Ou quand on se fait percer jour par ses frères. Pas toujours facile d'admettre ses sentiments.
Bonne lecture ^^.
Ayant terminé une mission confiée par Antonio, et n'ayant pas de nouvelles des Templiers nos trois Assassins décidèrent d'une petite visite à Monteriggioni. Le trio arriva dans le petit village en fin de soirée.
« On dirait que les rénovations avancent bien, il y a déjà plus de monde.» constata Ezio.
Sur le chemin, les deux frères eurent d'ailleurs droit au regard intéressé des demoiselles présentes. Ils leur répondirent par habitude avec un petit sourire. Le trio gravit ensuite les marches menant à la villa, qui elle aussi reprenait du poil de la brique. À l'intérieur, Ezio appela sa famille. Claudia parut en haut de l'escalier.
« Ezio, Federico, Julia ! Quelle bonne surprise.»
Claudia vint saluer ses frères et la jeune femme. Maria arriva peu de temps après suivi de son époux. Federico leur fit un compte-rendu de leur activité à Venise, tandis qu'Ezio allait épingler les pages de codex dans le bureau. Mario se trouvait pour sa part en extérieur avec ses mercenaires. Les Assassins se rendirent dans leur chambre afin de se changer. Dans la sienne, Federico retrouva Hermès, couché sur son lit. Le chat se releva et vint frotter sa tête contre la joue du brun. Le jeune homme le câlina un instant, avant d'ôter sa tenue d'Assassin. Ceci fait, il se rendit dans le salon, Hermès sur ses talons.
« Tiens salut Federico !»
« Petruccio ! Comment vas-tu p'tit frère ?» lança gaiement l'aîné.
Il vint s'asseoir à côté de l'adolescent sur le canapé. Petruccio referma le livre qu'il tenait après y avoir glissé un marque-page. Hermès grimpa sur les genoux de son maître.
« Il ne t'as pas oublié à ce que je vois.» constata Petruccio.
« No… aïe les griffes. Quoi de neuf sinon ?»
« Eh bien, étant donné que ma santé s'est pas mal améliorée père a commencé à m'apprendre le maniement de l'épée.»
« Ah ? Aurait-il décidé de te former à devenir un Assassin ?» questionna Federico, les doigts dans la fourrure d'Hermès.
« Peut-être. Il hésite encore. D'ailleurs … c'est comment ?» demanda le jeune.
« D'être un Assassin ? Dangereux déjà. En dehors de tous les combats, on découvre de nouveaux lieux, on se fait des amis, on aide les gens à mieux vivre. D'un côté c'est intéressant.»
« J'avoue que ça me plairait beaucoup de visiter d'autres villes.» confia Petruccio.
Ezio fit son entrée à cet instant et vint s'asseoir en face de ses frères. Il apprit que le petit dernier s'entraînait à l'épée.
« Faudrait aussi qu'on lui apprenne à grimper, t'en penses quoi Rico ?» lança Ezio.
« Bonne idée tiens. Jusqu'à présent on n'a pas pu à cause de sa santé, mais maintenant ça doit être possible.» répondit l'aîné.
« Désolé, mais c'est un peu tard. J'ai eu quelques cours avec Julia du temps où je sortais en cachette.» annonça Petruccio.
« Voyez-vous ça. On pourrait faire une course dans ce cas.» reprit Ezio.
« Avec plaisir. Mais j'y pense, Julia n'est pas avec vous ?» demanda Petruccio en se levant.
« Si, on est arrivés ensemble.» dit Federico.
Les trois garçons sortirent puis descendirent au village. Là, ils se hissèrent sur le premier toit venu. Federico détermina la ligne d'arrivée, la boutique d'un tailleur. Ceci fait, ils se mirent en position. Ce fut l'aîné qui donna le signa du départ. Les villageois virent ainsi passer trois fusées sur les toits. Les frères se narguèrent quand l'un passait devant les autres. Finalement, ce fut Ezio qui arriva en premier, suivi de Federico et Petruccio en dernier.
« Eh ben ! Z'êtes drôlement rapides !» commenta-t-il essoufflé.
« L'expérience y'a que ça de vrai.» répondit Ezio.
« Mouais, ça vous rends pas plus intelligents pour autant !» lança une voix en bas.
Les garçons se penchèrent pour découvrir Julia en compagnie de Claudia.
« Elle est ravissante.» pensa Federico.
Petruccio salua gaiement Julia, puis descendit de son perchoir. Ses aînés en firent autant.
« Encore des robes ? T'en as pas encore assez Claudia ?» lança Ezio en remarquant leurs achats.
« Pas plus que tu n'as assez de cervelle.» rétorqua la jeune femme.
« Ah oui ? Moi j'ai pas besoin de fanfreluches pour ressembler à quelque chose.»
« Commencez pas tous les deux.» tempéra Federico.
Ils raccompagnèrent les filles jusqu'à la villa. Claudia alla ranger ses nouvelles robes pendant que Julia se rendait au salon avec les garçons. Les garçons s'installèrent sur le divan pendant que la demoiselle prenait place sur un fauteuil. Julia attrapa une pomme qu'elle fit sauter un instant dans sa main, avant qu'Hermès ne décide d'y flanquer un bon coup de patte. Le fruit chuta et roula aux pieds de Federico.
« L'a pas changé cet animal.» constata Julia en le retenant.
Elle se pencha en même temps que Federico pour ramasser sa pomme. Leurs mains se touchèrent.
« Euh … pardon.» rougit-il.
« C'est rien. Par contre si tu pouvais tenir ton fauve.» répondit Julia en lui tendant Hermès.
La réaction de leur grand-frère n'échappa pas à Ezio ni à Petruccio. Ezio lança un regard à son petit-frère, qui haussa rapidement les sourcils avec un sourire. Voilà qui devenait intéressant.
« Ce doit être pour ça qu'il ne s'intéresse pas à Rosa. Son cœur a l'air d'être pris.» pensa Ezio.
Pour lui en revanche, l'enjeu restait le même. Et son petit doigt lui disait que Petruccio serait ravi de taquiner son aîné également. Aussi quand Federico se rendit sur la terrasse avec son chat dans les bras quelques minutes plus tard, Ezio se rapprocha du petit dernier.
« Dis donc, t'as bien vu ce que j'ai vu tout à l'heure, no ?» chuchota-t-il.
« Oh si. T'aurais pas oublié de me dire un petit quelque chose ?» répondit Petruccio.
« Mais j'en savais rien. Juste qu'une de nos amies à Venise a un faible pour lui, sauf qu'il a dit qu'elle ne l'intéressait pas. Maintenant, je sais pourquoi.»
« Beeeene. Voilà qui devrait nous fournir une intéressante distraction.» sourit Petruccio.
« Credo di si.»
Federico posa Hermès sur la rambarde de la terrasse. Il remarqua Julia qui passait en bas. De nouveau il sentit son rythme cardiaque changer. Cela devenait récurrent tout de même, sans doute devait-il se pencher plus avant sur la raison de ce phénomène. Ses réflexions furent interrompues par sa mère qui annonça le déjeuner. Toute la famille Auditore plus Julia se retrouva donc autour de la grande table dans la salle à manger. Federico se tendit quand il découvrit que la brunette s'asseyait en face de lui. Les domestiques servirent les plats. À l'autre bout de la table, Giovanni et Mario discutaient des travaux dans la petite ville. Les trois frères papotaient ensemble, les femmes également.
« Quelqu'un peut-il me passer le sel s'il vous plaît ?» demanda Maria.
Federico tendit la main vers la salière en même temps que Julia. Il la retira sitôt que ses doigts entrèrent en contact avec les siens. Petruccio darda un regard amusé vers Ezio.
« Ça va Rico ?» dit l'adolescent.
« Si perché ?»
« T'es tout rouge.»
« Moi ? Euuuuh … j'ai … juste un peu chaud. Voilà.» répondit Federico embarrassé.
« Si tu le dis.» lança Ezio.
Maria obtint sa salière, non sans observer son aîné un instant. Un peu chaud qu'il disait. Le reste du déjeuner se déroula sans autre incident notable. Chacun s'en retourna vaquer à ses occupations. Petruccio décida d'aller bouquiner dehors. Federico le suivit et s'allongea sur un banc en pierre. Hermès vint s'allonger sur son ventre. L'air était doux, la température agréable. Le jeune homme sentit ses paupières s'alourdirent. Le sommeil cueillit doucement l'aîné Auditore.
« Mmh.»
Federico se tourna sur son banc, se retrouvant à plat ventre une main touchant l'herbe.
« Julia … mmmh Julia.»
Petruccio leva les yeux de son livre, puis tourna la tête vers son frère.
« Mon ange … ma petite fleur ...»
Le tout assorti d'un sourire.
« Mohéhéhé.» fit Petruccio avec un air satanique.
Alors là il le tenait. Il était évident que son aîné nourrissait des sentiments pour leur amie Assassine. Il reprit sa lecture sans se départir de son sourire. Federico dormit encore une bonne vingtaine de minutes. Il s'étira ensuite puis se mit en position assise.
« T'as bien dormi Rico ?» lança l'adolescent.
« À peu près, m'enfin ce banc me fait un peu mal au dos.»
« J'imagine. Bene je dois te laisser on m'attends.» lança Petruccio en se levant.
Federico l'accompagna néanmoins à l'intérieur. Il remarqua que son petit-frère arrangeait ses vêtements et sa coiffure. Un sourire sarcastique étira ses lèvres.
« Tu te pomponnes ? Serait-ce donc une demoiselle qui t'attends ?»
« Ça y est, il a mordu à l'hameçon. Si effettivamente.»
« Ooooh mais dis donc t'es un précoce. Attends non, en fait j'ai commencé à ton âge moi aussi.» répondit Federico.
« T'as commencé quoi ?» demanda Ezio en arrivant.
« À courir les filles. Il semblerait que notre cher petit-frère aie un rendez-vous … galant.» révéla Federico en l'ébouriffant.
Ezio s'apprêta à rentrer dans le jeu, quand il surprit un sourire moqueur de la part de Petruccio. Il se ravisa et attendit la suite.
« Et toi Rico ? J'ai l'impression que tu ne cours plus autant le jupon qu'avant. Qu'est-ce qui se passe, tu perds la main ou bien c'est l'âge qui se fait sentir ?» rétorqua Petruccio.
« Ouch !» commenta Ezio, étonné mais amusé.
Federico retourna un regard stupéfait à l'adolescent.
« En quoi ça te regarde, bambino ?»
« C'est que tu es assez populaire auprès des dames. Alors c'est bizarre que tu t'assagisses. À moins que ...» continua Petruccio, mielleux.
« Que quoi ?» questionna Federico, suspicieux.
« Eh bien, à moins que l'une d'elles aie réussi le tour de force de voler ton cœur.» reprit Petruccio en joignant les mains à la hauteur de son menton.
Federico sentit son visage changer de couleur. Ezio ne put s'empêcher de pouffer de rire. Visiblement le plus jeune l'avait piégé. Si ça se trouve, il avait complètement inventé cette histoire de rendez-vous.
« Qu'est-ce que tu racontes ? Pas du tout !»
L'expression moqueuse de Petruccio s'agrandit, et Ezio vit venir l'apothéose.
« Ah non ? Tu savais que tu parlais dans ton sommeil ?»
Dois-je préciser que Federico commença à baliser ? Ezio pour sa part, attendit le coup de grâce de Petruccio, non sans impatience.
« Je vois que tu es incrédule. Mais peut-être que ceci va te rafraîchir la mémoire : Julia, mmmh Julia, mon ange, ma petite fleur. Wooooh bisou bisouuu !» lança Petruccio, enroulant ses bras autour de lui à la fin de sa phrase.
Ezio éclata franchement de rire cette fois. Petruccio avait rajouté la dernière partie. Son aîné était cramoisi. Il avait bien sûr reconnu les mots de son rêve. Et si jamais Petruccio venait à répéter tout ça, ou Ezio ? Jamais il n'oserait regarder la jeune femme en face.
« Ah ben quand on parle d'il lupo … Julia j'arrive tout de suite très chère !» s'exclama Petruccio.
La brune venait en effet de paraître à l'autre bout du couloir. Federico se retourna, et afficha une mine mi-surprise mi-inquiète. Julia avec Petruccio ? Non impossible.
« Bon ben vous m'excuserez mais mon rendez-vous est là.» reprit l'adolescent.
« Comment ça ton rendez-vous ?!» s'exclama Federico ahuri.
« Si, tu sais j'en ai parlé au début. Je préfère les filles matures. Et Julia ben … elle aime les hommes avec une cervelle et de l'esprit. Ciao !»
Petruccio se sauva sans laisser le temps à son fraternel de réagir. Il prit Julia par le bras, lui fit un compliment bien fort avant de cueillir une fleur et de la lui tendre. Federico sentit sa mâchoire se décrocher, en même temps qu'un sentiment jusque-là absent des relations avec ses frères lui mordit le cœur : la jalousie.
« Ouarf, comment il t'as bien eu sur ce coup-là !» lança Ezio hilare.
Lui en revanche, se doutait que toute cette scène n'était que dans le but de charrier leur aîné, en bon petit frère qu'il était. Pour autant qu'il sache, Petruccio voyait Julia comme une grande sœur.
« Tu m'expliques à quoi tu joues s'il te plaît ?» demanda Julia, dehors.
« Je joue à j'embête-mon-grand-frère. Ça lui fera les pieds un peu. Je te parie d'ailleurs qu'il va nous suivre dans notre petit coin.» répondit Petruccio.
Du reste, il n'eut pas tort. Federico sortit un rien après le couple, pour les voir quitter la villa. Il les regarda s'éloigner songeur. Une foultitude de questions se bousculaient dans son esprit. Mais l'Assassin refusa de s'y perdre. Non, il devait savoir tout en refusant de s'interroger sur ce besoin. Federico posa le pied sur la première marche d'un escalier.
« Rico où est-ce que tu vas ?» demanda Ezio en le rattrapant.
« Voir où ils vont.»
« Cosa ? Mais pourquoi tu veux savoir ça ? Me dis pas que t'es jaloux quand même.»
« Bien sûr que non. En revanche je suis curieux : t'as jamais eu envie de savoir où il allait se promener ?» répondit Federico.
« Si ma ...»
« Et puis c'est notre devoir de grands-frères de veiller sur lui. Imagine s'ils tombent sur des gardes.»
Ezio le regarda les yeux en billes. Mais bien sûr. Et le p'tit Assassin il mets la pomme d'Eden dans le papier d'alu. Ezio le rejoignit, davantage pour éviter une gaffe de la part de son aîné que par réelle curiosité. Et qui sait, ce serait sans doute l'occasion de lui faire prendre conscience de ses sentiments. Tous deux pressèrent le pas afin de ne pas les perdre de vue. Ils atteignirent bientôt un petit étang entouré d'arbres, de buissons et de roseaux.
« Diamine, je crois qu'on les a perdus.» lança Federico.
« Si tu parles de tes oignons en effet.» lança une voix sur leur gauche.
Petruccio se tenait là bras croisés, Julia juste derrière.
« Peut-on savoir ce qui vous amène ?» interrogea l'ado.
« Nous … nous nous … euh nous étions euh ...» bafouilla Federico.
« Moi je suis venu voir comment il allait se sortir de ce pétrin.» informa Ezio en montrant son aîné du pouce.
« Ezio ! Non mi poteva aiutare, invece ?» riposta Federico.
« Ma naturalmente, fratello mio. Mais t'aider pour quoi au juste ?»
Federico se demanda si bousiller ses frères serait alors un fratricide ou de l'instinct de survie.
« Peu importe. Nous sommes venus là pour être tranquilles, pas pour qu'on fourre son nez dans nos affaires. Donc … psshhht !» intervint Petruccio, avec un geste de la main pour les chasser.
Federico serra les dents.
« Très bien je m'en vais !»
Il leur tourna le dos et s'en alla d'un pas rageur. Ezio le regarda partir un instant.
« Juste : j'avoue que c'était bien joué Petruccio. N'en fais pas trop quand même.»
« Hé ho il n'avait qu'à pas nous suivre !» protesta le jeune.
Ezio roula des yeux, amusé, puis partit en petites foulées rejoindre son cher grand-frère. Il trouva ce dernier en train de faire les cents pas dans sa chambre. Federico s'était enfermé avec Hermès qui l'observait, tranquillement assis sur une commode. Ezio frappa au carreau de sa porte-fenêtre. Federico le regarda, puis soupira et vint l'ouvrir.
« Oui quoi ?»
« Je viens pour comprendre ce qui se passe.»
« Il ne se passe rien, si ce n'est que mon petit frère s'est permis de me prendre de haut.»
Ezio entra et referma.
« Je n'ai pas vu ça comme ça, personnellement.» commença-t-il.
« Dans ce cas il te faut des lunettes. D'abord ces remarques idiotes sur mon âge, et après monsieur se permets de me dire où je dois me trouver.» continua Federico.
« Allons Rico, ne soit pas de mauvaise foi. C'est toi qui a voulu le suivre. Vouloir espionner son frère tu trouves que c'est correct ça ? Et pour le reste, il te charriait juste, comme ça nous arrive parfois. Mais rien de grave. Et je t'avoue que je ne comprends pas pourquoi tu t'énerves de la sorte, ce n'est pas la première fois que Petruccio se balade avec Julia.» rectifia Ezio.
« Je … je ne sais pas moi non plus. Je ne comprends pas, je ne suis pas comme ça d'habitude.» admit Federico en se laissant tomber sur son lit.
Ezio soupira avec un sourire. Son frère ne savait pas ou ne voulait pas savoir ce qui le poussait à agir si étrangement.
« Réflexion faite je crois que j'en ai une petite idée.»
« Ah oui ?»
« Hm hm. Federico mon grand, je crois que tu es amoureux.»
L'intéressé arrondit les yeux. Lui amoureux ? Non. Il flirtait avec les filles, les séduisait puis passait à une autre. Tout comme son frère il courait plusieurs lièvres à la fois.
« M … moi ?»
« Si, voi. Seulement tu n'en as pas vraiment conscience. Alors laisse-moi te donner un conseil : la prochaine fois que tu seras en la présence de Julia, analyse bien tes émotions. Regarde si ton cœur bats plus fort, si tu te sens nerveux, timide, si ton souffle se raccourcit, si tu te sens rougir. Imagine-la ne serait-ce qu'un instant dans les bras d'un autre. Si cette idée t'es insupportable, et que tu ressens tous les autres symptômes, c'est que tu es amoureux.» exposa Ezio.
Federico baissa les yeux. Cela expliquerait les étranges sensations qui le traversait depuis quelque temps. Pourquoi elle lui avait tant manqué, pourquoi il n'avait cessé de penser à elle, qu'il rêvait d'elle. Ce serait ça, la raison ?
« Je vais te laisser y réfléchir.» reprit Ezio en lui tapant sur l'épaule.
Il se leva et sortit par la fenêtre, laissant un Federico perdu dans ses pensées. Les paroles d'Ezio résonnaient dans sa tête, tout comme ce qu'il ressentait lorsqu'il songeait à Julia. Tout se mélangeait, se mêlait et s'emmêlait.
« Raaaah assez !»
Il retomba les bras en croix. Ce sentiment somme toute nouveau pour ce coureur de jupons le mettait dans tous ses états. Des états qu'il ne savait comment gérer. Hermès quitta sa commode pour venir se positionner à la droite de son maître.
« Mew ?»
« Mon p'tit Hermès tu ne connais pas ta chance. Toi tu n'as pas à torturer l'esprit quand une femelle te plaît.» dit Federico.
« Maoh.»
Federico soupira. Était-il vraiment amoureux ? Et si oui, que devait-il faire ? Courtiser Julia, alors qu'il se sentait étrange en sa présence ?
« Et … si elle me rejette ? En admettant que je l'aime bien sûr. Si jamais … elle ne me voit que comme un frère ou juste un ami ?»
Ugh, son cœur était bien douloureux tout d'un coup. Que c'était compliqué tout ça. Le voilà dans de beaux draps tiens. Federico resta comme prostré pendant les heures qui suivirent, remuant toute cette histoire. Il ne daigna se relever qu'au moment du dîner.
« Tiens te voilà Federico. Tu as l'air fatigué, est-ce que tout va bien ?»
Oh nan ! Pourquoi fallait-il que la première personne qu'il croise soit justement celle qui le hantait ? Federico resta planté comme une tige dans l'escalier, la bouche entrouverte, fixant Julia avec ce qui devait être un air perdu.
« Federico, tout va bien ?» reprit Julia, inquiète cette fois.
« Aaaah nooon, ne me regarde pas avec cette bouille adorable s'il te plaît !»
La jeune femme pivota … et commença à gravir les escaliers.
« Non ! Non ne m'approche pas, reste où tu es !»
Mais la brune se retrouva face à lui, une marche les séparant tout juste. Étant plus grand qu'elle, Federico dut lutter pour ne pas loucher vers son décolleté. Et cette proximité bon dieu … de son côté, Julia s'empêcha de porter une main sur cette peau juste devant son nez, sur ces pectoraux qui saillaient. Puis … son odeur … mmmh un régal. C'est qu'il avait pas mal gagné en charme, le sieur Auditore. Bon, faudrait peut-être voir à s'éloigner.
« Je vais bien. Je t'assure.» parvint à dire Federico.
Il reconnut cet éclat dans ses yeux indiquant qu'elle n'était pas dupe, et cherchait à percer les pensées de son interlocuteur. Il serra les dents, sentant ses mains brûler de se poser autour de la taille fine pour la rapprocher encore plus de lui.
« Bon … si tu le dis.»
Julia lui tourna le dos et redescendit. Federico soupira, la tension s'évacuant. Son cœur et sa respiration redevinrent normaux. Les doutes concernant ce qu'il ressentait à son égard s'envolaient. Le jeune homme acheva de descendre, se sentant malgré tout encore un peu tendu. Il s'assit en ayant l'impression que tous les regards étaient braqués sur lui. Cette fois heureusement, Julia n'était pas en face de lui, mais plutôt éloignée. Ce qui l'arrangea. Il allait tranquillement pouvoir se remettre de ses émotions. En face, Ezio lui adressa un regard interrogateur. Federico lui mima un ça va assorti d'un petit sourire. Ça va, pour le moment. Au secours.
Credo di si = je crois aussi
Si effettivamente = oui effectivement
Non mi poteva aiutare, invece = tu ne pourrais pas m'aider plutôt
Ma naturalmente, fratello mio = mais bien sûr mon frère
Voi = toi
