NOTE : Coucou, chapitre 3 en ligne. J'ai bien aimé écrire ce chapitre. J'espère qu'il vous plaira aussi. Bonne lecture.
Chapitre 3
Vendredi, Charlie me demande si je pouvais venir les aider ce midi. J'avais accepté, étant donné que nous avions une semaine très calme. Deux employés étaient absents. Et puis ça me faisait de l'argent en plus. L'équipe est assez sympa et homogène. Je m'entends avec tout le monde et me suis bien intégrée, j'en suis très surprise. Je peux me débrouiller seule en caisse, je n'ai plus peur d'affronter la clientèle. Ca m'arrive de me tromper, mais très rarement. De base, je m'adapte rapidement aux endroits où je travaille, mais j'avais peur d'être mal vue par rapport au fait que j'avais travaillé chez Oscorp, je m'étais en réalité monté la tête pour rien vu qu'ils l'ont plutôt bien pris. Évidemment, j'avais plein de questions sur le fonctionnement de l'entreprise ou encore sur Harry. Quand il commençait à me demander ce que cela faisait de voir son patron sous les verrous, je répondais toujours vaguement, je n'avais pas envie de m'étaler sur ce sujet-là qui pour moi était encore trop sensible.
16 h, mon patron vient me voir pour me libérer. Une jeune femme appelée Christina et qui est Espagnole d'origine me remplace à la caisse. Charlie me suit jusqu'à la pointeuse.
— Dis-moi, est-ce que tu es disponible ce soir ? commence-t-il par me demander, un peu nerveusement.
Nous avons pour habitude de nous tutoyer, tout le monde le fait au restaurant, même avec nos ancêtres – les employés plus âgés –, je trouve ça plus agréable, on ne se prend pas au sérieux.
— Pourquoi ? Tu veux que je vienne travailler ce soir ? Fis-je, surprise.
— Non, parce qu'on est un petit groupe à sortir ce soir. Je me demandais si tu serais partante pour venir.
Vu la réaction déçue que je venais de faire, il comprit que je n'étais pas libre. Charlie n'était pas si vieux que ça, il avait environ 30 ans. Mais était très respecté de tous les employés et faisait jeune pour son âge.
— Si tu as quelque chose de prévu, je ne t'en voudrais pas !
— C'est le cas. Ça aurait été avec plaisir, mais ce soir je ne peux pas.
— Ce n'est pas grave.
— Une prochaine fois peut-être.
Vraiment, je vous l'assure, que si je n'avais rien de prévu, je serais venue. Mais je ne pouvais pas refuser la proposition de Peter. Il a tellement lutté pour que j'accepte son rendez-vous.
…
Je suis en train de me préparer. Je reçois un message de Peter qui m'annonce qu'il est devant chez moi et m'attend. Il m'a demandé de m'habiller de manière chic. Je remets ma tenue simpliste, mais idéale pour ce genre de soirée. Je me suis laissée emportée par le temps et je pensais finir à l'heure. Je me dépêche de me maquiller et d'enfiler les chaussures et ma veste. Je vérifie que j'ai tout dans mon sac et descends le rejoindre.
Il était vêtu d'un costard. La seule fois que je l'ai vu ainsi c'était pour l'enterrement de Gwen. Je ne sais pas du tout où nous allons. Je l'embrasse sur la joue et nous partons en direction du lieu qu'il a choisi.
…
Nous arrivons devant un restaurant nommé Park Avenue Winter. Il est vraiment magnifique vu de l'extérieur. Nous entrons et un hôte nous prend en charge. Il nous emmène jusqu'à la table que Peter avait réservé. Une grande espace au milieu de la salle a été mise en place. Peter me disait que ce soir ils avaient retiré toutes les tables expresses, car il y avait une soirée exceptionnelle. Des personnes ici allaient pouvoir danser une valse. Il racontait aussi qu'il avait pu réserver à temps la table, car les réservations partaient comme des petits pains.
Je trouvais ça très gentil de sa part de m'amener ici, mais je pensais qu'une petite soirée entre nous sans forcément faire ce genre de soirée m'aurait convenu. Je ne comprendrais jamais pourquoi les hommes que je croise dans ma vie veulent à tout prix m'inviter à ces soirées-là. J'aime la simplicité, ils devraient le savoir. Même pour un rendez-vous amoureux.
J'ai un peu du mal à me faire à cette ambiance, je ne peux pas le cacher.
— Est-ce que ça va ?
— Oui, il faut que je m'habitue à ce lieu…
— Tu devrais pourtant être habituée avec Harry non ?
— Pas tant que ça. Je préfère quand même une bonne soirée à la maison. Ne le prends pas mal.
— Ça ira !
— Mais je te remercie pour ce restaurant d'avance.
— Tant que ça te fait plaisir. C'est le principal pour moi !
Nous commandons et commençons à raconter notre semaine en détail. Le serveur revient avec nos boissons et notre entrée. Nous parlons de tout et de rien, nous arrivons même à blaguer et l'atmosphère se détend. Je me sens moins anxieuse dans ce restaurant. Je ne sais pas si l'ambiance aide ou si c'est moi qui me suis adaptée.
Alors que nous avons presque terminé nos entrées, je vois une table de huit personnes se remplir. Je les reconnais. L'un d'eux me reconnait également et vient me voir en me saluant et posant une main amicale sur mon épaule. Je pensais tout de même passer une soirée tranquille qu'avec Peter, je m'aperçois qu'à New York c'est impossible.
— Je ne m'attendais pas à te voir ici, dit-il le sourire aux lèvres.
— Avoue, tu m'as espionné, me moquais-je.
— Du tout ! Tu aurais pu me dire que tu avais rencard, répondit-il à faisant un signe de tête en direction de Peter.
— Rencard ? Non, c'est mon ami d'enfance !
— Un ami d'enfance ne te conduira pas dans ce genre de restaurant, me taquine-t-il.
— Et pourtant…
— Charlie, qu'est-ce que tu fais ? On t'attend pour commander l'apéro ! réplique une blonde à leur table que je connaissais.
— J'arrive tout de suite, souffle-t-il. Bon appétit à vous deux et bonne soirée.
— Merci Charlie, répondis-je en reposant mon attention sur Peter qui semblait s'interroger. C'est mon patron !
— Je me disais aussi…
— Je ne savais pas du tout qu'ils seraient ici ce soir. Il m'avait proposé de les accompagner, mais j'avais refusé pour toi.
— C'est sympa. Mais je pensais que nous serions tous seuls.
— Je l'imaginais aussi, ne t'en fais pas.
Le serveur revient pour prendre nos plats qui sont maintenant vides. Nous commandons le reste. Je fais dans le soft ce soir pour ne pas devoir payer trop cher. Du moins, c'est ce que je fais chaque fois que je mange dans un restaurant chic. Nous reprenons notre conversation.
La soirée bat son plein, nous nous gavons. Nous entendions nos voisins s'amuser. Mais je me sens bien aussi avec Peter. C'était ce genre de soirée qu'il nous manquait. J'en arrivais à oublier Harry, mais rien n'empêchait mon cœur de l'aimer.
Lorsque tout le monde en est au dessert, des couples de danseurs se forment sur la piste entre toutes les tables du restaurant. Chacun place une main sur l'épaule et la taille de son partenaire. La musique se lance, je connais bien cette chanson, Edelweiss, une version d'André Rieu. Ils se mettent à danser sous nos yeux émerveillés par leurs tenues. Je ne suis pas très fan de musique classique, mais j'adore ce grand artiste. Visiblement, ce restaurant aussi étant donné que Peter venait de me confirmer que c'était une soirée spéciale valse avec André Rieu. Je peux vous dire que mes oreilles prenaient énormément de plaisir.
Peter était en train de me dévisager, pendant que je regardais les danseurs. Il était heureux de voir que cette surprise me plaisait. Il n'avait pas voulu me dire le thème de la soirée pour garder l'effet de surprise et ça marchait. Moi qui ne pouvais pas aller dans un opéra, même une fois dans ma vie, parce que c'était trop cher, j'étais comblée par cette soirée. Je comprenais mieux pourquoi les clients autour de nous étaient habillés de la même façon que les danseurs. Même ceux de la table de mon chef, je pensais que c'était juste parce que le décor du restaurant était propice à ce style vestimentaire, je m'étais trompée. Si j'avais su plutôt, j'aurais mis autre chose aussi, mais Peter m'avait bien dit que ce n'était pas nécessaire, heureusement, je ne suis pas la seule à m'être vêtue d'une robe classique. J'étais de profil et continuait d'écouter la fin de la chanson tout en les regardant danser.
À la fin, tout le monde applaudissait et les siffla en guise de compliment pour leur danse. Des danseurs s'approchèrent vers les tables les plus proches. Il y avait celle de mon chef, la nôtre et deux autres encore. Il y avait assez de place pour dix couples, ils avaient vraiment tout organisé comme des professionnels. Un couple de danseurs pro nous prend la main et nous entraine sur la piste de danse. Ils nous placent tous les deux comme il faut. Je jette un œil vers mon chef qui était déjà placé et sans qu'on l'aide. Comme s'il avait l'habitude de valser.
— Je ne sais pas valser, murmurais-je aux danseurs et à Peter tandis qu'il me plaçait la tête de façon à ce que je regarde droit dans les yeux mon partenaire.
— Moi je sais, confirme Peter.
— Alors laissez-vous vous guider par votre ami, répond calmement la danseuse. Ça ira tout seul.
Puis ils nous laissent tous les deux. Une fois que tout le monde était bien placé, je vis qu'ils n'avaient mis que des jeunes d'une trentaine d'années. Il n'y avait qu'une couple de vieux autour de nous. J'observe rapidement mon chef, il est à l'aise, il me voit et me lance un grand sourire. Je lui donne également un sourire, mais celui-ci fut nerveux. Je sentais mes doigts se crisper sur le corps de Peter. Je ne savais pas qu'il savait danser la valse. La musique résonne dans la salle, cette fois c'est Waltz n ° 2. C'est ma préférée en plus. Nous commençons à bouger puisqu'on nous l'a ordonné. Des danseurs pros restent au milieu pour nous aider et nous montrer les mouvements. J'ai parfois du mal à être dans le rythme, je marche aussi sur les chaussures de Peter et m'excuse dès que cela arrive. À chaque tonalité nous devons changer de partenaire. J'ai eu le droit d'abord au petit-vieux, puis je suis arrivée dans les bras de Charlie. Je commençais à peine à prendre la cadence qu'il fallait que je me réadapte à un autre.
— Comment se passe votre soirée ?
— Ça va, je ne m'attendais pas à tout cela !
— Il ne vous l'avait pas dit ?
— Non, c'était une surprise.
— Le petit malin, il a bien joué son coup ! Sinon, je ne savais pas que vous saviez danser la valse.
— Je ne sais pas. Je viens de l'apprendre.
— Vous vous débrouillez très bien !
— Merci beaucoup.
— Ce fut un plaisir de danser avec vous.
— Et c'est partagé.
Et me voilà de nouveau dans les bras de Peter après un claquement de mains. Nous sentons tous que la musique touche bientôt à sa fin. De ce que je peux voir, tout le monde semble s'amuser. Lors de nos premières minutes, je n'étais pas très rassurée sur mes valeurs rythmiques. Je n'avais pas encore osé regarder Peter et je me contentais de mes chaussures. Maintenant que je m'affirmais un peu plus, je le pouvais. Je pouvais voir qu'il me regardait déjà et qu'il me souriait. Je ne savais pas quoi lui dire. Je ne pouvais que lui rendre ce regard. Il a su me captiver jusqu'au bout. En vérité, je n'arrivais pas à lui en vouloir d'avoir été honnête envers moi. Je sais bien que tout ce qui s'était passé n'était pas de sa faute. Mais il fallait bien que quelqu'un le paie. Et c'est tombé sur lui. Parce que c'est un héros et qu'il n'a pas pu sauver mes parents ni Gwen ou même Harry. Je suis la seule rescapée de ce malheur. Enfin presque, lui était encore là aussi.
Cette danse me faisait beaucoup réfléchir mine de rien. Lorsque la chanson se termina, nous étions tous contents de notre danse et tous nous félicitèrent. J'étais moi-même très fière de moi, je suis sûre que ça aurait plu à mes parents. Une petite pause se profile. Les danseurs nous annoncent qu'une soirée dansante après le diner est organisée ici même et que ceux qui souhaitent rester le peuvent. Peter attendait ma réponse, je hausse les sourcils, mais lui assurait que ça ne me déplairait pas de rester. Ce qu'ils nous avaient donné n'était qu'un avant-goût pour la suite. Au moins, j'ai appris la valse et ça me ravit beaucoup. Ce n'est pas donné à tout le monde de l'apprendre
Nous prenons un dessert chacun. J'avais opté pour un fondant au chocolat. Quelques minutes plus tard, je prends une bouchée de ce fondant qui était succulent. Peter avait remarqué une chose qui était différente sur moi depuis que je suis rentrée dans ce restaurant. Mes yeux brillaient de bonheur. Et il n'avait pas tort. J'avais enfin un moment de répit et je profitais de cette soirée au maximum même si j'étais réticente dès le début. Et comme tout le monde le dit, la musique rapproche toujours les personnes. Et je ne suis pas non plus insensible à sa démarche. Qui le serait ?
— Tu sais très bien danser, s'exclame Peter.
— Ne m'en parle pas, je t'ai marché dessus pendant deux bonnes minutes.
— Ne t'en fais pas, au début ça se passe toujours comme ça.
— Comment as-tu appris à danser la valse ?
— Ma tante, May. Elle adore ce genre de musique et j'ai appris très jeune à le danser. Elle m'a donné plusieurs cours. Je ne pensais pas m'en servir un jour.
— En tout cas, tu es doué. Encore un don à rajouter à ta longue liste.
— Je n'ai pas tant de dons que ça !
— Tu plaisantes j'espère.
Je fais non de la tête et continue mon dessert qui commence à bourrer mon estomac. Je n'avais pas pris de plats énormes, mais ce dernier m'a bien nourri.
Par la suite, nous restons jusqu'à la fin de la soirée à thème. Nous n'avons pas dansé depuis la fois où nous l'avions fait. Nous avons juste parlé, encore. Bien sûr, nous ne pouvions pas discuter de son rôle dans ce monde. Nous pouvions juste le sous-entendre.
Plus tard, nous décidons enfin de nous en aller. Mon chef reste encore. La fatigue est plus forte que nous. Il me raccompagne jusqu'à chez moi.
…
Nous sommes en bas de mon appartement, je sens la fraicheur de la nuit me transpercer la peau et frissonne.
— Merci pour cette soirée.
— De rien, j'espère vraiment que ça t'a plu.
— Beaucoup, j'ai appris à danser la valse et le repas était très bon. Encore merci d'ailleurs de me l'avoir payé. Je vais devoir te rendre l'appareil.
— Non, pas la peine, c'était quelque chose que je voulais t'offrir de toute façon.
— Et ça m'a vraiment touché.
— Je suis très content alors.
Je lui tourne le dos quand il m'appelle et lui fait face de nouveau. Il m'embrasse sans que je ne m'y attende. Je le laisse faire le temps que le geste monte jusqu'au cerveau. Lorsque mon cerveau m'alerta comme une sirène d'alarme à incendie qui se déclenche, je le repousse.
— Qu'est-ce qu'il te prend ?
— Je… Je suis désolé.
— Ce n'est pas parce que j'ai passé une très bonne soirée en ta compagnie que tout va redevenir comme avant.
— Je sais.
— Alors tu t'attendais à quoi ? Que je me jette de nouveau dans tes bras comme la fois dernière ? Nous étions dans une très mauvaise phase ce jour-là, Peter.
— Liz, pourquoi cherches-tu à me rappeler ça ? C'est juste Harry qui t'empêche d'avancer.
— Je l'aime, quand vas-tu le comprendre ? Nous sommes que des amis. Pourquoi faut toujours que tu gâches tout ?
J'étais bien pour la première fois depuis plusieurs semaines. Je m'étais évadée le temps d'une soirée et nos vieux démons revenaient. Des larmes commençaient à couler le long de mes joues. C'est fou de voir à quelle vitesse mes émotions pouvaient changer.
— Donc tu pourrais m'abandonner pour lui ? Même après tout ce qu'il a fait ?
— Oui, rétorquais-je, après avoir laissé un blanc intervenir dans notre discussion.
— Dans ce cas ne viens plus du tout me parler !
— C'est toi qui m'avais relancé.
— Bien !
— Bien ! finit-il par dire avant de s'en aller, me plantant devant la porte de mon immeuble.
J'allais l'appeler, puis me rétracta et rentra chez moi, balançant toutes mes affaires dans le salon et sautant sous ma couette. J'étais très frustrée par cette fin de soirée qui avait si bien commencé.
