Et bonsoir ! Nouveau chapitre avec un peu de retard parce que je me suis débrouillée pour tomber en panne de voiture alors que je me faisais une joie de venir poster. Un vrai boulet ! Mais voilà le chapitre, beaucoup plus long que les autres, mais c'est un hasard, j'ai pas pu le couper avant.
Ah et au passage, merci
LilyRose pour tes reviews !

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Un garçon attendrissant


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- C'est toi qui as la table infernale ce soir Jo ? je demande à mon amie avec un sourire.
- Et le pourboire qui va avec ! s'exclame Johanna en regardant Cato et ses amis descendre une bouteille de rhum comme on boirait de l'eau. Chacune son tour !
- Je te le laisse volontiers, ils m'ont lessivée hier !
- Tu as de quoi t'occuper non ? Abernathy est de sortie ! plaisante-t-elle en me montant du menton le client attablé au comptoir devant un whisky.
- Jo... Il est gentil au fond, il est juste... dépressif.
- Et alcoolique ! répond-elle en me faisant un clin d'oeil.

Le client en question tape son verre vide sur le bois du comptoir pour réclamer que je le remplisse. Ce que je fais volontiers en lui adressant un mot gentil :

- Pas le moral ce soir Monsieur Haymitch ?
- Nan... et quand je vois mes élèves faire la fête, je ne sais pas comment ils ont autant d'énergie pour être aussi con en classe, ET ici. Mystère...
- Vous n'enseignez pas une matière facile, je compatis.
- A qui le dis-tu, qu'est-ce qui m'a pris de vouloir enseigner la philosophie hein ? J'en sais rien, je sais plus rien là, je suis lessivé... Donne-moi des cacahuètes, sois mignonne.

Je pousse la coupelle de cacahuètes sous ses yeux en essayant de retenir un éclat de rire à cause de Johanna, que je vois du coin de l'oeil faire mine de se pendre.

- T'es pas charitable ! je lui reproche à voix basse.
- Quoi, moi ? La charité, c'est mon fonds de commerce ma belle, regarde comment on gagne de beaux pourboires !

Elle part en ondulant des hanches, un plateau sur le bras, servir la bruyante table VIP qui l'accueille avec des hurlements de joie.
Je suis occupée à essuyer le comptoir quand elle revient me voir, une Effie surexcitée à ses trousses.

- Katniss ma belle, m'annonce ma patronne, tu vas transférer tes tables à Cecelia.
- Mais Effie ! Je m'en occupe depuis plus d'une heure, les pourboires sont pour moi !
- Non, non, non. J'ai bien mieux pour toi !

Je plisse les yeux, dans l'expectative. J'espère qu'elle ne va pas me sortir une table d'hommes d'affaires libidineux, comme la semaine dernière. Cato et ses amis, je les connais, je peux les envoyer bouler s'ils vont trop loin, mais pas les autres clients un peu lourds, pas si je veux garder mon job.

- Cato m'a dit qu'il avait un autre groupe d'amis nombreux qui allait le rejoindre ! m'annonce-t-elle avec joie.

J'ai presque l'impression de voir des gros billets danser dans ses yeux.

- Vous ne serez pas trop de deux, et Cato t'a demandé spécifiquement ! ajoute-t-elle.

Je ne peux m'empêcher de soupirer et Effie pointe son index manucuré sur moi.

- Attention Katniss, tiens-toi bien avec eux. Ils te laissent faire ta mauvaise tête parce qu'ils sont adorables, mais je ne veux pas qu'ils partent d'ici insatisfaits, un pas de travers et c'est la porte, est-ce que c'est clair ?
- Oui Effie... je réponds avec la meilleure volonté possible.

Mais celle-ci n'a pas le temps de se rendre compte de mon manque d'enthousiasme puisqu'elle court dans son bureau. Sur des talons si vertigineux, j'ignore comment elle fait.
Elle a un drôle de sens des affaires, Effie. Que ses serveuses soient secouées ne lui fait ni chaud ni froid, tant qu'elle y gagne de l'argent.

- Haut les cœurs Katniss, Cato m'a dit que c'était la crème de Capitol qui venait, me console Johanna.
- Depuis quand Cato Hadley considère-t-il ses amis comme autre chose que La Crème... je rétorque.
- On s'en fout, s'amuse Johanna, y'a du fric à la clef !
- Flambeuse !
- Tout à fait !

Johanna vit seule, avec pour unique charge sa passion pour les jeux d'argent. C'est pour ça qu'elle est si friande d'argent liquide.

- Bon, je vais installer ce qu'il manque pour assoir tout ce beau monde, tu les accueilles ?
- Mouais... je marmonne, fatiguée.

Moi qui pensais faire une petite soirée tranquille pour mieux aller me coucher, c'est raté.
Du bruit venant de l'extérieur m'indique que les invités de Cato arrivent, et je me compose un sourire avenant en allant leur ouvrir la porte.

- Si vous voulez bien vous donnez la peine.

Je tends le bras pour récupérer les manteaux de tout ce beau monde sans vraiment les regarder, les comptant plus qu'autre chose. Quand soudain une voix grave m'interpelle avec douceur :

- Salut Katniss.

Je relève brusquement la tête pour tomber sur les yeux bleus de Peeta Mellark. La découverte me laisse momentanément sans voix. Je ne sais pas trop pourquoi, et je déteste ça. Je me donne un coup de pied mental aux fesses.

- Peeta ?! je réagis, plutôt stupidement d'ailleurs.
- En personne, me répond-il en souriant.
- Mais qu'est-ce que tu fais là ? je ne peux m'empêcher de rajouter.
- Qu'est-ce que tu crois ? me dit-il sans cesser de sourire. Je me sors les doigts du cul.

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C'est sur cette répartie cinglante qu'il m'a laissé, les manteaux au bras, pour rejoindre le reste de sa bande. Aux cris joyeux que les invités ont provoqués, j'ai compris qu'il s'agissait de toute la fratrie Mellark et d'autres amis haut placés.
Prestigieux, comme dirait Effie.
La Mellark Compagnie est adulée à Capitol, où le siège social se trouve encore. Le grand-père de Peeta a commencé avec une petite boulangerie, devenue un empire mondial aujourd'hui. Ils font la pluie et le beau temps dans la ville, et travailler pour eux et un honneur, et une chance.
Personnellement, je préfère encore travailler pour Effie que Madame Mellark. Son mauvais caractère est proverbial, et j'ai ma dose d'ennuis dans la vie de tous les jours.
Chacun des frères Mellark travaille pour la Compagnie, bien sûr, et j'ai connu Peeta en primaire et au lycée. Il ne m'a jamais accordé la moindre attention, et moi non plus. Nous venons de mondes diamétralement opposés, et n'avons rien à nous dire. Il est parti deux ans dans une faculté de renom – n'en déplaise à Cato, Panem U n'est pas la meilleure – pour en revenir diplômé en communication et à la tête du service publicité de la Compagnie familiale. Pas plus qu'avant, nous n'avons de points communs.
La preuve en est ce soir, où il est le client, et moi la serveuse. Et c'est très bien ainsi.

Je le retrouve attablé aux côtés de ses frères, un air de profond ennui sur le visage. Je n'ose pas le regarder tandis que je débarrasse les verres vides, trop mortifiée, et en colère.
J'ai un peu honte qu'il ait entendu ce que je disais à Delly, mais je suis révoltée qu'il s'en serve pour s'amuser. Il n'aurait jamais dû entendre cette conversation, ce genre de méthode pour me contacter est vraiment lamentable. Mais je ne peux pas vraiment lui dire ce soir, pas alors qu'Effie guette comment je m'occupe de ses clients préférés.

- Katniss, Katniss... Tu as vu, je suis venu seul ! me lance Cato avec une œillade suggestive.
- Je me disais aussi, je réponds avec un faux sourire, l'atmosphère est un peu moins... empoisonnée...
- Oh, je répèterai ça à qui de droit, me promet Glimmer sournoisement.
- A ta guise, je souffle. Bien, vous voulez une autre bouteille ?
- Tu connais les Mellark, Katniss ? préfère répondre Cato.

Je le regarde avec une expression consternée :

- Je vis à Capitol Cato, évidemment que je connais les Mellark. Messieurs, je rajoute en saluant vaguement la fratrie.
- Tu vis à Capitol Katniss ? m'attaque Glimmer. Tu as déménagé alors, aux dernières nouvelles, tu vivais à La Veine...

Les riches aiment dédaigner mon quartier et ses habitants, j'en ai l'habitude. Mais ce soir, je suis à fleur de peau et je n'ai pas envie de me laisser insulter. Et puis tout compte fait, Effie n'est pas là pour m'entendre.

- La Veine fait partie de Capitol Glimmer, ne t'en déplaise. Toi qui étudies le droit, révise le cadastre, je rétorque avec une pointe de provocation.

Et de condescendance aussi, oui. Il est de notoriété publique que Glimmer est aussi intelligente qu'une miche de pain Mellark, et encore, ce n'est pas sympa pour le pain.

- Peut-être... répond Glimmer avec fiel, peut-être que tu as l'impression de vivre parmi nous parce que tu as passé une pauvre petite semaine dans la villa de Marvel ? Mais coucher avec l'un de nous ne fais pas de toi l'une des nôtres Katniss...

Je rougis sous l'attaque pendant que la plupart des gens du groupe éclate de rire. Ceux qui ne sont pas au courant se font raconter à voix basse de quoi il en retourne, dont Peeta. Génial...

- Glimmer, vilaine fille... soupire Cato. Laisse notre petite Katniss tranquille, elle a du travail ce soir.

Je respire un grand coup par le nez pour me calmer. Johanna, qui se tient un mètre plus loin, grimace.

- Je ne sais pas si tu sais Peeta, lance Cato, mais Katniss est redoutable aux fléchettes. Une démonstration ?
- Cato je n'ai pas trop le temps...
- Le temps ? Tu es à notre service ce soir non ?
- Cato, si j'étais toi, je ne donnerais pas d'objets pointus à Katniss après ça, le conseille Finnick.

Je souris à Finnick installé un peu en recul, Annie dans les bras. Sage conseil. Mais Cato s'en amuse :

- Oh je ne demande que ça, Katniss, moi, des objets pointus...

Pour illustrer sa remarque, il passe sa main le long de ma jambe, caressant mon mollet.
Je m'apprête à l'envoyer paître quand Effie apparaît avec une bouteille de champagne grand cru dans les mains.

- Mesdemoiselles et messieurs, c'est un plaisir de vous avoir ici, comme toujours, annonce-t-elle d'une voix mielleuse et écœurante. Je vous offre cette bouteille !

Elle pose la bouteille sur la table et fait des courbettes ridicules devant les Mellark, comme tout le monde.
Et moi je suis bloquée. Je ne peux pas repousser Cato devant elle, et il en profite pour faire remonter sa main baladeuse sur ma cuisse. Je blêmis, comptant les secondes de bavardage d'Effie, douloureusement consciente de l'expression amusé de Glimmer, et celle indéchiffrable de Peeta Mellark.
Enfin, Effie s'en va et je m'éloigne vivement de Cato dont la main atteignait dangereusement mes fesses.

- Je vais vous chercher des verres.

Et je file derrière le bar.

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- Il a beaucoup bu, m'explique Johanna quelques heures plus tard en parlant de Cato.
- Quand sa chérie n'est pas là, il est intenable. Il avait de la chance qu'Effie soit là. Une minute de plus et...
- ... tu lui en mettais une dans les couilles ?
- Non, je lui vomissais dessus.

Johanna éclate de rire et va chercher nos sacs. La nuit tire à sa fin, ils vont enfin partir. Je me suis tenue à distance, et rien de pire n'est arrivé. Heureusement pour Cato, et pour mon travail.
Johanna et moi avons le droit de partir directement après eux, Effie est satisfaite, elle n'a plus besoin de nous et nous exempte de ménage. Trop généreux...
Je rends les manteaux à leur propriétaire au compte-goutte, ils ne marchent pas très droit. Je ne regarde pas les visages, je n'en ai pas envie. Une bise à Johanna, et je suis le groupe dans la lourdeur du mois de mai, respirant l'air extérieur avec délice. A cette heure-là, je vais devoir marcher pour rentrer chez moi.

- Hey Katniss ! me hèle Cato.
- Oui ? je réponds avec impatience en me retournant vers lui.

Il se détache de son groupe, qui s'engouffre dans les berlines les attendant, et s'approche.

- Je suis désolé, j'ai été un peu con ce soir.

J'hausse un sourcil, surprise de sa reddition. Cato ne s'excuse pas, jamais. Il pense avoir tous les droits.
Il fouille dans sa poche et en sort un billet de... bon sang de cent dollars !

- Ton pourboire.

Il me tend le billet et j'hésite à le prendre. Même s'il s'excuse, cela voudrait dire que je cautionne son comportement, pire, que je suis payée pour le laisser me tripoter. Mais j'ai besoin de cet argent. Cents dollar, ça nous permettrait de faire beaucoup de choses, beaucoup.
Précautionneusement, je m'approche et attrape le billet du bout des doigts. Mais Cato en profite pour passer son bras dans mon dos et tenter de m'embrasser. J'essaye de l'éloigner en lui donnant un coup de genoux mais il me bloque contre un lampadaire, me ceinturant de ses bras, plongeant sa bouche dans mon cou. Je me débats avec la force du désespoir, écœurée d'entendre ses amis éclater de rire. Finnick est parti depuis longtemps, je ne peux pas compter sur lui.

- Allez Katniss, viens chez moi, je vais te montrer que je suis autrement plus doué que Marvel...
- Dégage espèce de déchet, je grogne en lui tirant les cheveux.

Il récupère un de ses bras et le glisse entre nous pour me toucher la poitrine. Je m'apprête à hurler, tant pis pour les voisins, tant pis pour Effie, quand une main se pose sur le lampadaire près de mon visage et qu'une voix ordonne :

- Laisse-là tranquille...

Peeta est venu vers nous et n'a pas l'air de vouloir rire, lui.

- Oh Mellark, on fait que s'amuser !
- Laisse-là, répète-t-il sans me laisser parler.

Et Cato me lâche, parce qu'il s'aplatit devant les Mellark, comme tout le monde. Il recule, l'air pas le moins du monde désolé et rejoint ses amis dans une des berlines qui démarre en trombe.
Retrouver mon calme me prend une bonne minute, et Peeta reste à mes côtés. Je finis par lui dire :

- Retourne avec tes copains, Peeta. Je vais bien.
- Ce sont les amis de mes frères, pas les miens, répond-il. Je vais te ramener chez toi.
- Non !

Que ce soit lui ou un autre ne change rien à mon choix. Si je peux éviter, je préfère qu'on ne voie pas ma maison. Question de fierté.

- J'insiste.
- Et alors ? Non merci, je préfère marcher, j'ai besoin d'air.

Il n'ajoute rien et passe sa main dans ses cheveux blonds, l'air soucieux. Je m'en veux d'admirer ses doigts.
Puis il me demande :

- Tu as réfléchi à la proposition de Delly ?

J'écarquille les yeux.

- Tu plaisantes ? Tu es vraiment en train d'essayer de me donner un rencard ? Maintenant ?
- Je suis là, tu es là... plaisante-t-il.
- Mais pas ta secrétaire, je rétorque. C'est pourtant à elle que tu délègues le sale boulot Peeta Mellark. Pourquoi ?
- Je...
- Ce n'était pas très élégant d'écouter notre conversation téléphonique, je poursuis. C'est même assez bas, comme technique. Qu'est-ce qui t'arrive, tu es timide ?

Il passe à nouveau la main dans ses cheveux, embarrassé. Aurais-je touché juste ?

- T'es pas une fille facile à approcher Katniss.
- Ah... je réagis. Demande conseil à Cato, il sait s'y prendre pour m'approcher lui...
- Cato est un crétin.
- A ce sujet, je suis entièrement d'accord !
- Alors ? me demande-t-il.
- Alors quoi ? je soupire.
- Le rencard ?
- Tu es sérieux ? je m'exclame. Pourquoi je dirai oui ? Pour se donner des nouvelles ? On a rien en commun dont on pourrait parler Peeta.
- On cherchera... tente-t-il.
- Tu sais que tu es fatiguant, je lui oppose en commençant à marcher pour rentrer chez moi.
- Allez dis oui ! insiste-t-il en courant pour me rejoindre.
- En quel honneur ?
- Parce que... parce que je t'ai sortie d'un mauvais pas ce soir ?

Je me retourne vers lui, les mains sur les hanches.

- Ah oui ? Tu es venu m'aider juste pour un rendez-vous ?

Il me sourit, un peu penaud. Il est attendrissant, même s'il m'énerve. Je soupire :

- Je travaille beaucoup Peeta, je n'ai pas beaucoup de temps libre.
- Ton temps libre sera le mien, répond-il précipitamment.
- Ben voyons...

Je reprends ma marche et finit par lui dire :

- Demande mon numéro à Delly et appelle-moi, on ira boire un café !

Et dans la nuit qui se termine, je l'entends distinctement sauter de joie.

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Et voilà, c'est là que je coupe. Le chapitre 5 devrait arriver dans peu de temps, le temps que je le mette en page et le corrige après son passage chez ma bêta.
Possible que l'histoire change de nom entre temps, Panem U c'était provisoire, ça colle pas forcément au thème de l'histoire.
Merci d'avoir lu !