Note : dans ce chapitre, j'introduis une enquête… C'est ma première case-fic. J'espère qu'elle tiendra la route...

Il y a une référence cachée. Si vous la trouvez, s'il vous plait, n'en parlez pas dans votre commentaire. J'aimerais que ça reste un mystère le plus longtemps possible. Et si c'est trop évident (je ne m'en rends pas compte)… et bien je m'excuserai dans la prochaine note )

Je tiens bien sûr à remercier tous ceux qui ont commenté cette histoire jusqu'à présent, inscrits ou non, et ceux qui l'ont ajoutée à leurs favoris.


Chapitre 4


Quand John arrive sur le lieu du crime, Sherlock et Lestrade ne sont nulle part en vue, mais il repère tout de suite Anderson. Il se trouve près du cordon de police où il discute avec un homme, visiblement un sergent, qu'il ne reconnait pas.

— Bonsoir, Anderson, fait John en s'approchant.

Surpris, Anderson et son compagnon se tournent vers lui, interrompant leur conversation.

— John ! Ça fait longtemps qu'on ne vous a pas vu. Je commençais à croire que monsieur le plus grand détective de tous les temps vous avait plaqué…

John fait la grimace. Ça fait une éternité qu'il n'a pas eu à se défendre d'une quelconque relation amoureuse avec Sherlock. Depuis son mariage, les commérages ont cessé. Et heureusement. Il a toujours eu du mal à prouver son hétérosexualité quand il vivait avec Sherlock. Sûrement à cause des conquêtes qui défilaient dans sa vie alors que le détective restait sa seule attache.

— Anderson, ne parle pas comme ça de Sherlock. Tu sais que je n'aime pas ça, dit le sergent à ses côtés.

Anderson se tourne vers lui d'un air mauvais.

— Tout le monde sait que tu veux te le taper, Cooper. Arrête de prendre sa défense.

John en reste bouche bée. Il ne sait pas quoi dire. Entendre une telle implication fait sauter beaucoup de choses dans son cerveau. A moins que ce ne soient ses tympans. Il entend le reste de la conversation de très loin, comme si ses oreilles bourdonnaient.

— Enfin bref, dit Anderson en soulevant le ruban en plastique pour faire passer John. Je vous présente le sergent Cooper. Il remplace Sally.

Anderson baisse les yeux. John le comprend. Même s'il n'a jamais aimé Sally, il ne lui souhaitait pas ça. Le sergent Donovan a fini par se lasser de leur pseudo-relation, par ne plus croire à ses promesses. Elle a préféré s'éloigner de lui. Mais ce n'est pas la seule raison pour laquelle elle est partie. La vérité, c'est qu'elle ne supportait plus la culpabilité induite par le faux suicide de Sherlock. Le simple fait de le croiser la faisait souffrir. Pas parce qu'elle avait pitié de lui. Pas parce qu'elle lui avait fait du mal. Mais parce que ça lui renvoyait une image d'elle-même qui ne lui convenait pas. Alors, elle avait fui.

Plusieurs mois après son départ, il était temps de lui trouver un remplaçant.

John observe Cooper des pieds à la tête. Il est grand. Plus que lui, mais ce n'est pas difficile. Les cheveux blonds bouclés, les yeux bleus et une barbe de deux jours. Il est plutôt séduisant. Mais quelque chose ne lui plait pas chez lui. John refuse de s'avouer que c'est à cause du commentaire d'Anderson. Sherlock est un bel homme. C'est normal qu'il attire les regards. John n'est pas jaloux. Il n'a aucune raison de l'être. Aucun droit. Pourtant, il ne peut s'empêcher de comparer sa stature à celle du sergent.

Il se racle la gorge.

— Enchanté. Je suis John Watson. Je suis le meilleur ami de Sherlock.

Il ne sait pas pourquoi il se sent obligé de le préciser, mais il le fait. Il ne sait pas non plus pourquoi il sert la main de Cooper avec plus de force que nécessaire.

— Oh, c'est bizarre, il ne m'a jamais parlé de vous, rétorque Cooper sur le même ton.

— Vous ne devez pas souvent lire les journaux, alors.

Anderson les observe se renvoyer la balle d'un air perplexe.

— Sherlock et Greg sont au pied de l'attraction, dit-il soudain. Mais John, je dois vous prévenir : ce n'est pas beau à voir.

John soutient le regard de Cooper une seconde de plus avant de s'éloigner.

— Merci, Anderson, fait-il en s'éloignant.

Il trouve Sherlock en train de discuter furieusement avec Lestrade devant une nacelle du London Eye. Les lumières de l'attraction font étinceler ses cheveux bruns et sa peau blanche. Lestrade se gratte la tête comme si ça lui permettait de comprendre ce que le détective lui racontait.

— … fant. En pleine nuit. Comment est-il arrivé ici ? Seul ? Accompagné ? Vivant ? Il me faut plus de renseignements. Qu'en est-il de l'heure de la mort ? Est-ce que tes incapables ont pu…

John se racle la gorge. Sherlock et Lestrade se tournent aussitôt vers lui. Lestrade a l'air soulagé de le voir.

— John ! s'exclame Sherlock. Je vois que tu as fait la connaissance de Matt.

— Matt ? Oh.

Alors comme ça, Sherlock appelle le sergent Cooper par son prénom. John sent son estomac se serrer. Tout à coup, il a envie de faire marche arrière et d'asséner à Matt le coup de poing qu'il a retenu tout à l'heure. Il prend une grande inspiration pour se calmer. C'est ridicule. Le pauvre homme ne lui a rien fait. Il faut vraiment qu'il se reprenne en main. La violence n'est jamais la solution. Enfin. Souvent. Dans certains cas.

Sans remarquer sa bataille interne, Lestrade s'approche de lui pour lui serrer la main.

— Comment vas-tu ? lui dit-il. Et Mary et les filles ?

John ressent une pointe de culpabilité. Depuis qu'il a quitté Mary plus tôt dans la soirée, il n'a pas du tout pensé à elle, ni aux filles. Il était simplement pressé d'arriver ici.

— Ça va, répond-il avec un sourire factice.

— Il faut qu'on aille boire une pinte, un soir. Ce sera plus sympa pour discuter qu'une scène de crime.

— Absolument.

Derrière eux, Sherlock s'est mis à quatre pattes pour observer la coque de la nacelle. Lestrade suit le regard de John.

— Je ferais mieux de vous laisser faire ce que vous avez à faire. Je dois discuter avec l'équipe scientifique. Sherlock ! Tu as dix minutes maximum ! crie-t-il à l'attention du détective.

Avec un dernier sourire à John, il s'éloigne de la scène de crime.

John reste immobile. Il observe Sherlock qui s'affaire tout autour de la nacelle avec sa loupe. Son ami jure à voix basse. Visiblement, il ne trouve pas ce qu'il devrait trouver. John s'approche lentement. A l'intérieur de l'habitacle, une bâche recouvre un corps. Il s'arrête. La bâche est large, mais la taille du cadavre qui se trouve dessous a quelque chose qui cloche. Il devrait être… plus grand.

— Je ne savais pas avant d'arriver ici, fait Sherlock.

John sursaute. Il ne s'était pas rendu compte que son ami s'était autant rapproché. Il se trouve juste à côté de lui.

Pour confirmer ses doutes, John avance vers la bâche et la soulève. C'est bien un enfant qui se trouve dessous. Un petit garçon blond de 7 ou 8 ans, avec des taches de rousseur et des lèvres boudeuses.

— Si je l'avais su, je ne t'aurais jamais demandé de venir, continue Sherlock.

John sent les larmes lui monter aux yeux. Il pense à ses filles. Plus jeunes, mais qui auraient très bien pu se trouver ici à la place de ce garçon.

— Non, ce n'est pas grave, fait John. Tu ne peux pas m'écarter à chaque fois que tu penses que ça va me toucher. Je suis plus fort que ça. Et tu le sais.

Sans répondre, Sherlock s'agenouille près du corps.

— Qu'est-ce que tu en penses ? lui demande-t-il.

John observe quelques minutes avant de prendre la parole.

— La cause de la mort n'est pas apparente. Pour un enfant, une crise cardiaque est peu probable… sauf s'il avait des antécédents. Je pencherai plutôt vers la thèse de l'empoisonnement.

— Excellent. Quoi d'autre ?

— C'est tout. Comment a-t-il été retrouvé ?

— Comme ça. Quand l'employé a ouvert la nacelle pour faire sortir les clients, il n'y avait que lui à l'intérieur et il était déjà mort.

— Quelqu'un l'a vu monter ?

Sherlock secoue la tête.

— C'est ça qui est étrange. L'employé ne s'en souvient pas. Et comme par hasard, la caméra de surveillance ne fonctionnait pas à ce moment-là.

— Pratique. Qu'est-ce que tu as déduit d'autre ?

— Il est très pâle. Peut-être qu'il n'aime pas jouer dehors. Ou peut-être qu'il ne peut pas. Sa peau a une teinte jaune anormale. Conclusion : problèmes de foie. Peut-être était-il malade. Ses vêtements sont légèrement trop grands. Ce n'est pas étonnant pour un enfant. Comme ils grandissent vite, les parents achètent des vêtements plus grands pour qu'ils durent plus longtemps. Mais ce ne sont pas les siens. En particulier le manteau. Ce sont des vêtements de marque alors que tout chez cet enfant crie « classe moyenne » : sa coupe de cheveux, l'état de sa peau, de ses ongles… même de ses dents. La question est : pourquoi changer ses vêtements ?

— Pourquoi ?

— Aucune idée.

Sherlock fronce les sourcils.

— Tu ne trouves pas que son manteau lui donne un côté romantique ? Il ressemble un peu au tien, mais en bleu et rouge. Et c'est quoi, sur les épaules ? Des étoiles ?

John s'approche un peu plus près pour observer le manteau. En effet, ce sont bien des étoiles qui sont cousues sur les épaules. Il se demande si ça a une signification. Si ça fait partie d'un rituel connu par le tueur et par lui seulement.

Tout à coup, John se rend compte que Sherlock est en train de jouer avec quelque chose. C'est un morceau de papier.

— Qu'est-ce que c'est ?

— Oh, ça ? demande Sherlock d'un ton désinvolte. Je l'ai trouvé dans sa bouche en voulant regarder ses dents.

— Sherlock ! le réprimande John. Tu n'as pas le droit de garder des preuves pour toi comme ça. Tu veux encore que la brigade des stups vienne faire une descente à la mai… chez toi ?

John ne sait pas pourquoi il a failli faire ce lapsus. Ce n'est pas comme si le 221B Baker Street était sa maison. Non, ça fait des années maintenant qu'il a quitté cet appartement. Etrange. C'est sans doute le fait d'être sur une scène de crime avec Sherlock qui fait remonter les vieux réflexes.

Sherlock, lui, le regarde d'un air perplexe, comme s'il ne sait pas s'il doit en rire. John choisit de lui faciliter la tâche et de passer à autre chose.

— Qu'est-ce qu'il y a écrit dessus ? lui demande-t-il.

Sherlock déplie le papier et le lui tend.

— De toute façon, avec les agents chimiques de la salive, toute trace d'empreinte a été effacée, se justifie-t-il.

Le papier lui-même a un peu souffert de cette exposition.

Une phrase y a été écrite au marqueur rouge. Malgré quelques bavures, elle reste tout à fait lisible. John la lit à voix haute.

— « Tu as eu tort. Tu auras de la peine. J'aurai l'air d'être mort et ce ne sera pas vrai. » Qu'est-ce que ça veut dire ? Pourquoi laisser un tel mot dans la bouche d'un enfant que l'on vient de tuer ? Ça n'a aucun sens.

John sent la colère monter en lui. Comment peut-on faire du mal à un enfant ? Il n'y a rien de plus inhumain, rien de plus terrible. Encore une fois, il pense à ses filles qui dorment paisiblement dans leur petit lit à la maison. Tout à coup, il n'a qu'un envie : rentrer pour s'assurer qu'elles vont bien. Mais ce n'est pas possible, ce n'est pas raisonnable. Il ne peut pas laisser son instinct paternel décider de ses actes. Alors il se promet d'aller les embrasser dès qu'il sera rentré. C'est le mieux qu'il puisse faire.

— Je l'ignore, répond Sherlock. Il me manque beaucoup trop d'informations pour émettre la moindre hypothèse. Il faut attendre que Molly procède à l'autopsie. D'ailleurs, les dix minutes sont écoulées. Garrett arrive avec ces idiots qui lui servent d'agents.

— Greg, souffle John. Il s'appelle Greg.

Pendant que le corps est emmené et que les hommes de Lestrade s'affairent pour essayer de trouver d'autres indices, John et Sherlock s'éloignent de la scène de crime en silence.

Alors qu'ils arrivent au niveau du cordon de police, Cooper s'approche d'eux en souriant.

— Sherlock ! s'exclame-t-il.

John lève les yeux au ciel. Il doit se faire violence pour ne pas lui envoyer une répartie cinglante. Sherlock a du s'en apercevoir (évidemment qu'il s'en est aperçu), car il se place entre les deux hommes.

— Matt, le salue-t-il sur un ton neutre.

Comme s'il s'était rappelé où il était, Cooper se penche en avant pour chuchoter à l'oreille de Sherlock. John le soupçonne de parler juste assez fort pour qu'il l'entende.

— Pourquoi est-ce que tu ne réponds pas à mes messages ? lui demande-t-il avec un sourire angélique.

Pas de doute. Cooper sait qu'il est beau et il en joue. John est en train de se dire que ce genre de choses ne marche, de toute façon, pas sur Sherlock quand l'impensable se produit.

— Je n'ai pas eu le temps, répond Sherlock.

Pardon ? Sherlock ne l'a pas envoyé balader ? Il lui a simplement dit qu'il n'avait pas le temps ? Ce type mielleux lui plait. John se force à prendre de grandes inspirations. Il faut qu'il se calme. Il faut que son cœur arrête de vouloir danser la polka à chaque fois qu'il a une preuve que Sherlock est un homme comme les autres. Ou presque. Avec certains besoins. Ou pas. Le problème, justement c'est qu'il n'en a pas la moindre idée.

Il est tellement pris dans ses pensées qu'il n'entend pas la suite de la conversation.

— John ? John ?

John relève vivement la tête.

— Quoi ?

— Je t'ai demandé si tu voulais venir à St Bart avec moi pour voir Molly ou si tu préférais rentrer.

John jette un coup d'œil à sa montre. Les aiguilles indiquent une heure ridicule. Le plus sage serait de rentrer et d'aller se coucher. D'aller retrouver enfin ses filles. Mais il a envie de savoir. D'apprendre la vérité sur ce qui est arrivé à cet enfant.

Alors, il relève la tête, regarde Cooper droit dans les yeux et répond :

— Je viens avec toi.


Fin


Voilà, c'est tout pour cette semaine. J'espère que le chapitre aura été à la hauteur de vos attentes. Si oui, ou si non, dites-le-moi dans un commentaire :D Merci de m'avoir lue !