La mission des frères les conduit à revenir dans leur ville natale. Cependant, ce n'est pas sans effets secondaires.

Bonne lecture ^^


« Bon … tu m'expliques comment on s'est retrouvés dans ce pétrin ?» demanda Ezio.

« Je n'en sais rien. Mais on doit en sortir vite fait sans quoi père aura des ennuis.» répondit Federico en regardant autour de lui.

Son frère et lui étaient emprisonnés dans une cabane de pêcheur, liés par les poignets. La corde les maintenaient debout bras tendus, les pieds touchant à peine le sol. On les avait dépouillés de leur équipement. L'aîné Auditore soupira. Peut-être que … le filet là à côté pouvait suffire. Mais auparavant, revenons un peu en arrière afin de comprendre comment tout avait commencé.

Nos Assassins avaient éliminé Vieri de Pazzi à San Gimignano. En rentrant toutefois, ils apprirent que Petruccio avait disparu. Heureusement, Julia savait où il se trouvait et l'avait ramené. S'en était suivi une discussion le lendemain afin de comprendre les raison de cette fugue. Après que son fils aie exprimé son désarroi, Giovanni consentit à le laisser s'aventurer hors de la villa. Le jour suivant, jeune adolescent descendit rapidement les escaliers, un air ravi patafixé au visage.

« Salut les gens !» clama-t-il à ses frères.

Petruccio gagna la sortie sous l'air mi-étonné mi-content de ses frères. Ces derniers continuèrent leur route direction le bureau, salle de réunion des Assassins. Leur père et leur oncle s'y trouvaient en compagnie de Julia.

« Dans ce cas il ne nous reste plus qu'à te remercier, en espérant te revoir prochainement.» fit Giovanni.

Les garçons marquèrent un temps d'arrêt devant ces paroles.

« De rien va. Ah vous tombez bien les frangins. Je voulais vous annoncer que votre entraînement avec moi est terminé, de même que mon séjour ici.» annonça Julia.

« Tu … tu t'en vas ?» demanda Federico.

« En effet, je rentre chez moi. Je vous ai appris tout ce que je savais. Le reste se fera avec la pratique.»

« ...»

« Maria et Claudia sont avec Petruccio au village.» informa Mario.

« Très bien, je vais y aller. Portez-vous bien tous, et soyez sages.» reprit la brune.

« Parle pour toi, renardeau.» répliqua Giovanni.

Il étreignit la jeune femme en la remerciant encore de son aide. Mario fit de même en lui souhaitant bonne chance. Julia se tourna ensuite vers les frères.

« Avec qui je vais me défouler moi maintenant ?» demanda Ezio.

« Tu as toute une fratrie pour ça, Ezio. Allez bon courage pour ta traque.» sourit Julia.

Ezio l'enlaça un instant.

« Et toi veille bien sur ta famille.» dit la brune en approchant de Federico.

« Mouais, pas de soucis. Merci pour tout Julia.»

Il la serra assez fort contre lui, à l'étonnement de la brunette. Le jeune homme eut une étrange impression de vide en la relâchant. Il ne s'attarda pas davantage dessus, la regardant partir. Julia fila vers le village, saluant quelques mercenaires au passage. Elle trouva rapidement le reste de la famille.

« Alors ça y est tu t'en vas ? C'est bien dommage.» dit Petruccio.

« Si, toutes les bonnes choses ont une fin.»

« Porte-toi bien Julia, et reviens nous voir quand tu veux.» ajouta Maria.

« Merci pour tes leçons.» dit Claudia.

Julia eut une étreinte de la part de chacun. Les au revoir terminés, elle franchit la porte de Monteriggioni.


Florence, 1478.

Nos deux frères Assassins étaient de retour dans leur ville natale. Le visage dissimulé par leur capuche, ils observèrent les passants aller et venir.

« Que ça me fait drôle d'être de nouveau ici.» fit Federico.

« À qui le dis-tu. J'ai l'impression que c'était dans une autre vie.» approuva Ezio.

« Mmh. Je me sens presque un étranger. Bon, allons voir ce Da Vinci.» reprit l'aîné.

Ce fut Ezio qui mena la marche. Malgré n'y être allé que deux fois il se rappelait du chemin.

« Entrez !» fit Leonardo.

Deux silhouettes encapuchonnées franchirent la porte de son atelier.

« Ezio ! Ça faisait un bail. Tu as l'air d'avoir beaucoup changé durant ces deux dernières années.» dit le peintre.

« C'est le moins qu'on puisse dire. Leonardo, voici mon grand-frère Federico.»

« Enchanté.» répondit l'aîné.

« De même. Alors, qu'est-ce qui vous ramène à Florence ?»

« Nous devons voir quelqu'un, mais nous ne pouvons pas l'approcher au vu et au su de tous. Une idée de comment nous pourrions procéder ?» expliqua Federico.

« Hmmm. La Volpe pourrait vous renseigner.» répondit Leonardo.

« La Volpe ?» reprit Ezio.

« Chut. Si. Allez du côté du mercato, c'est là qu'il rôde. Il est très bien informé, nul doute qu'il vous dira ce que vous souhaitez.»

« Grazie. Tiens, je t'ai ramené un petit quelque chose.» annonça Ezio.

Il lui donna une page du codex, prise sur Vieri. La curiosité de Leonardo prit le dessus, et il s'attela au déchiffrage. Quelques instants plus tard, les deux Assassins arrivaient au marché. De quelle manière allaient-ils dénicher ce Volpe ? Ezio se fit bousculer par un type.

« Mon argent ! Il me l'a piqué !» s'exclama-t-il.

Ezio se lança immédiatement à la poursuite du voleur. Ce dernier grimpa rapidement sur les toits. Il passa sur une autre maison, puis soudain sentit un poids s'abattre sur lui. Une main saisit son poignet pour lui tordre le bras dans son dos.

« Tu n'iras pas plus loin.» entendit-il.

« Bien joué Rico !» lança Ezio en arrivant.

Le jeune fouilla le voleur et récupéra sa bourse. Federico avait anticipé que le pickpocket prendrait de la hauteur. Il s'était donc élancé vers un mur pendant que son frère le pourchassait.

« Bene. Que va-t-on bien pouvoir faire de ce chapardeur ?» demanda Federico.

« Rien du tout.» intervint une voix.

Un homme vêtu dans les tons orange et marron, portant capuche se présenta à eux.

« Et vous êtes ?» demanda Ezio en se tournant.

« Parmi tous les noms dont on m'a affublé, un seul est digne d'être retenu. Appelez-moi La Volpe. Et vous, vous devez être les frères Auditore.» répondit le nouveau venu.

« Comment savez-vous qui nous sommes ?» interrogea Federico.

« Je sais tout ce qui se passe à Florence. Et votre réputation est parvenue jusqu'à mes oreilles. Maintenant que les présentations sont faites, qu'il est clair que nous sommes dans le même camp je vous prierais de relâcher mon camarade. Son but était de vous guider jusqu'à moi.» continua Volpe.

Federico se releva, libérant son prisonnier. Ce dernier se frotta le bras. Ezio demanda ensuite au renard de quelle manière il pouvait approcher Francesco de Pazzi. De ce que le voleur savait, une rencontre devait avoir lieu à laquelle il devait participer. Il annonça les conduire à un endroit d'où les frères pourraient espionner cette rencontre. À condition qu'ils soient capables de le suivre. Nos Assassins eurent ainsi droit à la course la plus rapide qu'ils aient connus. Ce fut légèrement hors d'haleine qu'ils rejoignirent leur guide. Volpe leur darda un petit regard ironique.

« Voilà. Vous voyez cette tête de mort là dans la pierre ? Elle ouvre à un passage menant sous terre. Delà vous pourrez voir et entendre sans êtes vus.» annonça le voleur.

Il leur souhaita bonne chance et s'en alla. Les frères se présentèrent à l'entrée des catacombes.

« Je vais y aller. Reste ici au cas où notre père arrive.» dit Ezio.

« Va bene, mais sois prudent.»

« Oh et moi qui pensais arriver en jouant de la trompette. Doit y avoir une acoustique fabuleuse là-dessous.»

« Idiota.»


Federico alla se poster en hauteur. C'est au sommet d'une tour que son père que le rejoignit.

« Où est ton frère ?» demanda-t-il.

« En mission d'espionnage. Un certain La Volpe nous a informés qu'une réunion de Templiers avait lieu dans les catacombes. Ezio s'est proposé pour y aller.»

« Bene, vous vous débrouillez bien. Pour ma part je suis allé voir Lorenzo pour lui remettre de quoi redorer le blason de la famille. Je lui ai également mentionné que vous étiez en train de prendre la relève.» raconta Giovanni en s'asseyant.

Federico reporta son regard sur sa ville natale. De là où il était il aperçut la place où il avait failli mourir deux ans plus tôt. Le jeune homme sentit sa gorge le serrer comme si la corde y était encore. Y repenser lui rappela qu'il n'avait pas eu de nouvelles de Julia depuis un moment. Espérons qu'il ne lui soit rien arrivé.

« Ah, je vois une capuche blanche.» fit Giovanni.

Lui et son fils descendirent à la rencontre d'Ezio qui se demandait où son aîné avait bien pu passer. Tous deux atterrirent à côté de lui. Le patriarche écouta son fils lui rendre compte des informations qu'il avait recueillies.

« La messe hmm ? Tous les Medici vont y assister.» fit une voix.

« Tiens bonjour La Volpe.» répondit Giovanni.

« Content de te revoir Giovanni.»

« Pour en revenir à notre histoire, je sens le piège à plein nez. À tous les coups les Pazzi vont tenter un assassinat. Comme avec le duc de Milan.»

« Ce sera l'occasion d'en finir avec eux.» dit Federico.

« Je me charge de Francesco. Vous deux vous protégerez les Medici.»

Ses fils hochèrent la tête. Le groupe se sépara. L'action aurait lieu pour le lendemain. En attendant, repos. Federico ouvrit la fenêtre de sa chambre. La nuit était tombée à présent. Il se demanda s'il serait capable de revenir vivre ici, après avoir éliminé les Templiers. D'ailleurs, combien de temps cela prendrait-il ? Et … voudrait-il vraiment revenir à Florence ? Le jeune homme en était là de ses réflexions, quand il entendit un petit bruit sur le rebord de sa fenêtre. Deux mains venaient de s'y accrocher.

« Ezio ? Tu ne veux pas plutôt rentrer dans ta chambre ?» demanda Federico avant de l'aider.

Une fois ce dernier debout, son aîné remarqua son air abattu.

« Quelque chose ne va pas ?»

« Je suis allé voir Cristina.» annonça Ezio.

Il se laissa tomber sur le lit. Federico pressentit une mauvaise nouvelle.

« Elle s'est fiancée.»

« Oh. Je suis vraiment désolé petit frère. Mais si tu l'aimes toujours tu peux tenter de la convaincre de revenir sur son choix.» suggéra Federico.

« Avec notre traque contre les Templiers ? Et puis elle a fait son choix, et ce n'est pas moi. De toute manière je ne vois pas quel genre de vie je pourrais bien lui offrir.»

Federico vint s'asseoir à côté de lui, posant une main sur son épaule. Tous deux restèrent un moment à bavarder, avant qu'Ezio ne regagne finalement sa chambre, non sans remercier son grand-frère.


Le lendemain matin, la famille Auditore se retrouva près de l'église. La foule était déjà réunie. Le trio d'Assassins vit arriver Juliano de Medici accompagné de son épouse, ainsi que Lorenzo. Mais où était …

« Là ! Francesco est là !» dit Federico.

« Merda allons-y !» dit Giovanni.

Ils commencèrent à écarter les gens autour. Francesco se précipita vers le frère de Lorenzo puis le poignarda mortellement. Lorenzo voulut intervenir, mais il se fit également blesser. Giovanni lança une lame en direction de Francesco, qui la reçut dans l'épaule. Très vite ce fut l'échauffourée. Juliano était déjà mort, aussi Federico s'attela-t-il à protéger Lorenzo aux côtés de son frère.

« Giovanni !» s'exclama Francesco en l'apercevant.

« Nous avons un compte à régler toi et moi.» répondit l'Assassin.

« Grrr !»

Ils se précipitèrent l'un vers l'autre, épée au clair. La bataille fut intense. Les frères protégeaient efficacement Lorenzo, empêchant quiconque de l'approcher. Ce dernier avait sorti son arme au cas où. Bientôt, il ne resta plus un garde debout. Francesco prit la fuite. Giovanni se précipita vers Lorenzo.

« Merci mon ami. C'est décidément ... la deuxième fois que ... tu me sauves la vie.» articula Medici.

« Je t'en prie. Filons d'ici. Les garçons ! Tâchez de dégager le passage.» fit Giovanni en passant un bras de Lorenzo autour de ses épaules.

Ils firent route vers le domicile de la famille Medici. En chemin, Ezio et Federico s'occupaient d'éventuels gêneurs.

« Tu les as … bien entraînés. Ils sont … redoutables.» commenta Lorenzo.

« Grazie.»

Tant bien que mal, ils arrivèrent la porte du palais. Ezio frappa, annonçant que le maître des lieux était gravement blessé. Ce n'est qu'en entendant la voix du noble que la porte s'ouvrit. Giovanni installa son ami sur un banc.

« Nous allons poursuivre Francesco, et nous l'éliminerons.» annonça Giovanni.

« Fort bien. Fais vite, sinon la ville tombera entre leurs mains.» répondit Lorenzo.

Le trio repartit. Giovanni ordonna une séparation. Chacun partit dans une direction. Au détour d'une rue Ezio buta sur quelque chose et chuta. Il sentit aussitôt un poids sur lui. Usant de sa lame secrète, il se débarrassa d'un premier assaillant. Un autre se prit son stiletto dans le ventre. Mais soudain un filet s'abattit sur lui. D'autres soldats vinrent l'immobiliser, puis le transporter. Le jeune homme fut amené à une cabane sur un quai. Là, il fut attaché.

« Nous avons l'autre.» entendit-il.

Ezio vit arriver son frère qui se débattait avec une énergie impressionnante. Federico fut cependant vite calmé par un coup à l'estomac.

« Là. Vous allez rester ici bien sagement. Nul doute que lorsque votre père saura il se rendra sur-le-champ, et mon maître triomphera.» leur annonça un soldat.


Les deux Assassins furent donc suspendus chacun à un crochet, puis laissés là à mariner. Cinq minutes passèrent. Federico tendit le pied vers un filet traînant là. Se tendant au maximum, il finit par attraper un bout de l'objet. Il le coinça entre ses pieds, puis se plia en deux. Il parvint à coincer des mailles dans le crochet. Le brun ôta ensuite sa corde, et se servit du filet pour redescendre.

« Oh joli.» commenta Ezio.

Federico dénicha un harpon. Il frotta ses liens contre la pointe. Une fois les mains libres il s'occupa de délivrer son frère. Maintenant, tous deux devaient rejoindre leur père rapidement. Pour commencer, ils vérifièrent la présence de gardes. Deux se trouvaient de part et d'autre de la porte. Ezio inspecta la cabane pour trouver d'autres armes. Il sortit un harpon, mais rien de plus. Les frères entreprirent de sortir par une lucarne sur le toit. Un peu plus loin, des gardes s'affrontaient. Ezio arriva derrière l'un d'eux et planta son harpon dans sa nuque. Federico lança le sien sur un autre, en pleine tête. Les frères récupérèrent les armes sur les corps.

Tous deux grimpèrent à l'étage afin de ne pas être ralentis sans cesse. Ils revinrent à la place centrale. En revoyant l'endroit, Federico se sentit oppressé. Cette maudite potence était toujours là. Une sensation d'angoisse emplit la poitrine de l'Assassin. Son rythme cardiaque augmenta fortement.

« Rico ça va ?» demanda Ezio.

« Je vais bien. Trouve notre père vite !»

Ezio répugnait à abandonner son frère. Il revint vers lui, passa un bras autour de ses épaules et l'entraîna.

« Basta je peux marcher.»

Il se dégagea de l'appui de son petit frère. Ezio repéra leur père, et un peu plus haut Francesco.

« Rends-toi Giovanni et il ne sera fait aucun mal à tes fils !» lança le Templier.

« Si jamais ils perdent un seul cheveu à cause de toi, je te taillerais en pièces !» vociféra Giovanni.

« Ne l'écoutez pas père, nous sommes là ! Tuez-le maintenant !» lança Ezio.

En dehors de Federico qui paraissait non loin de faire un malaise, ils allaient bien. Le patriarche s'élança donc à la poursuite de son adversaire. Francesco sauta dans le vide, droit dans une charrette de foin. Giovanni y plongea immédiatement. Ils contournèrent la potence, que Giovanni s'efforça d'ignorer. Il suivit Francesco sur les toits.

« Viens te battre espèce de lâche !»

Cela suffit à ce que le Templier face volte-face, manquant de surprendre son adversaire. Giovanni bloqua un coup d'épée. Tous deux se tournèrent autour, guettant les réactions de l'autre.

« Comment as-tu pu échapper à la pendaison ? Qui t'as aidé ?»

« Tu ne crois tout de même pas que je vais te répondre. Tu devrais pourtant savoir que l'ombre est remplie d'Assassins.»

De nouveau les épées se heurtèrent. Pazzi donna de violents coups, obligeant son adversaire à reculer vers les bords. Giovanni comprit le danger et opéra une rotation fin de pouvoir s'écarter. Il répliqua à son tour, donnant autant de force que possible dans son bras. Usant ensuite d'une botte, il fit voler l'arme de Francesco hors de sa main. Ce dernier sortit immédiatement sa dague. Il tint bon encore un instant. Cependant, l'Assassin prenant son arme à deux mains frappa si fort qu'il brisa la dague et créa une large ouverture. Il enfonça ensuite son épée dans le ventre de son adversaire.

« Argh !»

« Tu ne fuiras plus.»

Giovanni avança, transperçant le Templier. Il le laissa retomber. Le patriarche essuya sa lame.

« À l'origine, c'est toi qui aurait dû être pendu. Une chose que j'ai bien l'intention de rectifier.» reprit Giovanni.

Plus loin, Federico tentait de se reprendre. Sa respiration était saccadée. Il était assis le dos contre le rebord du toit. En bas, Jacopo haranguait la foule.

« Quel … piètre … Assassin je … fais.» souffla Federico.

« Ne dis pas ça. C'est un peu normal que tu sois mal à l'aise dans cet endroit. Ça ne veut pas dire que tu n'es plus bon à rien.» contredit Ezio.

Il leva la tête pour voir où en étaient les événements. Soudain, un corps tomba du toit du palais, retenu au cou par une corde. Ezio reconnut Francesco, seulement vêtu d'un pagne et avec une plaie béante au ventre. Cela jeta un vrai glaçon parmi la foule. Jacopo prit la fuite. Giovanni observa la scène depuis le toit, aux côtés d'autres personnes.

« Père a réussi. Viens on s'en va.» dit Ezio.

Il aida son frère à se remettre sur pied. Le duo retrouva Giovanni dans une rue plus loin.

« Que s'est-il passé ? Où sont vos affaires ?» s'enquit-il.

« Désolé père, mais des gardes nous les ont prises. Ils nous ont enfermés dans une cabane de pêcheur.» répondit Ezio.

« Federico, est-ce que tout va bien ? »

« Oui père. Juste … j'ai besoin de reprendre mon souffle.»

« Laisse-moi deviner : la potence sur la place ?»

« Comment …»

« Dois-je te rappeler que j'y étais ? Tu n'es pas le seul que ça affecte mon garçon. Je demanderais à La Volpe qu'il retrouve votre équipement. Pour l'heure, il faut rentrer.» conclut Giovanni.

Les trois Assassins disparurent dans la nuit. Au fur et à mesure qu'il s'éloignait, Federico constata que son malaise disparaissait. C'était donc bien cette potence qui l'affaiblissait. Il veillerait à éviter l'endroit à l'avenir. Le jour suivant, tous trois retrouvèrent Lorenzo sur le pont. Ce dernier raconta aux frères de quelle manière lui et son père s'étaient rencontrés.


« Je suis désolé de n'avoir rien pu faire lorsqu'on vous a accusés et condamnés. Mais dis-moi Giovanni, comment as-tu réussi à t'en sortir ?» questionna Lorenzo.

« J'ai eu la chance que mon ancienne élève revienne à Florence la veille de mon exécution. C'est elle qui a tranché nos cordes. Nous avons ensuite tous prit la fuite et nous sommes réfugiés chez mon frère. Mais tu n'y es pour rien dans ce complot. Iacopo sera le suivant à payer.»

« La vie tient décidément à peu de choses. Iacopo a prit la fuite. En revanche, j'ai trouvé ce rouleau sur Francesco.»

Lorenzo tendit une autre page du codex à son ami. Giovanni annonça qu'il rentrait chez son frère. Il pourrait sans doute le retrouver dans la campagne. Giovanni salua Lorenzo, puis quitta Florence avec ses fils. De retour à la villa, Maria fut soulagée de les voir revenir sains et saufs. Le trio la salua, avant de retrouver Mario.

« Ah ! Je cherche aussi Iacopo figure-toi. Mais le fourbe est habile à se cacher.»

« En attendant, j'ai une nouvelle page du codex.» informa Giovanni.

Il étala le rouleau sur le bureau.

« Un prophète ? Quel prophète ?» dit le patriarche.

« Et là, deux fragments d'Eden. Encore un casse-tête. Et toujours pas de réponse.» ajouta Mario.

« Ça à la limite je m'y attendais. Je crois que nous n'aurons nos réponses qu'une fois toutes les pages rassemblées.»

« Mais ceci va devoir attendre père. Nous avons encore une mission à mener.» rappela Ezio.

« J'entends bien mon fils. Avant cela, j'espère que La Volpe retrouvera vos affaires. Je lui ai indiqué où nous trouver.»

Auditore senior congédia ses enfants. Dans le hall, Hermès vint retrouver son maître. Federico se pencha et le prit dans ses bras. Le minet ronronna rapidement. À l'étage, il croisa Petruccio.

« Ah tu es rentré. Père et Ezio aussi ?»

« Oui, tout le monde va bien. Et toi, tu as bonne mine depuis quelque temps.»

« Depuis que je vois le soleil.» répondit Petruccio avec un grand sourire.

« Tant mieux, mais pense à bien te couvrir.» recommanda son aîné.

« Dis !»

« Quoi c'est vrai. Ce serait embêtant d'être à nouveau cloîtré tu ne trouves pas crâne d'œuf ?» reprit Federico en désordonnant la coiffure de l'ado.

« Rico arrête ! Rah buon dio t'as vraiment besoin d'une compagne qui puisse te mettre au pas.» rétorqua Petruccio en se dégageant.

« Cosa ? Non mais regardez-le, c'est haut comme trois pommes et ça se permets de vous donner des leçons de vie.»

« Me dit celui qui a un noyau d'abricot en guise de cerveau.»

« Guarda un po' toi ! Je vais t'apprendre le respect dû à tes aînés.» prévint Federico.

Il reposa Hermès et se lança à la poursuite de son petit frère. Ils coururent dans tout l'étage, manquant de percuter Claudia au passage. Finalement, Federico étant plus agile et plus rapide il coinça son jeune frère. Coinçant sa tête sous son bras il frotta les cheveux avec le poing.

« Alors ? Qui a un noyau d'abricot en guise de cerveau ?» demanda-t-il.

« Oh ça, ça ne peut être que toi Rico.» lança Ezio en passant.

« Tu vois, y'a pas que moi qui le dis.» fit Petruccio.

« Bande de traîtres. Bouge pas Ezio, je vais venir m'occuper de ton cas.» lança Federico.

« Si tu crois que tu me fais peur.»

« Ça va venir.»

S'ensuivit une joyeuse poursuite dans toute la maisonnée entre les trois garçons, Federico courant tantôt après l'un, tantôt l'autre et enfin les deux à la fois. Maria eut un sourire affectueux en les voyant passer, si pleins de vie et de joie.


Gardua un po' = attends un peu

Cosa = quoi