Bilbon pénétra à nouveau dans la salle sombre. Les hommes n'avaient pas bougé depuis tout à l'heure, et tout était calme. Ils fumaient presque tous, ce qui faisait que la salle était enfumée en plus d'être sombre. Le petit blond toussa, sa gorge et ses yeux le brûlaient énormément.

Iglianni le regarda:

«-T'inquiète petit tu vas t'y faire. Comment tu t'appelles déjà?

-Bilbon monsieur.

-D'accord, faites une place à notre frère!»

Aussitôt une chaise se libéra pour que Bilbon s'assoit. Il prit place après un geste de son «frère» l'autorisant à le faire. Iglianni le regarda:

«-On m'a laissé entendre que tu étais plutôt curieux.

-Euh… pas plus que ça, Bilbon était stressé.

-Ne t'inquiète pas, je ne vais pas te faire de mal. C'est bien la curiosité, quand elle est bien placée…»

Bilbon avait peur. Il vit alors Saphyre assise sur les genoux d'un des gangsters, elle lui offrait encore un de ses sourires rassurants. Iglianni continua:

«-Tu voulais savoir qui est mon ami ici présent.»

Il désigna vaguement l'homme debout derrière lui. C'était un homme grand, mince et musclé. Ses cheveux étaient noirs comme la nuit, plaqués en arrière par du gel, ses yeux bleus azures. Il avait un nez droit et des lèvres fines. Il regardait Bilbon en se tenant droit, aucune expression ou émotion ne passait sur son visage.

Bilbon fut intimidé par cette carrure imposante et ce regard froid. Iglianni continua:

«-C'est mon… fidèle bras droit, Thorin Écu-de-Chêne. Il se chargera de… comment tu dis déjà?»

Thorin répondit de sa voix grave qui intimida encore plus Bilbon:

«-Je m'occuperais des désaccords avec autrui.»

Tout le monde ricana. Bilbon arqua un sourire interrogateur. Pour toute réponse Thorin écarta légèrement un pan de sa veste laissant apercevoir une arme. Bilbon blanchit:

«-Vous… vous êtes un… un tueur?!»

Thorin sourit d'un air mystérieux et s'approcha. Il posa une main sur la table et l'autre sur le dossier de la chaise de Bilbon en se penchant. Le cœur du pauvre petit blond battait à tout rompre. Thorin avait toujours ce demi sourire, il se pencha encore:

«-Bouh!»

Les nerfs de Bilbon craquèrent et il fondit en larmes. Tout le monde éclata de rire sauf Saphyre qui vint le serrer dans ses bras, posant sa tête contre son imposante poitrine:

«-Vous devriez avoir honte de le torturer ainsi! Et toi oust!»

Elle fit un geste de la main vers Thorin pour le chasser. Celui-ci leva les yeux au ciel et retourna derrière son patron. Saphyre berça doucement Bilbon:

«-Calme toi mon petit chou, ça va, c'est juste ce crétin qui te faisait une mauvaise blague.»

Elle lança un regard meurtrier à Thorin. Tout le monde était épaté que cette jeune femme tienne autant tête à Thorin Écu-de-Chêne, le grand tueur à gage. Pourtant elle ne cillait pas, bien au contraire. Bilbon se calma et se leva:

«-Très bien, bonne soirée.»

Il rentra chez lui. Toute la nuit fut peuplée de cauchemars. Chaque fois, ce Thorin venait et le tuait d'une manière différente. Chaque fois le grand brun avait ce demi sourire cruel qu'il avait affichait plus tôt. Bilbon se réveilla en sursaut. Il avait le souffle court, il était trempé de transpiration et des larmes étaient encore présentes sur ses joues.

Le petit blond alla se passer de l'eau sur le visage en allumant toutes les lumières, il avait peur qu'un de ses cauchemars ne prenne effet. Bilbon était quelqu'un de plutôt anxieux par nature, et le genre de personnes qu'abritait la boite se strip-tease l'effrayait. Qu'avait-il fait aux Dieux pour mériter ça?

Certes il était aux abois et ça lui fournissait un travail mais tout de même. Il soupira et prit son visage entre ses mains. Maintenant il ne pouvait plus reculer car sinon Iglianni allait envoyer son tueur pour le liquider. Car malheureusement dans ce milieu, ça se passait toujours ainsi.

Bilbon regarda la coupure dans sa paume et soupira, il ne comprenait toujours pas pourquoi il avait été se fourrer là-dedans.

Le lendemain au travail quelque chose de très étrange et troublant se passa. Bropir, un des danseurs passa derrière lui pour prendre un verre dans le bar. En passant il plaqua son entre-jambe contre les fesses de Bilbon et le prit par la taille:

«-Pardon mon chou, il faut que je passe.»

Bilbon se figea en rougissant, car en plus de ce contact bien plus qu'inutile et déplacé, Bropir était en érection. Le serveur ne remarqua pas que Thorin était tapi dans l'ombre un peu plus loin et qu'il l'observait. Bilbon lança timidement:

«-Euh… oui désolé j'étais dans le passage.

-Aucun soucis beau gosse.»

Le danseur lui fit un clin d'œil et partit tout sourire.


Thorin observait le petit serveur de loin. Ce dernier l'intriguait. Qu'est-ce qu'un homme aussi faible que Bilbon était venu faire ici? Car après tout, il fallait en avoir une sacrée paire pour venir bosser dans une boite de strip-tease maquillant en réalité un repaire de la mafia. Il plissa les yeux en voyant le petit jeu de Bropir, il n'aimait pas beaucoup ça. Il alla à sa rencontre et le plaqua violemment au mur dans un coin sombre:

«-Écoute-moi bien enfoiré, tu le touches encore t'es mort! Et je pense inutile de te rappeler que c'est ma spécialité.

-Mais… mais je… j'ai r… rien fait monsieur Thorin, bredouilla Bropir.

-Tu me prends pour une buse? Tu crois que je t'ai pas vu le peloter en frottant ta petite queue contre son cul?! Aller casse-toi et que je t'y reprenne plus! C'est un protégé du patron tu le touches pas comme ça! C'était un avertissement, la prochaine fois je te règle ton compte compris?»

Bropir partit sans demander son reste, totalement terrifié. Désormais le danseur allait sûrement fuir Bilbon comme la peste. Le plus étrange était que Thorin n'avait pas crié un seul instant. Il avait parlé d'une voix menaçante, glaciale et sèche, mais basse. Il avait presque collé son visage à celui du danseur, mais il n'avait pas crié.

Thorin reporta son attention sur Bilbon comme un prédateur observant sa proie. Franchement, il ne comprenait pas ce qu'était venu foutre le petit blond ici. Il allait l'avoir à l'œil, car en général les faibles comme lui étaient des victimes et/ou des balances. Il eut un sourire en coin en se rappelant la crise de larme de la veille. Franchement, il fallait être une sacrée poule mouillée pour pleurer à cause de ça. Il regarda autour de lui, car il était les yeux de son patron hors de leur salle enfumée et sombre. Iglianni l'appela justement dans cette dernière pour une nouvelle mission.

Thorin était en train de repérer sa nouvelle victime quand son téléphone sonna. Il décrocha:

«-Allô?

-C'est fait?

-Pas encore je suis sur le coup patron.»

Il raccrocha. Il regarda à nouveau sa cible, son arme prête à agir pour porter le coup fatal.


Bilbon était en train de prendre sa pause quand son portable sonna. Il décrocha. C'était l'hôpital, sa grand-tante était malade. Elle était sa seule famille et c'était réciproque. Cette nouvelle attrista le petit blond et il discuta un peu avec le docteur. Il raccrocha et se remit au travail.

Bilbon devrait donc travailler encore plus et plus dur pour pouvoir couvrir les frais médicaux de sa chère grand-tante. Ils n'étaient pas spécialement proches mais ils ne pouvaient compter que l'un sur l'autre.

Wolis le regarda:

«-Quelque chose ne va pas?

-Ma grand-tante est malade.

-Oh…

-Oui, du coup je vais devoir travailler deux fois plus pour pouvoir payer son hospitalisation.

-Elle n'a pas de revenu?

-Tu sais par les temps qui court sa maigre retraite n'est pas suffisante.

-Oui je vois. Et tu es sa seule famille j'imagine.

-En effet, d'où ma situation difficile.

-Je comprends.»

Bilbon se remit au travail, il avait beau être bien payé chaque soir et avoir de gros pourboire ça ne suffirait pas à payer sa vie à lui plus la santé de grand-tante Hilgarde. Cette pensée le fit soupirer, putain de crise.

Il vit Thorin passer devant le bar quelques minutes plus tard. Cet homme lui faisait froid dans le dos et il prit bien garde à ne pas croiser le regard bleu aussi froid que la glace. Wolis le regarda:

«-Tu l'aimes pas beaucoup hein?

-Et bien… il me flanque la frousse si tu veux tout savoir.»

Wolis se mit à rire:

«-C'est normal c'est un tueur à gage!

-Oui je sais.

-Mais t'inquiète pas, t'es pas le seul à avoir la trouille.»

Bilbon hocha la tête et partit s'occuper d'une des alcôves «royales», c'étaient les plus luxueuses. Il ne fut pas spécialement surpris de voir une orgie dedans. Il prit les commandes et partit comme si tout était normal.

Le petit bonhomme se disait quand même qu'il devait en avoir un grain. Il travaillait dans un bar de strip-tease servant de couverture à un repaire mafieux, il voyait des actes sexuels qu'il n'était pas censé voir et pourtant ça lui semblait tout à fait normal.

Quoi qu'il en soit, Bilbon chargea son plateau avec les commandes, y ajouta un stock de préservatifs comme demandé par le client et repartit vers l'alcôve. Dans le couloirs il flottait une musique calme ponctuait de gémissements, de petits cris et de soupirs de plaisir. Décidément, il travaillait dans un endroit hors du temps et de toute vraisemblance.

Car malgré tout ça, ce n'était pas un bordel, les danseurs et les danseuses n'étaient pas obligés de coucher avec les clients pour qui ils dansaient. C'était un peu le principe du «et plus si affinité». Cette idée fit sourire Bilbon.


Les jours passèrent. Il travaillait d'arrache-pied mais ça ne suffisait pas. Il avait dû faire un premier versement pour sa grand-tante équivalent à son loyer du mois. Il soupira, ça plus le loyer et il ne lui restait plus rien, salaire et pourboires y étaient passés. Il ne pouvait pas travailler encore plus comme serveur il faisait déjà le maximum.

Il ne lui restait plus qu'une option. Trouver du travail en extérieur était impossible, la preuve il s'était retrouvé ici. Non, il allait devenir danseur lui aussi. Il soupira, cette idée le répugnait au plus haut point mais il n'avait pas le choix.

Il demanda à monsieur Talmi s'il pouvait faire les deux. Ce dernier répondit qu'il n'y avait aucun problème. Après tout, Wolis aussi montait sur scène parfois. Shapyre arriva en courant, faisant ballotter son énorme poitrine:

«-Mon chou, j'ai appris la nouvelle bravo!»

Elle sautilla sur place en poussant un petit cri aigu excité. Les deux hommes ne purent s'empêcher de suivre le mouvement des seins avec leurs yeux. Bilbon était abasourdi qu'on puisse avoir de si gros seins et Talmi était ravi car il était hétéro et aimait les femmes avec un gros bonnet de soutien-gorge.

La danseuse prit Bilbon par la main et l'emmena dans le vestiaire:

«-Tu vas voir je vais te rendre si sexy que même les hétéros vont bander en te voyant!»

Bilbon rougit violemment et elle sourit. En deux secondes, il se retrouvait devant elle dans son caleçon à carreaux bleu et blanc. Elle gloussa:

«-Très sexy grand-père! Enfile moi tout ça!»

Elle lui tendit une pile de vêtements:

«-Et on ne rechigne pas!»

Bilbon bougonna, il ne savait pas pourquoi mais il sentait qu'il n'allait pas beaucoup aimer. Il alla derrière le paravent et se changea. Elle lui avait donné un string en cuir avec pour maintenir le pénis une stupide forme de cœur, un pantalon ouvert aux fesses, en haut un débardeur en résille et les chaussures des rangers sans lacets. Il lança depuis sa cachette:

«-J'ai l'air ridicule!

-N'importe quoi vient me montrer!»

Bilbon soupira et sortit plus rouge que jamais. Saphyre sourit et lui fit signe de tourner sur lui-même. Bilbon s'exécuta à contre cœur. Elle s'approcha et lui pelota les fesses à pleines mains:

«-Ouh les belles petites fesses que voilà!

-Arrête enfin voyons!»

Il s'écarta en rougissant. Elle gloussa:

«-T'es trop mimi! Tu sais danser?

-Pas vraiment…

-Pas grave, dandine du cul, bouge les épaules de temps en temps, pelote toi et désape toi c'est très facile! Regarde, là je fais toi.»

Elle enfila autant de vêtements que lui et commença à danser comme un homme. Bilbon la regardait en rougissant, il ne pourrait jamais faire comme elle. Saphyre se retrouva nue devant lui:

«-T'as compris?»

Elle attrapa un peignoir en satin et l'enfila. Bilbon hocha la tête:

«-Oui mais… tu crois vraiment que j'en suis capable?

-Bien sûr, j'ai toute confiance en toi mon chou.»

Bilbon alla derrière le bar et se but un verre cul sec. Wolis le regarda en souriant:

«-Tout va bien? T'es livide mon pote respire!

-J'ai le trac!

-T'en fais pas ça va bien se passer. Suis la musique, détend toi et imagine que t'es tout seul dans ta salle de bain. Si tu fais ça, ça passera tout seul.

-Vraiment?

-Moi c'est ce que je fais à chaque fois darling.»

Wolis lui fit un clin d'œil et partit servir dans une alcôve. Bilbon était mort de trouille. Soudain une voix dans le micro annonça:

«-Je vous demanderez un tonnerre d'applaudissements pour notre petit nouveau. Le pauvre est terrorisé donc soyez indulgents, mesdames et messieurs applaudissez chaleureusement Bilbon!»

Trop tard, Bilbon ne pouvait plus reculer, en plus il devait aller sur le podium central. Il monta sur scène d'un pas mal assuré et la musique commença. Il ferma les yeux et inspira, il fallait suivre les conseils: se détendre, écouter la musique, dandiner des fesses, bouger les épaules, se peloter , se déshabiller et imaginer qu'on est tout seul dans sa salle de bain.

Le petit blond garda les yeux fermés et commença à onduler des hanches comme pour faire un huit tout en passant une main dans ses cheveux et l'autre sur son torse. Aussitôt des sifflements approbateurs s'élevèrent depuis la salle.


Thorin regardait la scène. Alors comme ça le serveur pétochard dansait. Il venait de commencer et pour l'instant ce n'était pas trop mal. Il avança d'une démarche féline sur le podium tout en se caressant le torse et le ventre. Il fit un tour sur lui-même et retira son débardeur. Il le fit tourner au dessus de sa tête en tortillant des fesses et lança son vêtement dans le public.

Thorin plissa les yeux, il ne se débrouillait pas trop mal, des sifflements et des cris de joies s'élevaient des spectateurs. Bilbon se tourna pour montrer ses fesses au public ce qui déchaîna encore l'assemblée. Le tueur ne pu retenir son sourire amusé. Vraiment, ce Bilbon cachait bien son jeu.

Maintenant il se remettait face au public et baissait doucement la fermeture de son pantalon en cuir. De nouveaux cris de joie, et même d'hystérie montèrent. Le petit blond eut un léger sourire et au lieu de baisser son pantalon il retira ses rangers une par une.

Thorin ne le quittait pas des yeux. Ce petit gringalet avait un potentiel certain dans ce métier, car il savait tenir son public en haleine. Une fois ses rangers balançaient derrière lui il fit doucement glisser son pantalon sur ses hanches. Mais il arrêta la descente là, sur les hanches. Des cris réprobateurs montèrent.

Bilbon se dandina et se mit que le bord de la scène. Aussitôt de nombreuses mains se tendaient et glissaient des billets dans son pantalon. Thorin était toujours tapi dans l'ombre et s'adossa au mur pour mieux profiter du spectacle. Ce petit Bilbon remontait dans son estime alors qu'il dévoilait un peu plus de sa peau claire.

Thorin croisa machinalement ses bras sur son torse et continua de regarder, il n'était pas intéressé par les numéros de danse normalement mais là, sans savoir pourquoi, il n'arrivait pas à détacher son regard. Ce petit serveur l'avait intrigué depuis qu'il s'était mis à pleurer comme un enfant apeuré. C'était incroyable de voir le contraste entre la mauviette et le gars qui se tortillait de façon très suave sur le scène.

Thorin regarda plus attentivement quand Bilbon retira totalement son pantalon pour la joie des spectateurs. Aussitôt un tonnerre d'applaudissements, de cris et d'encouragements s'élevèrent. Le tueur eut un léger sourire devant le cœur cachant la masculinité du petit blond. Rien que par ça on savait que c'était Saphyre qui avait choisie le costume.

Bilbon fit tourné son pantalon au dessus du lui et le lança avec les rangers. Il se tourna ensuite dos au public et posa ses mains sur ses fesses tout en les dandinant. La foule se déchaîna, pour un premier strip-tease Bilbon faisait un carton. Thorin se décolla du mur et commença à se diriger vers l'arrière-salle.

C'est alors qu'il vit Biblon baisser légèrement le devant de son string, révélant la base de son sexe. Il fit un clin d'œil moqueur et remonta le vêtement en le plaçant correctement. Et par un hasard incroyable car le blondinet n'avait pas répété, cette action tomba pile sur le dernière note de la musique.

Thorin resta figé sur place. Avait-il bien vu ou s'était-t-il fait un film? Le trouillard avait presque montré sa… non c'était inimaginable. Il se passa une main sur le visage et partit dans la salle spéciale en grommelant.


Bilbon ramassa l'argent sur le podium et partit. Il avait eut plus que peur mais seigneur, il avait réussit. Il alla dans le vestiaire et poussa un soupir de soulagement. Son cœur battait à tout rompre, il avait chaud, il transpirait. C'était alors qu'il réalisa ce qui venait de se passer. Il avait presque montré son pénis aux gens assit dans le noir au pied du podium.

Saphyre arriva et le prit dans ses bras:

«-T'étais super mon chou! Tu leur en as vraiment donné pour leur argent je suis très fière de toi!

-Je n'ai fait que suivre tes conseils…

-Ah non, ce que tu as fait était dix milles fois mieux que ce que je t'ai montré! Franchement je te félicite mon beau. J'étais dans la salle et je peux te dire que t'as fait augmenté la température d'un cran. Et le pire c'est que c'était ta première fois!

-Merci, ça me fait plaisir si ça a si bien marché.

-Tu plaisantes? Ça a pas marché, ça a explosé mon chou!»

Il sourit et se rhabilla en serveur pour reprendre ce même poste. Les pourboires tombèrent, et Iglianni le convoqua. Bilbon soupira, bientôt ils allaient devenir inséparables. S'il avait su que le mafieux était si collant il ne serait jamais devenu son frère de sang.

Bilbon alla donc dans la salle cachée et Iglianni le regarda:

«-Alors comme ça tu danses maintenant?

-Et bien oui.

-Bien, on m'a dit que tu étais doué.

-Je fais de mon mieux.

-J'aime les hommes qui ne rechignent pas devant le travail et qui en font toujours plus pour gagner de l'argent. Tiens c'est pour toi, tu l'as bien mérité. De plus on m'a dit que tu as déchaîné le public, c'est bon pour la réputation du club ça. Tiens, et je te le donne de bon cœur mon frère.»

Il claqua dans les doigts. Thorin donna alors un badge en or représentant une pieuvre à Bilbon. Ce dernier ouvrit de grands yeux, il ne comprenait pas vraiment pourquoi on lui donnait un badge et pourquoi une pieuvre. Iglianni sourit:

«-Cadeau mon frère, ceci est le symbole montrant que tu es l'un des nôtres. Car même si tu coupes la tête d'une pieuvre, elle conserve un bon nombre de ses tentacules en activité, comme notre… organisation. Aller, retourne au travail et encore bravo. Toi tu mérites d'être appelé frère.

-Merci. Si je peux me permettre, qui vous a parlé de mon numéro? Car je l'ai fini il y a pas cinq minutes. Je suis donc surpris qu'on ai déjà eu le temps de vous le relater...»

Iglianni eut un petit sourire:

«-J'ai mes sources voilà tout, je te rappelle que je suis le patron. Aller, finit ta nuit et rentre te coucher tu l'as mérité.

-Merci. Bonne soirée.»

Bilbon sortit du bureau en regardant le badge, il aurait préféré de l'argent. Il termina son service et rentra chez lui avec joie. Il prit une bonne douche et se coucha, tout ça l'avait épuisé. La tête du petit blond avait à peine touchée l'oreiller qu'il s'endormit.

Toute sa nuit, il se revit en train de faire son strip-tease devant tout le monde. Finalement, ce n'était pas si dur et terrible que ça. La technique de Wolis marchait à merveille. Il s'était imaginé seul dans sa salle de bain et c'était passé tout seul. D'après les réactions du public il s'était très bien débrouillé pour une première fois.

Bilbon se demandait s'il allait être obligé de faire ça souvent et si oui combien de temps? Il espérait que sa grand-tante ne serait pas malade trop longtemps, car elle lui coûtait cher. Cette pensée fut vite balayée car il dormait d'un sommeil réparateur où les réflexions, peu importe lesquelles, n'avaient pas leur place.