Les choses se précisent mais ne sont pas pour autant facilitées. Un peu de compétition ça peut être positif.

Bonne lecture ^^


Le lendemain de cette soirée arrosée, Federico ouvrit les yeux en premier. Julia était toujours pelotonnée dans ses bras, ce qui lui tira un sourire. Il s'étira un peu tout en poussant un soupir de bien-être. Sa conscience lui dicta de regagner sa chambre au plus tôt, mais son cœur demanda à sa raison d'aller paître ailleurs. Toute manière, son corps n'était pas d'accord pour bouger. Le jeune homme baissa un peu la tête, respirant le parfum féminin avec délice. Tout compte fait, la soirée avait été bonne : Julia avait fini dans ses bras, lui dans son lit et avait eu droit à un petit baiser en prime.

« Moui enfin, ce n'est pas exactement ce que j'ai souhaité. Vu son état, ça ne doit même pas compter.» songea-t-il un brin déçu.

Julia finit par ouvrir les yeux à son tour. Sa bouche était pâteuse et elle avait un peu mal au crâne. Cela étant, elle se rendit rapidement compte qu'elle n'était pas seule. La brune tâtonna : bon, des habits, donc il ne s'était rien passé.

« On se réveille, principessa ?» fit une voix chaude.

« Rico … comment se fait-il que tu sois dans mon lit ?» questionna-t-elle un brin nerveuse.

« Tout simplement parce que tu ne voulais plus me lâcher hier soir.»

Julia roula puis posa une main sur ses yeux. Oh nan mais qu'avait-elle fait ?

« Miseria, quelle idiota.» souffla-t-elle.

« Allons ce n'est pas si grave. Ce n'est pas la première fois qu'on dort ensemble si tu te souviens bien. Te rappelles-tu ce qui s'est passé hier soir ?» demanda Federico.

Il appuya sa tête sur sa main.

« Vaguement. Par contre j'ai mal au casque et la bouche pâteuse.» reprit la brune.

« C'est ce qui arrive quand on boit trop : on appelle ça la gueule de bois.»

« Qu'ai-je fais ou dis comme ânerie ?» questionna la brune.

Federico mit un temps avant de répondre.

« Rien d'extraordinaire rassures-toi. Juste crier un peu fort.»

Julia tourna un œil vers lui. Elle ne le voyait pas distinctement, ce qui n'était pas plus mal. La jeune femme n'insista pas, ne souhaitant pas connaître ses frasques pour le moment. Elle resta silencieuse, hésitant sur le fait de se lever ou de rester alitée. Federico de son côté, n'osait pas entreprendre un seul mouvement, désirant profiter de cette proximité et ce doux confort au maximum. Après un moment de silence et tergiversation, Julia décida de se lever afin de trouver de quoi soigner sa migraine.

Federico soupira doucement, et quitta le lit à son tour. Ses habits étaient tout froissés. Le jeune homme se dirigea vers la porte qu'il entrouvrit avec précaution.

« Bien, je te vois plus tard ?» dit-il.

« Ouais, dès que j'irais mieux.» répondit Julia en ouvrant la fenêtre.

Federico lui sourit puis s'en alla rapidement. Il se changea puis passa un coup de brosse dans sa crinière avant de descendre. Le reste de la famille avait déjà déjeuné. Federico se servit, avant de voir arriver la brunette dans la cuisine.

« Installe-toi, je vais te ramener un médicament.» proposa-t-il.

« Merci beaucoup.»

Il s'absenta puis revint avec une décoction d'herbes. Le goût était amer, mais le breuvage ferait effet rapidement. Tout en buvant, la jeune femme tâcha de se remémorer la raison qui l'avait conduite à abuser de la boisson. La nervosité. Elle avait bu pour faire passer cet état. Quelle bêtise.

« Je crois bien qu'il me plaît.» se dit-elle en reposant son verre.

Julia risqua un regard vers lui, pour sentir son cœur s'accélérer. Oui, c'était bien un symptôme ça.


Durant les deux jours qui suivirent, Julia passa tout son temps dans le petit village. Federico eut l'impression qu'elle l'évitait. Le jeune homme décida d'en avoir le cœur net. Il alla trouver son petit frère.

« Ah Petruccio ! Dis-moi tu n'aurais pas vu Julia par hasard ?»

« Ça tombe bien que tu m'en parles, je te cherchais justement.» répondit le jeune homme.

« Davvero ?» s'étonna Federico.

« Si, mais à mon avis ça va pas te plaire.»

Federico fronça les sourcils.

« Julia et moi on se balade pas mal dans le village ces temps-ci. Sauf que depuis deux jours y'a un type qui lui tourne autour.»

Petruccio vit un éclat de colère passer dans les yeux de son aîné.

« Quel genre ?» demanda-t-il froidement.

« À première vue poète. Pour le moment Julia semble assez indifférente mais j'ai préféré te prévenir.»

« Je te remercie fratellino. Et … tu pourrais me le montrer ?» questionna Federico.

« À la condition que tu ne le cognes pas. Parce que tu pourrais très précisément le pousser dans ses bras. Julia ne comprendrait pas pourquoi tu l'agresses, étant donné qu'elle ignore tes sentiments pour elle.» avertit Petruccio.

« Je n'en avais pas l'intention, du moins pour le moment.» sourit Federico.

Petruccio le précéda pour le mener au village. L'adolescent regarda de tout côtés, avant de finalement repérer le gus en question. Se cachant derrière un angle de maison, il fit signe à son aîné. Federico se pencha. Le type en question, au physique assez ordinaire se tenait face à Julia, assise sur un petit muret. Federico approcha derrière l'homme, visiblement occupé à déclamer un poème. Lorsqu'il fut assez près pour comprendre, il ne put s'empêcher de pouffer de rire. Ce qui eut pour effet d'interrompre net l'individu. Julia se mit à rougir, pendant que Federico se plaçait face à son rival.

« Oui ?» demanda l'homme.

« Rien rien, je trouvais juste vos vers … risibles.» répondit Federico en s'appuyant contre un tonneau à côté.

« Oh vraiment ? Vous pensez faire mieux peut-être ? Savez-vous lire au moins ?» rétorqua le poète.

« Bien sûr, et je n'ai nul besoin de déblatérer des paroles creuses pour intéresser les gens.»

« C'est pourtant le cas. Maintenant soyez aimable de débarrasser le plancher, il ne semble pas que vous étiez convié en ces lieux.»

« Je crois plutôt que c'est toi qui ferait mieux de décamper. Je suis ici chez moi. Vois-tu j'habite la grande villa là-bas. La maison Auditore.» révéla Federico en désignant l'habitation.

« Oh et vous y êtes quoi ? Larbin ?» répliqua l'homme, dédaigneux.

« Non. Je suis un Auditore mon gars. Donc tu sera gentil de ne plus importuner la demoiselle, compris ?» avertit Federico.

« Vous pourriez être le pape que la situation serait semblable. C'est précisément à la demoiselle de choisir.» lança le poète.

Federico serra le poing, luttant contre l'envie d'empoigner ce bellâtre et de le flanquer tête la première dans un tonneau. Julia, pressentant une bagarre, décida d'intervenir.

« Je vais rentrer plutôt.»

« Fort bien bellissima, j'espère vous revoir demain.» salua le poète.

Il tourna le dos à Federico dans un geste évident de mépris. Ce qui fit grincer des dents le concerné. L'Assassin rejoignit ensuite la brune. Petruccio pour sa part, partit dans un autre sens afin d'arriver avant eux.

« Qu'est-ce que tu lui trouves à ce type ?» demanda Federico.

« Il me change les idées.» répondit-elle simplement.

« En t'abrutissant avec ses vers débiles ?» reprit le jeune homme.

« Cela ne m'abrutit pas, et comment peux-tu le juger aussi hâtivement ?» répliqua posément Julia.

Ils arrivèrent en vue des escaliers de la villa.

« Ce que j'en ai entendu m'a suffit. Franchement c'est pathétique.»

« Tu as une bien curieuse réaction, Rico.» fit Julia.

Oups. Maintenant qu'elle le disait, il pouvait paraître évident qu'il était jaloux. Federico détourna la tête, cachant une fois encore ses joues rouges. Julia pour sa part, afficha un petit sourire. De retour à la villa, Petruccio les regarda passer du coin de l'œil, installé au salon avec un livre. Federico vint le rejoindre, et tomba assis sur un fauteuil en face.


« J'ai pu voir que le barde était encore intact.» lança-t-il.

« Ouais, il a eut de la chance que Julia aie coupé court à la conversation. Sans quoi, je crois bien que j'aurais perdu mon sang-froid.» répondit Federico en passant une main dans ses cheveux.

« C'est précisément ce que tu dois éviter. Tu ne passerais que pour un primitif. Cependant, j'ai là une nouvelle qui devrait t'intéresser. Demain c'est le début d'une petite fête, avec diverses épreuves.» révéla Petruccio.

« Et ?»

« Et, tout le monde y assistera y compris nous. Tu auras ainsi l'occasion d'impressionner l'élue de ton cœur, et de flanquer une pâtée à ton rival en public.» répondit tranquillement Petruccio.

« Aaaah, pas bête du tout. J'ai comme l'impression que nous avons un deuxième renard ici.» sourit Federico.

« Disons plutôt qu'un des trois frères sait se servir de son cerveau.» reprit Petruccio en tournant une page.

« N'en fais pas trop toi, je te rappelle que le renard ça se chasse.» lança Federico, amusé.

« Ouais, et tu cours déjà après l'un d'eux il me semble. Qui doit être autrement plus intéressant que moi, je suis donc tranquille.» fit Petruccio sans se démonter.

« Hmph. Merci du tuyau en tout cas.» reprit l'aîné.

« Pas de quoi, je te l'ai dis je voudrais bien qu'elle rentre dans la famille. Donc tâche de t'activer.»

« Hé ho ! C'est pas bientôt fini de me donner des ordres, le mioche ?»

« C'est que la réflexion s'émousse avec l'âge.» rétorqua Petruccio.

Federico saisit un coussin qu'il envoya à son petit frère. L'adolescent s'en saisit après l'avoir reçu dans la tête, et se jeta sur son grand-frère. Federico esquiva puis se pourvut d'une arme. Les garçons s'abattirent allègrement les coussins sur la tête.

« Hé dites donc là ! Vous avez quel âge pour jouer avec des coussins ?» intervint Giovanni à la porte du salon.

« Pardon.» dirent-ils.

« Rah là là ! Je retire ce que j'ai pu dire, si c'est pour jouer les rabats-joie autant que tu restes enfermé, mon cher vieux parchemin craquelé.» lança une voix féminine derrière.

Giovanni afficha des yeux en billes. Julia passa à côté de lui.

« Qu'est-ce à dire Julia ? Que je suis un vieux schnock ?»

« Mets la barre un peu plus haut.» rétorqua la brune.

Federico et Petruccio pouffèrent de rire brièvement. Giovanni avait l'habitude de la répartie de son ancienne élève.

« Je vois.»

Le patriarche saisit un coussin qu'il envoya aussitôt à la jeune femme, sous le regard étonné de ses fils. Julia reçut le coussin en pleine figure. Giovanni croisa les bras en un geste de défi.

« Holààà. Dois-je te rappeler que t'es souvent perdant à ce p'tit jeu ?» lança Julia en attrapant le coussin.

« Mais il m'est arrivé de l'emporter. Or vu que tu viens de porter atteinte à mon honneur, je me dois donc de relever le défi.» répliqua Giovanni avec un sourire.

Il attrapa un autre coussin. Julia et lui commencèrent ensuite à tourner en cercle. Cela dura un moment, jusqu'à qu'ils attaquent en même temps. Les coups plurent un instant, avant que la jeune femme ne se sauve.

« Viens ici !» lança Giovanni.

« Non !»

« Viens lààà !»

« Non plus !»

En passant Julia flanqua un coup à Federico, qui s'élança aussitôt après elle. Petruccio décida lui aussi d'entrer dans la bataille, mais aux côtés de la brune. Durant un bon quart d'heure ce fut donc une joyeuse pagaille dans le salon.

« Héééé ! Vous auriez pu me dire que vous faisiez une bataille de polochons ! Vous n'avez pas honte ?» s'exclama Claudia.

Attirée par les éclats de rire, elle était venue voir ce qui se passait.

« Tais-toi et ramène tes fesses qu'on te les botte !» répliqua Julia.

« Tu vas voir qui botte les fesses à qui !»

La bataille reprit, durant un bon quart d'heure de plus au bout duquel tout ce beau monde se retrouva par terre, un peu fatigué mais ravi.

« Au fait, qui c'est qu'a gagné ?» demanda Petruccio, allongé de tout son long sur le tapis central.

« Hmm je dirais match nul. Comme ça l'honneur est sauf pour tout le monde.» répondit Giovanni, allongé juste devant.

« Ça me va.» lança Julia, appuyée contre le canapé aux côtés de Claudia.

Federico approuva. Ils restèrent ainsi encore cinq minutes le temps de récupérer. Maria et Mario les trouvèrent ainsi curieusement disposés, les garçons par terre et les filles assises contre le canapé, les coussins gisant un peu partout.


Le lendemain, toute la tribu se rendit à l'extérieur des remparts pour la fête des récoltes. Plusieurs épreuves avaient été prévues : course à pied, en sac, escalade après un poteau pour y décrocher des récompenses, pêche aux pommes … de quoi bien s'amuser. Alors qu'il observait les alentours, le regard de Federico croisa celui du poète de la veille. Ils se fixèrent un moment. Soudain, Julia apparut dans leur champ de vision. Après l'avoir observée un instant, les deux hommes se défièrent du regard. Le ton était donné. Federico s'absenta un moment.

Peu de temps après l'arrivée de la famille Auditore, un homme annonça le début de la première épreuve, la course à pied. Sept hommes dont Federico et son rival virent se positionner sur la ligne de départ.

« Tiens ? Je ne pensais pas que notre Rico allait participer.» s'étonna Giovanni.

Petruccio sourit : à tous les coups son frère s'était inscrit sur toutes les épreuves. En attendant, la tribu prit place sur des gradins installés là. Federico échangea un regard en coin avec son rival. L'annonciateur de l'épreuve leva un bras. Une minute passa. Le départ fut donné et tous s'élancèrent. Très vire cependant, deux hommes prirent la tête, je vous laisse deviner lesquels. Ils laissèrent les autres concurrents assez loin derrière. Durant un moment, ils se dépassèrent à tour de rôle. Le dénouement resta un moment incertain, avant que finalement Federico ne l'emporte de justesse. L'arbitre vint annoncer le vainqueur, prenant son bras droit qu'il leva en l'air.

« Belle course dis donc.» commenta Julia lorsqu'il rejoignit sa famille.

« Merci.» souffla le brun.

La smala Auditore se promena ensuite parmi les différents stands en attendant la prochaine épreuve. Federico acheta un petit sachet de friandises qu'il partagea avec tout le monde. La première fut bien sûr Julia. Une dizaine de minutes plus tard, la seconde épreuve fut lancée, à savoir la course en sac. Six concurrents prirent place sur la ligne, les jambes dans un sac. Federico ne se sentit guère à l'aise. Il n'avait jamais eu à courir dans un sac … le départ fut donné. D'entrée de jeu un adolescent tomba par terre. La chute était éliminatoire, aussi Federico s'appliqua-t-il à ne pas chuter. Cependant, il se fit devancer par trois hommes dont son fameux rival. Cette course était plus courte que la précédente. Le jeune Assassin tenta bien de rattraper son retard. Il dut hélas céder la victoire au poète.

« Je vous dédie cette victoire, bellissima.» lança-t-il à Julia avec une révérence.

« C'est fort aimable à vous.» répondit la brunette.

Federico lança un regard incendiaire à l'homme qui lui en retourna un narquois en passant.

« Je crois que je commence à comprendre ce qui se passe ici.» pensa Giovanni qui avait surprit l'échange.

Il afficha un petit sourire. La journée promettait d'être intéressante. Un peu plus loin, Julia dénicha des petits bracelets en cuir. Elle en acheta aussitôt un. Revenant ensuite auprès des autres, elle retint Federico par l'avant-bras.

« Tiens c'est pour toi.» dit-elle en lui tendant le bracelet.

« Pour moi ?»

« Si je te le dis. En remerciement pour ton aide à Venise.» reprit Julia en lui attachant le bracelet.

« Merci Julia.» répondit Federico, les joues roses.

« C'est moi qui te remercie.»

Leur regard resta accroché un instant, interrompu par l'annonce de l'épreuve suivante.

« Tu y vas aussi ?» s'étonna Julia en le voyant s'y rendre.

« Euh oui. Je me suis inscrit pour tous les jeux en fait.» avoua Federico, un peu gêné.

« Eh bien ! Bonne chance alors.» sourit la brune.

« Ça devrait aller, j'ai un porte-bonheur maintenant.» reprit-il en montrant son bracelet.

La jeune femme piqua un fard tandis qu'il s'éloignait. Le jeu en place consistait à monter après un grand poteau au bout duquel on avait suspendu trois sachets de friandises, un collier, deux bagues, une bouteille et une bourse. Huit personnes se proposèrent pour monter. Le premier grimpa un mètre avant de glisser et tomber sur les fesses. Le second monta plus haut mais glissa. Le troisième ne parvint pas à s'élever, le quatrième faillit en revanche atteindre le sommet. Federico observa avec une attention accrue son rival grimper lentement mais sûrement. Il était prêt de décrocher le collier quand soudain son pied perdit sa prise. Déséquilibré il retourna au sol.

Federico soupira de soulagement. Il laissa passer une sixième personne, qui redescendit à mi-chemin. Le septième ne fit guère mieux. L'on commençait à croire que personne ne parviendrait à décrocher quoi que ce soit. Federico s'avança d'un pas tranquille vers le poteau. Il leva un instant la tête. Puis il s'éleva aussi souple qu'un chat jusqu'au sommet. Là, il décrocha tranquillement chacun des objets présents. Il fourra les bijoux dans une poche, les friandises dans une autre avec la bourse puis la bouteille dans son haut. Ceci fait il se laissa glisser jusqu'en bas sous les vivats de la foule. Le jeune homme donna la bouteille à son père, les bagues à sa mère et à sa sœur, un sachet de friandises pour son petit frère et pour son oncle, le dernier à Julia ainsi que le collier qu'il lui attacha directement.

« Yeah ! Grazie fratello mio !» lança Petruccio.

« Mais de rien.» sourit Federico.

« Il ne reste que la pêche aux pommes je crois. Tu y participes aussi Rico ?» demanda Maria.

« Naturalmente.»

La famille continua sa promenade. Plus loin, un petit orchestre jouait un air entraînant, pendant que plusieurs couples évoluaient sur une piste improvisée. Giovanni invita son épouse à danser, ce qu'elle accepta avec joie. Federico se tourna vers Julia.

« Voudrais-tu m'accorder cette danse, petit renard ?» demanda-t-il à mi-voix.

« Moi ? Euh … d'accord.» rosit-elle.

Il l'entraîna aussitôt sur la piste.

« Aaaah c'est donc pour ça que Rico participe à toutes les épreuves.» fit Mario.

« C'est maintenant que tu en aperçois ?» lança Claudia avec un sourire.

« Désolé, mais j'y vois plus que d'un œil jeune fille.» répliqua son oncle.

L'orchestre acheva sa chansonnette. Giovanni et son épouse ainsi que les enfants quittèrent la place.

« Merci pour cette danse, bella mia.» susurra Federico en embrassant la main de Julia.

Cette dernière rougit à nouveau. Quelques instants plus tard, ce fut l'heure de la dernière épreuve. Quatre bassins remplit d'eau étaient disposés en ligne, des pommes flottant à leur surface. Le jeu consistait à les attraper sans les mains, dans le temps imparti. Cette fois, Federico remarqua d'un air presque indifférent la présence de son rival juste à côté. Celui-ci en revanche, était tendu.

« Laisse tomber mon gars, Julia est à moi.» glissa-t-il à mi-voix.

L'autre n'eut pas le temps de répondre, que l'on sonnait le début de l'épreuve. Les quatre participants plongèrent la tête dans le bassin. Attraper ces fichues pommes avec les dents n'était pas aussi simple qu'il y paraissait. Elles coulaient, glissaient sur le côté, ou devant … l'arbitre agita une clochette pour signifier la fin de l'épreuve. Les pommes furent comptées pour chacun.

« Décidément, vous êtes un adversaire redoutable, messere Auditore ! Le vainqueur une fois encore !» clama l'arbitre.

Federico salua la foule. On tendit des serviettes aux concurrents.

« Tu es trempé.» fit Julia en lui tendant la sienne.

« Grazie, ma belle.»

Il s'essuya les cheveux. Le reste de la journée s'écoula paisiblement. Federico et Julia semblaient s'être rapprochés. La famille regagna son domicile à l'heure du dîner. L'Assassin songea avec une certaine tristesse qu'il allait devoir retourner à Venise aider son petit-frère. Il espéra qu'il s'en sortait bien tout seul. Julia resterait probablement encore quelque temps à Monteriggioni. Après le dîner, Federico retrouva la jeune femme sur la terrasse commune à leur chambre.

« Je vais retourner à Venise demain, continuer la traque des Templiers avec Ezio.» annonça-t-il.

« Bene, sois prudent surtout. Et pense à nous donner des nouvelles de temps à autre.» répondit Julia.

« J'y songerais.» sourit-il.

Un petit silence s'installa entre eux. Julia tripota le collier que le jeune homme lui avait offert. Tous deux restèrent un moment à contempler les étoiles.

« Bon, je vais aller me coucher. Bonne nuit Julia.»

« Bonne nuit, Rico. J'espère te revoir demain, avant ton départ.» répondit la brune.

« Je l'espère aussi.»

Le lendemain, Federico salua toute sa famille. Julia l'attendait à l'extérieur, Hermès dans les bras.

« Passe bien le bonjour à tout le monde, et prends soin de toi d'accord.» dit-elle.

« Toi aussi prends soin de toi, petit renard.» répondit Federico en l'embrassant sur le front.

Julia lui répondit par une bise assez près de la s'écarta d'elle à regret, puis quitta la villa.