Hatchepsout: la voilà, la suite, et ca avance encore, enjoy !

Amand1: y a encore du mignon dans ce chapitre, pis réponse pour les deux profs, enjoy aussi !

Link 9: Londres, c'était sympa, par contre les londonais, autre histoire. Mais ca m'a pas empeché d'aller fouiner du coté de King's Cross entre les voies 9 et 10 (qui sont pas séparées par le moindre quai, d'ailleurs ). Bisous

Merci pour les reviews.


Dumbledore marchait d'un pas rapide à travers le chateau, Hermione le suivant de près, courant presque pour suivre les grandes enjambées du vieux mage. Le coeur de la jeune fille battait à tout rompre, partagée entre l'angoisse et l'impatience de savoir ce qui pouvait bien se passer pour qu'un homme tel que Dumbledore soit si agité.

-Je suis vraiment navré de vous arracher à votre cours, Miss Granger, déclara enfin Dumbledore alors qu'ils dévalaient un escalier.

-C'est pas grave, Professeur, assura Hermione d'une voix rendue plus aigüe qu'à l'accoutumé par la nervosité. Que se passe-t-il, au juste ?

-J'ai bien peur que des Mangemorts aient attaqués vos parents...

Hermione s'arrêta brusquement, si pâle que Dumbledore craignit un instant qu'elle ne perde connaissance. Il ne le lui aurait pas reproché le moins du monde. La jeune fille prit appui sur le mur. Elle se sentit nauséeuse tandis que tout se mettait à tournoyer dans son champ de vision.

-Non... souffla-t-elle. Non !

Ses parents étaient de simples Moldus. Face à des sorciers, ils ne possédaient aucun moyen de défense. Dumbledore posa une main rassurante sur son épaule.

-Rassurez-vous, ils sont sain et sauf, lui dit Dumbledore avec douceur. Ils sont à l'abri, sous la protection de l'Ordre. Suivez-moi, à présent, je vais vous emmener jusqu'à eux.

Il repartit de plus belle, Hermione à sa suite, le visage fermé, mais le teint crayeux. C'était un soulagement de les savoir toujours en vie, mais l'inquiétude ne voulait toujours pas la laisser pour autant. Elle avait hâte de les rejoindre, de s'assurer par elle-même qu'ils allaient bien et n'étaient pas blessés.

Sortant enfin du chateau, ils suivirent le sentier menant au grand portail. Des élèves attendant leur prochain cours où étudiant en profitant d'une des dernières journées ensoleillées avant longtemps les suivirent du regard avec curiosité.

-C'est une chance que vous ayez obtenu votre permis de Transplanage aussi tôt, Miss Granger, reprit Dumbledore. Je n'aurais pas à vous assister, bien que je déplore que votre premier Transplannage se déroule dans de telles circonstances...

Hermione hocha machinalement la tête, puis ouvrit de grands yeux. Quelqu'un de haut placé à Poudlard, sans doute Dumbledore ou McGonagal, avait précipité son examen. Se pouvait-il que...?

Un bref instant, elle envisagea de poser la question. Mais l'image de Mangemorts envahissant sa maison en faisant pleuvoir toute sorte de maléfices sur ses parents ne cessait de lui revenir en mémoire et elle préféra mettre ce problème de coté. Elle ne voulait pas perdre de temps et rejoindre au plus tôt sa famille.

Après ce qui lui paru une éternité, ils franchirent enfin les hautres grilles de l'école, quittant les protections de Poudlard. Ils pouvaient désormais Transplaner. Pourtant, Dumbledore tendit un bras pour intimer à Hermione l'ordre de ne plus bouger et passa un long moment à scruter les environs avec une attention soutenue, ses yeux bleus sondant le moindre petit fourré derrière ses lunettes en demi-lune, comme si Voldemort en personne allait surgir d'un terrier de lapin pour les attaquer.

Alors qu'elle s'impatientait de plus en plus et envisageait de le signaler à Dumbledore, celui-ci se tourna vers elle avec un sourire d'excuse, comme s'il avait deviné ses pensées. Ce qui ne devait pas être bien difficile vue les circonstances, estima la jeune fille.

-Bien, lui murmura-t-il dans l'oreille. Vos parents se trouvent actuellement au Terrier. Après vous, Miss Granger.

Hermione hocha nerveusement la tête et se concentra sur sa destination. Pendant un horrible instant, elle crut qu'elle serait incapable de Transplaner mais la sensation désormais familière l'envahit toute entière et lorsqu'elle regarda de nouveau autour d'elle, elle vit la demeure tarabiscotée des Weasley se dresser à quelques mètres.

Dumbledore apparut derrière elle dans le craquement caractéristique du Transplanage et lui adressa un sourire.

-Vous m'impressionnez, Miss Granger, déclara-t-il. Pour être tout à fait honnête, j'était persuadé que vous ne parviendriez pas à Transplaner seule étant donné les circonstances.

En temps normal, Hermione aurait été ravie des éloges du directeur, mais son esprit était trop préoccupé par l'idée de ses parents et elle se contenta d'un hochement de tête impatient.

Quelqu'un devait guetter leur arrivée, car à peine firent-ils quelques pas que la porte d'entrée s'ouvrit sur une Mrs Weasley catastrophée qui courut à la rencontre d'Hermione et la serra contre elle avec une telle force qu'elle manqua l'étouffer.

-Hermione, ma chérie ! Quel drame, c'est vraiment horrible ce qu'il s'est passé ! En plein jour ! Et dans un quartier Moldu ! Tu vas bien ?

-Moi oui, répondit Hermione d'une voix mal assurée. Où sont mes parents ?

-A l'intérieur, répondit Mrs Weasley en la relachant. Ils sont encore sous le choc et sont morts d'inquiétude à ton sujet, les pauvres...

Laissant là Dumbledore et Mrs Weasley, Hermione se précipita à l'intérieur. Elle crut que son coeur allait exploser de soulagement lorsqu'elle vit ses parents assis devant une tasse de thé, pâles et tremblant nerveusement, mais de toutes évidences indemne.

Ils jaillirent de leur siège en l'apercevant, renversant leur tasse, tandis que leur fille se jetait dans leur bras, pleurant de soulagement.

Dumbledore entra à son tour, sourit doucement en voyant la famille Granger, puis les laissa à leur effusion et adressa un signe de tête à Tonks, Maugrey et Lupin qui étaient également attablés devant une tasse de thé.

Après quelques minutes d'embrassades, Hermione se tourna vers les membres de l'Ordre, les sourcils froncés en une expression très Hermionienne. A présent qu'elle s'était calmée et que son inquiétude pour ses parents s'était dissipée, son cerveau s'était remis à fonctionner avec son efficacité habituelle.

-Bon, et si quelqu'un m'expliquait pourquoi les Mangemorts se sont attaqués à mes parents, de simple Moldus ? demanda-t-elle. Et surtout, comment se fait-il qu'ils aient échoués ? Pas que je m'en plaigne, bien au contraire, mais vous ne me ferez pas croire que deux dentistes sans le moindre pouvoir magique ont forcés des Mangemorts à battre en retraite...

Les membres de l'Ordre échangèrent des regards mi-impressionnés, mi-amusés en dépit de la situation. Dumbledore posa sur Hermione un regard appréciateur.

-Je n'en attendait pas moins de vous, Miss Granger, dit-il. Vous êtes, comme toujours, d'une rare perspicacité. C'est exact, les Mangemorts n'ont pas fuis devant vos parents, mais devant Nymphadora ici présente.

-Je m'appelle Tonks ! ne put s'empêcher d'intervenir la jeune Auror.

-Mais pourquoi les attaquer ? insista Hermione en l'ignorant. Et comment se fait-ils que vous les ayez mis sous surveillance ? Parce que je doute fortement que Tonks était là bas pour se faire poser une couronne... Vous saviez que cela allait se produire ? C'est pour ça que vous vous êtes arrangé pour que je passe mon examen de Transplanage aussi tôt ? Qu'est ce que tout cela signifie, à la fin ?

Dumbledore leva la main pour tarir le flot de question. Les membres de l'Ordres échangeaient toujours des regards, nota-t-elle, mais cette fois leur expressions indiquaient qu'elle avait mis le doigt sur un point sensible. Hermione se tut, mais croisa les bras sur sa poitrine, bien décidée à connaître le fin mot de l'histoire.

-Vous le saurez, Miss Granger, assura Dumbledore. Non, ne protestez pas, Molly, ajouta-t-il en voyant la mère de Ron et Ginny ouvrir la bouche d'un air mécontent. Miss Granger est désormais une adulte et nous la traiterons tous comme telle.

-Bon, bon, comme vous voulez, Albus, répondit Mrs Weasley. Mais notez bien que je désapprouve cette décision, Hermione est peut-être une adulte, mais elle est bien trop jeune pour...

-Ca suffit, Molly ! coupa Lupin avec mauvaise humeur. Que tu materne Harry passe encore, mais Hermione à encore des parents et si quelqu'un doit protester à ce sujet, ce sont eux !

Les parents en question semblaient un peu perdus. Ils échangèrent un regard, ne sachant trop que faire, puis le père d'Hermione s'éclaircit la gorge.

-Et bien, Mr Dumbledore semble savoir ce qu'il convient de faire, dit-il d'une voix hésitante.

Mrs Weasley leva les bras au ciel, mais n'ajouta rien. Hermione réprima l'envie de lui lancer un regard noir. Elle aimait beaucoup Mrs Weasley, mais sa manie de vouloir tous les couver était souvent agaçante.

-Bien, la question est donc réglée, reprit Dumbledore. Mais je vais vous demander de patienter encore un peu, Miss Granger, j'aimerais avant toute chose entendre le rapport de Nymphadora.

-Tonks, Albus ! Combien de fois je vais devoir vous le répéter ?

Hermione hocha la tête et s'assit entre ses parents. Elle était également curieuse d'entendre Tonks faire son récit.

L'Auror aux cheveux rose s'accorda quelques instants de réflexion afin d'organiser ses pensées.

-Ce sera pas très long, commença-t-elle enfin. Aujourd'hui, c'était mon tour de surveiller les Grangers. Comme souvent, soit dit en passant, vu que j'ai bien plus de tours de garde que n'importe qui d'autre, ajouta-t-elle d'un air mécontent. Mais bon, je sais que mon métamorphisme est très utile dans ce genre de situation, etc, blablabla, la même vieille rengaine... Enfin bref, c'était bien partit pour être une de ces journées à rallonge bien barbante où le seul évênement digne d'interêt est le passage du laitier et où on se demande bien pourquoi on perds son temps...

-Je dois avoir un problème d'audition, lança soudain une voix glaciale. J'avais cru comprendre que faire votre rapport ne prendrait pas beaucoup de temps...

Tout le monde se retourna pour voir Rogue se découper dans le cadre de la porte, qui les observait avec mauvaise humeur.

-Ah, Severus, dit Dumbledore. Je vois que vous avez reçu mon message.

-J'espère simplement ne pas m'être déplacé pour rien, grogna le professeur de Potions. Mes élèves manifèstent toujours un plaisir un peu trop évident lorsque je me vois contraint d'annuler un cours...

Hermione réprima un sourire amusé. Ses parents dévisageaient Rogue avec horreur, incapable de s'imaginer qu'il s'agissait d'un professeur de Poudlard.

-Poursuivez, Nymphadora, je vous prie, reprit Dumbledore pendant que Rogue se posait sur une chaise d'un air mauvais.

Tonks prit le temps de foudroyer Rogue du regard avant de reprendre son récit.

-Ok, donc je gardais un oeil sur les Grangers quand j'ai vu apparaître deux Mangemorts à une dizaine de mètres de leur domicile. Et appelez moi Tonks, bon sang !

-Ils ont Transplanés à découvert ? s'étonna Mrs Weasley.

-Pratiquement, mais je ne crois pas que des Moldus les aient vus faire. En tout cas, j'ai pas perdu de temps, j'ai Transplané directement à l'intérieur du domicile des Grangers et leur ai demandé de se mettre à l'abri. Les Mangemorts ont forcés la porte juste après, mais ils ne s'attendaient pas à me tomber dessus, vous pensez bien ! Le temps qu'ils réalisent, je les ai stupéfixés tous les deux. Ensuite, j'ai aussitôt amenée les Grangers ici, comme nous l'avions convenus et Molly vous à contacté.

-Et les Mangemorts ? demanda Rogue.

-Ben quoi, les Mangemorts ?

-Qu'avez-vous fais des Mangemorts une fois les Grangers à l'abri ? précisa Rogue d'une voix glaciale.

-Heu... j'ai comme qui dirais oubliée de retourner m'en occuper, répondit Tonks avec une grimace.

-Ce n'est pas bien grave, assura Dumbledore. La sécurité des Grangers passait avant le reste. Alastor, vous voulez bien aller sur place voir si ces Mangemorts sont toujours là et, le cas échéant, nous les ramener ?

Sur un grognement approbateur, Maugrey se leva et sortit de la maison pour Transplaner. Les Grangers se détendirent un peu. L'oeil magique de Fol-Oeil les mettait mal à l'aise.

-Bien, reprit Dumbledore. C'était du très bon travail, Nymphadora...

-Tonks !

-C'est toutefois regrettable, poursuivit le directeur, imperturbable, que cette mesure de sécurité se soit avéré utile.

Il s'interrompit, songeur. Hermione se fit violence pour ne pas le presser de questions. Finalement, Dumbledore leva les yeux sur elle pour la regarder d'un air grave.

-Je vais maintenant vous faire part de ce que nous soupçonions et redoutions, Miss Granger. J'imagine que j'aurais dû vous en parler avant, mais nous esperions bien évidemment nous tromper et nous ne voulions pas vous inquiéter inutilement. A présent, en revanche, il est grand temps de vous avertir...

-Pourquoi Voldemort souhaite la mort de mes parents ? demanda Hermione. Ce ne sont que de simple Moldus, ils ne représentent aucune menace pour lui !

Autour de la table, les membres de l'Ordre s'agitaient, mal à l'aise. Et ce n'était pas uniquement parce qu'Hermione venait de prononcer le nom du Mage Noir. Mrs Weasley se renfrogna. Même sa façon de se tenir criait qu'elle était totalement oposée aux fait qu'Hermione soit mise au courant.

-Je constate avec plaisir que vous ne craignez plus de prononcer ce nom, Miss Granger, dit Dumbledore avec un sourire appréciateur. C'est une très bonne chose, vraiment. Mais j'ai bien peur de devoir vous annoncer que Lord Voldemort ne souhaite pas vraiment la mort de vos parents. C'est la votre, qu'il désire.

Les couleurs sur le visage d'Hermione disparurent si vite que ses parents se précipitèrent pour la soutenir quand bien même elle était déjà assise, craignant qu'elle ne s'évanouisse. Les membres de l'Ordre la regardaient avec compassion, conscient que c'était certainement un grand choc pour elle.

-M... Moi ? s'écria-t-elle d'une voix aigüe.

-J'en ai bien peur, confirma Dumbledore avec gravité.

-Mais... Pourquoi ? Ca n'a aucun sens !

-Oh, détrompez-vous, Miss Granger. Lord Voldemort a finalement pris conscience de ce que j'ai moi-même conclut il y a maintenant plusieurs mois : Si Harry est parvenu à survivre aux épreuves que Lord Voldemort lui a imposé ces dernières années, c'est principalement grace à votre aide, Miss Granger.

Hermione dévisagea Dumbledore comme s'il était devenu complètement fou. Celui-ci reprit la parole en énumérant sur ses doigts avec un grand sérieux.

-Au cours de votre première année à Poudlard, vous avez découvert qui était Nicholas Flammel et que c'était bel et bien une Pierre Philosophale qui était dissimulée à Poudlard. Votre maîtrise précoce d'un nombre impressionnant de sortilèges et votre brillante intelligence ont également permis à Harry de progresser au travers des épreuves menant à la pierre.

»L'année suivant, reprit Dumbledore, non seulement vous avez réussit l'exploit de préparer à la perfection du polynectar à un age incroyablement jeune, mais vous avez également identifiée le monstre de Serpentard comme étant un Basilic. Vous avez également laissé à Harry suffisamment d'indices pour lui permettre de localiser la Chambre des Secrets.

-D'accord, mais...

-Lors de votre troisième année, coupa Dumbledore et poursuivant comme s'il faisait une conférence, vous avez permis à Harry de sauver son parrain, pas moins.

-Je lui ai juste prêté mon Retourneur de Temps ! s'écria Hermione d'une voix aigüe. Je ne vois pas où est l'exploit !

Dumbledore sourit joyeusement, comme si la jeune fille venait de lui donner raison plutôt que soulever une objection.

-Miss Granger, le simple fait que vous étiez en possession de cet objet est en soi un exploit. Je pensais que Minerva vous l'avais bien fait comprendre.

-Mais...

Etre simplement studieuse n'aurais jamais suffit à convaincre le Ministère, coupa Dumbledore, sinon d'autres avant vous en auraient obtenus, à commencer par Percy Weasley. Mais poursuivons... Où en étais-je ? Ah oui, quatrième année... Vous avez admirablement préparé Harry à affronter ses épreuves et lui-même a reconnut volontiers qu'il vous devait en grande partie sa victoire lors du Tournois des Trois Sorciers !

-Jamais je n'aurais été capable d'affronter Voldemort comme Harry l'a fait ! cria presque Hermione en secouant désespérément la tête.

-Je pense que la question n'est pas là, Miss Granger, mais plutôt de savoir si Harry s'en serait aussi bien sortit face à Lord Voldemort s'il ne vous avait jamais connu. Et malgré toute l'estime que je porte à ce cher Harry, j'ai bien peur de devoir émettre quelques doutes...

Il s'absorba un instant dans ses pensées, puis secoua la tête et reprit.

-Mais passons à l'année dernière. Je sais parfaitement que vous êtes à l'origine de l'Armée de Dumbledore, Miss Granger.

-Mais c'est Harry qui nous a entraînés, pas moi ! objecta Hermione qui semblait de plus en plus terrifiée à mesure que Dumbledore parlait.

-Une magnifique preuve de votre sagesse, contra le directeur avec un sourire appréciateur. Vous saviez qu'il était vital pour vous d'apprendre à vous défendre efficacement. A moi de vous poser une question, Miss Granger : Pourquoi Harry ?

Hermione regarda désespérément autour d'elle, cherchant de l'aide. Mais où qu'elle pose son regard, elle ne voyait que des visages grave qui approuvaient chacune des paroles de Dumbledore. Quand à ses parents, plus les années défilaient, plus ils semblaient fiers de leur fille. Et surpris de découvrir à quel point sa scolarité avait été agité, Hermione ayant toujours considéré qu'ils n'avaient pas besoin d'être inquiété avec tout ces petits détails héroïque qui risquaient de leur donner envie de la retirer de Poudlard.

Constatant qu'il n'y avait aucune échapatoire, Hermione se résolut à répondre.

-Parce que Harry avait déjà affronté Voldemort à plusieurs reprise, Professeur.

-C'est bien ce que je pensais, déclara Dumbledore, visiblement ravi de la réponse. Je suis persuadé que vous connaissiez déjà la plupart de ces sortilèges, mais vous n'aviez pas l'expérience de Harry. Une expérience précieuse qui faisait toute la différence entre connaître des sortilèges et savoir lesquels employer. Le fait que vous l'ayez nommé lui plutôt que de prendre vous même en charge l'enseignement de vos camarades fut à mes yeux la preuve que vous étiez bien plus mature et lucide que vos amis. Et n'oublions pas non plus qu'à coté de l'A.D, vous avez également deviné le piège de Voldemort et bien que vous n'ayez malheureusement pas réussit à convaincre Harry, vous ne l'en avez pas moins poussé à prendre un minimum de précautions. La façon astucieuse, bien qu'un peu compliqué, dont vous avez éloignée Mrs Ombrage par la suite, permettant à vos amis d'échapper à la Brigade Inquisitoriale est également à mentionner. Enfin, vos actions lorsque vous étiez au Ministère...

-J'ai bien faillit m'y faire tuer ! coupa Hermione, faisant tressaillir ses parents.

Dumbledore hocha gravement la tête et balaya lentement la cuisine du regard avant de reprendre la parole.

-C'est exact, Miss Granger. Ne vous êtes-vous jamais demandée pourquoi vous seule avez été la cible d'autants de sortilèges mortels ? C'est à ce moment que nous avons redouté que Lord Voldemort n'ait finalement réalisé à quel point vous pouviez être dangereuse pour lui. Les Mangemorts voulaient la prophétie, bien sûr, c'était leur priorité. Mais ils voulaient presque autant vous tuer, Miss Granger...

Hermione semblait sur le point de fondre en larme. C'était trop, même pour elle. Ses parents entourèrent ses épaules de leur bras, tachant de lui apporter soutien et réconfort. Jamais ils n'avaient imaginés que leur fille ait vécue autant de choses dans cette école. Bien sûr, ils avaient toujours soupçonnés qu'elle leur cachait certaines choses et elle leur avait parlé dans une certaine mesure de Voldemort, mais ils prenaient soudain conscience que leur fille était une Sorcière. Et qu'elle vivait dans un monde radicalement différent du leur.

-Vous m'avez même surpassé, Miss Granger, acheva Dumbledore avec un sourire. Là où j'ai échoué, vous avez réussit : vous avez convaincu bien plus de Sorciers du retour de Voldemort en quelques jours que je ne l'ai fait en plusieurs mois.

-C'est ridicule ! cria Hermione dont les nerfs lâchaient. C'est Harry qui...

-Qui a raconté son histoire, oui, coupa Dumbledore. Mais c'est vous qui avez eu l'idée de l'interview et l'avez organisée. Vous qui avez choisit de la publier dans le Chicaneur, sachant que le Ministère contrôlait soigneusement la Gazette du Sorcier. Une manoeuvre réellement habile.

-Mais comment en savez-vous autant ? demanda Hermione.

-Allons, Miss Granger, c'est mon devoir en tant que Directeur de Poudlard de savoir ce qu'il se passe dans mon école, répondit Dumbledore avec un clin d'oeil.

Son visage redevint grave et il reprit :

-Croyez bien que j'en suis le premier navré, Miss Granger, mais Lord Voldemort souhaite vous tuer et ses Mangemorts comptent bien s'y employer.

Hermione avait l'impression que sa tête allait exploser. L'idée que Voldemort en personne, le Mage Noir le plus crains du monde Sorcier, voulait la tuer lui donnait l'envie de hurler, mais elle lutta pour retrouver son calme. Jamais auparavant cela n'avait été aussi difficile.

-Mais pourquoi s'en prendre à mes parents ? demanda-t-elle.

-C'est vous que Lord Voldemort souhaitait atteindre au travers de vos parents, Miss Granger. La mort de ce pauvre Sirius lui a fait découvrir une nouvelle arme à exploiter. Il sait l'impact désastreux qu'a eu sur Harry la mort de son parrain. En tuant vos parents, il espérait vous affaiblir, vous déstabiliser, avant de s'attaquer à vous.

L'estomac d'Hermione s'obstinait à vouloir faire des noeuds. Elle avait l'estomac au bord des lèvres.

-Alors c'est ma faute si mes parents ont faillit se faire tuer...

-Ne dis pas ça ! s'exclama sa mère.

-Mais c'est la vérité !

-Hermione, dit son père avec gravité. Nous ignorons les détails, mais tes amis nous en ont dis suffisamment au sujet de ce Voldemort pour que nous comprenions ce que signifie le fait qu'il te considère comme une menace. Nous sommes fiers de toi, ta mère et moi !

Malgré son trouble, Hermione ne put s'empêcher de s'amuser du fait que ses parents n'éprouvaient pas la crainte des Sorciers à pronconcer le nom de Voldemort. Il n'avait pas la même aura de terreur pour les Moldus.

Les paroles de son père l'avait pourtant apaisée un peu. Elle n'en n'était pas moins effrayée, mais se sentait plus lucide.

-Ne vous inquiétez pas, Miss Granger, reprit Dumbledore d'un ton apaisant. A présent que nous sommes certains des projets de Lord Voldemort à votre égard, nous allons tout mettre en oeuvre pour protéger vos parents et veiller à votre sécurité.

Hermione hocha lentement la tête, un peu rassurée. Elle écouta les membres de l'Ordre discuter des dispositions visant à assurer la sécurité de ses parents d'une oreille distraite, s'efforçant encore d'assimiler ce que Dumbledore venait de lui révéler.

Elle avait toujours été fière de ses connaissances, mais jamais elle n'aurait cru qu'elles lui attireraient les foudres de Voldemort. Aider Harry lui avait toujours semblé naturel, allant de soi. C'était ce que faisaient les amis, tout simplement. Elle avait toujours eu conscience que son amitié pour Harry la mettait en danger, mais elle avait toujours considéré que ce serait pas extension, une simple conséquence de sa proximité avec le jeune homme. Songer que voldemort la jugeait suffisamment dangereuse pour ordonner personnellement sa mort la terrifiait à un point qu'elle n'aurait jamais cru possible.

Elle se tourna de nouveau vers Dumbledore, posant sur lui un regard perçant.

-Alors c'est pour ça que vous avez pris toutes ces... dispositions, dernièrement... Les cours particuliers de Transplannage, l'examen anticipé, l'entraînement spécial qui devient soudain plus intensif ?

Les autres membres de l'Ordre échangèrent des regards intrigués. Un entraînement spécial ? Visiblement, seuls Dumbledore comprenait de quoi il retournait. Il regarda longuement Hermione, ignorant délibérément les regards intrigués des membres de l'Ordre. Il aurait préféré qu'Hermione ne mentionne pas ce détail, mais il ne pouvait se résoudre à lui en faire le reproche. Ce qu'il venait de lui apprendre ne pouvait que la secouer.

-C'est exact, Miss Granger... En devenant majeure, vous pouviez prétendre au droit de Transplaner à votre guise et au vue des circonstances, une capacité à vous déplacer rapidement est un avantage que nous ne pouvions ignorer. Le professeur McGonagal était ravie de pouvoir prendre en charge vos cours de Transplanage et il ne m'as pas été trop difficile de convaincre les responsables des autorisations de Transplanage à vous faire passer l'examen sans délai superflus.

Il regarda longuement Hermione, ses yeux bleus lui signalant avec éloquence qu'il serait préférable de ne pas insister sur la question restée sans réponse. Hermione hocha la tête, consciente d'avoir gaffée.

Mrs Weasley, pourtant, ne cessait de regarder tour à tour Dumbledore et Hermione d'un air suspicieux. Par chance, Maugrey revint en gromelant, détournant l'attention générale.

-Y avait personne, déclara-t-il aussitôt. Même pas la police Moldue ! J'ai fouillé tout le quartier, j'ai rien trouvé qui indique que les authorités Magiques ou Moldues soient passées.

-Je vois, murmura Dumbledore, intérieurement ravi de la diversion. Nous devons donc supposer que d'autres Mangemorts sont venus aider leurs infortunés compagnons. Et ils auront très certainement fait leur rapport à leur maître. Ce n'est pas bien grave, reprit-il après une courte pause. Il était impossible de protéger les Grangers sans que Lord Voldemort ne soit au courant.

Il se tourna vers Hermione avec un sourire rassurant.

-Il est grand temps que vous retourniez à Poudlard, Miss Granger. Le professeur Rogue vous escortera. Vos parents resteront ici, je suis sûr qu'Artur sera ravi de les accueillir, n'est-ce pas, Molly ?

-Bien sûr, ils sont les bienvenus, répondit Mrs Weasley avec un sourire.

Hermione réprima de justesse un éclat de rire et se fendit d'un grand sourire amusé. Elle imaginait sans mal que Mr Weasley serait fou de joie à l'idée d'héberger des Moldus sous son toit. Elle prit son temps pour dire au revoir à ses parents qui l'abreuvèrent de recommandations de toutes sortes comme seuls savent le faire les parents inquiets pour leur progéniture. Hermione elle-même ne parvenait pas à se défaire de sa propre inquiétude. Non loin de la petite famille, Rogue manifestait des signes d'impatience, visiblement peu enthousiaste à l'idée de servir d'escorte à la Gryffondor.

-Allez-vous enfin daigner venir où dois-je aller vous chercher un doudou ? demanda le Maître des Potions.

Levant les yeux au ciel, Hermione laissa enfin ses parents qui lançaient un regard noir à Rogue, lequel les ignora superbement pour s'éloigner dans le jardin.

-Attendez ici le temps que je m'assure que la voie est libre, ordonna-t-il avant de disparaître.

Hermione se tourna vers le Terrier et vit ses parents collés à la fenêtres, visiblement peu rassurés de la voir partir avec quelqu'un d'aussi détestable. La jeune fille leur adressa un sourire rassurant, bien qu'elle n'était pas sûre qu'ils pouvaient le voir à cette distance dans la lumière déclinante.

Deux minutes plus tard, un craquement sonore lui appris que Rogue était de retour.

-La voie est libre, nous partons, annonça-t-il en lui lançant un regard froid. Après vous, Granger. Et tâcher de ne pas Transplaner dans le mur. Bien que ce serait sans nul doute un spectacle divertissant...

Après un dernier geste en direction de ses parents, Hermione se concentra et disparut, rapidement suivie de Rogue. Les Grangers restèrent un long moment à la fenêtre, observant l'endroit où s'était tenue leur fille. Toutes ces histoires de magie les dépassaient, mais ils avaient conscience qu'Hermione était en danger et c'était tout ce qui comptait à leurs yeux. Partagés entre la fierté de savoir que leur fille était une Sorcière aussi puissante et la crainte de la perdre, ils se détournèrent enfin de la fenêtre et suivirent Mrs Weasley qui voulait leur faire visiter la maison.

-

La salle commune de Gryffondor était pleine à craquer. La nouvelle de l'incident avait rapidement fait le tour de l'école, principalement grace à Parvati et Lavande, et tout le monde attendait avec impatience le retour d'Hermione afin de savoir de quoi il retournait vraiment.

Mais nul n'était aussi impatient de la voir revenir que Harry et Ron. Chaque fois que le tableau de la grosse dame pivotait, ils se redressaient, à l'affut, avant de se renfoncer dans leur fauteuils avec mauvaise humeur.

Ils étaient d'autant plus irrités que McGonagal avait refusé avec obstination de leur révéler ce qu'il s'était passé. Sous le flot incessant de questions, elle avait finit par les menacer d'une retenue, d'un renvoi, voire même d'un passage devant le Magenmagot au grand complet pour obstination acharnée. Bien que furieux de s'être fait rembarrés, les deux Gryffondors s'étaient résignés à battre en retraite et à attendre le retour d'Hermione.

Pour couronner le tout et ajouter à leur frustration, ils subissaient les assauts répétés de leur camarades persuadés qu'ils connaissaient la vérité et ne voulaient pas les croire lorsqu'ils affirmaient en toute franchise qu'ils n'en savaient pas plus que n'importe qui d'autre.

En attendant d'avoir un récit de première main, tout le monde y allait de sa petite théorie et la partageait, l'échangeait avec entrain. Résultat : en seulement quelques heures, les rumeurs les plus folles se répandaient comme une traînée de poudre, certains allant jusqu'à affirmer qu'Hermione avait été désignée comme nouvelle Ministre de la Magie après que Voldemort aurait tué Fudge. Parvati et Lavande se pavanaient dans la salle, tout le monde venant les voir après Ron et Harry pour connaître les derniers ragots.

Un grand nombre d'élèves se demandaient pourquoi ce n'était pas Harry que le directeur avait appelé pour l'accompagner et le jeune homme subissait à nouveau les regards insistant du reste de l'école, comme s'ils espéraient que la réponse allait lui sortir des oreilles.

Avant qu'ils ne retournent dans la salle commune, ils avaient eu l'occasion de constater que Jessica était d'une humeur massacrante. Dans tout Poudlard, on faisait de larges détours pour ne pas la croiser et, lors du diner, elle était restée assise au centre d'un cercle vide qui ne semblait de toutes façons pas assez grand de son point de vue. Les élèves optimistes qui s'étaient réjouis de l'absence de Rogue furent forcés d'admettre qu'elle le remplaçait haut la main.

Ginny assurait qu'il ne s'agissait que de la manifestation de son inquiétude, mais Ron persistait à affirmer qu'elle révélait sa vraie nature, voire qu'elle était furieuse parce que quoi que les Mangemorts avaient tentés, ils avaient probablement échoués.

Sa soeur avait eu le plus grand mal du monde à se retenir de le cogner avec quelque chose de bien dur. Même Luna lui avait lancé un regard désaprobateur alors qu'elle lui accordait d'habitude la même attention qu'on réserve aux limaces, puis s'était éloignée à grand pas, non sans avoir préalablement fait une bise à une Ginny rougissante pour lui souhaiter bonne nuit en lui recommandant de se méfier des Rongerêves.

A présent, ils attendaient tous les trois avec inquiétude dans la salle commune, bien que Ginny s'était installée à l'écart et lançait régulièrement des regard noirs en direction de son frère.

Ils commençaient à vraiment s'inquiéter quand Hermione fit enfin son entrée dans la salle commune, le regard dans le vague et encore légèrement pâle.

Un silence expectatif s'abattit avec toute la douceur d'un dragon bourré à la bieraubeure et tous les regards se posèrent sur la jeune fille qui ne sembla pas s'en apercevoir. Harry, Ron et Ginny bondirent de leur sièges pour aller l'accueillir. Ron la prit par les épaules et la fit asseoir sur le divan avant de s'installer à coté d'elle sous le regard sombre de Ginny.

-Alors ? demanda-t-il. Il s'est passé quoi ?

-Plus important, coupa Ginny d'un ton sec, est-ce que tu vas bien, Hermione ? T'as vraiment l'air secouée.

Hermione hocha lentement la tête. L'expression de la jeune fille rappela à Harry le jour où Ron s'était par accident lancé à lui-même un maléfice de Crache-Limace.

-Que vous as dis McGonagal ? demanda-t-elle d'une voix blanche.

Un léger bruit de fond se fit entendre. Comme une cinquantaine de paires de jambes raclant discrètement le sol pour se rapprocher l'air de rien en tendant l'oreille.

-Une histoire à propos d'un accident de voiture qui aurait blessé tes parents, répondit Ron qui ne s'était visiblement rendu compte de rien.

A la surprise générale, Hermione hocha la tête.

-C'est ça... Ils vont s'en tirer, mais c'est grave...

Affectant de garder un visage impassible, Ginny ne pouvait s'empêcher d'admirer Hermione plus que jamais. Malgré son état de choc évident, elle avait remarqué l'intérêt des autres et réagit à merveille. Dommage que Ron soit tout le contraire, se lamenta-t-elle en voyant son expression stupéfaite.

-Vous avez rien de mieux à faire ? lança Ginny d'un ton sec à la cantonnade. Fichez le camp et laissez la respirer !

Ron sursauta et sembla prendre enfin conscience de la foule avide qui battait en retraite. Lavande et Parvati semblaient rechigner à s'éloigner, mais capitulèrent en croisant le regard de Ginny. La jeune fille rousse s'était forgée une solide réputation depuis la rentrée en lançant à tour de bras des maléfices de Chauve-Furies à tout ceux qui se montraient désagréable envers Luna. Personne ne tenait à se la mettre à dos s'il pouvait l'éviter.

-On peut aller dans votre chambre ? demanda Hermione à Harry et Ron. J'en ai assez qu'on me regarde comme une bête curieuse...

-Bienvenue au club, répondit Harry avec morosité.

Ils montèrent les escaliers sous les regards avides. Dean, Seamus et Neville semblèrent soudain éprouver une subite envie de dormir, baillant largement en s'étirant avec de grands gestes exagérés, mais le regard que leur lança Ginny avant de disparaître à son tour leur fit l'effet de trois litres de café et d'une douche froide chacun.

Une fois tous quatre enfermés dans le dortoir et le verrou tiré, Hermione se laissa tomber sur le lit le plus proche et fondit en larmes.

Harry et Ron échangèrent des regards paniqués, n'ayant pas le moindre début d'idée sur la conduite à adopter. Dans le doute, ils optèrent pour la solution masculine universelle face à ce genre de situation d'urgence. Ginny leur lança un regard dégoutté en les voyant s'intéresser de près à la décoration du mur ou du plancher avant de s'approcher d'Hermione et de la serrer dans ses bras, lui caressant doucement les cheveux pendant qu'elle se libérait de tout ce qui lui pesait sur le coeur, la réconfortant de son mieux.

Peu à peu, Hermione se calma. Voyant qu'elle pleurait moins, Harry et Ron entamèrent une manoeuvre d'approche discrète et timorée, parés à battre en retraite au moindre signe de redoublage de pleurs. Ginny leva les yeux au ciel, exaspérée.

-Arrêtez de vous comporter comme deux crétins finis et asseyez-vous ! aboya-t-elle avec colère. Ca va aller, Hermione ? ajouta-t-elle d'une voix bien plus douce.

-Oui, répondit la jeune fille d'une voix enrouée. Désolée, mais il fallait que ça sorte...

-C'est rien, assura Ginny en lui souriant doucement. Tes... Comment vont tes parents ?

Hermione regarda ses amis tour à tour, finissant par Harry qu'elle contempla longuement en silence. Le jeune homme remua légèrement, mal à l'aise. Il sentait plus qu'il ne voyait que Ron n'appréciait pas cette soudaine attention.

-Ils sont indemne, répondit enfin Hermione, les faisant tous pousser des soupirs de soulagement. Mais... Voldemort leur a envoyés deux Mangemorts.

Ron poussa un juron qui lui aurait valu une retenue si McGonagal avait été à portée d'oreille tandis que ginny pâlissait et que Harry se crispait, comme frappé par la foudre.

-Et ils ont survécus ? s'étonna le rouquin.

-Ron ! cria Ginny avec colère.

-Ben quoi ? Deux Moldus face à deux Mangemorts, tu m'excuse mais je parierais pas une noise sur les Moldus...

Ginny se frappa le font d'une main, se demandant confusément si sa mère n'aurait pas trompée son père avec un Scrout à Pétard au moment de la conception de son frêre.

-Tonks les surveillait, expliqua Hermione en foudroyant du regard un Ron qui eut la décence de rougir autour des oreilles.

Poussant un soupir las, elle entreprit de leur relater comment Tonks était intervenue pour sauver ses parents et les mettre en sécurité au Terrier, puis leur répéta ce que Dumbledore lui avait dis, sans trop rentrer dans les détails. Surtout ceux qui laissaient entendre que Dumbledore avait tendance à considérer que Harry s'en serait nettement moins bien tiré sans une Hermione comme amie.

A mesure qu'elle parlait, un sentiment d'horreur se répandit dans le dortoir.

-Tu-Sais-Qui veut te tuer ? résuma Ron avec stupeur. Ben ça alors !

Ginny était devenue d'une pâleur inquiétante, horrifiée de savoir la vie de son amie aussi menacée. Quand à Harry, il affichait une expression qui laissa Hermione bouche bée.

-Harry ! s'écria-t-elle avec incrédulité. Ne me dis pas que tu es jaloux !

Il ne répondit pas, mais à sa grande surprise mêlée de honte, il se rendait compte que c'était pourtant le cas. Il n'en revenait pas que Voldemort ait décidé de l'oublier pour s'en prendre à Hermione. Cette idée lui paraissait tellement invraissemblable. Tellement ridicule.

C'était pourtant lui qui l'avait détruit seize ans plus tôt. Lui qui l'avait empeché de mettre la main sur la Pierre Philosophale. Lui qui avait vaincu le Basilic et détruit le journal de Jedusor, sauvant Ginny dans la foulée.

Après tout ce qu'il avait accomplit, il ne parvenait pas à accepter l'idée que Voldemort puisse juger Hermione plus dangereuse que lui. Elle ne l'avait pas révélé, mais il le devina sans mal. Bon sang, c'était quand même lui qui s'était retrouvé face à un Voldemort ressussité -par le biais de son sang à lui, soit dis en passant ! - et qui s'était livré à un duel contre le Mage Noir !

Paradoxalement, alors qu'il n'avait cessé d'espérer que Voldemort le laisse en paix, il découvrait que la réalisation de son souhait lui était finalement insupportable. Il lutta brièvement contre la colère, se détestant pour avoir de telles pensées, mais toute la rancoeur et la frustration qui s'était accumulée au fil des années se déversa soudain en lui en une marée irrépréssible.

-Harry ? s'inquiéta Hermione en le voyant grimacer.

-Mais c'est quoi ces histoires ? grogna-t-il. Voldemort voudrait te tuer, toi ? Tu plaisantes, j'espère ? C'est moi qu'il veut tuer ! se mit-il soudain à crier. C'est moi qui le menace, moi qui doit le tuer !

Ses amis le regardèrent sans comprendre. Sa réaction les dépassaient complètement. Il ne leur avait jamais révélé le contenu de la prophétie. Hermione, pour sa part, se sentait blessée et trahie.

-Parce que tu crois que c'est ce que je voulais, Harry ?! s'écria-t-elle, les larmes aux yeux. Tu crois que ça me plais que Voldemort veuille me tuer et qu'il s'en prenne à mes parents ?

-Tu veux toujours être la meilleure, la première dans tous les domaines ! cracha Harry avec hargne. Tu n'as jamais supportée l'idée qu'on puisse te surpasser !

-Harry ! s'exclama Ginny, incrédule. Qu'est-ce qui te prends ?

Ron, lui, le regardait avec une expression effarée, comme s'il était subitement devenu fou.

-C'est moi que Voldemort a marqué, pas toi ! poursuivit Harry en désignant sa cicatrice, ignorant Ginny. Pourquoi est-ce qu'il voudrait te tuer toi alors que c'est moi que la prophétie désignait, hein ?

-Tu es injuste ! cria Hermione qui versait à présent des larmes de rage. Et moi qui pensais que tu comprendrais à quel point j'ai peur ! J'espérais que tu m'aiderais comme je l'ai toujours fait, pas que tu réagisse comme si je t'avais volée ton fichu balais ! Et toi, dis quelque chose ! ajouta-t-elle avec colère en se tournant vers Ron.

Ce dernier sursauta, visiblement paniqué à l'idée de devoir prendre parti.

-Mais j'y suis pour rien, moi ! glapit-il.

-Vous me donnez envie de VOMIR tous les deux ! cria rageusement Hermione en quittant le dortoir avec pertes et fracas.

-Mais qu'est-ce que j'ai dis, encore ? se lamenta Ron dans le silence qui suivit.

Personne ne lui répondit. Harry se détourna et s'enferma dans un silence morose.Ginny, elle, leur lança à tous deux un regard dégouté, puis sortit en claquant la porte.

-

Hermione traversa la salle commune en ignorant les regards étonnés qui la suivait. Certains pointant le doigt dans sa direction ou donnant des coups de coudes à son voisin en attirant l'attention sur son visage en larmes. Elle franchit le trou dans le mur, ne prêtant aucune attention à la grosse dame qui se plaignait du dérangement, puis s'éloigna d'un pas vif au hasard des couloirs, cherchant un moyen d'évacuer sa colère et sa déception.

Harry l'avait déçue comme jamais elle ne l'aurait cru possible. Un an plus tôt, elle avait eu un aperçut de la rancoeur de Harry, mais l'avait trouvée justifiée sur le moment. Cette fois, pourtant, il n'avait aucune excuse. Comment pouvait-il se montrer jaloux du fait que Voldemort veuille la tuer ? C'était insensé !

Elle s'imobilisa soudain, surprise, et tendit l'oreille. Il lui semblait entendre de la musique. Intriguée, elle se dirigea en catimini sur la source présumée de la musique et avisa une porte mal fermée donnant sur une salle de classe. Avec précaution, elle ouvrit discrètement la porte et risqua un coup d'oeil à l'intérieur. Une fois de plus, elle se figea de surprise, mais aussi de ravissement.

Elle voyait Jessica. La Serpentard dansait au rythme de la musique qui semblait venir de nulle part et de partout à la fois à l'intérieur de la salle de classe. Elle dansait avec un talent qu'Hermione ne lui aurait jamais soupçonnée, sa longue chevelure flottant gracieusement au gré de ses mouvements souple. Hermione ne parvenait pas à détacher son regard de la jeune fille qui bondissait avec légèreté, tournoyait avec grace et glissait avec des gestes précis tout en suivant la musique. L'ensemble avait quelque chose d'hypnotique qui fascinait Hermione.

La jeune Gryffondor repensa soudain au bal de Noël durant le Tournoi des Trois Sorciers. elle se souvint que Jessica ne s'y était pas rendue et s'en étonna distraitement. La pensée qu'un bal allait bientôt avoir lieu à Pré-au-Lard s'insinua dans son esprit et elle se prit à espérer que cette fois, Jessica s'y rendrait.

Elle voulait la voir danser encore et encore, mais la musique prit fin et Jessica s'imobilisa, le souffle cours, le visage brillant d'une légère sueur. Hermione s'en rendit à peine compte, toujours sous le charme de la danse qu'elle venait de surprendre.

Elle sursauta comme une gamine prise en faute lorsque Jessica prononça son nom et se sentit rougir sans trop savoir pourquoi. Confusément, elle se rendit compte que son coeur s'était emballé.

-Désolée, dit-elle précipitemment. J'ai entendue de la musique, alors...

-Tu m'as vue danser ? demanda Jessica.

A la surprise d'Hermione, la jeune fille semblait embarassée par cette idée.

-Heu... oui, répondit-elle avant d'ajouter très vite en la voyant rougir de gêne: Mais tu danse vraiment très bien, c'était magnifique !

Malgré son teint fushia, Jessica parvint à sourire d'un air embarassé et se passa une main dans les cheveux avec nervosité. Sans trop savoir pourquoi, Hermione se sentit l'envie de faire de même.

-Merci. J'adore danser, expliqua-t-elle comme si c'était un détail sans importance qu'il valait mieux oublier.

-Dans ce cas, pourquoi tu n'étais pas venue au bal, il y a deux ans?

-Ben, je... Te moque pas, d'accord ? J'ai pas trop envie que ça se sache...

Elle observait Hermione du coin de l'oeil, comme si elle s'attendait à la voir éclater de rire, mais la jeune fille se contenta de lui sourire.

-C'est dommage, vraiment. J'espère que tu viendra au bal d'Halloween, en tout cas !

Jessica haussa les épaules d'un air dégagé.

-J'en sais trop rien. Et toi ? T'as un cavalier ?

-Pas encore.

Jessica parut soudain hésitante, comme si elle s'apprétait à lui demander quelque chose, mais n'osait pas se lancer. Hermione la regarda afficher une moue indecise, intriguée par son manège.

-Au fait, comment ça va, toi ? demanda-t-elle finalement. J'ai entendu tout un tas de rumeurs sur ton départ en catastrophe, mais je pense pas que tu sois devenue Ministre de la Magie et je crois pas une seconde à l'histoire de McGonagal.

Hermione se crispa. La danse de Jessica l'avait apaisée, pour une raison qui lui échappait, et elle avait pour un temps oubliée ses soucis. Sa colère était retombée, mais elle en voulait toujours à Harry de n'être en définitive qu'un hypocrite et elle ressentait le besoin d'en parler avec quelqu'un.

Oubliant complètement les recommandations de McGonagal, elle lui raconta tout, ou presque, n'évoquant pas l'Ordre. Elle lui parla de l'aggression de ses parents, de Voldemort qui la voulait morte, de la réaction de Harry. Le visage de Jessica passa par toute une gamme d'émotion : la surprise, l'inquiétude, la colère...

-Non mais quel crétin arrogant ! s'écria-t-elle avec un geste rageur. Et moi qui pensait qu'il avait deux ou trois neurones en activité de plus que le rouquin !

-Ah, tu me rassure ! Tu n'avais pas encore sortie de sarcasme, je commençais à m'inquiéter, se moqua gentiment Hermione.

Jessica lui lança un regard faussement vexé et Hermione lui sourit. Parler à la Serpentard l'avait soulagée d'un poids. Pourtant, elle se rappela soudainement des recommandations de McGonagal, bien qu'un peu tardivement, et sentit un début de panique l'envahir.

-Jessica, je peux te demander un service ?

-Qui je dois tuer ?

Hermione roula des yeux, amusée malgré elle.

-C'est possible d'avoir un peu de sérieux?

-Oui chef ! répondit Jessica avec un petit sourire mutin. Qu'est-ce que je peux faire pour toi, alors ?

-Ne répète à personne ce que je t'ai dis, d'accord ?

-Evidemment ! s'exclama Jessica. Hermione, voyons ! Je sais que je suis une Serpentard, mais tu ne crois tout de même pas que j'irais crier ça sur les toits ? Pas gratuitement, du moins...

-Tu es vraiment impossible !

-Merci !

Hermione lui sourit, bien qu'elle avait encore le coeur lourd.

-Enfin, je te demandais ça pour la forme, assura-t-elle. Bon, je ferais mieux d'aller me coucher, je suis épuisée... Bonne nuit et merci de m'avoir écoutée.

Elle commença à se diriger vers la porte, mais Jessica la retint. Cédant à une impulsion, la Serpentard prit la Gryffondor stupéfaite dans ses bras.

-Si tu as besoin de quoi que ce soit, Hermione, tu n'hésite surtout pas à me demander, d'accord ? murmura-t-elle d'une voix douce.

Acceptant dans un premier temps l'étreinte avec une certaine raideur, Hermione se détendit peu à peu et finit par passer ses bras autour du cou de Jessica, réprimant difficilement ses larmes qui remontaient soudain.

Elle se sentait étrangement bien dans les bras de Jessica. Ses bras passés dans son dos, ses mains doucement posées au creux de ses épaules et sur sa nuque lui apportait autant de réconfort que ses paroles. Fermant les yeux, elle respira profondément, le parfum de la jeune fille l'enveloppant.

A contrecoeur, Hermione finit par s'écarter de Jessica. Elle avait la sensation qu'elle finirait par s'endormir dans ses bras si elle ne faisait pas attention.

-Il t'arrive d'être adoralbe, murmura-t-elle avec un sourire. Pourquoi tu te conduis en peste le reste du temps ?

-Je suis trop paresseuse pour faire autant d'effort en permanence, lui répondit Jessica avec un clin d'oeil amusé. Et puis j'ai une réputation à tenir !

Hermione éclata de rire. C'était un soulagement de s'apercevoir qu'elle pouvait encore rire spontanément après tout ce qu'elle avait vécue aujourd'hui.

-Merci pour tout, Jessica, murmura-t-elle.

Sans vraiment songer à ce qu'elle faisait, elle posa ses lèvres sur la joue de la Serpentard un bref instant avant de se détourner pour retourner à la tour Gryffondor.

Jessica la regarda partir avec une expression surprise sur le visage. Quand Hermione disparut derrière la porte, son regard émeraude se troubla brièvement. Elle effleura ensuite sa joue avec un sourire rêveur, puis rejeta la tête en arrière et tournoya lentement sur elle même, les bras écartés de pars et d'autres de son corps.