En partant des textes du corpus, vous vous demanderez si la tâche du romancier, quand il crée des personnages, ne consiste qu'à imiter le réel. Vous vous appuierez aussi sur vos lectures personnelles et les œuvres étudiées en classe.

Donc, ben voilà, pour ceux que ça intéresse, vous avez 4 heures pour faire ça (enfin moi je l'ai fait en 2h30 avec la question de corpus avant) ! Quoi ? Comment ça, ça vous intéresse pas ? Vous m'étonnez !! Bon, allez, on passe à quelque chose d'un petit peu plus intéressant (enfin je pense)…

Quoi que, non, avant de commencer, je tiens à vous suggérer une petite méthode de reviews suggérée par octo : Vous cliquez dès maintenant sur "submit reviews" et, au fur et à mesure que vous lisez, vous écrivez toutes vos impressions, au lieu de tout écrire à la fin. Comme ça, j'ai vos impressions toutes chaudes sans aucune réflexions préalables. Donc voilà, pour ceux que ça intéresse…

ENJOY !!

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(POV Sirius)

Putain, il fait froid… Je comprends pas comment les prisonniers d'Askaban arrivent à survivre là-dedans, avec ces démons dégénérés autour d'eux… Je suis le détraqueur, et rentre dans la cellule de Lestrange. Il me regarde étrangement, et je retiens un frisson. Comment il a fait pour survivre 12 ans là-dedans ? Moi, je crois que j'en aurait été incapable. Le détraqueur le prend par l'épaule, le soulève comme s'il ne pesait rien, et l'emmène en-dehors de sa cellule.

-Merci, je murmure.

Je le prends par le bras, et transplane au ministère, dans une minuscule salle adjacente à une salle d'audience. Je l'oblige à s'asseoir dans un fauteuil, et je fais couler une potion calmante entre ses lèvres. Il reprend un peu de ses esprits.

-Black ? Qu'est-ce que je fous là ? Je vais être rejugé ?

-Non. Tu sors sans jugement.

-Tu te fous de ma gueule ? proteste-t-il.

-Si tu veux retourner à Askaban, je veux bien te ramener ! Allez, viens… Rogue se chargera de tout t'expliquer.

Je transplane à nouveau avec lui, devant chez Rogue. Je sonne, et Rogue vient m'ouvrir. Il nous fait rentrer, et je détache les mains de Lestrange.

-Rogue ? Qu'est-ce qui se passe ?

-Plus tard. Assieds-toi.

Lestrange s'assoie dans le canapé, et j'interroge Rogue du regard.

-James est dans sa chambre. Je ne te conduis pas, tu sais où c'est.

J'acquiesce d'un hochement de tête, et je monte. Je rentre dans la chambre de James… Si on peux appeler ça une chambre… Il est étendu sur son lit, les yeux fermés. Visiblement, il dort. Je m'approche doucement de lui, et il se réveille. Il se redresse et me regarde avec des yeux terrorisés.

-C'est bon, calme-toi, James. Je vais pas te faire mal.

Je m'assois à coté de lui, et je pose ma main sur son épaule. Il se retire brusquement, ses yeux plus terrorisés que jamais.

-James ?

-Non… murmure-t-il. S'il te plait…

-Qu'est-ce qu'il y a ? je demande.

-Il… Il va me faire mal… Tous les deux… Pas le droit de te parler…

-James… Rog… Ton Maître m'a dit que je pouvais aller te voir. Il ne te fera pas mal !

James ne répond rien, mais ses yeux hurlent de terreur. S'ils pouvaient crier, je serais déjà sourd depuis longtemps. Je tire une potion calmante de ma poche, et murmure :

-Tiens, bois ça. Ca te fera du bien, je te jure.

J'approche doucement la fiole de ses lèvres, et il boit la potion. Son regard s'apaise nettement. J'avance ma main, et la pose sur la sienne. Il ne cherche pas à me lâcher. Au contraire, sa main se referme sur la mienne.

-Voilà, c'est bien… Qu'est-ce qui s'est passé, James ?

-F… Frappé. Cravache.

-Pourquoi ? je demande doucement.

-Parce que… Avant… Tous les deux… Avec lui…

-Quoi ? je demande en fronçant les sourcils.

C'est pas que je ne comprends pas. C'est que j'ai peur de trop bien comprendre.

-A Poudlard… Tous les deux… Avec lui…

-Il t'a frappé à cause de ce qu'on lui a fait à Poudlard ? je crie en serrant les dents.

James acquiesce d'un hochement de tête. Le salaud, l'ordure, l'enfoiré, le bâtard, le…

-Ca te fait encore mal ?

Nouveau hochement de tête. Il baisse la tête et regarde l'une de ses hanches, recouverte en partie par son jean. Mais ce que je vois est suffisamment effrayant comme ça. Il n'a même plus des marques, sa peau est totalement écorchée ! Je reste horrifié, avant de reprendre mes esprits.

-Attends. Je vais te donner une potion contre la douleur.

Je tire une poignée de fioles de ma poche, et commence à chercher la bonne.

-Non ! s'écrie James.

Je lève la tête vers lui.

-Pas besoin de potion. Je… Mérité !

-Ne dis pas ça, James… je murmure. Ecoute. Même si tu avais fait une connerie, tu ne mérite pas ça ! Personne ne mérite ça !

-Si ! Mérité… A Poudlard… J'aurais dut savoir… Devait y penser… Devait y penser avant…

-James, tu pouvais pas le savoir ! je proteste. Comment aurais-tu put savoir ce qu'il allait te faire 17 ans plus tard ?

-Je… Me comporter comme ça… Pas le droit. Esclave. Pas le droit de jeter des sorts… Pas le droit de parler comme ça…

Je le prends doucement par les épaules et le serre contre moi. Il enfouit sa tête dans le creux de mon épaule. Je lui caresse doucement ses cheveux ébouriffés.

-Ecoute-moi, James, je murmure doucement. J'ai pas le droit de te dire tout ce que je voudrais te dire. Ton Maître ne tient pas à ce que je te dise certaines choses. Mais je te jure que tu méritais pas ça. Peu importe ce que tu as put faire, tu ne le méritais pas !

Il se détache un peu de moi, et me fixe avec ses grands yeux noisettes. Je prends une fiole de potion contre la douleur.

-Bois ça, s'il te plait.

Il le boit docilement, et une expression de soulagement apparaît sur son visage.

-Ca fait du bien, hein ?

-Oui. Merci Maître.

J'arrive pas à comprendre comment il peut m'appeler comme ça, alors qu'il se souvient très bien de qui je suis et de tout ce qu'on a fait ensemble. Je lui caresse doucement les cheveux, et pose deux doigts sur son cou pour contrôler son rythme cardiaque. Puis je pose ma main sur son front. Il est encore brûlant de fièvre, et vu les cernes qu'il a autour des yeux, j'imagine que, si Rogue s'arrange pour que son cœur batte normalement, il ne doit pas se soucier de lui plus que ça.

-Je dois y aller, James, je murmure en lui caressant doucement l'épaule. Ca va aller. On se revoit dans une semaine.

-Oui, Maître.

Je me lève et ressors de ce qui lui sert de chambre. Je redescends, et Rogue me demande :

-C'est bon ?

-Oui.

-Tu lui a fait boire quoi comme potions ? Juste pour savoir, certaines de mes potions sont incompatibles avec d'autres.

-Une potion calmante, et une contre la douleur. Il en avait besoin, vu l'état de ses hanches, je fais remarquer en lui lançant un regard sous-entendu.

-Il l'a cherché. Et crois-moi, au bout de 12 ans, je sais comment traiter mes esclaves.

Je me mors la langue pour me retenir de me jeter sur lui.

-Il l'a cherché ? Ce n'est pas ce qu'il m'a dit… Tu l'as battu à cause de ce qu'on a fait à Poudlard, c'est ça ?

-Exactement. Et ne me dis pas qu'il ne l'avait pas cherché, tu sais aussi bien que moi ce qu'il a put faire en sept ans.

-Il l'aurait cherché s'il avait sut ce qui se passerait après ! Comment voulais-tu qu'il devine que tu le réduirais en esclavage 5 ans plus tard ?

-Ca, c'est son problème, répond Rogue.

-Et, dernière question… Pourquoi James ? Je suis autant responsable que lui… Pourquoi t'as décidé de le punir et pas moi ?

-Ce n'est pas l'envie qui me manque, mais je n'ai pas envie de finir à Askaban pour agression envers un auror professionnel. Selon la loi, une agression sur auror qualifié est passible de 10 ans à Askaban, c'est bien cela ?

-Exactement ! je réponds. Et pour ton information, James est encore et toujours considéré comme un auror professionnel. J'aurais pas de mal à t'envoyer à Askaban pour les raisons que tu viens de me citer. Alors si en plus on rajoute que, en plus des agressions, tu le garde en captivité…

-J'ai Dumbledore derrière moi, siffle Rogue entre ses dents.

-Je n'ai pas dit que j'allais le faire ! Mais tu es prévenu, Servilus. Je te laisse une chance de t'en tirer, par respect pour Dumbledore. Si James est encore blessé la prochaine fois que je viens, mon respect va très vite s'envoler en fumée. Tu es en expert en potions, tu as des potions soignantes à portée de main. Si jamais James est blessé et a de la fièvre la semaine prochaine, même Dumbledore ne pourra plus rien pour toi.

Il me foudroie du regard, et je repars en transplanant.

-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O

(POV Harry)

Nous attendons tous le cours de Lupin, dans sa salle, le temps qu'il arrive. Mais c'est Rogue qui rentre à sa place.

-Le professeur Lupin étant malade, je le remplace durant son absence, dit-il simplement en rentrant. Bon… Il m'a laissé un très vague descriptif de ce que vous avez fait, et je pense que, compte-tenu des cours désorganisés que vous avez suivi, nous allons tout reprendre depuis le début. Mr Potter, veuillez ouvrir votre livre à la page 16, et nous lire la ô combien remarquable théorie de la spécialiste agrégée, Dolorès Ombrage.

-Je ne peux pas, monsieur, je réponds en essayant de ne pas éclater de rire. La page a été arrachée.

-Dans ce cas, empruntez le livre de l'un de votre voisin, me dit Rogue.

-En fait… Les pages de tous les livres de la classe ont été arrachées…

Rogue me fixe étrangement, avant de prendre son propre livre, qu'il m'amène. Je le prends, et commence à lire le même texte que celui que Hermione a lu lors du premier cours de Lupin. Puis, pendant toute l'heure, Rogue nous fait tout un cours magistral selon lequel la théorie de cette Ombrage est la meilleure du monde. Il ne nous engueule pas, ne nous enlève même pas de points, mais pourtant, il a l'air préoccupé…

(POV Rogue)

La cloche sonne.

-Vous pouvez partir.

Toute cette vermine de Gryffondor sort de la classe, et je retourne dans mes appartements, où je peux enfin prendre un portoloin pour rentrer chez moi. J'arrive dans le salon, et je monte les escaliers avant de rentrer dans la chambre de James. Non pas que sa santé me préoccupe, mais je ne tiens pas à finir ma vie à Askaban. Et visiblement, Black tient à ce que je soigne son petit protégé. Comme s'il avait besoin d'être soigné… Black le récupère dans 9 semaines, s'il a survécu 12 ans, il n'est plus à deux mois près. Mais j'ai appris avec l'expérience qu'il vaut mieux ne pas contrarier un auror, et encore moins quand il s'agit d'un sujet ou d'une personne qui lui tient à cœur.

James est étendu sur son lit, endormi. Je lui lance un sort de diagnostique, et rage en constatant que sa température reste aux alentours de 41 degrés, malgré deux potions à forte doses ce matin pour faire chuter sa fièvre. Je ne vois vraiment pas ce qu'il peut avoir pour que même mes potions ne fassent plus aucun effet sur lui. Je regarde ses hanches presque cicatrisées. Là au moins, mes solutions font de l'effet, même si j'avoue y avoir été un peu fort avec ma cravache… Mais c'est plus fort que moi. J'aime trop voir son regard hurler de douleur, j'aime trop l'entendre me supplier… Il fait vraiment pitié.

(POV Sirius)

-Non, Black, je vous le répète pour la dixième fois, on ne s'attaque pas à Rogue sans preuves !

-L'état de James est une preuve largement suffisante ! je proteste. Monsieur le Ministre, vu l'état dans lequel il était, on a largement de quoi le coincer pour captivité et agressions physiques sur auror professionnel !

-Non, justement. Toutes ces agressions ont été commises après qu'il soit prétendu mort, donc après l'arrêt officiel de son travail en tant qu'auror ! Au mieux, on le condamne pour l'utilisation de sa cravache, et encore, s'il désactive le sort amplifiant qui est dessus, on perd encore cette preuve ! Black, mettez-vous bien ça en tête, vous vous attaquez à plus fort que vous !

-Et moins fort que vous, Monsieur le Ministre !

-Je ne me prétendrais pas plus fort que Dumbledore. Et je vous le rappelle, attaquer Rogue, c'est attaquer Dumbledore.

-Mais… Si Dumbledore savait ? S'il savait ce que subit James ? Il ne se rangerait pas du coté de Rogue dans ce cas là…

-En effet, vous pouvez essayer de convaincre Dumbledore. Je dis bien vous pouvez essayer. Personnellement, je ne me mêlerais pas à cela.

-Je vous remercie, j'essayerais.

-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O

(POV James)

Je me sens pas bien. Pas bien du tout. Je suis allongé sur mon lit, mais tout tourne autour de moi. Les murs, les meubles, tout tourne autour de moi. J'étouffe un gémissement en fermant les yeux. Ca se calme un peu, quand je ferme les yeux. Mais j'ai mal à la tête. Atroce. La porte de ma chambre s'ouvre. J'essaye d'ouvrir les yeux, mais le décor recommence à tourner. J'essaye quand même de me redresser, et je me laisse glisser à genoux face à mon Maître.

-T'aurais put rester allongé… il fait remarquer.

Il se fout de ma gueule ?? Depuis 12 ans, il me fout des coups de cravache si je ne me mets pas à genoux quand il rentre… Et maintenant que j'arrive même plus à garder les yeux ouverts, il me dit que j'aurais put rester couché ?? J'ai l'impression que ma tête va exploser. Je vois plus rien autour, juste des murs gris tournant dans une spirale sans fin. Je ferme les yeux. Ca va mieux. Un tout petit peu mieux quand je ferme les yeux.

Une main se referme sur mon menton et me relève la tête.

-Ouvre les yeux !

J'ouvre doucement les yeux, et mon Maître me regarde fixement. Il pénètre dans mon esprit.

Je me mets à hurler. J'ai l'impression que ma tête explose, est chauffée à 300 degrés. Les murs tournent encore plus vite autour plus vite autour de moi. Je referme les yeux, empêchant mon Maître d'accéder à mon esprit. Et ça se calme aussi vite que c'est reparti. Je vais sûrement me prendre un coup de cravache pour l'avoir expulsé de mon esprit en fermant les yeux, mais je m'en fous. Ca fera moins mal que ça.

-Mobili Corpus !

Je décolle doucement du sol, et je retombe sur mon lit.

-Merci Maître, je murmure.

-Bois ça.

Sans ouvrir les yeux, je sens qu'il pose une fiole contre mes lèvres. J'ouvre doucement la bouche, et je sens une potion couler dans ma gorge. Je sombre presque immédiatement dans le sommeil.

-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O

(POV Sirius)

-Ah, oui, Black ! me dit McGonagall. Rentrez, le professeur Dumbledore va vous recevoir.

Je suis McGonagall dans les couloirs sombres de Poudlard.

-Parcourir ces couloirs à minuit doit vous rappeler de bons souvenirs, n'est-ce pas Black ? me demande McGonagall en souriant.

-En effet, d'excellents souvenirs ! je confirme.

Elle me fait rentrer dans le bureau de Dumbledore, et repart.

-Bonsoir, professeur.

-Bonsoir, Sirius. Asseyez-vous, je vous en prie. Vous voulez un sorbet au citron ?

Taré. Ce type est taré… Je dis pas, en plein été, à 40°, pourquoi pas… Mais on est en octobre, et il est minuit !!

-Non merci. Je voulais vous parler de James.

-Ah, oui. Je vous écoute, me dit Dumbledore en me fixant à travers ses lunettes en demi-lune.

-Nous avons accumulé de très nombreuses preuves contre Rogue. Mais le ministère ne souhaite pas engager de poursuites contre un ancien mangemort que vous avez défendu sans votre autorisation. C'est pour cela que je suis ici.

Dumbledore me regarde fixement, sans rien laisser deviner, pendant un moment, avant de me demander :

-Quelles sont ces preuves ?

-C'est parti de suppositions que j'ai faites après un entretien pendant lequel il était masqué. Il avait utilisé un déformateur de voix pour que je ne le reconnaisse pas, et il semblait très calé en potions et en légilimancie, puisqu'il a brisé toutes les défenses mentales de James. Après, quand je l'ai revu, je lui ai dit clairement que je savais qui il était. Il a enlevé sa cagoule. Professeur, j'ai vu Rogue tenir James en laisse et le battre devant moi ! Je sais ce que je dis, professeur…

-Ecoutez, Sirius. Il reste 9 mangemorts à libérer, donc 9 semaines avant la libération de James, c'est bien cela ?

-Oui.

-Je vous crois, Sirius. Et je ne défendrais pas Severus si toutes les preuves sont contre lui. Mais n'oubliez pas que pour l'instant, nous devons avant tout penser à la sécurité de James. Lorsqu'il sera libre, et en sécurité, nous aviserons le cas de Severus, ou éventuellement, de son autre tortionnaire. Je ne vous empêcherait pas de condamner un coupable. Mais pas avant que James ne soit en sécurité. Je n'ai pas dit que j'acceptais, je vous demanderais davantage de preuves concrètes dès que James sera libre.

-Merci professeur. Je vous revois dans neuf semaines, donc…

-Entendu, Sirius !

-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O

(POV Rogue)

J'y comprends plus rien. La maladie de James ne ressemble à rien de connu, et pourtant… Pourtant ça me dit quelque chose. Je suis sûr d'avoir déjà vu ces symptômes quelque part. En apparence, ça ressemble à une grippe doublée d'une belle migraine… Mais aucune potion n'en vient à bout. Il va beaucoup plus mal quand je rentre dans son esprit… Mais beaucoup mieux dès qu'il ferme les yeux, le seul moyen d'occlumancie qu'il lui reste. Mais comment une maladie physique, qui affecte son corps, pourrait avoir un lien quelconque avec son esprit ? J'y comprends rien…

Je lâche son menton, et il rebaisse la tête, en fermant les yeux. Il soupire doucement de soulagement, puis je lui rattache sa laisse.

-Viens.

Il me suit, toujours les yeux fermés, se laissant entièrement guidé par la laisse que je tire. Je descends jusqu'au salon, et je m'assois dans un fauteuil. Il se laisse tomber à genoux, à mes pieds, appuyant sa tête contre l'accoudoir. Il est plus qu'épuisé, alors qu'il dort tout le temps. Et aucune de mes potions n'arrivent à le faire aller un peu mieux. Le sort de Black sur son collier ne se déclenche pas car, malgré tout, son cœur ne ralentit pas tant que ça. Et quand il chute trop, une simple potion suffit à ce qu'il batte plus vite. Et évidemment, Black a jeté un sort qui m'empêche d'enlever le collier pour enlever le sort… Quelqu'un frappe à la porte. Je me lève, et James commence à se redresser.

-Tu restes là !

Il retombe docilement sur ses genoux, et je vais ouvrir, laissant rentrer Black, avec un mangemort. Rosier. J'esquisse un sourire, et je les laisse rentrer. Black détache Rosier, et je claque des doigts.

-Viens là, James.

Il se redresse difficilement, et viens jusqu'à nous. Black le prend par les épaules pour l'empêcher de tomber.

(POV Sirius)

J'ai l'impression que James va s'écrouler d'un moment à l'autre. Il est encore faible. Très faible. Trop faible. Rogue me dit :

-Le temps que j'explique ce qui se passe à Rosier, si tu veux être au calme, tu peux le ramener dans sa chambre.

-OK.

Moi, je n'ai pas forcément besoin de calme. Mais James en a plus que besoin. Je passe doucement un bras autour de ses épaules squelettiques, et l'aide à monter les escaliers. Je le remmène dans ce qui lui sert de chambre, et il s'assoit sur son lit. Je m'assois en face de lui, et demande doucement :

-Comment tu vas ?

-Bien Maître.

Il garde les yeux fermés, et il a l'air profondément épuisé. Mais désormais, je le connais trop bien, je sais que, peu importe comment il allait, il m'aurait toujours donné la même réponse.

-James, s'il te plait. Tu peux me dire comment tu vas, je te frapperais pas. Réponds-moi franchement, s'il te plait.

-Mal à la tête. Horrible. Comme si ça explosait. Et fatigué. Tout le temps. Un peu mieux quand je ferme les yeux.

-Voilà, c'est bien. Garde les yeux fermés.

Je lui jète un sort de diagnostique. Je reste bouche bée devant le parchemin qui apparaît devant moi. Enorme migraine, 41 de fièvre, fatigue permanente… Et absorption quasi-permanente de potions de soins. Visiblement, Rogue n'y a pas mis de la mauvaise volonté, c'est tout simplement que ses potions ne font aucun effet ! Par contre, toutes ses blessures physiques ont disparues, sauf ses hanches qui gardent quelques cicatrices. C'est incompréhensible… Autant de potions auraient dut faire effet sur lui, mais non, rien ! Absolument aucun effet. Et à ce stade de sa maladie, il aurait besoin d'un examen plus poussé à Sainte Mangouste… Mais Rogue ne le laissera jamais sortir d'ici avant que tous les mangemorts soient libérés… Et ni les détraqueurs, ni le Ministre, ne me laissera emmener plus d'un prisonnier par semaine. James va être obligé de tenir le coup…

-James ? S'il te plait, je veux que tu me répondes franchement. Est-ce que tu penses être capable de tenir le coup deux mois ? Huit semaines ?

-Sait pas. Si ça reste comme ça, oui. Mais pas si c'est pire. Trop horrible.

Je le serre doucement contre moi, et il appuie sa tête contre mon épaule avec un soupir de soulagement. Je lui caresse les cheveux, et murmure :

-Je vais arranger ça avec ton Maître, James. Je te promets que ça va aller.

Il lève la tête vers moi et ouvre les yeux. Des yeux qui hurlent de douleur. Et un regard si désespéré… Son regard qui me lance un coup de poignard dans le cœur.

-James. Je te dirais pas ça si c'était faux. Je le laisserais pas te tuer. Je te le jure, James, je laisserais pas cette putain de maladie te tuer. Tu peux te battre contre cette saloperie, James. Ca va aller. Je te promets que tu vas t'en tirer.

Il acquiesce d'un hochement de tête, et je murmure.

-Allez, repose-toi.

Il se rallonge doucement sur son lit, et je ressors de sa chambre. Je descends, et Rogue me regarde. Je lui dis :

-Tu sais pas pourquoi tes potions ne font rien ?

-Non, aucune idée. Son cœur continue à battre régulièrement, mais il est épuisé en permanence alors qu'il passe son temps à dormir.

-J'ai vu. Je voudrais te proposer un marché. Si jamais son cœur ou sa respiration ralentissent, tu m'envoies un hibou express, et on s'arrange pour qu'il soit envoyé à Sainte Mangouste. Evidemment, tu auras encore tous les droits que tu veux sur lui tant que les dix mangemorts ne seront pas libérés.

-A une condition, répond Rogue avec un rictus. Si je l'envoie à Sainte Mangouste, j'ai ta parole que je n'aurais aucuns problèmes avec la justice magique.

-C'est d'accord. Si tu l'envoies à Sainte Mangouste, je m'arrange personnellement pour que toutes les charges retenues contre toi soient abandonnées.

-Entendu ! me dit Rogue. Alors à la semaine prochaine !

Je ressors et transplane chez moi. Je me laisse tomber dans le canapé.

-Kreattur ! Amène-moi un verre de whiskey, s'il te plait.

Il me l'amène, je marmonne un vague merci, et bois une longue gorgée. Putain… Tiens le coup, James… Je veux pas te perdre. Pas toi aussi… Tiens le coup, James.

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Chapitre fini !

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