Pas de commentaires. Non, vous ne rêvez pas. Oui, il s'agit bien là d'un nouveau chapitre. Six mois après, je vous l'accorde... Alors pourquoi ais-je posté maintenant ? A cause d'un vieux pari que j'ai fait... Oui, regardez en haut, la date à laquelle a été posté le tout premier chapitre... 24 décembre 2007. A 23 heures, précisément, mais ça vous ne pouvez pas le savoir... Moi je m'en souviens. Je m'en souviens tellement bien que j'ai parié à une vieille connaissance que le 24 décembre 2008, à 23 heures, la fic sera terminée. Jusqu'à maintenant, je me disais "j'ai le temps". Mais aujourd'hui, je commence un peu à paniquer...

Voilà pourquoi je me suis bougée pour finir en une journée un chapitre qui n'a pas vu le jour en six mois. Et ce n'est pas fini car, pour tenir mon pari, le prochain et dernier chapitre de cette fic devra paraître avant deux jours !! Et je tiendrais mon pari, foi de Misty... Sur ce, je n'ai plus qu'un mot à dire : ENJOY !!


(POV Harry)

Je retombe sur un sol mou et froid. De l'herbe. Cédric est tombé juste à coté de moi. Il regarde le trophée :

-Un portoloin… murmure-t-il. Tu crois que c'est normal ? Que c'est une tâche du Tournoi ?

-Je sais pas, répondis-je. Regarde, on ne voit même plus les montagnes qui entourent Poudlard. On doit être à des centaines de kilomètres du château… S'ils avaient voulu faire une sorte de Tâche Surprise, ils ne nous auraient pas envoyés aussi loin…

Tout en parlant, je regarde autour de moi. On est tombés dans un cimetière, avec, au loin, une maison qui surplombe ce qui semble être un petit village. J'essaye de me relever, mais ma jambe cède sous mon poids et je retombe par terre.

Soudain, ma cicatrice me brûle, plus férocement que jamais. Je plaque mes mains sur mon front en hurlant de douleur. Ca a jamais fait aussi mal… Je m'efforce d'ouvrir les yeux pour distinguer un homme qui s'approche de nous. Il porte un tas de chiffons noirs dans les mains. Il s'arrête, et nous regarde tous les deux. Puis une voix féroce, glacée, résonne de nul part :

-Tue l'autre.

L'homme tire sa baguette. Il crie :

-Avada Kedavra !

Un éclair de lumière verte brise l'obscurité. Je ferme les yeux. Quand je les rouvre, mon souffle se coupe. Cédric est étendu sur le sol, sur le dos, les bras en croix, les yeux ouverts. Mort.

Je ne sais pas combien de temps j'ai passé à regarder son visage pâle, ses yeux ternes, qui ont gardé leur impression de surprise et d'interrogation sur le visage… Ce n'est que quand l'homme m'attrape par le bras pour me forcer à me relever que je parviens à le quitter du regard.

L'homme me traîne jusqu'à une tombe, sur laquelle est marquée "Tom Jedusor".

-Incarcerem !

Une corde jaillit de sa baguette et m'enroule autour de la tombe. J'essaye de me débattre, mais les cordes sont trop solides. Il me plonge un morceau de chiffon dans la bouche, ça m'étouffe à moitié, j'arrive presque plus à respirer, et encore moins à parler. Le capuchon de l'homme devant moi tombe, et je le reconnais. Queudver. Même si je ne l'ai jamais vu en vrai, Sirius m'a souvent parlé de lui et montré des photos de lui à l'époque où il était à Poudlard. Toute ma vie, j'ai cru que les photos étaient truquées, que c'était pas possible d'avoir naturellement une telle face de rat. Je me rends compte que je me trompais…

Queudver reprend les chiffons noirs qu'il avait posés par terre, et les porte jusqu'à un immense chaudron, visiblement rempli d'eau. Il jète les tas de chiffons dans le chaudron, et des multitudes d'étincelles blanches en jaillissent. Queudver relève sa baguette, et crie :

-Que les os du père, donnés en toute ignorance, fassent renaître son fils !

Une fine poussière s'élève de la tombe sur laquelle je suis, et vole jusqu'au chaudron avant de tomber dedans. Une nouvelle pluie d'étincelles en sort, et le chaudron prend une couleur rouge sang. Queudver range sa baguette, et sort un couteau de sa poche.

-Que… l… la chair du… serviteur… do… donnée vo… volontairement… fasse renaître son Maître !

Il approche le couteau de son poignet, et j'ai juste le temps de fermer les yeux avant d'entendre un effroyable hurlement de douleur. Je garde les yeux fermés, tout en continuant à me débattre contre les liens… Faut pas que je reste ici… Queudver reprend son couteau de sa main valide, et s'approche de moi. Je me débats encore plus, mais il me gifle, et me transperce le bras. Putain, ça fait mal… Ca fait trop mal… Lorsque son couteau est totalement imbibé de sang, il me le retire enfin du bras et retourne vers son chaudron, où il murmure, toujours en sanglotant :

-Que le sang… de l'ennemi… pris par… la force… ressuscite… celui qu'il combat !

Quelques gouttes de mon sang glissent le long de la lame du couteau pour retomber dans le chaudron. A ce moment là, la potion prend une couleur blanche éclatante, à un tel point que je suis obligé de fermer les yeux tellement ça m'éblouit. A travers mes paupières, je distingue que la lumière s'atténue, et j'ouvre les yeux.

Mon souffle se coupe.

Voldemort.

Il est debout, au milieu du chaudron, son visage de serpent ayant pratiquement la même couleur blanche que la potion dont il est sorti. Son apparence est terrifiante. Il n'a pas de nez, juste deux fentes, comme des serpents. Il regarde longuement son corps, ses longs bras fins, ses doigts pâles semblables à des pattes d'araignées. Puis il relève la tête, me regarde, et s'approche de moi. Ma cicatrice me brûle de plus en plus férocement. Puis il finit par parler avec sa voix glaciale, aiguë, dépourvue de toute chaleur humaine :

-Harry Potter… Ca fait si longtemps que j'attendais ce jour… Ce jour où je pourrais enfin te tuer.

La terreur que je ressens monte encore d'un cran.

-Mais ne t'inquiète pas, je ne vais pas te tuer… Pas tout de suite… Nous ne sommes que tous les trois, avec Queudver… Ce ne serait pas drôle si personne d'autre n'assistait au spectacle…

Il repart, et je soupire légèrement pendant que la douleur de ma cicatrice se calme un tout petit peu. Puis il ordonne à Queudver :

-Tends ton bras !

-Oh, Maître… Merci Maître… murmure-t-il en lui tendant son bras sanglant.

-L'autre bras, Queudver !! ordonne sèchement Voldemort.

Queudver pâlit légèrement, mais tend, visiblement à contre-cœur, son autre bras. Voldemort le lui prend, relève sa manche, dévoilant la marque des ténèbres, gravée dans son bras, aussi noire que si elle avait été dessinée à l'encre.

-Il y a 13 ans, ils me juraient tous qu'ils me seraient toujours fidèles. Aucun d'entre eux n'est revenu lorsque j'ai été détruit. Mais maintenant, nous allons voir, nous allons savoir… Combien oseront revenir maintenant ?

Il appuie son doigt sur la marque, et elle devient encore plus noire. Un silence de mort tombe sur le cimetière, puis un CRAC retentit derrière les buissons, suivi d'un autre, puis d'une vingtaine d'autre. Des mangemorts, une cinquantaine au total, apparaissent autour de nous, encapuchonnés de capes et cagoules noires. Ils se placent en cercle autour de nous, et ne disent plus rien.

-Bienvenue, salue Voldemort, toujours de sa voix glaciale. Je suis… surpris, de voir que vous êtes tous ici, fidèles au rendez-vous, comme si nous nous étions quittés hier… alors qu'aucun d'entre vous n'a essayé de me retrouver il y a 13 ans.

La tension est carrément palpable. Je serais incapable de dire qui, de moi ou des mangemorts, est le plus terrifié par Voldemort.

-Certains, bien entendu, on essayé de me retrouver… Et ils ont préféré affronter Askaban pendant 13 ans plutôt que de le nier. Ils seront récompensés… Bien plus que vous tous, qui avez préféré vous cacher, nier une quelconque servitude, prétexter des sortilèges d'impérium…

Un silence tombe à nouveau. Personne ne semble vouloir être le premier à parler. C'est finalement Voldemort qui reprend :

-Un seul. Un seul d'entre vous est venu me retrouver. Il y a évidemment Queudver, également, mais ce n'est pas comme si tu avais eu le choix… C'est grâce à cette personne si je suis là aujourd'hui. C'est également grâce à lui que Harry Potter est présent pour assister à mon retour. C'est lui qui a mis son nom dans la Coupe de Feu, lui qui s'est assuré qu'il arriverait jusqu'ici sans embûches. C'est également lui qui s'est personnellement assuré que Sirius Black ne se mettrait pas en travers de mes projets.

Mon cœur loupe un battement. Sirius. Non c'est pas possible… Il est en mission pour le ministère… Voldemort ne peut pas l'avoir coincé ! C'est pas possible !

Il se retourne vers moi, et sourit :

-Tu croyais vraiment que ton cher parrain était tout simplement en mission pour le ministère ? Pendant tout ce temps je l'avais à ma merci… Ca a l'air de t'étonner, Harry Potter… Tu ne serais tout de même pas surpris par le fait que j'ai réussi à enlever le célèbre auror Sirius Black à l'insu de tout le monde ? Tu ne me sous-estimerais tout de même pas à ce point ? Si tu en as besoin, je peux te donner un petit aperçu de l'étendue de mes pouvoirs… Endoloris !

Mes os se mettent à brûler, j'ai l'impression d'avoir la peau en feu tellement ça brûle. Ca finit par s'arrêter. Si les cordes ne me retenaient pas debout contre la tombe, je serais déjà étalé par terre. Ca fait mal…

-Voilà la preuve, que Harry Potter n'est rien par rapport à moi ! Mais, si jamais certains auraient besoin d'une preuve plus concrète, je vais vous la donner, cette preuve, en le tuant ici même, devant vous, à la suite d'un duel où il aura eu toutes ses chances ! Queudver, détache-le ! Et rends lui sa baguette…

Queudver s'approche de moi. Il défait mes liens, et m'oblige à prendre ma baguette. J'essaye de me redresser face à Voldemort, qui sourit :

-On t'a appris à te battre en duel, Potter ? On commence par s'incliner…

Il s'incline, tout en gardant sa tête de serpent face à moi, et me dit :

-Allez, Harry… Ton parrain serait fier de voir qu'il a réussi à t'apprendre les bonnes manières…

Je crois que même si je le voulais, j'arriverais pas à faire le moindre mouvement. Je suis bien trop terrifié par les mangemorts autour de moi, la réapparition de Voldemort sous mes yeux, la mort de Cédric pour bouger.

-J'ai dis incline-toi ! insiste Voldemort.

Il pointe sa baguette sur moi, et je sens une main invisible me pousser en avant pour me forcer à m'incliner. Je me courbe en avant, et les mangemorts éclatent de rire autour de moi. Un sentiment étrange me saisit, un sentiment d'humiliation qui se mêle à une terreur sans nom. Je veux pas rester là, je veux retourner à Poudlard, n'importe où à part ici…

-Tu as l'air d'avoir peur, Harry… fais remarquer Voldemort. Remarque, tu as raison. Regarde la situation en face, tu es seul, tu ne peux ni t'enfuir, ni me vaincre, et personne ne viendra à ton secours. Dumbledore pense tout simplement que tu es encore en train de chercher le trophée à l'intérieur du labyrinthe, et ton cher parrain est entre mes mains. Mais montre-nous tout de même le courage de ton imbécile de père… Allez, bats-toi !

Je lève légèrement ma baguette, mais je peux pas m'empêcher de trembler de tous mes membres. Voldemort pointe sa baguette sur moi.

-Endoloris !

Je tombe par terre en hurlant. La douleur est toujours aussi intense, aussi mordante que la première fois, c'est même plus supportable, j'ai l'impression que ma peau va prendre feu d'un moment à l'autre. Ca finit par s'arrêter, mais je reste allongé par terre, ça fait encore trop mal. Ma main se ressert sur ma baguette.

-Bravo, Harry ! Ton parrain serait sûrement très fier de toi s'il pouvait te voir… Dommage qu'il soit très mal parti pour voir autre chose que mes cachots, désormais…

-EXPELLIARMUS !

Il agite sa baguette et dévie mon sort d'un simple mouvement.

-C'est tout ce que tu sais faire ? Dumbledore ne t'a donc pas appris à te défendre ?

Je me relève en m'efforçant de ne pas tomber. Je suis à bout de forces, j'ai trop mal…

-Dis-moi, Harry… Ca te fait mal, n'est-ce pas ? Tu n'aimerais pas que je recommence, je crois ?

Je ne réponds rien. Je veux pas lui faire cette satisfaction.

-Réponds-moi, Potter. Est-ce que tu en veux d'autre ?

Ne pas répondre. Je veux pas répondre, je dois pas répondre.

-Très bien ,je vais considérer ça comme un oui ! Endoloris !

Ca recommence. Ca fait toujours aussi mal, ça dure toujours aussi longtemps… Mais cette fois, quand ça s'arrête, je reste allongé sur le sol. Ca fait trop mal, je peux plus bouger…

-Tu en as déjà marre, Harry ? Ne t'inquiète pas, tu verras, on finit par s'y habituer… Endoloris !

J'en peux plus, faut qu'il arrête, ça fait mal, trop mal…

-Allez, je vois que tu en as marre. On va faire une petite pause, d'accord ? Allez, relève-toi !

Il pointe sa baguette sur moi, et je me sens soulevé pour retomber sur mes pieds. Je ressers un peu plus ma main sur ma baguette, et me redresse comme je le peux – c'est-à-dire, pas beaucoup.

-Ca t'as fait mal ?

A nouveau je ne réponds rien, je me contente de le fixer des yeux, plus pour garder mon équilibre que pour autre chose… Je tangue sur mes jambes, j'ai l'impression que je vais m'écrouler d'un moment à l'autre…

-Réponds ! Impero !

Tout s'efface, je plonge dans une sorte de transe. Je ne ressens plus rien, plus de douleur, plus de peur, rien, juste ce noir si reposant autour de moi.

-Réponds-moi…

La voix semble venir de loin, très loin… J'ouvre la bouche pour répondre. Non, répondre simplement que non, je ne veux pas qu'il recommence… Une autre voix intervient dans ma tête, pour me hurler de ne rien répondre… Je ne sais pas quoi faire. Mais je finis par crier :

-Je ne répondrais rien du tout !

Je reviens à la réalité comme si quelqu'un m'avait renversé un seau d'eau glacée sur la tête. Les courbatures des doloris répétés reviennent de plus belles, et à nouveau, j'ai du mal à tenir sur mes jambes. Mais ça va déjà un peu mieux qu'avant…

-Aussi entêté que ton parrain, à ce que je vois… Je vais visiblement devoir t'apprendre à obéir avant de t'achever… Encore une petite dose de douleur ?

Il relève sa baguette, mais cette fois je suis prêt. Au moment où le rayon sort de sa baguette, je plonge derrière la pierre tombale la plus proche, et le sort se fracasse dessus.

-On ne joue pas à cache-cache, Harry… Tu en aurais déjà marre ? Tu préfères peut-être que je t'achèves tout de suite ?

Je serre ma baguette. Je le laisserais pas me tuer comme ça. Pas sans m'être battu… Il faut que j'arrive à faire quelque chose, n'importe quoi, qui me laisserait le temps de courir jusqu'au portoloin pour revenir à Poudlard. Si vraiment il a enlevé Sirius, il faut que je retourne à Poudlard pour prévenir Dumbledore…

J'entends Voldemort s'approcher de plus en plus. Je me relève, pointe ma baguette sur lui et crie :

-Expelliarmus !

Il était prêt. Sa baguette se lève en même temps que la mienne, et il prononce en même temps que moi :

-Avada Kedavra !

Les deux rayons jaillissent de nos baguettes en même temps, et se percutent. Pour avoir entendu Sirius me parler des duels de sorciers, je sais que normalement, le rayon le plus puissant devrait repousser l'autre jusqu'à frapper l'adversaire. Mais non. Les deux rayons rouge et vert prennent une couleur or, et une sphère argentée apparaît autour de nous. Ma baguette tremble de plus en plus violemment, mais visiblement, celle de Voldemort agit de la même façon. Et à en voir sa tête, lui non plus ne comprend pas ce qui se passe.

Une bille dorée apparaît au milieu du filament qui nous relie. Elle se met à glisser le long du fil doré, vers moi. Ma baguette tremble encore plus violemment. Je ne sais pas ce que ça peut être, cette bille, mais je suis sûr qu'il ne faut pas qu'elle touche ma baguette. Je me concentre de toutes mes forces pour la repousser, et finalement, elle ralentit, et recommence à glisser, cette fois vers Voldemort. Ma baguette arrête un peu de trembler au fur et à mesure que le bille dorée s'éloigne. Et elle touche la baguette de Voldemort.

Celle-ci lance comme un grand cri de douleur, et tremble visiblement plus fortement que jamais. Une sorte de fumée en sort, et la silhouette de Cédric se forme. Pas comme un fantôme, non, plutôt comme une brume qui aurait pris son apparence…

D'autres silhouettes apparaissent de la même façon. D'abord celle d'un vieillard que je n'ai jamais vu. Puis une autre, que j'ai vu dans des journaux lorsqu'elle avait disparue, Bertha Jorkins. Une dernière silhouette se dessine. Mais je m'y attendais. Ma mère apparaît à coté des autres sortes de fantômes, et me murmure :

-Tiens le coup, mon chéri… Tiens le coup…

J'acquiesce d'un hochement de tête, mais ma baguette tremble de plus belle, et je sens que je ne pourrais pas la retenir éternellement, je vais pas tarder à la lâcher… Cédric me dit :

-Harry, s'il te plait… Ramène mon corps à Poudlard…

-D'accord…

-Quand tu briseras le lien, me souffle maman, nous resterons encore quelques instants… Pas longtemps, mais suffisamment pour le retenir. Cours jusqu'au portoloin, il te ramènera à Poudlard. Brise le lien… Maintenant !

De toute façon, je n'aurais pas put tenir plus longtemps. J'abaisse ma baguette un grand coup, et le lien se brise. Les spectres se regroupent autour de Voldemort, l'empêchant d'avancer. Je fais volte-face, et cours vers le portoloin et le corps de Cédric. J'entends des bruits de pas derrière moi, et la voix de Voldemort hurler :

-Ne le tuez pas, il est à moi ! Stupéfixez-le !!

Je me baisse au moment où cinq éclairs rouges sifflent au-dessus de ma tête. Je plonge en avant, et attrape le bras inerte de Cédric. Mais le portoloin reste trop éloigné, et je ne peux pas tirer Cédric, il est trop lourd… Voldemort arrive. Je pointe ma baguette sur le portoloin et hurle :

-Accio !

Il s'envole et atterrit dans ma main au moment où Voldemort levait sa baguette. Je l'entends pousser un cri de rage. Mais rien d'autre. Une secousse m'attire par le nombril et je me sens attiré dans un tourbillon. Je retombe allongé dans de l'herbe chaude.

Et une pensée me saute à l'esprit. Sirius. Prévenir Dumbledore… Des cris résonnent autour de moi. Des bruits de pas qui s'amplifient à chaque seconde. Deux mains m'attrapent par les épaules et me retournent.

-Harry ? HARRY !!

J'ouvre les yeux. Dumbledore est devant moi. J'arrive tout juste à murmurer :

-S… Sirius…

-Qu'est-ce qu'il y a ? me demande-t-il.

-Voldemort est revenu… Il est revenu… Il disait… Qu'il avait enlevé Sirius…

-Qu'est-ce que c'est que ces conneries ? demande une autre voix à coté. Harry, je suis là !

Je tourne la tête vers la voix qui vient de parler. Sirius est effectivement devant moi, accroupi, l'air inquiet. Il glisse un bras sous mes épaules et m'aide à m'asseoir. J'arrive pas à le quitter des yeux, je comprends plus rien. Sirius murmure :

-Eh, c'est bon Harry… Voldemort a voulu te faire peur, mais t'inquiète pas, je suis là ! J'ai toujours été là depuis le début de l'année !!

Alors là, je comprends carrément plus rien… Il était censé être en mission pour le ministère, et il était là ?? J'essaye même plus de comprendre… La main de Sirius se pose sur mon poignet.

-Harry, lâche-le !

Mais ma main se resserre sur le poignet de Cédric.

-Harry… Tu peux plus rien faire pour lui… C'est bon, lâche-le…

Sirius m'oblige à ouvrir ma main et à le lâcher.

-Black ! Le ministre veut vous parler…

-Harry, reste avec Maugrey, je reviens tout de suite, d'accord ! Reste ici…

J'acquiesce, et Sirius repart. Maugrey m'aide à me relever, et me dit :

-Allez, viens Potter…

-Sirius m'a dit de rester ici…

-Non, viens, il y a beaucoup trop de monde ici… Viens, t'es dans un sale état…

J'ai plus de forces, et finalement, je le laisse m'emmener vers le château. Il me fait monter jusqu'à son bureau, et m'assois sur une chaise. J'entends un cliquetis… Pourquoi il ferme la porte à clé ? Il me mets un gobelet dans la main, et me dit :

-Bois ça, ça ira mieux…

Je le bois, et en effet, le décor autour devient un peu moins flou… Je relève la tête vers lui, et il me demande :

-Qu'est-ce qu'il s'est passé, Potter ?

-Voldemort est revenu…

-Le Seigneur des Ténèbres est revenu ? Et qu'est-ce qu'il a fait ?

-Il a appelé les mangemorts…

-Ils sont revenus ?

-Oui.

-Et qu'est-ce qu'il leur a fait ?

-Rien…

-Il ne leur a rien reproché ? Il ne les a pas punis ?

-Quoi ?

-Il n'a pas fait mal à tous ces traîtres qui l'ont renié pour échapper à Askaban ?

Traître. Ce mot résonne dans mes oreilles. Je m'écris :

-Il y a un traître à Poudlard ! Un mangemort ! C'est lui qui a permis à Voldemort de me capturer et de tuer Cédric…

-Je sais.

-Vous le savez ? Vous l'avez capturé ? C'est Karkaroff, c'est ça ?

-Non. Karkaroff est en fuite, il est parti en sentant la Marque des Ténèbres le brûler. Non, le traître, c'est moi.

Je fronce les sourcils. Il sourit :

-Je m'étonne que tu n'ais rien compris plus tôt, tu sais… Réfléchis, qui a convaincu Hagrid de t'emmener voir les dragons, qui a dit à Cédric qu'il fallait plonger l'œuf sous l'eau, qui a neutralisé les autres champions pour être sûr que tu sois le seul à atteindre le Trophée des Trois Sorciers ? Tout ça, c'était moi, Harry… Evidemment, ça n'a pas été facile… Le ministère a envoyé beaucoup d'aurors pour veiller au bon déroulement du tournoi, et ton parrain était en première ligne. Remarque, je n'ai pas à m'en plaindre… S'il n'avait pas été là, tu te serais noyé dans ce lac…

Je m'en souviens. Le lac… J'étais en train de me noyer… Et j'ai vu quelqu'un me rattraper et faire apparaître une bulle d'air autour de ma bouche… Et Dumbledore a dit que c'était un auror chargé de veiller au bon déroulement du tournoi, qui m'avait aidé… C'était Sirius ?

-Oui, ta naïveté et l'esprit de ton parrain ne m'ont pas facilité la tâche… Mais qu'importe, puisque maintenant le Seigneur des Ténèbres est revenu, et même s'il n'a pas réussi à te tuer, ce n'est pas important puisque je vais accomplir ça pour lui immédiatement…

Il lève sa baguette vers moi… J'arrive même plus à réagir. La porte vole en éclats, et Dumbledore, McGonagall, Sirius et une autre auror rentre dans la salle. Un sortilège de stupéfixion assomme Maugrey, qui tombe en arrière.

-Harry, tu vas bien ? Il ne t'a rien fait ?

Sirius se rue sur moi, tandis que l'autre auror attache Maugrey.

-Sirius ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Maugrey…

-Ce n'est pas Maugrey, Harry. C'est un mangemort, déguisé avec du polynectar… Regarde !

Le visage de l'homme allongé par terre change de forme. Il devient plus maigre, ses cheveux blancs poussent et deviennent couleur de blé. Quelques secondes plus tard, il s'est totalement transformé en un homme carrément différent.

-Barty Croupton Junior… siffle la femme auror. Je croyais qu'il était à Askaban… Visiblement il a trouvé le moyen de s'évader… Je l'emmène au ministère, on va essayer de lui tirer les vers du nez.

-OK, approuve Sirius. Je te rejoins dès que je peux.

-T'inquiète, prends ton temps !

Elle crée un portoloin, et disparaît avec l'homme qui prenait la place de Maugrey. Puis Sirius m'emmène dans le bureau de Dumbledore. Ce dernier s'assoit derrière son bureau, Sirius et moi, sur des chaises devant lui.

-Harry, qu'est-ce qui s'est passé ?

Ils en ont pas marre de tous me poser la même question ??

-Dumbledore… intervient Sirius. Harry est plus qu'épuisé, il a besoin de dormir… Ca ne pourrait pas attendre demain ?

-Harry, je suis désolé, tu peux être sûr que si je pensais t'aider en te plongeant dans le sommeil, je le ferais. Mais ce ne serait pas une bonne chose. Endormir la douleur ne fera que la rendre plus forte lorsqu'il faudra la réveiller. Tu as déjà manifesté énormément de courage ce soir, mais je vais te demander de nous en amener encore la preuve en nous racontant ce qu'il s'est passé…

Je commence à le leur raconter. De temps en temps, la main de Sirius se crispe sur mon épaule. Mais quand je raconte comment Queudver m'a tailladé le bras, il hurle, et Dumbledore se redresse d'un seul coup. Puis il me demande plus doucement en contournant son bureau :

-Montre-moi ton bras, s'il te plait, Harry.

Je lui tends mon bras, et il soulève ma manche, dévoilant l'entaille que Peter m'a tracée sur une bonne partie de l'avant-bras. Puis il demande :

-Continue, s'il te plait.

Il se rassoit, et je continue à raconter aussi bien que je peux. Ce qui n'est pas trop compliqué, compte-tenu des images qui défilent aussi clairement que des photos dans mon esprit. Lorsque je finis, Dumbledore me dit :

-D'accord. Je te remercie. Je pense que maintenant, tu vas pouvoir dormir, tu as besoin d'une potion de sommeil, et de calme. Sirius, vous devez retourner au ministère, je suppose ?

-J'emmène Harry à l'infirmerie, et j'y file. Ton père t'attend là-bas, me dit-il en se tournant vers moi.

J'acquiesce vaguement, et Sirius m'aide à me relever et à marcher jusqu'à l'infirmerie, où papa se précipite vers moi.

-Harry, tu vas bien ?

-Ca va…

Il me caresse les cheveux, et Mme Pomfresh arrive.

-Allez, allonge-toi, tu as besoin de dormir.

Elle m'amène un pyjama, que j'enfile rapidement avant de me coucher dans un lit. Puis elle me donne un gobelet rempli d'une potion ambrée.

-Potion de sommeil sans rêves. Avec ce que tu as vécu cette nuit, tu vas en avoir besoin.

Je bois la potion, et mes yeux se ferment d'eux-mêmes. Je retombe sur mon oreiller.


Et voilà !! Etant donné que je tiendrais bien sûr mon pari, je vous donne rendez-vous pour la suite dans deux jours (moment où j'y crois vraiment, là !!). Non, bon, je ferais tout mon possible pour gagner ce pari, sinon la suite arrivera le plus tôt possible... Avant Noël, en tout cas (notez que je ne précise pas l'année...).

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