Note : Le second chapitre est en ligne. N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez. J'attends vos avis également sur la possible suite de ce chapitre et sur la venue de ce père qui se prétend être le vrai père de Spider-Man.


Chapitre 2

Je commence enfin ma première journée chez Royal Mixt Deluxe. Je ne vous dis pas la pression énorme que je me donne. En plus, je porte une chemise de couleur grise avec une casquette noire. Les chaussures de sécurité alourdissent mes pauvres pieds sans défense. Je me sens nue aussi sans maquillage. C'est d'un triste.

Comme prévu, Charlie me présente à l'équipe, il y a une majorité d'hommes, mais le restaurant comporte quatre femmes en tout. Tous sont là depuis plus ou moins six mois. D'autres depuis plus de cinq ans se complaisent à travailler ici. Peut-être que leur planning leur convient alors ils préfèrent rester là. Je suis préposée à la caisse, mais je risque de tourner vers les autres domaines. Je peux me retrouver en cuisine comme en salle afin de tout nettoyer. Ça ne me parait pas si compliqué que ça. Après m'avoir expliqué comment fonctionnait le restaurant, il m'amène à une jeune femme, un peu plus vieille que moi, aux cheveux roux. Elle était plutôt jolie. Le rush n'avait pas encore commencé, mais une dizaine de clients se trouvaient à sa caisse. C'était la même chose pour sa voisine.

— Je te présente ta formatrice, elle s'appelle Marcy Fletcher ! Elle va t'accompagner tout au long de la semaine. Je te souhaite bon courage pour ta première journée. N'hésite pas à lui poser des questions ou à venir me voir en cas de soucis !

Je le remercie puis il s'en va. Je me place à côté de Marcy, un peu nerveuse. Je ne connais pas du tout cette clientèle. Au passage, j'ai trouvé le directeur un peu moins tendu qu'hier. Son expression et son sourire sur le visage le prouvaient.

— Alors, comme ça tu es nouvelle, me questionne-t-elle en servant en même temps les clients.

— Oui, je commence aujourd'hui !

— Au revoir monsieur, fit-elle au jeune homme servi avant d'en prendre un autre. Ne t'en fais pas, tu verras, notre boulot n'est pas très compliqué. Le principal atout en caisse c'est de sourire et d'être respectueuse envers son client.

— Ça devrait le faire !

— Où as-tu travaillé avant ?

— Chez Oscorp industrie. J'étais journaliste chez eux.

— Ça sera très différent de là-bas j'imagine. Je ne sais pas si tu réussiras à te faire ta place ici.

— Je m'adapte quand même bien généralement où je vais !

— D'accord. Prends ma place. Je vais te montrer l'écran d'ordinateur. Pendant ce temps-là, moi je vais te chercher les produits.

C'était une bonne idée, mais toucher tout cet argent et la caisse ne me rassure pas vraiment. J'ai peur de faire des erreurs de caisses.

Nous commençons donc par cette étape. Je prends la commande de la femme qui n'avait pas encore été servie. Pas de chance, elle prenait deux petits-déjeuners.

— Oui, comme tu peux le voir, le matin, avant 11 h, nous faisons le petit-déjeuner. À partir de 11 h, ça sera les menus qui sont affichés ici !

Nous continuons de servir la cliente pendant qu'elle me raconte toutes les manipulations, règles de l'hygiène, etc… à retenir et faire durant mon service. Évidemment vient la question de la pause.

— À quelle heure finis-tu aujourd'hui ?

— Je ne sais pas ! Il ne me l'a pas dit !

— D'accord, parce que si tu restes jusqu'à 14 h, tu n'as pas de pause. Si tu fais par exemple jusqu'à 19 h, tu en auras une. Elle dure 30 minutes.

— C'est court !

— Oui, mais vu que nous sommes beaucoup d'employés, nous ne pouvons pas nous permettre de faire 45 minutes. Sinon le restaurant marche au ralenti, nous ne faisons pas non plus de coupure l'après-midi comme certains le font. On est dans la restauration rapide. Ce n'est pas la même chose.

— Je comprends. Et je peux sortir pendant ma pause ?

— Oui, si tu ne montres pas ta chemise, tu peux mettre une veste sur toi par exemple. Mais tu n'auras pas le temps d'aller manger ailleurs. Généralement le mieux c'est de déjeuner ici.

— Même pas le temps d'aller à la boulangerie ?

— Si, mais ça sera de ta poche. Si tu manges ici, tu as compris !

— Je vois !

— Et voilà madame, bonne journée à vous ! lui lance-t-elle de vive voix.

Mon premier service marche plutôt bien, même si parfois je me perds dans les touches alors je suis obligée d'annuler certaines choses. M'excusant auprès du client de m'être trompé. Il est déjà 14 h, nous avons commencé les menus. Charlie vient nous voir pour nous demander des nouvelles.

— Comment ça se passe ?

— Ça va, je pense que d'ici demain elle pourra être seule en caisse.

— Bien ! Marcy, tu peux y aller.

— Merci Charlie !

— Déjà ? m'inquiétais-je.

— Tout va bien se passer. Je suis avec toi cet après-midi. Je la remplace. En attendant, tu peux aller en pause.

— A demain Charlie, dit Marcy.

— Bon après-midi et à demain !

Je laisse mon chef prendre ma place le temps que je prenne ma pause. Je passe à la boulangerie pour me prendre un petit encas après avoir mis mon manteau sur mes épaules. Je me redirige vers mon boulot, mangeant tranquillement mon casse-croute quand je me sens soudainement surveillée. J'ai déjà connu cette sensation. Je regarde un peu partout, mais rien à l'horizon. Surement des vieux réflexes qu'il me reste alors qu'au final, il n'y a rien. Je termine et reprends mon service. Mon chef m'annonce que je finirais à 18 h, pour que je puisse me familiariser avec la caisse. Il était content de voir que je me débrouillais bien pour une première.

Alors que je me retourne pour prendre ma caisse, parce que mon chef m'expliquait quelques petites choses, je fais face à un souci. Je fronce les sourcils.

— Qu'est-ce que tu fais là ? demandais-je pendant que mon chef était occupé derrière moi.

— Je me promenais dans la rue, et je t'ai vu entrer ici. Je ne savais pas que tu y travaillais !

— Comme tu le vois, c'est le cas. Tu commandes où tu comptes rester planté devant ma caisse comme un piquet ?

— Je vais te commander un petit truc. Tiens, le menu medium Royal Mixt. Ca à l'air pas mal !

Je le tape l'écran et dicte la commande à mon chef qui me ramène les produits et que je pose aussitôt sur le plateau.

— Je n'ai pas le temps de te parler Peter, répondis-je sentant son regard insistant sur moi. Plus tard !

— Je parie surtout que tu NE VEUX PAS ! me murmura-t-il sèchement.

Je rangeais son argent dans ma caisse et leva brusquement les yeux vers lui.

— Ce n'est ni le moment, ni l'endroit pour le faire.

Il n'apprécie pas mon refus. Pourtant je n'ai vraiment pas de temps à lui consacré, surtout maintenant. Il part manger à une table et je sens parfois son regard se poser sur moi. Je tente de l'ignorer, mais ça me déconcentre. Mon chef me reprend plusieurs fois et me rappelle que je ne dois pas me laisser submerger par des soucis extérieurs. Qu'ici, je suis au travail. Mais comment faites-vous quand les soucis viennent à vous, même quand vous bossez ?

Quand je finis mon service, il n'est plus là. Enfin, c'est que je pensais. Deux bras me prirent par la taille et mon corps s'éleva dans les airs jusqu'à ce que mes pieds retrouvent la terre ferme sur le toit d'un immeuble, cachés de tous. Je croise les bras et tape du pied.

— Quoi ?

— Tu ne pouvais pas me demander la permission avant de le faire ?

— Te connaissant tu m'aurais dit non tout de suite !

— Qu'est-ce que tu veux cette fois ?

— Liz, ça fait deux semaines que je n'ai plus de nouvelles de toi et que tu m'évites.

— C'est ça que tu voulais me dire ? Je connais la chanson.

— Pas seulement. Je devais te parler de quelque chose.

— Laquelle ?

— Est-ce qu'un homme d'une cinquantaine d'années est venu te rendre visite ?

— Pas à ma connaissance. Pourquoi ?

— Parce que cet homme prétend être mon père, avoue-t-il en se mordillant la lèvre du bas.

— Mais il est censé être mort, non ?

— Il l'est, en toute logique.

— Tu as ta réponse. As-tu autre chose à me dire que de me reprocher mon éloignement ?

— As-tu revu dernièrement Harry ?

— Je l'ai revu avant-hier.

— Tu comptes toujours retourner vers lui ?

— Mon choix est déjà fait ! Et tu le sais.

— Sais-tu alors à quel point j'ai peur de te perdre ?

— Arrête un peu de dire ça. Tu t'en fiches complètement.

— Ce n'est pas vrai, au contraire.

Il s'approche de moi et m'encercle avant de m'embrasser. Je le repousse aussitôt.

— Qu'est-ce qui te prend ?

— Tu es morte Liz. Tu es vide de l'intérieur. Je ne te reconnais plus ! Je finis par me dire si j'ai bien fait de te mêler à mon secret.

— Dans tous les cas, j'étais liée, contre mon gré. Quant à Harry, lui, il m'aime.

— Là n'est pas la question Liz. J'ai toujours éprouvé quelque chose pour toi !

— Vachement ! Tu as toujours refusé mes avances à partir du moment ou on était en âge de comprendre ce que ces sentiments voulaient dire.

— Parce que j'étais jeune. Mais Liz, Harry ne peut rien t'apporter de bon.

— Qu'en sais-tu ?

— S'il te plait. Réfléchie quand même avant de te lancer dans cette aventure.

— J'ai assez cogité comme ça.

— Arrête au moins de m'ignorer comme tu le fais.

— Est-ce que tu penses à moi quand tu es sous ton masque de Spider-Man ?

Cette question venait de le troubler. Son silence clôturait notre conversation. Voyant que je ne voulais pas rester plus longtemps ici, il me ramène jusqu'en bas de chez moi, dans une rue sombre à quelques mètres.

— Viens à la maison diner demain soir. May sera là. Ça lui fera plaisir de te revoir. Je ne sais plus quoi lui dire comme excuse sur ton éloignement.

— La vérité. Que nous sommes en froid.

— Que tu as créé toi-même, proteste-t-il en soupirant. Allez, viens !

— Je vais voir ce que je peux faire.

— Au moins tu ne dis pas non.

— Mais je ne dis pas oui, non plus !

Un dernier silence s'installe entre nous. Je m'excuse de devoir le laisser tomber. Je lui promets de réfléchir à sa proposition. Je rentre chez moi et passe une bonne heure sous ma douche, pour retirer l'odeur persistante de ce fast food et pour me détendre avant de me glisser sous mon lit et de fermer rapidement mes yeux, épuisés par cette première journée.

Ma nouvelle routine s'installe, c'est sur que c'est mieux de travailler assise devant un bureau et de rester assise 10 h d'affilés que d'être debout toute une journée, tu ne sens plus du tout tes pieds après. Ils sont bien contents de prendre une douche chaude après quand tu rentres.

Je termine ma journée, et prends le temps de me préparer sans pression pour aller chez Peter. il ne m'avait pas donné d'heure fixe, alors j'avais pensé m'y rendre vers 20 h, étant donné que j'ai fini à 18 h. J'ai largement le temps.

20 h, je suis devant la porte de chez Parker. Je m'étais habillée de façon décontractée. Je n'avais pas envie de me faire avoir comme la première fois que je suis venu le voir. Je frappe et quelques minutes plus tard c'est May qui vient m'ouvrir, comme à son habitude. Elle est heureuse de me revoir même si Peter l'a mise au courant de ma présence. Nous entrons et je dépose ma veste sur le porte-manteau.

— Tu es comme chez toi ici, je ne te présente plus la maison, me fit-elle en plaçant un bras sur mes épaules, me prenant comme si j'étais un membre de sa famille.

Je souris puis nous allons dans le salon. Peter s'y trouve déjà, il regardait les informations en attendant que j'arrive. Il venait de se lever de son canapé lorsqu'il me vit entrer. Peter est toujours aussi avenant. Sa tante venait de s'éloigner de moi pour le laisser me saluer en m'embrassant sur les joues.

— Avez-vous tous faim ?

Nous lui donnons une réponse affirmative et elle nous conseille de nous mettre à table. Pour une fois, nous sautons la case apéro. Elle nous place à sa façon. Je me trouve en face de Peter pendant qu'elle sera assise à côté de moi et près de la cuisine. Elle se presse d'y aller pour nous ramener un magnifique gratin de pommes de terre accompagné d'une salade en entrée. Je ne me faisais pas de soucis sur la qualité de sa cuisine, généralement, je me gave chaque fois que je mange chez eux.

Pendant les jours passés chez eux, je m'étais pesée sur la balance et m'était aperçu que j'avais prix facilement dix kilos ce qui ne m'était pas arrivé depuis un sacré moment. Néanmoins, j'avais la chance de voir que ces kilos s'étaient bien éparpillés. D'ailleurs, en y repensant, j'allais devoir me remettre au sport d'ici la fin de la semaine. Histoire de garder la forme.

— Alors, que fais-tu depuis la fois dernière ?

Bien sûr, je m'attendais à cette question. J'étais persuadée d'avance que je n'y échapperais pas même si je ne les avais pas vus depuis deux semaines. Je leur raconte les petits détails, en faisant exprès d'oublier le passage avec Harry et Peter. Il s'en doutait que je n'allais pas le dire à sa tante. Il sait très bien que cela ne la regarde pas.

— Je suis très contente de voir que tu as repris du poil de la bête, répondit-elle sincèrement. As-tu trouvé un nouveau travail ?

— Oui, pour le moment.

— Parce que sinon je peux m'arranger pour vous trouver quelque chose de mon côté ?

— C'est gentil, merci. Je vais attendre un peu, je commence à peine. Je ne pense pas qu'ils apprécieraient que je les lâche dès les premiers jours. Et je ne suis formée que dans le journalisme. Je ne suis pas sûre que les hôpitaux soient mon truc.

— Je comprends, mais si je trouve dans ton domaine, je te le dirais volontiers.

Le repas finit j'oblige May à rester assise et de me laisser débarrasser la table. Elle ne refuse pas ma proposition, Peter en fait de même alors que je ne lui ai rien demandé. Et ce n'est pas vraiment son genre de vouloir faire ce type de tâche quotidienne. Je l'ai vu plusieurs fois ne pas faire de machine à laver et laisser May s'en charger à sa place, prétextant ne pas vouloir laver son costume.

Je suis en train de laver les plats quand il m'en apporte d'autres. Il reste à côté de moi et m'observe. Je me sens gênée et je sais que ce regard n'est pas anodin. Je tourne la tête vers lui.

— Quoi ? l'agressais-je. Pourquoi tu me regardes comme ça ?

— J'aimerais tellement que notre amitié redevienne comme avant…

— Tu sais très bien que c'est impossible.

— Je n'ai pas envie de perdre toutes ces années à cause de ça !

— C'est déjà fait, soupirais-je en baissant les épaules pour montrer mon découragement.

— Tu es beaucoup trop dur avec moi, Liz. J'ai été le plus honnête dans cette histoire. Je ne comprends pas.

— Tu ne pourras jamais comprendre.

— Je t'en pris Liz ! Laisse-moi une seconde chance.

— Pourquoi faire ?

— Pour te prouver que notre amitié n'est pas perdue et qu'elle vaut toujours le coup d'être vécue. Nous avons tous les deux une histoire en commun quoiqu'il advienne. On ne peut pas y échapper.

— J'aurais bien voulu. Peut-être que ma vie aurait pris un autre tournant.

— Je suis tellement désolé pour tout ce qu'il t'est arrivé, crois-moi que je n'ai jamais cessé de penser à la tournure que cette histoire a pris. Je m'en suis beaucoup voulu. Et je t'ai écouté quand j'ai repris mon rôle de super héros.

— J'ai vu, tu as réussi ton combat la fois dernière avec cette espèce de rhino féroce humain et robotisé.

Peter ne s'attendait pas à ce que je suive entièrement cette histoire. J'étais tout de même inquiète et je voulais savoir s'il allait s'en sortir. Je suis peut-être en colère contre quelqu'un, mais j'ai toujours ce côté anxieux envers elle. J'étais présente sur les lieux de la bagarre, cachée par une foule. Dans cette révélation, il y voyait sa seconde chance. Il sentait que ce n'était pas totalement perdu. Qu'il pouvait me retrouver. Même si je montrais le contraire. J'ai tout de même été traumatisée durant cette aventure et perdu beaucoup trop de proche. Il passe ses mains sur mes hanches et pose sa tête sur une de mes épaules. Je sens son souffle chaud frôler ma nuque. Je ferme les yeux et m'arrête de nettoyer pour garder le contrôle de mon esprit et ne pas me laisser submerger par ce genre d'émotions.

— Laisse-moi une seconde chance !

— D'accord, mais à la moindre erreur c'est terminé, compris ? marmonnais-je sans doutes.

— Je te le promets.

Il m'embrasse sur la joue et je le vois partir en sautillant en direction du salon. Devant sa tante, alors qu'il récupère les derniers plats sales et les couverts, elle trouve son sifflotement et sa bonne humeur suspecte.

— Qu'est-ce qu'il t'arrive ?

— Rien, ne t'en fais pas.

— Ces jeunes…, s'exclama-t-elle.

Je termine et fatigue. Je m'excuse de devoir les laisser. Je les remercie pour cette soirée et cette fois-ci c'est Peter qui m'accompagne jusqu'à la porte d'entrée. Je m'assurai de n'avoir rien oublié.

— Samedi, rendez-vous à 19 h chez toi.

— Pourquoi ?

— On sort ! Je compte rattraper le temps qu'on a perdu durant ses deux semaines.

— Attends que je te confirme si je peux. Je ne sais pas si je travaille en soirée !

— Ça me va, encore merci pour cette seconde chance, rappelle-t-il.

Je ris puis retourne chez moi, me demandant quelle idée il avait en tête pour samedi soir. J'espérais ne pas travailler. Mais ne vous fiez pas aux apparences, je n'allais pas oublier de si tôt ce que nous avons enduré. À la moindre fausse note, il savait le prix qu'il paierait. Il pouvait tout gagner, ou tout perdre définitivement.