Et voici le chapitre 13 ! Je pense que le 14 sera posté en fin de journée, il est presque fini, mais c'est le premier qui me donne du mal.
Clémie : Merci à toi de laisser une review à chaque fois :)
Bonne lecture !
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Un garçon trop confiant
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Je mets plusieurs secondes à me rappeler où je suis, et surtout avec qui, quand je me réveille enfin.
Ma petite sœur a l'habitude de me rejoindre parfois la nuit, c'est pourquoi je demande d'une voix endormie :
- Prim ?
Un léger rire masculin résonne dans mon oreille, et je sens le corps de Peeta – qui a toujours son bras autour de moi – se rapprocher du mien d'une telle façon qu'il est en effet impossible que ce soit ma sœur.
- Je ne crois pas non...
Ma poitrine se gonfle en reconnaissant sa voix. De tendresse, de panique ? Je ne sais pas.
Je sens ses lèvres effleurer ma nuque.
- Salut, souffle-t-il.
- Salut, je réponds doucement.
- Bien dormi ? me demande-t-il.
- Parfaitement bien.
Et c'est vrai, son canapé est si confortable que j'y ai mieux dormi que dans mon lit. Ses bras autour de moi m'ont apporté un sentiment de sécurité que je n'ai pas éprouvé depuis la mort de mon père.
- Et toi ? je questionne.
- J'ai fait de très beaux rêves, me murmure-t-il d'une voix suggestive.
Et c'est quand je sens contre mes fesses à quel point il est en forme que je comprends ce qu'il sous-entend. Ses bras se desserrent un peu pour laisser ses mains courir le long de mon corps.
- Et une telle soirée, suivie d'une telle nuit, puis d'un réveil contre toi... continue-t-il enjôleur.
- Peeta ! je réponds faussement choquée.
En réalité, je suis très surprise de sentir mon corps se réveiller parfaitement sous ses mains, moi qui ne suis absolument pas du matin. Ce qui n'est de toute évidence pas le cas de Peeta. Ses doigts sont absolument partout et ma respiration devient difficile. Quand il passe sa main entre mes cuisses, je gémis franchement.
- Tu as l'air... particulièrement bien disposée, remarque-t-il.
- Tu sais, je suis une fille serviable, je réponds avec une pointe d'humour. Je voudrais pas que tu te sentes... négligé.
- J'en ai de la chance, souffle-t-il avant de mordiller la base de mon cou, déclenchant de délicieux frissons le long de ma colonne vertébrale.
Je me frotte contre lui et l'entends grogner. Ses mains se font plus aventureuses encore, et les miennes aussi que j'essaye de faire passer dans mon dos.
- Katniss, tu vas me rendre dingue.
- Ha oui ?
Je me penche légèrement, accentuant le contact de son bas ventre sur mes fesses et cherche à l'aveugle la boite de préservatif qu'il a jeté au sol. Il comprend ce que je fais et se plaint :
- Dépêche-toi...
- Je fais de mon mieux, je réponds amusée.
Je trouve enfin ce que je cherche et Peeta me l'arrache des mains, pressé.
- Impatient, je lui lance.
Il ne répond rien et j'entends le bruit du latex qu'il déroule entre ses doigts. Puis sa main gauche m'attire à lui, passe sous ma cuisse et il me pénètre dans un râle grave qui me fait presque autant chavirer que de le sentir en moi.
Je perds la notion du temps, toute entière plongée dans le plaisir qu'il réussit à m'offrir. Car c'est bien de cela qu'il s'agit, quand j'entends sa voix me murmurer des encouragements. Il aime ce qu'il me fait mais veut que je sois la première à en profiter. Et j'en profite, tellement que ça devrait être interdit. Et quand sa main revient se poser sur mon sexe pour amplifier cette étreinte, je râle doucement :
- Peeta non, je vais pas le supporter...
- Alors ne le supporte pas, suggère-t-il.
Il est dingue, cet homme est dingue et pire, il me transmet sa folie avec une puissance effrayante. Je le laisse faire, bien sûr, comment l'en empêcher alors que je ne me suis pas sentie vivante depuis si longtemps ?
Il m'entraîne jusqu'au sommet rapidement et me suit juste après, et enfin, il pense à m'embrasser.
Son baiser profond alors qu'il est toujours à l'intérieur de moi me fait trembler.
Soudain, je m'affole :
- Il est quelle heure ?
Peeta regarde sa montre et m'annonce :
- Seize heures passées.
- Quoi ?
Je bouge un peu brusquement, arrachant à Peeta un cri douloureux quand je me détache de lui.
- Pardon, je marmonne.
Je me lève et me mets à la recherche de mes vêtements en paniquant :
- On a trop dormi ! Je dois aller bosser à dix-neuf heures, il faut que je rentre chez moi prendre une douche, me changer et manger un morceaux, c'est super loin, et les bus passent moins souvent le dimanche, oh c'est la merde...
- Hey, Katniss du calme !
Il se lève aussi et pose ses larges mains sur mes épaules pour me retourner face à lui. J'hausse un sourcil, un peu amusée dans ma panique. Peeta n'a pas l'air le moins du monde gêné de me parler, complètement nu, le sexe encore recouvert d'un préservatif.
- Katniss, ne stresse pas. Tu as des vêtements de rechange à l'Arène ?
- Oui, toujours une tenue, je réponds sèchement, ne sachant pas où il veut en venir.
- Alors c'est bon. Prends ta douche ici, et je te prépare un petit-déjeuner en attendant.
- Un petit-déjeuner ? A seize heures ?
- On vient de se lever, donc on prend un petit-déjeuner, décide-t-il en me souriant.
Je me calme devant son absence totale de stress et acquiesce. Il m'entraîne dans sa salle de bain principale – elle est immense nom d'un chien – et alors qu'il enfile un peignoir, il m'embrasse doucement sur les lèvres.
- Prends ton temps, on n'est pas loin de ton travail, profite.
Je tourne un moment dans la pièce carrelée et met cinq bonnes minutes à comprendre comment fonctionne sa douche multifonctions. Finalement, j'arrive à me doucher, enfile mes vêtements de la veille et rejoins Peeta qui est en train de poser un plateau sur la table basse. Un plateau qui déborde de pâtisseries, dont des cookies qui ont l'air délicieux.
- J'aurais voulu les faire moi-même, mais je suis descendu en chercher à la boulangerie.
- C'est très gentil, je réponds.
Je m'assois et il me serre un onctueux chocolat chaud dont l'odeur fait grogner mon estomac. Nous déjeunons en silence, et je pense – un peu en retard – à envoyer un texto à ma mère. Elle a du se faire du souci de ne pas me voir rentrer non ?
"Suis en vie", je pianote succinctement. Sa réponse arrive une minute plus tard : "Ravie de l'apprendre...".
Je n'aime pas trop le sous-entendu caché dans ces trois points. Je connais bien ma mère, et visiblement, non, elle ne s'est fait pas beaucoup de souci, elle était plutôt enchantée de ne pas me voir rentrer.
Enfin, le petit-déjeuner est délicieux, surtout pour moi qui me contente habituellement d'un café amer et d'une poignée de céréale bon marché.
Une fois que j'ai posé mon bol, un air de satisfaction sur le visage, Peeta m'attire vers lui pour me prendre dans ses bras. Je regarde du coin de l'œil l'heure sur sa montre et m'accorde quinze minutes de tendresse. Peeta frotte le bout de son nez sur ma nuque et soupire :
- J'adore sentir l'odeur de mon gel douche sur ta peau.
Je passe tendrement une main dans ses cheveux blonds. Je suis folle de ses cheveux, je crois que je pourrais faire ça toute la journée. Puis il m'embrasse longuement et je me sens toute molle dans ses bras solides.
- Je t'accompagne à l'Arène ? propose-t-il. J'irai chercher ma voiture comme ça.
- Je n'arrive pas à croire que tu sois venu en voiture alors que tu habites juste à côté !
- Je ne savais pas où tu m'emmenais ! répond-il en souriant.
- C'était vraiment pas loin.
- Détrompe-toi, me murmure-t-il, tu m'as emmené très, très loin.
Je rougis. Jamais on ne s'est montré si romantique avec moi et je découvre que j'apprécie un peu cette espèce de dévotion. Ce sentiment de me sentir précieuse dans ses yeux.
- Effie ne va pas s'en remettre de te voir avec moi, encore. Mais tu devrais prendre une douche rapidement, j'aime être en avance.
- Tu sais... commence-t-il en me regardant un peu timidement.
J'hausse un sourcil pour l'encourager à continuer, même si un désagréable pressentiment me parcoure l'échine.
Il pose sa main sur ma joue et continue :
- T'es pas obligée d'aller travailler.
- En quel honneur ? je m'étonne.
- Je pourrais... prendre soin de toi, de ta famille, tu n'aurais plus à t'inquiéter de rien, plus à enchaîner les petits boulots, je payerais tes factures, je...
Je le repousse violement et saute sur mes pieds, choquée :
- Tu quoi ?!
Il interprète mal ma surprise et sourit :
- Je veux m'occuper de toi.
- Mais je suis pas une prostituée ! Qu'est-ce que tu crois Peeta, que j'ai couchée avec toi pour un peu plus de confort ?
- On n'a pas couché on...
- Je m'en moque ! Pour qui tu me prends ?! Tu comprends rien à rien Peeta Mellark !
J'attrape mon sac à dos, le fais passer sur une épaule et fuit en claquant la porte dans ma précipitation.
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- Katniss, Katniss, Katniss, ma chère Katniss, m'accueille Effie avec un grand sourire.
- Effie, je réponds, morose.
- Alors comme ça tu fréquentes le cadet des Mellark ! s'enchante-t-elle.
- Pas tellement, j'élude.
- Oh mais si, vous étiez si mignons hier soir, si touchant !
- Effie...
- Penses-tu que tu peux le convaincre de venir ici plus souvent ? Avec ses frères, ses employés ?
Ce qui est reposant avec Effie Trinket, c'est qu'elle ne sait faire preuve d'aucune subtilité. Il n'y a pas à réfléchir aux double-sens de ses phrases.
- J'en doute, je réponds douloureusement. Je vais me changer Effie.
Je suis toujours très en colère contre Peeta, mais aussi très triste, et cela me met encore plus en colère. Avec des gestes brusques, j'enfile un pantalon et une chemise propre.
Mais pour qui se prend Peeta Mellark ? Pour un protecteur, défenseur des pauvres opprimées victimes d'un système qu'il maîtrise sur le bout des doigts ? Il me voit comme une bonne action ? Une charmante camarade de classe tombée dans la misère ? Parce que sa secrétaire lui a parlé de ma mère ayant du mal à joindre les deux bouts ?
" Je suis juste conscient d'être privilégié par rapport aux... aux..." m'as-t-il dit au restaurant. Et ? Il se sent tellement mal, dans son appartement terrasse qui surplombe la ville, qu'il daigne baisser les yeux vers les pauvres ? Pour soulager sa conscience ?
- Katniss, on ouvre ! vient m'annoncer Effie.
- Ouais j'arrive, je marmonne.
Je suis soulagée qu'on soit dimanche. Jo n'est pas de service et ne pourra pas me cuisiner, et Cato et sa bande ne sont jamais là. Autant différer l'humiliation le plus possible. Ce soir, je ne suis pas certaine de pouvoir encaisser les moqueries ou la compassion.
Je suis bien trop malheureuse.
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Et oui, que voulez-vous, Katniss reste Katniss, insupportablement fière ! Y'a des baffes qui se perdent :)
Merci de m'avoir lu !
