NOTE : N'hésitez pas à reviewer. Si vous aimez déjà le début de cette suite. Je vous répondrais avec plaisir. Voici le chapitre 4. Bonne lecture à vous !


Chapitre 4

Depuis deux jours je n'ai plus de nouvelles de Peter. Habituellement il aurait continué de me harceler au téléphone où serait venu chez moi pour organiser un face à face. Quelques parts, je me sens un peu triste de m'être emportée de cette manière, mais de l'autre, je ne pouvais pas le laisser croire qu'il pouvait y avoir quelque chose entre nous, même si cela ne m'avait pas dérangée à une certaine époque. Après, s'il se passait quelque chose entre nous, il est évident qu'il aurait été difficile pour Harry de le savoir. Sauf si l'un de nous décide de le lui avouer ce qui n'est probablement pas près d'arriver. Je suis tout de même quelqu'un de compliqué, je n'arrive pas à lui en vouloir éternellement, et j'ai du mal à être rancunière dans la vie de tous les jours. Peut-être que ce problème pourrait me porter préjudice plus tard ? Je sais en plus que la semaine prochaine je vais pouvoir voir Harry en prison, j'ai reçu une lettre aujourd'hui en rentrant du travail. Je suis excitée comme dépourvue d'émotions à la fois. C'est assez bizarre et difficile à expliquer.

Au travail tout se passe bien même si ce n'est pas le plus fabuleux des métiers que j'ai pu trouver. Parallèlement je continue de travailler en freelance pour Daily Bugle au lieu de site d'internet. Je me souviens que Peter y travaillait aussi. Ils ont aimé mon travail et l'article que je leur avais faits sur Spider-Man.

Mon samedi étant libre, je décide enfin d'aller faire un peu de sport. Je n'ai pas vraiment grossi, mais je m'étais dit que cela ne me ferait pas de mal. Je trouve une salle pas très loin de mon appartement et à des prix raisonnables. Je suis en train de courir sur le tapis de course, c'est mon préféré. J'étais avec mes écouteurs dans les oreilles et était concentrée sur ma machine lorsque je vis des clients s'arrêter et regarder la télévision. J'étais transpirante quand je retire mon casque et le mets sur pose.

— Qu'est-ce qu'il lui prend ? dit une femme aux cheveux roux. Il est censé aider.

Beaucoup de gens commençaient à regarder la télévision. Le patron qui était avec un client monta le son. Nous étions en train d'assister à un Spider-Man en costume noir et bleu foncé qui cambriolait une banque. La nouvelle s'est vite répandue. Il était encerclé de voiture de police. Comment pouvait-il s'échapper ? Ne comprenant pas son comportement et étant toujours en train de courir, j'arrête le tapi et pose mes pieds au sol en faisant un petit saut sur le côté. Je suivais le direct à mon tour.

« — Personne ne comprend ce qu'il se passe, annonce la journaliste de CNN. Nous savons juste qu'il est armé et menace de tuer quelqu'un si le FBI ose s'approcher d'un peu trop près. Jamais nous n'avons vu un Spider-Man aussi agressif. Je peux vous dire que dès ce soir, beaucoup changeront d'avis sur lui et ne penserons plus que c'est un superhéros. Mon avis a également changé sur lui. Qui arriverait à le reconnaitre ? Aujourd'hui, il doit décevoir énormément d'enfants qui croient en lui. »

Je trouvais que ce journaliste y allait très fort dans ces mots. Même si moi-même je n'en croyais pas mes yeux. J'avais du mal à imaginer Peter devenir un tel monstre alors que justement, il détruit toutes ces personnes-là. J'ai de la peine également pour tous ses enfants. Ceux qui voulaient lui ressembler.

Peter était en train de rentrer chez lui, il venait de voir la nouvelle, il n'en revenait pas non plus. Sa tante l'attendait de pied ferme dans le salon. Elle venait de l'appeler alors qu'il ouvrait à peine la porte. Il prend son temps et une fois qu'il entre dans le salon, il voit May assise sur le canapé en train de regarder à son tour les informations. Ce qui le surprenait c'était surtout de voir qu'elle tenait dans ses mains son costume de Spider-Man. Le rouge et bleu. Elle tourne la tête vers lui et fronce les sourcils.

— Qu'est-ce que ça veut dire ?

— Où as-tu trouvé mon costume ?

— Dans ta chambre, je faisais un peu de ménage et voulait lancer une lessive.

— Je vais tout t'expliquer tante May !

— J'aimerais bien oui. Ne me dis pas que tu fais partie du groupe de celui qui attaque cette banque actuellement ?

— Non, certainement pas.

— Alors pourquoi as-tu le même costume ? Tu es fan de ce superhéros ?

— Voilà, c'est tout à fait ça. Je n'osais pas te le dire.

— C'est pour ça que tu ne voulais pas que je fasse de lessive depuis quelque temps ?

— Oui, je pensais que tu trouverais ça ridicule.

Il était sauvé. Heureusement que May n'avait pas encore compris qui il était. Il ne sait pas du tout comment expliquer à sa tante qu'il est Spider-Man. Il a peur de sa réaction le jour où ça arrivera et il a déjà perdu tellement de monde.

— Tu penses que c'est qui cet homme ?

— Surement un cambrioleur qui veut se faire passer pour lui et le faire passer pour un méchant.

« — L'homme vient tout juste d'échapper au FBI et à la sécurité qui se trouvait autour. » Venait de dire le journaliste. Peter allait avoir du boulot encore une fois. Sa tante lui redonne le costume. À peine a-t-elle détourné son attention pendant quelques secondes, que Peter n'était plus là. Elle ne l'avait pas entendu monter dans sa chambre. Elle voulait lui demander ce qu'il désirait diner avant qu'elle ne parte au travail.

Quelqu'un frappe à ma porte, je viens seulement de finir ma douche après ma séance de sport qui a été interrompue par ce flash info. J'enfile un peignoir, n'ayant pas le temps de m'habiller puisque la personne semble pressée de me voir. J'ouvre la porte et vois Peter quelque peu paniqué.

— Qu'est-ce que tu me veux ? Je t'avais dit que je ne voulais plus te parler !

— Je voulais m'assurer que tu ne crois pas que ce cambrioleur était moi.

— Tu m'as prise pour qui ? Je sais encore te reconnaitre. Même si pendant un instant j'avais douté.

— Tu as pensé que je pouvais le faire ?

— Sur le moment, mais je sais que tu en es incapable. C'est bon ? Ta conscience est tranquille maintenant ?!

— Tu ne peux pas imaginer à quel point. Est-ce que je peux entrer ? Je ne resterais pas longtemps.

— Pour quelle raison ?

— Ma tante a découvert tu sais quoi.

Il n'osait pas le dire à haute voix, de peur que quelqu'un l'entende depuis le couloir. Pour lui, même les murs avaient des oreilles. Je lui grogne dessus puis le laisse entrer. Je ferme la porte et il m'explique la situation.

— Hmmm… c'est contraignant !

— C'est pour ça qu'il faut que tu m'aides.

— Pourquoi devrais-je t'aider ?

— Si ma tante découvre vraiment qui je suis, je ne sais pas si elle appréciera vu ce qu'il se passe en ce moment.

— Ta tante sait reconnaitre le vrai Peter quand même. Elle a vécu avec toi !

— C'est compliqué. J'ai vraiment peur que ça pose problème.

— Que veux-tu que je fasse ?

Je n'avais pas franchement envie de l'aider, mais je n'aime pas laisser quelqu'un dans les ennuis. Et tout dépend de ce qu'on me demande.

— Il faudrait que chaque fois que je suis en mission, je puisse venir me changer chez toi.

— Chez moi ?

— Ça éviterait d'éveiller la curiosité de ma tante. Je ne te demande pas grand-chose. S'il te plait !

— D'accord, soufflais-je. Mais tu viendras seulement te changer.

Je me lève et pars chercher quelque chose dans une boite métallique qui est sur le buffet et prêt de la porte d'entrée. J'en sors une paire de clefs grises et reviens vers lui avant de les lui tendre.

— Tiens, je pense que ça te servira.

— Merci beaucoup, tu me sauves la vie. Ça sera juste le temps que May oublie un peu.

— Tu comptes rester là ou tu vas t'en aller ce soir ?

— Il faut que j'aille me renseigner sur cette affaire. Je reviendrais plus tard dans la soirée.

— Faut que je prévoie un diner pour toi ?

— Non, ne prend pas autant de peine pour moi, je mangerais chez moi en rentrant.

— D'accord !

Il me lance un sourire avant d'enfiler son costume et de sortir à la recherche de ce criminel qui se fait passer pour lui et qui salit son image.

Il est 2 heures du matin lorsque je rentre, j'ai eu une soirée improvisée avec l'équipe de mon travail. Mon patron a pris le temps de me raccompagner jusqu'en bas de chez moi. Je ne savais pas si Peter était encore là, alors je ne pouvais pas me permettre de l'inviter à boire un verre et puis j'étais fatiguée de ma journée. Je le quitte devant la porte d'entrée de l'immeuble et monte chez moi. J'avais vu juste, Peter s'était écroulé sur le canapé de mon salon. Je ne lui avais pas autorisé ce genre de comportement. Je pense que demain il faudra que je lui dicte quelques règles de bonne conduite qu'il faudra qu'il respecte.

Je fais pas mal de bruit, mais rien ne semble le perturber dans son sommeil qui parait agité. Je le vois se retourner plusieurs fois. Lorsque je me mets près de lui pour poser une couverture sur lui, je l'entends marmonner. Je ne suis pas sûre que ça soit des rêves. C'est alors que je remonte à peine la couverture jusqu'à ses épaules qu'il se réveille brutalement et m'attrape par la gorge, le regard menaçant. La dernière fois que j'ai vu ce regard, la personne avait perdu les pédales. Et je l'aimais.

— Tu es en train de m'étrangler, bafouillais-je en sentant le sang se couper au niveau de ma gorge et ma tête devenir chaude.

Il continuait de le faire, jusqu'à ce qu'il se rende compte de ce qu'il était en train de me faire.

— Je suis désolé, je ne vouais pas ! Je ne voulais pas !

Il se lève du canapé et sort en courant de mon appartement. Je reste sous le choc, assise sur le sol près du canapé, et reprenant petit à petit ma respiration. Je ne sais pas quel cauchemar il était en train de faire, mais il devait être beaucoup trop réel pour lui, pour en arriver jusque-là. J'avais du mal à croire ce qu'il venait de se passer. Il allait me falloir du temps avant de reprendre un esprit clair et un avis net sur Peter. Depuis que je connais son secret, je ne l'ai jamais vu comme ça.

Ma nuit est très courte, je passe la plupart du temps à me rappeler cette horrible scène. Pendant une fraction de seconde, je m'étais demandée si ce n'était pas sa doublure méchante qui était ici, mais c'était impossible, seul Peter avait les clefs de mon appartement.

Je ne vous cache pas non plus que toute la journée, j'étais distraite. Je ne savais plus où donner de la tête, je faisais souvent des erreurs en caisse et Charlie le ressentait. Il m'avait proposé de partir plus tôt, mais je ne pouvais pas.

Lorsque je pars de mon travail, je n'ai qu'une seule idée en tête. Rendre visite à Peter pour tenter de comprendre la situation.

Quand j'arrive enfin devant chez lui, après avoir eu le temps de voir passer dans ma tête mille et une questions que je désirais lui poser, je frappe à la porte, faisant de mon mieux pour les retenir toutes, mais c'était impossible. May est sur le point de s'en aller lorsqu'elle m'ouvre. Elle avait son manteau sur elle et son sac à main en bandoulière sur son épaule.

— Je suis désolée de ne pas pouvoir rester, je suis déjà en retard, Liz.

— Ça ne fait rien ! Peter est dans sa chambre ?

— Oui, il n'est pas sorti de là de toute la journée. Je ne sais pas ce qu'il a, je me demande si la mort de Gwen ne le perturbe pas encore.

— Surement… Passez une bonne soirée en tout cas, May !

— Merci, toi aussi.

Elle sort tandis que moi je rentre et marche rapidement jusque vers la chambre de Peter. Je baisse la poignet de la porte, et elle n'est pas verrouillée. La chambre n'est pas éclairée, les rideaux sont fermés. Je peux entendre la voix de Peter répéter sans cesse « Je ne voulais pas ». Je le cherche du regard, il est assis sur son lit, contre le mur de la pièce. Il se balance et cache son visage dans ses bras. Je ne sais pas ce qu'il l'a mis dans cet état. Je n'avais pas envie qu'il devienne fou à son tour. Je ne cautionne peut-être pas tout chez lui, mais je ne peux pas le laisser dans cet état d'esprit. J'ai déjà perdu beaucoup trop de personnes. Je m'approche vers lui et tends ma main vers son visage pour le toucher. Il recule et se cale dans un autre coin de la pièce. J'allais avoir du travail pour le remettre sur pieds. Je suis persuadée qu'il ne voulait pas agir de la sorte. Je le rejoins en dessous de la fenêtre et m'accroupis en face de lui.

— Je… Je ne voulais pas…, poursuit-il.

— Je le sais, sinon je ne serais pas là ! Quel cauchemar as-tu fait pour qu'il te mette autant dans cet état ?

Il arrive à lever la tête et à me regarder. Ses yeux étaient épuisés par la tristesse qu'ils contenaient. Mais je remarquais également à l'intérieur de ses yeux. Je l'ai déjà vu dans ceux d'Harry. Je place une main sur sa tête et la lui caresse, il allait évidemment rejeter mon geste, mais il n'en fit rien. Au contraire, on dirait que ça l'apaisait. Il m'a souvent réconforté, alors je pouvais au moindre lui rendre ce service, et je n'aime pas le voir comme ça. Il me prend la main et la serre le plus fort possible dans la sienne sans forcément me faire mal. Je sens les lèvres chaudes de Peter embrasser ma main. Je ne réagis pas, mais un long frisson me parcourut le dos.

— Qu'est-ce que tu as vu Peter ?

— Mon… mon… double ma…maléfique, balbutia-t-il tant bien que mal.

— Je crois surtout que tu prends cette histoire bien trop au sérieux. C'est juste un rigolo qui veut t'imiter, mais en mal.

— Tu… tu… tu n'y es… pas ! Je... je me suis vu dans ses yeux.

— Que veux-tu dire ?

— J'ai… J'ai réussi à l'attraper pendant quelques minutes… Nous… nous sommes battus. C'est… c'est là que je me suis vu ! En croisant son regard.

— Ne te focalise pas sur lui, ça n'est qu'un imitateur.

— Mais j'ai peur de te faire à mon tour du mal. J'ai bien failli le faire hier.

— Ce n'était qu'une erreur Peter. Je sais que tu ne me ferais jamais de mal !

— J'ai comme n'importe quel super héros un côté obscur que personne ne voit.

— Mais tu peux le combattre chaque jour. C'est comme qu'ils le font non ? Ne te laisse pas submerger par la peur.

— Toi aussi tu as peur…, affirme Peter en prolongeant d'avantages son regard.

— Peur ? De quoi ?

— De moi, répond-il avec une sincérité déconcertante.

— Je… Je n'ai pas peur de toi, mentis-je, surprise.

— Si, je le vois bien. Tu m'évites.

Je finis par m'asseoir, commençant à avoir les genoux qui s'engourdissent. Je retire ma main de l'emprise de Peter et les positionnent sur mes genoux qui étaient rapprochés.

— Je ne veux plus souffrir, rien de plus.

— Parce que tu penses encore que tout est de ma faute ?

— Non…

— Ne me ment pas ! Ça se voit ! Sinon tu n'agirais pas différemment avec moi chaque fois que nous nous voyons.

— Arrête de dire ça. Je te l'ai dit. Je ne veux juste plus souffrir. J'ai déjà perdu beaucoup de monde d'un coup. Je ne veux plus que ça se reproduise.

— En t'éloignant de moi, tu me perds de plus en plus chaque jour. Je n'ai jamais voulu que tout cela n'arrive. Que tu vives ça. Tu ne peux pas savoir à quel point tous les jours je regrette ce que nous avons vécu. En rejetant la faute sur moi, et me remémorant toutes ces scènes, je me demande parfois si je ne suis pas dans le fond réellement méchant. Que ce Spider-Man imitateur essaie peut-être de me faire passer ce genre de message.

— Tu ne l'es pas pourtant.

— Alors pourquoi rejettes-tu tout cela sur mes épaules ? La seule chose que je regrette c'est de vous avoir dévoilé mon secret à toi et à Gwen. Mais quand on regarde de plus près cette histoire, nos parents sont les plus fautifs.

— Et pourquoi t'intéresses-tu maintenant à moi ? À l'époque tu te foutais royalement de ce que je pouvais ressentir.

— Je l'ai déjà dit. Je ne voulais pas blesser Harry. Notre amitié était bien plus forte à tous les trois. Mais tu ne te poses pas les bonnes questions. Toi non plus ça ne t'a jamais empêché de sortir avec d'autres garçons. Pourtant tu m'as aimé. C'est un peu comme un cercle vicieux.

Cette phrase me cloue un peu la bouche. Il avait en partie raison, c'en était frustrant.

— Je ne te cache pas que ça me blesse de voir que tu aimes un fou qui veut ma peau.

— Visiblement je semble attirer les fous, chuchotais-je de façon audible.

— Pourquoi dis-tu cela ?

— Parce que toi aussi tu n'es pas devenu fou ? À te demander si tu n'es pas méchant. À te questionner sur ta propre personnalité parce que tu aurais un jumeau maléfique dans la ville ?

— Je me pose simplement des questions. Surtout après ce que je t'ai fait hier.

— Je te le rappelle, ce n'était qu'un accident. Sauf si tu avais vraiment envie de me tuer, là je peux en effet me poser des questions.

— Je n'en avais pas l'intention. Ça m'a vraiment pris de court. De me revoir en train de combattre cet imitateur, m'a bien chamboulé.

— Il faut pourtant te ressaisir. Je n'ai plus envie de te retrouver dans cette situation de crise.

— J'aimerais au moins que nous redevenions amis. J'en ai marre de me disputer avec toi !

— Il me faut encore un peu de temps.

— Par rapport à hier ?

— Pas spécialement. Surtout à cause de tout ce qu'il y a eu.

— Tu vois, tu rejettes encore la faute sur moi.

— Ne m'en veux pas pour ça s'il te plait ! Comprends-moi !

— Comment ne pas t'en vouloir ? Surtout que j'ai fait de mon mieux.

— C'est difficile à expliquer ! Mais regarde-moi bien dans les yeux, Peter.

Il hésite un instant avant de le faire. Nos regards se fixent une nouvelle fois et nous le prolongeons.

— Ne te crois pas méchant parce que quelqu'un t'imite et fait croire aux autres que tu l'es.

Je me remets sur mes pieds et il me prend par la taille avant de coller sa tête sur ma hanche. Je n'ai pas le souvenir d'avoir vu Harry agir de la sorte comparé à Peter. Harry avait beaucoup plus confiance en lui. C'est peut-être ça qu'il l'a fait devenir ce monstre. Trop de confiance en soit peu parfois tuer. Mais le manque de confiance peut aussi vous faiblir.

— Relève-toi Peter. May et moi savons qui tu es vraiment. Pense à ça !

Je me détache de lui et me dirige vers la sortie. Je me fais rattraper par Peter qui m'empêche de m'en aller en prenant mes doigts. Je lui fais face. Il est plus calme qu'il y a quelques minutes et je revois un garçon un peu plus déterminé, mais toujours aussi effrayé par ses cauchemars.

— S'il te plait, reste !

— Je ne sais pas si c'est une bonne idée.

— Seulement ce soir.

— Juste cette nuit !

— Juste cette nuit ! répète-t-il tel un perroquet. Mais je pouvais voir dans ses yeux une petite lueur de soulagement.

— Je vais dormir en bas alors. Dans le salon.

— Tu peux dormir dans…

— Il ne vaut mieux pas.

— D'accord, si tu préfères.

Il m'aide à m'installer en me donnant couverture et oreiller. Une fois que je suis posée comme il faut, il me laisse et je me retrouve seule dans le salon.

Plus tard dans la nuit, je ne trouve pas le sommeil. Je regarde la télévision, mais je suis lassée de ce que je vois. Même les reportages sur la nature ne m'aident pas. Je suis en train de repenser à notre conversation. La tournure dont notre amitié à prise. Je ne m'attendais pas à subir autant dans ma vie. Je me plaignais souvent avant de beaucoup de chose sans importance alors que d'autres souffraient bien plus que moi dans le monde. Maintenant que je faisais partie de ceux-là, je comprenais les sentiments qu'ils ressentaient. Mais j'ai encore la chance de pouvoir être nourrie et logée. J'ai aussi un manque à combler que je ne peux plus trouver avec Harry et mes parents qui ne sont plus là.

Je dégage la couverture, éteins la télévision et monte. Je me retrouve devant la chambre de Peter fermée. Une porte est entre lui et moi, mais un manque est bien présent. Un manque que je n'arrive pas à contenir et que personne ne peut me donner. Je me sens tellement seule et ridicule ce soir. Y a tellement chose que j'aurais voulu effacer et tout recommencer. Si j'avais le pouvoir de remonter le temps, je me serais donnée à cœur joie de pouvoir modifier le temps. Je me demande aussi ce qu'il se serait passé si personne ne s'était quitté.

Je souffle pour prendre une dose de courage et ouvre doucement la porte. Il ne dort pas non plus. Il était juste en train de regarder le haut de son costume, plus précisément sa tête. Il tourne son regard vers moi. On aurait presque cru qu'il était certain que je viendrais. Je me fais sûrement des films. Mais aucun mot ne pouvait décrire ou dire ce que nous ressentions en ce moment même. Il pose le haut de son costume sur la table de chevet puis de sa main, il soulève la couette, laissant apparaitre ses jambes et un espace sur son lit à ses côtés. Je ne doute pas un seul instant de mon geste et me jette volontiers dans la gueule du loup qui se referme sur moi. Il m'encercle dans ses bras. Sa chaleur humaine m'enivre et me porte vers un autre monde. Je ferme les yeux et me fais bercer par ses caresses dans mon dos.