Bonsoir ! Je vous livre avec plaisir le chapitre 11 !
LilyRose : Je pense que tout le monde se doutait du lieu où il l'emmène^^ Et si tu aimes retrouver des perso dans les chapitres, va y en avoir deux dans celui-là :)
Clemi : Niaisons donc ensemble, parce que le chap qui suit en tient une couche !
Bonne lecture !

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Un garçon passionné


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Ma main toujours dans celle de Peeta, je le suis pendant quelques minutes. Il est quatre heures du matin, et nous avons rejoint un axe passant où nous croisons beaucoup de fêtards en quête d'un lieu où finir la soirée. Fort heureusement, personne que je ne connaisse.
Je n'ai aucune idée de l'endroit où veut m'emmener Peeta. Il a attisé ma curiosité, car finalement, si lui m'a posée quelques questions au restaurant l'autre soir, je ne lui en ai pas posées à son sujet. J'ai compris qu'il était très différent de l'image que je me faisais de lui, celle d'un fils de riche déconnecté de la réalité, mais jusqu'où est-il capable de me surprendre ?
La ville de Capitol est assez classique dans son découpage. L'hyper-centre rassemble les lieux à la mode, Panem U et l'essentiel des grandes entreprises, dont le siège de la Mellark Compagnie. Puis il est encerclé par les quartiers chics et bourgeois, et de manière générale, plus on s'éloigne du centre, plus les logements se dégradent. La Veine est à l'extrémité de Capitol.
J'ai rarement eu l'occasion de me rendre dans les rues chics, sauf pour des heures de ménage, et c'est là que Peeta m'emmène. Je m'y sens comme une intruse, entourée de ces grands bâtiments magnifiques. Aux fenêtres des appartements et hôtels particuliers, je peux voir des compositions florales superbes et je pense avec amusement aux maigres jardins et balcons de La Veine où poussent uniquement de pauvres herbes aromatiques desséchées. Je lâche un rire désabusé et Peeta me demande :

- Qu'est-ce qui te fais rire ?
- Tout ça... je réponds en désignant notre environnement d'un grand mouvement du bras. Les fleurs, la propreté, les odeurs... Quand je pense à Cato et sa bande qui passent leur temps à se plaindre de leurs maisons, leurs appartements, leurs voitures... Ils sont dans un monde à part et finalement, je ne les envie même pas.

Peeta ne dit rien et s'arrête devant un immeuble cossu, dont le rez-de-chaussée est occupé par une boulangerie Mellark. Je hausse un sourcil tandis qu'il donne plusieurs coups contre la vitrine.

- Inspecter tes employés fait partie de tes passions ? j'ironise.

Il m'adresse une grimace amusée et lâche ma main quand le boulanger présent vient lui ouvrir.

- B'jour monsieur Peeta, b'jour mademoiselle.

Il est vrai que c'est le matin pour lui, alors que pour nous, c'est encore la nuit.

- Bonjour Thom, le salue Peeta avec une familiarité qui dénote des liens plus amicaux que hiérarchiques entre eux. Le gros du travail est fait ?
- Sûr ! répond le boulanger en nous faisant rentrer. On est debout depuis minuit, on pensait vous voir d'ailleurs.
- Je suis légèrement en retard, plaisante Peeta. Il reste des choses à faire ?
- Toujours pour vous ! La demoiselle nous accompagne ?
- Katniss ? me propose Peeta en m'indiquant le fond de la boutique.

Je suis tellement surprise par ce discours surréaliste dont je ne comprends absolument ni le but, ni le sens, que je suis Thom le boulanger dans le laboratoire de la boutique avec curiosité. Plusieurs employés s'activent autour des fours et des plans de travail en inox, façonnant du pain et des pâtisseries. L'équipe ne semble pas surprise de croiser un des fils Mellark à quatre heures du matin dans leur cuisine, mais se montre curieux de ma présence.
Peeta fouille dans un placard en métal en en sort deux tabliers. Il m'en lance un en éclatant de rire devant ma surprise évidente.

- Enfile-ça, sinon tu vas te mettre de la farine de partout.
- On va faire du pain ? je demande bêtement.

Il me tourne le dos pour sortir du matériel sur un plan de travail qu'il s'approprie, s'installe et finalement me sourit :

- Depuis que je suis gosse, j'ai toujours su que je travaillerai dans la Compagnie. Je n'avais pas tellement le choix de toute façon, mais j'envisageais ça avec plaisir. Jusqu'au jour où ma mère m'a fait comprendre que oui, je travaillerai pour elle, mais à la tête d'un grand service, à une place importante, comme il sied à un Mellark. Comme j'étais doué pour parler, débattre, elle a décidé que ce serait la Communication.
- Et ? je questionne, ne comprenant pas où il veut en venir.
- Sauf que moi j'aurais voulu être boulanger. J'aime tout dans ce métier, le travail physique que ça demande, et celui plus minutieux pour la décoration, la création de recettes, la vente aux clients... Je voulais une boulangerie à moi, c'était simple comme projet...
- Oh...
- Ouais. Mais être boulanger ça convenait pas à ma mère. Pas assez prestigieux tu vois. Mon père était d'accord, mais c'est elle qui décide. Alors j'ai fait des études courtes de communication et ma mère m'a attribué un beau et grand bureau à la Mellark Compagnie. J'aime assez mon travail, mais ce n'est pas vraiment ma vocation première... Alors depuis, je viens ici plusieurs fois par mois pour pratiquer ma passion. Je me suis arrangé avec Thom et l'équipe, et ma mère n'en sait rien. Une façon de faire ce que j'aime quand même.

Il me touche, à me raconter ça. Je n'irai pas jusqu'à pleurer sur son sort, mais je sais qu'il me confie une chose qui doit le travailler et ne partager avec personne hormis l'équipe de cette boulangerie.

- C'est donc de là que tu tiens tes muscles hein ? je le taquine.
- Et oui, c'est lourd un sac de farine ! Bon, tu veux que je t'apprenne deux trois trucs ?
- Je vais te regarder faire d'abord, je réponds.

Et c'est ce que je fais. En appui sur un mur, je le regarde. Longtemps.
Peeta est peut-être à l'aise partout, mais c'est incontestablement ici qu'il est totalement lui-même. Sous le tee-shirt légèrement trop serré que Chaff lui a prêté, je vois rouler ses muscles tandis qu'il soulève des sacs, des plaques, des cuves... Il plaisante avec Thom et ses apprentis, échange des idées, compare son travail. Au bout d'un moment, Thom lui pose une question que je n'entends pas en me désignant d'un geste du menton, et Peeta arbore un grand sourire en lui répondant. Thom siffle avec amusement et je le vois répéter à son équipe ce que lui a confié Peeta, les faisant franchement sourire. Je me sens un peu cernée.
Alors qu'il vient d'étaler son appareil à pain sur son plan de travail, Peeta me fait un signe pour que je le rejoigne. J'enfile rapidement mon tablier et m'approche.

- Ça te dit d'apprendre à pétrir ?
- J'ai jamais fait ça Peeta, je vais gâcher tout ton travail !
- Ce sera ma vengeance pour la partie d'Archery, s'amuse-t-il. Chacun son tour !
- Pourquoi pas, je concède.
- Alors va te laver les mains, me demande-t-il.

Je m'exécute et retourne vers lui, il m'a laissée sa place. Je mets mes mains dans la pâte légèrement humide sans trop savoir ce que je fais, et Peeta me regarde avec un mince sourire en coin, les bras croisés.

- Pourquoi les boulangers me regardent comme ça ? je questionne. Qu'est-ce que tu as dit à Thom ? Qu'est-ce qu'il t'a demandé ?
- Curieuse... me lance-t-il avec malice.
- Oui, j'aime bien savoir ce qu'on dit sur moi alors que je suis dans la même pièce.

Peeta s'approche et se place dans mon dos. Il ne me touche pas, mais il est si proche que mon corps se tend. Il se penche légèrement pour me murmurer à l'oreille :

- Thom m'a dit que j'avais ramené avec moi une bien jolie jeune femme, et m'a demandé si je ne partageais pas son avis. Je lui ai dit que j'étais entièrement d'accord, que tu étais très belle.

Je suis finalement heureuse qu'il soit dans mon dos pour ne pas me voir rougir comme une lycéenne.

- Faut pas leur en vouloir d'être curieux, je n'ai jamais ramené personne ici, continue-t-il. C'est une première.

Je ne sais pas quoi répondre. Qu'est-ce que je pourrais dire ? Que je me rends bien compte de l'importance que j'ai pour lui ? Sa proximité m'empêche de réfléchir correctement. Alors, je continue de malaxer la pâte à pain comme un automate.

- Attends, je vais te montrer comment faire pour bien aérer la pâte, m'annonce-t-il.

Et il se colle contre moi, son ventre contre mon dos, son visage juste à côté du mien, puis passe ses bras autour des miens pour poser ses mains sur les miennes. Je crois qu'à ce moment-là, j'arrête de respirer. Je me déconnecte même totalement du reste du monde. Il n'y a plus de cuisine, de boulangers, de bruits, d'odeur... Il n'y a que les mains de Peeta sur les miennes, que son corps contre le mien, que sa voix grave qui m'explique la marche à suivre avec patience, dans le creux de l'oreille. Parfois, ses lèvres effleurent ma joue quand il me donne un conseil, et quand il rit parce que je fais une erreur, je sens tout son corps se secouer contre moi, faisant naître au creux de mon ventre une chaleur vraiment très agréable. Pendant combien de temps dure ce petit manège ? Aucune idée, et je m'en moque royalement.
Je crois qu'il s'y reprend à deux fois pour me faire sortir de cet état de transe car il me dit avec une pointe d'amusement dans la voix :

- Hey, Katniss ? Tu es là ?

Je sursaute, accentuant le contact avec son corps. Le monde se met de nouveau à tourner, et je réalise que la cuisine s'est presque entièrement vidée. Une vendeuse assez âgée portant un tablier noir traverse la pièce en me jetant un œil curieux. Peeta la salue :

- Bonjour Mags.

Elle lui sourit avec une tendresse presque maternelle.

- Ils sont où les autres ? je demande.
- Il est six heures, m'apprend Peeta qui n'a pas bougé d'un pouce. La boulangerie ouvre, ils sont partis se reposer avant de revenir faire une autre fournée. Et nous avons fini notre pain, regarde.

Je découvre en effet que nos mains ont modelé un pain de de campagne assez irrégulier. Peeta s'éloigne de moi pour aller le mettre au four. Je ne bouge toujours pas, j'ai encore l'impression de sentir sa chaleur contre moi.

- Mags, j'ai mis la minuterie, vous le sortirez quand il sera cuit et le laisserez de côté, il est pour moi.

La vendeuse acquiesce avec un sourire espiègle qui va bien à son visage ridé, et disparaît dans la boutique.
Peeta revient alors dans mon dos tout en conservant une certaine distance, et me souffle :

- Tu es fatiguée ? Il est tôt et nous n'avons pas dormi.

Je suis dans un tel état d'excitation que je n'ai pas senti la fatigue jusqu'à maintenant, mais je réalise que je suis exténuée. Je hoche la tête en silence.

- Tu travailles aujourd'hui ? me demande-t-il avec inquiétude.
- Non, je réponds, la voix rauque. Enfin ce soir, à dix-neuf heures.

Peeta se racle la gorge, cherchant ses mots et finalement propose :

- Tu sais, j'habite dans cet immeuble, l'appartement terrasse. Tu veux venir te reposer un peu, prendre un café ?

Je sens mes cheveux bouger et je comprends qu'il caresse ma tresse du bout des doigts.
Si je monte chez lui, les choses peuvent potentiellement déraper, il en a conscience, j'en ai conscience, et pire, j'en ai envie. Est-ce que je prends ce risque ? Et quel risque ? Celui de coucher avec un Mellark ?
Le souvenir des ragots suite à mon aventure avec Marvel est très présent. Il m'avait aussi demandée de venir chez lui, bien que de façon beaucoup plus suggestive. Mais je ne crois pas Peeta du genre à aller raconter à qui veut l'entendre la teneur de ses nuits.
Non, tout ce que je risque, c'est de passer un bon moment. Peut-être un très bon moment, vu comment mon corps se montre réceptif à de simples effleurements.

- Un café alors.

Même s'il veut se montrer discret, je l'entends soupirer de soulagement. Puis je sens ses mains dans mon dos, alors qu'il essaye de défaire maladroitement le nœud de mon tablier. Vu le nombre de fois où il doit se reprendre, je le soupçonne d'être stressée. Je passe finalement mes mains dans mon dos pour l'aider, caressant ses doigts au passage. Une fois le nœud défait, je me retourne face à lui et l'enlace presque en détachant son propre tablier. Je sens sa respiration difficile contre ma poitrine.
Il s'éloigne à contrecœur pour aller mettre nos tabliers dans un bac de linge et ouvre une porte dérobée qui donne sur une arrière cours fleurie. Je le suis dans la lumière du petit matin, puis dans le hall luxueux de son immeuble.
J'ouvre grand les yeux de surprise quand l'ascenseur s'ouvre et qu'un employé en uniforme nous salue respectueusement avant d'appuyer sur le dernier bouton. Les riches ne savent-ils rien faire seuls qu'il leur faut quelqu'un pour faire ça ?
Les portes ouvragées se referment et je regarde Peeta du coin de l'œil, ne sachant trop quoi faire. L'employé de l'immeuble coule son regard sur moi. Il faut dire que si Peeta n'a ramené chez lui que des femmes du genre de Glimmer, il doit être étonné. Je ne sors pas du même moule !
Le temps s'allonge, comme toujours dans un ascenseur. Mais peut-être est-il mieux que nous ayons de la compagnie, je ne sais pas trop comment j'aurai réagi, enfermée avec Peeta dans un espace confiné.
Un bruit de cloche résonne et l'employé nous souhaite une bonne journée. Peeta cherche ses clefs, manifestement troublé que je sois à ses côtés devant sa porte. Il n'y en a qu'une, ce qui veut dire que son appartement occupe vraiment tout l'étage.
Enfin, la porte s'ouvre et Peeta me laisse passer devant lui.

- Bienvenue chez moi.

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J'ai été aussi coupée du monde que Katniss quand j'ai écrit ce chapitre, il faut dire qu'ils sont quand même trop mignons. Je me demande si je ne vais pas finir par me noyer dans ma propre niaiserie à force !
Ah, ce chapitre vous fera sûrement penser à Ghost, bien malgré moi, en plus je n'aime pas ce film :)
Merci de m'avoir lu !