Yaoooooooooooooooooooooooouuuuuuuuuuuh !! Vacaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaances !! Libertééééééééééééééé !! Hein, quoi ? Comment ça j'ai le BAC de français dans une semaine ? Réviser ? Ca veut dire quoi ? Je connais pas, moi, ce mot là… Ah ouais, ça consiste à relire les cours que j'ai pris depuis le début de l'année ? Bon, ben je vais m'y mettre… Sûrement un de ces jours !

Enfin bref, nouveau chapitre, basé principalement sur James, comme vous le verrez par vous-même.

AVERTISSEMENT : Les fans de James sont priées de se munir d'une boite de mouchoirs avant d'entamer la lecture de ce chapitre ! Merci de votre attention !

ENJOY !!

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Un an et deux mois plus tard

(POV Harry)

Pfiou… J'ai la flemme de retourner à Poudlard, mais en même temps, je m'ennuierais beaucoup moins qu'ici. Non pas que j'ai rien à faire – Remus me rappelle assez souvent que mes bouquins de cours de troisième année attendent avec impatience d'être ouverts… Mais je sais pas quoi faire de ma peau. Heureusement que Ron vient passer l'après-midi à la maison ! Ca changera… Mais en attendant, je sais toujours pas quoi faire… J'aurais jamais pensé que je dirais ça un jour, mais vivement que les cours reprennent !

(POV Sirius)

Je bâille en prenant le petit-dèj'. Je suis pas réveillé… Je veux dormir ! Mais mon chef veut me voir dans une heure pour une réunion de tous les aurors participant à la recherche de James. James… Dire que ça fait plus d'un an qu'on le recherche sans aucun résultat… Mais je désespère pas. Je le retrouverais. Je me jure que je le retrouverait, même si c'est la dernière chose que je dois faire dans ma vie.

Je finis de manger, et je me douche rapidement avant de me fringuer à peu près convenablement. En général, j'en ai rien à foutre, de mes fringues, mais comme il paraît que le ministre sera là… Donc, après m'être habillé, je crie :

-Harry ?

-Oui ?

Il sort de sa chambre, et je lui dit :

-Je vais au ministère, pour une réunion. Ca devrait pas durer longtemps, dans deux heures maxi je suis là.

-OK.

-A tout de suite mon grand.

Je l'embrasse sur le front, et transplane au ministère. Je rentre dans la salle de réunion, où les trois quarts des chaises autour d'une table ovale sont déjà occupées. Je m'assois à coté de Rose Cooper, une auror avec qui j'ai toujours travaillé, et nous entamons la discussion jusqu'à ce que le ministre rentre avec quelques aurors qui s'assoient aux dernières places libres.

-Bon, annonce le ministre, tout d'abord, je suis comme vous, je n'ai pas que ça à faire, donc on y va rapidement !

Tout le monde rigole légèrement, puis le ministre reprend :

-Tous les mangemorts en liberté ont été interrogés à plusieurs reprises, et leurs maisons fouillées, sans aucun résultat.

-Si y avait eu un résultat, on serait pas là, me souffle Rose.

J'approuve d'un hochement de tête.

-Black, avez-vous eu des nouvelles de James par l'intermédiaire de votre mystérieuse carte ?

-Aucune depuis plus d'un an, monsieur le Ministre. James n'a plus essayé d'accéder à cette carte depuis que la personne qui le retient l'a surpris à parler.

-Et avez-vous vous-même essayé d'entrer en contact avec James depuis ?

-Plusieurs fois. James m'a répondu très rapidement qu'il n'avait pas le droit de parler, et même s'il en avait le droit, ça m'étonnerait vraiment qu'il en ait la force. Parler par l'intermédiaire de cette carte nécessite une concentration intense qu'un esclave sur-exploité ne peut certainement pas fournir.

-Bien. Cooper, où en sont vos recherches ?

Rose répond :

-J'ai réussi à établir une liste de tous les témoins qui ont vu la maison des Potter détruite et leurs corps il y a 12 ans. Tous m'ont affirmé avec certitude avoir vu le corps de James Potter devant les ruines, et même les moldus interrogés se souviennent nettement de deux cadavres. Personne n'a vu quelqu'un sortir de la maison, il est donc probable que la personne en question, après avoir stupéfixé James, ai directement transplané avec elle.

-C'est le cas, continue un autre auror. J'ai examiné les sorts lancés dans la maison des Potter. Un avada kedavra, un stupéfix, et un transplanage.

-Vous avez pisté ce transplanage, Jenkins ? demande le ministre.

-Malheureusement, non. L'agresseur de James a transplané aux quatre coins du monde pour brouiller les pistes avant de revenir chez lui. Les traces sont trop confuses pour qu'on puisse déterminer l'endroit où il est finalement arrivé.

Quelqu'un frappe à la porte, et la secrétaire du ministre rentre.

-Je suis désolée, monsieur le Ministre, je sais que vous ne vouliez pas être dérangé mais… Nous venons de recevoir une lettre, pour Mr Black. Et comme nom d'expéditeur, il y a le nom de James Potter.

Un silence de mort tombe dans la salle. Plus personne ne bougeait. Puis je me lève, et prends le parchemin que me tend la secrétaire.

-Vous permettez, monsieur le Ministre ? je demande.

-Allez-y, Black.

Je déroule le parchemin, et mon cœur loupe un battement en reconnaissant l'écriture fine et penchée de James. Pas de doutes, c'est bien lui qui l'a écrite, je la reconnaîtrais entre mille.

Black,

Même si c'est James qui écrit, sache que cette lettre provient avant tout de son Maître. J'ai appris qu'une équipe d'aurors recherchaient activement Potter, et je voulais vous proposer un marché :

Je suis prêt à libérer James, mais pas gratuitement. Je voudrais procéder à un échange entre James et un certain nombre de mangemorts détenus à Askaban. Mais négocier un échange par courrier est assez compliqué. Je souhaiterais te rencontrer, personnellement, afin de négocier cela.

Cependant, je fixe certaines conditions : Je veux que tu viennes seul, et tu as ma parole que, si jamais je découvre que d'autres aurors nous espionnent, je n'hésiterais pas à tuer James immédiatement. Je te conseille vivement de ne pas me mettre au défi. Ensuite, et c'est ma deuxième condition, je veux que tu aies les pleins pouvoirs sur les termes de l'échange, en clair, que tu n'aies pas à aller consulter tes supérieurs à chaque exigence. Et enfin, je veux ta parole que tu n'approcheras pas de James sans que je t'y autorise. Là aussi, si tu tentais quoi que ce soit, James le regretterait amèrement.

Si tu es d'accord avec ce que je viens d'écrire – ou plutôt, ce que je viens de dicter à mon esclave bien obéissant, renvoie-moi cette même lettre pour me dire que tu acceptes. Un autre parchemin te communiquera le lieu et l'heure du rendez-vous.

Je relis trois fois la lettre avant de la tendre au ministre. Il la lit, et murmure :

-Qu'en pensez-vous, Black ?

-Personnellement, monsieur le Ministre, je pense qu'après avoir passé plus d'un an à tourner en rond, on ne peux pas se permettre de passer à coté d'une telle occasion.

-Je suis d'accord avec vous, Black. Vous pouvez dès maintenant renvoyer une réponse.

Je prends une plume, et griffonne un "J'accepte" au dos du parchemin, que je lui renvoie avec le hibou que tient la secrétaire. Je la remercie, puis le ministre déclare :

-La réunion est finie pour aujourd'hui ! Black, suivez-moi dans mon bureau.

Je le suis, puis, lorsque nous sommes assis, il me dit :

-Bon, tout d'abord, est-ce que vous savez vraiment ce qui vous attend ?

Je m'attendais à toutes les questions, mais pas à celle-là.

-Comment cela, monsieur le Ministre ?

-Lors de cette entrevue, si on lit entre les lignes de la lettre, ça sous-entend que vous verrez James. Est-ce que vous êtes sûr de pouvoir supporter de le voir dans l'état déplorable dans lequel il est certainement ?

Evidemment. Il a raison, James doit être dans un état plus que déplorable.

-Je me suis posé la même question. Je ferais de mon mieux pour ne pas craquer, mais je ne peux pas laisser passer une telle occasion.

-Je vous fais confiance, Black. Pour les termes de l'accord, je vous laisse carte blanche à propos des mangemorts libérés d'Askaban, mais je vous serais reconnaissant de minimiser les libérations le plus possible. Pas plus de vingt mangemorts ? Et s'il en exige plus, n'hésitez pas à lui proposer des libérations surveillées.

-Entendu. Je ferais ce que je pourrais. Je vous remercie de votre confiance, monsieur le Ministre.

-C'est naturel, Black. Vous avez suffisamment fait vos preuves pour que je vous confie ce type de mission.

-Merci. Je ferais de mon mieux.

-Je vous fais confiance, Black.

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(POV Sirius)

Je rentre dans le bar qui fait la liaison entre le monde moldu et le chemin de Traverse, et Tom, le barman, me dit :

-Ah, Black, vous êtes attendu dans la chambre 11, au premier étage.

-Je sais. Merci Tom.

Je monte les escaliers, et me fige devant la porte de la chambre 11. Je prends une inspiration, et frappe à la porte.

-Entrez ! résonne une voix.

Je rentre dans la chambre. Le mangemort est là, encagoulé et vêtu de noir, assis sur son lit. Et à ses pieds… Mon souffle se coupe en le voyant.

James est agenouillé à ses pieds, le regard planté dans le sol. Il est torse nu, et son jean déchiré laisse voir de superbes hématomes un peu partout sur ses jambes. Malgré le fait qu'il soit à genoux, je remarque qu'il est incroyablement petit. Tout juste 1m50. Il n'a plus ce corps musclé et athlétique qu'il avait avant, il est devenu rachitique. Tous ses os ressortent à travers sa peau incroyablement pâle, et il est tellement maigre que j'ai l'impression qu'il va se briser en mille morceaux si j'effleure sa peau. Son Maître n'a pas l'air de penser comme moi, puisque je n'ai aucun doute sur l'origine des grandes cicatrices rouges qui zèbrent son torse.

-James… je murmure, le souffle coupé.

Il lève la tête vers moi et me dévisage avec ses grands yeux couleur noisette. Son visage est comme son torse : maigre, et couvert de traces de coups de fouet. Il porte une paire de lunettes dont les verres sont rayés de part et d'autre. C'est exactement les mêmes lunettes que celle qu'il avait avant, mais depuis 12 ans, j'imagine qu'elles ne doivent plus du tout être adaptées à sa vue. Et même si elles pouvaient encore l'aider à y voir plus clair, elles sont bien trop cassées pour qu'il y voie au travers. Ses yeux sont impressionnants : de grands yeux noisette, mais plus du tout le même regard que celui que je connaissais. Son regard fier, brillant d'insolence a disparu, remplacé par un vide total. Juste deux billes noisettes ne reflétant aucunes expressions. Et autour de son cou, il porte un collier pour chien, mille fois trop serré. Il semble incrusté dans sa peau, comme si son Maître ne le lui avait jamais enlevé depuis 12 ans.

Il n'y a qu'une seule chose qui n'a pas changé chez lui : ses cheveux noirs, indisciplinés, se dressant en épis partant dans tous les sens. Je n'arrive plus à détacher mon regard de lui, de ce qu'il est devenu.

-Surpris, Black ? raille le mangemort.

Sa voix a des intonations étranges, vrillant entre le grave et l'aiguë. Un sortilège de déformation de voix, probablement. Aucun partisan de Voldemort ne serait assez stupide pour se trouver en présence d'un auror professionnel en lui laissant une chance de reconnaître sa voix. Je me force à détacher mon regard de James, pour le foudroyer du regard. A travers sa cagoule, je distingue juste deux grands yeux noirs.

-Je t'en prie, assieds-toi, me dit-il en désignant une chaise devant le lit sur lequel il est assis.

Je m'assois sur la chaise, et demande :

-Ne tournez pas autour du pot. Qu'exigez-vous en échange de la libération de James ?

Je me rassure un peu en entendant ma voix sèche et agressive que j'ai à chaque fois que j'interroge un mangemort. Pas de sentiments. Pas de réactions visibles. Juste de l'assurance. Je ne sais plus combien de fois ils nous l'ont répété à l'école des aurors.

-J'exige d'autres libérations, répond le mangemort. Et plus précisément, j'exige la libération de tous les mangemorts que James a envoyé à Askaban avant qu'il ne devienne le gentil chien que tu as devant toi. C'est équitable, non ?

Je me force à respirer calmement. James n'a même pas réagi lorsqu'il l'a traité de chien. Mais j'ai gardé le silence une seconde de trop.

-Pourquoi tu ne réponds pas, Black ? Tu as besoin d'aller consulter tes supérieurs, en bon toutou du ministère ?

-Je vous conseille de respecter les forces de l'ordre un peu plus que ça si vous souhaitez aboutir à un arrangement. Et pour votre information, j'ai carte blanche, je peux accepter ce que bon me semble.

-Si je souhaite aboutir à un arrangement… rigole le mangemort. Moi, je n'en ai rien à foutre ! Mais j'ai cru comprendre que tu avais envie de récupérer ce qui me sert d'esclave, non ?

Pas de sentiments. Pas de réactions visibles. Pas de sentiments. Pas de réactions visibles.

-Le ministère accorde en effet de l'importance à la libération de James Potter. Pour votre requête, d'après mes informations, il a été l'auteur de quinze captures de mangemorts, qui ont tous été condamnés à vie, vous êtes d'accord avec moi ?

-Parfaitement.

-Voilà ce que je vous propose : Sur ces quinze mangemorts, cinq sont libérés immédiatement, les autres obtiennent leur libération dans un délai allant de cinq à dix ans.

Le mangemort réfléchit quelques secondes, puis dit :

-Plutôt l'inverse. Dix libérations immédiates, cinq dans les années à venir.

Evidemment, ça aurait été trop beau. Il ne libèrera pas James en échange de moins de la moitié des mangemorts en prison…

-Avez-vous des exigences particulières sur les noms de mangemorts que vous souhaitez voir en liberté dans l'immédiat ?

-Je tiens particulièrement à Lestrange, Avery et Nott. Pour les autres, comme vous voulez.

Je griffonne rapidement les noms sur mon bloc-notes, et reprend :

-En supposant que j'accepte, dans quelles circonstances voudriez-vous que l'échange se produise ?

-Un rendez-vous à Askaban. Je vous rends James là-bas après avoir vu mes collègues sortir de leurs cellules.

Je réfléchis deux secondes, avant de demander :

-Vous permettez que je m'approche de James deux secondes ? Juste pour vérifier quelque chose ?

-Je vous en prie.

Je m'approche de James, et il a un léger mouvement de recul en me voyant arriver.

-Tu restes tranquille ! aboie son Maître.

Et il lui fout un coup de cravache dans le dos. Le visage de James se déforme légèrement en une grimace de douleur, avant de redevenir impassible une seconde après. Je m'efforce de ne rien dire, et m'accroupis auprès de lui. Je pose doucement ma main sur sa joue. Ses yeux brillent de terreur.

-Calme-toi, je murmure doucement. Je ne vais pas te faire mal…

Il se calme légèrement, et je plonge mon regard dans ses yeux noisettes. Mon souffle se coupe quand je pénètre dans son esprit. Il n'a aucune défense mentale ! Aucune barrière, aucune protection, rien, juste ses souvenirs et ses pensées en libre accès au premier venu. Je comprends pourquoi il a ce regard si vide. Il a trop peur de penser à quelque chose d'interdit, alors il ne pense strictement à rien. Je me retire doucement de son esprit, et me rassoie sur ma chaise. J'ai eu ce que je voulais, James n'a plus aucune défense mentale, plus aucune barrière protégeant son âme. Il ne survivrait pas deux secondes en présence d'un détraqueur.

-Pour l'échange, je ne suis pas d'accord avec le lieu. James est incapable de supporter la présence de détraqueurs.

-D'accord. Je vous propose alors de vous communiquer le nom d'un lieu, 10 minutes avant le rendez-vous. Juste pour être sûr qu'aucun autre auror que vous ne sera impliqué.

-Je pense que même avec la meilleure volonté du monde, je n'arriverais pas à emmener à moi tout seul un minimum de cinq mangemorts en transplanage d'escorte – puisque ce pouvoir leur a été enlevé à leur entrée à Askaban. Vous permettez qu'il y ait d'autres aurors, juste pour emmener les mangemorts concernés ?

-Entendu. Mais revenons précisément sur ce nombre de mangemorts. Je reste sur ma position : Dix libérés immédiatement, cinq autres dans les années à venir.

Je réfléchis deux secondes. Il ne tombera pas en dessous de dix libérations immédiates.

-Dix libérés immédiatement, dont cinq en liberté surveillée. Tous leurs faits et gestes seront notés par des aurors. Bien entendu, les mangemorts ne les remarqueront même pas.

-J'accepte, à une condition : je veux que vous m'expliquiez très précisément ce que va vous apporter une liberté surveillée ? Où sont les avantages que vous en tirez ?

-Voilà le principal avantage.

Je prends une inspiration, et continue :

-Compte-tenu de l'état dans lequel se trouve James, il est évident qu'il passera par un examen clinique si jamais nous aboutissons à sa libération. Si jamais un quelconque examen révélait que vous lui avez fait avaler un poison à effet lent, ou quoi que ce soit d'autre qui mette sa vie en danger, les mangemorts libérés gagnent un retour direct à Askaban.

-Les poisons à effet lent n'existent pas, rigole le mangemort, aucun poison ne laisse plus d'une minute à celui qui le boit. Votre idée m'intéresse, mais je dois y réfléchir. Vous comprenez que la libération de quinze mangemorts ne se décide pas d'un claquement de doigts ?

-Bien entendu.

-Bon, eh bien c'est parfait ! Je vous tiens au courant de ma décision dans les semaines à venir. Auriez-vous d'autres questions ?

-Oui, je dis d'une voix calme. Pour des raisons strictement personnelles, et en dehors de mes capacités d'auror… Pourrais-je avoir une conversation privée avec James quelques instants ?

-La lettre précisait que je ne voulais pas que tu t'approches de lui.

-En acceptant, je vous ai promis que je ne l'approcherais pas sans votre autorisation.

Le mangemort réfléchit un moment, avant de dire :

-Depuis qu'il est à mon service, James obéit à des règles très strictes. Celle de ne parler à personne d'autre que moi en fait parti. N'est-ce pas James ?

-Oui, Maître, murmure-t-il d'une voix sans aucune intonation.

-Ne pourriez-vous pas faire une exception à cette règle ? James n'a aucune défense mentale, vous serez au courant du contenu de notre conversation sans la moindre difficulté, et si jamais vous découvrez que je lui ai mis de mauvaises idées en tête, je ne m'opposerais pas à ce que vous le… Punissiez. Je veux juste lui parler personnellement.

-Bon, c'est d'accord, mais avant…

Il agite sa baguette et lance un sort sur le collier de James.

-Sortilège doloris anticipé, explique-t-il. Si jamais James sort de cette pièce, le sortilège lui lancera un doloris qui ne s'arrêtera que quand il sera revenu ici. Donc n'essaye pas de le faire sortir ou transplaner, il le regretterait amèrement.

-Je ne tenterais rien.

-Bien ! Je vous laisse cinq minutes.

Le mangemort sort, et je m'accroupis devant James. Il est resté à genoux, ses yeux noisettes désespérément vides.

-James ?

Il lève la tête vers moi sans un mot. Je lui caresse doucement la joue, et demande :

-Comment tu vas ?

-Bien, Maître.

Je sais pas à quoi je m'étais attendu. Certainement pas à cela.

-James, est-ce que tu me reconnais ? je lui demande.

-Oui, Maître. Sirius Black.

Je soupire légèrement, et reprend :

-Pourquoi tu m'appelles Maître ?

-Obligé. Pas le droit d'appeler autrement.

Je pose ma main sur son front. Il est brûlant de fièvre.

-Tu es malade ?

Il me répond avec un haussement d'épaules. Mais je ne m'avoue pas vaincu pour autant.

-James, est-ce que tu te souviens vraiment de moi ? Est-ce que tu te souviens de Poudlard ?

-Oui, Maître.

Je tremble légèrement.

-Ne m'appelle pas comme ça, James, s'il te plait.

-Pas le droit. Désolé… il murmure.

-T'inquiète pas. Et est-ce que tu te souviens de Lily ?

Ses yeux brillent étrangement pendant une seconde, avant de redevenir vides.

-Oui, Maître.

-James, tu te souviens vraiment de Poudlard ? Tu te souviens des maraudeurs, des sorties à Pré-au-lard, des nuits dans la cabane hurlante, des heures de colle et des fous rires ? Tu te souviens de tout ça ?

A nouveau, ses yeux brillent doucement, comme avec nostalgie, mais cette fois, ils mettent quelques secondes à se ré-éteindre.

-Oui, Maître.

Je passe doucement ma main dans ses cheveux, et il se rassure un peu. Je regarde doucement son corps rachitique, barré de marques de coups de fouets.

-Ca te fait mal ?

-Oui, Maître.

-Il te… punis souvent ?

-Oui, Maître.

Putain… Mais ça lui arrive de dire autre chose ? Je regarde ma montre. Les cinq minutes sont presque écoulées, son Maître ne va pas tarder à revenir. Et en effet, la porte se rouvre à ce moment là.

-Je vais y aller, James.

Il tend doucement son bras pour prendre ma main.

-Non… S'il te plait…

Ses yeux recommencent à briller, me suppliant du regard.

-S'il te plait… Reste… Pars pas…

C'est la première fois que j'ai vraiment l'impression d'avoir quelqu'un en face de moi.

-Ne t'inquiète pas, James. Je te tirerais de là. Je te jure que je reviendrais te chercher. Je te le jure.

Il acquiesce d'un léger hochement de tête, mais ne lâche pas ma main pour autant.

-Lâche-le, James ! ordonne son Maître.

Sa main se desserre, sans vraiment me lâcher.

-J'ai dit lâche-le !

La cravache siffle dans les airs et s'abat sur son dos dans un claquement résonnant. Sous la douleur, James resserre encore sa main autour de la mienne. La cravache retombe dans le même bruit, le même sifflement, le même claquement. Il continue à le frapper, et je retire violemment ma main pour obliger James à me lâcher. Mais les coups de cravache continuent de tomber. Sans réfléchir, je me relève d'un bond. Je m'interpose entre James et son Maître, et je reçois dans les côtes le coup destiné à James. Je referme ma main sur sa cravache pour l'empêcher de la lever à nouveau.

Un silence de mort s'installe dans la pièce, entre James, à genoux, ses yeux hurlants de douleur, son Maître, cagoulé, juste devant moi, et moi, qui le fixe du regard, ma main refermée sur sa cravache. Au bout d'une trentaine de secondes, je murmure :

-C'est bon. Il m'a lâché.

Malgré sa cagoule, je distingue ses deux yeux noirs qui me foudroient du regard, puis son bras se détend. Je lâche la cravache, mais reste devant lui, pour être sûr que, s'il s'en sert, c'est sur moi que ça tombera. Je me retourne lentement.

-Ca va, James ?

-Oui, Maître.

Il est redevenu la coquille vide que j'ai eu devant moi pendant 4 minutes et 50 secondes. Si seulement son Maître n'était pas arrivé… Je me retourne vers le mangemort, et lui dit :

-J'attends votre réponse pour les termes de l'échange. Si jamais vous décidiez de refuser, je tiens à vous rencontrer à nouveau pour d'autres négociations.

-Entendu. Je vous re-précise ça.

-Parfait.

Il tend sa cravache à James.

-Va la ranger dans ma malle, à coté.

James se lève, prend la cravache sanglante, et sors. Mais comment il peut encore se tenir droit avec tous les coups qu'il a reçus ?

-Puis-je vous poser une dernière question, par simple curiosité ? je demande.

-Je vous en prie.

-La taille de James. A peine 1m50… Pourrais-je savoir comment vous avez fait ça ? Simple curiosité, je vous le répète.

Je le sens s'infiltrer dans mon esprit pour être sûr que, en effet, ce n'est que de la curiosité. J'aurais très bien put l'empêcher d'accéder à mon esprit, mais je préfère le laisser faire.

-Une simple potion, juste destinée à l'affaiblir un peu. Le fait que sa taille ai diminué est un effet secondaire non-prévu que je n'ai jamais pensé à corriger avec une potion de croissance, c'est tout.

-D'accord, je vous remercie. Et au fait…

-Oui ?

-N'oubliez pas que, selon la loi, l'utilisation d'une cravache magique telle que la votre qui amplifie les coups de cette façon est strictement interdite, et passible d'un minimum de trois ans à Askaban.

Je sors de la pièce, et transplane chez moi. Harry vient me voir.

-Ca va pas, Sirius ?

-Si, si, ça va… Je monte deux secondes pour faire un rapport à mon chef.

-D'accord.

Je monte les escaliers, rentre dans ma chambre, et ferme la porte à clé. Je jète un sortilège d'insonorisation, mais je peux pas tenir une seconde de plus avant de craquer. Je fonds en larmes.

-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O

(POV Remus)

Je rentre dans la maison.

-Salut Remus !

-Salut Harry ! Ton parrain est dans le coin ?

-Il est dans sa chambre. Il m'a dit qu'il devait faire un rapport de son entretien à son chef.

-OK merci.

Je ne suis pas aussi dupe qu'Harry. Le bureau de la chambre de Sirius est à peine visible sous tous les dossiers et classeurs entassés dessus. Les mots "Dans sa chambre" et "Pour travailler" sont strictement incompatibles entre eux. Je frappe doucement à la porte.

-Sirius ? C'est moi.

La porte s'ouvre grâce à un sort que Sirius a probablement lancé depuis l'autre bout de la pièce. Il est allongé sur son lit, la tête dans son oreiller.

-Ca va pas, Sirius ?

Je m'assois sur son lit, et pose une main sur son épaule. Il lève la tête vers moi. Il a le teint pâle, et son visage est couvert de traces de larmes. Il est torse-nu, et une grande cicatrice rouge barre son torse.

-C'est quoi, cette blessure ? je demande.

-Un coup de cravache, il répond.

-Comment ça ?

-Je me suis interposé entre James et lui.

Les yeux s'agrandissent d'horreur en regardant la marque qu'il a.

-Il… Il le bat ?

-Oui. Sur le coup, je… Je sais pas ce qui s'est passé, mon cerveau s'est mis en pause, je savais pas quoi faire. Quand je me suis placé entre eux, James s'était déjà pris une dizaine de coups comme ça.

-Putain… je murmure. Comment il va ?

Sirius hésite. Visiblement, il ne sait pas par où commencer.

-Mal. Il va très mal. Il est incroyablement maigre, il doit pas peser plus d'une vingtaine de kilos, et il mesure tout juste 1m50. Il a des marques de coups sur tout son corps. Il est malade, il brûle de fièvre, mais son Maître ne s'en soucie pas plus que ça. Il est incroyablement pâle, ça doit faire des années qu'il a pas vu la lumière du soleil. Et… Et il a changé. Il a beaucoup changé.

-Comment ça ? je demande.

-Son Maître a accepté que je lui parle en privé pendant cinq minutes. Je lui ai posé quelques questions… Juste pour savoir s'il se souvenait de nous, de Lily, de Poudlard…

-Et… je murmure.

-Oui, Maître. C'est la seule chose qu'il m'a répondue.

Non. C'est pas possible… James… James n'aurait jamais répondu ça à qui que ce soit ! James est bien trop fier pour ça…

-Il n'a plus aucune barrière mentale, continue Sirius, son Maître le soumet à un sort de légilimancie permanent. Et d'après ce que j'ai compris, il n'a absolument aucune liberté. Il a un collier pour chien qui lui envoie des doloris dès qu'il fait un pas de travers. Et ça m'étonnerait qu'il ai beaucoup de droits. Il ne parle jamais si son Maître ne lui pose pas de questions, et pendant tout l'entretien, il est resté à genoux à ses pieds. Et ce qui me fait le plus peur… C'est qu'il ne fait jamais de phrases complètes.

Je fronce les sourcils. James est battu, humilié, malade, affamé, et Sirius s'inquiète de son vocabulaire ?

-Je comprends pas… je murmure.

-Quand j'étais petit, explique Sirius, je devais avoir cinq ans, je me demandais toujours pourquoi Kreattur nous obéissait comme ça, pourquoi il se révoltait jamais. Un jour j'ai posé la question à ma mère.

-Qu'est-ce qu'elle a répondu ? je demande.

-Un esclave n'exprimera jamais le fin fond de ses pensées s'il ne connaît pas les mots pour les hurler.

-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O

Et voilà, je vous laisse méditer sur la dernière phrase de Sirius. Cette phrase, c'est mon prof d'histoire qui me l'avait sortie un jour, en parlant des dictatures, et elle m'est resté. Ce prof, je l'adore, car il a une philosophie de la vie incroyable, et j'espère vraiment l'avoir l'année prochaine, ne serait-ce que pour les réflexions qu'il nous a forcés à faire. Si jamais il lit ça, je n'ai qu'une phrase à lui dire : Ô Capitaine, Mon Capitaine. Il se reconnaîtra…

Pour la suite, je ne sais pas quand elle arrive, car même si je suis en vacances, quelqu'un m'a informée que je passais le BAC de français dans une semaine et que ce serait peut-être bien que je me décide un de ces jours à réviser un p'tit poil.

En attendant : Reviews, please !