À chacun son tour de tester la balançoire cervicale ... cependant, cela peut servir certains projet.


Notre trio était de retour à Venise. Il retrouva Antonio à son repaire. Le chef des voleurs n'avait toujours aucune nouvelle des Templiers. Par contre, il aurait de nouvelles missions à leur confier pour saper leurs forces.

« Tiens salute Federico. Tu es revenu depuis longtemps ?» lança Rosa.

« Salute Rosa. Non nous venons d'arriver.» répondit le brun.

La brune s'appuya sur la table assez près de lui. Un peu plus tôt, Ezio l'avait informé de ce que la jeune femme ressentait pour lui. Federico s'écarta un peu. Il répondit courtoisement à la demoiselle, ignora sa tentative lorsqu'elle croisa les bras, rapprochant ainsi ses formes. Afin de mieux faire passer le message, Federico se rapprocha d'Antonio qui exposait sa nouvelle tâche. Le chef des voleurs souhaitait en effet que les Assassins se chargent de quelques officiers trop pointilleux qui s'acharnaient sur les commerçants résistant à Emilio Barbarigo. Les Assassins acceptèrent la mission.

Ils quittèrent le repaire afin de se chercher un logement. Le trio dénicha une auberge à une centaine de mètres de chez Antonio. Federico se chargea se régler les chambres, malgré les protestations de ses camarades.

« L'aubergiste a une tête qui ne me plaît pas.» lança Julia.

« À moi non plus. Mais il ne faut pas juger quelqu'un sur son apparence, tu sais.» lança Ezio.

« Seulement lui, son regard non plus n'est pas franc.»

Chacun prit possession de ses nouveaux quartiers. Le coin n'était pas très reluisant, surtout quand comme les garçons on était habitué au bien propre et bien brillant. Enfin, c'était temporaire nos héros veillant à ne jamais rester trop longtemps au même endroit. Ceci fait, ils ressortirent pour débuter leur mission. Antonio leur avait recommandé de commencer par le marché. Une fois sur place, ils se séparèrent. Ezio repéra une première victime près de l'eau. Parfait. L'Assassin s'approcha par-derrière. Sortant un poignard, il le planta dans le flanc de son adversaire puis le bouscula afin qu'il chute dans l'eau. Avec les cris des commerçants la manœuvre passa inaperçue. Federico de son côté en suivait un autre qui lui quittait le marché.

Il le fila durant un moment. Le sbire de Barbarigo arriva devant un tailleur, à qui il commença à administrer des remontrances. Federico le regarda gesticuler un instant, avant de grimper sur une pile de caisses. Il passa sur une enseigne puis une grille et gagna un espace de verdure. Le percepteur quitta le tailleur et continua sa route. Federico le suivit un moment, le dépassa et redescendit. Il se coula contre le mur, puis jeta un œil pour vérifier où en était sa proie. Ce dernier marchait l'air hautain. L'aîné Auditore attendit qu'il se porte à sa hauteur, avant de lui plaquer une main sur la bouche et de le tirer dans la rue déserte. Il lui planta ensuite sa lame secrète, et installa le corps derrière des caisses en bois.

Un troisième homme allait périr de la main d'un Assassin. Julia suivait elle aussi sa cible depuis les toits. Lorsqu'il s'aventura dans un endroit désert, la jeune femme sauta et s'abattit sur lui. Restait encore trois cibles. Elle remonta presque aussi vite qu'elle était descendue. Arrivée en haut, elle attrapa un garde tout en lui plantant sa lame secrète. Ceci fait, elle reprit sa route. Un peu plus loin elle aperçut la silhouette d'Ezio, accroupi sur le bord d'un toit. Julia hâta un peu le pas puis le rejoignit.

« Tiens tu tombes bien, j'en ai deux là.» dit-il.

Julia posa un genou sur les tuiles pour observer les cibles. Tous deux se levèrent ensuite pour les suivre. Trois minutes plus tard, les Assassins tombaient sur les percepteurs. Malheureusement, une troupe de gardes arriva à cet instant précis, les surprenant en flagrant délit.

« Merda.» souffla Ezio.

Les Assassins décampèrent, les soldats à leurs trousses. Vite, ils saisirent des poutres en bois puis se hissèrent. Las, sur les toits se trouvaient aussi des ennemis. C'est donc poursuivis par eux que Federico les vit passer. Le jeune homme s'élança aussitôt à leur secours. Ezio évita un coup de lance, sauta sur son adversaire et le tua. Julia ramassa une épée en plus de la sienne pour lutter contre son opposant. Elle fut prompte à bloquer un coup puis à transpercer le malheureux. Elle tourna ensuite ses épées, les passa sous ses bras et en tua deux autres. Ezio et elle continuèrent leur fuite.

Une flèche vint siffler à leurs oreilles. Devant, une rangée d'archers alignait leur tir. Les jeunes gens pilèrent. Ezio se retourna : il en venait encore. Julia jeta un œil en bas. Elle se jeta ensuite sur Ezio qu'elle entraîna avec elle, hors du toit. Ils chutèrent droit dans l'eau. Les archers s'approchèrent du bord puis tirèrent un déluge. Federico arriva derrière puis fit sauter la tête d'un premier soldat, poignarda ensuite un second homme à côté. Opérant une rotation il brisa l'arc d'un troisième qu'il empala. Deux autres eurent droit à un couteau chacun, pendant que le dernier se voyait offrir un saut mortel. Il se pencha ensuite pour voir où en était son petit frère et l'élue de son cœur. Il les découvrit remonter à la surface, mais nageant avec difficulté.

Federico se hâta de redescendre, puis les rejoignit afin de les aider à regagner la terre ferme. Il tira Ezio de l'eau en premier, puis tous deux hissèrent Julia.

« Fouaf ! La prochaine fois Julia, préviens-moi avant de piquer une tête.» lança Ezio en se relevant.

« Désolée, mais je préfère les surprises.» répondit la brunette en se levant.

Elle essora ses cheveux. Federico remarqua en cet instant un des avantages de l'eau : ça colle les vêtements.

« Je vais hurler, je crois.»

Il détourna aussitôt la tête, les joues rouges. Ezio suggéra fort à propos de rentrer se changer avant qu'ils n'attrapent du mal. De toute manière, son aîné avait tué la dernière cible juste au moment où les deux autres se faisaient surprendre. Le trio prit donc le chemin de leur auberge, arrachant les avis placardés aux murs et soudoyant les moines. Julia annonça prendre un bain.

« Elle veut ma mort, c'est pas possible autrement.» songea Federico.

Enfin. Le séduisant Florentin s'allongea sur son lit, tentant de ne pas imaginer sa consœur se prélassant dans son bain. Les gouttelettes parcourant sa peau si toute nue.

Bon ben c'est pas gagné. Federico décida d'aller se changer les idées avec son frère.


Il se trouva qu'Ezio avait eu la même idée, aussi se retrouvèrent-ils dans le couloir. Mais avant qu'ils ne puissent proférer un mot, de la paille tomba entre eux.

« ?»

Levant la tête dans un bel ensemble, ils réalisèrent que quelqu'un se déplaçait dans le plafond, fait de poutres en bois et de paille. Et que ce quelqu'un … se dirigeait vers une pièce en particulier. La chambre de Julia par exemple.

« Oh le petit (censuré) !» fit Federico entre ses dents.

Il s'agrippa à un pilier, puis se faufila dans les combles. Il découvrit l'aubergiste qui écartait doucement la paille. Federico lui tapa sur l'épaule. Il lui fit ensuite signe de la tête de débarrasser le plafond en vitesse. Le brun se chargerait de lui apprendre les bonnes manières dans un endroit plus propice. Cependant, il calcula mal son demi-tour.

« Aaaaah !»

CRASH !

Julia sursauta en le découvrant tombant ainsi du ciel.

« Federico ?!» dit-elle en cachant sa poitrine avec ses bras.

« Je suis pas là pour ce que tu crois ! J'étais … j'étais monté chasser le cafard !» s'empressa de raconter le jeune homme.

La paille bougeant encore au-dessus convainquit la jeune femme du bien-fondé de ses intentions. Federico se releva, et lui tourna le dos. Julia attrapa un drap qu'elle enroula autour d'elle. Soudain, des coups et des cris de douleur résonnèrent de l'autre côté de sa porte.

« Qu'y a-t-il encore ?» demanda-t-elle.

« Ça c'est Ezio. Il doit être en train de corriger notre cafard dans le culoir. Le couloir !»

Federico se mordit la lèvre suite à son lapsus.

« Tu peux te retourner, je suis décente.» informa Julia.

Il se retourna lentement. Mouais, exceptée ses épaules nues elle était effectivement décente.

« Tu as un cafard sur ton épaule.»

Federico sursauta et balaya l'insecte. Il sentit également que cela grouillait dans son dos. Il ôta rapidement son pourpoint.

« J'en ai ?» demanda-t-il.

« Quelques uns oui, ne bouge pas.»

Julia ôta les bestioles qu'elle jeta par la fenêtre. Federico se tourna vers elle et la remercia.

« Non merci à toi.»

La jeune femme passa la main autour de son cou, saisit sa nuque et le rapprocha d'elle pour lui faire un bisou sur la joue. En cet instant, Federico jura que de la vapeur lui sortait par les oreilles. Il quitta la pièce avec un air béat.

« Ah te voilà, t'en as mis du temps.» fit remarquer Ezio.

« Oui maman.»

« Cosa ? Rico, ça va ?»

« Bene. Bene très molto.»

Ezio le regarda s'éloigner les poings sur les hanches. Il regarda vers la chambre de Julia, puis haussa les épaules et retourna dans la sienne. Une bonne heure plus tard, le trio était à nouveau réuni chez Antonio. Federico l'informa du bon déroulement de leur opération.

« Ça tombe bien, j'ai une autre tâche à vous confier.» informa Antonio.

« Encore ? Mais comment il faisait quand on n'était pas là ?» pensa le trio, d'un air blasé.

Cette fois-ci, il s'agissait d'éliminer un informateur. Selon le chef des voleurs ils pourraient le trouver dans le quartier du Dorsoduro. Il leur fallut donc se mettre à leur nouvelle mission. Le trio prenait l'habitude de tendre une embuscade à leur proie : l'un la rabattant vers les deux autres. Ce cas ne ferait pas exception. Ezio fut celui qui repéra la cible en question. Federico et Julia se positionnèrent plus loin pour l'abattre. L'informateur repéra Ezio non loin de lui, et comprit immédiatement à qui il avait affaire. Il prit la fuite, l'Assassin à ses trousses. Passant par les toits, Ezio veilla à rester dans son champ de vision, le devançant parfois afin de le réorienter.

Finalement, les deux autres virent arriver leur cible depuis les hauteurs de la ville. Ils s'élancèrent à sa poursuite, prêts à lui tomber dessus. La course les mena vers la place principale où … se trouvait une potence. Bien que ce ne soit pas la ville de Florence, la construction rappela un très mauvais souvenir à Federico. Il se revit debout sur l'estrade, la corde passée au cou et les mains liées. Il entendit le grondement de la foule impatiente de le voir mourir. L'angoisse lui compressa la poitrine. Le jeune homme tenta bien d'ignorer sa peur, de détourner le regard. En vain. Sa respiration se fit saccadée, son cœur tambourinait. L'Assassin fut contraint de s'arrêter.

« Federico ? Cosa sta succedendo ?» interrogea Julia.

Son ami s'assit dos à la scène, cherchant à se calmer. La jeune femme le rejoignit et posa un genou à terre.

« C'est rien … la cible il faut ...» répondit Federico.

« Il attendra, ta santé est plus importante. Dis-moi ce qui t'arrive.»

Federico se boucha les oreilles. Maudite foule … il avait même aperçu d'anciennes conquêtes qui ne semblaient pas mécontentes de le voir pendre au bout d'une corde. Le jeune homme entendit à nouveau Umberto qui prononçait la sentence. Julia lui passa une main dans le dos, désemparée. Quelle pouvait bien être la raison de ce malaise ? Regardant autour d'elle, son regard saphir tomba sur la potence. Mais c'est bien sûr.

« Tout va bien Federico. Tu es en sécurité ici, ça va aller, là.» dit-elle pour le rassurer.

Ce faisant elle passa un bras autour de ses épaules. Federico la serra contre lui, respirant l'odeur de la jeune femme. Il chercha à la rapprocher encore davantage, se raccrochant à la sécurité qu'elle lui inspirait. Julia finit à califourchon sur lui, Federico l'étreignant presque trop fort. En attendant, les bruits de la foule s'éloignait, l'angoisse refluait. Sa respiration se stabilisa.

« Je suis désolé. Je nous ai fais … louper notre cible.» dit-il, le visage au creux de son cou.

« Comme je te l'ai dis, il y a bien plus important. Nous avons tout notre temps pour le traquer. Un seul d'entre nous peut tout à fait s'en charger, ne t'inquiètes pas.» répondit-elle doucement.

Federico sourit, puis soupira. Il se sentait bien à présent, à l'abri et ne voulait plus bouger. Que les Templiers aillent donc se pendre tous autant qu'ils étaient. Au diable toute cette histoire ! Il voulait simplement rester là, son aimée tout contre lui et ne plus penser à rien. Mais soudain, la douce chaleur le quitta, l'étreinte fut rompue. Surprit et attristé, Federico rouvrit les yeux.

« Ah Ezio, tu tombes bien. Tu peux t'occuper de ton frère s'il te plaît ?» demanda Julia qui se relevait.

« Qu'est-ce qui se passe ?» s'inquiéta Ezio en accourant.

Pour toute réponse, Julia lui désigna la potence plus bas. Ezio comprit immédiatement, et hocha la tête. Julia les laissa là, partant à la poursuite de l'informateur. Aidé par son frère, Federico quitta l'endroit. Ezio lui demanda s'il souhaitait retourner au repaire. Son aîné acquiesça, encore remué. Dans l'antre des voleurs, le second Auditore annonça que leur amie chassait toujours leur cible.

« Ça n'a pas l'air d'aller mon grand.» constata Rosa en s'asseyant près de Federico.

« Si si. Tout va bien. Mais j'aurais bien besoin d'un petit remontant.» répondit-il, le visage dans une main.

« Tout de suite.»

Rosa alla chercher un petit verre d'alcool. Federico but d'un trait. Bon sang il n'aurait jamais cru que cette maudite vision l'affecterait encore. Il soupira. La bonne nouvelle, c'est qu'il avait pu tenir Julia dans ses bras. Carrément sur lui même. Il sentait encore l'odeur de sa peau sur ses mains. Cela amena un petit sourire sur son visage. Elle était partie à la poursuite de ce type … pourvu qu'elle s'en sorte. Ezio vint à son tour s'enquérir de l'état de son frère. Federico réclama un autre verre.


La nuit arriva. Julia n'était toujours pas revenue, ce qui inquiéta sérieusement Federico. Le brun commença à faire les cents pas dans le repaire.

« Calmare, fratello mio. Tu sais aussi bien que moi qu'une traque peut prendre du temps. Surtout que vous lui avez laissé pas mal d'avance.» rappela Ezio.

« Merci bien de me rappeler mon moment de faiblesse, fratellino.» répliqua Federico.

« Ce que je veux dire, c'est que c'est normal que Julia ne soit pas encore rentrée.» précisa Ezio.

Normal normal, il n'en était pas convaincu. Federico s'arrêta un moment, passa une main dans ses cheveux.

« En tout cas tu avais raison. J'ai .. j'ai vraiment des sentiments pour elle.» avoua-t-il.

« Bene. Manque plus qu'à la séduire dans ce cas.» sourit Ezio.

« Sauf que je me sens tout timide quand elle est là.»

« Dans ce cas, laisse-moi te répéter le conseil d'un grand homme : la plupart des hommes ont en fait peur de parler aux jolies filles. Celui qui le fait prends d'emblée l'avantage.» reprit Ezio index levé.

Federico pouffa de rire en reconnaissant ses propres paroles. Même si c'était vrai, c'était plus facile à dire qu'à faire. Toutefois Ezio avait raison : il devait essayer, il n'y a que comme ça qu'il saurait. C'était décidé, il courtiserait Julia. Dès qu'elle voudrait bien se décider à rentrer. Une heure de plus passa sans la moindre nouvelle. Ezio suggéra d'aller voir à l'auberge. Il préviendrait son frère s'il la voyait. Mais une demi-heure plus tard, il revint bredouille. L'inquiétude de Federico monta d'un cran : et si jamais elle était tombée sur des gardes, et qu'elle avait été blessée ? La brunette pouvait être en train d'agoniser dans un coin, être tombée à l'eau, capturée aussi.

« Ça suffit je pars à sa recherche.» déclara-t-il.

« Je te suis, on la retrouvera mieux à deux.»

Les Assassins quittèrent le repaire des voleurs. Ils arpentèrent la cité, fouillant dans ses moindres recoins. Ils durent se cacher à l'approche de gardes, être vigilants en cherchant sur les toits. Mais aucun ne trouva nulle trace de la jeune femme. Ils la savait habile à disparaître, et espéraient qu'elle soit simplement cachée quelque part. Les jeunes hommes cherchèrent toute la nuit, en vain. Le soleil commença à percer l'horizon. Federico éteignit sa lampe. Peut-être qu'elle allait se manifester à présent. Le jour se leva complètement. Ils revinrent au repaire, souhaitant l'y découvrir.

« Antonio tu n'aurais pas vu Julia ?» questionna Federico.

« Non, pas depuis qu'elle est partie avec vous.»

Federico reposa sa lampe, cette fois franchement mort d'inquiétude. Antonio leur servit à manger, mais l'aîné Auditore refusa la nourriture. Soudain, la porte s'ouvrit à la volée occasionnant un sursaut jusqu'au plafond des personnes présentes.

« Ugo ? Santa madonna mais tu as perdu la testa ?» sermonna Antonio.

« No, mais c'est Julia !»

« Qu'est-ce qu'elle a ?» s'alarma Federico.

« Elle a été capturée, ils la traînent en ce moment même sur la place publique !» annonça Ugo en montrant l'extérieur.

Le sang de Federico fit trois tours dans le mauvais sens. Il pâlit affreusement en comprenant ce que cela signifiait.

« Ils vont la pendre.» souffla-t-il.

Il y eut un instant de flottement, au bout duquel Federico se rua dehors accompagné de son frère. Ugo et Antonio leur emboîtèrent le pas. Le quatuor fonça vers la place où la foule commençait à s'amasser. Plusieurs exécutions étaient prévues ce matin-là. À la gauche d'une Julia franchement pas rassurée se tenaient quatre autres personnes. Un homme déclamaient les actes dont un premier individu était coupable. La foule gronda et approuva la sentence. En revoyant cette scène, Federico sentit son angoisse paraître à nouveau.

« Non ! Pas maintenant j'ai besoin de toute ma lucidité pour la secourir !» pensa-t-il.

La colère face à cette faiblesse pointa. Il devait lutter, se rapprocher de la jeune femme et la tirer de là. Déjà le premier condamné se balançait dans le vide. Le second suivit dans un court laps de temps.

« Mais poussez-vous buon dio !» rugit Ezio en écartant des gens.

Un troisième condamné quitta ce monde. Julia cherchait comment se sortir de ce pétrin. Son regard accrocha soudain celui de Federico. Ce dernier y lut de la peur, puis de la reconnaissance et de l'espoir. La brune regarda à sa gauche, quand la trappe sur l'avant-dernier condamné s'ouvrit. L'échafaud grinçait. Trop. Elle tourna la tête, et vit que certaines parties étaient prêtes à céder. Juste à côté, le bourreau s'approchait du levier actionnant la trappe juste à côté d'elle. La brune entendit Federico hurler son prénom. Le jeune homme contourna la foule pour parvenir jusqu'à elle. Si seulement Julia pouvait arriver à briser la potence … cela paraissait réalisable, tant elle était en mauvais état.

Federico prit une profonde inspiration. Il devait arriver jusqu'à elle, autrement elle … chassant cette pensée, il réalisa que les gardes tentaient de lui barrer la route. La lance d'un premier adversaire fila vers sa poitrine. Le jeune homme opéra un demi-tour, coinçant le manche sous les bras. Avec l'élan il cassa net l'arme. Il saisit ensuite ce qu'il en restait pour en planter la lame dans la gorge du garde. Ezio se baissa pour éviter une épée, et planta une lame dans le flanc de son opposant. Il risqua un œil vers la potence. Le bourreau approchait la main du levier. Federico sentit une sueur froide lui dévaler la colonne vertébrale. Un autre garde s'approcha de lui. Le brun esquiva, avant d'empoigner son adversaire et de le jeter de toutes ses forces contre un pilier. Le hasard voulut que son petit frère aie exactement la même idée.

Soudain, un fort craquement résonna dans toute la place. Le mauvais entretien de la potence fit qu'au moment où les gardes heurtèrent les piliers tout s'effondra : la poutre transversale supportant les corps, les piliers qui suivirent s'abattant bruyamment sur l'estrade, qui céda par endroits. Julia chuta. Federico se remit de sa stupeur puis se précipita vers elle. Il trancha ses liens, ôta la corde de son cou puis la soulevant dans ses bras il l'emporta avec lui. Trop étonnés par ce qui venait de se produire, les gardes restèrent immobiles. Ezio, Antonio et Ugo filèrent au repaire.

« Vous l'avez trouvée ?» demanda Rosa quand Ugo ouvrit la porte.

Federico entra, puis déposa la jeune femme. Encore sous le choc et ayant souffert de sa chute, elle grimaça.

« Juste à temps. En tout cas, tu as une sacrée chance, jeune fille.» commenta Antonio.

« Je ne vous le fais pas dire ! Mais j'ai surtout de bons amis.» répondit la concernée.

« Et maintenant ?» demanda Rosa.

« Julia ne peut plus rester à Venise. Je la ramène immédiatement à Monteriggioni.» répondit Federico, un bras autour de ses épaules.

Ezio fila à l'auberge récupérer les affaires de la brunette, tandis que Federico la conduisait au port après avoir salué les autres. Il remarqua l'air un peu triste de Rosa, et s'en étonna un court instant. Ezio fut de retour et déposa les bagages de la brune sur le bateau.

« Ce n'est peut-être pas le moment, mais et la cible ?» questionna-t-il.

« Loupée, sinon je ne me serais pas retrouvée avec un collier rustique.» répondit Julia.

« Dans ce cas je vais rester et m'en occuper.»

Federico aurait aimé s'en charger, mais il préférait raccompagner son amie et s'assurer qu'elle arrive à bon port, ainsi qu'elle aille bien. Le navire quitta Venise un instant après. Federico rejoignit Julia dans sa cabine.

« Comment te sens-tu ?» interrogea-t-il en s'asseyant à côté d'elle.

« Bien. Ce n'est pas la première fois que je frôle la mort, donc je devrais arriver à surmonter ça. En tout cas merci d'être venu à mon secours, Federico.»

« Quoi de plus normal ? En tout cas ça paie une partie de ma dette envers toi. Et … tu peux m'appeler Rico, tu sais.»

« Entendu, Rico.» sourit la brunette.

Celui-ci se sentit rougir en l'entendant l'appeler par son diminutif. Cela avait une autre sonorité dans sa bouche. Plus … chantante, plus délicate. En tout cas, ils l'avaient échappé belle. Federico frissonna en y repensant. Il était passé près de la perdre. Le jeune homme étouffa soudain un grand bâillement.
« Tu n'as pas dormi ou quoi ?» s'amusa Julia.

« Non. Je t'ai cherchée toute la nuit avec Ezio.» révéla Federico.

Ce fut au tour de Julia de rougir. Elle s'excusa de toute l'inquiétude qu'elle lui avait causé, et de l'avoir privé d'une nuit de sommeil.

« N'y pensons plus. Ce n'est rien qui ne puisse se rattraper aisément.» dit-il avec douceur.

Il resta à ses côtés le temps du voyage, et finit par sombrer dans le sommeil.


Cosa sta succedendo = qu'est-ce qui se passe ?

Calmare = calme-toi

fratellino = petit frère