NdA : Encore et toujours, merci pour les reviews. Et un merci tout particulier pour Amand1 qui s'est chargée des corrections ! Sinon, les prochaines updates risque de prendre un peu plus de temps que d'habitude, pour cause de déménagement éventuel (rien de sur, encore). Donc si vous n'avez pas de nouvelle update dans les jours/semaines a venir (au pire), c'est normal !
Link9 : bah du coup je risque de faire languir pour la suite de ce chapitre, mais c'est pour la bonne cause ! (du moins la mienne :p )
Bonne lecture à tous !
Le Samedi, Hermione accompagna Harry et Ron jusqu'aux grilles de Poudlard, les saluant de la main alors qu'ils se rendaient à Pré-au-Lard. Le rouquin était de mauvaise humeur, déçu que son rendez-vous avec Hermione ait été compromis par la suspension de son autorisation. Pour sa part, la préfète était bien en peine de déterminer si elle se sentait déçue ou soulagée.
En revanche, elle était contente de ne pas passer la journée seule. En effet, Ginny et Jessica avaient toutes deux décidé de rester à Poudlard également. Ce choix était en partie dû à Hermione, mais surtout au fait que Luna devait revenir dans l'après-midi. Hermione avait été surprise par la réactivité de Dumbledore. Elle avait fait sa demande à McGonagall la veille et à peine étaient-elles descendues pour prendre leur petit-déjeuner que le Directeur leur avait annoncé la nouvelle.
En attendant, les trois jeunes filles passaient le temps à flâner dans Poudlard, discutant de choses et d'autres. Elles passèrent un petit moment avec Billy, mais Jessica l'effrayait et elles décidèrent de le laisser avec ses amis et de repasser une autre fois sans la Serpentard qui semblait s'amuser de la réaction du garçon de première année.
Hermione ne cessait d'observer celle-ci du coin de l'oeil, intriguée. Depuis le matin, Jessica n'agissait pas vraiment comme à son habitude. Elle se montrait tout à la fois plus amicale, mais aussi légèrement plus distante. Avec une sensation étrange, Hermione se fit la réflexion que son amie semblait... résignée.
Mais résignée à quoi ? Hermione n'en avait aucune idée. Reportant son attention sur Ginny, elle sourit en la voyant si radieuse. Luna n'était même pas encore arrivée que la jeune fille avait déjà retrouvé tout son entrain. Oubliant ses interrogations sur Jessica, Hermione décida de profiter pleinement de cette journée.
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A Pré-au-Lard, Harry et Ron s'installèrent aux Trois-Balais pour boire une chope de Bièraubeurre au chaud. C'était une belle journée, bien que froide. Le genre de journée idéale pour un rendez-vous romantique dans les rues d'un petit village qui offrait toute sorte de distractions pour un couple de jeunes gens. L'idée ne cessait de tourner dans l'esprit de Ron qui donnait à Harry un très bon aperçut de ce que ses amis avaient dû endurer lorsqu'il était fâché contre Hermione.
-Allez, fais pas cette tête, dit Harry en lui donnant une tape dans le dos. C'est que partie remise, mon vieux ! T'auras d'autres occasions.
-Je persiste à dire qu'elle aurait quand même pu mettre ta cape d'invisibilité, grommela Ron d'un air sombre.
-Non, je pense qu'elle a fait le bon choix, répliqua Harry d'un air songeur. Tu sais, avec le recul, je finis par me rendre compte que j'ai vraiment été imprudent de braver l'interdiction de sortie y'a trois ans. Lupin me l'avait déjà dit, à l'époque, que j'étais inconscient et irrespectueux de mes parents de me mettre en danger de mort juste pour quelques farces et attrapes...
Ron lui lança un regard mauvais, n'appréciant pas que son meilleur ami approuve la décision d'Hermione. Il était content que ces deux là se soient enfin réconciliés, mais quand même, fallait pas pousser non plus.
-Tu ne courrais pas le moindre danger ! Sirius ne voulait pas te tuer, Harry !
-Mais à l'époque, on l'ignorait, Ron, répondit posément Harry. Et cette fois, on est sûrs que la menace est réelle. Moi, j'aime bien braver les interdits, j'imagine que je tiens ça de mon père. En tout cas, c'est ce que Sirius me répétait tout le temps, reprit Harry après une courte pause.
A sa grande surprise, la pensée de son parrain était devenue moins douloureuse et empreinte d'une douce nostalgie. Peut-être qu'il pourrait enfin faire son deuil, se prit-il à espérer.
-Enfin bref, Hermione n'est pas comme moi, elle avait parfaitement raison. C'est pas son genre de foncer tête baissée dans les ennuis.
-Comme si les Mangemorts allaient lui tendre une embuscade...
-Ron, tu étais au bal, non ? Tu tiens vraiment à prendre le risque qu'ils l'attaquent à nouveau ?
Ron poussa un soupir. Bien sûr qu'il ne le voulait pas, mais il avait la désagréable impression qu'il ne devait pas relâcher ses efforts pour séduire Hermione. Il avait l'étrange certitude qu'il avait un rival qui n'attendait qu'une occasion de lui couper l'herbe sous les pieds. L'ennui, c'est qu'il n'arrivait pas à y placer un visage, ni même un nom.
Il y avait bien Jessica, mais Ron ne la voyait pas consciemment comme une rivale. L'idée ne l'effleurait même pas. A ses yeux, Jessica n'était rien d'autre qu'une Serpentard fourbe et maléfique qui n'avait pour seul but dans la vie de tuer Hermione. Et il comptait bien protéger la femme qu'il aimait, aussi aveugle fut-elle quand aux vraies intentions de l'autre vipère.
Harry aussi songeait à Jessica, mais dans un contexte très différent. Il se souvenait l'avoir vue en compagnie d'Hermione la veille, lorsqu'il était allé s'excuser. A présent qu'il avait cessé de se morfondre sur son sort, il commençait à s'interroger sur l'amitié qui liait les deux jeunes filles. Ron lui avait rabâché sa théorie plusieurs fois déjà, mais Harry trouvait peu probable qu'elle soit fondée. Après tout, Dumbledore le saurait s'il y avait un risque, non ?
Quoique... Dumbledore faisait confiance à Rogue. Son jugement n'était pas infaillible, il le disait lui-même. Pourtant, vu le contexte actuel, il lui paraissait peu probable que le directeur laisse Jessica approcher Hermione si elle constituait une menace quelconque.
Harry avala une gorgée de bièraubeurre, songeur. Il était partagé, en ce qui concernait Jessica, mais il estimait qu'il était plus sage de se forger lui-même une opinion et de lui accorder une chance. Il était trop content de s'être réconcilié avec Hermione pour tout gâcher sur des préjugés. Après tout, Jessica était peut-être l'exception confirmant la règle. En plus, il aimait bien sa façon de se moquer de Malfoy et Rogue.
-Mais dis-moi, Ron, reprit soudain Harry, une idée venant de jaillir dans son esprit. Si tu tenais tant que ça à ton rendez-vous avec Hermione... Pourquoi t'es pas resté avec elle à Poudlard ?
Ron reposa brutalement sa chope, le visage figé dans une expression d'horreur. L'idée ne l'avait même pas traversé. Il se leva d'un bond, visiblement prêt à courir jusqu'au château, mais se rassit soudain, l'air sombre.
-Trop tard, marmonna-t-il. Ginny et la vipère sont sûrement avec elle et j'ai dans l'idée que cette fichue Serpentard voudrait me rendre la vie impossible...
Il se souvenait aussi amèrement de la façon dont sa soeur l'avait empêché d'aller récupérer Hermione durant le bal. Harry lui tapota l'épaule, compatissant, mais le geste ne remonta pas le moral du rouquin.
Il se sentait tellement idiot de ne pas y avoir pensé plus tôt qu'il se serait volontiers collé de grands coups de pieds dans le derrière s'il le pouvait.
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Luna arriva en milieu d'après-midi, accompagnée de deux Guérisseurs de Ste-Mangouste qui la suivirent de près jusqu'à l'infirmerie où ils supervisèrent son installation dans un des lits. Dumbledore fit aussitôt prévenir Ginny qui accourut sans perdre une seconde, suivie par Hermione et Jessica, toutes deux affichant des sourires ravis à l'idée de revoir leur amie.
Une fois arrivée à l'infirmerie, Ginny ne prêta pas la moindre attention aux personnes présentes et se jeta dans les bras de sa Serdaigle, se retenant de justesse de l'embrasser. Les deux Guérisseurs affichaient la même expression sceptique qui indiquait clairement leur désapprobation quand au fait de ramener Luna à Poudlard.
Pourtant, lorsque les yeux hantés de la Serdaigle se troublèrent de larmes et qu'un sourire apparut lentement sur ses lèvres, leur réticence se mua en stupeur incrédule. Ils échangèrent un regard, puis regardèrent d'un air soupçonneux Dumbledore qui hochait la tête avec satisfaction, comme s'il avait manigancé tout ça.
Un peu en retrait, Hermione souriait de satisfaction, visiblement contente d'elle-même et lança à McGonagall, qui paraissait tout aussi stupéfaite que les Guérisseurs, un regard éloquent et signifiant « Je vous l'avais bien dit ! » A ses cotés, Jessica souriait également, soulagée, mais ne cessait de lancer des regards noirs aux deux Guérisseurs, comme si elle leur en voulait pour avoir rendu ses amies tristes.
-J'aurais jamais cru qu'un câlin de Ginny ferait un aussi bon anti-dépresseur, commenta-t-elle d'une voix amusée. On devrait tenter de mettre ça en bouteille, on ferait fortune !
Dumbledore émit un petit rire amusé en l'entendant, puis se tourna vers les Guérisseurs qui foudroyaient Jessica du regard, n'appréciant visiblement pas sa remarque.
-Je pense que vous pouvez rentrer sans crainte, messieurs, dit-il. Comme vous pouvez le constater, Miss Lovegood est entre de bonnes mains.
-L'état mental de notre patiente est encore très fragile, objecta l'un des Guérisseurs d'un ton sec. Elle a besoin d'un suivi médical qu'elle ne trouvera pas ici !
-Mme Pomfresh est parfaitement compétente, répondit Dumbledore d'une voix tranquille. Et ses amies sont ici pour la soutenir. Je suis persuadé que vous avez pleinement conscience de l'importance du soutien moral dans un cas comme celui-ci ? Je pense à présent avoir eu tort de l'envoyer loin d'ici, sans vouloir vous offenser, bien entendu.
-Mme Pomfresh est infirmière ! s'écria le Guérisseur, visiblement offensé. Elle est sans doute compétente pour ce qui est des blessures physique sans gravité, mais nous parlons là d'un cas très grave de profonde dépression chez une adolescente déjà perturbée et...
-Et vous êtes les derniers capables de l'aider, contrairement à Ginny, compléta Jessica en fusillant les Guérisseurs du regard. Si vous placez votre fierté au dessus de votre envie de soigner les gens, changez de métier !
Les deux hommes restèrent un moment sans voix, puis ils s'empourprèrent, furieux de se faire insulter par une simple élève.
-Non mais dites donc ! Surveillez vos paroles, Miss Wingdal, nous sommes...
-Vous êtes complètement aveugle si vous ne vous rendez pas compte que Luna est en train de sourire ! cria Jessica avec colère. Je n'ai peut-être pas tous vos diplômes, mais j'ai tendance à considérer qu'une fille qui sourit comme Luna est en train de le faire peut difficilement être considérée comme triste à en mourir !
-Une amélioration temporaire n'est pas... tenta le Guérisseur.
-Vous vous écoutez parler ou bien vous êtes aussi bouchés que la bouteille de shampoing de Rogue ? coupa Jessica, visiblement bien remontée au grand amusement des habitués du caractère de la jeune fille. Vous dites vous-même qu'il y a une amélioration ! Alors laissez Ginny s'occuper de Luna, à mon avis elle vaut toutes les potions dont vous pourriez la gaver !
Les deux Guérisseurs semblaient désorientés et mal à l'aise, comme la plupart des personnes faisant les frais des sarcasmes de Jessica. Hermione pouffait de rire, la reconnaissant bien là. Ginny rougissait légèrement, un bras toujours passé en travers des épaules de Luna qui avait posé sa tête sur l'épaule de sa Gryffondor et souriait doucement, les yeux fermés.
-Merci, Miss Wingdal, intervint Dumbledore avec un léger sourire amusé, ses yeux bleus pétillant de malice derrières ses lunettes en demi-lune. Bien que je crains fort que votre référence à votre professeur de Potion leur ait légèrement passé par dessus la tête.
-J'avais une analogie en tête concernant un Troll, mais je ne voulais pas être trop grossière et je commence à me dire qu'ils manquent de toutes façons des connaissances en anatomie pour la comprendre, répondit Jessica sans se démonter, posant toujours un regard froid sur les deux Guérisseur.
McGonagall afficha une expression particulièrement sévère, mais garda le silence. Flitwick, venu lui aussi accueillir son élève, gloussa brièvement de rire avant de se reprendre. Hermione retint à grand' peine un fou rire en voyant l'expression outrée des Guérisseurs.
-Si vous n'y voyez pas d'inconvénient, je vais prendre la suite, Miss Wingdal, reprit Dumbledore avec un sourire indulgent avant de se tourner vers les deux Guérisseurs. Messieurs, je peux vous assurer que Miss Lovegood bénéficiera de toute l'attention et de tous les soins requis pour soigner son trouble. Néanmoins, dans le cas où vous souhaiteriez toujours la ramener à Ste-Mangouste, je pense qu'il serait de votre devoir de ramener également ses amies afin de lui assurer tout le soutien moral nécessaire. Je suis convaincu que Miss Weasley, Miss Granger ainsi que Miss Wingdal se feront un devoir de rester aux cotés de Miss Lovegood le temps qu'elle soit parfaitement rétablie.
Avec amusement, Hermione vit l'expression horrifiée qui envahit les visages des deux Guérisseurs tandis qu'ils imaginaient Jessica séjournant librement à Ste-Mangouste. Ils échangèrent un bref regard paniqué avant que l'un d'eux ne se tourne à nouveau vers Dumbledore, le visage sombre.
-Très bien, Dumbledore, vous gagnez, comme toujours... dit-il avec amertume. Mais je vous préviens : si jamais il y a le moindre problème, vous en subirez les conséquences !
Il y eut un bref silence au cours duquel la température ambiante chuta de plusieurs degrés.
-Insinueriez-vous, par un malencontreux hasard, j'en suis persuadé, que jusqu'à cet instant précis, je n'ai jamais rigoureusement accepté la charge de mon poste de directeur de cette école impliquant que je soit responsable de chaque élève séjournant entre les murs de ce château ? demanda enfin Dumbledore avec un sourire aimable.
Son regard, pourtant, dégageait une froideur certaine et le Guérisseur s'agita, très mal à l'aise.
-Ce n'est pas ce que j'ai voulut dire ! se défendit-il. Bon, nous ferions mieux d'y aller, reprit-il avec précipitation. Le travail, tout ça... Vous savez ce que c'est.
-Je ne vous retiens pas, répondit Dumbledore.
Avec soulagement, les deux Guérisseurs quittèrent l'infirmerie. McGonagall les suivit d'un regard désapprobateur tant qu'ils n'eurent pas quitté son champ de vision, n'ayant pas du tout apprécié l'insinuation faite contre Dumbledore. Ce dernier adressa un sourire à Ginny.
-Miss Lovegood vous est confiée, Miss Weasley. J'ai déjà signalé à Mr Rusard que vous étiez libre de circuler librement entre l'infirmerie et votre salle commune après le couvre-feu. Vous pouvez dormir ici si cela vous chante ou retourner a votre dortoir, mais je vous demanderais de limiter vos déplacement nocturne au strict nécessaire et de ne pas dévier plus que de raison du chemin le plus direct.
Ginny le regarda avec incrédulité. A mesure que son cerveau assimilait les paroles du directeur, elle s'aperçut que ses joues la brûlaient et elle crut un instant que de la vapeur allait lui sortir par les oreilles. Elle espéra contre toute attente ne pas avoir rougi trop violemment. Quoi qu'il en soit, personne ne semblait l'avoir remarqué, ou alors ils décidèrent de ne pas relever, ce qui lui convenait parfaitement. Hermione lui souriait d'un air entendu, mais Jessica regardait toujours en direction de la porte par où les Guérisseurs avaient disparu, l'air sombre. Un sourire en coin étira pourtant ses lèvres.
-Je suis sûre que Rusard était fou de joie en apprenant la nouvelle, murmura-t-elle à Hermione qui sourit également à cette idée.
-Vous n'êtes en revanche pas dispensée de cours, Miss Weasley, reprit Dumbledore. Miss Lovegood peut éventuellement retourner également en classe, mais à la condition que Mme Pomfresh et vous-même l'estimiez d'un commun accord en état de le faire. Je crains hélas que ce ne soit pas le cas en raison des BUSE que vous devez préparer. La cinquième année est l'une des plus éprouvante et n'est guère compatible avec sa condition actuelle.
Ginny se contenta d'un hochement de tête, n'osant parler de peur de perdre le contrôle de sa voix. Elle n'avait pour le moment qu'une seule chose en tête : se retrouver enfin seule avec Luna pour la couvrir de baisers.
-Bien, je pense que nous avons évoqué tous les points que je souhaitais aborder, reprit Dumbledore en tapant dans ses mains. Nous allons vous laisser, à présent, j'imagine que Miss Lovegood a besoin de repos. Miss Granger, j'aimerais que vous m'accompagniez un moment...
Hermione parut surprise, échangea un regard avec Jessica qui haussa les épaules, tout aussi intriguée, puis hocha la tête. Tous quittèrent l'infirmerie, laissant Ginny seule avec Luna. La rouquine attendit quelques secondes afin de s'assurer que personne ne revenait, puis s'empara des lèvres de Luna pour un long baiser passionné qui exprimait sans l'ombre d'un doute à quel point celle-ci lui avait manqué.
A sa grande satisfaction, Luna y répondit avec la même intensité.
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Dans le couloir, McGonagall adressa un sourire à Hermione avant de s'éloigner en compagnie de Flitwick. Jessica hésita à partir également, se demandant ce que pouvait bien vouloir Dumbledore, mais consciente qu'il ne parlerait pas devant elle.
-Vous pourrez voir Miss Granger un peu plus tard, Miss Wingdal, déclara Dumbledore. J'ai bien peur que ce dont je souhaite l'entretenir ne vous regarde en rien...
Jessica fit une moue, puis adressa un bref sourire à Hermione avant de s'éloigner sans un mot. Dumbledore précéda la Gryffondor en direction de la gargouille gardant l'entrée de son bureau, Hermione le suivant de près, intriguée. La manière dont Dumbledore avait éloigné Jessica lui semblait étrangement froide. Rien à voir avec l'amusement indulgent qu'il avait montré lorsque la jeune fille s'était moquée ouvertement des Guérisseurs.
Ils entrèrent finalement dans le bureau et Dumbledore désigna une chaise à Hermione qui s'installa, légèrement mal à l'aise. C'était la première fois qu'elle se retrouvait seule dans le bureau de Dumbledore. Celui-ci lui adressa un sourire rassurant tout en s'asseyant dans son vieux fauteuil usagé.
-Etrange comme les choses tournent, n'est-ce pas, Miss Granger ? commença-t-il d'une voix douce. D'habitude, c'est Harry que je convoque pour ce genre de discussion. Hélas, Lord Voldemort a changé de cible et vous voilà ici...
-Vous avez appris quelque chose au sujet de Voldemort ? demanda Hermione, de plus en plus mal à l'aise.
Dumbledore regarda longuement Hermione par dessus ses lunettes, puis sourit et conjura deux verres d'Hydromel. Il en tendit un à Hermione qui l'accepta sans quitter le directeur des yeux, cherchant à deviner ses pensées, en vain.
-Dites-moi, Miss Granger... reprit Dumbledore après avoir avalé une gorgée du liquide ambré. Harry vous a-t-il parlé de la prophétie qui se trouvait encore au Ministère l'an dernier ?
Hermione fronça les sourcils et goûta l'hydromel pour se donner le temps de réfléchir à sa réponse. Dumbledore semblait vouloir aller quelque part en choisissant ce sujet de conversation, mais elle ne voyait absolument pas où.
-Pas vraiment, finit-elle par répondre. Je sais qu'elle a été détruite, mais Harry ne nous a jamais vraiment reparlé de ce qui s'est passé là-bas... La mort de Sirius le fait encore souffrir.
Dumbledore hocha gravement la tête.
-Vous ignorez donc que je lui ai répété la prophétie que le professeur Trelawney m'a faite bien malgré elle il y a seize ans de cela ?
De surprise, Hermione avala une gorgée de travers et toussa, regardant Dumbledore avec de grands yeux.
-Je prends cela pour un oui, s'amusa Dumbledore. Je dois avouer que je suis étonné que Harry ne vous en ait pas parlé, mais la mort de Sirius a effectivement perturbé notre jeune ami.
D'un geste désinvolte, Dumbledore agita sa baguette et attira à lui la pensine qui se posa doucement sur le bureau. Il retira ensuite un long filament de pensée sous le regard étonné d'Hermione, puis l'agita du bout de sa baguette après l'avoir déposé au fond du petit bassin de pierre.
La voix rauque de Trelawney résonna dans le bureau, répétant sa prophétie avant de mourir à nouveau. Hermione avait pâlit, réfléchissant à ce qu'elle venait d'entendre.
-Je comprends mieux ce qu'il voulait dire par « c'est moi qui dois le tuer », dit-elle à mi-voix. Je soupçonnais quelque chose dans ce goût-là... Mais pourquoi me la révéler, professeur ? Je ne comprends pas vraiment.
Le directeur récupéra sa pensée pour la reglisser dans son esprit et lança un regard perçant à Hermione.
-Qu'est donc devenue votre sagacité habituelle, Miss Granger ? Rien ne vous surprend dans ce que vous venez d'entendre ? Voilà qui m'étonne, je dois avouer.
-En dehors du fait qu'elle soit de Trel... la voix d'Hermione se brisa net et elle considéra Dumbledore avec horreur.
-Ah, je me disais bien, s'amusa le directeur.
-C'est une plaisanterie ?! s'écria Hermione. C'est Trelawney qui vous a fait cette prophétie ?
-J'admets avoir été également surpris, Miss Granger.
-Mais... Trelawney m'a également prédit quelque chose, professeur ! s'écria Hermione avec un début de panique qui rendait sa voix plus aigue que d'habitude.
Elle comprenait à présent. Dumbledore lui avait révélé la prophétie de Harry afin qu'elle prenne conscience que Trelawney pouvait bel et bien faire des prédictions sérieuse. Hermione avala une longue gorgée d'hydromel, la main légèrement tremblante.
-J'ai eu vent de cette prophétie également, Miss Granger, reprit Dumbledore. Vous comprendrez que depuis notre rencontre surprenante, je surveille étroitement le professeur Trelawney.
Hermione secoua la tête, refusant d'y croire. Jusqu'à présent, elle avait soigneusement évité de songer aux paroles de la voyante, se répétant que Trelawney n'était rien de plus qu'une illuminée peu crédible.
Et pourtant...
-Que signifie cette prophétie, professeur ? demanda-t-elle d'une voix blanche. Vous le savez ?
-Les prophéties, à ce que j'en ai compris, sont très souvent sujettes à l'interprétation, comme ce fut le cas de celle concernant Harry, répondit Dumbledore. Il se trouve que vous avez effectivement frôlé la mort au cours d'une danse, Miss Granger. La bonne nouvelle, c'est que nous pouvons considérer cette partie comme accomplie.
Hermione hocha lentement la tête, le coeur au bord des lèvres. Si seulement elle y avait prêté attention plus tôt...
-Quand à la suite... reprit Dumbledore d'une voix songeuse. Je suppose que vous connaîtrez votre destin, quel qu'il soit, mais quand ? C'est malheureusement flou. En fait, c'est principalement de la fin de cette prophétie que je m'inquiète.
-Quelqu'un va me trahir ?! s'écria Hermione avec horreur. Qui ?
-Nous l'ignorons malheureusement, répondit Dumbledore. Une personne en qui vous avez confiance, si l'on en croit ce passage. La prophétie évoque également un choix à faire... Peut-être est-ce lié ?
Hermione fit mentalement la liste des personnes en qui elle avait confiance et grimaça. Elle refusait de croire que quelqu'un puisse la trahir. Comme s'il avait deviné ses pensées, Dumbledore lui adressa un sourire rassurant.
-Ne soyez pas si inquiète, Miss Granger. Parfois, les prophéties ne s'accomplissent pas complètement. Souvenez-vous que vous avez survécu à la danse. La divination est un art des plus imprécis, j'en ai bien peur...
-Donc, vous ne pensez pas que l'on va me trahir, professeur ? demanda Hermione avec soulagement.
-Je l'ignore... Mais prenez garde, Miss Granger ! Dans le cas de Harry, la prophétie s'est jusqu'ici accomplie parce que Lord Voldemort l'a entendue ! En cherchant à l'éviter, il n'a fait que la provoquer. C'est également le risque que vous courrez. La meilleure chose à faire, à mon humble avis, est d'agir naturellement tout en guettant d'éventuels signes...
Hermione reposa son verre vide et réfléchit aux paroles du directeur. Depuis son perchoir, Fumseck poussa un cri mélodieux avant de se lisser les plumes avec son bec.
-Il reste deux choses dont je souhaite vous parler, Miss Granger, reprit Dumbledore après quelques minutes. La première concerne Miss Lovegood.
Hermione sortit de sa rêverie et posa les yeux sur le directeur.
-Un problème avec Luna ?
-Non, je voudrais juste savoir comment vous saviez que la présence de Ginny Weasley lui serait si bénéfique.
Hermione hésita. Il était hors de question qu'elle révèle au directeur la nature de la relation entre Ginny et Luna. Elle estima toutefois qu'elle pouvait sans risque lui confier ses autres soupçons à l'égard de Luna.
-Et bien... Depuis le début de l'année, je me suis rendue compte que Luna et Ginny étaient de très bonnes amies, mais aussi que Luna semblait... réceptive aux changements d'humeur de Ginny, expliqua Hermione en cherchant ses mots. Elle a souvent deviné quand Ginny, voire l'un de nous autres, changions d'humeur ou étions tracassés.
Dumbledore l'écoutait avec intérêt, l'observant par dessus ses lunettes en demi-lune avec une lueur d'intelligence au fond de ses yeux bleus.
-Très intéressant, murmura-t-il. Poursuivez, Miss Granger, poursuivez.
-Je... Je sais que ça risque de paraître idiot, reprit Hermione avec hésitation, mais... Je pense que Luna est plus ou moins... une sorte d'empathe.
Il y eut un silence. Hermione s'agita un peu sur sa chaise, mal à l'aise sous le regard perçant de Dumbledore. Comme Harry, elle avait la sensation d'être sondée. Finalement, le directeur lui adressa un sourire.
-Vous m'étonnerez toujours par votre vivacité d'esprit, Miss Granger, annonça-t-il. C'est une hypothèse fascinante, quoique difficile à vérifier. Surtout dans les conditions actuelles...
-Vous pensez que je pourrai avoir raison ? s'étonna Hermione, ravie du compliment.
-Bien sûr, répondit joyeusement Dumbledore. C'est l'idée qui m'est également venue à l'esprit en vous écoutant.
Hermione sourit. Elle se sentait flattée qu'un génie comme Dumbledore ait eu le même raisonnement qu'elle.
-Mais comment en être sûr ? demanda-t-elle avec un froncement de sourcils.
-Le professeur Wingdal devrait pouvoir nous y aider, répondit Dumbledore. Je pourrais bien entendu m'en charger moi-même, mais je crains d'être trop occupé et cela ne ferait qu'attirer l'attention. L'empathie est un don rare et convoité... Lord Voldemort ne serait que trop heureux d'avoir une empathe à son service, de gré ou de force. Mais laissons ces préoccupations pour le moment. Il nous faudra attendre que Miss Lovegood se rétablisse avant d'envisager de vérifier votre théorie.
Dumbledore finit son verre, le reposa, puis se laissa aller contre le dossier de son fauteuil, regardant les tableaux de ses prédécesseurs qui écoutaient attentivement et avec un grand intérêt.
-Si vous avez raison, reprit-il, Miss Lovegood devrait se remettre bien plus vite que je ne l'espérais. Du moins, si Miss Weasley lui apporte le soutien nécessaire.
-Ne vous en faites pas pour ça, professeur, répondit Hermione avec un sourire.
Dumbledore la considéra un instant, semblant hésiter à lui demander de préciser, puis sourit.
-Je me fie à votre jugement, Miss Granger, déclara-t-il. Mais venons-en à présent à notre dernier point ! Sauf erreur de ma part, le professeur McGonagall vous a recommandée par deux fois déjà de ne pas mentionner l'Ordre et ses activités en présence de Miss Wingdal ?
-Oui, professeur, répondit Hermione en détournant légèrement le regard avec une pointe de culpabilité.
-Je vous renouvelle ce conseil, Miss Granger, poursuivit Dumbledore.
Hermione fronça les sourcils. Elle trouvait un peu étrange cette insistance à la mettre en garde contre Jessica.
-Sauriez-vous quelque chose que j'ignore, professeur ?
-En effet, répondit Dumbledore avec un sourire aimable. Mais votre propre savoir m'impressionne continuellement. Pour revenir à Miss Wingdal, je me contenterai de vous dire ceci : il ne vous appartient pas de l'informer de ce dont nous vous parlons concernant l'Ordre.
Hermione fit une moue, pas franchement satisfaite de la réponse ambiguë du directeur. Une idée lui vint brusquement à l'esprit.
-Vous la soupçonnez de vouloir me tuer, tout comme Ron ? demanda-t-elle d'un ton plus sec qu'elle ne le voulait. Vous pensez que la trahison évoquée par la prophétie viendra d'elle ?
-Le professeur Rogue la juge digne de confiance, se contenta de répondre Dumbledore.
-Ca ne répond pas à ma question, professeur, fit remarquer Hermione, peu encline à lâcher l'affaire.
-En effet, répondit Dumbledore d'un ton joyeux. Mais laissez moi dissiper ces doutes d'une manière un peu plus convaincante : Sachez que je me réjouis de vous voir si proche l'une de l'autre. Elle ressemble énormément à sa mère, d'ailleurs.
Hermione sursauta légèrement.
-Vous connaissiez sa mère ? demanda-t-elle avec curiosité.
-Bien sûr ! répondit joyeusement Dumbledore. Mais il ne m'appartient pas de vous parler de ce sujet. Ayez simplement à l'esprit que je considère que c'est là le meilleur compliment que je puisse lui faire.
Hermione sourit, un peu rassurée malgré les réponses brumeuses du directeur. Elle savait que si Dumbledore soupçonnait Jessica, jamais il n'aurait approuvé de les voir si proche. L'évocation de la mère de Jessica la troublait également. Elle n'y avait jamais pensé, mais Jessica devait bien avoir une mère. Pourtant la jeune fille n'y avait jamais fait la moindre référence. Etait-ce parce qu'elle la détestait autant que son père ?
-Voilà qui conclut notre entretien, je pense, reprit finalement Dumbledore, coupant le fil des pensées d'Hermione. J'ai bien peur de ne plus pouvoir vous accorder de temps, Miss Granger, j'ai encore beaucoup de travail.
Hermione hocha la tête et remercia Dumbledore avant de quitter le bureau. Elle se sentait désorientée alors qu'elle se dirigeait en direction de sa salle commune. Son entretien avec Dumbledore s'était révélé des plus intéressant et instructif, mais également très inquiétant.
La prophétie résonna dans son esprit. La jugeant aussi crédible que les Ronflaks Cornus de Luna, Hermione n'en avait jamais parlé à qui que ce soit. Pourtant, à présent, elle se demandait si elle ne devrait pas en parler à Harry et Ron.
Elle se ravisa. Mieux valait garder pour elle les détails de sa discussion avec Dumbledore, estima-t-elle. Elle redoutait leur réaction en entendant la prophétie, notamment concernant la partie évoquant une trahison. Elle savait parfaitement ce qu'en dirait Ron... De plus, le conseil de Dumbledore lui paraissait des plus sages, aussi choisit-elle de ne pas s'encombrer l'esprit avec la prophétie, mais de garder l'oeil ouvert.
Si elle l'avait fait plus tôt, peut-être aurait-elle évité de se faire stupéfixer lors du bal.
-
Très vite, Luna donna des signes encourageants. Bien que ses discours restaient incohérents et délirant, elle commençait à reconnaître ses amies et dès le Lundi matin, elle commença à redevenir plus sensée, pour le plus grand plaisir de Ginny que ne l'avait quasiment pas quittée du week-end, à l'amusement d'Hermione.
-A ce rythme, elle va bientôt redevenir elle-même, déclara Hermione à Jessica alors qu'elles se rendaient ensemble à leur cours de Runes. Ginny fait des merveilles !
-Sûrement, commenta distraitement Jessica en relisant son devoir de Runes. Dis-moi, j'aurais pas fait une faute, là ?
Hermione jeta un coup d'oeil à la copie, puis sourit.
-Non, c'est bien ça.
-Tu me rassures, j'avais un doute.
Hermione hocha la tête, puis suivit la Serpentard en silence. Pour une raison qui lui échappait, Jessica n'était plus très à l'aise en présence de Luna. Lors de leurs visites, elle s'installait un peu en retrait et ne parlait que lorsque Ginny ou Hermione lui adressaient la parole. De plus, elle semblait toujours soulagée de quitter l'infirmerie.
Hermione était d'autant plus intriguée que Jessica avait toujours bien accepté l'excentricité de Luna. Elle se demanda à nouveau si ce n'était pas lié au fait qu'elle avait découvert l'amour des deux jeunes filles, mais écarta rapidement cette hypothèse. Ca ne collait pas. Jessica était redevenue tout à fait normale envers Ginny et ne semblait pas s'être rendue compte qu'il y avait plus que de l'amitié entre leurs amies.
D'ailleurs, Ginny avait confié à Hermione qu'elle était un peu déçue de l'attitude de Jessica envers Luna, mais aussi qu'elle ne parvenait pas à lui en vouloir vraiment. Elle espérait simplement qu'une fois Luna rétablie, Jessica redeviendrait aussi proche d'elle qu'elle l'était auparavant.
Elles s'installèrent dans la salle de classe et commencèrent à sortir leurs affaires pendant que le professeur préparait ses notes. Hermione sortit son propre devoir et le posa devant elle, hésitant. Finalement, elle prit une décision et se tourna résolument vers Jessica.
-Pourquoi es-tu aussi distante envers Luna ? demanda-t-elle.
Jessica lui lança un bref coup d'oeil avant de reporter son attention sur leur professeur.
-Je vois pas de quoi tu parles, Hermione.
-Arrête, je pense te connaître suffisamment, désormais, pour me rendre compte que tu n'es pas à l'aise en sa présence depuis son retour ! C'était d'ailleurs le cas avant qu'elle ne parte pour Ste-Mangouste. Depuis qu'elle a appris que son père avait disparut, en fait...
Pendant un bref instant, Jessica sembla sur le point de dire quelque chose, mais elle se ravisa et haussa les épaules d'un air dégagé.
-Tu crois pas qu'elle est assez perturbée comme ça sans que je lui fasse profiter de mon éloquence naturelle ? répondit-elle simplement.
Hermione avait la sensation que Jessica lui cachait quelque chose, mais le cours débuta, aussi décida-t-elle de ne pas insister. Elle verrait bien comment Jessica réagirait une fois Luna rétablie.
Une heure plus tard, elles rejoignirent Harry et Ron pour leur double cours de Défense contre les forces du Mal. Hermione leur adressa un signe de la main, mais resta avec Jessica. Les cours étaient essentiellement constitués d'exercices pratiques et Hermione avait pris l'habitude de faire équipe avec Jessica. Ron bougonna avec mauvaise humeur en s'installant à coté de Harry, mais ne dis rien.
Wingdal entra à son tour dans la salle et remonta l'allée entre les bureaux, fébrile. Il ne cessait de caresser sa barbe impeccablement taillée. Jessica fronça les sourcils en le voyant faire.
-On dirait qu'il s'est passé quelque chose, murmura-t-elle à mi-voix.
-Vraiment ? murmura Hermione en retour.
-Je sais pas si c'est une bonne ou une mauvaise nouvelle, mais c'est quelque chose d'important. Je reconnais cette manie.
Hermione hocha la tête, mais n'insista pas. D'une part, elle savait que le sujet de son père était très sensible chez Jessica. C'était même la première fois qu'elle abordait d'elle-même le sujet, ce qui ne manquait pas de surprendre Hermione. Mais surtout, elle supposait que la nouvelle, quelle qu'elle soit, était liée à l'Ordre du Phénix et elle ne tenait pas à voir la discussion dériver en ce sens. Après que Dumbledore en personne lui ait conseillé de garder sa langue en présence de Jessica, Hermione était décidée à ne pas commettre d'autres impairs.
-Votre attention, s'il vous plaît, dit Wingdal d'une voix forte, couvrant les murmures intrigués des élèves. J'ai une annonce importante à vous faire ! Après une longue hésitation, le professeur Dumbledore m'a demandé d'aborder avec vous le sujet des Sortilèges Impardonnables et des moyens de s'en défendre.
Les murmures redoublèrent d'intensité, se faisant excités. Les Impardonnables étaient un sujet qu'ils ne devraient normalement pas aborder avant la fin de leur septième année d'étude. La main d'Hermione fusa en l'air avec l'aisance de l'habitude, une expression contrariée sur le visage.
-Un problème, Miss Granger ? demanda Wingdal en la voyant faire, un léger sourire aux lèvres.
-Nous avons déjà abordés les Impardonnable en quatrième année, professeur, répondit Hermione. Nous avons même été soumis à l'Impérium en vue de nous entraîner à y résister...
Le ton de sa voix rappela à tous ce qui la tracassait. Visiblement, Wingdal l'avait compris, car il hocha gravement la tête.
-Je sais que vous en avez tous gardés un mauvais souvenir, principalement parce que votre professeur était un Mangemort, mais soyez rassuré, il est hors de question que vous soyez de nouveau soumis à ce sortilège ! Ces cours seront théoriques et viseront à vous enseigner les meilleures façons de vous prémunir des Impardonnables. Vous n'apprendrez pas à les lancer, que ce soit très clair ! N'oubliez pas que même en ces temps troublés, le seul fait de faire usage d'un Impardonnable sur un autre être humain, qu'il soit Sorcier ou Moldu, est passible d'un aller simple pour Azkaban, comme on dis chez les Moldus !
La plupart des élèves étaient visiblement soulagés, mais quelques uns, dont Malfoy faisait parti, semblaient un peu déçus.
-Quoi qu'il en soit, nous n'aborderont pas les Impardonnables avant au moins un mois ou deux ! J'ai dû revoir entièrement mon programme et il me reste quelques ajustements à faire. Bien, à présent, sortez vos baguettes ! Nous allons poursuivre les exercices sur les sortilèges informulés.
Lorsque les élèves ressortirent et prirent la direction de la Grande Salle pour le déjeuner, ils discutaient la nouvelle avec animation. Hermione ne partageait pas l'enthousiasme de Harry et Ron, affichant une expression renfrognée.
-Fais pas cette tête, Hermione, dit Harry en s'asseyant. Je pense pour ma part que c'est une très bonne idée. Et vu le contexte actuel, tu devrais aussi t'en réjouir, ajouta-t-il avec un regard lourd de sens.
-La dernière fois qu'on nous a sorti ça, on s'est retrouvés avec un Mangemort déguisé qui nous lançait l'Impérium, rappela Hermione. Je sais bien qu'il ne s'agira que de théorie, cette fois, mais je ne suis pas tranquille.
-Tu ne crois tout de même pas que Wingdal est un Mangemort, Hermione ? lança Ron en roulant des yeux.
-Plutôt gonflé venant de quelqu'un qui est persuadé que sa fille en est une... rétorqua vertement Hermione. Et pour répondre, je sais très bien qu'il n'en est pas un, Ron. Simplement, je désapprouve l'idée que ces sortilèges soient abordés avec autant de légèreté.
Harry lança un regard noir à Hermione tout en se servant abondamment.
-Voldemort et ses Mangemorts sont de grands amateurs d'Impardonnables, Hermione. Pour avoir reçut l'Endoloris par le passé, je peux t'assurer que la dernière chose dont j'ai envie, c'est de renouveler l'expérience ! Si je peux apprendre comment l'éviter, je ne vais pas me priver !
Hermione soupira et abandonna. Elle savait que Harry était dans le vrai, mais elle n'aimait pas la perspective de ces cours sans trop savoir pourquoi exactement.
-Moi, tant qu'on me lance pas à nouveau l'Impérium, je me plains pas, intervint Ron. Croupton avait un sens de l'humour déplorable et je préfère pas savoir ce que nous demanderait Wingdal pour ses démonstrations...
-
Le reste de la journée se déroula sans incidents. Le double cours de Potion donna lieu à l'habituel échange de sarcasmes entre Rogue et Jessica, cette dernière écopant d'une nouvelle retenue. C'était devenu une sorte d'attraction appréciée des élèves, bien qu'aucun n'aurait l'idée d'en faire part aux deux intervenants.
-Tu dois être masochiste, Wingdal, commenta Harry alors qu'ils quittaient le cachot de Rogue pour se rendre en botanique.
-Va savoir, répliqua Jessica avec un sourire en coin.
-T'en a pas assez des retenues avec Rogue ? insista Harry qui savait par expérience que s'il n'en recevait plus jamais, il s'estimerait parfaitement heureux.
-Bah, ça fait partie de ma routine du Lundi, répondit joyeusement Jessica. Runes et Défense avec Hermione, déjeuner solitaire vu que les autres Serpentards me traitent pire qu'une pestiférée, joute verbale avec Rogue, jardinage, dîner tout aussi agréable que le déjeuner, puis round deux avec Rogue histoire de finir agréablement la journée, énuméra-t-elle avec un sourire ironique.
Harry et Hermione éclatèrent de rire. Harry commençait à mieux comprendre pourquoi Hermione appréciait la Serpentard. Malgré ses sarcasmes, elle attirait la sympathie.
-Du coup, je pourrai pas aller voir Ginny et Luna ce soir, reprit Jessica. Vous les embrasserez pour moi !
En effet, Jessica partit manger dès la fin du cours de botanique et quitta la Grande Salle bien plus tôt que le reste des élèves. Hermione, Ron et Harry prirent leur temps pour dîner avant de passer voir Ginny et Luna à l'infirmerie. Au moment de quitter la table des Gryffondors, Hermione fronça les sourcils.
-Quelqu'un a vu mon sac ? demanda-t-elle à la ronde.
Ses voisins regardèrent autour d'eux, puis secouèrent négativement la tête.
-Il est plus là ? demanda Harry avec une moue.
-Non... Je croyais pourtant l'avoir en arrivant...
-Tu l'aurais pas oublié en Botanique ? suggéra Ron.
Hermione réfléchit, tâchant de se souvenir du trajet depuis les Serres à la Grande Salle.
-Il me semble que non, mais ça coûte rien d'aller y jeter un coup d'oeil. La poisse ! Si jamais je le retrouve pas...
-On le retrouvera, la rassura Ron en posant une main sur son épaule, les oreilles rougissantes. Au pire, on tente un petit sortilège d'Attraction.
Ils prirent la direction des Serres en ouvrant l'oeil, au cas où elle l'aurait perdu en route. Ron était particulièrement vigilant, bien décidé à retrouver lui-même le sac afin d'impressionner Hermione. Il marchait quelques pas devant Harry et Hermione, scrutant le couloir en tout sens, y compris au plafond. En fait, il regardait partout sauf devant lui et rentra dans Jessica qui surgissait d'un couloir adjacent.
-Bon sang, Weasley, emprunte les lunettes de Potter si t'es bigleux ! lança-t-elle d'un ton irrité.
-C'est toi qui me fonce dessus ! rétorqua Ron avec colère. Et qu'est-ce que tu fiches ici, d'abord ? T'étais pas censée être en retenue avec Rogue ? demanda-t-il d'un ton suspicieux.
-J'y allais, mais je voulais d'abord finir de mettre au point mon plan pour conquérir le monde, ironisa Jessica. Et en passant, je suis tombée sur le sac d'Hermione, ajouta-t-elle en levant l'objet du délit. Au sens propre, vu que je me suis pris les pieds dedans...
Hermione et Harry pouffèrent de rire en imaginant la scène, mais Ron semblait tout simplement hors de lui en constatant que c'était Jessica qui avait retrouvé le sac sans même le chercher vraiment. Hermione récupéra son bien avec un sourire soulagé.
-Merci, Jessica, tu me sauves la vie ! Il était où ?
-Il traînait dans un couloir, répondit Jessica. Tu l'as sûrement laissé tomber en repartant, mais comment t'as fait pour pas t'en rendre compte ? Il pèse deux fois plus lourd que le mien et je suis toujours contente de m'en défaire...
-Aucune idée, répondit Hermione qui se posait justement la même question. J'étais sûre de l'avoir en arrivant dans la Grande Salle. Mais toi, comment tu t'es débrouillée pour trébucher dessus ? Tu rêvassais ?
-Si on veut, admit Jessica en passant une main dans sa longue chevelure noire. J'ai cru voir un mouvement, j'ai essayé de voir ce que c'était et je me suis retrouvée étalée par terre... Une chance que le couloir était désert, ajouta-t-elle avec un petit rire, sinon j'aurais été forcée d'éliminer les témoins !
Hermione roula des yeux en voyant l'expression hautement suspicieuse de Ron. L'attitude du jeune homme commençait à sérieusement l'agacer.
-Bon, j'adorerais discuter des heures avec toi, Hermione, reprit Jessica, mais Rogue m'attend. Bonne nuit !
-Toi aussi. Et encore merci, Jessica !
La Serpentard sourit à Hermione, adressa un signe de tête à Harry qui le lui rendit, puis s'éloigna sans un regard pour Ron qui affichait toujours une expression bornée et furieuse. Hermione leva une fois de plus les yeux au ciel.
-Ron, quand est-ce que tu cessera de te conduire comme un gosse à qui on a retiré son jouet chaque fois que je parles avec Jessica ? demanda-t-elle avec irritation.
-Je lui fais pas confiance, répondit Ron avec hargne. Je suis sûr qu'elle mijote quelque chose !
-Je sais pas si elle cuisine, répliqua Hermione, mais je suis sûre que tu te fais des idées.
-Une chose est sûre, intervint Harry avec amusement, c'est qu'elle déteint sur toi.
Hermione éclata de rire, mais Ron parut encore plus buté. Ils se rendirent tous les trois à l'infirmerie dans un silence boudeur et restèrent un moment à discuter avec Ginny et Luna. Toutes deux semblaient ravies de les voir.
-Tu comptes encore dormir ici, Ginny ? demanda Ron.
-Oui, Luna a le sommeil agité, expliqua Ginny. Elle n'arrête pas de se prostrer en gémissant dès que je m'éloigne d'elle, je comprends pas pourquoi...
-C'est les Rongerêves... murmura Luna d'une voix rêveuse et distante, regardant autour d'elle avec inquiétude. Ils me tournent autour...
Ginny saisit gentiment sa main et la serra doucement dans la sienne. Luna se calma, lui sourit et ferma les yeux, l'air incroyablement paisible. Hermione les regarda un petit moment avec un sourire, attendrie.
-Tu arrives à dormir, au moins ? insista Ron en fronçant les sourcils.
-Mais oui ! répondit Ginny avec une pointe d'exaspération dans la voix. Ron, je te jure que tu es en train de devenir comme maman !
Ron rougit autour des oreilles et afficha une mine boudeuse. Trois quarts d'heures plus tard, ils souhaitèrent une bonne nuit aux deux jeunes filles. Hermione adressa un clin d'oeil complice à Ginny qui s'empourpra. La jeune fille appréciait grandement de pouvoir rester dormir avec Luna. Les trois Gryffondors montèrent dans leur tour, jusqu'au tableau de la Grosse Dame.
-Rosa Chynensis, dit Hermione.
Le portrait pivota aussitôt, leur permettant d'entrer dans la salle commune. Ron se laissa lourdement tomber sur un divan usé et craquelé jusqu'à la bourre en soupirant.
-Je suis épuisé ! déclara-t-il Et faut encore que je finisse ce devoir de Sortilège...
-Je t'avais dis de t'y prendre plus tôt, répliqua Hermione. Mais non, tu attends toujours jusqu'à la dernière minute...
-J'avais prévu de sortir avec toi à Pré-au-Lard, rappela Ron en rougissant légèrement. Ca m'était sorti de la tête, du coup.
Hermione détourna le regard, mal à l'aise. Avec le retour de Luna à Poudlard suivit de sa discussion avec Dumbledore, ce détail lui était complètement sortit de la tête, à elle aussi. Pattenrond s'approcha d'elle, sa queue ébouriffée se balançant avec entrain. Le chat se figea soudain et se mit à cracher furieusement en direction d'Hermione, à la grande surprise de la jeune fille.
-Et bien ? fit-elle. Qu'est ce qui te prends, Pattenrond ?
-Il t'en veut peut-être pour quelque chose ? suggéra Ron.
Hermione fronça les sourcils alors que son chat continuait de cracher, les poils ébouriffés. Déjà énorme en temps normal, il avait pratiquement doublé de volume et ressemblait à un gros pouf en colère. Ron ne put s'empêcher d'éclater de rire.
-Du calme ! s'écria Hermione avant de pousser un cri de surprise.
Le chat venait de lui sauter dessus et tentait de grimper sur ses épaules en se servant de ses griffes. Ron et Harry se précipitèrent pour l'aider sous les regards étonnés des Gryffondors, tentant de décrocher le chat qui distribua généreusement de grands coups de griffes aux deux jeunes hommes.
-Tu me fais mal, arrête ! cria Hermione qui ne comprenait pas quelle mouche piquait son chat.
Pattenrond planta furieusement ses griffes dans le sac de la jeune fille et glissa sur le coté. Il se retrouva un moment suspendu au sac par les pattes. Avec une grimace de douleur, Hermione laissa les lanières glisser de ses épaules et le sac tomba par terre avec le chat.
-Non mais vraiment ! s'écria-t-elle avec colère. Il est devenu fou ou quoi ?!
Pattenrond s'acharnait sur le sac qu'il lacérait de coups de griffes. Hermione se pencha avec la ferme intention de récupérer son chat histoire de lui apprendre à lui sauter dessus comme un malpropre et fit un bond en arrière en poussant un cri aigu.
Un serpent se glissa hors du sac en sifflant furieusement en direction de Pattenrond qui cracha en retour. Une vague de panique s'empara des Gryffondors qui reculèrent en poussant des cris. La plupart avaient déjà vu le serpent lors d'un cours de Potions traitant des poisons. Rogue leur avait expliqué qu'il s'agissait d'un des plus venimeux existant au monde, son venin tuant en moins d'une minute.
Le visage très pâle, Hermione sortit sa baguette et la pointa résolument sur le serpent.
-Stupéfix !
Le jet de lumière rouge frappa le serpent qui fit un bond en l'air avant de retomber, inerte. Elle tourna ensuite sa baguette sur son chat qui semblait prêt à se jeter sur le reptile et un second stupéfix le jeta également à terre. La mâchoire crispée, elle fit apparaître un bocal de verre et fit glisser le serpent à l'intérieur en utilisant sa baguette avant de le fermer soigneusement sous les regards ébahis.
-Bon sang ! souffla Ron. Ton sang-froid m'étonnera toujours...
-Je n'allais pas laisser Pattenrond se battre avec ce serpent, répondit Hermione d'une voix blanche.
Elle pointa de nouveau sa baguette sur son chat et prononça le contre sort. Aussitôt, l'animal bondit sur ses pattes et lança un regard surpris autour de lui. Il cracha de nouveau en direction du serpent, mais ne chercha pas à l'attaquer, voyant qu'il était désormais inoffensif. Hermione posa le bocal sur la table et prit son chat pour le caresser.
-Merci Pattenrond, murmura-t-elle. Tu m'as sauvée la vie...
-
McGonagall regarda longuement le serpent enfermé dans le bocal, les lèvres si serrées qu'elles étaient réduites à un simple trait livide. Son visage était si pâle qu'il semblait taillé dans un bloc de craie. Assis de l'autre coté de son bureau, Hermione, Harry et Ron attendaient qu'elle prenne la parole. Ils venaient d'achever le récit de l'incident.
-Et vous dites que la dernière personne à avoir touché votre sac est Miss Wingdal, Miss Granger ? demanda enfin McGonagall d'une voix tremblante.
-Exactement, approuva Ron. Je suis sûr qu'elle l'a volé à Hermione quand on était en train de manger pour y mettre le Serpent avant de le lui rendre l'air de rien !
-Jessica l'a trouvé dans un couloir ! rétorqua Hermione avec un regard noir.
-Ca, c'est ce qu'elle nous a dit, s'obstina Ron.
-C'est vrai que c'est louche, murmura Harry.
-Pas de conclusions hâtives, intervint McGonagall. Je reconnais que Miss Wingdal est suspecte, mais...
-Professeur ! coupa Hermione avec colère. Vous pensez vraiment que Jessica m'aurait donné le sac en main propre après y avoir mit un serpent ? Elle n'est pas si stupide !
McGonagall poussa un soupir.
-J'en suis consciente, Miss Granger, mais nous ne devons pas négliger une piste simplement parce que vous avez de l'affection pour Miss Wingdal.
Ron se renfrogna, visiblement mécontent. Hermione sentit ses joues s'échauffer, voulant protester, mais sans savoir quoi dire.
-Et si elle l'avait donné justement en main- propre parce qu'elle savait que tu dirais ça, Hermione ? s'obstina Ron de plus belle.
-Ron, tu vas loin, là, quand même... intervint Harry.
McGonagall les fit taire d'un geste alors qu'ils commençaient à débattre bruyamment.
-Du calme ! Tant que nous n'avons pas de preuves tangibles, il est hors de question d'accuser Miss Wingdal de quoi que ce soit, mais soyez assurés que nous l'interrogerons dès que possible ! De toute manière, il est impossible qu'elle ait fait entrer cet animal au sein de l'école par elle-même. Qu'elle soit coupable ou innocente, il y a très certainement une autre personne d'impliquée.
Il y eu un moment de silence, puis Hermione murmura :
-L'Animagus...
McGonagall hocha la tête.
-Je le pense également.
-Ils sont complices ! s'écria Ron.
-Ne soit pas stupide, Ron ! s'énerva Hermione. C'est Jessica elle-même qui nous a révélé l'existence de cet Animagus ! S'ils étaient vraiment complices, elle ne l'aurait pas trahi de la sorte !
-Avec elle, va savoir ! rétorqua Ron. Cette fille est complètement cinglée !
Une fois de plus, McGonagall dut intervenir. Elle affichait à présent une expression exaspérée de mauvaise augure.
-Ca suffit ! Jusqu'à nouvel ordre, je vous demanderai d'éviter d'entrer en contact avec Miss Wingdal sans escorte, Miss Granger. Non, ne protestez pas ! ajouta-t-elle en voyant Hermione ouvrir la bouche d'un air mécontent. Il s'agit de votre sécurité, ne l'oubliez pas !
-Très bien... marmonna Hermione à contrecoeur.
-A présent, retournez dans votre salle commune, ajouta McGonagall en se levant pour les raccompagner à la porte. Et soyez prudents en chemin.
Lorsqu'ils regagnèrent leur salle commune, Ron affichait une expression triomphante. Il s'installa à une table libre, sortit ses affaires et sourit à Hermione.
-Tu veux bien m'aider pour mon devoir ? demanda-t-il d'une voix pleine d'espoir.
-Je ne pense pas, non... répliqua vertement Hermione.
-Hey, c'est pas moi qui ai mis un serpent dans ton sac ! se défendit Ron.
-Et je doute que ce soit Jessica !
-Ca, t'en sais rien du tout, Hermione !
-Pas plus que toi, Ron ! Le seul qui connaisse la vérité, c'est ce fichu serpent et...
Hermione s'interrompit soudain. Une idée venait de jaillir dans son esprit. Elle se sentait idiote de ne pas y avoir songé plus tôt. Elle attrapa Harry par le bras et le traîna littéralement vers la sortie.
-Qu'est ce que tu fabriques encore ? demanda Ron en se levant pour les suivre.
-J'aimerais bien savoir, moi aussi, déclara Harry que son lit réclamait à grands cris.
Hermione ne répondit pas et continua de traîner Harry avec détermination. Quelques instants plus tard, elle tambourinait à la porte du bureau de McGonagall et entra au moment même où l'Ecossaise lui répondait.
-Encore vous ? s'étonna celle-ci. Ne me dites pas qu'il y a encore eu un incident ce soir ?
Hermione se planta devant le bureau, désigna le serpent du doigt et fixa Harry avec un regard déterminé.
-Parles-lui ! ordonna-t-elle d'une voix autoritaire.
Harry cligna bêtement des yeux, puis comprit soudain. Il avait complètement oublié qu'il était Fourchelangue. Il se mit aussitôt à siffler et crachoter en direction du serpent. McGonagall regarda Hermione avec une lueur admirative dans le regard.
-Juste ciel, je n'y avais pas pensé ! dit-elle. C'est certainement la meilleure façon de démêler cette histoire, en effet.
Hermione hocha simplement la tête, regardant toujours Harry qui interrogeait le reptile.
-Alors ? demanda-t-elle avec impatience. Qu'est ce qu'il raconte ?
-Il est pas très coopératif, marmonna Harry. Il apprécie pas le bocal...
-Dis lui qu'il appréciera encore moins une fois que je l'aurais rempli de formol s'il ne répond pas tout de suite ! s'énerva Hermione.
Harry obéit aussitôt. Quand Hermione était aussi remontée, il avait apprit à ne pas la contrarier. Ron lui-même se faisait aussi discret que possible, le souvenir d'Hermione lui agitant sa baguette sous le nez en le menaçant de mort toujours aussi vivace.
Quelques sifflements plus tard, le serpent tourna sa tête triangulaire en direction d'Hermione, paraissant étrangement diminué.
-T'arrives même à intimider un serpent quand tu t'y mets, commenta Ron, partagé entre le rire et l'inquiétude.
-Alors ? s'impatienta Hermione sans prêter attention à Ron.
-Il dit qu'il sait pas comment il est arrivé là, annonça Harry. Il prétend avoir fait le voyage dans un sac. Par contre, il dis avoir vu la personne qui le portait quand il est tombé dans le sac d'Hermione : un humain au visage velu.
Hermione poussa un cri de triomphe alors que Ron s'assombrissait, visiblement mécontent.
-Je savais que ce n'était pas Jessica ! s'écria-t-elle avec satisfaction. Un homme barbu...
-Si mes souvenirs sont exacts, Miss Wingdal a décrit l'Animagus comme étant barbu, intervint McGonagall. Voilà qui confirme nos soupçons envers cet homme et innocente Miss Wingdal.
-Vous allez croire ce serpent sur parole ? s'étrangla Ron avec mauvaise humeur.
McGonagall lui adressa un regard sévère.
-Je ne vois aucune raison de croire que cet animal mentirait, Weasley. Je lève donc ma recommandation concernant Miss Wingdal.
Le rouquin poussa un gémissement furieux. Personne ne lui prêta attention.
-Je dois vous féliciter, Miss Granger, reprit McGonagall. Demander à Potter d'interroger ce serpent... Je n'y aurais jamais pensé.
-Merci, professeur.
Hermione paraissait très contente d'elle en quittant le bureau du professeur, Ron et Harry sur les talons. Elle adressa au rouquin un sourire triomphant en montant se coucher, lequel semblait plus furieux que jamais et refusa même de parler à Harry.
Ce dernier haussa les épaules et se coucha à son tour. Il n'avait fait que répéter ce que le serpent lui avait dit. De plus, il commençait également à trouver l'obstination de Ron à voir Jessica comme une ennemie fatigante.
