Liaison Dangereuse
Il est habituel de dire que deux personnes qui s'aiment sont liées. Pour Van et Hitomi cette expression va prendre un sens qui les mettra vite en danger. Et lorsqu'un Roi pas très bien intentionné s'en mêle, les choses deviennent réellement très dangereuses…
Chapitre 5 : La princesse de Marlius
Comme la plupart des petites disputes entre amies, celle qui avait eu lieu entre Yukari et Hitomi fut vite mise de côté par les deux jeunes filles. La première s'étant prise de passion pour l'histoire de la seconde et du jeune Roi de Fanélia. Tant et si bien qu'Hitomi se mordit vite les doigts de lui avoir raconter. De plus elle semblait fortement intéressée par Allen, pour le plus grand déplaisir de son fiancé qui avait tendance à tordre le nez lorsque le nom du Chevalier Céleste revenait dans les conversations. Cette observation amusait beaucoup Rachel qui passait une grande partie de son temps libre auprès de son élève Liée. Arthëa restait toujours calme et détachée même si un petit sourire flottait sur ses lèvres.
Finalement, si on exceptait qu'elle était clouée dans un lit d'hôpital, Hitomi songeait que les choses allaient plutôt bien. Elle voyait souvent Van grâce aux interventions de la prieure, et même s'il lui arrivait de plus en plus souvent de parler comme un Roi de Gaïa plutôt que comme une lycéenne terrienne, la Liaison ne semblait pas créer de problème. L'énergie que lui donnait régulièrement Van faisait qu'elle se sentait mieux chaque jour.
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Van vit Babyl, un de ses gardes, entrer avec une mine affligée, suivit de près par un Allen visiblement amusé.
« Que se passe-t-il ? » s'enquit le jeune souverain.
« Elle est arrivée… »
A entendre le jeune soldat, Van eut la subite impression que quelque chose de terrible venait d'arriver. Quand à Allen, il semblait être sur le point d'éclater de rire.
« Quoi ? Que se passe-t-il ? Qui est arrivée ? »
« La princesse Flynn de Marlius. »
En entendant ce nom, le jeune Roi se laissa tomber dans son fauteuil. Alors que Fighin, qui se trouvait avec lui avant l'arrivée du garde et du chevalier, haussait les sourcils.
« Je ne vois pas où est le problème, » admit-il. « La princesse de Marlius a la réputation d'être quelqu'un de sympathique… »
« Tu parles ! » s'exclama avec horreur Van. « Depuis qu'elle s'est mise en tête de devenir Reine de Fanélia elle est imbuvable ! »
« Tu es mauvais, en plus elle est très belle ! Tu devrais te montrer plus ouvert ! » assura Allen avec un amusement non voilé.
« Je te conseille de te taire ou bien je remets ta relation avec Mirana sur le tapis ! Ou plutôt ton absence de relation… »
Cette réplique valu au souverain un regard noir de la part de son ami.
« En parlant de la Reine d'Astria, elle est également arrivée, Altesse, » intervint Babyl.
« Bien, où sont-ils ? »
« Dans la salle de réception de réservée aux Rois étrangers, Votre Majesté. »
Malgré son envie d'aller se cacher dans un endroit extrêmement reculé (peut-être la Vallée des Illusions ?) Van se rendit, Allen, Fighin et Babyl sur les talons, auprès de ses invités. Il entra avec appréhension dans la salle où étaient réunis les personnalités qui pouvaient décider de l'avenir de Gaïa. En entrant dans la pièce, le jeune homme fut frappé par l'atmosphère qui y régnait. Il avait rarement vu les souverains gaïens aussi tendus. Le Roi de Fanélia se mordit imperceptiblement la lèvre. Quel imbécile il faisait ! Il avait été tellement occupé à tenter de défaire la Liaison qu'il en avait complètement oublié de s'occuper de sa politique extérieure. Se traitant mentalement de tous les noms d'oiseaux qu'il connaissait, il s'avança sans se départir de sa majesté habituelle (il avait vite comprit que dans ce genre de réunion les apparences étaient primordiales) et s'assit sur le trône qui lui était alloué.
Un Roi se mit à parler sans que Van ne l'écoute vraiment. Il entendait ses paroles mais elles semblaient couler sans trouver vraiment de prise. Tous ces Rois qui n'avaient pas conscience… Qui n'avaient pas conscience qu'une vie se balançait au bout d'un fil. Que cette vie pouvait disparaître si rapidement… A cause de lui. Oui. A cause de lui. Qui était-il au juste pour pouvoir tenir la vie d'Hitomi entre ses mains ?
La voix roque du Roi d'Ekzardia sortit le jeune monarque de ses pensées.
« Vous devez comprendre Roi de Fanélia, la dynastie Waxth est un danger pour nous tous. Sa puissance ne cesse de croître. Elle peut nous éclater à la face à tout moment ! Nous sommes tous sur la une brèche qui menace de s'écrouler sans prévenir ! Il nous faut des solutions. »
Oui, il fallait des solutions. Tout le monde avait besoin de solution. Les Rois, Fighin, Hitomi… Tout le monde. Pourquoi se tournaient-ils systématiquement vers lui ? Van ne savait pas. Il n'avait pas de solutions. Il ne voulait pas en avoir. Il ne voulait plus sentir ce poids sur ses épaules. Il aurait voulu hurler. Hurler que non, il n'était pas l'envoyé du Dieu-Dragon. Qu'il n'était qu'un homme comme les autres. Trop jeune pour toutes ces responsabilités.
Mais il croisa le regard du jeune Duc de Fleid. Cid. Lui aussi était trop jeune. Mais il s'accrochait. Difficilement, douloureusement. Mais il s'accrochait. Van le voyait dans son regard si bleu. Si adulte déjà. Ils se fixèrent quelques instants sans qu'aucun des autres Rois ne le remarque vraiment.
Puis Van ferma les yeux l'espace d'une seconde, se remémorant rapidement tout ce qu'il s'avait. Analysant la situation. Cherchant rapidement des solutions.
Il n'avait toujours aucunes nouvelles des espions qu'ils avaient placés dans les royaumes aux mains des Waxth ce qui limitaient fortement ses informations. Que faire ?
« Pour le moment, je n'ai aucune solution formidable à vous offrir. Si ce n'est le conseil de redoubler de prudence et de renforcer les protections de vos royaumes. »
Van avait ainsi parlé sans même y penser. Une seule et unique question occupait son esprit. Que faire ? Il fallait qu'il trouve une solution. Le reste n'avait aucune importance pour le moment. Il fallait une solution.
« On ne peut pas prendre ce risque ! protesta quelqu'un sans que Van sache réellement qui – ça ne l'intéressait pas vraiment en l'état présent des choses. Je ne vous apprendraient rien en vous disant que lorsque les Waxth tuent sans pitié toutes les personnes affiliées de près ou de loin à la famille royale. Il est hors de question que je laisse ma famille ainsi en danger ! »
Cette protestation attira l'attention de Van. Il était rare d'entendre un monarque parler ainsi – hélas. Le Roi de Fanélia regarda son interlocuteur. Le Roi de Gherty. Une simple Cité Autonome. Mais une Cité extrêmement riche. Et qui, selon toute probabilité avec un Roi qui pensait un temps soit peu aux autres. C'était un bon point.
Bon, protéger les familles royales. Comment ? L'approbation générale et le brouhaha des paroles de ses homologues arrivaient aux oreilles de Van sans qu'il y fasse attention.
Un endroit éloigné, inaccessible. Un endroit tranquille…
Soudain, la solution sembla éclater au visage du jeune homme. Bien sûr ! Il y avait pensé pour lui-même avant de venir rejoindre les souverains !
« Il faudrait mettre vos familles à l'abri. »
Van ne s'était pas soucié du bruit qui régnait dans la salle pour prendre la parole. Et en moins de temps qu'il n'en avait fallu au Roi pour dire sa phrase, le silence était revenu.
« Je veux bien, » fit le Roi Aston, « mais où ? »
Un léger sourire flotta sur les lèvres du descendant du peuple du Dieu-Dragon.
« Dans la Vallée des Illusions. »
La surprise se lit soudain sur le visage de toutes les personnes présentes – peut-être moins sur celui de Cid qui sur les autres, songea Van.
« Est-ce possible ? » demanda-t-on.
Le jeune souverain répondit. Oui, ça l'était – sinon pourquoi l'aurait-il proposé ? mais il faudrait plusieurs jours pour préparer la Vallée à recevoir des habitants.
Tout en parlant, il calculait. Cela allait lui coûter cher de réhabilité la copie de la capitale atlante. Surtout en si peu de temps. Parce qu'il ne pouvait pas recevoir les familles royales de Gaïa dans des tentes.
« … il faudrait quelques jours, voir quelques semaines pour que vos familles y retrouvent le confort des palais royaux… »
Van espérait qu'il en faille moins. Mais ça n'allait pas être facile…
« … mais d'ici deux jours, elles pourront emménager. »
Deux jours ? Il voyait vraiment court. Il allait falloir se surpasser…
« Certes, » intervint le Roi de Lonellia, « nos familles seront ainsi à l'abri des Waxth, mais elles – et nous par la même occasion – seront complètement dépendantes de vous ! »
Avant même que Van n'est eu le loisir de répliquer, Cid prit la parole. Sa voix calme et fluette raisonna tout de même avec force.
« C'est nous qui avons demander son aide au Roi de Fanélia, il a la bonté de nous offrir refuge dans son domaine – le domaine des Atlantes. Comment pourrions-nous refuser ? »
A cet instant, ledit souverain sut qu'il allait devoir batailler ferme pour que tout soit prêt dans les temps. Car même si les Rois étaient encore en train de presser le pour et le contre, il savait que le surlendemain les familles royales gaïennes embarqueraient pour la Vallée des Illusions.
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Les lunes illuminaient faiblement le palais de Dixeh. Sous cette douce lumière il paraissait majestueux, grandiose. Pour une personne le voyant ainsi, à cet instant, il aurait été difficile d'imaginer les horreurs qui se déroulaient à l'intérieur. Cette vision aurait sans doute fait sourire Vesdí. D'ailleurs peut-être était-elle en train de rire, face à son miroir d'eau ? Allez savoir…
Un nuage passa devant les lunes, plongeant l'endroit dans les ténèbres. Lorsque la lueur des deux astres éclaira de nouveau le palais, une ombre s'était faufilée à l'extérieur et courrait silencieusement et rapidement vers les bois, telle un fantôme. En elle tout n'était qu'haine et colère.
Deux gardes lui barrèrent sans le savoir la route. Assis autour d'un feu dont les couleurs chatoyantes éclairaient les environs, ils discutaient avec entrain de choses et d'autres. Ils riaient.
Le sang de l'ombre ne fit qu'un tour. Il fondit sur les deux gardes.
Quelques minutes et un certain nombre de bruit de tissus froissé après, l'ombre se releva. A ses pieds gisaient les deux soldats, la gorge tranchée. Le feu crépita, illuminant l'espace d'un instant le visage de l'ombre pour dévoiler son regard améthyste.
… à suivre …
Je sais que ce chapitre est très court et qu'il arrive très en retard. Je m'excuse… mais en plus ce retard risque de continuer. Avec les cours à la fac et mon autre fic, je n'ai pas vraiment le temps d'écrire. Toutefois pour le moment je n'ai pas l'intention de laisser tomber cette fic !
Alors armez vous de patience et à la prochaine. En attendant j'attends vos avis bons ou mauvais sur cette fic !
A plus !
Eterna
