qu'à ne parler qu'avec elle! Puisqu'elle semble si importante ! »

En colère, elle tourna les talons, s'apprêtant à partir. Pendant leur discussion le temps était devenu plus clément même si la pluie continuait à tomber abondamment. Van rattrapa la jeune fille par le poignet sans lui laisser le loisir de faire trois pas. Il la força à le regardait. Il souriait avec amusement.

« Tu ne serais pas jalouse pas hasard ? »

Cette hypothèse semblait énormément amusé le souverain, si bien que, piquée au vif, Hitomi nia avec ferveur. Mais c'était sans compter la Liaison qui, pour la première fois depuis qu'il en avait découvert l'existence, sembla à Van très intéressant. Il fit un pas vers sa compagne, plantant son regard dans le sien.

« Vraiment ? »

Hitomi cilla. Les yeux de Van la troublaient. Son sourire en coin la troublait. Il la troublait. Certes, c'était le cas depuis longtemps, mais là… Elle découvrait un autre Van. Pas l'adolescent brisé, fier et un peu trop téméraire qu'elle avait connu. Le nouveau Van, celui qui la regardait avec ce regard tendre, amoureux et amusé. Celui qui s'amusait de la voir être jalouse et refuser de l'admettre.

« Vraiment ? » répéta-t-il doucement à l'oreille de la jeune fille.

Elle sentit ses joues se colorer.

« Bon, d'accord, peut-être un peu… »

Amusé, le monarque prit Hitomi dans ses bras.

« Je t'aime, » lui susurra-t-il à l'oreille. « Toi, et toi seule, n'en doute jamais. »

La jeune fille se blottit contre lui avec un sourire béat sur les lèvres.

« Où est donc passé le Van qui avait du mal à dire ses sentiments ? » fit-elle à mi-voix.
« Je ne sais pas… Il te manque ? »
« Mmm… Pas vraiment…»

Malgré le bien-être dans lequel elle se trouvait, il fallut à Hitomi se réveiller.

oo0O0oo

Lorsqu'elle s'éveilla, elle eut la mauvaise surprise de découvrir qu'elle se trouvait toujours dans sa chambre d'hôpital. Elle serait volontiers restée dans les bras de Van.

Après un soupir déçu, Hitomi regarda autour d'elle. Son regard tomba sur sa mère qui la regardait avec tendresse et tristesse.

« Où est Yukari ? » demanda-t-elle doucement.
« Elle est chez elle. »
« Je vais y aller. »
« Ne dis pas de bêtise, tu n'es pas en état ! »

Hitomi avait une impression de déjà entendu, mais elle ne dit rien, se contentant de grimacer. La porte de la chambre s'ouvrit alors sur un Amano souriant.

« Alors, comment va notre malade ? »
« Elle veut aller voir Yukari, » fit la mère de l'intéressée avec un air désapprobateur.
« Hitomi, ne bouge pas ! Je m'occupe de tout ! »

Il ne fallut qu'une heure au jeune homme pour revenir avec sa fiancée à ses cotés. Durant ce laps de temps, la mère d'Hitomi avait du partir pour retrouver Mamoru. Dès que les deux jeunes filles furent ensemble, Amano s'éclipsa rapidement.

« Ecoute, » fit doucement Hitomi, « je suis désolée de ne pas t'avoir parler de tout ça avant. Je… je voulais garder cette aventure pour moi. Dans mon cœur. Et puis après je ne pouvais plus en parler à personne. Ç'aurait été difficile pour moi de parler de certaines choses. A commencer par ma relation avec Van…»
« Van ? Le Roi dont tu as parlé ? Tu étais amoureuse de lui ? »
« Je le suis toujours. »

Yukari sourit.

« Et bien ma fille ! Un Roi ! Rien que ça ! Franchement tu aurais pu me le dire quand même ! » fit-elle avec un air conspirateur.
« Il était prince lorsque je l'ai rencontré, » précisa Hitomi.
« Tu sais, » conclut doucement Yukari, « je t'en veut toujours de ne rien m'avoir dit. Parce que je me suis fait beaucoup de soucis ! Mais au fond, ce n'est pas vraiment très grave. »

Les deux amies s'enlacèrent. Et finalement, Yukari s'assit sur le lit de sa compagne. Celle-ci fronça les sourcils en voyant l'air conspirateur de sa meilleure amie.

« Alors, tu vas tout me raconter de A à Z sur ce Roi de Fanélia… »

… à suivre …


Je suis désolée du retard de ce chapitre mais il se trouve que mon modem a rendu l'âme suite à de gros orages. Je ne peux donc hélmas pas vous dire quand sera publié le prochain chapitre mais je le mettrais en ligne dès que possible. En attendant, j'attends vos reviews pour me dire ce que vous pensez de cette fic...