NdA : Voila la suite, encore merci pour les reviews.
A Christophe : Ta review était intéressante, dommage que tu ne m'ai pas laissé d'adresse pour répondre, je vais devoir faire court ici. Disons simplement que je n'ai pas l'impression d'avoir tant affaiblit Harry. Il a juste un peu moins d'importance dans l'histoire pour le moment et j'ai un peu poussé les traits de caractères que Rowling à décris dans le livre 5 : l'arrogance, la fierté et la frustration. Quand au role d'Hermione, c'est une question d'interpretation pour beaucoup.
A Maeva : début de réponse dans ce chapitre !
A Antechrista : merci pour tes commentaires. Par contre, j'avais l'impression d'avoir mis plus de sarcasme dans le dernier chapitre, justement. J'essaie de maintenir un équilibre, mais les sarcasmes et joutes verbales tiennent une place importante dans la relation Rogue/Jessica ainsi que dans le caractère de ses personnages.
A Link9 : merci pour ta fidelité, c'est toujours un plaisir d'avoir une de tes reviews ! Pour le baiser, je ne dirais qu'une chose : patience !
Voila, je m'excuse pour prendre un peu de place pour les réponses, mais ne pouvant répondre directement et n'aimant pas trop laisser des reviews sans réponses... Place au chapitre, maintenant !
Hermione fut autorisée à quitter l'infirmerie le lendemain matin, n'ayant été victime que d'un simple Stupéfix et Mme Pomfresh ayant constaté qu'elle avait parfaitement récupéré du sort autant que du choc. La jeune fille se rendit donc dans la Grande Salle pour prendre son petit déjeuner, y retrouvant Harry, Ron, Ginny et Luna à la table des Gryffondors.
Les deux jeunes filles l'accueillirent avec entousiasme, s'assurant qu'elle allait bien, ce qui amusa Hermione malgré elle. Elle leur adressa à toutes deux un sourire à la fois reconnaissant et rassurant, puis tourna son regard sur Ron. Ce dernier semblait avant tout furieux. Il ne semblait en tout cas pas d'humeur a faire la conversation. Harry, pour sa part, semblait aussi morose qu'à son habitude.
Hermione eut vite l'impression que Ron lui en voulait. La façon dont il lui tendit le porte-toast dégageait une certaine fraicheur. Elle n'eut aucun mal à en deviner la raison, mais n'avait pas l'intention de s'excuser. Elle avait autre chose en tête que de s'inquiété de la fièrté de son ami.
A commencer par les rumeurs qu'elle entendait sans peine. Sans surprise, tout le monde parlait de l'incident du bal avec animation, commentant l'attaque des Mangemorts et chacun y allant de sa petite théorie.
Le fait qu'Hermione avait été la première touchée par l'attaque n'avait malheureusement échappé à personne et associé à l'incident précédent, Hermione ne fut qu'à moitié surprise que certaines rumeurs qui parvinrent jusqu'à elle s'approchaient de plus en plus de la vérité.
D'ailleurs Parvati et Lavande, toujours ravie d'alimenter les commérages, racontaient à qui voulait l'entendre qu'en réalité, ç'avait toujours été Hermione la pire ennemie de Voldemort et que Harry n'avait jamais été qu'un leurre déstiné à protéger la jeune fille.
Le jeune homme régla la question d'un regard si noir que les deux jeunes filles décidèrent sagement de finir précipitamment leur petit déjeuner et d'aller voir ailleurs si elles y étaient.
-Je me demande où elles vont chercher tout ça, se lamenta Hermione en poussant sans grand entousiasme ses céréales du bout de sa cuillère.
Elle n'avait pas franchement faim, mais Ginny insistait pour qu'elle mange quelque chose. Ne voulant pas l'inquiéter d'avantage, elle se força à finir son bol, lançant un regard irrité pour Harry et Ron qui boudaient en duo.
Hermione trouvait que Ron ne manquait pas d'air de lui faire la tête. D'accord, elle l'avait laissé en plan pour aller danser avec Jessica, mais ce n'était pas comme si la soirée avait été parfaite. Sortir avec Ron avait été au mieux ennuyant, bien qu'elle lui reconnaissait le mérite d'avoir fait de gros efforts. Et puis, s'il avait eu la main plus légère sur le buffet, peut-être qu'elle n'aurait pas eu l'occasion d'aller danser avec Jessica. Il ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même pour n'avoir pas réussit à garder sa cavalière lors du bal.
En repensant à Jessica, Hermione s'agita, mal à l'aise. Elle commençait à se poser des questions quand à l'intérêt que lui portait la jeune fille, mais n'était pas sûre d'avoir très envie de se pencher dessus.
Elle ne regrettait absolument pas d'avoir dansé avec Jessica. Elle estimait qu'il s'agissait du seul élément séparant le bal de l'appelation de fiasco total. Pourtant, quelque chose la chiffonait sans qu'elle parvienne à mettre le doigt dessus.
L'ennui, c'était qu'elle ne parvenait jamais à comprendre vraiment la jeune fille. Elle pouvait se montrer adorable aussi bien que détestable, et ce en l'espace de quelques instants. Elle savait que la jeune fille l'appréciait et voulait être son amie, mais...
Les paroles de Wingdal lui revinrent à l'esprit et elle se rembrunit. « Vous n'auriez pas été une cible aussi facile si vous étiez restée loin d'elle... » avait-il dit. Qu'avait-il voulut dire par là ? L'idée que Jessica soit d'une manière responsable de l'incident lui paraissait complètement ridicule, mais malgré tout, elle ne parvenait pas à se sortir de l'esprit qu'il s'agissait de son père et que si quelqu'un savait ce que Jessica avait dans la tête, c'était bien lui.
Elle choisit de mettre ces pensées irritantes de coté pour le moment. Le courrier arrivait dans un tonnerre de battement d'ailes. Hermione récupéra son journal avec un soupir résigné. Cette fois, elle savait qu'il y aurait un article sur l'incident. Il y avait eu beaucoup trop de témoin et la Gazette n'allait certainement pas passer à coté d'un article aussi juteux.
Coq, le minuscule hiboux de Ron, était parmi les hiboux et se mit à tourner autour de la tête de son maître en poussant des hullulements surexcités, ressemblant à un petit sattelite emplumé. Grommelant, Ron attrapa son hibou au vol sous les rires des autres élèves et détacha la lettre qu'il portait fièrement pendant que Coq lui mordillait les doigts avec un peu trop d'entousiasme.
-Tu me fais mal, stupide volatile ! s'énerva-t-il en lâchant Coq qui zigzaga dans la grande salle avant de disparaître par une fenêtre.
Ron lut la lettre sous les regards légèrement inquiets de ses amis, puis soupira légèrement.
-De maman, murmura-t-il en se penchant en avant. Elle espère que tout le monde va bien et qu'Hermione s'est remise. Elle a l'air paniquée, pour changer...
-Je la comprends, murmura Ginny. Plus ça va, plus la vie à Poudlard devient dangereuse...
Hermione hocha gravement la tête, puis déplia son journal. Sans surprise, l'attaque du bal faisait la Une.
-J'imagine qu'ils avaient un journaliste sur place, déclara Ron.
-Sûrement, répondit Hermione tout en lisant l'article. « Les Mangemorts étaient de toutes évidences mal renseignés puisque le célèbre Harry Potter, qui a contribué à l'arrestation de plusieurs Mangemorts d'importance au cours de l'été dernier, n'était pas présent au bal ce soir là », lut-elle à haute voix.
-Au moins, la Gazette n'est pas au courant des nouveaux projets de Vous-Savez-Qui, chuchota Ginny en s'assurant que personne ne les écoutaient. Ca vaut mieux, si vous voulez mon avis...
Ne pouvant qu'approuver, Hermione poursuivit la lecture du journal pendant que ses amis commentaient l'article qu'elle leur avait entièrement lut, écoutant distraitement. Elle ne voulait plus y penser pour le moment. Un frisson désagréable l'envahissait chaque fois qu'elle y repensait.
Elle arriva à la page des disparitions sans avoir rien trouvé d'intéressant et la survola rapidement avant de tourner la page. Elle s'imobilisa soudain et revint en arrière, relut attentivement et s'arrêta sur un nom familier. Elle poussa un cri de surprise qui fit sursauter plusieurs personnes.
-Un problème ? demanda Ron en ramassant son toast qui lui avait échappé des mains et s'était écrasé sur sa robe, coté confiture.
Très pâle, Hermione hocha la tête et posa le journal à plat, afin que tout le monde puisse lire l'article qu'elle pointait d'un doigt tremblant. L'un des articles portait le titre suivant: « Le directeur du Chicaneur porté disparut ! »
Ginny sentit son estomac se retourner et se tourna aussitôt vers Luna qui fixait le titre avec un calme qu'elle trouva des plus inquiétant. Au bout d'un moment, Luna afficha un sourire, mais sa voix tremblait légèrement quand elle prit la parole.
-C'est rien, il s'est sûrement perdu en traquant des Ronflaks Cornus. Ce serait pas la première fois, je vous l'ai déjà dis...
-Luna, intervint Hermione d'une voix douce. Il te l'aurait dis s'il partait en expédition, non ?
-Il a oublié, s'obstina Luna. Je vais lui écrire une lettre et je suis sûre qu'il me répondra !
Des larmes lui coulaient pourtant sur les joues et Ginny la prit dans ses bras, elle-même secouée par la nouvelle. Elle entendit des bruits de pas précépités et leva légèrement la tête. Jessica approchait à grands pas, visiblement inquiète.
-Je viens de lire le journal. Ca va vous deux ? demanda-t-elle en regardant tout à tour Hermione et Luna.
-Moi, oui, répondit Hermione d'une voix tremblante. Mais Luna est sous le choc.
-Pas étonnant...
Jessica se pencha sur Luna et lui caressa doucement le dos, mais la jeune fille ne lui accorda pas un regard, l'air totalement perdue. Elle s'accrochait à Ginny comme si sa vie en dépendait.
-J'espère que tu es fière de toi et de tes copains Mangemorts, lança Ron avec mauvaise humeur.
Un silence pesant s'installa. Tout le monde regardait Jessica qui s'était figée, une expression indéfinissable sur le visage.
-Ron ! s'exclama Hermione.
-Elle t'as menée droit vers la sortie pile au moment où les Mangemorts surgissaient ! s'obstina le rouquin. Vous ne me ferez pas croire que c'était qu'une coincidence !
-Je suis impressionée, Weasley... déclara Jessica d'une voix calme, mais vibrante de colère. Chaque fois que je pense que tu as touché le fond, tu trouve le moyen de t'enfoncer encore plus...
Furieux, Ron se leva en tirant sa baguette et la pointa sur Jessica qui fit de même. Ils se regardaient avec une haine sans bornes.
-Je sais que j'ai raison et je compte bien le prouver, Wingdal !
-Alors bonne chance, Sherlock, vu que t'es pas foutu de trouver ton derrière avec un sort d'attraction !
-Ca suffit ! cria McGonagal qui accourait, suivit par Rogue.
Son regard se posa soudain sur le journal, puis sur Luna qui pleurait dans les bras de Ginny et son visage se ferma.
-Suivez-moi, tous ! reprit-elle d'un ton sec. Et rangez vos baguettes, vous deux, où je vous donne une retenue !
Intrigués, Harry et Hermione se levèrent pendant que Ginny aidait Luna a se mettre debout, elle-même au bord des larmes. Ron baissa à contrecoeur sa baguette, imité par Jessica qui était toujours très pâle.
-Et où on va ? demanda-t-elle, exprimant leur pensée à tous.
-Vous, Miss Wingdal, vous retournez à votre table, répondit sèchement McGonagal.
Rogue grimaça légèrement, n'appréciant pas que l'Ecossaise donne des ordres à une élève de sa Maison, mais garda le silence.
-Quoi ?! s'écria Jessica avec colère. Luna est mon amie, je vais sûrement pas...
-Obéissez, Miss Wingdal, coupa Rogue.
Jessica leur adressa à tous un regard mauvais, furieuse d'être mise à l'écart, mais n'insista pas et retourna à sa table où tout le monde s'écarta d'elle, comme si elle était porteuse d'une maladie très contagieuse.
-
Le reste du groupe suivit les deux professeurs dans les couloirs. Ginny soutenait toujours Luna, inquiète. La jeune fille semblait complètement détachée, à présent, et la suivait d'un pas mécanique, comme si son esprit s'était réfugié très loin. Hermione voulut lui sourire d'un air encourageant, mais sans résultat. Elle avait elle-même le coeur au bord des lèvres.
Ils arrivèrent finalement devant la gargouille gardant l'entrée du bureau de Dumbledore.
-Crème caramel, articula McGonagal en roulant des yeux avec emphase devant l'incapacité du directeur pour choisir des mots de passes plus sérieux.
La gargouille fit aussitôt un pas de coté, révélant l'escalier qui s'élevait lentement. Ils montèrent dessus, s'agitant de plus en plus à mesure qu'ils approchaient de leur destination. Enfin, McGonagal frappa à la porte du bureau.
-Entrez ! lança la voix de Dumbledore.
La petite troupe d'élève et les deux professeur entrèrent dans le bureau. Wingdal était déjà là et les regarda tous avec surprise avant de secouer lentement la tête. Dumbledore était assis à son bureau, l'air grave, et hocha la tête alors que Rogue refermait la porte.
-Je ne suis pas surpris de tous vous voir ici, annonça le directeur. Mais je vous en prie, asseyez-vous.
Sur un geste de sa baguette, plusieurs fauteuils apparurent. Tout le monde s'assit en silence, Ginny aidant Luna sous le regard attristé de Dumbledore.
-Je suppose que vous êtes ici parce que vous avez lut cet article au sujet de Mr Lovegood ? demanda-t-il.
Des murmures affirmatifs lui répondirent et il soupira tristement.
-Je crains malheureusement que la situation soit bien plus grave que la Gazette ne se l'imagine, reprit Dumbledore. Il se trouve que Harold venait justement de me transmettre un message d'Arthur. D'après Kingsley, Mr Lovegood serait soupçoné d'être devenu un Mangemort...
Un silence consterné lui fit écho. Luna cligna des yeux et les posa sur Dumbledore. Ginny frissonna, de plus en plus inquiète. Jamais encore elle avait vue une telle lueur de folie dans le regard de Luna.
-C'est impossible ! lança-t-elle, brisant le silence. Le père de Luna, un Mangemort ? Ca n'a aucun sens !
-C'est également mon avis, reprit Dumbledore. Mr Lovegood n'a pas le profil d'un Mangemort, encore moins d'un partisan de Lord Voldemort. Cette histoire n'est qu'une théorie fumeuse élaborée par le Ministère. Il semble nourrir une certaine rancoeur envers Mr Lovegood pour avoir publié l'interview de Harry l'an dernier.
Harry émit un reniflement méprisant. Ca ne l'étonnait pas, venant du Ministère.
-En fait, reprit Dumbledore d'une voix peinée. Je crains fort de devoir vous présenter mes excuses, Miss Lovegood. J'avais demandé à votre père de bien vouloir mener une petite enquête pour moi...
-Quoi ?! s'écria Ginny, surprise. Le père de Luna est membre de l'Ordre ?
-Plus ou moins, tempéra Dumbledore. Mr Lovegood n'a pas manifesté le désir de nous rejoindre, mais était d'accord pour nous rendre à l'occasion de menus services. En temps que directeur d'un journal, il possède un réseau de renseignement très utile. J'espérais également qu'il pourrait obtenir certains renseignements sans trop attirer l'attention sur lui, mais je crains d'avoir commis une terrible erreur. Je me sens responsable de sa disparition.
Pendant que tous absorbaient la nouvelle, Luna continuait de fixer Dumbledore d'un regard vide des plus inquiétants. Ginny la secoua doucement par l'épaule, sans résultat.
-Naturellement, nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir afin de le retrouver. J'ai déjà chargé Alastor de mener une enquête approfondie.
-Vous pensez qu'il est... ? commença Harry avant de s'interrompre.
Le souvenir de Sirius lui revenait avec une cruelle intensité.
-Pour être franc, je l'ignore, répondit Dumbledore. Mais j'espère que ce n'est pas le cas. Que nous l'aurions retrouvé s'ils l'avaient tué.
De nouveau, le silence s'installa, inconfortable, mais personne ne pouvait se résoudre à le briser. Wingdal secouait tristement la tête d'un air peiné. McGonagal avait les lèvres serrées et serrait les poings avec colère. Même Rogue restait silencieux, bien qu'il arborait une légère expression d'ennui.
Puis Luna se mit à rire, les larmes dévalant ses joues. C'était un rire hystérique, empreint de folie et tout le monde la regarda avec malaise. Difficilement, Ginny refoula ses propres larmes et la fit se lever sans un mot. Elle devait se montrer forte pour Luna. Elle ne pouvait pas craquer elle aussi alors que son amour perdait pied.
Silencieusement, elle l'entraîna vers la sortie, prenant la direction de l'infirmerie. Dans le bureau, les élèves et les professeurs échangèrent des regards peinés, puis se levèrent et sortirent, rejoignant leur bureau ou salle commune.
-
Hermione, Harry et Ron étaient assis dans leur salle commune, faisant leurs devoirs sans un mot. Aucun n'était vraiment enthousiaste, pas même Hermione, mais comme celle-ci le leur avait fait remarqué, il fallait bien les faire malgré tout et ça avait au moins le mérite de leur occupé l'esprit.
Ils étaient passés voir Luna un peu plus tôt et l'avait amèrement regrettés tant leur bref passage à l'infirmerie avait été pénible. La jeune fille était de toute évidence en pleine crise de folie, hurlant, riant et pleurant tout à la fois en se débattant pour échapper aux tentatives de Mme Pomfresh pour la soigner. Laquelle avait dû se résoudre à la stupéfixer pour pouvoir lui administrer un calmant.
Le pire avait été Ginny, restant stoïquement au cotés de Luna quand bien même elle semblait à deux doigts de fondre en larme. Elle n'avait pas beaucoup réagit aux encouragements de ses amis et de son frère, qui étaient finalement repartis, plus déprimés qu'à leur arrivée.
Hermione, surtout, le prenait mal. Elle s'était énormément rapprochée de Luna depuis la rentrée via Ginny et en était venue à l'apprécier énormément. Elle s'était réjouie comme beaucoup d'autres de la voir moins perturbée, bien que toujours fantasque. La voir dans un tel état de folie lui avait fait un choc. Elle avait du mal à réaliser que la veille encore, elle s'amusait avec elle et riait de ses idées farfelues.
Une larme s'écrasa sur son parchemin, diluant l'encre. Elle s'en rendit à peine compte, perdue dans ses pensées. Ron et Harry échangèrent un regard, mal à l'aise. En voyant les regards intrigués, pourtant, ils vinrent s'asseoir à coté de la jeune fille, l'entourant, et dissuadèrent à grand renfort de regards noirs quiconque faisait mine d'approcher.
Sans trop savoir que faire ou que dire, ils se contentèrent de lui donner de petites tapes dans le dos d'un air vaguement réconfortant. Faisant un effort sur elle-même, Hermione sécha ses larmes et leur adressa un pauvre sourire.
-Merci, murmura-t-elle d'une voix enrouée.
-C'est rien, répondit Harry. Entre ce qui s'est passé hier et ça, n'importe qui serait secoué...
Hermione hocha lentement la tête. Elle se sentait vidée, à bout de force.
-Tout ça, c'est la faute de Voldemort ! s'énerva-t-elle en jetant sa plume sur son devoir avec rage, faisant tressaillir Ron.
-On l'arrêtera, murmura sombrement Harry. Je sais pas quand, ni comment, mais on l'arrêtera. Et il paiera pour tout ce qu'il a fait.
Hermione enfoui ses mains dans son visage, épuisée. Elle soupira longuement, puis s'essuya les yeux d'un geste rageur et reprit son devoir avec détermination. Elle ne voulait plus réfléchir à tout ça pour le moment. Et s'ils devaient mettre un terme aux méfaits de Voldemort, il leur fallait travailler dur !
Rassurés de la voir redevenir telle qu'ils l'avaient toujours connus, Harry et Ron échangèrent un regard, puis se remirent à leur devoir, eux aussi, la mine sombre. Même s'ils étaient moins proche de Luna qu'Hermione, son sort ne les laissait pas pour autant indifférent. Harry n'avais jamais rencontré le père de la jeune fille, mais avait toujours éprouvé pour les Lovegood de la reconnaissance pour avoir publié son interview. De plus, la présence de Luna au Ministère comptait à ses yeux. Elle ne s'était pas défilée et avait pris de grands risques pour l'aider à sauver Sirius. Elle lui avait même apporté un certain réconfort après sa mort.
Quand à Ron, s'il déplorait l'amitiée qui liait Ginny et Luna, il n'en éprouvait pas moins une vague reconnaissance pour la Serdaigle qui avait sauvé sa soeur au Ministère lorsque celle-ci s'était cassé la cheville. Elle l'avait également sauvé alors qu'il était en plein délire et devait bien admettre, même si c'était à contrecoeur, qu'il lui arrivait d'être marrante.
Ginny ne revint pas de l'infirmerie. Lorsqu'ils se rendirent la-bas pour s'assurer qu'elle allait bien, Mme Pomfresh ne voulut pas les laisser entrer, affirmant que les deux jeunes filles avaient besoin de repos. Ils reprirent sans enthousiasme le chemin de la salle commune et virent Jessica.
La jeune fille était à une fenêtre et contemplait l'extérieur d'un air vague, le visage d'une pâleur inquiétante. Son corbeau était perché sur son épaule donnait des coups de becs sur ses boucles d'oreille d'un air mécontent, mais Jessica ne lui prêtait pas la moindre attention. Hermione sentit un frisson la parcourir, l'expression de la jeune fille lui rappelant par certains coté Luna.
-Jessica ? fit-elle d'une petite voix.
La jeune fille sursauta en se tournant vers eux, Zoltan battant des ailes en coassant furieusement. Le corbeau posa un regard mauvais sur les Gryffondors avant de s'envoler et de disparaître dans les couloirs.
-Ah, c'est vous, murmura Jessica.
-Tu vas bien ? demanda Hermione en approchant.
-Ca va, je suis juste inquiète pour Luna. Sale histoire...
Ron renifla d'un air méprisant, mais garda le silence, ce dont Hermione lui fut reconnaissant. Sans savoir pourquoi, quelque chose dans l'attitude de Jessica l'inquiétait et elle avait la certitude que ce n'était pas le moment pour une dispute.
-Tu as reçut du courrier ? demanda-t-elle, ne sachant pas quoi dire d'autre.
Jessica fut secouée d'un frisson, mais parvint à esquisser un sourire.
-Rien d'important, Hermione. Je ferais mieux d'y aller. On se voit plus tard.
Et elle s'éloigna d'un pas rapide, Hermione la suivant du regard avec la sensation persistente et désagréable que quelque chose clochait.
-Complètement dingue, marmonna Ron.
-Elle s'inquiète juste pour Luna ! rétorqua Hermione.
Pourtant, elle ne pouvait s'empêcher de songer que Jessica avait eu une attitude étrange. L'avertissement de Wingdal résonna à nouveau dans son esprit, mais elle le chassa résolument. C'était parfaitement stupide. Jessica ne pouvait pas l'avoir mise sciemment en danger, sans quoi il lui aurait suffit de l'abandonner sur la piste pour que les Mangemorts l'achèvent.
Rassurée, elle suivit Ron et Harry en direction de leur salle commune. Une fois installée devant le feu, elle se trouva ridicule de douter ainsi de Jessica. Elle avait déjà eu l'occasion de s'apercevoir qu'en dépit des apparences, la Serpentard était très soucieuse de ses amies et elle s'était toujours très bien entendue avec Luna. Rien d'étonnant à ce qu'elle soit secouée en la voyant dans un état pareil.
En tout cas, elle était vraiment contente que Ron ne l'ai pas provoquée ou accusée de quoi que ce soit.
-
Luna fut autorisée à sortir le lendemain, de même que Ginny, mais si elle s'était calmée, sa folie semblait s'être aggravée. Ses discours étaient de plus en plus incohérent et elle ne semblait plus vraiment en phase avec ce qui l'entourait. Des les premières heures de cours, il s'avéra qu'elle ne suivait plus du tout et elle perturbait tellement les leçons que ses professeurs se virent contraint de la faire sortir de la classe.
Tous les progrès que Luna avait accompli au cours de l'année furent réduits à néant. Grâce à Ginny, elle était devenue plus sociable, légèrement moins excentrique, mais surtout plus appréciée. Serdaigle était devenu fier de la compter dans sa Maison plutôt que de se moquer d'elle et de la persécuter. Pratiquement plus personne ne l'appelait Loufoca.
Le surnom revint pourtant en force très rapidement et les autres élèves l'évitaient avec soin, comme si sa folie était contagieuse. Cela ne fit qu'empirer l'état de Ginny qui se sentait craquer de plus en plus chaque jour. C'était à peine si Luna la reconnaissait, ce qui constituait pour elle un violent coup au moral. Elle se montrait irritable et prête à fondre en larmes à la moindre remarque. Elle faisait tout son possible pour aider et soutenir Luna, mais atteignait ses limites et Hermione s'inquiéta sérieusement de son état de santé.
Plus les jours passaient, plus l'état de Luna empirait et plus Ginny s'épuisait. Elle ne dormait quasiment plus, ses camarades de chambre expliquant à Hermione que la jeune fille passait ses nuits à pleurer et les envoyaient paître dès qu'elles faisaient mine de vouloir s'approcher. Pour sa part, Luna ressemblait à un automate, ne parlant quasiment plus à personne et ayant perdue l'appétit.
-Elle a toujours eu un grain, déclara Ron lors d'un repas, pendant que Ginny tentait de convaincre Luna de manger. Fallait s'attendre à ce qu'elle sombre un jour ou l'autre...
Il n'appréciait pas du tout de voir sa soeur se mettre dans tout ses états pour Luna. Il avait beau éprouver une vague compassion envers la Serdaigle, sa soeur comptait plus à ses yeux et il ne pouvait s'empêcher de lui en vouloir.
-Elle est juste encore sous le choc ! rétorqua Ginny avec rage. Je suis sûre qu'elle va finir par reprendre ses esprits !
Ron afficha une moue sceptique, mais garda le silence. Luna contemplait son assiette d'un air absent, la bouche entrouverte et le regard vague. Ginny réprima à grand peine des larmes de frustrations. Voir Luna dans cet état lui déchirait le coeur. La jeune fille ne répondait presque plus à ses baisers et elle désespérait de voir arriver une amélioration de son état, quand bien même elle répugnait à l'admettre.
Hermione s'attristait de voir ses deux amies dans cet état, mais ne voyait absolument pas quoi faire. Pour lui compliquer encore les choses, Jessica était devenue étrangement distante depuis leur rencontre dans le couloir. Elle n'allait plus voir Luna, ni Ginny et ne parlait plus beaucoup à Hermione lors des cours.
Chaque fois que celle-ci tentait de l'interroger sur son comportement, Jessica se contentait de hausser les épaules et de répondre qu'elle ne voyait pas de quoi elle parlait. Irritée, Hermione se retenait à grand peine de lui faire une remarque désagréable, mais connaissait bien le répondant de la Serpentard et la dernière chose dont elle avait besoin était de se disputer avec elle. De plus, elle la soupçonnait de leur en vouloir d'avoir été mise à l'écart lorsqu'ils s'étaient rendus dans le bureau de Dumbledore.
Hermione renonça donc pour le moment à tenter de comprendre Jessica, préférant se concentrer sur Ginny et Luna dont l'était était bien plus inquiétant. Elle espérait simplement que la Serpentard finirait pas se calmer et redeviendrait comme elle l'était auparavant. Elle n'en ressentit pas moins un pincement au coeur.
Billy faisait également son possible pour aider ses amies, attristé de les voirs dans cet état. Il aimait beaucoup Luna qui s'était toujours montrée gentille avec lui et l'aidait parfois à faire ses devoirs. Il ne savait pourtant pas quoi faire pour lui venir en aide, ce qui l'attristait énormément.
Le jeudi qui vint, alors que le garçon tentait tant bien que mal de discuter avec Luna, Dumbledore approcha du petit groupe qui s'était rassemblé dans le hall pendant la récréation. En voyant le directeur de l'école venir vers eux, Billy se mit à trembler nerveusement.
-Ah, vous êtes tous là, parfait, murmura Dumbledore. Si vous voulez bien me suivre, j'aimerais vous parler. Je suis désolé, Mr Martins, mais je vais devoir vous demander de nous laisser, ajouta-t-il à l'intention de Billy.
Lequel hocha silencieusement la tête, intimidé et surpris de voir que le directeur en personne connaissait son nom. Dumbledore guida les sixième et cinquième années dans une classe vide et referma soigneusement la porte.
-Je m'excuse de vous importuner de la sorte, mais je crains fort que ce ne soit nécessaire.
-Avez vous des nouvelles du père de Luna ? demanda Ginny, la voix pleine d'espoir.
-Hélas non, soupira Dumbledore. J'ai bien peur que ses ravisseurs n'aient pas laissés le moindre indice... Non, je me dois de vous annoncer que le corps enseignant s'inquiète de plus en plus de l'état de santé de Miss Lovegood. Et je vous fais grâce des rapports de Mme Pomfresh.
-Je fais tout mon possible pour l'aider ! répliqua Ginny avec colère.
-Je n'en doute pas un seul instant, assura Dumbledore en lui tapotant l'épaule. Mais nos inquiétudes s'étendent à votre cas, Miss Weasley. Votre dévotion envers votre amie est impressionnante et tout à votre honneur, mais vous vous épuisez... Non, il nous semble hélas que Miss Lovegood serait peut-être plus à sa place à Ste-Mangouste.
Ginny devint si livide qu'Hermione se précipita pour la soutenir, craignant qu'elle ne s'évanouisse. La préfète était partagée quand à la proposition de Dumbledore. Elle devait bien admettre que Luna n'était plus en état de suivre des cours, mais redoutait l'impact qu'une séparation aurait sur Ginny dont l'état mental était tout aussi fragile en ce moment. Harry et Ron, quand à eux, hochaient gravement la tête, approuvant la proposition.
-C'est la meilleure chose à faire, déclara finalement Ron. Ils sauront s'occuper d'elle, Ginny.
-Je suis parfaitement capable de m'occuper de Luna moi-même ! cria Ginny avec colère.
-Tu n'es pas Guérisseuse ! répliqua Ron. Laisse faire des professionnels !
-Allons, du calme, intervint Dumbledore. Miss Lovegood n'a plus de famille tant que nous n'aurons pas retrouvé son père et se trouve donc sous la responsabilité de l'école. Au vu de l'état de confusion qui est le sien, je crains fort que ce soit la meilleure chose à faire pour elle.
-Non ! s'écria Ginny. Si vous l'envoyez à Ste-Mangouste, je ne...
Sa voix se brisa. Elle ne voyait pas comment leur expliquer que l'idée de ne plus pouvoir être auprès de Luna lui était insuportable.
-Je suis sincèrement désolé, Miss Weasley, reprit Dumbledore, mais la santé de Miss Lovegood est ma préoccupation principale. Je comprends vos réticences, mais comprenez que c'est pour son bien...
Ginny fondit en larmes. Elle voulait aider Luna elle-même, s'était promis de veiller sur elle. Pourtant, elle avait conscience qu'elle ne réussissait pas à l'aider, mais se refusait à abandonner. Elle savait que c'était de l'égoïsme, mais ne pouvait lutter contre ses sentiments.
Luna cessa soudain de fredonner distraitement et son regard se fit légèrement moins vague. Elle posa un regard étonné sur Ginny, comme si c'était la première fois de sa vie qu'elle la voyait, puis la pris dans ses bras. Ginny s'accrocha désespérément à elle sous les regards étonnés.
-Vous devez comprendre, reprit finalement Dumbledore, que vous ne pouvez veiller en permanence sur Miss Lovegood. En plus d'appartenir à deux Maisons différentes, vous êtes en année de BUSE, qui est l'une des plus importante et contraignante de votre scolarité.
-Je pense qu'il a raison, Ginny, intervint doucement Hermione. Je sais que Luna et toi, vous êtes très proche, mais...
-Non, tu ne sais pas ! en resserant son étreinte sur Luna, ses larmes coulant dans le cou de la Serdaigle. Tu n'en a pas la moindre idée !
-Ca suffit, Ginny ! intervint Ron avec exaspération. Tu es ridicule ! Je veux bien que ce soit ton amie, mais tu réagit comme si c'était la fin du monde !
Ginny se crispa et lança à son frère un regard si noir qu'il eut un mouvement de recul. La jeune fille tira sa baguette avant que quiconque n'ai put faire le moindre geste et la pointa sur Ron.
-Chauve-Furies ! s'écria-t-elle rageusement.
-Admirablement excécuté, commenta Dumbledore pendant que Ron se débattait en hurlant. Mais ma décision est prise, Miss Weasley. Je vous promet que les meilleurs soins seront dispensés à Miss Lovegood.
Ginny enfoui de nouveau son visage dans le cou de Luna, mais n'ajouta rien, vaincue.
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Le soir même, Luna fut amenée à Ste-Mangouste sous les regards curieux des élèves qui chuchotaient entre eux. Ginny s'enferma dans son dortoir et refusa obstinément de répondre à qui que ce soit, empêchant même ses camarades de chambres d'entrer.
Assis dans la salle commune, Harry et Ron se demandaient bien pourquoi Ginny réagissait aussi mal, amie ou pas, et Hermione leva les yeux au ciel. Pour sa part, elle pensait comprendre. Cela faisait un petit moment qu'elle se posait des questions sur les deux jeunes filles, mais n'y avait jamais trop pensé, étant trop préoccupée par ses propres problèmes.
Laissant Ron se plaindre à Harry qu'il s'était fait aggresser par sa propre soeur, Hermione monta quatre à quatre les marches menant aux dortoirs des filles, s'arrêta devant celui de Ginny et frappa au battant.
-Ginny, c'est Hermione, ouvre ! s'exclama-t-elle.
-Laisse-moi tranquille ! répondit une voix entrecoupée de sanglots.
-Je m'inquiète pour toi, poursuivit Hermione. Alors soit tu m'ouvre gentiment, soit j'utilise ma baguette !
Elle attendit quelques minutes, mais Ginny ne semblait pas décidée à la laisser entrer. Décidée à avoir une petite conversation avec sa meilleure amie, Hermione s'empara de sa baguette qu'elle pointa vers la serrure.
-A ta guise ! lança-t-elle. Allohomora !
Avec un déclic, la porte se déverrouilla et Hermione entra dans le dortoir. Ginny était étendue sur son lit et pleurait, le visage enfoui dans son oreiller. Hermione approcha prudemment, au cas où Ginny l'accueillerait avec son maléfice fétiche, mais la jeune fille ne semblait même pas s'être rendue-compte de sa présence.
Hermione s'assit doucement sur le lit, à coté de Ginny, et posa gentiment une main sur son épaule.
-Tu vas la revoir, Ginny, murmura Hermione. C'est pas comme si elle était morte...
-Tu peux pas comprendre... répliqua Ginny sans même lever la tête de son oreiller.
-Peut-être bien que si, justement ! répondit Hermione avec un début d'irritation. Et quand bien même, je comprendrais sûrement mieux si tu m'expliquais, justement !
Ginny garda le silence, toujours secouée de sanglots, espérant probablement qu'Hermione se lasse et la laisse en paix. La préfète choisit de s'obstiner. Il était grand temps de voir si elle avait vu juste.
-Est-ce que tu es... amoureuse de Luna ? se lança-t-elle d'une voix hésitante.
La façon dont Ginny tresaillit était plus éloquente que n'importe quel discour. La jeune fille leva enfin la tête et posa des yeux rougis par les larmes sur Hermione.
-Comment t'as deviné ? demanda-t-elle d'une petite voix.
-A plusieurs petites choses, répondit Hermione avec un sourire. Ta réaction quand Dumbledore t'as annoncé qu'il voulait l'envoyer à Ste-Mangouste et ta réaction envers Ron. Les commentaires de Luna à ton sujet lors du match Gryffondor-Poufsouffle m'avaient interpelés, aussi, mais j'ai commencé à avoir des soupçons le jour du bal. Ron et Harry ne semble s'être rendus compte de rien, mais venant d'eux, plus rien ne m'étonne, reprit Hermione en roulant des yeux. Une fille pourrait leur faire une déclaration d'amour en face qu'ils seraient fichus de ne pas s'apercevoir qu'elle en pince pour eux.
Ginny sourit tristement, amusée malgré elle.
-Ca fait longtemps que vous êtes ensemble ? demanda Hermione avec douceur.
-Juste après le match. J'étais morte de trouille à l'idée qu'elle me rejette et je m'étais dégonflée, mais finalement, c'est elle qui a fait le premier pas, répondit Ginny avec un faible sourire, se sentant un peu mieux en évoquant enfin sa relation avec Luna. Je l'aime énormément, tu sais...
Hermione sourit, attendrit par la confession.
-Tu ne l'as dis à personne ?
-Non... J'étais pas sûre d'être prête. Et quand je vois la réaction de Ron quand je sors avec des garçons, j'imagine même pas comment il réagira le jour où il saura que je suis avec Luna... Il la déteste...
Hermione s'accorda un instant de réflexion. Elle devait bien reconnaître que Ron n'était jamais très amical envers Luna, mais de là à parler de haine...
-Je ne pense pas qu'il la déteste vraiment, dit-elle enfin. Mais c'est vrai qu'il risque d'avoir du mal à l'accepter...
-Et toi, t'en pense quoi ? demanda Ginny d'une petite voix.
Hermione lui adressa un sourire rassurant.
-Ca ne me dérange absolument pas, répondit-elle. Luna est très gentille et vous formiez un très beau couple pendant le bal.
Ginny sourit à son tour, rassurée. Parler à Hermione lui faisait un bien fou. Elle réalisa soudain à quel point garder secrète sa relation avec Luna lui avait pesé. Elle regretta de ne pas en avoir parlé avec elle plus tôt. Elle se demanda soudain si Luna éprouvait la même chose. Elle avait toujours affirmé ne pas se soucier que ce soit un secret ou non, mais cela lui avait-il également pesé ? Garder la nature de leur relation secrète pouvait-il avoir contribué à aggraver sa folie ?
-Je ne sais pas, avoua Hermione une fois que Ginny lui eut exposée ses craintes. J'imagine que c'est possible, mais franchement, j'en doute. Luna semblait un peu plus... rationelle depuis quelques temps. A mon avis, c'est uniquement le choc qu'elle à reçut en apprenant la nouvelle de la disparition de son père qui est en cause.
Ginny se sentit un peu mieux. Elle parla longuement avec Hermione de sa relation avec Luna, lui confiant ses espoirs comme ses craintes. Hermione l'écouta avec attention, la rassurant et la réconfortant, lui assurant son soutien et son amitiée.
C'était un soulagement pour Ginny de voir Hermione accepter aussi bien ce qu'elle était. L'avoir à ses cotés dans un moment pareil la réconfortait plus qu'elle ne l'aurait imaginé et elle lui en était reconnaissante.
Pour sa part, Hermione était rassurée. Ginny semblait avoir retrouvé en partie le moral. Bien qu'elle ait eu des soupçon, avoir la confirmation que Ginny aimait Luna l'avait surprise. Elle se rendait compte qu'elle n'avait jamais vraiment envisagée que son amie puisse aimer une autre fille. C'était troublant, quelque part, mais elle s'étonnait de l'accepter aussi facilement.
Des coups frappés timidement à la porte interrompirent ses pensées. Intriguée, Hermione se leva pour aller ouvrir et vit les camarades de chambre de Ginny qui eurent un mouvement de recul en la voyant, s'attendant visiblement à se faire recevoir à coup de maléfice. Hermione éclata de rire et leur assura que Ginny allait mieux et qu'elle ne les attaquerait pas.
-Je vais me coucher, Ginny, annonça-t-elle. Bonne nuit !
-Merci pour tout, Hermione ! lui lança la rouquine depuis son lit, visiblement de meilleure humeur, au grand soulagement de ses camarades.
-C'est normal, voyons ! Si tu veux encore en parler, n'hésite surtout pas, d'accord ? ajouta Hermione en repensant à une scène similaire avec une certaine Serpentard aux yeux émeraudes.
Ginny hocha la tête et se coucha. Hermione regagna son propre dortoir, songeant un instant à passer voir Ron et Harry afin de les rassurer sur l'état de Ginny. Elle décida finalement de ne pas aller les voirs. Elle était elle-même épuisée et se passerait bien d'un détour, d'autant qu'ils constateraient bien assez tôt l'amélioration. De plus, elle ne voulait pas subir un interrogatoire venant de Ron.
Tout en se couchant, Hermione repensa à ce que lui avait confié Ginny. La jeune fille avait craint sa réaction. Hermione pouvait le comprendre. Ses pensées dérivèrent soudain en direction de Jessica, laquelle s'était brusquement éloignée des deux jeunes filles. Se pouvait-il que c'était parce qu'elle aussi s'était aperçut des sentiments de Ginny et Luna et les condamnait ?
L'idée lui déplaisait. Elle tenait Jessica pour quelqu'un de tolérant. Après tout, elle ne croyait pas à ces histoires de pureté du sang... Tout comme Ron, songea-t-elle aussitôt. Et elle sentait instinctivement que Ron n'accepterait pas bien l'homosexualité de Ginny.
Mais tout de même, elle ne pouvait pas croire que Jessica puisse désaprouver ce genre de chose. Ou bien était-ce qu'elle ne voulait pas le croire ? Hermione s'agita dans son lit, mal à l'aise. Elle sentait qu'elle était en train de poser le doigt sur quelque chose et refusa tout net de poursuivre dans cette direction.
C'était toujours le même problème avec Jessica, songea-t-elle tristement. Elle était si changeante qu'il lui était impossible de savoir ce qu'elle pensait.
Pourquoi les choses sont-elles toujours aussi compliquées ? songea tristement Hermione avant de s'endormir.
