Bonjour à tous!
Tout d'abord, s'cusez-moi pour la loooongue absence. Certains d'entre-vous ont peut-être déjà remarqué ma réapparition avec la suite de Lorsque l'impensable est commis, ou le nouveau recueil Recommencement. Si c'est le cas, sautez ce paragraphe! Sinon, je tiens à m'excuser. Je n'ai pas trop d'excuses, si ce n'est plus d'inspiration, ou manque de temps quand une étincelle m'illuminait. Trop peu pour vous dire combien je suis vraiment désolée..
Les deux chapitres que je vais poster à deux semaines d'intervalles sont des chapitre déjà publiés sur un autre site, et donc pas des 'nouveaux' chapitres au véritable sens du terme. Je bosserais vraiment sur cette fiction après le bac. Il y aura sûrement des chapitres réecrits, avec tout ce qui vient de se dévoiler dans le manga ça me paraît approprié. Donc pour le moment, deux chapitres pour vous dire que j'existe encore, et plus tard j'espère la suite, la vraie.
En vous souhaitant une bonne lecture et remerciant spécialement du fond du coeur tout ceux qui ont laissés des commentaires, ou même ceux qui lisent/suivent et mettent en favoris cette histoire! Puisse le Dieu de la lecture vous contenter avec de bonnes fictions!
Résumé de tout les chapitres précédant : Un beau jour Natsu disparaît brutalement. Lorsqu'il devient clair qu'il ne peut pas rentrer et qu'il a sûrement été kidnappé, les recherches commencent. Elles rassemblent plusieurs guildes, tous s'unissant pour le retrouver. Mais le temps passe et toujours aucun indice. Le moral est au plus bas et tous affrontent différemment la perte d'un être cher tout en entretenant sa foi en Fairy Tail. Finalement, alors que la plupart des guildes alliées ont abandonné, une vision de Charuru change complètement la donne. Le ravisseur est identifié, et le visage malveillant d'Ivan se dévoile ainsi que la localisation de Raven Tail. Fairy Tail reprend courage, mais aussi Sting et Rogue qui sont restés. Finalement un plan est monté et c'est impatients, fébriles,terrifiés, haineux et plein d'appréhensions que les combattants vont se ruer à l'attaque.
Lucy se leva silencieusement, la peau collée par la sueur. Des cauchemars, tous plus terrifiants les uns que les autres avaient hanté son esprit, successivement. Et à chaque fois, l'horreur la submergeait, l'étouffait. Comme un poids gigantesque sur sa poitrine, qui l'oppressait. Elle était légèrement essoufflée, cherchant à reprendre un rythme cardiaque à peu près normale. Ses pupilles dilatées, doublée de sa paranoïa naturel et de son imagination débordante créaient des ombres menaçantes où qu'elle pose son regard. Le lit caché en dessous de son matelas douillet une horde de monstres assoiffés de sang, sa chaise où quelques habits traînaient avait l'allure d'une pomme de terre mutante, ses rideaux qui se soulevaient de temps à autre à cause du vent, aidé par une pleine lune blafarde, teintaient ses murs d'êtres surnaturels. Des loups-garous, des vampire, des chauves-souris, des tortues ninjas,...
Toujours submergée par la peur qui lui tordait les entrailles, et malgré toutes ses bêtes qui remplissaient sa maison, ce n'était pas ça qui lui faisait le plus mal. Mais la réalité terrifiante de ses cauchemars au goût de sang et d'une violence sans nom. La jeune constellationniste avait vu Natsu, son meilleur ami, son confident, se faire tuer encore et encore sous ses yeux. Souvent torturé à mort devant elle, alors qu'impuissante elle ne pouvait même pas esquisser l'once d'un mouvement. Sa bouche obstinément close refoulait ses hurlements abominables. Seules uniques vainqueurs de cette immobilité forcée, les larmes avaient roulées sur ses joues encore et encore, tel un flot intarissable. Sa douleur, sa détresse, l'immense culpabilité qui la rongeait, tout n'était montré que par cette pluie incessante. Ce n'était pas que son corps qui sanglotait. Non, c'était toute son âme qui hurlait son horrible impuissance, sa honte et sa peine. Et elle avait peur. Trop peur. Ce qui avait toujours été une angoisse sourde mais palpable, qu'elle avait clôturé à double-tour dans son cœur, destiné à être caché aux yeux de tous -sans qu'elle sache qu'elle n'en était que plus évidente- n'était plus rien face à celle qui l'emprisonnait à présent. Le corps tremblant de cette frayeur instinctive qui l'empêchait de dormir convenablement et peuplait sa nuit – non, ses nuits – de cauchemars.
Un hoquet douloureux franchit la barrière de ses lèvres. Suivit d'un autre, lui-même répété à l'infini. Les larmes coulaient à nouveau de manière inconsidérées. Lucy se roula en boule dans son lit. Elle savait qu'à deux pas de sa couette, il y avait Erza, Grey et Wendy. Mais les réveiller lui paraissait complètement disproportionné. Ils avaient tous besoin de sommeil, et ce n'était certainement pas elle qui allait les empêcher de dormir. Alors, supportant le poids de sa résolution en silence, Lucy ferma ses paupières et tenta de se rendormir tout en maîtrisant relativement bien ses sanglots.
Erza s'assit sur sa couchette telle un chat, sans émettre le moindre son trahissant son réveil. Toujours aussi furtivement, elle retira sa couette, se mit debout, et rejoignit en deux enjambées le lit de la constellationniste. Se glissant dedans, la mage guerrière sentit la surprise teintée de frayeur de son amie. Sans qu'une parole ne soit échangé, elle la calma en la prenant tendrement dans les bras. Cet acte n'était pas naturel pour elle, mais pour cette fois, il lui paraissait le plus pertinent. Et en effet, la jeune mage blonde se calma rapidement dans son étreinte. Elle la serrait comme si sa vie en dépendait. L'épéiste la coucha avant de s'allonger à ses côtés, les deux jeunes femmes profitant de la présence de l'autre pour se rassurer.
Et juste avant qu'elles ne sombrent dans les bras de Morphée, une petite silhouette accompagnée de deux chats les rejoignirent dans le lit où elles se firent une place dans les bras de la constellationniste. Le groupe s'endormit plus paisiblement, même si on ne pouvait pas encore parler de tranquillité. Parce que leurs démons restaient là, tapis dans l'ombre, à l'affût de la moindre faille...
Grey ne dit rien, mais avait tout entendu. Les pleurs de Lucy lui avait fait mal. Très mal. Tout ça parce qu'il se sentait incapable de la rassurer. Déjà qu'il n'arrivait pas à le faire pour lui...
Sa propre peur lui taraudait l'esprit et il peinait à la refréner, à ne pas l'exprimer. Les larmes menaçaient de déborder, et même si son apparence était parfaitement calme et immobile, la tempête de son âme ne s'était en aucun cas apaisé.
Et si il ne retrouvait pas Natsu à temps ? Et si ses blessures le tuer à petit feu, tout comme Déliora dans sa glace, et qu'au final, ce ne soit plus qu'une enveloppe contenant un dernier souffle de vie qu'ils récupérons ? Et si ce n'était pas tellement son corps, mais plutôt son esprit qui était touché ? Et si tout ne redevenait pas comme avant ?
Les quelques jours avant la disparition peuvent très bien être les derniers. Fairy Tail se relevait toujours, même des pires tourments. Mais jamais, au grand jamais, ils n'avaient pris cette ampleur démesurée. Qu'un de leurs compagnons se fasse enlevé, c'était déjà arrivé. Mais qu'on le torture à mort -parce qu'il était certain qu'Yvan n'allait pas jouer à la dînette avec lui- pendant cinq mois complet, ça, c'était nouveau. Et bien pire...
La conscience subjuguée par sa détresse, il trembla légèrement. Pas suffisamment pour réveiller les filles, mais assez pour montrer à quel point il se sentait mal...
Finalement, alors que son imagination tournée à plein régime, bien décidée à ne pas le laisser en paix, il s'endormit, oscillant entre cauchemars et souvenirs...
Le lendemain arriva bien avant qu'ils ne puissent se reposer convenablement. Mais il était tellement attendu, cet aurore rouge du sang qui allait bientôt se verser, que personne n'en tint rigueur. Aux premières lueurs rougeoyantes, alors que l'or des rayons peinaient à traverser les rues encore sombres de Magnolia, Fairy Tail était levée et apprêtée. Tous s'était réuni devant le bâtiment principal de leur guilde, tantôt encore embrumé par les dernières brides du sommeil léger qu'ils avaient pu atteindre, tantôt déjà prêt à en découdre. L'anxiété générale, mêlée à la fébrilité de tout ces mages se faisait ressentir dans une atmosphère chargée d'orage. Leurs foudres allaient s'abattre sur Raven Tail. Et leurs colère allait se déchaîner. Et malgré la peur omniprésente quant à l'état de leur camarade qui assombrissait leurs humeur déterminée, ils ne se laissaient pas faire et continuaient les quelques préparatifs avant leurs départ.
Finalement, après une petite demi-heure de flottement pendant laquelle tout se mettait définitivement en place une fois les runes inscrites au sol par Levy et Fried, une fois tous équipés en objets magiques de combat, et une fois les épées et magies diverses affûtées au maximum, les mages se mirent en cercle. Chacun se tenait la main, s'unissant face à leurs destin. L'électricité crépitait dans l'air tellement leur impatiente fébrilité alourdissait l'ambiance. Chacune de ces mains soutenaient celles des autres, leurs apportant soit le courage nécessaire, soit la volonté, ou bien tempérait les plus impatients d'en découdre. Enfin, le maître ferma le cercle et commença l'enchantement. Ce dernier était complexe et les accents graves et chantants lui donnait des allures sauvages. La magie, d'un blanc aussi pur que royal, commença à s'amasser dans le cercle de rune. Comme des tentacules blanchâtre, des fantômes vivants, qui s'enroulaient et se déroulaient au gré de la fantaisie d'un artiste quelconque. Peu après, les corps s'illuminèrent,véritables joyaux étincelant dans l'aurore rouge qui les sublimaient. La source incandescente subjugua celle du soleil naissant, donnant à la scène un aspect irréelle et improbable. Les arbres autours commençaient à fleurir à une vitesse impressionnante, accomplissant plusieurs semaines de travail en l'espace de quelques minutes. De même, l'herbe, les fleurs et tout les végétaux s'embellissaient, grandissaient et fleurissaient à un rythme effréné. La magie à l'état proche de celle originelle pulsait dans l'air et les vagues magiques étaient discernables à des kilomètres à la ronde. Le chant profond qui se jouait donnait des accents de cérémonie à ce sort surpuissant. Et enfin, dans un éclair aveuglant d'une blancheur absolue, ils disparurent. Sans laisser d'autres traces qu'un cercle de runes devant l'entrée de la guilde, ils s'étaient simplement volatilisé. La magie qui avait été puisé à toute petite dose dans chacun des mages avait été assemblé en un amas gargantuesque, permettant aux mages de se téléporter sans trop d'effort. Le maître avait servi de catalyseur, et avait ensuite rejeté tous les Ethernos sous la forme complète de ce sortilège. Son niveau de magie exceptionnel, sa connaissance affinée, et son corps -bien que vieux- habitué à manipuler de grandes quantités de magie lui avait permi de maîtriser ce sort du plus haut niveau.
Ils étaient partis. Et rien ne pourra les arrêter. La roue du Destin s'était définitivement emballée. Tout allait se jouer maintenant. Mais si ils avaient put prévoir ce qu'il se passerait ensuite, ils auraient tout fait autrement. Mais maintenant il était trop tard. Les choix avaient été faits, les dés lancés, et rien ne pourra jamais les sauver...
Les fées allaient connaître les abysses du désespoir après avoir tant espérés...
Ivan sortit de la salle. Ses mains étaient rouges de sang frais, qui ruisselait encore en de fines gouttes qui s'écoulaient le long de ses doigts, terminant leurs voyage par une chute libre jusqu'au sol. L'écarlate brillait de mille feux sous la lumière vivante des torches. Mais il n'avait pas que ses mains de tachées. Ses vêtements ressemblaient plus au tablier d'un boucher à présent, et quelques éclaboussures s'étaient égarées jusque sur son visage. Le maître de Raven Tail se lécha la lèvre supérieur en émettant un petit rire. Plus que quelques jours, et enfin ses cinq longs mois allaient porter leurs fruits. Il en frémit d'excitation. Une fois cette étape franchie, rien ne l'arrêterait plus. Les fées allaient se faire décimer par les corbeaux. Après tout, rien n'est plus fragile que ces petits êtres aux vies aussi mystérieuses qu'éphémères.
Est-ce que les fées ont une queue ?
Personne ne le saura jamais. Parce que les dernières vont très bientôt mourir...
Un rire démoniaque lui échappa, alors qu'il continuait sa route sur le chemin vide et caillouteux dans le tunnel éclairé par des torches enflammées. Son ombre se mouvait au fur et à mesure le long des parois suintantes d'eau et rougies par quelques taches de sang séché. Finalement, elle s'arrêta en même temps que son propriétaire devant une lourde porte de bois et d'acier. Celle-ci, dissimulé dans un mur peu travaillé et envahi par le lierre, qui poussait on ne sait trop comment dans cet espace clos et sombre, était à peine visible. Seule la poignée, pour qui savait bien regarder ou savait quoi chercher était visible. Et encore... Ivan passa le seuil de la porte, fléchissant légèrement sous son poids. Les membres de sa guilde présents, soit presque tous, tournèrent la tête à son arrivé. Sa tenue ensanglantée les laissèrent de marbre. Si au début les plus sensibles avaient été choqués, maintenant ils en avaient l'habitude. Depuis cinq longs mois, il revenait tout les jours -voir même plusieurs fois dans la même journée- de cette pièce, taché des pieds jusqu'à la tête de sang frais. Et alors que le maître de Raven Tail allait rejoindre ses quartiers pour se changer, une explosion anéantit la porte.
Les mages le plus proches se retrouvèrent projetés à plusieurs mètres, retombant avec lourdeur sur les dalles froides. Les meubles ne furent pas épargnés, et quelques-uns furent légèrement blessés par les morceaux de bois et les gravats qui volaient telles des comètes. Furieux, Ivan se dirigea vers la porte d'entrée. Qui que ce soit, on ne venait pas l'insulter impunément. Il allait le regretter...
Levy s'approcha de l'entrée dissimulé de l'ennemi. Elle sentait la magie toute proche comme une vague malsaine qui l'a laissait nauséeuse. À ses côtés, Fried, qui allait l'aider à défaire le sort, et Gadjeel qui pour une raison inconnue avait absolument tenu à les accompagner. « Pour les protéger » avait-il dit. La mage des lettres n'en croyait pas un mot. Mais elle était sincèrement heureuse qu'il vienne. Ce simple fait prouvait qu'il s'intéressait au moins un peu d'elle. Elle sortit de ses pensées lorsqu'elle rencontra la surface dure d'un morceau de la falaise.
Non, pas d'un morceau de la falaise.
De l'entrée à Raven tail.
Se tenant le nez d'une main pour contenir la douleur, elle palpa de l'autre les faux rocs devant elle tout en murmurant un petit « Aïe » quasiment inaudible. L'oreille aiguisée du dragon slayer d'acier capta la plainte mais il ne dit rien, respectant le choix de sa camarade. Il l'observait palper la roche qui se présentait à elle, cherchant à déterminer quel sort était employé et jusqu'où il s'étendait.
Fried raffermit sa prise sur son sabre, ignorant délibérément les sueurs froides qui lui collaient au corps. Il ne trouvait pas étonnant que les villageois proches aient appelé cette portion de la forêt « L'ombre de la Mort ». L'atmosphère était lourde, oppressante, et avec un peu de subtilité et une connaissance assez approfondie sur les multiples magies de ce monde, on pouvait déchiffrer dans l'air les odes d'un sort puissant. Se basant au mieux ce qu'il avait nommé le « sixième sens des mages », Fried tenta de trouver la source de ce pouvoir. Fermant les yeux et s'isolant mentalement du monde, il s'engouffra dans les ténèbres adjacentes, déployant de soyeuses ailes impalpables.
Luxus grondait sourdement. Il se sentait comme tout les autres mal-à-l'aise, et même plus. Tout son corps indiquant clairement le danger, frémissant au moindre bruissement, au moindre son. Ses capacités auditives semblaient avoir doublées, le troublant plus qu'il ne l'était déjà. Du regard il capta la silhouette gênée et déconcentrée de Wendy, ainsi que celle qui tentait de rester immobile du mage d'acier. Eux aussi semblaient éprouver le même phénomène...
Pour une fois, il souhaitait ne plus posséder une carrure aussi imposante. Nab tentait tant bien que mal de se fondre dans le paysage, suant à grosse goutte. Il ne savait pas exactement pourquoi, mais une peur irrationnelle avait pris place dans ses entrailles, inhalant presque toutes ses capacités de réflexion. Seule la présence rassurante de ses compagnons et la force tranquille qu'ils dégageaient l'empêchait de prendre ses jambes à son cou. Ainsi que la haine envers Raven Tail, et le désir de revoir Natsu. Ils ne se connaissaient pas vraiment, même si ça faisait des années qu'ils se côtoyaient. En même temps l'un était fort, l'autre faible. L'un était d'un courage inébranlable, l'autre incapable de prendre une mission, pétrifié à l'idée qu'elle tourne mal. L'un vivait d'aventure, l'autre de boissons. Et ainsi de suite. L'homme aux cheveux et à la barbe noire ne pouvait tout simplement pas s'imaginer aux côtés d'un être pareil. Il fallait au dragon slayer de véritables amis de sa trempe, pas un lâche peureux comme lui.
Mais pourtant, sa perte lui était douloureuse. Parce que sa présence bruyante dans la guilde lui manquait. Son sourire et les bagarres qu'il entamait aussi. Bien évidemment jamais il ne prétendrait connaître ne serait-ce qu'un quart de l'horreur que doivent vivre Happy, Lucy, Erza ou même Grey. Seulement, il se sentait un peu vide lui aussi, comme un manque perpétuel...
Lévy scannait l'illusion matériel devant elle, analysant avec une rapidité surhumaine sa composition. C'était une mage qui se battait avec sa tête bien plus que son faible pouvoir magique. La mission qui lui incombait était largement dans ses cordes. Soupirant une dizaine de minutes plus tard, elle adressa un sourire victorieux à Gadjeel avant de se tourner vers Freed qui n'avait pas encore bougé. Les yeux fermés, il ne semblait plus dans ce monde. Ses longs cheveux verts flottaient doucement dans le vent, se fondant avec grâce dans le paysage boisé. Sa veste rouge et or tranchait l'ambiance, mais uniquement pour mieux y retourner.
Ce fût un Gadjeel passablement irrité par la lourdeur constante de l'air, la magie noire agressive et l'amélioration étrange de ses sens qui réveilla le jeune homme aux cheveux couleur pomme. Ce dernier eut un geste de recul, ayant totalement perdu ses repères. Mais aucun des deux ne le prit mal, comprenant parfaitement.
Pendant que Fried et Lévy discutaient de tout ce qu'ils avaient relevés, le reste de Fairy Tail avait du mal à tenir en place. L'impatience et le mal-à-l'aise les tenaient de manière diamétralement différente, faisant tourner l'imagination des mages. Certains se passaient des dizaines de scénarios de batailles en boucles, d'autres s'efforçaient de penser autre chose que leurs présence ici, d'autres encore tentaient de ne pas trop se demander comment allait Natsu. Mais ces dernières suppositions étaient les plus tenaces. Jouant avec cruauté avec le cœur des gens, elle s'évertuait à créer des scénarios plus horribles les uns que les autres, forçait l'esprit fébrile à s'interroger encore et encore. Comment est-ce qu'il allait ? Était-il blessé ? Les reconnaîtrait-il ? Serait-il furieux ? Qu'avait fait Ivan ?
Le moral du groupe n'était pas au plus bas, mais loin d'être au sommet de leurs forme. Leurs conscience les torturaient sciemment, alors qu'ils étaient forcés à patienter, leurs résistances s'égrainant lentement au fil des secondes. Dans leurs mains les minutes filaient et leurs mettaient à dur épreuve leurs nerfs trop à vifs. Leurs têtes étaient leurs propres prisons dans ce moment crucial, chacun estimant ses chances sur différents sujets.
Et pourtant.
Et pourtant l'harmonie nacré du groupe était formidable. Seuls, chacun serait partit, même les plus courageux. Seuls, ils se seraient perdu dans la folie environnante, dans l'agressivité négative de cette magie qui broyait l'air. Seuls, ils n'auraient jamais pu venir jusqu'ici. Seuls, ils auraient échoué.
Mais ils n'étaient pas seuls. Ils faisaient partis d'un seul et même ensemble, une unité avec un objectif commun, des sentiments communs, une rage commune. Ensemble ils se sentaient mal. Ensemble ils avaient peur. Peur pour Natsu, pour l'avenir de cette guerre qui se profilait, peur pour eux aussi, même si la plupart n'en avait pas conscience. Mais ils étaient un tout composé d'une multitude de personnalités, de croyances, de magies, de forces, et de tellement tant de choses qu'on ne peut toutes les énoncer.
Ils étaient une Famille unie pour qui la vie de chacun était aussi précieuse que la sienne.
Sting observait avec sidération cette masse puissante, ce bélier qui allait défoncer la porte de l'ennemi. Ces nombreux mages tous aussi déterminés les uns que les autres, portés par le courage de tous. Il pensait avoir vu les aspects les plus redoutables et les plus beaux de cette guilde surprenante lors des Grands Jeux Magiques et de la confrontation qui avait eu lieu. À présent, il se sentait idiot pour s'être fourvoyé à ce point. Cette volonté incassable, c'était la même que celle à qui il avait tenté de s'opposer, lors de la dernière épreuve.
Non, pas la même.
Elle était une centaine de fois plus puissante, éclatante aux milieu des ténèbres environnantes. Générée par une guilde entière, un cœur unique. Et malgré son appartenance à l'ancienne guilde ennemie, malgré les erreurs du passé, le dragon slayer de lumière ne s'était jamais senti aussi intégré. Même dans la nouvelle Sabertooth dont Orga était devenu le maître, ces liens n'étaient pas aussi puissants et soudés. Amusé malgré la situation, il ne pouvait s'empêcher de remarquer qu'eux, les anciens mages les plus puissants de Fiore, avaient encore du progrès à faire pour rattraper l'éblouissante Fairy Tail.
Un cri de joie perça l'air et les songes qui occupaient les mages. Tout les regards se tournèrent vers la source du bruit qui n'était autre que Lévy. Elle afficha un sourire trois fois trop grand pour son visage fin, mais d'une beauté à couper le souffle. À ses côtés Gadjeel lança son célèbre rire, mais avec une fierté mal-caché. Et Fried adressa un sourire victorieux à celui qu'il considérait comme son leader, Luxus. Ce dernier acquiesça, le regard brusquement plus carnassier.
Devant les yeux du maître qui contemplait la scène aux côtés de son petit-fils, la bouche noire de l'entrée de l'ennemi se dessina. D'abord floue, elle gagnait de seconde en seconde de la netteté, se dévoilant doucement sous leurs yeux avides. Enfin la grotte qu'ils avaient découverts lors de la vision de Charuru s'imposa. D'un noir aussi sombre que de l'encre elle dégageait des relents âcres de pourriture. Les oreilles sensibles de Wendy captaient à la perfection les milliers de gouttes qui ruisselaient sur les parois suintantes. Frissonnant malgré elle, elle croisa le regard rassurant de Charuru. Immédiatement son menton se releva, ses yeux se firent plus durs et déterminés. Elle ne faillira pas.
Le maître de Fairy Tail juchait sur une pierre se racla la gorge, attirant l'attention de tous.
« Il est l'heure de montrer à la guilde qui a osé s'en prendre à l'un d'entre nous ce qu'il en coûte de s'opposer à Fairy Tail. Quelque soit l'issue du combat, n'oubliez pas pourquoi vous êtes ici. N'oubliez pas les amis qui vous protège, n'ayez pas peur. Combattez avec vos frères et sœurs, laissez éclater votre colère ! »
Il reprit son souffle alors que son discours enflammé ranimait les flammes de la victoire et la colère dans les cœurs torturés par l'atmosphère, chassant les ténèbres qui y logeaient.
« Nous allons aujourd'hui chercher notre frère à tous, notre ami et camarade ! Et enfin, lorsque tout sera fini, nous retournerons tous à la maison. Ensemble. » sourit Makarov, affichant une joie sereine à l'idée de rentrer enfin, sortis de ce cauchemar. Puis ses traits se durcirent à nouveau et la détermination faisait flamber ses pupilles.
« L'équipe B, vous faites la percée. L'équipe C et D, assurez les côtés. L'équipe A, au milieu, vous savez quelle est votre objectif. L'équipe E vous protégez les arrières. Ne vous précipitez pas immédiatement sur tout ce qui bouge. Je veux qu'on amène l'équipe A le plus loin et avec le plus de sécurité possible pour qu'il puisse accomplir leurs rôle au plus vite ! »
Une nouvelle pause, comme l'ultime battement d'aile d'un papillon pour déclencher l'Ouragan.
« QUE L'OPERATION DE SAUVETAGE COMMENCE ! »
Et comme un tsunami Fairy Tail et les dragons slayers jumeaux s'élancèrent d'un bloc. L'entrée auparavant sombre s'illumina sous l'éclat des magies activées, prêtes à combattre. Quelques uns lancèrent des cris de guerre, expulsant le surplus de fébrilité et d'adrénaline, ainsi que leurs craintes les plus primaires. Aucuns d'eux n'aimaient se battre ainsi, s'engager dans une guerre où seule l'extinction d'un des camps pouvait terminer le carnage. Mais Raven Tail avait dépasser les bornes. S'en prendre ainsi à Fairy Tail, c'était signer son arrêt de mort.
Et alors que Gadjeel courait, coincé entre Grey et Erza, il ne pût s'empêcher de reconnaître dans cette scène l'arrivée de la guilde, quelques années plus tôt, à Phantom Lord. Et la peur qu'il s'était refusé d'admettre, mais qu'il avait réellement ressenti lors de son combat contre Natsu.
Laissant échapper un rire sadique, il se promit de fracasser au moins une fois Ivan.
Parce qu'on ne touche pas à sa Guilde.
Un tremblement de terre agita la guilde souterraine, mû par des centaines de pieds qui martelaient le sol en une disharmonie fracassante. Les hurlements poussées par les fées à bout de nerfs étaient perçues comme des cris de bêtes aux oreilles de la centaine de mages dans le hall de Raven Tail. Inquiets, certains se levaient, prêts à combattre. D'autres restaient assis, étonnés et parfois même réellement effrayé. D'autres encore, contrairement au reste de leurs camarades, ne se souciait pas du bruit tumultueux qui agitait les entrailles de la montagne, pensant que c'était encore une des inventions étranges de leurs maître un peu fou sur les bords.
Lorsque Ivan pénétra le hall, ce fût comme une claque pour ses oreilles sensibles. Ce n'était plus du bruit, mais un boucan ravageur qui tambourinait l'espace sonore de sa guilde. Grimaçant il jeta un regard noir aux mages qui avaient osé le regarder et observa avec satisfaction leurs brusque mouvement de recul accompagné de leurs tête baissée. Quelque soit la situation, il ne pouvait s'empêcher d'adorer voir ses subalternes courber l'échine devant lui. Repérer cette étincelle craintive dans leurs regards, celle qui prouvait à quel point il était maître ici.
Mais la tonalité persistance de la nuisance sonore le ramena très vite à son occupation première. Il ouvrit la bouche, prêt à ordonner des explications, lorsque la porte de sa guilde explosa. Les débris fusaient de toutes parts mais aucuns ne l'atteint. Il observait avec étonnement l'écran de fumée se dissiper peu à peu, laissant des dizaines de silhouettes aux yeux brillants s'engouffraient dans son hall.
La torpeur qu'avait laissé la scène s'estompa à la seconde où leurs cerveaux enregistrèrent la brusque montée des hurlements qu'ils entendaient depuis tout à l'heure. Les mages de Raven Tail les plus réactifs se relevèrent avant d'adopter une posture de combat approximative, n'ayant pas le temps de s'organiser.
Et c'est dans la confusion la plus totale que l'une des plus grandes et des plus impressionnantes guerres de guilde s'enclencha. En moins d'une dizaine de secondes les fées avaient rencontrés leurs premiers adversaires, distribuant coups sur coups.
Mirajane sous sa forme démoniaque dansait au milieu des corps. Le carmin du sang donnait plus d'éclat à sa chevelure d'ivoire, l'éclaboussant mal-sainement. Son rire se perdit dans le boucan, mais ses plus proches adversaires frissonnèrent. Satan c'était éveillé, dispersant la douleur autour de lui. La beauté sauvage à l'état pur, des atouts conséquents mis-en avant par une tenue aguicheuse, mais mortelle. La douce barman se déchaînait dans une bestialité sans pareil, souillant sa beauté angélique.
Grey esquiva un coup et se retint de toute ses forces. Il ne devait pas répondre. Ne pas s'arrêter. Fixant la chevelure bleue de Juvia qui flottait devant lui, il se concentrait dessus. Ne pas céder à la rage, continuer. Il devait retrouver Natsu, pas perdre son temps à casser le plus de figures possibles. Une fois son compagnon retrouvé, il rejoindra la bataille. Mais pas avant.
Juvia balança de toutes ses forces un jet d'eau brûlant, hurlant son attaque dans un cri rauque et inhumain. Mais contrairement aux ennemis précédents, l'offensive se fit contrer. La mage de Fairy Tail comprit dans la seconde qui suivit qu'elle avait face à elle un adversaire sérieux. Quittant son poste de bélier, elle se jeta littéralement sur lui. L'homme qui lui faisait face possédait des cheveux d'un orange flamboyant mi-longs parsemés de breloques colorés. Des yeux bruns profonds et scintillant. Une mâchoire bien dessiné agrémenté d'un collier de barbe fine. Il était beau, c'était indéniable. Mais pour Juvia, ce n'était qu'un mage noir à détruire, pour leurs avoir pris leurs bonheur. Le combat s'engagea, féroce. Le mage avait arrêté son attaque avec un sceau argenté. L'un des plus puissants...
Grey perdit de vue la chevelure de Juvia, son unique point de repère. Heureusement Erza prit la place désormais vacante, malgré le fait que normalement elle ne soit pas autorisée à combattre avant que leurs mission soit effectuée.
Max observait le combat d'un œil distrait, aux prises avec un mage moins puissant que lui. Sauf qu'il possédait une magie qui n'était pas à son avantage. En effet ce dernier changeait à volonté son sable en verre. Un alchimiste de bas étage, qu'il aurait dû battre avec facilité. Mais...Pour l'instant son opposant détournait toutes ses attaques, s'en servant pour contrer ou riposter. Des entailles plus ou moins profondes parsemaient allégrement son corps, ses cheveux blonds étaient tachés d'écarlate. Son souffle rapide démontrait un effort de concentration et un exercice physique intense. Max n'arrivait pas à détourner son ennemi à son avantage.
Il était mal. Vraiment mal.
Il entendait des sons étouffés. Comme des cris. Peut-être.
Ou plutôt comme le chant acéré des corbeaux. Oui, sûrement. C'était joli, un corbeau. Avec un pelage rouge sang. Ou c'était des plumes ? Un regard froid, carnassier. Oui, il aimait les corbeaux.
Non.
Ce n'était pas lui. Mais son bourreau qui les aimaient. Ou c'était bel et bien lui ? Il ne savait plus. Son esprit était...confus. Comme à chaque fois, entre deux...Deux quoi ? Torture. Parce que la torture, ça faisait mal. Et il avait horriblement mal. Au corps et au cœur.
Et alors que sa conscience se perdait, il replongea dans un des ses rêves doux et sucrés qui finissaient en cauchemars ensanglantés.
Ivan contemplait d'un air absent son hall se tacher de sang. Il observait les combats, la haine sur les visages, la souffrance qui planait comme un corbeau. Et il rigolait intérieurement, ravi de voir les visages connus des fées aussi tordus et sombres. Il riait de son succès, chantait sa gloire sous son masque impassible. La folie omniprésente dans ses pupilles d'encre reflétait son état précaire. Ce fût la puissance d'un père haineux qui le tira de sa satisfaction, pour le plonger dans l'extase. Ses mains souillées par du sang frais se levèrent d'elles-mêmes avant de s'abaisser en courbette. Il releva la tête de manière ironique tout en prononçant de manière distinguée et mordante ses salutations :
« Mes salutations, mon très cher père. Qu'est-ce donc que ce visage que vous revêtez ce soir ? N'êtes-vous point satisfait par mon bal ? »
La réplique laissa Makarov perplexe le temps d'une seconde, avant qu'il ne comprenne, triste et impuissant, que la folie avait consumée l'être qui venait de sa chair. La pitié et les regrets s'installèrent d'eux-même dans son cœur ravagé. Comment avait-il pu le laisser devenir ainsi ? Ou avait-il échoué ? Parce qu'il en était convaincu, c'était de sa faute si son fils était devenu aussi cruel et rancunier...
Il ferma les secondes un centième de seconde, insuffisant pour que son adversaire puisse prendre l'avantage, mais assez pour que le souvenir furtif d'un petit garçon aux yeux scintillants et au sourire joyeux passe sous ses yeux. Ses cheveux noirs ébouriffés lui donnaient l'air dépareillé et casse-cou. Son fils, enfant. Qui aurait cru qu'il deviendrait cette homme-là, son ennemi ? Pas lui en tout cas. Mais face à face avec la réalité, il ne pouvait plus hésiter. Les sentiments n'avaient plus leurs places dans ce combat. Et lien de sang ou non, Ivan allait payer. Pour la vision de Charuru, pour ce qu'il avait dû faire entre-temps, et pour les mois qui avaient dévorés l'esprit de Fairy Tail. Pour le visage tordu de ses enfants, pour leurs larmes. Pour la plaie dans leurs cœurs. Et pour lui.
Lorsque ses paupières se soulevèrent, ce n'était plus des pupilles marquées par le temps et la sagesse qui se dévoilèrent. Mais un regard bien plus jeune, puissant et coléreux. Un regard profond qui vous prend aux tripes, qui vous retourne l'estomac. Le regard d'un maître, celui d'un père.
En face Deux iris riants haineusement. Un regard solitaire et fou. Qui disait : « J'ai gagné ».
Deux regards, deux passions qui s'opposeront dans un combat impitoyable. Et un unique vainqueur.
Partout les magies fusaient, illuminant la salle de leurs couleurs brillantes. Des dégradés, des arc-en-ciels. Une décadence de flash, de volonté. Des corps qui tombaient, d'autres qui gagnaient. Des cris poussés par des guerriers enflammés. Du sang florissant par bouquet, peignant allègrement les murs de roche et le sol de pierre. Les meubles étaient brisés, éparpillés aux quatre coins du gigantesque hall. Ce dernier autrefois d'une propreté quasiment irréprochable était à présent dans un état pitoyable. Les poutres de bois qui traversaient le plafond tremblaient sous la pression, les colonnes de marbres se fissuraient. Le bar qui garnissait l'un des pans de mur n'était plus qu'un tas de verre éclaté mélangé aux morceaux de bois.
Dans le chaos le plus total Fairy Tail était arrivée à l'autre bout de la pièce. L'équipe qui menait le front s'était depuis longtemps dispersée au gré des combattants puissants qui leurs barraient la route. Celles qui gardaient les côtés ne comptaient plus que quelques membres. Mais Erza, Grey, Lucy, Happy, Wendy et Gadjeel avaient atteint la vieille porte de bois sain et sauf. Sans un regard en arrière la mage chevalière ouvrit le battant, dévoilant un couloir éclairé par des torches. Il entrèrent, détaillant les sillons humides. Lorsque la porte se referma ils se crurent dans un monde à part. Il n'y avait plus qu'eux et le silence...
