Chapitre 8
Peter me boude depuis deux jours, je ne vis pas très bien sa réaction. De quoi a-t-il peur ? Que je retourne vers lui ? Je l'ai déjà fait une fois, je n'ai pas envie de le refaire. Peter commence bien la semaine prochaine au Daily Bugle, juste avant la semaine des fêtes de fin d'années. Ça fait un petit moment que personne n'a eu de nouvelles du clone méchant de Spider-Man. Peter est pour le moment tranquille pour le moment. Après le travail, je passe le voir chez lui, pour tenter de comprendre pourquoi il ne me parle plus depuis la soirée que j'avais organisée à la maison.
Comme à son habitude, c'est May qui est la première à me voir et à me saluer. C'est toujours un plaisir pour moi de la voir, mais elle était pressée, elle devait aller à son tour à son travail. Elle ne comprend pas pourquoi chaque fois en cette période, les accidents sont plus nombreux que durant le reste de l'année.
— Si tu cherches Peter, il est dans sa chambre, m'annonce-t-elle presser. Je suis désolée de ne pas pouvoir rester plus longtemps. Si tu as faim, tu sais où se trouver la cuisine.
— Oui, merci beaucoup, et bon courage pour votre soirée.
Parée, elle ferme la porte derrière moi, et un silence surplombe la maison. Je dépose mon sac sous le pied du porte-manteau, et j'y accroche mon manteau avant de monter par deux les escaliers menant à sa chambre. Je rentre sans frapper. Il est sur son ordinateur en train de bidouiller. Il pivote sur sa chaise pour être en face de moi.
— Je ne t'avais pas entendu entrer.
— Je me suis fait discrète, répondis-je m'avançant vers lui et zieutant sur son écran. Que fais-tu depuis deux jours ?
— Je prépare mon projet pour la semaine prochaine.
— Tu veux m'en dire plus ? Enfin, sauf si tu continues encore de me bouder.
— Désolé, si j'ai été distant.
— Pourtant on le savait que tôt ou tard il finirait par venir me voir.
— Je pensais qu'il viendrait d'abord vers moi, étant donné qu'il sait qui je suis.
— Peut-être est-ce justement à cause de ça qu'il ne vient pas à ta rencontre tout de suite.
Je retire les mains de Peter qui étaient placées sur ses genoux et m'assois sur ses cuisses. J'encercle son cou avec mes bras et le regarde droit dans les yeux.
— Ne t'inquiète pas pour lui. Je ne pense pas qu'il veuille vraiment me tuer.
— Tu dis ça, mais il a quand même failli le faire à cause de sa folie !
— Mais tu es là, je sais que je peux compter sur toi s'il m'arrive quelque chose.
— Sans aucun doute ! confirme Peter, se souvenant de ce que son jumeau maléfique lui avait dit. Mais tant que l'autre Spider-Man est dans la nature, je ne serais pas rassuré. Et maintenant qu'Harry est aussi libéré, je le suis encore moins. Je ne sais pas, si à moi seul, je serais à la hauteur de les vaincre tous les deux.
— Tu les vaincras, j'en suis persuadée.
— Tu es sûre que tu ne m'arrêteras pas si je dois mettre en état de nuire Harry ?
— Non, je n'ai aucune raison de vouloir me mettre de son côté.
— Tu l'as aimé. Il t'a aimé. Je trouverais ça « normal » que tu veuilles le défendre à ce moment-là.
— Mais je ne peux pas. Il a tué Gwen et j'ai failli y passer aussi.
Je suis en train de me dire qu'heureusement que je ne lui ai pas dit ce qu'il s'est passé après que je sois sortie du travail. Il aurait probablement été énervé d'apprendre que j'avais eu un entretien avec Harry dans sa voiture et qu'il m'a répété que je lui appartenais.
Ses bras se resserrent un peu plus autour de ma taille, ma hanche près de lui, elle est presque collée contre son corps. Il cale son visage dans le creux de ma nuque. Son souffle chaud qui sort de sa bouche et qui se pose sur ma peau me fait friseliser. Je passe une main dans ses cheveux.
— Si tu m'expliquais un peu ton futur projet ?
Il se redresse et se tourne vers son écran. Je suis forcée de changer de place pour que je puisse voir. Je m'aperçois que son projet ressemble à un blog.
— J'aimerais faire un blog sur Spider-Man.
— Je ne comprends pas.
— C'est très simple. Quelqu'un me prendra en photo pendant que je me promène dans les rues de New York et je réaliserais un article sur chaque succès public qu'il ferait.
— Mais c'est toi qui écris sur ta propre histoire.
— Oui, ça peut paraitre étrange, mais j'ai vu un blog sur un super héros à Central City. Un certain Flash. Cet homme court tellement vite. La seule chose qu'il laisse derrière lui c'est une trainée rouge et jaune. Et c'est une de ses fans qui tient le blogue. J'ai discuté un peu avec elle. Et elle ne connait pas l'identité de ce super héros.
— Et toi tu laisserais un inconnu te prendre en photo pour écrire ton article ? Tu n'as pas peur que cette personne découvre ton identité ?
— Justement, j'y ai réfléchi et je pense que c'est mieux que ça soit quelqu'un qui me connaisse.
Lorsqu'il me lance un regard vers moi, je réalise le message subliminal qu'il essaie de me faire passer. Je me lève, révélant ainsi mon refus face à cette idée. Je croise les bras et secoue la tête. Il quitte sa chaise et s'empare de mes mains. Il a l'air si confiant à propos de ce projet.
— Si c'est toi qui réalises les photos, mon secret ne sera pas découvert. Et le blog du fan de ce Flash marche très bien.
— Je ne sais pas. Tu es sûr que l'on n'aura pas de problème avec ça ?
— J'ai tout prévu, tous les articles et photos que je publierais seront à mon nom et prénom. Comme ça, tu resteras anonyme et personne ne se doutera que Peter Parker est en réalité Spider-Man et qu'il écrit lui-même ses articles.
— Bien. On peut faire un essai, mais si jamais ça tourne mal, on arrêtera tout !
— Je suis d'accord. Montre-moi un peu ce qu'elle fait pour voir ce que ça donne.
Il clique sur une page qu'il avait gardée dans sa barre de tâche et le blog apparait. Son design est simple, mais la mise en page des articles soient biens présentés. Il m'en fait lire quelques-uns pour essayer de me convaincre un peu plus. Je vois également qu'elle n'a pas peur de dévoiler son identité. Je ne pense pas être capable de le faire moi-même, j'aurais toujours cette peur qu'un jour quelqu'un vienne me chercher des ennuis, surtout que je n'ai pas besoin de ça pour que les ennuis arrivent jusqu'à moi. Je souffle, je reste quand même sceptique.
— Alors ? Qu'est-ce que tu en penses ? Je te trouve encore un peu réticente face à ce projet. Tout va bien se passer.
— Ce n'est pas ça. C'est que même sans faire ce blog, les ennuis arrivent toujours à nous trouver.
— Il faut pourtant que l'on continue de vivre même avec ce genre de problème.
Je respire profondément et réponds :
— Je veux bien tenter le coup pour t'aider.
— Merci Liz, je savais que je pouvais compter sur toi, dit-il en m'embrassant. Au fait, la semaine prochaine tu veux passer Noël avec nous ?
— Je ne sais pas. Tu sais, ça sera la première année où je fête Noël sans ma famille. Je vais probablement mal vivre ce moment.
— Si tu es avec nous tu te sentiras moins seule. Et je suis sûre que May serait ravie d'avoir ta présence parmi nous.
— Je te redirais ça en fin de semaine.
— Et puis je te rappelle que tu m'as acheté un cadeau aussi. Donc tu es obligée de venir pour me le donner.
— Je peux encore te le donner dans la semaine et toi l'ouvrir le 25 si je ne suis pas là.
— Petite maline va, se moque-t-il en en se levant du fauteuil à roulettes.
Je fus prise de panique quand il se redressa. J'étais encore sur lui à ce moment-là, mais il me tenait avec force dans ces bras. Par réflexe je me suis accrochée à son cou. Puis il retire un bras et je le vois en train de faire quelque chose avec ses toiles.
— Qu'est-ce que tu fabriques ?
— Tu vas voir.
Ça dure plusieurs minutes, et en une fraction de seconde je me retrouve à plusieurs mètres au dessus du lit. Je me penche doucement pour observer la réalisation de Peter, quand tout à coup, il me rejoint à son tour, me faisant rebondir. J'ai toujours trouvé ses toiles incroyables parce qu'elles collaient et résistaient remarquablement bien à n'importe quel poids de la personne si elles touchaient un humain. Je trouve ça tout de même impressionnant de voir qu'elle ne colle pas totalement sur mes cheveux ou mes vêtements J'ai compris à quoi nous servait sa construction.
— Tu sais qu'on pouvait aussi rester sur le lit ?
— Je trouvais ça cool.
Nous restons beaucoup de temps sur ce hamac en toile d'araignée. On finit par sonner à la porte de chez Peter.
— Tu attends quelqu'un ?
— Non, soupire-t-il, contrarié d'être dérangé.
En moins de deux, il était au sol, pendant que je l'attendais dans sa chambre. Il ne reste pas longtemps avec cette personne, car j'entends ses pas vibrent sous son poids. Il ouvre la porte et me penche sur le côté pour pouvoir descendre. Je ne suis pas aussi agile que lui. Je le vois examiner un carton d'invitation. Il le lie à haute voix pour que je puisse moi aussi savoir ce qu'il contient.
« La famille Parker est invitée, ainsi que Lizzle Hubble à venir se joindre à un diner chez les Osborn à partir de 20 h »
L'expression qu'a soudainement Peter prouve qu'il n'apprécie pas cette invitation. Je ne partage pas le même avis que lui. Bien que je sois surprise de la part d'Harry. Pourtant je devrais avoir l'habitude de voir ça venant de lui.
— Nous n'irons pas, proteste Peter.
— Tu es sur que l'on ne devrait pas y aller ?
— Je n'ai pas envie de prendre de risque. Nous n'irons pas ! Par compte, il y a une chose qui me tracasse dans cette invitation. Pourquoi t'a-t-il cité dedans ? Il n'est pas sensé savoir que tu es chez moi ou que nous avons une relation.
Piquée au vif, je suis obligée de dévoiler ce fameux passage où j'ai été en quelque sorte enlevée par les deux gorilles d'Osborn en revenant des courses. Je ne voulais pas en parler, je n'avais pas envie de créer une énième tension entre nous pour que cela ne puisse pas nous empêcher de vivre. Évidemment, ma maussaderie soudaine me dénonce. Il balance ses bras vers le haut et les fait descendre jusque sur ses hanches d'un coup pour s'assurer que je puisse voir son horripilation. Face au contrecoup de ce dernier, je me sens coupable de ne pas lui avoir dit.
— Quand est-ce que tu finiras par arrêter de me cacher des choses ? S'énerve-t-il, faisant ressortir ses plies sur le visage. N'ais-je pas été assez honnête envers toi depuis que tu es revenu à New York ?
Qu'est-ce que vous voulez que je réponde à cette phrase qui pour moi est sanglante ? Je ne peux pas contrôler ces évènements. Je ne peux que baisser la tête.
— Entre Gwen qui me reprochait de ne pas s'impliquer assez dans ma vie de super héros, et toi qui continues d'avoir des secrets. Comment est-ce que vous voulez que je ne devienne pas plus réticent à m'engager dans une relation ?
Je vais pour l'embrasser afin d'arrêter cette mésaventure, mais il rejette mon affection en tournant la tête sur le côté.
— S'il te plait, ne me boude pas.
— Je veux savoir ce qu'il t'a raconté de plus.
— Dans tous les cas ça va t'agacer.
— Donc tu as encore des sentiments pour lui…
— Comment oses-tu me dire ça ? Demandais-je, outrée par ces propos.
— Raconte-moi, dit-il en ignorant ma question.
Je m'assois sur le lit, au dessus de moi trône la création temporaire de Peter. Je lui raconte en détail la conversation que nous avions eue dans sa limousine. Comme je l'avais annoncé, Peter se crispe petit à petit.
— Je n'avais pas le choix, son garde du corps me menaçait de son flingue.
— Ceci-dis, tu n'as pas dit non plus ta réponse sur le camp que tu devais soit disant choisir !
— Parce que je dois en choisir un ? Je pensais pourtant que c'était clair désormais.
Il s'assit à côté de moi et pose ses bras sur ses cuisses, tout en gardant l'invitation dans sa main.
— Si tu veux y aller, tu y vas, mais je n'irais pas et n'emmènerais pas ma tante non plus.
— Mais je n'irais pas Peter. Je n'en ai pas envie.
Je lui prends une main et l'invitation tombe sur le sol. Puis j'écarte son bras et me place sur ses genoux. Je pose ensuite mon front contre le sien.
— Je me sens bien avec toi. Je n'ai pas ressenti ça depuis je ne sais plus combien de temps.
— Alors pourquoi continues-tu à me cacher des secrets ?
— Parce que je ne veux pas qu'on se dispute. Toi et moi on sait que parler d'Harry est un sujet à risque. Et j'ai fait mon choix. Sinon je serais retournée le voir en prison. Pourtant, je ne l'ai pas fait. Oui, j'ai eu plusieurs fois ce manque.
— Je veux que tu me promettes qu'il n'y aura plus de secrets entre nous !
— Oui…
— Dis-le !
— Je te le promets Peter.
Puis je l'embrasse. Nous savons tous les deux que nous avons peur de l'avenir de notre relation.
…
Harry Osborn est assis à table, les mains croisées autour de son assiette et les yeux rivés sur l'horloge qui était en face de lui en fin de table. Seul le tic tac de cet objet du temps s'entend dans la pièce. Elle indique qu'il est 22 heures. Il prend un couteau entre ses doigts et tape la pointe la plus pointue sur la table. Il le fait à plusieurs reprises avant de le lancer comme une flèche sur le mur le plus proche. Quand dans un excès de colère, il balance de ses mains toute la vaisselle qui était installée à sa portée.
Averti par le boucan, le major d'homme des Osborn intervient et remarque le désordre qu'a fait son maître.
— Est-ce que tout va bien monsieur ?
— Je suis désolé pour ce bazar. Vous pouvez tout remballer.
— Ils ne sont pas venus monsieur ?
— Non ! Je n'ai pas de nouvelles non plus.
— Avec tout le respect que je vous dois, pour moi ce ne sont pas de véritables amis s'ils ne viennent pas.
Harry se tourne vers son domestique son visage s'était raidi à cause du lapin que nous lui avions posé et qui lui reste en travers de la gorge. Il quitte la pièce sort de chez lui, après avoir appelé son chauffeur personnel.
…
Sa luxueuse voiture entre dans un parking et il arpente quelques couloirs et escaliers avant de rentrer dans une pièce où des médecins en blouses blanches avaient des dossiers dans leurs mains. L'un d'eux porte son attention sur le jeune homme.
— Doctor Octopus, est-ce que notre invité est prêt ? S'exclame Harry, visiblement plus prêt que jamais.
— Il l'est ! Confirme le docteur.
— Allons lui rendre une visite, je vais avoir besoin de lui.
Ils marchent tous les deux en direction de leur invité et une fois qu'ils se sont devant une porte blindés, Octopus passe son badge magnétique dans une petite pointeuse et ils entrent. La lumière s'allume grâce à leur mouvement corporel. Harry s'avance, et des bruits de chaines retentirent.
— Es-tu prêt à m'obéir ?
— Oui maitre, affirme leur hôte en levant la tête vers le dernier membre de la famille Osborn.
Heureux de l'entendre, il ordonne sa libération à Octopus après avoir demandé à cette personne enchainée de lui rendre un énorme service.
