Nos assassins poursuivent leur traque et découvrent certaines choses.

Bonne lecture ^^.


« Où est Iacopo ?» demanda Federico.

Il soutenait la tête d'un des hommes ayant poignardé Juliano de Medici. L'Assassin avait éliminé ses deux gardes, puis après une course-poursuite venait d'éliminer son autre cible.

« Nous … nous nous retrouvons à l'église.»

« Bien. Navré que cela se termine ainsi, requiescat in pace.»

Federico le reposa doucement, puis se sauva. Un peu plus loin, il retrouva son père et son frère, à qui il relata l'information qu'il venait d'apprendre.

« Bien Federico. J'ai eu également vent qu'un espion de l'Espagnol rôderait dans le coin. Je vous charge de le retrouver et de l'éliminer.» dit Giovanni.

Les frères hochèrent la tête. Leur père se contentait de plus en plus de superviser leur travail. Il était à envisager qu'il les laisse mener la traque contre les Templiers seuls. Ezio et son frère descendirent du toit où ils se trouvaient. Ils utilisèrent leur vision d'aigle afin de repérer leur cible éventuelle. Présences rouges, et neutres.

« Où peut-il bien être ?» s'interrogea Federico.

« Je vais demander aux voleurs là.» proposa Ezio.

Il atterrit juste derrière eux, manquant de leur causer une attaque.

« Bien le bonjour. J'aurais une question et éventuellement une mission pour vous.» dit-il.

« Si, et nous ne faisons jamais rien gratuitement. Annonce ton tarif gamin.» lança un voleur.

« 50 florins pour la question, 150 pour la mission, grand-père.» rétorqua Ezio.

« Sentito. Pose ta question.»

« Je suis à la recherche d'un espion. Auriez-vous remarqué quelqu'un ayant l'air de fouiner ces temps-ci ?»

« Hmmm … moi j'ai bien vu un type causant plusieurs fois avec un vieil homme, toujours au même endroit.» lança un des voleurs.

« Et à quoi il ressemblait ce vieillard ?» continua Ezio.

« Il était habillé tout en noir, avec un chapeau plat. Il va souvent à l'église.»

Voilà qui ressemblait à la description de Iacopo de Pazzi, songea Ezio. Il demanda ensuite la description du présumé espion. Ceci obtenu, il demanda aux voleurs de le rechercher puis de venir l'en informer. L'Assassin annonça les attendre près d'une tour qu'il leur désigna. Il paya les voleurs, qui se mirent aussitôt au travail. De retour auprès de son grand-frère il l'informa de son action.

« Bon travail frangin.»

« Je sais, je suis trop fort.» sourit Ezio.

Tous deux s'assirent sur le rebord du toit, près de la tour où les voleurs devaient les rejoindre.

« Tu te souviens quand à Florence, on avait exprimé le souhait que notre vie ne change jamais ?» demanda Federico.

« Si. Tout comme on avait espéré ne jamais changer.» répondit Ezio avec nostalgie.

« Que c'était naïf. Nos vies auraient forcément changé, même si nous n'avions pas été accusés à tort de complot. Nous serions devenus des Assassins, c'était notre héritage. Et fatalement nous aurions changé nous aussi.» reprit Federico.

« Je ne sais pas trop … je trouve qu'on est restés pareils, l'innocence et l'insouciance en moins.» argua Ezio.

« Moui. Je … je t'avoue que j'espère avoir changé personnellement.»

« Oh ? Et perché ?» s'étonna Ezio en tournant la tête vers lui.

« Parce que … quand j'étais sur la potence … j'ai vu toute ma vie défiler devant mes yeux. Et j'ai réalisé que je n'en avais rien fait, si ce n'est la gâcher pratiquement. J'étais employé par notre père, c'était une voie royale pour asseoir ma carrière, avoir une vie stable et qu'est-ce que j'ai fais ? Rien. J'ai tout fichu en l'air par ma paresse. Je n'avais aucun but, aucune cause à défendre. Je n'étais qu'un irresponsable.» exposa Federico, fermant les yeux à la fin.

« T'exagères un peu là. T'en as quand même profité et puis tu étais jeune.»

« Peut-être, mais je sais aussi que j'ai eu des comportements immatures. C'est aussi pourquoi je me suis jeté à corps perdu dans la formation d'Assassin. Par envie de me venger certes, mais aussi parce qu'à mes yeux, cela permettait de me racheter. Pour père, pour lui montrer qu'il peut être fier de moi et puis pour moi. Pour avoir enfin un objectif et me sentir utile.» continua Federico.

« Je suis sûr qu'il est déjà fier de toi Rico.»

« Je l'espère. Ah tiens, voilà nos monte-en-l'air.»

Les voleurs rejoignirent les frangins pour les avertir que l'espion était en chemin pour rencontrer Iacopo de Pazzi. Federico les remercia puis se leva.


Le duo d'Assassins repéra leur homme qui surveillait les alentours de l'église. Comme à leur habitude, ils se séparèrent afin de le prendre en tenaille. Federico approchait de sa cible, quand tout à coup l'espion fit volte-face.

« Merda !»

La cible décampa, l'Assassin à ses trousses. Ezio jaillit pour lui barrer la route, quand leur homme plongea vers le bord. Il saisit la gouttière et passa sur une poutre, puis une barre métallique et attrapa une roue en bois qui le conduisit de l'autre côté du pâté de maison. Nos Assassins le suivirent sans se laisser démonter. L'espion se jeta dans une fenêtre ouverte.

« IIIIIH !» s'écria une servante en voyant débarquer les frères Assassins.

Federico bondit par-dessus une table. Lui et Ezio ressortirent sur les toits. Pas de traces de leur cible.

« Là ! Derrière !» s'exclama Ezio.

Ils bondirent sur le toit de la maison qu'ils venaient de quitter.

« Il court vite celui-là !» lança Federico en pirouettant par-dessus une cheminée.

Leur homme passa sur des planches en suspension, puis sur une série de poutres. Nos deux jeunes hommes avaient intérêt à trouver rapidement une solution pour le coincer. Car ils n'allaient pas tenir bien longtemps à ce rythme. Soudain, un archer sauvage apparut. Ezio sortit un couteau qu'il lança sans s'arrêter. Federico récupéra l'arc ainsi qu'une flèche. Son petit frère comprenant son idée bifurqua. Il courut un moment en parallèle de l'espion. Sautant de toit en toit il entreprit de le rejoindre. Ezio finit par le dépasser et lui barra presque la route. L'Assassin sortit son épée et le contraignit à reculer. Federico profita de son hésitation pour bander l'arc. La flèche siffla et toucha l'espion dans le dos.

Ezio l'acheva d'un coup de lame secrète. Le Florentin poussa un soupir de soulagement quand le corps chuta. Quelle course ! Il était hors d'haleine. Federico laissa tomber l'arc pour venir le retrouver. Lui aussi était à bout de souffle. L'aîné fouilla le cadavre mais ne découvrit rien de probant. Tant pis, au moins leur tâche était accomplie. Ils se rendirent à l'église en marchant. L'office venait juste de se terminer. Iacopo sortit enfin.

« Voyons où il va se rendre. Il peut peut-être nous conduire aux autres Templiers.» fit Federico.

Sur la route, ils entendirent parler leur cible de Venise. La cité inondée semblait donc être leur prochaine destination. Iacopo pour sa part, se fit trouer la couenne par Rodrigo. Ce dernier s'adressa ensuite aux deux Assassins. Ezio se fit capturer.

« Crois-tu que je n'avais pas prévu que tu viendrais Assassino ?»

« Et avais-tu prévu que l'on soit plusieurs ?» lança Giovanni à sa droite.

Federico épingla un des gardes qui tenait son frère, au moment même où ce dernier se débarrassait de l'autre. Rodrigo ordonna l'attaque. Giovanni évita une lance et décapita son opposant. Il bondit ensuite sur le suivant. Ezio passa par-dessus un soldat non sans lui faire cadeau d'un couteau. Il parvint à rejoindre Iacopo. Ce dernier était mourant, aussi le Florentin abrégea-t-il ses souffrances. Son frère et son père achevèrent les derniers soldats.

« L'Espagnol a encore prit la fuite. Je suis désolé père, je n'ai pas pu l'arrêter.» annonça Federico.

« Ce n'est que partie remise, ne t'inquiète pas mon fils. Vous faites déjà de l'excellent travail tous les deux.» répondit Giovanni en le gratifiant d'une tape sur l'épaule.

« Nous devons aller à Venise. Ils vont s'y rendre également.» dit Ezio.

« Peut-être devriez-vous rentrer à Monteriggioni père. Ezio et moi nous nous chargerons des Templiers.» dit Federico.

« Très bien. Il est temps pour vous de voler de vos propres ailes. Bonne chance à vous.»

Après une dernière visite à Lorenzo pour lui rendre compte de leurs découvertes, les frères Auditore firent route vers Venise. Ils apprirent que Leonardo s'y rendait également, et le trouvèrent sur le chemin. Le peintre avait eu un petit incident de parcours avec son chariot. Les Assassins soulevèrent le chariot tandis qu'il effectuait ses réparations. Ezio prit ensuite les rênes. Leonardo monta à l'intérieur.

« Tu entends p'tit frère ?» demanda soudain Federico.

« Si, des cavaliers.»

« Jamais moyen d'être tranquille.» reprit l'aîné.

« On nous attaque !» s'exclama Leonardo.

« Oui oui on arrive !» lança Federico en grimpant sur le toit.

Un premier assaillant se cramponna au chariot. Federico le rejoignit puis lui coupa les mains. Il évita une flèche enflammée, qu'il arracha aussitôt du chariot. Ezio avait accéléré l'allure du chariot, et tâchait de négocier les virages au mieux. Un autre homme parvint à monter sur le chariot. Federico pivota en équilibre sur ses mains et lui faucha les jambes. Le virage suivant fit tomber le soldat. L'Assassin se tourna ensuite et frappa un autre au ventre, qui alla s'écraser contre une paroi.

« Argh !»

« Federico !» s'exclama Ezio.

Son grand-frère venait de basculer par-dessus bord. Il rentra dans le chariot et ressortit de l'autre côté au moment où son frère étaient aux prises avec le soldat. Federico le saisit aux épaules et l'éjecta. Plus loin, les gardes incendièrent un pont. Le convoi passa de justesse. À présent, des flèches enflammées ponctuaient le parcours.

« Qu'ils sont chaleureux dans ce pays !» commenta Federico.

Il se cramponna au chariot. D'autres cavaliers arrivèrent. L'aîné Auditore lança un couteau sur l'un d'eux. Un autre tenta de le harponner avec sa lance. Federico roula sur le côté. Il se redressa puis saisit la lance quand elle fut de nouveau envoyée sur lui. Il tira brusquement, déséquilibrant son ennemi. Utilisant ensuite cette arme il le fit tomber de cheval. Federico récupéra la lance qu'il planta dans le ventre d'un homme ayant réussi à grimper.

« On arrive au bout du voyage ! Tiens bon Rico !»

« Moi ça va. J'aimerais bien qu'eux ne tiennent pas bon.»

Federico fit tourner sa lance et envoya le bout côté bois dans le nez d'un énième soldat. Il tomba dans un précipice. Tant bien que mal, le convoi poursuivit sa route. Les soldats parurent renoncer. Ezio en aperçut un groupe tentant de leur barrer la route. Il tira les rênes : le wagon se mit de profil. Les chevaux percutèrent des soldats tandis que le chariot écrasait les autres.

« Whoâh préviens quand tu fais ça !» s'exclama Federico.

« Mi scusi !»

« C'est ça.» reprit Federico en tapant du poing sur sa tête.

Le quai fut en vue. Ezio ralentit tout de même l'allure. L'endroit était peuplé. Il arrêta le convoi au port.

« Eh bien ! Ce fut mouvementé.» dit Leonardo en descendant.

Les deux frères l'aidèrent à décharger ses bagages. Mais au moment d'embarquer, ils découvrirent qu'il leur fallait une invitation pour se rendre à Venise. Ezio entendit soudain une voix appeler à l'aide. Une femme était prisonnière sur un îlot. Le Florentin se chargea de la secourir. En échange, elle lui permit à lui et son frère de pouvoir embarquer. Le voyage se déroula paisiblement. Arrivé à Venise, un guide vint à leur rencontre.

« Buon dio Leonardo ! Tu transportes des briques ou quoi ?» demanda Federico en déchargeant les bagages.

« Scusate. Il faudra que je fasse un tri en arrivant.»

Tout en présentant la ville, le guide les conduisit au nouvel atelier de l'artiste. Ezio et Federico découvrirent qu'un Templier logeait dans le palais de la soie. Aussi laissèrent-ils leur ami s'installer.


« Hmm l'endroit est bien gardé. Par où pourrions-nous bien entrer ?» dit Federico.

« Nous pourrions escalader … ah non, trop risqué.»

Tandis que tous deux échangeaient leurs réflexions, un groupe passa devant eux en courant. Les soldats se lancèrent à leur poursuite, pendant qu'un autre individu se lançait à l'assaut du mur. Il grimpa avec agilité quelques mètres. Hélas, les archers se manifestèrent. Le ou plutôt la grimpeuse parvint à monter plus haut, jusqu'à ce qu'une flèche ne l'atteigne au genou.

« Merda elle va tomber !» s'exclama Federico en se précipitant.

Il rattrapa la jeune femme qui chuta.

« Je vous tiens !»

Federico quitta immédiatement les lieux en portant la blessée. Ezio reconnut la jeune femme qui l'avait bousculé un peu plus tôt.

« Vite ! Emmenez-moi vers l'eau !» s'exclama-t-elle.

« Quoi ?» dit Federico.

« Vite allez !»

Federico s'éloigna. La jeune femme dans ses bras déclina son identité, tout en leur donnant des indications sur le chemin à prendre. Il s'avéra que lorsque les frères se présentèrent, elle les connaissait déjà. Mais Rosa refusa de leur en donner la raison. Ils arrivèrent à un quai où attendait un des siens, Ugo. Federico installa la jeune femme dans une gondole. Une flèche siffla.

« Évidemment. Bon, nous allons déblayer le chemin.» annonça Ezio.

Lui et Federico partirent chacun d'un côté, tuant tous les gardes sur leur chemin. Rosa fut rapatriée à son repaire. Un homme à moustache vint à leur rencontre, un certain Antonio. Il retira la flèche plantée dans la cuisse de la brunette, qui le remercia avec une fameuse envolée lyrique. Rosa fut emmenée pour être soignée. Pendant ce temps, les frères firent connaissance avec Antonio et son projet d'attaque sur le palais de la soie. Il sollicita leur aide à ce sujet. Le duo accepta. Federico demanda ensuite où lui et son frère pourraient loger. Antonio leur indiqua une petite auberge non loin de son repaire.

« Nous y allons. Nous reviendrons demain.» conclut Federico.

« Très bien, je vous attendrais.»

Les frères Auditore prirent une chambre chacun à l'auberge, puis sortirent explorer un peu la ville. Ce faisant hélas, ils tombèrent sur une patrouille qui les interpella aussitôt.

« Et c'est reparti !» ironisa Ezio en prenant la fuite.

« Quelle erreur de débutant ! On aurait dû rester tranquilles dans nos chambres, après notre exploit de ce matin.» lança Federico.

« Je te rappelle que c'est aussi pour diminuer notre popularité qu'on est sortis !»

Ils slalomèrent entre les passants, bondirent par-dessus un étalage de légumes. Un moment plus tard, ils s'arrêtèrent reprendre leur souffle.

« Je crois … qu'on les a … semés mais … vaudrait mieux … se planquer.» souffla Federico.

Pendant qu'il parlait, Ezio sentit une main se plaquer sur sa bouche et qu'on l'entraînait en arrière.

« Ezio ?»

Federico regarda de tous côtés. Il entendit le pas de course des soldats. Ils étaient tout près. Federico sentit l'inquiétude le gagner. Où était passé son petit frère ? Tout d'un coup, il se fit lui aussi bâillonner et tirer. Il se fit plaquer contre un mur. Ezio referma une porte.

« Pas un bruit.» entendit Federico.

Baissant les yeux, il reconnut son kidnappeur. Julia ! Elle ôta sa main de la bouche du jeune homme. Dehors, les gardes de Venise s'arrêtèrent tout près. Ezio s'était plaqué contre le mur à côté de la porte. Cependant, Federico eut du mal à se concentrer. Il sentait les courbes féminines de la brune tout contre lui. Son cœur s'accéléra tout comme son souffle se raccourcit.

« Qu'est-ce qui m'arrive ?»

Il ressentait intensément sa présence, dans tout son être. Après ce qui lui parut être de longues minutes, les soldats dehors quittèrent les lieux. Julia s'écarta pendant qu'Ezio vérifia que les soldats s'en étaient bien allés depuis une fenêtre.

« Hey Julia comment tu vas, ça faisait un bail !» lança gaiement Ezio.

« Moi je vais bien, et vous bande de novices ? Je croyais vous avoir appris la discrétion.» répliqua la brune en lui rendant son étreinte.

« Arf, on a pas eu le choix figures-toi. On a dû aider quelqu'un à fuir et bien sûr ça ne s'est pas fait proprement. On est sortis histoire de connaître la cité puis de faire baisser notre notoriété.» raconta Ezio.

« Je vois. Si ça t'intéresse j'ai justement arraché quelques avis et soudoyé deux crieurs en passant.» informa Julia.

« T'es un ange, grazie mille !» sourit Ezio.

« Si tu veux me remercier, tâche d'être sage. Et toi Federico, comment ça va ?» reprit Julia en se tournant vers lui.

Federico sursauta quand elle s'adressa à lui. Il était resté à la contempler, se demandant si elle était aussi belle dans ses souvenirs. La jeune femme avait un peu grandi lui semblait-il, et avait atteint sa forme définitive d'adulte.

« Euh ça va très bien merci. Content de te revoir.» répondit-il en croisant les bras.

« Moi aussi.» fit-elle avec un sourire qui le fit rosir.

« Bene. Tâchons de retourner à notre auberge. Mais au fait qu'est-ce qui t'amène à Venise ?» questionna Ezio en ouvrant précautionneusement la porte.

« Un contrat sur un libraire affilié aux Templiers. Et vous deux ?»

« Nous avons appris que des Templiers de notre liste étaient ici. Nous comptons nous occuper d'Emilio Barbarigo.»

Ezio repéra un avis de recherche sur son frère et lui. Il l'arracha.

« Si j'en ai entendu parler. Je crois que ma cible effectue des recherches pour lui.» raconta Julia.

« Si tu veux on pourra te filer un coup de main.» proposa Ezio.

« Non ne vale la pene, j'allais passer à l'action quand je vous ai vus.»

« Oh.»

Federico pour sa part, paraissait avoir laissé ses cordes vocales dans leur cachette. Il marchait aux côtés de la jeune femme, elle-même au milieu, et il se sentait troublé par sa proximité. Son cœur oscillait entre la joie et la nervosité. La brune leur demanda d'attendre un instant. Elle entra dans une boutique. Levant les yeux, Federico réalisa qu'il s'agissait d'une librairie. Certainement celle de sa cible. Julia ressortit un instant après.

« C'est fait, allons-y.» dit-elle.

Ils repartirent d'un pas plus soutenu. En chemin, Julia examina des notes.

« Hmm. Vous êtes toujours en contact avec votre père et votre oncle je suppose ?» demanda-t-elle.

« Si perché ?» répondit Ezio.

« Les recherches de ma cible. Elles parlent d'une ancienne civilisation disparue, qui aurait conçu des objets spéciaux … qu'on appelle fragments d'Eden.» informa Julia en montrant les notes.

Ezio prit les papiers, qu'il survola. Il remarqua le croquis d'un bâton à six branches surmonté d'un cercle, ainsi que d'une sphère gravée de lignes.

« Voilà qui l'intéressera très certainement. Il est resté à Monteriggioni, tu devrais aller le voir avec ça.»

« Bene, je te remercie. C'est ici que je vous laisse.» annonça Julia en s'arrêtant devant une auberge.

« D'accord. Quand est-ce qu'on te revoie dans les parages ?»

« Eh bien … à moins que vous n'ayez besoin d'aide pour Emilio, je ne pense pas revenir.»

« Moi je suis d'accord, ça me rappellera notre entraînement. T'en penses quoi Rico ?» répondit Ezio.

L'intéressé croisa les orbes saphir, et déglutit.

« Pourquoi pas.»

« Dans ce cas, je fais l'aller-retour et je me joins à vous. Où puis-je vous retrouver ?»

Ezio lui donna l'adresse de leur auberge. Julia hocha la tête et rentra.

« T'es sûr que ça va toi ?» interrogea Ezio sur le chemin.

« Pourquoi cette question ?» s'étonna Federico.

« Je t'ai trouvé bien silencieux.»

« J'avais pas grand-chose à dire c'est tout.»

Ezio fronça les sourcils. Pas grand-chose, alors qu'ils n'avaient pas revu leur amie depuis deux ans au moins ? Bizarre. Le jeune poussa la porte de leur auberge. Quelques heures plus tard, Federico observait le plafonds depuis son lit. Il soupira. L'image de Julia dansait devant ses yeux. Elle lui avait beaucoup manqué, pas un jour ne s'était passé sans qu'il ne songe à elle. Il aurait voulu pouvoir à nouveau discuter avec elle, mais les mots refusaient tout bonnement de sortir sans qu'il ne comprenne pourquoi. Bof, sans doute cela irait-il mieux lorsqu'il la reverrait. Federico se tourna et souffla sa bougie.


Pendant ce temps à la villa Auditore, Petruccio qui jouait avec Hermès vit arriver une forme encapuchonnée.

« Julia !» s'exclama-t-il.

L'adolescent se releva et courut vers elle. Julia le reçut dans les bras.

« Petruccio ! Qu'est-ce que tu as grandi !» remarqua la visiteuse.

« Eh ouais ! En tout cas je suis trop content de te voir. C'était plus vraiment pareil sans toi ici.» reprit le jeune en s'écartant.

« Oh à ce point ? Tu as pourtant encore ta sœur et tes parents, ainsi que ton oncle.» reprit la jeune femme.

Ils firent route vers l'intérieur de la villa.

« Je sais bien, mais ils travaillent tous toute la journée, et Claudia … ben avec elle il faut toujours faire attention où l'on va, pas trop se salir, ne pas courir. Bref tu vois le genre. Alors dis-moi que tu reste un moment steuplaiiit !»

« Navré mon grand, mais je ne suis que de passage. Je rentre de mission et je dois voir ton père. J'ai aussi croisé tes frères à Venise, je dois les rejoindre pour les aider dès que possible.» expliqua Julia.

« Quel dommage. Et comment vont-ils ?» reprit Petruccio.

« Bien, dans les ennuis histoire de changer.» sourit Julia.

« Infatti, quel manque d'originalité.»

Petruccio toqua à la porte du bureau, puis l'ouvrit quand il en reçut la permission.

« Nous avons de la visite père.» annonça-t-il.

« Julia, quelle bonne surprise !» s'exclama Giovanni.

Il vint étreindre son ancienne élève, puis lui proposa de s'asseoir et lui demanda les raisons de sa visite. La brunette lui parla alors de son contrat à Venise, et de ce qu'elle y avait découvert. Elle lui tendit les notes prises au libraire, que son mentor lut avec attention.

« Voilà qui est fort intéressant. Je suis prêt à parier que c'est en rapport avec le codex d'Altaïr.» dit-il.

« C'est fort probable en effet. Tu as le bonjour de tes fils au fait.» continua Julia.

« Oh tu les as vus. Ils vont bien ?» reprit Giovanni.

« Ils se font un nom dans la république vénitienne. Je vais aller les rejoindre sous peu.»

« Voilà qui me rassure. En tout cas je te remercie d'être venue m'apporter ces notes. Je les étudierais plus en détail.»

« Fais-toi plaisir. Mais pense à t'aérer le citron de temps en temps, tu commences à ressembler à un vieux parchemin craquelé.» reprit Julia en se levant.

« Tu sais ce qu'il te dit le vieux parchemin craquelé ?» rétorqua Giovanni pendant que Petruccio ricanait.

Julia sortit du bureau en compagnie du dernier Auditore en date. Il l'amena saluer le reste de la famille. L'Assassine resta un moment à bavarder avec chacun, jusqu'à l'heure du dîner. Maria lui proposa de rester à la villa pour la nuit, ce que la brune accepta avec plaisir.


Non ne vale la pene = ce n'est pas la peine

Infatti = en ffet