Chapitre 5

Je vous rassure, nous n'avons rien fait. Nous sommes simplement restés là l'un à côté de l'autre, nous frôlant parfois et nous rapprochant, mais sans acte final. Je crois que nous avions juste besoin de tendresse. Je viens d'ouvrir les yeux et je ne vois personne autour de moi. J'en conclus à l'odeur arrivant jusqu'à mon nez qu'il est probablement dans la cuisine. Je sors du lit une fois que je suis sûre d'être bien réveillée, j'ai regardé un peu l'actualité sur mon téléphone, mais pas grand-chose. Le Spider-Man méchant n'a pas refait de bêtises. J'avais mis une chemise qu'il m'a filée la veille histoire que je puisse rester un minimum couvert. Je descends en bâillant et me recoiffant et rentre dans la cuisine. Je remarque que Peter n'est pas seul et que May est rentrée. Je ne sais pas comment elle fait pour avoir le courage de préparer le petit-déjeuner pour son fils alors qu'elle a déjà travaillé toute la nuit. De plus, il est assez grand pour faire la cuisine tout seul. Elle se retourne lorsqu'elle m'entend arriver et dire bonjour. Elle me lance un grand sourire et me dévisage de la tête aux pieds. Évidemment, tout le monde comprend la situation. Mais May a parfois une très grande imagination.

— Ce n'est pas ce que tu crois tante May, voyant le comportement de cette dernière. Je lui ai juste prêté un t-shirt.

Je me mets à rire. Parfois May était très drôle quand elle soupçonnait à tort et à travers son neveu. Elle n'a jamais vraiment eu de tabou. Je l'admire rien que pour ça. Ça n'était pas le cas pour mes parents. Mon éducation était totalement différente de celle de Peter. Ce dernier se sentait quelque peu mal à l'aise.

— Arrête, tu ne vas pas me faire croire qu'elle n'a fait que dormir ?

— Pourtant c'est vrai ! Dis quelque chose Liz.

Je déteste quand on me mêle dans une conversation de ce genre. Parfois j'ai envie de mentir et de jouer à un petit jeu, parfois je n'ai pas envie de répondre tout simplement. Mais l'embarras se lisait sur le visage de Peter.

— Il n'y a rien eu May. Je peux te le confirmer !

— Ces jeunes, marmonne-t-elle en retournant à son occupation.

— Tu ne devais pas être couchée après une nuit de travail ?

— Si, mais j'avais faim, et Peter c'est levé entre-temps. Du coup ça m'a donné une raison de plus pour faire à manger.

Je souris à sa réponse et une fois qu'elle termine nous mangeons ensemble. Bien sûr, May ressent la fatigue et lorsqu'elle termine et qu'elle range son assiette elle s'excuse de devoir nous laisser pour aller se reposer. On ne peut pas lui en vouloir. Nous terminons tous les deux. Mon téléphone vibre, je reçois un appel de mon chef. Je suis quasi sûre de savoir pourquoi il m'appelle. Je sais qu'il travaille aujourd'hui. Je décroche. Il m'annonce qu'il y a une soirée importante ce soir et que lui est invité. Qu'il y aura plein de sponsors et d'investisseurs ! Je pensais qu'il m'appellerait pour aller faire des heures supplémentaires. Au final, il me demande d'être sa cavalière de soirée parce que celles qu'il connait ne sont pas accessibles ce soir. Soit elles sont avec leurs petits copains ou ont déjà quelque chose de prévu. Je lui sauve en quelque sorte la vie. J'hésite, je ne sais pas trop quoi faire. Ça se voit et ça s'entend dans ma voix.

— Qu'est-ce qu'il y a ? me demande Peter désireux d'en savoir plus.

Je finis ma conversation par une acceptation de ma part une fois que j'ai toutes les informations sur le départ avant de me rendre à cette soirée, je raconte tout à Peter. En guise de réponse, il me balance simplement un « hummm » et un haussement d'épaules. Je le regarde d'un air interrogateur et il finit par se lever et débarrasser. J'en fais de même.

— Tu me fais la tête parce que je suis invitée à cette soirée ?

— Non, tu fais ce que tu veux. Fais seulement attention à toi.

— Je pense que rien de pire ne peut m'arriver maintenant, tu ne penses pas ?

— Il ne faut jamais dire ça. Il y a toujours pire.

— Comme quoi ?

— Te perdre définitivement.

— Je sais que toi et moi avons perdu beaucoup de gens en si peu de temps. Mais je ne compte pas m'arrêter de m'amuser. Je viens à peine de retrouver le moral et mes ambitions. Et je pense que le danger est écarté de toute façon. Harry est en prison. Je ne vois donc pas ce qu'il pourrait y avoir de pire.

Je voyais bien qu'il allait répondre quelque chose, mais qu'il s'empêchait de le faire.

— Quoi ? demandais-je.

— Rien, laisse tomber !

Il monte, je continue de le suivre dans ces mouvements. De toute façon, je n'ai pas le choix puisque je dois aller me changer aussi. Parfois je ne comprends pas les hommes, ils ont des réactions bizarres et changent aussi vite d'humeur que nous les femmes, même s'ils ne veulent pas l'assumer. Nous nous sommes ainsi naturellement. Je rentre derrière lui dans sa chambre et prends mon sac. Il me zieute juste avant de passer par la case salle de bain. May est couchée, nous ne l'avons pas entendu depuis. Je me douche rapidement, puisque le plus gros se fera chez moi, je n'ai pas tout le matériel pour ce soir.

Peu de temps après, je retourne voir Peter qui est dans sa chambre, assit, les mains liées et les coudes sur les cuisses, il semble réfléchir.

— À quoi penses-tu ?

— À tout et à rien à la fois.

— Réponse vague, comme toujours ! Quand est-ce que tu finiras par me dire vraiment ce qu'il te tracasse ?

— Je l'ai déjà fait, et au final ça n'a pas marché.

— À quel moment ?

— Pourquoi tu casses toujours l'ambiance ?

— Ce n'est pas forcément méchant.

— J'aimerais bien qu'un jour on arrête de se disputer pour un rien.

Je ne sais pas quoi lui répondre, je me suis habituée à cette ambiance, même si cela ne m'amuse pas d'agir ainsi. Mais quelque chose bloque entre lui et moi, je ne saurais vous dire la raison précise. Je mets mes chaussures et mon manteau. Je le quitte en l'embrassant sur la joue. En sortant de chez Peter, celui-ci met son costume, le camoufle sous un long manteau et me suit sans que je ne m'en aperçoive.

Je suis prête, je ferme mon appartement, Charlie m'attend en bas en voiture. Je me dépêche de le rejoindre. Notre soirée se passe dans un grand hôtel new-yorkais. Ils aiment faire leur grande soirée là-bas. Nous nous garons plus loin, mais marchons vite pour ne pas être trop en retard. J'ai eu le droit à quelques compliments sur ma tenue, bien évidemment. J'ai été touchée, comme toujours. Je commence un peu à m'habituer aux talons, même si je n'aime pas en mettre. Ça finit par me faire mal aux pieds en fin de soirée. Nous rejoignons quelques collègues qui se trouvent dans la file d'attente. Derrière nous, ça se remplit également. Une certaine agitation se montre, au bout de plusieurs minutes. Une rumeur arrive jusqu'à nos oreilles, comme quoi Spider-Man serait ici. Je fronce les sourcils, mais reprends rapidement une expression neutre, personne ne doit savoir que je le connais, mais s'il est bien là, une petite discussion avec lui doit avoir lieu.

— Je ne savais pas que Spider-Man était invité, fit avec étonnement Charlie. Quelqu'un le savait ?

Personne ne le savait…

— Peut-être, nous ont-ils voulu faire une surprise, répond une de nos collègues. En tout cas j'ai hâte de le voir en vrai.

— Je pensais que Spider-Man était méchant, constate Charlie.

— Je ne pense pas, à mon avis celui qui fait des conneries n'est qu'un petit rigolo qui veut se faire passer pour lui, le défendit-elle à ma plus grande surprise.

— Et toi, qu'en penses-tu Liz ?

— Aucune idée.

Je préférais taire mon opinion sur ce genre de débat. On a tous nos avis différents et je n'ai pas envie de parler d'un sujet dont la discussion peut être à sens unique si chacun campe sur son avis.

Nous entrons enfin dans le grand hôtel. Un photocall et des journalistes s'y trouvent. J'ai remarqué qu'ils aiment immortaliser les soirées importantes comme celles-ci dès que nous posons un pied dedans. Je me souviens de la soirée que j'ai faite lorsque je suis arrivée avec Oscorp, c'était quelque chose. Nous sommes obligés apparemment de nous faire prendre en photo avec Spider-Man. Trois collègues à nous passent avant nous et posent avec grande joie autour du tisseur de toile. C'est autour de nous.

— Vous êtes ravissantes, mademoiselle, complimente Spider-Man.

Je me sens gênée face à cette situation.

— Attention, cette jeune femme est déjà avec moi, déclare fièrement Charlie. N'en profitez pas trop !

Ce qui n'était pas vrai. Je ne comprends pas pourquoi il lui a sorti cela. Sûrement par protection. Mais il n'aurait pas du. Je ne lui appartiens pas.

— Pardon monsieur, marmonne sous le ton de la rigolade Spider-Man, même si je ne connaissais que trop bien ce ton ironique. Faites un sourire !

Ce que nous fîmes immédiatement. La photo prise, Charlie s'empresse de mettre un bras autour de ma taille et de me pousser vers la salle principale de la soirée. Je jette un regard vers Peter et je finis par ne plus le voir. Je stoppe Charlie dans sa démarche avant que nous retrouvions les autres pour mettre au point quelques petites choses.

— Je sais de quoi tu vas me parler, soupire-t-il.

— J'attends…

— Je n'ai pas envie que ce super héros te drague. Je suis sûr qu'il n'en a que faire et qu'il peut avoir tout ce qu'il désire grâce à son costume. Dont les femmes.

— Mais ça ne te donne pas le droit de lui dire ça. C'était juste un compliment ! Nous ne sommes pas ensemble et ne le serons jamais, est-ce bien clair ?

— Absolument, ce n'était vraiment pas dans cette attention-là que je l'ai fait.

— Bon, au moins, les choses sont claires.

Nous retrouvons à la suite de cette discussion les autres, qui étaient déjà en train de siroter leurs cocktails. Charlie m'a expliqué en chemin que le but de ce genre de soirée, c'est de se faire de nouvelles amitiés pour l'avenir de l'entreprise. Je ne connaissais pas ce principe de soirée. Pourtant il semble y avoir plein de célébrités. Peut-être qu'ils sont là parce qu'ils adorent la cuisine.

J'étais en train de discuter avec mon groupe, lorsqu'un homme vient et s'intègre avec nous.

- Vous êtes bien Lizzle Hubble ? me questionne-t-il.

— C'est moi ! À qui ais-je l'honneur ?

— Je suis Joseph Robertson. Je suis directeur du Daily Bugle.

— Je vous connais de réputation. Mais pourquoi venir me voir ?

— Je me souviens du gala de charité de septembre où vous avez fait sensation. Et que vous écrivez de très bons articles chez Oscorp. J'ai aussi lu votre blog.

— Je n'ai plus trop le temps d'écrire en ce moment. Mais j'ai encore des idées qui me trottent dans la tête.

— Ça vous dirait d'écrire pour moi ?

Je suis un peu sur le cul. On me propose un job de journaliste, là, et devant mon patron et mes collègues. Je commence à peine à m'intégrer et je suis nouvelle chez eux. Ça me met mal à l'aise. Mais je ne peux pas louper cette opportunité. J'espère vraiment qu'ils me comprendront. Même mes collègues ont la bouche ouverte.

— Qu'est-ce qu'il vous plait dans mes articles ?

— Votre style d'écriture, vos sujets. J'ai moi aussi des idées de sujets pour vous.

— Disons que c'est compliqué de vous donner une réponse, là, maintenant.

— Vous pouvez me la donner la semaine prochaine si vous voulez. Je vous donne ma carte.

Il me la tend et me rappelle de ne pas oublier sa proposition. Ça ne risque pas. Il nous sourit avant de s'en aller. Je vois déjà le changement de réaction sur le visage de mon patron qui devient pâle.

— Tu ne vas pas refuser j'espère ? me lance ma collègue qui défendait Spider-Man.

— Il faut que je réfléchisse, soufflais-je.

— Attends, c'est un journal réputé quand même. Charlie, dis-lui.

— C'est la seule qui prendra la décision de toute façon.

La soirée marchait plutôt bien, j'allais peut-être avoir la chance de décrocher un vrai emploi et dans le domaine que je convoitais le plus. J'allais pouvoir reprendre du service, mais j'étais peinée aussi de devoir leur annoncer ma future décision.

Charlie et moi sommes les premiers du groupe à partir, la fatigue se faisant ressentir. Je n'ai pas recroisé Peter même s'il a plusieurs fois été entendu jusqu'à la salle. Nous sortons, il fait froid dehors, nous sentons bien que l'hiver s'approche à grands pas. Je resserre mon écharpe pendant que nous empruntions une ruelle sombre et calme pour récupérer la rue où Charlie avait garé la voiture. Nous sommes à quelques mètres de la sortie, lorsqu'un homme costumé en Spider-Man. Je pouvais percevoir dans le regard de cet homme-araignée un regard que j'avais déjà vu il y a peu et qui m'avait effrayé. Je comprends que Peter puisse être jaloux de l'homme qui m'accompagne, mais il n'a pas à nous bloquer le chemin. Je ne peux malheureusement pas réagir face à ce comportement, sinon Charlie découvrirait que je connais Spider-Man et je ne pense pas que Peter soit d'accord. En moins d'une minute, Charlie se retrouve au sol, le nez en sang et un cri sortirent de ma bouche, voyant le bras de Peter me couper le souffle.

— Qu'est-ce que tu fais Peter, murmurais-je difficilement.

— Laisse là partir, tu entends, sinon…

— Sinon quoi ?

Je suis sûre que son option était d'appeler la police. Mais une autre option se montra.

— Sinon je m'occuperais de toi, dit un autre Spider-Man, sous les yeux médusés de Charlie.

Cette fois, aucun doute, je n'étais pas avec le bon super héros. En reculant, celui qui me tiens m'étouffe un peu plus, car il resserre sans le voir son bras contre ma gorge. Je n'ai vraiment pas de chances, les ennuis finissent toujours par venir jusqu'à moi, même quand je ne fais rien, je suis peut-être maudite.

— Relâche là, répète Charlie, se relevant, mais ne pouvant pas avancer plus sous les ordres de Peter.

— Elle est très bonne ta blague, se moque l'imitateur.

Il veut faire quelques pas vers son sosie, mais celui-ci recule. Je suis obligée de suivre le même mouvement. Mais je constate que son costume n'est pas fait de la même matière, il a l'air bien plus léger que celui de Peter. Une idée de génie passe dans ma tête et en une seconde j'ouvre grand la bouche pour lui planter mes dents un bras. Il hurle, ça marche, mais j'ai mal aussi à mes pauvres petites dents. Par moyen de défense, il me dégage en me giflant pour me rendre le geste. Je tombe à terre sous la violence de cette baffe, mais reste consciente. Je suppose que demain j'aurais un magnifique bleu. Mes collègues me poseront une multitude de questions pour connaitre la vérité.

Peter sentit son sang chauffer, après avoir desserré les points, il se jette sur cet usurpateur afin de lui régler son compte.

— Partez, nous hurle Peter.

J'ai envie de l'aider, mais je sais que je ne lui serais d'aucune utilité, je ne ferais que de le ralentir. Je me contente de suivre Charlie. Nous prenons un chemin plus long, en passant par la grande avenue fréquentée encore à cette heure tardive pour rentrer dans la voiture. Une fois à l'intérieur, nous nous enfermons à fond pour nous protéger. Je remets correctement mes vêtements et mes cheveux. Charlie approche sa main vers mon visage, mais je le recale.

— Je voulais seulement voir si ta joue allait mieux.

— Désolée. Ça ira, ne t'en fais pas.

— Il t'a quand même bien frappé !

— Ça passera, d'ici une semaine je n'aurais plus rien, le principal c'est que je n'ai rien de cassé.

— Je suis désolé que cette soirée se termine aussi mal.

— Tu n'y es pour rien. Je pense surtout que c'est moi qui attire les ennuis.

— Je ne pense pas. On est allé au mauvais endroit, au mauvais moment ! Heureusement que le vrai Spider-Man était là. J'espère vraiment qu'il l'enverra en prison.

— Du coup, tu as changé d'avis sur lui ?

— On peut dire ça… Si on rentrait ?

— Je suis d'accord.

— Tu veux que je te raccompagne ?

— J'aimerais bien, s'il te plait.

Une fois qu'il m'est ramené jusqu'en bas de mon immeuble, je lui dis au revoir, préférant monter seule et ne pas donner suite à une quelconque discussion autour d'un café. Je suis vraiment épuisée, et il faut que je soigne cette blessure qui me fait un mal de chien. J'imagine déjà le pire pour demain. Je ne pourrais même pas dormir sur ce côté-là. Arrivée chez moi, je ferme bien derrière moi et je précipite directement dans la salle de bain après avoir balancé mon manteau et mon sac sur le canapé du salon. J'attrape ma joue avec mes doigts et l'examine de plus près.

— Je vais être belle tien lundi au boulot. Comment je vais l'expliquer au directeur du Daily Bugle si j'accepte sa proposition ?

J'aime parfois parler toute seule, ça me détend. Je sors la trousse de secours qui se trouve dans le placard. Je sors une pommade blanche et recouvre mon bleu avec. Je grince des dents et grognes intérieurement. La douleur commence déjà à se faire sentir chaque fois que je la touche. Mes premiers soins terminés, je me dépêche de me mettre en pyjama et de me coucher.

Plus tard, dans la soirée, je réponds aux SMS de Charlie qui m'assure qu'il est bien rentré chez lui et que je vais bien quand quelqu'un frappe chez moi. Paniquée, je prends mon temps pour répondre. Je n'ai pas l'habitude de recevoir de la visite à une heure aussi tardive. Je préfère prendre mes précautions. Je regarde dans l'œil du diable et vois Peter. Je l'ouvre, rassurée qu'il soit vivant lui aussi. Il s'était habillé en civile, pour ne pas se faire voir et pour montrer que c'était lui.

— Tu as réussi à le battre ?

— Non, il a presque les mêmes pouvoirs que moi. Je ne sais pas comment c'est possible.

— Je suis sûre que tu vas y arriver. Tu as bien battu Electro et le rhino et pleins de délinquants.

— Mais là c'est différent. Et on n'en sait pas plus sur lui.

— Il ne t'a rien dit ?

— Rien du tout.

En vérité, son sosie avait dit quelque chose qui continuait de lui traverser l'esprit, mais il ne voulait pas m'inquiéter, il voyait que je l'étais déjà assez en cette fin de soirée et désirait seulement voir que j'allais bien. C'est le premier mensonge qu'il a envers moi depuis que nous nous sommes retrouvés. Je me tortille les doigts tout en gardant le silence jusqu'à ce que je décide de continuer la conversation.

— Est-ce que tu veux rester cette nuit ?

— Tu en es sûre ?

— Oui. Je me sentirais plus en sécurité jusqu'à demain si tu es reste.

— D'accord. Je ne te cache pas que je n'aurais pas trouvé le sommeil de la nuit si je ne te savais pas vraiment en sécurité. Et ton rencard ?

— Mon rencard ?

— Ce gars qui était avec toi !

— Ce n'est que mon patron. Il a simplement voulu faire une blague. Mais il n'y a rien et il ne m'intéresse pas. Et toi ? Pourquoi es-tu venu ce soir ?

— Pour te sauver.

— Pas que… je sais très bien que tu étais là pour m'espionner à propos de Charlie.

— J'ai bien fait apparemment, répondit-il pendant que je lui sourirais à cette réponse.

— Tu as de quoi te changer demain ?

— Non, mais je m'arrangerais ne t'inquiète pas.

— D'accord. Installe-toi alors. Je vais me coucher. Je suis morte de fatigue.

Il me fait un signe de la tête et je retourne dans la chambre. Alors que Peter venait de poser ses affaires, il rentre dans ma chambre. Je ne dis rien et le laisse faire. C'était prévu pour moi qu'il ne dorme pas dans le canapé ce soir. Je ne pouvais pas lui refuser ça après qu'il m'ait sauvé la vie ce soir. Mais ça ne veut pas dire qu'il se passera quelque chose. Il se pose sur le bord de mon lit et je m'assois tout en prenant le temps de le regarder en train de retirer ses vêtements. Au fur et à mesure qu'il les retire, lorsqu'il se retrouve tors nu, des bleus et des griffes se dessinent sur sa peau. Je me mets alors sur les genoux, face à son dos, pendant qu'il retire ses chaussures et pose une main sur sa peau, et contourne les blessures de guerre en les observant. Je soupire.

— Tu les as faites ce soir ?

— Oui. Mais d'ici demain je n'aurais plus rien. Tu connais mes pouvoirs de guérisons.

— Mais sur le coup, ça doit faire super mal.

— Pas mal en effet.

Quand il est prêt, il me rejoint sous les draps, il a juste son boxer pour couvrir son corps.

— Est-ce que tu peux te mettre de l'autre côté s'il te plait Peter ?

— Pourquoi ?

— Je suis blessée de ce côté-là. Alors pour être face à toi ce n'est pas pratique.

— Tu n'es pas un peu chiante sur les bords ?

— C'est dans ma nature. Allez… S'il te plait.

Il ronchonne simplement pour se moquer de moi. Il change de place et se met face à moi. Je le remercie.

— Tu n'as pas trop mal toi ?

— Je souffre le martyre, mais ça va.

— Plus que la fois où tu étais torturée ?

— Non. Mais ce n'est pas le même niveau de douleur. Et toi, chaque fois que tu as ces blessures là, c'est les mêmes ?

— Oui, pour celles-là, mais les blessures venant du cœur est encore plus douloureux.

— Je te comprends, dis-je en marquant une nouvelle fois un temps avant de reprendre la discussion. Merci de m'avoir encore une fois sauvé ce soir.

— C'est normal. Même si je sais que tu allais m'engueuler parce que j'étais venue t'espionner.

— C'est pour ça que je n'ai rien dit.

— Pourtant, je voyais bien lors du photocall que tu voulais m'en parler.

— Ça me parait évident.

Je bâille, et lui lance un regard. Il me prend par la taille et me colle contre lui. Je fourre ma tête dans le creux de son coup et m'endors rapidement pendant que Peter lutte, à cause de ses blessures et de cette fameuse phrase que son sosie lui a dit avant de s'en aller.