Sidney, 24 Décembre 2005, ou "les miracles de Noël";
La mort de River me revenait encore à l'esprit. Une fois de plus quelqu'un s'était sacrifié pour me sauver la vie. Je suis le dernier Seigneur du Temps, c'est à moi de me sacrifier pour les autres. Et cette River Song elle n'avait aucun regret à prendre ma place, bien consciente de mourir. Elle connaissait mon nom. Et ça, ça me troublait encore plus... Seule ma femme pouvait le connaitre. J'allais donc forcément la revoir : Elle me connaissait déjà...
Je n'avais pas expliqué à Donna qui était vraiment cette River Song. Ce qu'elle a vécu elle-même dans le centre dur de CAL était déjà assez perturbant... Et nous avions tous les deux besoin d'oublier. Aussi le TARDIS nous ramenait sur Terre, dans un pays calme et chaud. L'endroit parfait pour ne plus penser à la Bibliothèque et aux Vashta Nerada.
" Où sommes-nous? Me demanda Donna.
- Ouvrez la porte. Je vous promets que vous ne serez pas déçue. Aucun danger."
Donna Noble se dirigea vers la porte et l'ouvrit. Je sortis derrière et sourit quand je vis que je ne m'étais pas trompé de destination. Devant nous s'élevait le voilier composé de deux rangées de coques de céramique blanche de la célèbre toiture d'un opéra.
"Sidney? Demanda Donna.
- Oui, Sidney! L'Australie, en plein été.
- Et c'est vraiment le célèbre opéra?
- Vous aimez l'opéra?
- C'est une icône, l'homme de l'espace.
- Je viens peut-être de l'espace mais je sais qu'il y a plus impressionnant que cet opéra dans le coin.
- Ah oui et où ça? Parce que si c'est une ville, je viens de Londres. Je connais les grandes villes!
- Ce n'est pas dans la ville. Vous verrez."
Nous laissâmes le TARDIS devant l'opéra de Sidney et nous enfonçâmes dans la ville. Mais nous en sortions vite. Je lui avais promis de l'impressionnant et tout ce qu'il y avait de plus grandiose se trouvait dans le désert australien et je pensais particulièrement à un grand rocher vénéré par les Aborigènes depuis des millénaires.
Nous traversâmes la ville à pieds avant d'arriver dans le désert australien. Notre destination était encore loin mais marcher nous permettait d'observer les paysages. Et en Australie, ils valaient le coup.
(...)
Nous approchions du monument naturel que je voulais montrer à Donna quand nous entendîmes un brut suspect venant du bush qui s'ouvrait à côté de nous. Sentant un danger, je pénétrai à l'intérieur des bouquets.
" Allez admettez que vous êtes perdu cette fois, me dit ma compagne qui m'avait suivi.
- Mais non, je vous dis! Je sais parfaitement où je vais ! "
C'était vrai. Jusqu'à ce que j'entre dans ce bush du moins... Maintenant, je ne me guidai plus qu'à l'oreille. Mais avant, dans le désert je n'étais pas le moins du monde perdu ! Donna peut-être mais pas moi ! Et ces cris étaient de plus en plus précis. Quelqu'un semblait à l'agonie.
Quand nous arrivâmes à la source des cris, nous ne trouvâmes personne. Mais je sentais bien une odeur... Métallique.
Avec mon tournevis sonique, je scannai le sol noirci par ce qui pouvait être des cendres. Mais ça n'en était pas : c'était des résidus de téléportation. Et je pensais même reconnaître cette odeur si particulière, de pommes de terre...
" Vous voyez, me dit Donna, vous êtes prédits perdus : il n'y personne ici.
- Il y avait quelqu'un, lui répondis-je.
- Et qu'est-ce-qui lui est arrivé ?
- Il a été téléporté, ce qui veut dire qu'il est encore en vie ! M'exclamai-je avant de courir vers la ville de Sydney. Il y a peut-être déjà eu d'autres enlèvements semblables!
- Vous le faites exprès, me demanda Donna, ou c'est votre TARDIS qui ne vous aime pas ? Je croyais que c'étaient des vacances !
- Ça en sont rarement. Vous devriez déjà l'avoir remarqué ! Courrez maintenant ou c'est vous qui allez vous perdre !"
Nous arrivions à la sortie du bush et nous voyions déjà au loin la ville de Sidney et ses lumières. Le soir commençait déjà à tomber et les rues s'illuminaient d'étoiles, de traîneaux, de bougies et de Pères Noël. Donna Noble s'étonnait de les voir sur les lampadaires mais je n'y faisais pas vraiment attention. C'était plutôt les trop nombreuses affiches de disparitions florissant sur ces mêmes lampadaires qui attiraient et retenaient mon attention. Et plus encore le fait qu'ils aient tous disparus dans le bush. Tous au même endroit. Ce n'était pas une coïncidence. Et c'était inquiétant ! Au bout de la dixième semblable, j'étais convaincu qu'il nous fallait retourner au plus vite au TARDIS. Mais, alors que nous courions à présent jusqu'à l'océan et l'Opéra de la ville, mon regard fut de nouveau accroché par une de ces affiches. Mais cette onzième était différente. Le visage vieilli d'une de mes anciennes compagnes figurait dessus ainsi que son nom et son métier. J'arrachai l'affiche et accélérai ensuite l'allure jusqu'à mon TARDIS.
" Qui est-ce ? Me demanda la voix essoufflée de ma compagne en me désignant la photo de Tegan.
- Juste une vieille amie. Ahah! Il est bien là !
- Quoi donc, Docteur ?
- Un vaisseau sontarien. A peine descendu sous la stratosphère... Le parfait camouflage avec ces nuages ! "
Je rentrais les coordonnés précises que m'avait données le scan du ciel australien que je venais d'effectuer et le TARDIS se mit à gronder en se dématérialisant.
(...)
En ouvrant la porte du TARDIS, je reconnus une salle des machines de vaisseau spatial originaire de la planète Sontar comme je l'avais déjà deviné depuis un long moment. Donna me suivit à l'extérieur de la cabine de police et remonta ensuite avec moi une échelle murale. Nous parvînmes ainsi dans les coursives du vaisseau. Heureusement désertes... La première porte que j'ouvris avec mon tournevis sonique nous dévoila une sorte de laboratoire. Un laboratoire où les murs contenaient des prisonniers, figés. Parmi eux je reconnus rapidement mon ancienne compagne, Tegan Jovanka.
Je la libérai alors la première avec mon tournevis sonique et je la vis récupérer rapidement ses esprits :
" Docteur? Me demanda-t-elle. Vous vous êtes encore régénérés, c'est ça?"
Il ne lui avait pas fallu longtemps pour me reconnaître. Qui d'autre aurait-il pu la sauver ? Qui d'autre aurait-il utilisé un tournevis sonique pour ça ?
" Bonjour Tegan, répondis-je, pas mal de fois depuis la derrière fois...
- J'en étais sûre. Je savais que vous viendriez, s'exclama Tegan, c'est votre nouvelle assistante ?
- Tegan, je te présente Donna Noble. Donna, voici Tegan Jovanka. Comment tu t'es retrouvée ici, au fait ? Pourquoi tu étais dans le bush? A moins que tu aies été enlevée ailleurs ? Les Sontariens t'ont reconnus ? Ça pourrait être un piège !
- Ça n'en est pas un. Ils ne m'ont pas reconnue. Je menais une enquête sur ces disparitions dans le bush quand j'ai été téléportée ici. Et depuis c'est le trou noir...
- Ils ont dû te placer là-dedans très vite, alors. Et je me demande ce qu'ils veulent faire de vous..."
Je démarrai l'un des ordinateurs au centre de la pièce et pianotai sur le clavier tactile. Ce que je découvris sur les plans des Sontariens me fit frissonner et je me dis que par chance c'étaient des Sontariens et non pas des Cybermen... Tegan n'aurait plus été en vie si elle avait été enlevée par des Cybermen.
Mais c'était des Sontariens et nous avions un TARDIS pour tous les reconduire sur la terre ferme pour Noël. Après avoir délivrés tous les prisonniers, Donna, Tegan et moi coururent vers la salle des machines où était le TARDUS.
Mais les coursives étaient cette fois pleines de soldats Sontariens et ils nous interrompirent dans notre course. Donna était restée derrière. Je lui glissai discrètement un marteau que j'avais trouvé dans mes poches. Elle avait déjà fait ses preuves avec contre des Sontariens' Nous étions donc déjà emmenés par les Sontariens jusqu'au centre de commande sontarien quand Donna Noble nous retrouva et nous libéra.
" Merveilleux Donna! Maintenant on doit faire vite ! Tegan, tu peux nous montrer ce que tu avais repéré pendant ton enquête ?
- Ça doit être dans cette pièce d'après mon détecteur. C'est un cristal d'ambre noire. Il détecte les humains aborigènes avant de les téléporter dans le vaisseau.
- De l'ambre noire ? Mais c'est parfait ! M'exclamai-je. On va pouvoir faire s'éjecter le vaisseau de l'atmosphère terrestre sans blesser les Sontariens et en retéléportant tous les humains sur Terre."
C'était formidable. Mais je me demandais quand même toujours pourquoi les Sontariens avaient pris ce risque d'utiliser de l'ambre noire. Enfin, le principal c'est qu'on puisse l'utiliser. Et sauver toutes les vies. Tout le monde vit... Je ne pensais jamais le redire de ma vie. Quel beau miracle de Noël ! Et c'était grâce à Tegan Jovanka.
(...)
Le TARDIS fut téléporté avec nous. Nous étions de retour à Sidney. De loin, on voyait encore l'Opéra australien mais nous étions sur la plage. Au milieu des Australiens qui y fêtaient le réveillon de Noël avec un pique-nique de minuit...
Au-dessus de nos têtes, le ciel noir s'éclaircit et des flocons de neige commencèrent à tomber et à colorer de blanc le sable sous nos pieds. Les miracles de Noël continuaient à Sidney...
" On est sur Terre ! S'exclama Donna.
- Oui. Et il neige. Quel magnifique Noël. Ça fait bien longtemps que je n'en avais pas vécu un aussi heureux !
- Mais qu'est-ce que ces flocons ? Me demanda Tegan. Comment peut-il neiger en Australie ? En été ?! Je croyais que vous n'aviez pas fait exposer ce vaisseau, Docteur !
- Je ne l'ai pas fait, répondis-je, ce n'est pas de la cendre cette fois : c'est vraiment de la neige. L'énergie téléportatrice rejetée dans l'atmosphère juste au-dessus de Sidney a déréglé temporairement le climat. C'est de la vraie neige. A Sidney, le 24 décembre... Et c'est un véritable miracle de Noël. Mais par contre je me demande ce que va en penser le Père Noël. Ces nuages, il ne s'y attend pas. J'espère qu'il ne va pas se perdre dans ce ciel si blanc... "
Donna Noble me regarda bizarrement mais je ne pris pas la peine de m'expliquer plus précisément sur ces phénomènes scientifiques si compliqués qui avaient pour résultat ce Noël blanc australien. Le seul certainement de toute l'histoire de ce pays. Et je pouvais le voir. Un Noël qui ne reviendrait jamais. Comme me l'avait dit Rose. Le TARDIS nous permettait de revivre ces événements mais pas celui-là. Donna, Tegan et moi, nous faisions partie des événements cette fois-ci, et ce Noël-là était unique. Nous ne le revivrons jamais.
« Ca été super de vous revoir, Docteur. Me dit Tegan.
- J'ai été ravi, moi-aussi, lui dis-je, mais si la prochaine fois vous voulez vous lancer dans une telle enquête à l'avenir, Tegan, vous devriez m'appeler avant. Je vais vous donner le numéro du portable que m'a donné Martha… »
Je lui tendis vite un bout de papier qui trainait dans mes poches et j'y notai avec un stylo que j'y trouvais aussi le numéro que je connaissais désormais par cœur. Un téléphone portable, c'était quand même pas mal pratique. Même si le TARDIS était déjà lui-même un téléphone portable… Tegan me remercia et me promit de m'appeler si elle avait de nouveau besoin de mon aide puis elle s'éloigna après nous avoir dit au revoir. Elle avait sa propre famille à retrouver pour fêter Noël. Minuit sonna au loin et j'entendis encore plus loin et surtout plus haut le tintinnabulement de clochettes.
« Vous venez Donna, demandai-je à ma compagne de voyages.
- Oui. Vous croyez qu'on reverra encore des Sontariens ?
- Je n'espère pas. Avant longtemps. En attendant, qu'est-ce que vous diriez de vraies vacances cette fois ? Sur une planète entièrement destinée au tourisme et à la plaisance.
- Tant qu'il y fait aussi chaud qu'en Australie et qu'il n'y neige pas à minuit…
- Minuit… Très bonne idée, Donna ! Allons donc sur Minuit ! J'ai toujours eu envie de découvrir cette planète pleine de cristaux ! Une planète blanche et chaude comme l'Australie en plein été. Parfait ! En route pour Minuit. Allons-y ! »
Et je me précipitai vers le TARDIS, ouvris d'un claquement de doigts la cabine bleue et je la fis se dématérialiser avec Donna à son bord. Les flocons de neige qui l'avaient recouvert s'évaporèrent et disparurent au cœur du Vortex du Temps alors que nous quittions la nuit de Noël pour une planète qui était elle-même un miracle de la nature. En route pour Minuit…
