Les choses se compliquent un peu à Venise. Nos héros ne sont pas les seuls à mener une chasse.
Merci à ceux qui suivent et bonne lecture ^^.
Le lendemain, Ezio retrouva son grand-frère au petit-déjeuner.
« Buon giorno fratello mio. T'as pas l'air en forme, mauvaise nuit ?»
« Salute Ezio. Si si j'ai bien dormi. C'est juste que j'ai rêvé de Julia toute la nuit et que je ne sais pas quoi en penser.» répondit Federico.
Ezio le fixa un instant tandis qu'on leur apportait leur premier repas de la journée. Repas qui se fit en silence. Plus tard, le duo se rendit au repaire d'Antonio. Rosa vint les accueillir, pourvue d'une béquille.
« Tiens, alors comment ça va ?» lança Ezio.
« Un peu mieux, mais je ne peux toujours pas poser le pied par terre.» répondit la voleuse.
« Il va donc te falloir rester sage encore un moment.» sourit Federico.
« Ah ah. Et sinon, la cité vous plaît ? »
« En dehors de cette odeur épouvantable oui. Au fait, nous voulions vous prévenir qu'une consœur à nous va nous rejoindre ces jours-ci. Probablement demain.» reprit Federico.
« Entendu, mais avertissez Antonio.»
« Ensuite, nous aimerions que tu nous apprennes à grimper comme tu le fais.» ajouta Ezio.
Rosa accepta. Elle fit appel à un de ses collègues pour la démonstration. Puis ce fut à leur tour d'escalader un échafaudage.
« Alors ?» interrogea Ezio.
« Ton frère se débrouille mieux que toi.» commenta Rosa.
« Mais quelle sans-cœur.»
« Et à quoi tu t'attendais p'tit frère ?» rétorqua Federico amusé.
Ezio finit par redescendre. Les Assassins s'entretinrent avec Antonio, qui accepta de patienter encore un peu jusqu'à l'arrivée de Julia. Rosa souhaitant également en être cela arrangea tout le monde. Federico annonça se rendre sur les quais dans l'après-midi, désirant savoir si la jeune femme arrivait. Le jeune homme se posta sur un toit au bord du port. Ramenant ses genoux contre lui, il posa le menton sur ses bras, les yeux se perdant sur l'eau dont la couleur lui rappelait celle des yeux de la jeune femme. Federico s'abîma dans ses pensées un long moment.
Jusqu'à ce qu'il ne sente un regard derrière lui. Se retournant, il vit un individu masqué brandir une dague. Les réflexes prenant le dessus, Federico roula pour éviter l'attaque. Il se remit debout et sortit son épée. L'autre fit de même. Les lames s'entrechoquèrent un moment.
« Hmph ! Il est coriace celui-là !»
« Hé vous là-bas !» entendirent-ils.
Un garde venait de les repérer. L'agresseur prit la fuite, pendant que Federico redescendait. Il atterrit derrière un groupe de passants qui sursautèrent. Le brun préféra s'éloigner rapidement. Mieux valait avertir Ezio de ce nouvel imprévu. Normalement, il devait se trouver à l'atelier de Leonardo. Mais lorsqu'il arriva, il remarqua la porte entrebâillée. L'Assassin fronça les sourcils, avant de se précipiter à l'intérieur. Tout était sens-dessus dessous.
« Merda. J'espère qu'ils n'ont rien.» dit-il, une main sur le front.
« Dio mio ! Mais que s'est-il passé ?»
Leonardo entra dans son atelier suivi d'Ezio qui lui jeta un regard interrogateur.
« Non lo so. Je viens tout juste d'entrer, je cherchais Ezio.»
« À quel sujet ?» questionna l'intéressé.
« Je viens d'avoir une petite altercation avec un drôle de type. Il était masqué et avait un bonnet qui lui cachait la tête. Un garde nous a interrompu et l'a fait fuir. Je venais te prévenir de te méfier.» raconta Federico.
Ezio fronça les sourcils, puis le remercia. Ceci fait, ils aidèrent Leonardo à ranger son atelier.
« Il manque la page du codex.» remarqua le blond.
« Vous croyez que c'est lié ?» demanda Federico.
« Certainement. Ce qui nous donne un indice sur les commanditaires de ton agresseur. Les Templiers ont dû le charger de voler la page puis de nous éliminer.» répondit Ezio.
« Alors prenons les devants. Traquons cet assassin à notre tour.» décida Federico.
« Et vite avant que Julia n'arrive, ou elle sera sa nouvelle cible.»
Federico sentit un frisson le parcourir. Il eut envie de retourner au port surveiller son arrivée afin de la mettre au courant du danger. Ezio répondit qu'il allait chercher ce tueur pendant que son frère guetterait l'arrivée de la brune. L'aîné Auditore accepta. Tous deux filèrent après avoir salué Leonardo et s'être excusés pour son cambriolage. Ezio bondit après un mur pendant que Federico se précipitait au port. Pourvu qu'elle ne soit pas arrivée entre-temps. Il se renseigna auprès d'un pêcheur, qui lui certifia qu'aucun bateau n'avait accosté. L'Assassin soupira. Il n'avait plus qu'à patienter.
Ezio pour sa part, se trouvait en haut d'une tour. Il observa attentivement les lieux avec sa vision d'aigle. En dehors des soldats, rien à signaler. Peut-être devait-il demander à Antonio de déployer ses voleurs. Le jeune Florentin retourna donc au repaire de son allié. Il lui toucha deux mots de la situation. Le chef des voleurs accepta de l'aider dans sa traque. Ezio l'en remercia, puis décida de se rendre au port. Là-bas, Federico vit arriver un bateau. Il observa le débarquement et reconnut la silhouette de son amie.
« Julia !» appela-t-il.
« Federico, tu es venu me chercher c'est vraiment gentil.» sourit la brunette.
« Si, mais viens vite l'endroit n'est pas sûr.»
Federico se hâta de l'emmener avec lui. Chemin faisant il expliqua la raison de son empressement.
« Eh bien, je ne peux pas te laisser seul cinq minutes sans que tu ne te fourres dans les ennuis.» fit Julia, blasée.
Son camarade ne releva pas. Il regardait en l'air de temps à autre, craignant que cet assassin aie les mêmes méthodes qu'eux. Cependant, il ne détecta pas la présence de ce dernier juste derrière eux. Le tueur s'avança encore, de manière à être au-dessus du couple. Lorsqu'il le jugea bon il s'abattit sur eux.
« OURF !»
Julia et Federico furent poussés en avant, par Ezio. Le jeune Assassin était sur le point de les rejoindre quand il avait aperçu le meurtrier. Il s'était alors élancé vers eux. Le trio se remit sur pied en un instant, dégainant leurs épées. Leur agresseur considéra la situation: trois Assassins probablement aguerris. Dangereux, peut-être trop. Surtout qu'ils n'attendirent pas qu'il se décide. Le trio fonça vers lui. Dans un premier temps, il se défendit, tenant tête aux trois sans égratignure. Et comme la première fois, ce furent les gardes qui mirent fin au combat. Nos Assassins préfèrent fuir à leur tour.
« Grazie mille Ezio. Sans toi nous serions sans doute morts.» lança Julia alors qu'il reprenait haleine dans une ruelle.
« Je t'en prie. Il faut absolument qu'on le retrouve. Nous n'aurons pas une seconde chance de lui échapper.» répondit le brun.
« Le temps que je bazarde ma valise dans une auberge et nous sommes partis.»
Ils se hâtèrent d'en dénicher une. Julia fila enfiler sa tenue d'Assassin puis rejoignit les garçons. Le trio prit immédiatement de la hauteur.
« Tiens qu'est-ce que tu as à l'annulaire ? Tu es blessée ?» s'enquit Federico, qui aidait Julia à monter.
« Non pas du tout. Ça c'est la preuve que je suis bien un Assassin à part entière.» sourit la jeune femme.
« C'est … une brûlure. On t'as cramé le doigt quand tu as été intronisée ?» dit Ezio en se penchant.
Julia hocha la tête, ajoutant que c'était ce qui les attendait aussi.
« Charmant.» commenta Federico.
Ce point de détail éclairci, ils tâchèrent de retrouver celui qui tenait à raccourcir leur espérance de vie, déjà pas franchement longue au demeurant. Arpentant les toits de la cité vénitienne et jouant gentiment à trouer les gardes, le trio arriva près d'un des hommes d'Antonio. Ce dernier les informa que l'on avait aperçut le meurtrier, dans le quartier de San Polo sur la rive droite. Cela suffit à ce que nos Assassins s'élancent. Un autre voleur indiqua que l'homme avait été vu entrant dans une auberge.
« Voyons si on peut fouiller sa chambre. La page du codex s'y trouve peut-être.» proposa Julia.
« Essayons toujours.» répondit Ezio.
Ils entrèrent et avancèrent jusqu'à la réception. Le préposé était sur le point d'enregistrer le nom d'un voyageur espagnol, qui donna un nom plus long que lui, terminé par un « daré».
« Gnhein ?»
Nouvelle tentative.
« Oh mais écrivez daré on va pas y passer la nuit !» lança Julia.
« Ma ye ne m'appelle pas comme ça.» lança l'étranger.
« Ben la prochaine fois, vous ne donnerez qu'un bout de votre nom, sinon on s'en sort plus.» rétorqua la brunette.
« Bienvenue dans notre république monsieur Daré, voici votre chambre.» ajouta le réceptionniste en lui donnant une clé.
L'espagnol dut bien se contenter de cette étrange appellation. Les trois Assassins avancèrent ensuite.
« Bonsoir nous ...» commença Federico.
« WAAAAAH !» hurla l'homme.
Il délaissa son livre d'enregistrement puis courut vers une fenêtre ouverte … par laquelle il passa, laissant trois Assassins pantois.
« Sont graves dans ce patelin.» commenta Julia.
« Il a comprit que nous étions des Assassins. Faudrait pas qu'il ameute les gardes.» lança Ezio en se précipitant.
Le réceptionniste du reste avait atterri dans un cours d'eau. Sauf qu'il ne savait pas nager apparemment. Ezio plissa les yeux. Il se jeta ensuite à l'eau et attrapa le malheureux.
« Pitié me tuez pas !» s'exclama-t-il.
« Mais pourquoi je vous tuerais d'abord ?» répondit Ezio.
Federico et Julia aidèrent chacun d'eux à remonter par la fenêtre. Ezio leur expliqua ensuite qu'ils étaient simplement à la recherche d'un individu. Le réceptionniste, rassuré sur son sort et par le fait qu'il avait été secouru, leur donna l'information désirée. Les Assassins le laissèrent aller se sécher. Federico demanda à son petit frère de rester près de la fenêtre. Trempé comme il était, il risquait de trahir leur présence. Devant la porte, Julia jeta un œil par la serrure, tandis que Federico écoutait. Par précaution il frappa. Personne. La jeune femme se mit en devoir de crocheter la serrure. Les Assassins entrèrent. Chacun se mit à fouiller en prenant garde de remettre chaque chose bien à sa place.
« Je ne trouve rien et toi ?» demanda Federico.
« Non plus. Ce qui nous laisse deux options : soit il l'a avec lui, soit il l'a remis à quelqu'un d'autre.»
« J'espère que c'est la première.»
Julia quitta la pièce, puis travailla à nouveau la serrure pour refermer le tout. Pas de traces, pas de soupçons. Ils retrouvèrent Ezio le dégoulinant et quittèrent l'endroit, ce dernier passant par la fenêtre pour éviter de tout inonder.
« Bon, nous sommes bredouilles. À part le pourchasser je ne vois pas ce qu'on peut faire d'autre.» dit Ezio.
Le trio s'était réuni sur un toit et se tenait assis.
« Ça peut prendre des heures, des jours, des semaines. S'il ne nous abats pas avant.» contredit Federico.
« Dans ce cas il nous faut autre chose. Comme un piège par exemple. Seulement, il ne faudrait pas que cela nous trahisse aux yeux des Templiers que vous devez abattre.» intervint Julia.
« Tu as une idée, petit renard ?» interrogea Federico.
« Peut-être. Je pensais au chemin de miettes de pain, avec dans le rôle du pain des gardes. Ceux postés sur les toits de préférence, cela sera moins visible. Tout comme nous il se balade en hauteur, alors agissons en hauteur. Nous l'attendrons au bout.»
« En théorie ça peut marcher.» convint Ezio.
« Nous devons essayer, je n'ai pas d'autre idée de toute manière.» ajouta Federico.
La nuit était tombée, mais qu'importe. Les trois Assassins commencèrent à semer leurs miettes. Ils abattirent le plus de gardes possibles sur les toits, laissant ainsi une piste sanglante. Le chemin laissait penser qu'ils avaient fui, comme cela était parfois le cas, et qu'ils avaient éliminés les gêneurs. Le trio attendit ensuite dissimulé dans une petite tour entourée de voiles. Trois heures passèrent dans cet endroit exigu. Les Assassins tentèrent de ne pas bouger, ou alors avec d'extrêmes précautions.
« Le voilà.» lança Federico.
Le meurtrier suivait la piste des cadavres. Nos amis se mirent en position accroupie, prêts à bondir. Un dernier corps devait attirer leur cible près d'eux. Lorsqu'il fut enfin à proximité, les jeunes gens jaillirent de leur cachette. Ezio causa une éraflure au bras de leur adversaire, qui entendant le bruit des voiles s'était retourné. Le combat commença. Leur adversaire, ayant retenu la leçon sortit deux épées. Il para successivement toutes les attaques. Ezio eut la monnaie de sa pièce avec une coupure au bras libre. Federico en reçut une au torse, atténuée par son esquive. Le tueur s'attaqua à Julia. La jeune femme bloqua la seconde épée avec un poignard.
Federico se rua vers l'individu, l'écarta et se plaça devant son amie. Il adressa un regard brûlant à son adversaire. Ezio décida d'achever cette bataille : il lança une bombe fumigène qui explosa aux pieds de l'assassin. Federico saisit l'occasion et envoya aussitôt son épée dans la gorge de l'attaquant. Ce dernier s'écroula.
« Qu'est-ce qui te prends de te mettre devant moi ?» demanda Julia mécontente.
« Aaah euuuh … un réflexe, désolé.» répondit Federico avec un sourire gêné.
« Un réflexe. Hé je sais très bien me défendre merci.»
Du reste, il disait la vérité. Federico avait agi par pur instinct de protection. Il nettoya sa lame, s'interrogeant quelque peu sur cette impulsion qui l'avait poussé à vouloir la mettre hors de danger. Pendant ce temps, Ezio fouillait le cadavre. Il en retira le bien cherché morceau de codex. Ayant ce qu'ils souhaitaient le trio quitta l'endroit. Les garçons raccompagnèrent Julia à son auberge.
« Attendez vous deux, vous avez été blessés. Venez je vais vous soigner.» dit-elle.
« Ce ne sont que des égratignures, t'inquiètes.» répondit Ezio.
« En guise de remerciements pour m'avoir protégée, ça vous va ?»
« Là d'accord.» répondit Federico.
Elle leur demanda de s'installer sur le lit pendant qu'elle sortait une trousse de premiers soins. Au premier de ces messieurs, à savoir l'aîné qui avait défait sa chemise.
« Et n'en profite pas pour te rincer l'œil.» taquina Ezio en retroussant sa manche déchirée.
« Bon alors dehors. Si j'ai même pas une juste compensation pour mon dur labeur, ça n'en vaut pas la peine.» répliqua la brune en désignant la porte du pouce.
« Un remerciement c'est censé être gratuit je te rappelle, renardeau.» lança Federico amusé.
« Mouais.»
Julia passa un chiffon humide sur la coupure, évitant autant que possible d'égarer son regard sur les pectoraux ou les abdos finement dessinés. Federico pour sa part, se surprit à vouloir prendre sa main pour la poser contre sa peau. Sa proximité le troubla également. D'autant plus quand la brune dut se rapprocher très près pour poser le bandage qui entourait la blessure.
« Et d'un. Au suivant.» dit-elle en s'écartant.
Même opération pour Ezio. Julia rangea ensuite son matériel pendant que les garçons se levaient. Il la remercièrent pour ses soins, et lui donnèrent rendez-vous devant la porte de l'auberge pour la suite des opérations le lendemain matin.
Durant le trajet, Federico porta une main à son torse avec un sourire un peu rêveur. Tout à coup il découvrit le visage de son frère en gros plan.
« Quoi ?»
« Qu'est-ce qui te fais sourire comme ça ?»
« Mais je t'en pose des questions moi. Je souris parce que je souris c'est tout. Faut une raison officielle maintenant ?» répliqua Federico.
« Nooon, mais je trouve ce sourire curieux.» précisa Ezio.
« Perché il était de travers ?»
« Nah. Juste … pas vraiment de circonstance.» continua Ezio.
Federico lui retourna un regard blasé. Il écarta son frère et continua son chemin. Ils arrivèrent à destination, rentrant prendre une bonne nuit de sommeil. Le lendemain, retour chez Antonio. Rosa salua les garçons et fit la connaissance de Julia. Rosa annonça ensuite devoir rencontrer un indicateur habitant un bateau près du port, et souhaita savoir s'ils désiraient l'accompagner.
« Allez-y avec Rosa, je ne pense pas être indispensable. Et de cette manière Antonio me dira ce dont il a besoin.» répondit Julia.
Ils laissèrent donc la brunette avec le chef des voleurs. Rosa vint se placer entre les garçons. Chemin faisant, les jeunes hommes n'oublièrent pas de diminuer un peu leur notoriété. Le port fut en vue. Selon Rosa, l'individu en question devait la renseigner sur les tentatives de Barbarigo pour prendre le contrôle du syndicat des pêcheurs, ainsi que de potentiels alliés pour les voleurs. Par contre, c'était un intarissable bavard. Arrivés au port, Rosa se rendit sur un bateau de taille moyenne. Les garçons arrondirent les yeux devant la corpulence massive du pêcheur.
« Buon dio mais comment ça se fait que le bateau ne coule pas ?» glissa doucement Ezio à son frère.
« Par miracle ?»
Rosa fit signe aux garçons, qui montèrent sur l'embarcation. Bruno le pêcheur les invita à boire un thé qu'il avait ramené de Chine. Il les fit asseoir pendant qu'il allait chercher plateau et tasses. Mais lorsqu'il se dirigea vers les placards, le bateau se pencha nettement. Les Assassins et la voleuse virent leur chaise glisser en direction de Bruno. Ezio s'accrocha à un meuble, puis coinça son pied dans la chaise de son frère. Federico pour sa part, retint Rosa par la main.
« … et alors il me dit non mais vous croyez quoi ? J'achète un rouleau de soie pas un palais donc vous allez …»
« Oh Cristo !» grogna Federico.
Les chaises glissèrent à nouveau de l'autre côté cette fois, en file indienne. Ils échouèrent sur le lit.
« C'est la première fois que je me retrouve au lit avec deux hommes.» commenta Rosa.
Ils sortirent pour retrouver leur chaise et tenter de revenir à leur place d'origine. Ce qui n'allait pas se faire simplement. Ben non. Le bateau tangua encore, déséquilibrant notre trio qui cette fois tomba cul par-dessus tête. Rosa atterrit d'ailleurs sur Federico.
« Scusate mi.» dit-elle, les joues roses.
« Y'a pas de mal. Bon il nous le sert ce thé qu'on en finisse ?» répondit le brun en se relevant.
Nouveau tangage, on repart dans l'autre sens s'il vous plaît. Federico et Rosa roulèrent l'un sur l'autre, avant qu'Ezio ne les percute.
« Ben voilà on est quittes.» lança Federico, au-dessus de Rosa.
« Si.» dit-elle en détournant le regard.
« Aaah voilà les chaises !» s'exclama Ezio.
« OUCH !»
Chacun s'extirpa du tas de bois, avant de parvenir à se rasseoir, pile à l'emplacement où ils se trouvaient avant tout ce cirque.
« Oh quel idiota ! J'ai oublié les biscuits, je retourne les chercher.» fit Bruno.
« NON !» s'écrièrent les trois visiteurs.
« Vous êtes sûrs ?» demanda Bruno.
« Certains. Le thé suffira amplement.» répondit Ezio en arrangeant une mèche.
« Si vous le dites. Voilà.»
Bruno distribua ses trois tasses, au grand soulagement de ses invités. Rosa lui posa ensuite les questions sur ce qui les préoccupaient. Elle obtint le nom de quelques partisans à leur cause. La jeune femme mit ensuite un terme à la visite avant que Bruno ne desserve. Pas la peine de partir pour un nouveau rodéo. Le trio quitta rapidement le bateau. Ils rentrèrent au repaire, non sans se sentir encore un peu secoués. Rosa rapporta ce qu'elle avait apprit à Antonio, pendant que Julia expliquait aux garçons ce qui les attendait.
« Bene, on va donc se partager le secteur.» dit Ezio.
« Très bien, moi j'irais par là, Ezio ici et Julia là. On se retrouve ici dès qu'on a terminé notre tâche.» ajouta Federico en montrant une carte de la cité.
« Ah là là ! Vous avez grandi tellement vite tous les deux, snif !» commenta Julia.
Ezio alla informer Antonio qu'ils passeraient à l'action le soir même.
« Tout va bien ?» demanda-t-il en remarquant l'air songeur de son hôte.
« Hmm si, je me demandais juste ...» répondit Antonio en lissant sa moustache.
« Quoi donc ?»
« Eh bien je crois que Rosa a un faible pour ton grand-frère.»
« Ah bon ?»
« Oui, j'ai surpris plusieurs regards en coin de sa part.»
Ezio ne put empêcher un sourire ravi de naître sur ses lèvres. Cela signifiait qu'il avait une superbe occasion de taquiner Federico. Antonio le regarda, les yeux en billes. Enfin, tant que cela n'affectait pas leur mission. Les Assassins quittèrent sa tanière la nuit venue. Ezio se rapprocha de son aîné.
« Dis donc Rico, tu as l'air plutôt proche de Rosa à ce que j'ai pu constater.» lança-t-il.
« Qui moi ?» s'étonna le brun.
« Non le doge. Vous avez passé l'après-midi à bavarder. Vous allez plutôt bien ensemble.» reprit Ezio.
Julia lui retourna un regard oblique.
« Oh là oh là, je t'arrête tout de suite. Ce n'est pas parce qu'on bavarde avec une fille qu'elle va finir dans notre lit.» répliqua Federico.
Ezio eut alors un éclat de rire sonore, qui risquait d'attirer l'attention des gardes postés sur les toits.
« Et c'est toi qui dit ça ? Monsieur le coureur de jupons de Florence.» ironisa Ezio.
« Il n'y a rien entre moi et Rosa, capito ? Du reste t'es mal placé pour me donner des leçons.» rétorqua l'aîné Auditore.
« Vous allez la boucler dites ? Vous allez nous faire repérer !» intervint Julia.
« Perdono.» répondirent-ils.
« Mettez-vous au travail maintenant. En silence.» reprit la brune.
Elle remit sa capuche puis bondit vers un autre toit.
« Allez vite, Rosa doit t'attendre.» reprit Ezio.
« Fiche-moi le camp d'ici avant que je ne t'étrangle.»
Les Assassins rejoignirent Julia, qui venait de repérer leur cible.
Non lo so = je ne sais pas
capito = compris
