Histoires de LunaL (21)
Nostalgie des weekends pluvieux à Poudlard et pacte avec le Diable
Voici un petit texte que j'ai écrit du temps que j'étais encore élève à Poudlard – époque de ma vie dont je me souviens toujours en poussant un petit soupir tout plein de nostalgie.
« Il pleut sur Poudlard. Une pluie fine et glacée tombe sur le château qui semble se recroqueviller. Les préaux sont déserts.
Ce temps invite à s'emmitoufler dans un chaud lainage et à s'asseoir près du feu, dans la salle commune.
Quel livre convient le mieux dans une telle atmosphère où l'âme se laisse bercer par le crépitement du bois qui flambe et le tapotement de la pluie contre les carreaux des fenêtres ?
J'aime bien alors relire les Contes à dormir assis* de Charles-Merlin de Trinquetaille, sorcier peu connu du XVIIe siècle qui ne laissa, pour se souvenir de lui, qu'une légende sulfureuse et cette petite plaquette d'une centaine de pages.
Mais quelle densité d'écriture dans ces lignes. J'ignore comment le bonhomme a accompli ce miracle, mais à chaque lecture, les mots semblent s'agencer différemment, si bien que les histoires et leur fin ne sont jamais les mêmes. En fait, l'auteur aurait ensorcelé son livre après avoir conclu un pacte avec une puissance infernale.
En effet, la légende veut que, pour obtenir la gloire éternelle à titre d'écrivain, notre sorcier ait signé avec le diable un contrat lui accordant, contre son âme, la gloire éternelle. Mais Satan aurait été si malin dans le libellé dudit contrat que, tout en lui accordant le « miracle » dont je viens de parler, il a fait en sorte que la « gloire éternelle » se limite au renouvellement, de génération en génération, d'un public confidentiel d'aficionados, dont je suis.
Pendant qu'autour de moi, des copains et des copines jouent aux échecs, font leurs devoirs ou suivent, amusés, la bataille de coussins que se livrent un groupe d'élèves de première année, sous l'œil vigilant de notre préfet, je me délecte d'histoires de revenants, d'amoureuses retrouvées dans la mort, d'amants enterrés vivants par un rival jaloux…
Un jour, peut-être, je publierai ici une de ces histoires merveilleuses si, bien entendu, le contrat du sieur de Trinquetaille m'y autorise – je ne voudrais surtout pas m'attirer des ennuis avec les puissances infernales.
Je me pelotonne sur le divan tandis que, prévenant les désirs de tout le monde, notre elfe Kouki fait apparaître dans la salle commune du thé brûlant et des scones.
L'automne est une petit mort traînant dans son sillage nostalgie, souvenirs émus et regrets cuisants.
J'aime cette saison entre la chaleur de l'été et la froidure de l'hiver. J'y vois une ouverture vers l'autre monde. Les anciens ne s'y sont pas trompés qui ont depuis la nuit des temps célébré en cette période une fête entremêlée de joie et de crainte, qui est devenue Halloween. »
* Comme chacun sait, on a cru longtemps que les Moldus du Moyen-Âge et des époques ultérieures étaient de petite taille parce que leurs lits n'étaient pas très grands. Or, on sait aujourd'hui que la raison était tout autre : les gens dormaient presque assis, craignant que la position allongée – triste rappel de la mort – ne soit une invitation lancée à la Grande Faucheuse de venir les emporter pendant leur sommeil.
