Chapitre 7
Cela fait un mois maintenant que Peter et moi nous nous reparlons normalement et sortons régulièrement quand il n'essaie pas de traquer son clone. Mais ça fait aussi deux jours que je me sens traquer. J'ai même pu voir une voiture me suivre sur plusieurs lieux que je fréquente tous les jours. Par exemple à mon travail, parfois quand je sors dîner avec des collègues aussi. Je l'ai même aperçu à un moment donné quand j'étais avec Peter en train de me promener dans la rue pendant que nous faisions nos achats pour noël. C'est la cohue dehors. J'avais oublié comment New-York était magnifique avec ces décorations en cette période de l'année. Mêle si en Allemagne, Le temps est passé à une vitesse incroyable depuis que je suis arrivée ici en Septembre. Vous me direz, avec tout ce que j'ai vécu. Je n'ai d'ailleurs toujours pas eue la visite d'Harry depuis que nous avons su l'annonce. Peut-être m'a-t-il finalement oublié et est passé à autre chose. Je le souhaite.
Aujourd'hui, nous sommes le 6 décembre. Charlie et Peter me rappellent depuis la veille qu'ils sont impatients de venir chez moi parce que j'ai invité quelques amis pour fêter comme il se doit la St Sylvestre. Ils ont tout de suite bien sûr demandé à ce que je le fasse de la même manière que les allemands. Je vais devoir courir en rentrant du boulot. Exceptionnellement, Charlie m'a donné mon après-midi également pour que je ne prenne pas trop de retard.
Je suis en plein rush, à mon maximum de concentration parce que notre fast food est plein à craquer. Quand soudain, la vision d'une personne à ma caisse me tétanise.
- Tu ne me dis pas bonjour ? Dit la personne avec un large sourire.
Je regarde autour de moi, je ne suis pas la seule à avoir une longue file, et tout le monde est occupée. Charlie ne peut pas m'aider il aide en cuisine. Et les managers sont à la borne. C'est un coup à me faire ralentir.
- Tu commandes ou tu t'en vas Harry, ordonnais-je sèchement.
Je ne le voyais pas commander, je perdais patiente, et un client derrière cette personne commence à son tour à le montrer.
- Dépêchez-vous de commander monsieur je me crois tout permis parce que je viens de sortir de prison, râle-t-il sans gêne.
Je vois alors deux bras se poser sur le comptoir à côté de moi. Je lève la tête et voit Charlie arriver avec une protection sur ses cheveux. Je suis si on peut dire soulagée de le voir arriver enfin. Je pensais que j'allais devoir continuer ainsi pendant plusieurs minutes.
- Nous n'acceptons pas d'ex détenus ici monsieur. Et je vous interdis ennuyer ma collègue, affirme-t-il le regard dur.
- Pourtant ici nous pouvons venir comme nous sommes ! Votre pub le confirme. Donc c'est mensonger ?
- Dans tous les cas, soit vous commandez, soit vous partez avant que je n'appelle la police !
- Mon vigile se fera un plaisir de confirmer que vous m'avez mal traité et je ferais fermer votre restaurant, se défend-t-il à son tour tout en répondant au regard de Charlie.
D'un geste, il montre le vigile en costume qui se trouve à ses côtés. Il se décide enfin de commander et Charlie s'empresse de la faire. Il la prend sur place, je suis sûre qu'il le fait exprès. Il arrive même à s'installer de façon à ce que je puisse le voir déjeuner. Charlie s'excuse plusieurs fois de devoir me quitter pour retourner en cuisine, mais il m'aide à rattraper le retard dès qu'il peut. Je me suis moi aussi excusée au près des clients suivant pour ce problème. Mais j'ai eu la chance de les avoir de mon côté et ils comprenaient que je sois embarrassée.
Il est 14h. Et il est toujours-là. Charlie sait que je dois partir tôt. Il retire ma caisse et je pars la compter avec lui.
- J'aurais bien voulu t'accompagner jusqu'à chez toi, mais je suis obligée de rester toute la journée. Tu as vu comment c'était avec les managers aujourd'hui.
- Ça ne fait rien !
- Tu sais, ce n'est pas parce que tu étais son employée, qu'il doit venir t'embêter ici.
Je souris simplement à sa phrase. Je ne pouvais pas répondre plus étant donné que l'histoire est bien plus compliquée que ça. J'aurais aimé que tout soit si simple. Il prend la caisse et la range dans le coffre qu'il verrouille aussitôt. Puis il se tourne vers moi alors que je récupère mes clefs de mon casier et mon téléphone.
- Sinon, si tu veux je t'appelle un taxi !
- Ça devrait aller.
- Envoi-moi un SMS quand tu es rentrée. Comme ça je serais plus rassuré.
- Je note !
Je m'en vais dans les vestiaires pour me changer. Pour sortir du restaurant, je suis obligée de sortir par la salle. Et c'est en jetant un coup d'œil que je me rends-compte qu'il n'est plus là. Je ne suis plus du tout rassurée mais du coup mon envie de presser le pas est accentuée. Je peux y aller en métro, mais je peux aussi rentrer à pieds. Et comme je dois aller faire des courses, il faut que je marche. Je marche en direction du centre commercial, je dois prendre quelques raccourcies pour y arriver plus vite. Je passe par une rue moins fréquentée. Je suis obligée de passer par là. Même si mon instinct me dit de continuer sur le grand boulevard. Quand je vois le centre commerciale, je suis la plus heureuse du monde et remarque que je n'ai rien eue sur le chemin. Je souffle de soulagement et passe pas moins de trente minutes à l'intérieur.
…
Je reprends ma route, les mains remplit de sacs. J'aurais peut-être mieux fais de me faire livrer, je serais peut-être moins chargée. Je m'arrête à un feu rouge et une main m'empoigne le bras et je sens étrangement quelque chose dans mon dos. J'ouvre grand les yeux. Le feu passe au vert et les gens autour de moi, aveuglé par leur quotidien ne voient rien.
- Suivez-moi je vous pris mademoiselle, dit-il sur un ton très convaincant.
Je n'ai même pas besoin de savoir où cet homme m'emmène que quelques mètres plus loin, je vois une limousine noire aux vitres tintées garée. J'essaie plusieurs fois de montrer mon refus d'obtempérer, mais il continue de me forcer à y aller.
Une fois que je suis devant cette grande et luxueuse voiture, l'homme ouvre la porte et monte devant rejoindre le conducteur. J'entends les bruits de sécurité au nouveau des portes. Je suis coincée. Je n'ose même pas tourner la tête, en entrant j'avais aperçu le visage d'Harry. Seul ses jambes sont dans mon champ de vision. Je suis presque collée à la porte. Je n'ai pas oublié ce qu'il a fait. Je ne suis pas prête de lui pardonner. Heureusement que Peter a réussi à me rendre ma raison. Il donne mon adresse à son conducteur pour m'y déposer.
- Alors comme ça tu fais une petite soirée ce soir ?
- Qu'est-ce qui te fait dire ça ?
- Tes courses. Et tu n'es pas du genre à manger autant pendant une semaine.
- Je les ai fais pour un mois.
- Tu mens aussi bien que tu respires. Dis-moi d'ailleurs pourquoi tu n'es pas venu me voir ? Je t'ai pourtant envoyé des lettres d'autorisation de visite.
- Parce que je savais que tu finirais par sortir !
Je reconnais les rues. Nous nous arrêtons enfin en bas de chez moi. J'ai juste envie de m'enfuir mais je ne peux pas.
- Tu sais, tu peux me le dire que tu t'envoies en l'air avec Parker, me jette-t-il si brutalement à la figure.
Je tourne la tête, je suis complètement choquée par ses propos.
- Ne me regarde pas avec cet air là. Je sais tout.
- C'est toi qui m'a fait espionné ces derniers temps ?
- Fallait bien que je comprenne pourquoi tu ne venais plus me voir non ? J'ai toujours su que tu aimais les mauvais garçons.
- Pourquoi tu dis ça ?
- Allons, tout le monde est au courant pour tu sais quoi.
- Ce n'est pas lui ! Tu fais fausse route. Il est toujours aussi gentil qu'avant.
- Arrête de me raconter des conneries, répond Harry en posant une main sur ma cuisse la plus proche.
- Qu'est-ce que tu fais ? Râlais-je en dégageant sa main.
Devant mon refus, il me prend cette fois-ci la mâchoire avec force et il m'oblige à me rapprocher de lui. J'en ai le souffle coupé. Je sens la pression de ses doigts sur les joues.
- Je suis juste en train de te rappeler que tu m'appartiens quoiqu'il arrive. Ne l'oublie jamais ! Ce n'est pas lui qui m'en empêchera ! Déclare Harry en me relâchant. Maintenant va faire ta petite fête. Je te réserve notre petite surprise plus tard ! Tu devras choisir ton camp chérie.
La sécurité des portes retenti de nouveau le garde qui m'avait attrapé refait la même scène à l'envers. Je me retrouve sur le pallier de mon immeuble. La voiture s'en va au loin me laissant toujours aussi effrayée par les phrases de ce jeune Osborn. Certaines personnes passant près de moi se demandaient pourquoi je restais plantée là. Ça se lisait sur leur visage quand ils me dévisageaient. Je finis par rentrer chez moi tout en m'enfermant à double tour. Je prends mon téléphone et propose à May de venir m'aider étant donné que je l'avais invitée aussi. Elle accepte et me raconte que j'avais de la chance, car elle avait réussi à avoir sa journée.
…
19 heures, il faut que j'aille me préparer, je n'ai qu'une heure pour le faire. May a été très à l'écoute sur ce qu'elle devait faire et a tout fait comme il se doit. Elle a tout de même tenté de me demander pourquoi je semblais si distraite mais je faisais en sorte de rester vague dans mes réponses. Après 45 bonnes minutes, je suis enfin prête et les premiers invités arrivent. J'avais invité Charlie dont deux collègues féminines avec qui je m'entends bien au travail et Peter. Il ne manquait plus que lui. Je me tourne vers May.
- Peter n'était pas à la maison avec toi ?
- Non, il est sorti toute la journée. Et tôt ! Il ne devrait pas tarder à mon avis.
- Je l'espère.
- Qui est Peter ? Me demande Charlie.
- C'est un de mes amis d'enfance. May est de sa famille.
- Hum… d'accord !
1 heure plus tard, nous avons commencé à grignoter, et Peter n'est toujours pas arrivé. Je n'arrive pas à le joindre. J'ai peur qu'il soit tombé sur Harry ou qu'il soit parti à la recherche de son jumeau. Je vais dans la cuisine pour apporter quelques plats puis May arrive pour me soutenir dans ma tâche. Elle me répète plusieurs fois de ne pas m'inquiéter, qu'il a souvent été très en retard lors d'évènements. May part la première apporter des petits amuses-gueules et c'est autour de Charlie de venir me rendre visite. Il pose une main sur mon épaule.
- Tu m'avais dis que tu m'enverrais un SMS pour m'assurer que tu étais bien rentrée. Tu ne l'as pas fais.
- J'ai été faire des courses, et j'ai été prise par les préparations, mentis-je. Désolée…
- Je ne t'en veux pas. Je suis content de voir que tu n'as pas eu de soucis. Tu veux de l'aide ?
- Ça ira, merci. Et puis tu n'es pas au travail !
- L'avantage c'est qu'on ne fait pas de service à table.
On sonne à la porte. Je repose le plateau que je venais de prendre et part ouvrir. C'est Peter. Je ne peux pas vous dire combien de fois aujourd'hui j'ai été soulagée. Je me jette dans ses bras, montrant ma joie de le voir débarquer.
- Où étais-tu ? Murmurais-je.
- Je t'expliquerais ! Ne t'inquiète pas. Mais je suis là.
Je me détache de son emprise et je le présente à tous mes collègues. Quand il arrive au tour de Charlie, je vois son sourire de venir plus crispé mais il fait l'effort de le saluer quand même. Je me souviens de leur rencontre à la soirée dans laquelle nous avons été Charlie et moi. Peter n'avait pas spécialement apprécié le côté charmeur de mon directeur. Une fois les présentations faites, Charlie tape des mains.
- Vous ne savez pas la meilleure de la journée ? Commence-t-il par dire, alors que je sais parfaitement de quoi il va parler.
- Je vais me servir un verre, tu veux quelque chose Peter ?
- Je veux bien de la vodka s'il te plaît Liz.
Je file chercher nos verres, et quand je reviens pour donner le sien à Peter, que Charlie avait finit de raconter son histoire, je me rend-compte que finalement ce n'était pas le cas. Il m'attendait pour que j'écoute tous les détails croustillants.
- Donc, je disais, que nous avons eu une visite inattendue ce midi en plein rush.
- Tu veux parler de celui qui a été libéré il y a peu de prison ? Demande une de mes collègues.
- Oui !
- Vous voulez parler de Shane Raser ? Il a été libéré la semaine dernière, répond May.
- Non, je parle de Harry Osborn. L'ancien dirigeant d'Oscorp ! Il est venu à la caisse de Lizzle et il l'a ennuyé un petit moment jusqu'à ce que j'intervienne.
- Qu'est-ce qu'il a dit ? Questionne à son tour Peter, serrant plus fort son verre.
- Je n'ai pas pu entendre ce qu'il disait au début. Mais tout ce que j'ai compris c'est qu'il voulait l'embêter. Un de nos clients a voulu également le convaincre de partir parce qu'il gênait tout le monde. Je sais que Lizzle travaillait avec lui, mais ce n'est pas une raison pour faire ça.
- Est-ce qu'il l'a embêté après son service ? Continue Peter.
- Non, je sais juste qu'il a fini par partir au bout d'un moment.
Peter n'était pas vraiment heureux d'entendre ce genre d'information, il place un bras autour de ma taille et me rapproche un peu plus de lui.
- On ne touche pas à mes employés, fit Charlie.
Je me souviens de la dernière fois que j'avais entendu cette phrase. Harry me l'avait dit la fois où nous étions invités à un galas de charité et qu'il me défendait. Je ne me sens pas très à l'aise tout à coup.
- Et si nous passions à table ? Proposais-je afin de pouvoir changer de sujet.
Tous acceptent , je les installe et je m'empresse d'aller dans la cuisine pour commencer à ramener les plats. Cette fois-ci, c'est Peter qui souhaite m'aider. C'est visiblement l'endroit pour discuter ici. Je préférerais le faire à un autre moment.
- Tu comptais me le dire ?
- Pas maintenant, Peter, s'il te plaît.
- Je comprends mieux pourquoi tu étais contente de me voir quand je suis arrivé.
- J'avais surtout peur qu'il te soit arrivé quelque chose.
- Arrête, je sais très bien que tu me caches un truc mais que tu ne veux pas me le dire.
- Je veux juste qu'on arrête de parler de lui. Rien de plus.
- Si tu préfères…
Il s'en va sans rien prendre en échange, je sais que je l'ai vexé. Je reviens près d'eux pour tout leur apporter. Je ne voulais pas trop charger afin qu'ils puissent tous aimer et tout terminer.
…
La soirée se passe sans problèmes, ils ont apprit à se connaître sans trop rentrer dans l'intimité. Au dessert, je constate que tout le monde à le ventre remplit. Chacun me félicite de se succulent repas. Charlie regarde sa montre et annonce qu'il est temps pour lui de rentrer car il se lève tôt. Mes deux autres collègues le suivent. Il propose aussi à May de la raccompagner. Peter n'est pas contre mais il lui demande de faire bien attention à elle. Leurs manteaux sur leurs épaules, ils me disent tous au revoir et me remercient encore une fois.
- Je t'appellerais quand je serais rentrée Peter, affirme May pour le rassurer.
Il lui sourit puis je ferme enfin la porte. Je fais face à la table et imagine déjà le boulot que je vais avoir pour nettoyer toute cette vaisselle. Je me promets de la faire demain soir en rentrant du travail, j'ai la chance de ne pas commencer trop tard. Mais je prends quand même le temps de tout mettre dans l'évier. Je n'ai pas pour habitude d'inviter du monde chez moi, c'est une sensation très étrange. Peter me prête ses mains, ce qui me facilite la tâche. Et nous terminons plus rapidement. Derrière, nous partons nous coucher. Ce n'est que sous la couette que je trouve un peu de confort dans les bras de Peter.
- Alors, où étais-tu toute la journée pour que May ne te vois pas avant ce soir ?
- Tu te souviens que tu avais passé mon numéro au directeur du Daily Bugle ?
- Oui ? Et ?
- J'ai passé la journée dans leur locaux, avec un entretien puis quelques testes.
- Pourquoi tu ne me l'as pas dis ?
- Je ne voulais pas t'en parler avant de voir ce que cela donnait.
- Qu'est-ce qu'ils ont dit ?
- Je suis pris chez eux, je commence la semaine prochaine et j'ai déjà une idée de projet.
- C'est cool. Enfin une bonne nouvelle !
- Oui, mais la mauvaise c'est tes retrouvailles avec Harry. Est-ce que ça c'est vraiment passé comme Charlie l'a expliqué ?
- Il n'a pas menti. Il ne s'est rien passé de plus. Qu'est-ce que je peux te dire d'autre ?
Il ne me répond pas et il éteint la lumière avant de me remettre dans ses bras. Je suis plus en sécurité quand il est présent. Parce que je sais qu'il a la force de pouvoir vaincre Harry. Il l'a déjà fais une fois, pourquoi pas une seconde fois ?
