Donne-moi ta main que je la serre, comme en cet heureux temps de joie et de misère, où je vivais sans gîte, où le jour j'avais faim, où j'avais froid la nuit, où j'étais libre enfin…

Le paradoxe exprimé entre joie et misère et faim, froid, libre montre que Ruy Blas regrette sa vie passée et…

MIIIIIIIINNNCE ! Je suis plus dans le français, je suis dans ma fic !! Bon, désolée pour ce bout de lecture analytique, après en avoir bouffé pendant deux jours en continu, j'en ai plein la tête, donc p'tite pause d'un chapitre écrit rapidement avant de m'y remettre…

Réponses aux reviews anonymes :

florely : Merci beaucoup, moi aussi j'aime bien changer de point de vue souvent. Et non, Harry n'était pas au courant que Sirius allait voir son père, Sirius se doutait que James allait mal et il ne voulait pas démoraliser Harry...

CariTitElfe : Oui, c'est vrai que je fais presque pas de fautes d'orthographe, et d'ailleurs, que j'aime aps les fics qui en sont bourrées... Je te remercie de me soutenir, et non, je ne m'arrêterais pas, car j'ai plus d'idées de fic que de temps pour les écrire ! Pour l'adresse que tu m'as laissée, je ne vois pas le début, tu pourrais me le renvoyer avec un espace entre chaque mot ou chaque lettre STP ? Merci d'avance !

ENJOY !

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(POV Le Maître de James)

James a changé. Il a beaucoup changé depuis qu'il a vu Black. Non pas qu'il obéit moins qu'avant, il a toujours une peur monstre de ma cravache, en particulier depuis la correction que je lui ai donnée devant Black. Non, j'ai juste l'impression qu'il a retrouvé un semblant de sentiments. Autant avant il était simplement une vraie coquille vide, autant maintenant ses yeux semblent se rallumer de temps en temps, même s'il fait semblant de rien lorsqu'il est devant moi.

Il a aussi changé physiquement. Il devient plus pâle chaque jour, et a de plus en plus de mal à tenir debout. Sa maladie gagne du terrain sur lui chaque jour, et le peu d'anti-corps qui lui restent ne fait plus le poids. Evidemment, je pourrais le soigner rapidement mais… J'aime trop le voir dans cet état, si faible, si soumis. 12 ans. Ca fait douze ans qu'il est à mon service. Je pensais pas qu'il tiendrait aussi longtemps. Il a du cran, ça c'est sûr. Mais plus pour longtemps…

(POV James)

Ma main. Blanche, tremblante, froide. Je la referme doucement sur du vide. Je m'allonge sur mon lit, et je ferme les yeux.

Ma main est pas si froide que ça, finalement. Presque aussi chaude que celle de Sirius. Sirius… Je recommence à pleurer. Faut qu'il soit là ! Peux pas rester sur mon lit, seul. Je veux mon Sirius. Depuis douze ans, j'ai l'impression d'être perdu en pleine mer, en train de me noyer petit à petit. Si seulement mon Maître m'avait pas frappé. Si seulement quelqu'un pouvait comprendre à quel point j'ai eu l'impression de m'accrocher à une bouée de sauvetage en tenant la main de Sirius. Si seulement j'avais pas été obligé de le lâcher.

Je fonds en sanglots. J'ai trop froid, trop mal… Je peux pas rester seul dans cet océan glacé. Je veux ma bouée de sauvetage. Je veux Sirius…

(POV Sirius)

Je me laisse tomber dans le canapé en feuilletant mon bloc-notes. Je trouve la page qui m'intéresse, avec mon écriture écrite dans tous les sens de la page. En clair ça donne :

Cagoule + déformateur de voix

Mangemorts prioritaires : Lestrange, Avery, Nott

Défenses mentales de James brisées, légilimancie permanente.

Potion affaiblissante + inversement de croissance + Précision : poisons effets lents n'existent pas

Frappe James à la moindre occasion

Ce dernier détail m'interpelle plus que les autres. James est incroyablement soumis, et pourtant, son Maître trouve toujours une occasion pour le battre. Je pense pas que ce soit vraiment pour le soumettre – James aurait du mal à être encore plus soumis que ça. Donc il reste deux possibilités : Soit ce conard est encore plus sadique que la fille qui écrit cette fic… Soit il le bat pour le plaisir. Pas par sadisme, juste parce que c'est lui, parce que c'est James Potter.

Dans les deux possibilités, je choisirais plutôt la deuxième : la première me paraît assez impossible à réaliser, personne ne peut être plus sadique que la fille qu'est en train d'écrire… Donc il en veut particulièrement à James. Il le déteste, et ça date de bien avant son enlèvement il y a douze ans.

Ensuite, pour tout ce qu'il m'a sorti sur les poisons, ce type est un expert en potions. Aucune réflexion avant de m'affirmer quelque chose là-dessus, il connaît tout sur le bout des doigts.

Pareil pour la légilimancie, un expert. Seul quelqu'un de vraiment très doué peut briser ainsi des défenses mentales au point d'exercer une légilimancie permanente.

Lestrange, Avery et Nott ne sont pas des mangemorts si dangereux que ça, il y a bien pire qu'eux parmi ceux que James a envoyé à Askaban. Donc c'est plus des questions d'affinités. Et comme les mangemorts ne se connaissent pas vraiment entre eux, ces affinités datent de Poudlard.

Et enfin, le déformateur de voix. Ca c'est on ne peux plus explicite : il avait peur que je le reconnaisse. Donc je le connais très bien, suffisamment bien pour reconnaître immédiatement sa voix.

On résume : Un mangemort, qui était à Poudlard avec Lestrange, Avery et Nott. Un expert en potions et légilimancie, que je connais très bien, mais qui déteste James. Je connais pas cinquante personnes répondant à ces critères.

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(POV Sirius)

-Non, Black !

-Mais monsieur le Ministre…

-Taisez-vous, s'il vous plait.

Je me la ferme, et le ministre reprend :

-Ecoutez Black. Je suis d'accord avec vous, et votre raisonnement tient la route. Personne ne peut vous reprocher quoi que ce soit à propos de votre raisonnement, ça c'est clair. Mais n'oubliez pas qui vous accusez ! Vous accusez Severus Rogue, un mangemort repenti qui a espionné Vous-Savez-Qui au péril de sa vie avant que Dumbledore ne jure son innocence ! Black, accuser Rogue, c'est accuser Dumbledore ! Et Rogue fait parti des recherches ! Il recherche James !

-Et c'est le meilleur moyen de faire lever tous les soupçons sur lui ! Rogue déteste James depuis toujours, il aurait forcément été interrogé s'il n'avait pas participé aux recherches !

-Black, c'est impossible. Vraiment.

-Monsieur le Ministre, s'il vous plait. Laissez-moi faire une descente dans sa maison. Si je ne trouve pas James, ni aucun signe indiquant sa présence, je laisse tomber.

-C'est entendu, Black. Mais arrangez-vous pour être discret, la Gazette s'en donnerait à cœur joie si elle apprenait que le ministère soupçonne un protégé de Dumbledore.

-Entendu.

-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O

(POV Sirius)

Je frappe à la porte. Rogue vient ouvrir.

-Black ? Qu'est-ce que tu fous là ?

-Inspection du ministère, je répond en montrant ma carte d'auror. En tant que principal ennemi de James, tu imagines bien qu'on tient à en savoir un peu plus sur toi et ta maison…

Rogue a l'air surpris et mécontent à la fois, mais il s'écarte pour me laisser passer.

-Pendant que je fais le tour, tu es prié de rester assis, sans bouger.

Il se laisse tomber sur son canapé, et je commence à parcourir la maison avec quelques sorts de révélation des pièces cachées. Au bout d'une dizaine de minutes, je dois me rendre à l'évidence. James n'est pas là. Un "bip bip" résonne dans ma poche, et je tire un minuscule appareil où clignote un point rouge. Je le range sans un mot.

-Qu'est-ce que c'est ? me demande Rogue.

-Un simple gadget moldu. Bon, tout est en ordre, je te remercie.

-Je t'en prie, Black.

Je transplane au ministère, et fait un compte-rendu au ministre. Il murmure :

-Ces appareils sont vraiment infaillibles ?

-Totalement infaillibles, monsieur le ministre. Quand j'ai vu James en privé, je lui ai caressé les cheveux. J'en ai profité pour lui laisser un émetteur. Lui-même ne s'en est pas rendu compte, son Maître ne trouverait rien s'il inspectait ses pensées. Cet émetteur émet des ondes, reçues par un récepteur. Ceci, je dis en sortant l'appareil. Et il s'est affolé dans la maison de Rogue. Ce récepteur est à très faible puissance, pour qu'il capte les ondes de l'émetteur, c'est que celui-ci se trouvait à moins de 10 mètres de moi. Que James se trouvait à moins de 10 mètres de moi. Ceci, avec toutes les suppositions faites après l'entretien fait beaucoup de coïncidences monsieur le Ministre.

-Ecoutez, Black. D'accord, en admettant que James soit là-bas. Vous n'avez rien ! Black, ce que vous avez établi suite à cet entretien ne sont que des suppositions ! Et cet appareil ne prouve absolument rien, la justice n'accepterait jamais un témoignage fourni grâce à une technologie moldue ! Et en plus, vous avez fouillé sa maison sans rien trouver ! Black, que vous le vouliez ou non, vous n'avez aucune preuve !

-J'en trouverais, monsieur le Ministre. J'en trouverais…

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(POV Harry)

-Harry ! Dépêche-toi, le Poudlard Express va partir sans toi !

-Tu tiens tellement à me voir partir ? je crie en souriant.

-Non, mais ça m'étonnerait que Dumbledore soit ravi que tu arrives en retard ! Allez, viens !

Je le prends par le bras, prends ma malle dans mon autre main, et nous transplanons à King Cross. Nous franchissons la barrière, et j'entends :

-Salut Harry ! Bonjour Mr Black !

-Salut Ron ! Pas trop de problèmes pour arriver ici ?

-Ca a été… répond Ron. Le plus chiant, c'est Croutard ! Il arrête pas de s'échapper !

-Croutard ? demande Sirius.

-Mon rat…

Il sort Croutard de sa poche pour le montrer à Sirius. Le rat s'agite dans tous les sens, et Ron finit par le replonger dans sa poche. Sirius fixe pendant une seconde l'endroit où a disparu Croutard, puis sourit :

-Essaye quand même de ne pas le perdre dans le train ! Allez, bonne année à tous les deux !

-Merci.

Il m'embrasse sur le front, et nous montons dans le train.

-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O

(POV Harry)

Et voilà, ça recommence. Premier cours de potions avec Rogue. Surtout qu'il a l'air énervé de pas avoir eu le poste de DCFM. Alors quand en plus c'est Remus qui a eu le poste… On comprend qu'il soit fou de rage…

-Taisez-vous !

Depuis trois ans, plus personne ne pense à lui dire que personne ne parlait.

-Potion corrosive, aujourd'hui. Je demanderais aux Gryffondors d'être particulièrement attentifs, cette potion peut détruire n'importe quelle serrure, elle leur sera donc d'une grande utilité lorsqu'ils deviendront obligés de piller des maisons, faute d'un autre métier.

-Elle peut être aussi utile aux Serpentards, monsieur ! je crie. Les mangemorts ont bien besoin de rentrer dans les maisons pour tuer leurs victimes !

-50 points en mois à Gryffondor, Potter. Je disais donc, potion corrosive.

Il tire une fiole de sa poche, et de l'autre, il prend son éternelle fouine.

-Tiens, elle est toujours vivante, celle-là ? souffle Ron.

Il verse un peu de la potion sur la fouine, qui se met à hurler tandis que son poil brûle. Il frappe la fouine contre son bureau pour qu'elle se calme, comme d'habitude.

-Allez-y. Les instructions sont au tableau, les ingrédients dans le placard.

Le cours se déroule tranquillement, et Neville n'arrive même pas à faire exploser son chaudron. A la fin, on sort, pendant que Rogue retourne dans ses appartements. Je le comprends, on est tellement nuls en potions, il a forcément besoin de calme…

(POV Rogue)

Je rentre dans mes appartements. C'est dingue ce que ces Gryffondors ont le don de m'énerver ! Je tire ma fouine de ma poche, et la jète contre le mur. Je lui jète un sort de lévitation, et je la fais voler dans mon salon en la projetant contre les murs à chaque passage. C'est fou ce que ça défoule… Puis j'agite ma baguette et James reprend son apparence originelle. Il se roule en boule à mes pieds, gémissant de douleur. Je lui balance un coup de pied dans les côtes.

-Vas me chercher un verre de Whiskey Pur feu.

-Oui, Maître, il murmure.

Il se relève péniblement, et disparaît dans le minuscule bureau où tous les verres et bouteilles sont rangés. Dix secondes après, j'entends un grand fracas de verre cassé. Putain, qu'est-ce qu'il a encore foutu ? Je me lève, et rentre dans le bureau. James est étendu sur le sol, évanoui. Dans sa chute, la bouteille et le verre qu'il tenait se sont brisés. Je lance un evanesco, et je m'accroupis auprès de James. Il est brûlant de fièvre, et son cœur semble battre au ralenti. Je verse doucement une potion revigorante entre ses lèvres, et il ouvre les yeux. Ses yeux qui brillent de terreur dès qu'il me voit.

-Je suis désolé, Maître.

Je le foudroie du regard, et il se recroqueville à mes pieds.

-A genoux, James, j'ordonne.

Il se redresse légèrement, s'efforçant de rester à genoux, luttant contre l'envie de retomber allongé par terre. Il n'a plus aucunes forces. Je me relève doucement, et saisit ma cravache sur mon bureau. James ferme les yeux, juste avant que je ne lui foute un coup dans le dos.

(POV James)

Ca fait mal. Mais je bouge pas. Pas le droit. Mais ça fait trop mal. Sirius… S'il te plait… Pourquoi t'es pas là, pourquoi tu peux pas lui dire d'arrêter comme l'autre jour ? Les coups continuent de tomber. Ca fait de plus en plus mal. J'en peux plus. Je peux plus sentir le claquement de la cravache sur mon dos, ça fait mal, ça fait trop mal… Je ferme doucement les yeux, et je me sens tomber sur le sol. Une voix crie, loin, très loin :

-Redresse-toi !

J'entends plus rien. Je vois plus rien. Je retombe dans ce trou noir si agréable.

(POV Harry)

-Bienvenue à ce cours de Défense Contre les Forces du Mal ! Je suis le professeur Lupin, et c'est moi qui assurerait ces cours pendant une période indéterminée. J'espère que cette période durera le plus longtemps possible, mais je ne suis pas sûr que vous pensiez la même chose !

Tout le monde éclate de rire, et il déclare :

-Bon, cette année sera basée principalement sur les défenses contre les créatures magiques. Pour commencer, je vous demanderais d'ouvrir votre livre à la page 16. Quelqu'un veut bien nous lire l'introduction ? Oui, Miss Granger ?

-Etude sur les Créatures Magiques, par la spécialiste agrégée par le ministère en Défense Contre les Forces du Mal, Dolorès Ombrage.

Pour déterminer ce que sont réellement les Défenses Contre les Forces du Mal, et plus particulièrement les créatures magiques, il faut évaluer celles-ci selon deux critères, classés dans un graphique. L'abscisse X correspond à la dangerosité de la créature, les armes qu'elles possèdent pour se défendre, comme des griffes, des crocs, du poison pouvant s'injecter à sa victime, etc. L'ordonnée Y correspond, quant à elle, à la capacité de la créature à se servir de ces armes, la facilité avec laquelle elle va avoir tendance à attaquer. Ainsi, si un hippogriffe n'a que très peu d'armes, seulement un bec et des griffes, et a donc une très petite abscisse, il attaque très facilement, et sa dangerosité est donc importante en raison d'un taux élevé sur l'ordonnée Y. Mais un Basilic Géant a non seulement une grande abscisse X en raison de son regard meurtrier et de ses crocs venimeux, mais en plus une grande ordonnée Y car il n'hésite jamais à s'en servir.

Ainsi, selon cette méthode, on peux facilement évaluer sur le graphique l'abscisse et l'ordonnée des caractéristiques de la créature, tirer des traits pointillés en face des valeurs, l'aire du rectangle ainsi obtenue représentant la dangerosité du monstre en question.

-Merci, Hermione, dit Lupin avec un sourire.

Entre temps, il a tracé le graphique en question sur le tableau, en faisant un rectangle petit en largeur, mais grand en longueur pour les hippogriffes, et un autre bien plus grand pour le basilic.

-Est-ce que tout le monde a bien compris ce que vient de nous lire Hermione ? demande Lupin.

Un murmure d'approbation s'élève, et il reprend :

-Tout ça, ce ne sont que des pures conneries. Dolorès Ombrage, spécialiste agrégée, pff… C'est totalement débile. On n'évalue pas la valeur des forces du mal en fonction de valeurs précises et de graphiques.

Il efface ce qu'il avait dessiné au tableau, et reprend :

-Les Forces du Mal sont quelque chose de bien plus flou, bien plus mystérieux que des valeurs arithmétiques. Chaque créature est unique. Prenons un exemple : les loups-garous. Face à des animaux, ils sont très calmes, sauf s'ils sont affamés, tandis que devant des humains, ils déchiquettent tout ce qui bouge. Pourtant leurs armes sont les mêmes, leurs aptitudes de réactions sont les mêmes. Vous comprenez ? Les Forces du Mal ne se limitent pas à des nombres. Ce sont leur intérieur qui compte, ce qu'ils sont vraiment au fond d'eux-mêmes, l'important. Un détraqueur est profondément mauvais, tandis qu'un loup-garou ne fait rien d'autre que souffrir, et essayer malgré lui de faire partager sa souffrance, en croyant que ça va l'atténuer. Vous voyez ce que je veux dire ?

Il y a un nouveau murmure d'approbation, et il ordonne :

-Déchirez cette page !

Tout le monde se regarde dans la classe. C'est pas possible, j'ai mal entendu ! Hermione aussi n'ose pas y croire ses oreilles.

-J'ai dit, déchirez cette page ! Ce ne sont rien d'autre qu'un amas de bêtises. Dolorès Ombrage, professeur agrégée… Je veux qu'il ne reste que des confettis de sa bêtise intégrale sur papier ! Mais si, Miss Granger, vous en êtes parfaitement capable ! Si, je vous jure ! Allez-y, je vous ramène la corbeille !

Il ramène la corbeille pendant que je m'acharne à faire des confettis de la feuille. Hermione, de son coté, prend sa règle pour déchirer proprement la page. Lupin nous fait passer la corbeille, où nous jetons la page du livre. La cloche retentit, et tout le monde sort :

-C'est énorme ! s'écrie Dean.

-C'est clair ! renchérit Seamus. Il est génial, ce prof !

Les éloges continuent de fuser dans tous les coins jusqu'à ce qu'on arrive à la Grande Salle. Quelques profs sont déjà là, dont McGonagall et Rogue. Il a l'air vachement de mauvaise humeur… Il a peut-être eu cours avec une classe pire que la notre ? Non, c'est pas possible. Pire que nous, ça existe pas.

-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O

(POV Sirius)

Rogue est en cours, cette fois. Et même si je l'ai déjà fait, une fois de plus ou de moins ne changera rien. Mais je veux quand même vérifier. Je rentre doucement dans sa maison, et referme la porte derrière moi. Je monte les escaliers et, à l'étage, le récepteur dans ma poche s'affole à nouveau. Je m'approche d'une porte, que j'ouvre. La chambre de Rogue. Totalement vide. Je passe à une autre porte. Une autre chambre, plus petite, qui pue le sang. Au milieu, il y a un lit en fer avec un matelas moisi. Et sur le lit… James est là, étendu, les yeux fermés. Sa respiration est calme. Beaucoup trop calme à mon goût. Je m'approche de lui, et pose une main sur son front. Il est toujours aussi brûlant de fièvre. Je lui lance un rapide sort de diagnostique, et constate qu'il est évanoui.

De grandes marques rouges encore saignantes barrent son dos, et, rien qu'en voyant ça, je ré-entends presque le sifflement de la cravache de Rogue, puis le claquement qu'elle produit en s'abattant sur son dos déchiré. Il est vraiment maigre, et malade. Très malade. Je ne peux pas l'emmener en transplanage dans cet état, il en mourrait… Si seulement il pouvait se réveiller… Un portoloin serait également trop dangereux pour lui. Vu l'état dans lequel il est, la magie en elle-même serait dangereuse sur lui. Mais visiblement, Rogue n'a pas du tout besoin de magie pour le torturer, sa cravache est suffisamment efficace comme ça.

Je caresse doucement son front, dégageant ses mèches d'ébène collées par la sueur qui coule de son front. Je voudrais tellement lui lancer un sort de rafraîchissement, lui faire boire une potion revigorante, le laisser manger avant de lui donner une autre potion contre la douleur… Il en a tellement besoin… Mais je peux pas. Rogue le verrait immédiatement, et le connaissant, il ne manquerait pas une telle occasion de le battre sous prétexte qu'il a été incapable de m'empêcher de rentrer. Et je ne peux pas l'emmener avec moi, tant qu'il est évanoui, je n'ai aucun moyen de l'emmener sans risquer de le tuer… Mais si je le laisse la, il a tout autant de chances de mourir.

La porte claque au rez-de-chaussée. Je transplane directement au ministère. Maintenant que j'ai vu James chez lui, mes souvenirs peuvent servir de preuve contre Rogue.

-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O

(POV Rogue)

J'entends quelqu'un transplaner à l'étage. Je monte et ouvre la porte de la chambre de James. Je soupire légèrement. Il est là, évanoui, toujours aussi malade. Il n'a absolument pas bougé depuis que je l'ai laissé ici ce matin. De toute façon, son collier l'empêche de transplaner, il serait incapable d'aller où que ce soit, même en transplanage d'escorte. Et en supposant qu'il le puisse, il est bien trop faible pour ne pas risquer d'être désartibulé. Le seul moyen pour l'emmener en transplanage est de le transformer en fouine, mais James étant déjà un animagus, aucune personne se souciant un minimum de sa santé ne l'obligerait à prendre une autre forme animale. Personne à part moi ne peut le faire sortir d'ici, et je ne le lâcherait pas sans récupérer en échange les mangemorts qu'il a envoyés à Askaban.

D'ailleurs, en parlant de ça… Je prends un parchemin, une plume, et griffonne quelque chose. Puis je le donne à ma chouette, et murmure :

-Apporte ça à Melinda.

Elle hulule, et s'envole dans le soir. J'esquisse vaguement un rictus. Oui, je laisserais James partir contre les mangemorts. Mais pas avant que James ait payé une fois pour toutes.

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Pour le cours de Lupin, les fans auront reconnu une réadaptation du film Le Cercle des Poètes Disparus…

Ensuite, comme vous l'avez tous compris (enfin j'espère), le Maître de James est bien Rogue. Beaucoup de revieweurs m'ont proposé cette hypothèse, à laquelle je n'ai rien répondu. Il n'y a qu'une seule personne à qui je l'ai dit, car elle m'avait tenu un raisonnement quasi infaillible dans lequel elle me démontrait toutes les failles que j'avais laissées pour accuser Rogue. Cette personne, c'est octo, et son raisonnement m'a tellement impressionnée que j'ai décidée de lui dire qu'elle avait raison. Et comme promis, je vous laisse ici quelques extraits de ce raisonnement :

chapitre10:

" Ouais, on le connaissait pas mal. On avait quelques cours en commun.
C'était quelqu'un de populaire, dans le collège ?
Tout dépend de ce qu'on peux appeler populaire, si tu vois ce que je veux
dire."

après tout, une personne peut être populaire soit parce qu'elle est bien
vue par la société, soit parce qu'elle est un criminel, ou dans une école
un souffre douleur... et cette remarque de James: "tout dépend de ce qu'on
peut appeler populaire, si tu vois ce que je veux dire." est pour moi un
indice plus que révélateur...
Severus était le souffre douleur des maraudeurs à Poudlard... et il n'a
jamais très bien vécu cela, perdant confiance en lui jusqu'à aller
rechercher le pouvoir entre les mains du mal personnifié...

Le fait que Rogue participe aux recherches: quoi de plus simple pour lui
que de brouiller les pistes qui ramèneraient vers lui?

Rappelons que le maître de James est un legilimens... et que Severus est
un legilimens... à part Voldemort, c'est bien lui qui est versé dans les
arts magiques liés à l'esprit et/ou à sa manipulation...

Le souvenir de la mort de Lily: "Maître… Si vous n'avez pas de temps à
perdre avec ce minable, je peux m'occuper moi-même de lui si vous le
désirez…" un homme sans capuche, subordonné à Voldemort... qui en
voudrait tant à James...
qui à part Severus aurait un double contentieux avec James? m'est avis qu'il
y a non seulement la rage d'avoir été humilié à l'école, mais aussi la
rage d'avoir vu Lily épouser ce "minable"...
Severus préfèrerait que Lily meure plutôt que James soit heureux avec
elle... à sa place... (moi je crois en la théorie de l'amour à sens unique
qu'il éprouvait pour la rousse développé par JKR dans le dernier tome...)

Voilà quelques parties de son raisonnement, comme promis octo ;)

Donc ben voilà, la pause est finie, on y retourne (Lecture analytique 4 de Ruy Blas, le fait qu'il meurt sur scène romps avec les code classiques du théâtre…)

Reviews, please !