Avant toute chose : désolée pour le délai. J'étais en déplacement pendant une dizaine de jours et je n'ai pas eu le temps d'écrire. Du moins, pas autant que je l'aurais voulu.

Ce chapitre m'a posé pas mal de problèmes. J'ai essayé de ne pas trop m'acharner sur Lily et à la base, je comptais m'arrêter plus loin dans l'histoire, mais je me suis dit que c'était bien suffisant pour ce chapitre...

Aussi, je suis crevée en ce moment. J'espère donc ne pas avoir laissé trop de fautes d'inattention et que mon style n'en a pas trop pâti.

Sur ce : bonne lecture ! Et merci encore de me suivre ! :)


Chapitre 7


John baisse lentement son téléphone portable. Il a les pupilles dilatées. Son pouls s'est emballé. Il est effrayé. Qui ne le serait pas après avoir appris qu'un être cher est en danger ? Sherlock n'a pas le temps de réagir. Et de toute façon, qu'aurait-il dit ? Les mots n'ont jamais été son fort. Du moins, les mots pour réconforter, les mots pour aimer.

John se précipite dans les escaliers. Pour une fois, c'est son ami qui est à sa suite. Il n'a pas le temps de s'appesantir sur l'ironie de la chose. Pas le temps de réfléchir tout court. Il a l'impression que s'il laisse libre cours à ses pensées, son cerveau va exploser. L'inquiétude est insupportable. La chair de sa chair est en danger. S'il avait le responsable devant lui, il serait capable de lui faire beaucoup de mal. Ça ne serait pas la première fois. Les gens ont tendance à oublier son passé de militaire. Il a du sang sur les mains. Il bout de l'intérieur. Il sent la rage monter en lui comme la lave d'un volcan. Mieux vaudrait ne pas se trouver à ses côtés lorsqu'il exploserait. Alors, il ne répondrait de rien.

Soudain, un genou rencontre le sien et la pression retombe légèrement. Il ne se sent pas mieux, mais il peut de nouveau respirer normalement. Le poids qui lui oppressait la poitrine a diminué. Il baisse les yeux. La jambe de Sherlock est collée à la sienne. Ils sont dans un taxi. Toujours un taxi. Sherlock a le visage tourné vers la vitre, mais John sait que le geste n'est pas un accident. Il se sent touché par cette attention, aussi maladroite soit-elle. Il ne sait pas pourquoi… peut-être parce qu'il a besoin de chaleur, peut-être parce que Sherlock l'aide à se recentrer… dans tous les cas, il pose la main sur ce genou, si proche, si accessible. Sherlock sursaute sous ses doigts. John l'a encore surpris. C'est un sentiment qu'il apprécie. Pourtant, il ne se tourne pas vers lui. Il laisse ce contact intime en suspens, entre le rêve et la réalité. La réalité d'une course de taxi. John ne sait pas s'il est déçu ou rassuré. Il n'a pas le loisir d'y penser. Son esprit est presqu'entièrement focalisé sur sa fille, sur ce qu'il va découvrir en entrant dans cet hôpital. Ses doigts se referment un peu plus fort sur le tissu précieux.


John a l'habitude des hôpitaux. Il y a travaillé. Il y a séjourné. Pourtant, cette fois, les odeurs, les couleurs, lui sont presque insupportables. Il en perd ses repères. Alors qu'il est sur le point de prendre son courage à deux mains et d'aller demander son chemin à l'accueil, il entend quelqu'un prononcer son nom. Une voix brisée. Mary.

— John !

Emmitouflée dans son manteau rouge, les yeux pleins de larmes, Mary a l'air toute petite. Toute perdue. John lui ouvre ses bras et alors, elle n'hésite pas : elle se précipite vers lui, se fond contre son torse et enfouit son visage dans le creux de son cou. John la serre fort contre lui et ferme les yeux. Il respire son parfum. Clair de lune. Toujours le même. Sa signature. Elle n'a pas pris la peine de le changer, malgré les souvenirs douloureux qu'il évoque. Sherlock se tient en retrait, leur laisse leur intimité.

Au bout d'un moment, Mary se reprend et recule. John caresse son visage pour essuyer ses larmes. Son cœur se serre. L'inquiétude grandit.

— Comment va-t-elle ? demande-t-il. Comment va Lily ?

Mary se passe une main sur les yeux et se recoiffe légèrement.

— Ils sont encore en train de s'occuper d'elle. Ils n'ont rien voulu me dire, John. Rien du tout, fait-elle, bouleversée.

John réussit à lui sourire malgré tout. Il doit se montrer fort pour elle, pour sa famille. Il la serre de nouveau dans ses bras.

— Tout va bien se passer, tu verras.

Quand Mary se dégage une seconde fois, elle tourne la tête vers Sherlock, comme si elle le voyait pour la première fois… et c'est sans doute le cas. Elle lui adresse un sourire crispé et s'approche de lui pour l'étreindre brièvement.

— Bonjour, Sherlock.

—Bonjour, la salue-t-il à son tour, l'air triste.

Ensemble, ils s'installent dans la salle d'attente. Mary, lovée contre John, renifle de temps à autres.

— Que s'est-il passé ? lui demande John.

Il ne comprend toujours pas comment un tel accident a pu se produire. Lily n'a que trois ans. Mary baisse les yeux, penaude. Il est clair qu'elle s'en veut.

— Tout est allé très vite. Je n'ai pas eu le temps de…

John pose une main sur celle de sa femme pour l'aider à se calmer. Il comprend à quel point ça a dû être frustrant pour elle de n'avoir rien pu faire pour sauver Lily. Surtout avec ses réflexes et son agilité. Mais il ne lui en veut pas. Comment le pourrait-il ? C'était un accident.

Mary le regarde dans les yeux en pleurant. Ses lèvres sont arquées vers le bas. Elle a du mal à parler.

— C'était à la sortie de l'école. Je suis restée en arrière pour discuter avec la maman de Kimberly. Lily et elle jouaient au ballon. Il n'y avait personne. Je n'aurais jamais pensé que… (Elle déglutit.) Le ballon a roulé sur la route. Lily l'a suivi. Je m'en suis aperçu trop tard. Heureusement, la voiture avançait au pas. Je ne veux même pas imaginer ce qui se serait passé sinon…

John serre sa main un peu plus fort. Non, lui non plus ne veut pas l'imaginer. Malheureusement, des images terrifiantes lui traversent l'esprit et il faut qu'il ferme les yeux pour les repousser. A côté de lui, la présence de Sherlock le rassure, l'ancre à la réalité. Parler du conducteur a fait remonter ses envies de meurtre. Son besoin de vengeance. Par chance, un médecin s'approche d'eux à ce moment-là.

— Monsieur et madame Watson ? demande-t-il en les voyant.

C'est un homme trapu au sourire avenant. Son expression rassure un peu John. Il se lève sans préambule, secouant légèrement sa femme, et lui serre la main.

— Comment va-t-elle, docteur ?

— Lily a eu beaucoup de chance, répond-il. Elle a quelques côtes fêlées et de nombreux hématomes, mais à son âge, ça ne devrait pas poser de problème de guérison. En revanche, je dois vous avertir qu'elle souffre d'un léger traumatisme crânien. J'aimerais la garder en observation pendant quelques jours pour m'assurer qu'il n'en découle aucune complication.

John est à la fois soulagé et terrifié. Les mots « côtes fêlées » et « traumatisme crânien » ne devraient jamais être employés en rapport avec ses filles, ses bébés. Mais l'essentiel, se rappelle-t-il, est qu'elle soit en vie. Aussi, quand le docteur les invite à le suivre jusqu'à sa chambre, il s'empresse de lui obéir.


Quand ils entrent dans la chambre d'hôpital, la première chose qui frappe John est la fragilité apparente de sa fille. Elle a l'air minuscule au milieu de ces draps blancs. L'image lui fend le cœur. En chemin, il a essayé de se préparer au pire, mais voir des bleus sur son joli visage, des tubes qui lui sortent des veines… fait monter en lui une souffrance presque primaire.

John et Mary s'approchent du lit. Lily dort encore. Elle ne se réveillera peut-être pas tout de suite. Mary s'assoit sur la chaise à côté du lit et prend la main de sa fille. John fait de même. Ni l'un, ni l'autre ne peut retenir ses larmes. John se penche pour déposer un baiser sur son front.

— Maman et Papa sont là. Tout va bien se passer, ma chérie, murmure-t-il.

Sherlock est resté à la porte. Il ne sait pas vraiment quoi faire. Il se sent à l'écart. Ce n'est pas sa famille. Il a de la peine pour eux, mais il n'a pas l'impression que sa présence est requise. Doit-il rester ou plutôt partir ? Les éléments de l'affaire du Petit Prince flottent toujours dans son esprit. Il a hâte de poursuivre l'enquête. Ça fait longtemps qu'il n'a pas eu à relever ce genre de défi… Mais en même temps, il a l'impression qu'enquêter sur des meurtres d'enfants serait déplacé. Et voir John dans cet état est un handicap. Il n'arrive pas à se concentrer entièrement sur l'affaire. Ce n'est pas une sensation qu'il apprécie. Mycroft dirait que c'est une preuve de faiblesse. Qu'en sait-il ?


John caresse doucement le visage de sa fille. Les visites sont bientôt terminées. Lily s'est réveillée plusieurs fois, puis s'est rendormie. Il est rassuré. Ça signifie qu'elle va bien. Qu'elle a juste besoin de repos pour que son corps récupère.

Après avoir discuté avec les infirmiers, Mary a réussi à obtenir un lit d'appoint pour passer la nuit à côté d'elle. John, lui, va rentrer à la maison pour s'occuper de Judith. C'est mieux comme ça.

Quand il sort de la chambre, John est surpris de trouver Sherlock assis dans le couloir, en train de pianoter sur son téléphone portable. Il pensait que le détective était parti. Il s'approche de lui en lui souriant d'un air las.

— Sherlock ?

L'intéressé relève vivement la tête. Il a l'air tout aussi perdu que John.

— Je croyais que tu serais rentré. Il est tard.

Sherlock range son portable.

— Oh, je ne suis pas resté assis ici tout le temps…, répond-il. Je ne l'aurais pas supporté très longtemps.

— Évidemment.

Sherlock n'a pas l'air de vouloir expliquer ce qu'il a fait et John n'a ni l'envie, ni la force de l'interroger.

— On y va ? fait-il en lui tendant la main.

Sherlock la regarde un instant comme si elle était radioactive. Avec un mélange de peur et de curiosité. John est sur le point de la reprendre. A quoi a-t-il pensé ? Mais son ami finit par accepter son aide et par se lever. John réalise qu'il touche beaucoup plus Sherlock que d'habitude, ces derniers temps. Ce n'est pas une attitude consciente de sa part. Il ne sait pas ce que ça signifie. Et il n'a pas l'énergie pour y réfléchir.


Le lendemain, John laisse de nouveau Judith chez sa voisine. Madame Levine a eu la gentillesse de le lui proposer. Il lui en est extrêmement reconnaissant. Il ne sait pas ce qu'il aurait fait sans elle. Ce n'est sûrement pas Harry qui aurait joué les baby-sitters.

Cette fois, John prend la voiture. Il a hâte de retrouver sa petite princesse. Mary lui a envoyé un message pour lui dire que la nuit s'était bien passé et que les médecins étaient confiants quant à son état. Il se sent plus léger, ce matin. Il n'a pas de nouvelles de Sherlock, mais ça ne l'étonne pas. Il est sûrement en train de réfléchir à l'enquête que l'accident a interrompu. En repensant au corps du petit garçon et au renard, John ne peut s'empêcher de frissonner. Il se promet de reprendre rapidement part à l'enquête. Il a failli perdre un enfant, lui aussi. Il veut empêcher ce psychopathe de briser d'autres familles.

Lorsqu'il passe les portes automatiques, l'odeur typique de l'hôpital lui emplit les narines. Le lieu lui apparait différemment que la veille. Il est redevenu normal, comme dans ses souvenirs. Le filtre de la peur s'en est allé. A présent, il sait contre quoi il se bat. Contre quoi sa fille se bat.

John se dirige vers la réception, pour s'assurer qu'il a rempli tous les papiers nécessaires. Hier, dans la précipitation, il n'a pas pensé à l'aspect administratif de la chose. Alors qu'il rend un formulaire à la réceptionniste, une voix familière attire son attention. Surpris, il tourne la tête. Le professeur Radwick est en train de discuter avec une infirmière. Il a sans doute senti son regard, car il se tourne dans sa direction. Toutefois, il n'a pas l'air de le reconnaître. John lui tend la main.

— John Watson, fait-il. Nous nous sommes vus hier. J'accompagnais Sherlock Holmes.

Une lueur de reconnaissance s'allume dans son regard et il lui serre la main.

— Ah oui ! Monsieur Holmes ! Excusez la mémoire d'un vieil homme. Je ne suis plus tout jeune.

John ne peut s'empêcher de jeter un coup d'œil à la feuille de papier que le professeur tient entre les mains. C'est un simple rapport d'analyse.

— Votre enquête liée au venin de serpent avance-t-elle ? Je suis désolé de ne pas avoir pu vous aider davantage.

— Non, non, répond John. Au contraire, votre aide et celle de votre assistant a été précieuse.

Un silence gêné s'installe. John se racle la gorge. Le professeur le met mal à l'aise.

— J'ai été ravi de vous revoir, dit-il. Bonne journée.

— Bonne journée à vous aussi, répond le professeur Radwick.


Avant d'entrer dans la chambre, John jette un coup d'œil par la porte entrouverte. Mary est assise sur le lit, sa fille appuyée contre elle, et elle lui lit une histoire. Un bandage barre le front de Lily. Aucune des deux n'a remarqué sa présence. Voir sa fille ainsi lui brise le cœur. Ça lui rappelle à quel point elle est fragile, à quel point la vie est fragile, tout simplement. Il devrait être en train de la croquer à pleines dents, heureux, au lieu de s'enfermer dans sa déprime.

Il entre d'un air nonchalant.

— Je connais la fin de cette histoire. Le prince réveille Blanche-Neige avec un baiser.

Mary relève la tête en riant tandis que Lily souffle un « papa » faible mais enjoué.

John s'approche du lit et embrasse sa fille sur la tête. Il lui caresse la joue.

— Ça va ma puce ?

— Oui.

Elle lui sourit.

Mary se lève du lit en faisant attention à ne pas trop la déplacer.

— Je vais aller me faire un brin de toilette. Je vous laisse tous les deux.

John l'observe s'éloigner avant de reporter son attention sur sa fille. Celle-ci le regarde avec ses grands yeux clairs.

— Maman m'a dit que la voiture m'a fait bobo à la tête et à la jambe. Alors je dois beaucoup dormir et beaucoup manger pour guérir.

— C'est vrai, maman a raison.

— Mais ce qu'on m'a donné à manger, c'était pas bon.

John éclate de rire, mais la bonne humeur ne monte pas jusqu'à ses yeux.

— Ce n'est pas grave fait-il. Tu es une petite fille très courageuse.

Quelqu'un frappe à la porte. John fronce les sourcils. Déjà ?

— Depuis quand est-ce que tu frappes, Mary… ?

Sa phrase reste en suspens. Il s'est retourné. Ce n'est pas sa femme, mais une petite rousse avec des grands yeux bleus bouleversés.

— Oui ? fait John en se levant.

D'instinct, il se place entre sa fille et l'inconnue.

Car il ne la connait pas. Il n'a jamais vu cette femme de sa vie. Mais quelque chose chez elle ne lui plait pas. Peut-être son air ahuri. Ou sa démarche mal assurée. On dirait qu'elle a peur. Peur d'être ici. Peur de lui.

— Je suis désolée, souffle-t-elle d'une voix chevrotante.

— Oh mon Dieu ! s'exclame soudain Mary qui est revenue.

Elle pose une main contre sa bouche, comme si elle avait du mal à croire ce qu'elle voyait. John les regarde tour à tour sans comprendre.

— C'est elle, dit-elle.

— Je suis désolée, répète la femme rousse. C'était un accident. Je ne voulais pas… C'est pour ça que je suis ici… Pour voir si elle va bien…

John sent la colère monter en lui. De quel droit cette femme ose-t-elle venir dans la chambre de sa fille ? Alors que c'est elle qui l'y a mise ? Alors qu'elle a failli la tuer ? Alors qu'elle s'est enfuie ?

— Comment osez-vous ?

Il avance vers elle d'un pas menaçant et elle recule en cadence, jusqu'à sortir de la chambre pour se pousser de son chemin. John sait se montrer menaçant quand il le désire. Terrifiant même. Il n'a que faire de ses excuses.

— John ! s'exclame Mary. Arrête !

— Vous n'avez pas le droit de venir ici ! Je me moque de vos excuses. (Des larmes lui brûlent les yeux.) C'est ma fille que vous avez failli tuer !

La femme s'est effondrée sur un banc, dans le couloir. Elle laisse libre cours à ses sanglots.

— Je suis désolée, répète-t-elle, encore et encore.

Alors que John est sur le point de surenchérir, il sent quelqu'un le tirer en arrière. Il se retrouve alors plaquer contre un torse dur et chaud. Le sang se remet aussitôt à circuler dans son cerveau et il se rend compte de ce qu'il est en train de faire. Son instinct paternel a pris le pas sur sa raison.

Une fois qu'il est sûr que John a retrouvé son calme, Sherlock le relâche. Devant eux, l'inconnue continue de pleurer. Elle ne cesse de répéter les mêmes mots, comme une litanie.

— Je ne voulais pas. Il m'a forcée. Je ne voulais pas…

Sherlock pousse délicatement John et vint se poster à côté de la femme.

— Qui vous a forcé à faire quoi ? lui demande-t-il d'une voix autoritaire. Répondez.

Elle lui tend un morceau de papier. Sherlock le déplie. C'est une lettre. Avec ses mots de couleurs différentes, on dirait presque le travail d'un enfant. En encre rouge, verte, bleue et noire, on pousse la femme à blesser une des filles Watson. Si elle n'obéit pas, l'auteur menace de s'en prendre à ses propres enfants. C'est une technique classique. Tuer ou être tué. Ce genre de méthode fait ressortir le pire chez quelqu'un… Mais une personne normale, comme cette femme, ne peut s'empêcher de ressentir des remords.

— J'ai eu peur pour mes enfants. Alors, je les ai observées et hier soir, à la sortie de l'école, je… C'est affreux. Je suis un monstre.

John ne dit rien, mais au fond de lui, il bout. Il y a tant de choses qu'il aimerait lui dire, lui faire, mais il faut qu'il se contrôle. Ses poings se serrent et se desserrent contre ses flancs. Du coin de l'œil, il aperçoit Sherlock qui pianote sur son portable.

— Qu'est-ce que tu fais encore ?

Sa voix est cassante, plus qu'il ne l'aurait voulu. Sa frustration se déverse dans ses paroles. Sherlock relève les yeux de l'écran d'un air agacé. Visiblement, il n'apprécie pas de lui servir de punching-ball.

— J'informe Lestrade pour qu'il s'occupe de l'affaire. (Il se tourne vers la femme.) Pourquoi n'êtes vous pas allée directement à la police ?

— J'avais peur qu'ils m'arrêtent. Qui va élever mes enfants, si je vais en prison ?

Ses larmes redoublent. John n'arrive pas à s'en soucier.

— Il aurait fallu y penser avant.

— John.

— Il n'y a pas de John qui tienne. Occupe-toi d'elle. Je retourne auprès de ma fille avant de faire une bêtise.

Alors qu'il est sur le point de rentrer dans la chambre, Sherlock le retient.

— John, attends ! Il faut que je te parle. C'est important.

John daigne tourner la tête vers lui en soupirant.

— Qu'est-ce qui est plus important que ma fille ?

— Rien, justement, répond Sherlock.


Quand Lestrade débarque à l'hôpital avec plusieurs agents de police, John est surpris de voir l'un d'eux porter son autre fille, Judith, et un sac de voyage lui appartenant. Il jette un coup d'œil inquisiteur à Sherlock.

— Quelqu'un a intenté à la vie de ta fille. Vous allez rester ici le temps de résoudre l'affaire. Des policiers se relayeront pour monter la garde, lui explique-t-il.

John regarde son ami avec un mélange d'admiration et d'effroi. Il est incroyablement chanceux d'avoir Sherlock dans sa vie. Il l'a toujours su, mais à cet instant, il a la confirmation qu'il pourra toujours compter sur lui. Qu'il sera toujours là. Son cœur se gonfle dans sa poitrine. Il pose une main sur son épaule. C'est un geste simple, mais il espère que Sherlock comprendra à quel point il lui est reconnaissant.

— Merci.

Sherlock secoue la tête. Il n'a pas besoin de ses remerciements. Il n'aurait pas pu agir autrement. John est sa famille. Lily et Judith aussi, par extension.

— Qui a été assigné à la surveillance de… ? reprend John.

— Moi ! s'exclame une voix bien trop familière à son goût.

John réprime un grognement. Scotland Yard lui en veut. C'est officiel.

Cooper entre dans la chambre de Lily, un énorme sourire aux lèvres.


A suivre


Alors ? Qu'en avez-vous pensé ? Promis : la relation John/Sherlock avancera davantage dans le chapitre suivant !