Charuru revint à la guilde un mois après. Wendy pleura de joie en la voyant et se précipita vers la petite chatte blanche pour la serrer dans ses bras. La jeune dragonne slayer était foncièrement heureuse de retrouver sa meilleure amie et confidente de toujours. Son absence avait alourdi son moral, déjà mis à mal par le kidnapping de Natsu. Maladroitement, l'exceed rassura la fillette avec des paroles douces et rassurantes, telle une vrai mère. Elle se serra tendrement dans les bras tremblants de son amie et lui assura qu'elle ne la quitterait plus.
La scène touchante fit verser quelques larmes aux plus sensibles des membres présents et Reader s'empressa d'en faire un tableau. Le premier tableau joyeux depuis presque cinq mois. Erza et Grey sourirent, alors que Lucy riait en pleurant. Pourtant, Charuru remarqua vite qu'il manquait quelqu'un. Cette silhouette qui aurait dû se précipiter à sa rencontre dés son arrivée, un poisson à la main, comme à son habitude. Du regard elle fouilla la salle et découvrit cette personne qui ( même si elle ne l'avouerait jamais ) lui manquait.
Happy, son joyeux, exubérant et farceur prétendant.
L'exceed trouva son semblable adossé contre un rebord de fenêtre. Il ne semblait pas avoir remarqué le retour indiscret de l'élue de son cœur. Ses yeux tristes, rivés sur le paysage immuable que dévoilait la fenêtre étaient vitreux. D 'épaisses cernes violacées tranchaient son pelage bleu trop pâle. Il se tenait affalé contre le mur, la tête appuyé contre la fenêtre, sa queue pendant du rebord de pierre. L'absence total de poisson près de lui interpella la jolie chatte. Pour qu'il ne mange, ou même ne garde pas son péché mignon à ses côtés, il devait aller très mal.
Un coup d'oeil vers Lucy qui avait suivit son regard lui confirma l'état dépressif d'Happy. Charuru se détacha doucement des bras de Wendy, qui la fixa avec étonnement. D'un coup de menton l'exceed indiqua le petit chat bleu et immédiatement la dragonne slayer des cieux la libéra avec un sourire d'encouragement, alors que ses yeux s'étaient voilés par la peine et la compassion.
Elle passa près de Lucy.
« Il est dans cet état depuis deux semaine. J'ai tout essayé. Paroles rassurantes, poissons, il dort avec moi, je ne le laisse jamais seul. Mais rien à faire. Il ne parle plus, ne mange presque pas, regarde toujours dehors. Natsu lui manque. Terriblement... »
La fin de sa phrase fût coupée par un sanglot. Des larmes retracèrent les sillons laissés par les autres, mais cette fois-ci c'était de détresse. La constellationniste ne supporterait pas qu'un autre de ses amis proches disparaisse.
Du bout de la queue, Charuru effleura la cuisse de Lucy et lui sourit. Elle se doutait bien que Lucy, et même Grey et Erza malgré leurs difficulté a exprimer leurs sentiments, avaient essayé de consoler et d'alléger la peine de l'exceed bleu. Mais ils n'avaient pas réussi. Désormais, c'était à elle de jouer. À elle de sauver l'être qui l'avait toujours secouru. Sur Nirvana, dans Edolas,...Il l'avait protégé envers et contre tout. À elle de faire de même.
Charuru tapota l'épaule d'Happy. Il ne tourna pas la tête. Elle n'était même pas sûre qu'il l'ait senti. Alors, décidée à ne rien lâcher, elle se planta devant lui et le gifla de toutes ses forces et de toute sa volonté. Le bruit sec résonna dans toute la guilde qui s'était figée et qui regardait à présent la scène avec ébahissement.
« ESPECE DE CHAT IDIOT ! hurla Charuru, furieuse. TU CROIS VRAIMENT QU'EN TE MORFONDANT AINSI TU VAS RETROUVER NATSU ?!
- ...
L'exceed blanche reprit, plus doucement :
-Bats-toi, Happy. Tu te rappelle de ce qu'il avait l'habitude de dire ? On ne meurt pas pour ses amis, on vit pour eux ! Et il n'ait pas mort, j'en suis certaine. Il nous attend. Il t'attends, toi. Alors bats-toi, pour lui. Cesse de te lamenter, Happy. Ne ressasse pas tes souvenirs et vas de l'avant ! IDIOT ! »
Le dernier mot avait était hurlé, plus pour garder contenance qu'autre chose. Les émotions, toutes contradictoires, tourbillonnaient en Charuru. La peine et la compassion pour le petit chat brisé en face d'elle. Parce que c'était certainement lui, le plus touché par la disparition de Natsu. C'était sa moitié, celui qui lui permettait d'aller de l'avant, encore et toujours. Celui dont le sourire était son soleil, sa lumière, sa raison de vivre. Parce que sans Natsu, il n'était rien. Enfin, c'est ce qu'il croyait...
Et la jolie chatte avait bien l'intention de lui démontrer le contraire. Car pour elle, Happy était quelqu'un d'aussi insouciant que courageux. Il avait fallu quatre mois et demi à sa volonté pour s'ébranler, se fissurer et s'effondrer alors que n'importe qui d'autre n'aurait même pas tenu la première semaine. Parce que pour elle, son caractère joyeux, farceur, stupide et innocent était essentiel. Elle ne le montrait pas, rejetant encore et toujours les demandes incessantes du petit chat bleu. Pourtant sans lui, un vide dans son cœur se créait. L'exceed appréciait énormément son compagnon.
Happy, pour la première fois depuis longtemps, regarda quelqu'un en face, les yeux dans les yeux. Et pas n'importe qui. Devant lui l'élue de son cœur se dressait dans toutes sa splendeur, brûlant de son regard d'acier les chaînes qui meurtrissait son cœur. Il la fixait avidement, se rendant compte une fois de plus de la magnificence que dégageait la petite chatte au caractère bien trempé. Son pelage blanc, ses grands yeux marrons qui faisait chavirer son cœur. Toutes ses mimiques, ses gestes, ses qualités et ses défauts, resplendissant de souveraineté. Happy se noya dans sa force, puisant sa volonté dans celle de sa semblable. Puis, peu à peu, alors qu'il digérait lentement le sermon de Charuru, qu'il en analysait chaque mot avant de les assembler telle un puzzle géant, il reconstruisit sa flamme. La force qui lui permettait d'aller de l'avant, de se relever quelques soit les obstacles et la douleur. Le brasier de son âme s'enflammait à nouveau, alors que les souvenirs affluaient.
Sa naissance, lorsque tout le monde l'avait accueilli à renforts de cris de joies. Le visage innocent et illuminé de Natsu, qu'il avait immédiatement reconnu comme étant son « père ».
Sa première partie de pêche avec Natsu et Lisanna. Le dragon slayer de feu lui avait offert une dizaines de minuscules poissons, toute sa récolte, n'en gardant aucun pour lui même si la taille ridicule de son trophée avait bien fait rire le chaton.
La fête organisée pour ses un an. L'alcool avait coulé à flot, il en avait même bu une gorgée qu'il avait tout de suite recraché. Le goût amer de la boisson l'avait dégoûté à vie. Même maintenant sa langue s'en rappelait.
Les années de joie et de rire qui se sont succédées. Les missions, les bagarres, les disputes, les réconciliations,...
Puis la mort de Lisanna, qui les avaient tous bouleversés. Le deuil, long et douloureux. Mais ils s'en étaient remis, ensemble, se soutenant mutuellement. Natsu et lui, ainsi que toute la guilde.
La rencontre avec Lucy, un rayon de bonheur dans leur vie mouvementée. Comment ils lui avaient fait découvrir Fairy Tail, leurs première mission en trio, puis avec Erza et Gray. Son grand jeu qu'il s'était découvert avec son arrivée : l'énerver.
Le Nirvana, et surtout Charuru. Celle qui dés la première seconde, dés le premier regard, avait fait battre son cœur encore blessé par la mort de sa « mère ». Toutes ses tentatives pour la séduire, pour l'approcher et peut-être même s'emparer de son cœur à elle, si hautaine et indifférente mais pourtant tellement généreuse et charmante.
L'aventure à Edolas, puis la « résurrection » de Lisanna. Son âme à nouveau totalement rétablie, prête à surmonter n'importe quelle épreuve...
Jusqu'à l'enlèvement de Natsu. Lorsqu'on lui avait retiré l'unique personne qui ne l'avait jamais abandonné, qui l'avait toujours soutenu, consolé depuis bien avant sa naissance. La personne avec qui il inventait des farces, avec qui il squattait chaque soir le lit de la constellationniste, avec qui il pêchait, riait, plaisantait, combattait, séduisait Charuru...La personne avec qui il ne s'était jamais disputé.
Natsu, l'homme avec qui il avait tout fait, tout éprouvé...
Son univers s'était fissuré, ce jour maudit. Et chaque seconde qui s'écoulait en son absence agrandissait la brèche. Jusqu'à ce que le mur s'écroule.
Et que Charuru rebâtisse, de toute la force de sa volonté et de son courage, son esprit brisé. Qu'elle recolle tant bien que mal les morceaux. Pour lui permettre de se relever, de combattre et de retrouver Natsu.
L'exceed blanche vit au travers des yeux si expressifs d'Happy sa volonté s'affirmer, son âme s'embraser. Et surtout, elle vit son sourire, si joyeux, tellement innocent et plein de candeur.
« J'm'enflamme ! » s'exclama Happy, en souriant à pleines dents tout en se relevant d'un bond, le poing en l'ai, imitation parfaite de l'énergumène aux cheveux roses. Puis, plus bas, à l'attention de celle qui l'avait sauvé : « Merci, Charuru. »
D'un bond, il se releva, et toute traces de peine et de douleur disparurent de son visage. Il prit son envol et rejoignit Lucy, à qui il demanda un poisson qu'elle accepta de lui offrir de bon cœur, non sans un regard reconnaissant à la chatte qui avait dissimulé son sourire derrière une expression hautaine.
La guilde, auparavant silencieuse et immobile, s'illumina. La bonne humeur recouvrée d'Happy avait contaminé l'ambiance générale, et pendant plusieurs heures, le bâtiment reprit toute sa splendeur d'antan. Bagarres comprises. Et dégâts collatéraux avec.
Mirajane souriait, servant par dizaines des chopes de bière aux mages et des tonneaux à Kanna qui les engloutissait à une vitesse folle. À ses côtés, Gildartz qui n'était pas encore reparti, et qui venait de détruire sa chaise et la moitié du bar en se cassant la figure. Lucy se faisait chahutée par un exceed survolté, qui d'ailleurs quitta bien vite sa proie préféré pour aller quémandait un poisson à la barman pour Charuru, ce qui lui valu une remarque et un regard entendu de Mirajane sur sa vie amoureuse.
Gadjeel chantait ( faux ), tandis que la majorité de l'assistance lui balançait toutes sortes de fruits pas mûrs du tout voir complètement pourri pour qu'il cesse son massacre. Elfmann criait à tout bout champ « C'est un homme ! » tandis qu'Erza mangeait tranquillement son fraisier en compagnie de Grey ( habillé d'un simple caleçon, le reste de ses vêtements traînant à droite et à gauche ) .
L'ambiance festive se fit soudainement engloutir par une autre, plus belliqueuse. Tout ça parce qu'Elfmann avait jeté une de ses chaussettes très odorante au dragon slayer d'acier pour le faire taire, qui le chanteur clouté prit très mal. Ce dernier se jeta sur le premier, qui écrasa Grey au passage, qui donna un coup de poing à Fried en pensant que c'était lui, qui s'en prit à Kanna, qui elle frappa à nouveau le pauvre Elfmann, et en moins d'une minute toute la guilde s'était fait embarquer dans le carnage.
Finalement, Erza mit fin au combat en assommant tout ce petit monde. Lucy soupira, jetant un coup d'oeil au massacre qu'était à présent la guilde depuis la protection solide que le bar offrait. La plupart des tables, bancs, chaises et autres mobiliers brisés, des éclats de verre jonchaient le sol, cohabitant avec les corps des mages vaincus. Le T-shirt de Grey qui pendouillait du lustre. Et au milieu de ce capharnaüm, la belle Titania et son célèbre péché mignon : Le Fraisier.
Tout à coup, en surprenant tout les êtres conscients un petit écran surgit de nulle part flotta dans la pièce délabrée. Des images, un peu flou, comme vu à travers un voile blanchâtre, prirent possession de la scène.
Une ville, immense. Les maisons qui se talonnaient, les grandes artères bondées, les petites ruelles insalubres quasiment vides. Puis un château. Fin et élancé, véritable sculpture de pierre. Des tours grandioses qui écrasaient de leur vertigineuse hauteur quiconque s'en approchait.
S'ensuivit une arène, plus en hauteur. Composée d'un ovale de gradin travaillé, soutenu par quatre grands piliers qui représentaient des anciens rois et reines de Fiore, tous extrêmement célèbre.
Après l'arène géante, le massif de falaises, pics et forêts s'entremêlant en un joyeux bazar.
L'image s'effilocha, avant de noircir. Et aussi soudainement que le paysage avait disparu, il réapparut. Enfin, on était au pied de la plus des montagne. Celle dont le sommet n'était pas visible, caché par les nuages qui l'évitait paresseusement. La scène projetée montrait une large cavité, qu'on devinait normalement camouflée par magie grâce à la fausse parois curieusement transparente. Comme si l'image voulait qu'ils comprennent le piège, et qu'ils en saisissent la portée. Tout à coup, une masse noir au reflets gras brouilla la surface de l'écran avant que les contours ne reprennent leur netteté. Des cheveux crasseux, comme des milliers de filaments sales qui se battaient sur une tête. Le crâne, rattaché au corps d'un homme de dos, plutôt musclé mais pas trop, à la démarche très très légèrement boiteuse. Il s'avança, prononça quelques mots qu'ils ne purent entendre et la fausse parois rocheuse s'effaça. L'homme pénétra dans la grotte qui s'illumina. Comme une caméra bien réglée, l'image suivit la personne, restant à quelques mètres pour pouvoir mieux englober le décor. Ce dernier état assez sobre. Un long tunnel éclairé par des lachrymas crachotant un faible halo lumineux, les murs en arc de cercle humide, l'eau suintant du plafond s'écoulant sur eux. Parfois, quelques tâches brunes, grandes éclaboussures au vague aspect rougeâtre. Le couloir s'étendait sur une vingtaine de mètres, plongeant au cœur de la montagne. Puis, une porte, toute simple, en bois cerclé de fer. L'homme poussa le battant et entra. La lumière crue des lachrymas qui flottaient dans l'air à plein régime martyrisait les pupilles habituées au pénombre de l'ancienne pièce. Pourtant l'homme aux cheveux noirs ne semblait pas s'en soucier. Il avança dans la salle et tous purent la détailler. Elle était gigantesque, les parois de la grotte s'élargissant brusquement pour former une titanesque coupole irrégulière et naturelle. Dedans, sur un sol couvert de ciment et taché de toutes sortes de marques, des chaises, des tables, une ou deux poubelles trop pleines, un bar collé au mur à droite. En face, quelques portes fermées. Et partout, entassés sur les chaises, les tables, à même le sol, des hommes et des femmes qui s'inclinait respectueusement devant l'arrivant. Certains étaient visiblement fortement éméchés par l'alcool qu'un barman au regard froid leurs servait par l'intermédiaire de ravissantes serveuses au décolleté plongeant et à la mini robe révélant plus qu'elle ne cachait leurs formes généreuses. Un peu de maquillage provoquant et un sourire aguicheur au visage. L'homme salua la foule est une personne se détacha du groupe. Une jeune femme aux cheveux roux tirant sur le rouge, tressé sur le devant. Elle avait des allures de psychopathe, pourtant parfaitement soumise à l'homme qui lui faisait face. Elle lui annonça quelque chose qu'ils ne purent entendre, mais visiblement ce n'était pas de bonnes nouvelles car le corps de l'impertinente vola à travers la guilde. Puis, l'homme se retourna et commença à apostropher le public qui gardait la tête baissé, espérant que la crise passerait.
L'écran s'éteignit. Et ce fût la tempête.
Lucy eut un hoquet de stupeur, suivit par celui de la guilde entière. Ses yeux noirs cruels, cette bouche au sourire malsain, ces cheveux sales, cette barbe taillée en boule... Ivan ! C'était Ivan ! L'homme qui leur avait tout pris, les plongeant dans ce tourbillon de souffrance éternel. Le maître de Raven Tail, celui dont le sort n'avait même pas besoin d'être débattu. Celui qu'il tuerait, sans remords, et même avec plaisir. Et qu'Erza se fera un plaisir de torturer juste avant. Pendant quelques jours au moins.
Fairy Tail, figée par la stupeur, mit quelques secondes avant de comprendre plusieurs choses. Tout d'abord, l'écran était relié à Charuru. Deuxièmement ce qu'ils venaient de voir était une vision.
« Génial ! S'exclama Wendy en découvrant le prodige qui venait de s'accomplir. C'est génial Charuru, non ? Polyussica a réussi ! »
Son enthousiasme n'atteignit pas la plupart des mages. Enfin, les plus intelligents et les plus vifs. Ceux qui avaient compris le secret que leur dévoilait l'exceed au travers de son don :
L'emplacement de Raven Tail.
La guilde ennemi se situait dans une grotte, ça c'était sûre. Dans une montagne. Ce qui était, somme toute, assez logique. Restait à savoir QUELLE montagne ! Parce qu'il y en avait des centaines, rien que dans une petite partie de Fiore.
« Bon, réfléchissons en commençant par le début, commença Lucy tout en étalant une carte du pays sur la table. Tous se penchèrent sur le parchemin aux coins déchirés. On a vu une grande ville. Ce qui veut dire que ce n'est pas en pleine campagne ou dans un coin reculé.
- Le château, j'en suis sûre, c'était celui de Mercurius ! Pépia Wendy. Je suis allais le voir avec Charuru le jour où nous sommes arrivés à Crocus.
- Wendy a raison, acquiesa ladite Charuru.
- Donc, on partirait du fait que ce soit à proximité de la Capitale, résuma la mage aux cheveux blonds, concentrée sûr sa tâche.
- Après, l'écran nous a présenté le Domus Flau, l'arène des grands jeux magiques. La montagne que l'on cherche doit se trouver de ce côté, ajouta Grey en indiquant l'emplacement de l'arène sur la carte.
- Alors c'est bien celle-là :Le plus grand mont du massif. Je le sais parce qu'on ne voyait pas le sommet, mais qu'en plus je suis certaine d'avoir aperçue de la neige vers le pic. Et on dit que de loin, la chape blanche de neige qui recouvrait perpétuellement la moitié du Mont faisait scintiller la montagne, comme des écailles aussi étincelantes qu'immaculées de dragons. D'où son nom, le Mont Dragon. C'est cette montagne-là ! » Hurla Levy, de sa petite voix stridente très fière.
Pour calmer la petite mage des mots, Gadjil lui tapa légèrement la tête avec un « C'est bon crevette on a compris, pas besoin de gueuler ! » avant d'ajouter, à l'adresse de l'assemblée aux yeux brillants par la joie et l'espoir.
« Bon, on va le buter maintenant, ce maître de pacotille ? Et reprendre Salamander par la même occasion. »
Tout ça avec sa grâce et son tact légendaire. Mais personne n'y fit attention. Tous se précipitait vers la sortie, pressé d'en découdre. Des épées surgit de nulle part les stoppèrent net dans leurs élans.
« Si on y va comme ça, sans aucun plan, non seulement on risque d'avoir pas mal de blessés, mais en plus Ivan pourrait partir avec Natsu sans problème et tout ça parce que vous êtes trop idiots pour mener une attaque convenable et dans la confusion vous gêner mutuellement. De plus, adieux l'effet de surprise. Alors vous restez là. Je veux Luxus, Lucy, Grey et Gildartz avec moi, on va voir le maître pour établir un plan d'assaut. Le premier qui se casse, je le ramène par ce qui lui restera de couille SI il lui en reste, compris ? Et pas de faveur pour les filles, les cheveux assurent des prises efficaces ! »
La voix de Titania claqua comme un fouet, empreinte d'une autorité et d'une assurance sans faille montrant qu'elle est tout a fait capable de mettre ses menaces à exécution. Sagement, laissant tout de même leur déception s'exprimer, les mages rentrèrent tous à l'intérieur de la guilde et se rassirent, prenant leur mal en patience.
Quelques rebelles voulurent jouer au plus malin et le regrettèrent. Vite et très fort.
Ceux qui avait était précédemment interpellé par l'implacable guerrière se rendirent au bureau de Makarov, Erza sur les talons ( après avoir demandé à la jeune guérisseuse de soigner les abrutis parce qu'ils en auront besoin pour se battre ).
Grey poussa la porte, non sans se retenir de la geler sur place. Tout ce qu'il voulait, c'était partir étriper Ivan et libérer Natsu. Pas papoter pendant des heures de stratégie. Pour une fois, son impulsivité réagissait mieux que sa raison. Parce qu'il venait enfin d'apercevoir le bout du tunnel. Parce que maintenant qu'ils connaissaient la position du maître de Raven Tail, tout allait basculer et la vie reprendrait son cours habituel. Les habituels batailles rangées recommenceraient, il pourra à nouveau se bastonner tranquillement avec Natsu, et surtout lui mettre un bon pain en pleine face pour faire définitivement passer l'angoisse et la colère qui s'étaient amassées ces derniers mois en lui. Exorciser toutes les émotions négatives qui lui broyaient le cœur par les poings avant de cicatriser grâce à son sourire exceptionnel, celui qui le définissait si bien.
À sa suite, Lucy perdue dans ses pensées, pour le moins meurtrières. Envers Ivan principalement, parce que cet homme était la source de tout les malheurs que subissait la guilde depuis maintenant les cinq mois les plus longs de son existence. Et un peu envers Erza, qui l'avait empêchée de se précipiter au secours de son meilleur ami. Bien qu'elle comprenne tout à fait les raisons de la mage aux cheveux écarlates, bien qu'elle sache qu'une action irréfléchie risquait de compromettre la vie de Natsu, son cœur meurtri, insidieux et égoïste ne pensait qu'à le rejoindre, à le serrer dans ses bras et à recouvrer son ancienne vie, ses anciennes habitudes pour reléguer ces cinq mois au rang de cauchemar. Elle ne supportait plus l'ambiance macabre qui avait remplacée celle festive de la guilde en son absence. Le bonheur. Elle ne souhaitait plus qu'une chose, être heureuse.
Était-ce trop demander ?
Luxus franchit à son tour la porte qui menait au bureau de son grand-père. Il n'avait même pas songé à contredire les ordres d'Erza, ce qui ne lui ressemblait pas. Mais il était las. Fatigué de ce stress permanent, de ce désespoir qui griffait profondément son cœur à chaque fois qu'il pensait à son petit frère enlevé. Parce que oui. Après avoir tenté de prendre Fairy tail par la force et échoué, seul dans le désert, il avait réfléchi. Longtemps, entre quelques bagarres, les repas et les siestes. Pour s'apercevoir que finalement, le jeune survolté avait raison. La guilde était très bien comme elle était. Tout ce qu'il avait fait, lui, c'était céder à sa faiblesse. Pire encore, il avait causé du tord à ceux qu'il aimait comme si c'était sa famille. Ça aussi il avait mis très longtemps à s'en rendre compte, puis à l'admettre. Mais à présent, grâce aux événements sur l'île Tenrou et à Gildartz qui l'avait réintégré, il pouvait porter l'emblème de Fairy Tail et surtout en être incommensurablement fier. Ce qu'il avait prouvé face à Purehito, le second maître et à son père .
Tss.
Ce type, il aurait mieux fait de l'exploser à tel point qu'il aurait mis des mois à s'en remettre. Mais Luxus se promit de se rattraper. Après tout il venait de découvrir la cachette de ce lâche.
Et suivant l'état dans lequel il récupéreront Natsu, il verrait bien s'il le laisserait en vie. Enfin, pas s'en l'avoir bien torturé comme il faut au préalable.
Le dragon slayer de deuxième génération se lécha les babines, un sourire de prédateur au visage.
Gildartz suivit les trois personnes avant lui. Sur son visage cerné, un léger sourire flotté, chargé de promesse de vengeance et d'espoir. Enfin, ils touchaient leurs but : Récupérer Natsu et mettre une bonne correction au gamin de Makarov. Rien qu'en y pensant, sa magie enflait en lui, tourbillonnant comme un fauve en cage qui n'attendait qu'une chose, se libérer. Mais il ne lui accorda pas ce plaisir. Pas maintenant.
Après ces cinq mois éprouvant, il allait enfin avoir de l'action. Et surtout il pourra enfin revoir son « fils » au sourire si particulier. Il se souvenait encore de la douleur qui lui avait broyé le cœur quand il était revenu d'une longue et périlleuse mission de rang S-S. La ville de Magnolia ne s'était pas arrangé à son arrivée comme d'habitude, ce qui avait causé la destruction d'une dizaine de maison sur son passage. Mais le mage ne s'en était pas rendu compte et avait poursuivi son chemin jusqu'au moulin qui leur servait à présent de guilde. Lorsqu'il avait franchi le seuil de Fairy tail, seul le silence avait répondu à son salut. Puis les sanglots déchirants d'Happy qui venait de se précipiter dans ses bras. Sa surprise au fur et à mesure que Gildartz découvrait les visages ravagés de ces compagnons, puis du maître. « Quelqu'un est mort ? » avait-il alors demandé, la peur au ventre en ne voyant pas quelques-uns de ces compagnons dont Natsu, alors que son équipe était présente. Et là, une Erza qui retenait courageusement ses larmes lui avait tout racontée. La dispute, le vol plané de Natsu, puis son absence. La mission, le retour, et finalement la disparition évidente de Natsu. Sa culpabilité se ressentait aux trémolos qui agitait sa voix d'ordinaire aussi assurée qu'autoritaire.
Et là, la déchirure avait mordu son cœur. Sa raison, qui pour ne pas sombrer, avait tenté d'établir toutes les causes possibles d'un retard éventuel de Natsu. Puis, au fur et à mesure que tous démontait ses convictions, il s'était sentit défaillir. Pourtant, son corps était resté droit, le visage impassible, mais le regard lointain. Une larme, une seule avait témoigné de sa détresse.
À présent il s'était repris en main, et une fois le choc passé, il avait décidé de rester pour aider aux recherches et surtout soutenir le maître qui culpabilisait énormément.
Erza ferma la porte derrière elle. Elle regrettait un peu d'avoir dû retenir ses camarades comme elle l'avait fait, mais elle n'avait pas le choix. La situation devait être rapportée, analysée, puis ils devaient ensemble trouvée un plan infaillible pour ramener Natsu à la maison sans qu'il ne lui arrive quelque chose. C'était d'ailleurs pour ça qu 'elle avait demandé aux quatres personnes de monter avec elle. Lucy, parce qu'elle était intelligente et que son imagination tordue d'auteur pourrait leur servir. Grey pour éviter qu'il ne parte seul, ni vu ni connu. Et parce qu'il était intelligent, pour peu qu'un certain mage aux cheveux roses ne soit pas à côté. Gildartz, c'était le plus vieux et le plus sage après le maître, ainsi que le plus fort. Sa place était donc obligatoirement ici. Et Luxus parce qu'il était extrêmement intelligent derrière ses airs de grosse brute bourru. Rien que l'ancien jeu qu'il avait organisé pour devenir maître suffisait à le prouver.
Lorsque le maître leur demanda la raison de leur venue, la guerrière se retrouva porte-parole du groupe. Elle leur lança un regard noir, particulièrement appuyé vers Gildartz et Luxus qui aurait dû expliquer la situation à sa place. Mais elle remplit sa tâche, de sa voix assurée, sans une once de doute malgré les assauts de son esprit qui lui hurlait qu'à chaque seconde qui passait, Natsu se rapprochait un peu plus de la mort.
Et de la peur qui l'étreignait de ses bras glacées...
…...
Dans la guilde silecieuse, Elfmann tenait tant bien que mal assit sur son tabouret. Mirajane avait compris que si Erza ne lui avait pas demandé de venir, c'est parce que c'était la seule capable de tenir un troupeau de mage plutôt tendu. Elle servit une boisson non-alcoolisée à son frère, qui la remercia machinalement, le regard rivé sur la porte du bureau du maître. Ça faisait maintenant trente-et-une minute, quarante deux secondes qu'ils discutaient. L'impatience en bas ne faisait qu'augmenter au fur et à mesure que le temps passait.
Trente-deux minutes.
Le géant à la peau mate et aux cheveux blancs grogna, tout en entamant un mouvement de va et vient qui faisait vaciller son support, déjà mis à mal par son poids pour le moins... important.
Une main réconfortante l'apaisa par son simple touché sur son épaule. Il ne se retourna pas, aillant déjà reconnu la détentrice de la source de chaleur. Lisanna, sa plus jeune sœur, lui sourit tendrement avant de déposer un bisous sur sa joue.
« Patience Elf-nii... » lui murmura-t-elle d'une voix paisible, trahi par ses intonations contenues.
Car en vérité, elle était autant, voir plus pressée que son tas de muscle de frère d'aller à la rencontre d'Ivan, de le rouer de coup et d'aller chercher son précieux meilleur ami. Hors de question qu'elle le laisse croupir une seconde de plus dans cette guilde pourrie jusqu'à la moelle, entouré par des personnes assoiffés de sang. Pas lui. Il ne le méritait pas, alors que toute sa vie il n'avait fait que réconforter les personnes qu'il croisait simplement en souriant, parfois en apaisant leurs peines grâce à un simple contact, les laissant partager son fardeau avec lui, portant sans faillir le poids qui entravait les autres. La cadette frissonna et son étreinte sur l'épaule d'Elfmann se resserra. Il lui manquait tant...
Trente-huit minutes et vingt-deux secondes.
La porte qui séparait le bureau de Makarov à l'escalier et qui conduisait au hall s'ouvrit. Les cinq membres de Fairy Tail ( dont le maître ) en sortirent.
Rapidement, ils exposèrent le plan de sauvetage et expliquèrent individuellement le rôle de chacun.
…...
Le lendemain, six heures du matin. Le soleil se levait lentement sur la paisible ville de Magnolia, quelques brumes s'évaporant paresseusement des habitations endormis. La rosée du matin chatouillait les rares passants qui se dirigeaient vers leur lieu de travail d'un pas pressé.
Pourtant, un peu à l'écart, devant un moulin à l'emblème de la célèbre guilde des fées, un groupement de personnes discutait à voix basse, se donnant les derniers ordres et les derniers conseils. Quelques minutes plus tard, les chuchotements cessèrent. Un petit homme à la moustache blanchi par l'âge venait d'attirer l'attention général. Il fit quelques mouvements avec ses mains, remuant des lèvres, et tous acquiesçaient à se qu'il semblait être la fin de chaque phrases. Puis, les personnes se prirent par la main, certaines en se souriant mutuellement de manière confiante, d'autres en s'échangeant des regards angoissés, mais déterminés. Quiconque aurait pu voir cette scène de loin aurait remarqué les liens puissants qui unissait chacune des personnes à son prochain. Et malgré le sérieux qu'ils dégageaient, on ne pourrait s'empêcher de sourire tendrement en les voyants, tout en se demandant si un jour on connaîtrait un bonheur identique.
Le mains du vieil homme s'illuminèrent de magie, brillants de milles feux. Des runes apparurent sous les pieds du cercle d'homme et de femme. Puis, dans un gigantesque cercle blanc, de magie pure et éclatante, les silhouettes s'effacèrent peu à peu. Et en un éclair, ils disparurent...
Pour réapparaître à une centaine de mètre du fameux Mont Dragon, où Ivan se cachait.
Le jeu du chat et de la souris était terminé, et à présent les proies allaient devenir chasseurs...
Le plus grand sauvetage de Fiore jamais entreprit venait de débuter dans le plus grand des secrets.
Pourtant, quelques part dans une pièce éclaboussée par du sang frais, un jeune homme souriait tendrement, les yeux clos et la respiration sifflante.
« Vous êtes arrivés trop tard... » murmura-t-il dans son sommeil visiblement agité.
